ETUDES DE TEXTES

1 – Mc 1, 29-31 et // Lc et Mt : La guérison de la belle-mère de Simon

Ce petit récit qui nous raconte la guérison de la belle-mère de Simon a été retenu par la tradition évangélique. Il est bien plus riche que pourrait nous laisser croire une simple lecture.

1) Lire le texte de Mc et le situer. Que contient ce petit récit ?
2) Lire le récit de Lc : qu’est-ce qui est semblable ? Quel est l’apport de Lc ?
3) Lire le texte de Mt : que remarquez-vous immédiatement ? Sur quoi insiste Mt ?
4) Quelle « image » de Jésus en Mc ? en Lc ? en Mt ?

Question 1

• Après l’appel des premiers disciples (Mc 1, 16-20), Jésus et les 4 disciples pénètrent à Capharnaüm (v. 21), où Jésus enseigne et guérit dans la synagogue (v. 21-28), le groupe se rend dans la maison de Simon (v. 29).
• Après notre péricope, v. 32-34 (le soir venu…) puis v. 35 (au matin…) : on a ainsi une journée complète (juive) : la ‘journée de Capharnaüm’ : une journée type du ministère de Jésus.
• Mc donne un récit de guérison : il présente le thaumaturge, le cas, l’intervention et le résultat.
• Jésus, encore peu connu (cf. v. 27-28), guérit cette femme en la prenant par la main (v. 29-31 ; cf. 5, 41 ; 9, 27, cités en marge), et continue sa mission.

Question 2

• Lc suit Mc : la scène à la synagogue (Lc 4, 31-37) ; puis notre texte (v. 38-39) et la suite (v. 40-41 et 42-44). Mais ici Jésus est seul nommé (il entra…) : cf. Lc 5, 9-11. Noter pourtant : la maison de Simon (et note TOB) ; ils le prièrent ; elle les servait.
• Chez Lc, la femme est en proie à une forte fièvre et Jésus menace la fièvre : voir note TOB.
• La guérison devient ici un exorcisme : cf. Ac 10, 37-38.

Question 3

• Le récit de Mt est beaucoup plus court ; de plus Mt situe ce récit dans le groupement des actes de Jésus (Mt 8-9,  qui suivent son enseignement (Sermon sur la montagne (Mt 5-7), d’où l’absence de la synagogue) ; mais surtout Jésus est seul ; personne n’intervient auprès de lui : il vit … il toucha… et la femme se lève et elle le servait.
• Mt est dans la maison de Pierre : voir note TOB sur la fin du v. 15.

Question 4

• En Mc, le lecteur est invité à découvrir un peu plus Jésus, venu de Nazareth (cf. Mc 1, 9) au début de son ministère : qui est cet homme ? Jésus est ici un homme de Palestine, que les disciples et les gens commencent à découvrir.
• En Lc, Jésus libère cette femme d’un mal (cf. Ac 10, 38) ; il est le Sauveur annoncé par les anges (Lc 2, 11 et note TOB ; voir aussi Lc 1, 31 et note TOB).
• Chez Mt, Jésus voit (les yeux ouverts), il touche (la main) et la femme se lève (est ressuscitée : cf. note TOB) : Jésus est ici le Seigneur dans la maison de Pierre (Eglise). Une icône !
2. – Mc 2, 13-17 et // Lc et Mt : Jésus appelle un publicain et mange avec des pécheurs

La liberté de Jésus par rapport à certaines traditions juives a surpris bien de ses contemporains et les a même heurtés. La tradition évangélique nous donne en Mc 2,1 – 3, 6 quelques exemples de cet affrontement.

1) Situer ce texte en Marc. De quoi nous parle-t-il ? Qu’est-ce qui est propre à Mc ?
2) Lire le texte de Lc : quelles modifications Lc apporte-t-il au texte de Mc ?
3) Lire le texte de Mt : noter et expliquer les différences ?
4) Ces différences des Evangélistes sont-elles pour vous une richesse ?

Question 1

• Ce passage de Mc fait partie d’un groupe de 5 controverses (Mc 2, 1 – 3, 6) ; cf. note TOB sur Mc 2, 1 ; Lc reprend le même ensemble (Lc 5, 17 – 6, 11) tandis que Mt le donne en deux morceaux : les 3 premières (Mt 9, 1-17) et les autres (Mt 12, 1-14).
• Notre texte réunit 2 éléments : l’appel d’un publicain et un repas avec des pécheurs.
• Noter le v. 13 : de nouveau cf. note TOB : à Mc 1, 16 ; Mc souligne aussi la présence de la foule pour l’enseignement de Jésus (cf. en marge de TOB : 3, 7-8 et 1, 22 ; 6, 2).
• Jésus appelle Lévi, qui le suit (comme les 4 premiers en 1, 16ss) ; sur les publicains, nombreux à suivre Jésus, selon Mc (v. 15) cf. encore la note TOB ; pour les scribes des pharisiens, cf. note TOB sur v. 16. Sur le problème du repas, voir en TOB la note sur Mt 9, 14. Sur je suis venu pour… ( v. 17) ,cf. note TOB.

Question 2

• Lc précise la situation de Lévi : un publicain (v. 27) ; dans la réponse (v. 28), il ajoute : et quittant tout (cf. 5, 11 ; 18, 22), il le suivait (voir note TOB).
• C’est Lévi qui fait un grand festin dans sa maison (joie du salut), avec beaucoup d’autres gens (voir notes TOB sur v. 29). Les scribes murmurent : cf. Lc 15, 2 ; 19, 7.
• Les reproches engobent les disciples (pourquoi mangez-vous et…), mais c’est Jésus qui répond, comme en Mc. Noter encore la finale de Lc : v. 22 et note TOB.

Question 3

• Mt place ce texte de Mc dans le groupement des actes de Jésus (Mt 8-9) qui suivent son enseignement (Mt 5-7). Ici le nom du publicain est Matthieu (note TOB sur v. 9). Le repas a lieu dans la maison (l’Eglise, où les pécheurs sont à la table de Jésus ( ?)
• Le v. 11 est plus respectueux : votre maitre ; cf. l’image de Jésus (nouveau Moïse) en Mt 5, 1 ; dans sa réponse, Jésus les renvoie aux Ecritures (v. 13 et notes BJ et TOB).

Question 4

• Le lecteur de Mc découvre un peu plus Jésus de Nazareth, qui enseigne et agit avec liberté : choix de Lévi, partage de la table avec les publicains et les pécheurs…
• Lc nous montre un publicain capable de tout quitter pour suive Jésus, mais souligne aussi les exigences de la conversion (v. 32). Les pharisiens murmurent devant la révélation de Jésus, comme le faisaient autrefois, les Hébreux au désert.
• Pour Mt, Jésus est le maitre qui accomplit les Ecritures (v. 13).
3. – Mt 11, 2-6 et Lc 7, 18-23 : La réponse de Jésus à la question de Jean-Baptiste

« Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » : à cette question de Jean-Baptiste, la réponse de Jésus que nous lisons, en Mt et en Lc, est presque identique dans le texte grec. Un bon indice de la tradition à la base de nos Evangiles.

1) Comparer ces deux textes et noter vos constatations.
2) Lire le texte de Mt : que contient ce texte ? Où l’Evangéliste l’a-t-il placé ?
3) Lire le texte de Lc : quelles différences avec celui de Mt ?
4) Etudier la réponse de Jésus : comment la comprendre ?

Question 1

• Ce qui frappe immédiatement, c’est la quasi-identité de la question posée à Jésus et surtout de sa réponse ; les deux Evangélistes doivent puiser à une même source écrite, déjà en grec.
• Les deux textes racontent la question de Jean-Baptiste à Jésus, par ses disciples, et la réponse de Jésus. Noter tous les mots exactement identiques.
• Les deux Evangélistes prennent plus de liberté pour le récit (spécialement Lc v. 20-21) et pour le contexte de cette péricope.

Question 2

• En Mt, notre texte introduit une nouvelle section (après le discours de Mt 10 ; cf. Mt 11,1 et note TOB). Après notre texte, en Mt – comme en Lc,- Jésus continue de parler aux foules de Jean-Baptiste (Mt 11, 7-19 cf. Lc 8, 24-35).
• Mt mentionne ici la situation de Jean-Baptiste (en prison) ; Lc l’a déjà dit, à l’occasion du baptême (cf. Lc 3, 19-20).
• La mention « des œuvres du Christ » peut nous renvoyer à Mt 8 – 9 où l’Evangéliste a placé dix miracles de Jésus (cf. note BJ sur Mt 8, 3).

Question 3

• Lc fait précéder notre texte de deux miracles : la guérison du serviteur du centurion (7, 1-10) et surtout de la résurrection du fils de la veuve de Naïm, (v. 11-18), un miracle qu’il est seul à relater.
• Il raconte l’envoi des deux disciples (v. 19) et leur intervention auprès de Jésus (v. 20), mais surtout il insère le v. 21 (cf. note TOB).
• A noter aussi, dans la réponse de Jésus, l’ordre des mots au v. 22 : ce que vous avez vu et entendu.

Question 4

• La réponse de Jésus renvoie aux annonces messianiques (cf. note TOB sur Mt 11, 5 et Lc 7, 22) ; en BJ, voir les références marginales à Isaïe.
• Remarquer la gradation des miracles : des aveugles … aux ressuscités, mais la « pointe » de la réponse est l’évangélisation des pauvres : voir les notes TOB sur Mt 11, 5 et Lc 7, 22 et le renvoi à Lc 4, 18 où Jésus lit Is 61, 1-2.

4.- Mt 6, 9 – 13 et Lc 11, 1 – 4 : La vraie prière, le « Notre Père »

La prière enseignée par Jésus nous appartient à la « double tradition ». Nous sommes habitués à la forme conservée en Mt qui s’est imposée dans la liturgie. Découvrons la forme que devait prier la communauté dans laquelle Luc a écrit.

1) Comparez les deux textes : que découvrez-vous ? que contiennent ces deux prières ? Quelles questions cela vous pose-t-il ?
2) Etudiez le texte de Lc : que vous apporte cette étude ?
3) Que découvrez-vous en Mt ?
4) Que vous apprend cette étude sur le « Notre Père » ?

Question 1

• Le texte des deux prières est quasi-identique dans les formules qui se lisent chez Mt et Lc. La prière commence par une invocation, suivie de demandes concernant Dieu, (en Mt : 3 ; en Lc : 2) ; puis des demandes pour nous (en Mt : 4 ; en Lc : 3).
• Le contexte dans lequel Mt et Lc placent cette prière est très différent.
• Pour l’étude de ces formules, voir les notes abondantes en TOB, sur Mt.

Question 2

• Remarquez l’introduction de Lc (v. 1-2) ; voir les notes de BJ et TOB sur Lc 3, 21. Lc fait suivre cette prière de deux enseignements sur la prière (Lc 11, 5-8 et 9-13)
• Le Notre Père de Lc est plus court que celui de Mt, mais peut correspondre à ce qui se lisait dans la Source, car Lc n’aurait probablement pas supprimé des paroles du Seigneur. Notez l’invocation : « Père » ; elle traduit « Abba » : Ga 4, 6 ; cf. aussi note TOB sur v. 2. C’est quand Jésus prie qu’il révèle son identité de Fils.

Question 3

• Mt place le Notre Père, dans le développement sur les trois bonnes œuvres (Mt 6, 2-18), au cœur du Sermon sur la montagne : Mt 6, 9ss ; cf. Pour la composition du Sermon, voir la note TOB sur Mt 5, 1.
• Sur la forme du Notre Père en Mt, voir les notes TOB et BJ sur. Mt 6, 9 ; après l’invocation (en forme juive) Notre Père qui es aux cieux, Mt a 7 demandes (3 + 4), un groupement qu’il aime (cf. note BJ sur 6, 9). Sur la dernière demande (v. 13b) voir note TOB.
• Mt introduit le texte du Notre Père par une mise en garde (v. 7-8) et il conclut par une autre recommandation (v. 14-15), qu’il reprendra en Mt 18, 35.

Question 4

• Cette étude nous montre que la tradition évangélique est beaucoup plus ferme quand il s’agit des paroles du Seigneur ; pour la narration et les contextes, elle est souvent plus libre.
• Cette étude, comme d’autres, témoigne à la fois de la fidélité à la tradition venant de Jésus et de la liberté des Evangélistes, de leur souci de rendre cette tradition compréhensible à leurs lecteurs. (cf. Sancta Mater Ecclesia)
5. – Mt 11, 25-29 et Lc 10, 21-24 : La révélation aux tout petits

Mt et Lc nous livrent ici deux paroles importantes de Jésus : une prière de louange et une déclaration sur la connaissance du Père et du Fils. Deux paroles, que la tradition dans laquelle puisent ici les deux Evangélistes (la Source) avait déjà réunies.

1) Comparer ces deux textes et notez vos constatations.
2) Etudiez ces deux paroles et relevez ce qui vous parait le plus important.
3) Quelle signification le contexte de Mt donne-t-il à ces paroles ?
4) Même travail sur le texte de Lc.

Question 1

• Mt et Lc nous rapportent ici deux paroles quasi identiques de Jésus : une prière de louange (Mt 11, 25 et Lc 10,21) et une déclaration sur les rapports entre le Père et le Fils.
• Par contre, le contexte est bien différent dans les deux Evangiles : remarquez ce qui précède et ce qui suit ces paroles en Mt et en Lc.

Question 2

• Sur ces paroles de Jésus, voir la note de BJ sur Mt 11, 27 qui soulignent les liens avec la littérature de sagesse et celle de TOB sur Mt 11, 25 qui nous renvoie à Daniel et au langage apocalyptique.
• Jésus loue le Père d’avoir donné cette révélation aux tout petits (cf. note TOB et BJ sur Mt 11, 25) ; sur la notion de « tout petits », voir aussi la note TOB sur Mt 18, 3.
• Pour la parole sur la connaissance du Fils et du Père, voir aussi la note TOB – et la fin de la note BJ – sur Mt 11, 27 ; cf. encore en TOB, note sur Lc 10, 22. Cette connaissance, Jésus l’a reçue directement du Père et il peut la transmettre librement.

Question 3

• En Mt ces paroles de Jésus viennent après la question de Jean-Baptiste (cf. Mt 11, 3) et surtout après les lamentations sur les villes de Galilée (v 20-24) ; voir aussi les références marginales en BJ et TOB.
• Mt fait suivre ces paroles de Jésus des v.28-30, qui sont propres au premier Evangéliste : lire les notes de TOB et BJ sur ces versets. Il donne ensuite des exemples du « joug » de Jésus dans les deux controverses de Mt 12, 1-8 et 9-14.

Question 4

• En Lc, le contexte est le retour de la mission des 72 (Lc 10, 1 et notes TOB sur ce ver-set). Notez aussi le lien direct entre les v. 20 et 21.
• Sur le v. 21a, cf. la note TOB ; en BJ, voir les références marginales à Lc 1, 14 + et 4, 1 +
• Sur le groupement des v. 21-22 et 23-24, lire la note TOB sur v. 21 (titre). Remarquez une déclaration (une béatitude) très semblable à Lc 10, 23-24 en Mt 13, 16-17 : cf. note TOB sur Lc 10, 23.

6.- Mt 18, 12-14 et Lc 15, 3-7 : La Parabole des cent brebis

Mt et Lc nous rapportent tous deux la parabole des cent brebis, mais leur présentation et surtout le contexte dans lequel ils placent cette parabole, donnent à ces paroles de Jésus une coloration assez différente.

1) Comparer ces deux paraboles et relever ce qui est semblable et ce qui est particulier à Lc et à Mt.
2) Lire le texte de Lc : sur quoi insiste-t-il ? Que vous apporte le contexte ?
3) En Mt, à qui Jésus s’adresse-t-il ici ? Quelle est la leçon de la parabole ?

Question 1

• Mt et Lc rapportent une parabole de Jésus : elle commence par une question aux auditeurs ; il s’agit d’un berger qui a 100 brebis et de ce qui arrive à une d’entre elles.
• Ce qui est semblable dans les deux textes : un homme / avoir 100 brebis / une d’elles / partir (à la recherche) / trouver / je vous le dis / joie (se réjouir) / pour elle (un) plus que pour 99.
• A noter cependant que la question est plus personnelle en Lc : quel homme d’entre vous (v. 4) ; de plus, en Mt une des brebis s’égare : v. 12 (2 fois) et v. 13) ; en Lc, le berger la perd (v. 4 (2 fois) et v. 6).
• Remarquer aussi la différence dans la recherche entre Lc 4b – 6) et le v. 13 de Mt.
• En Mt, la leçon est ajoutée (v. 14) ; en Lc, elle fait partie de la parabole.

Question 2

• Cf. notes TOB sur Lc 15, 1 (titre) et 15, 3 (titre) ; en BJ : les références marginales sur le titre.
• En Lc cette parabole est introduite par les v. 1-2 : Jésus s’adresse à ceux qui murmurent contre le comportement de Jésus (cf. encore Lc 5, 30 et 19, 7)
• Lc souligne davantage la recherche et la joie du berger ; une joie qu’il invite (ses auditeurs) à partager. De plus, Lc fait suivre cette parabole de deux autres : Lc 15, 8-10 (la même parabole « au féminin ») et surtout Lc 15, 11-32 (voir la note TOB sur v. 11 (titre).

Question 3

• Noter le contexte tout différent : Mt 18 : le Discours ecclésiastique ou la Règle de vie communautaire ; En TOB, voir la note sur Mt 18, 13.
• La parabole clôt la première partie (v. 1-14), répondant à la question des disciples (v. 1) ; la seconde partie (v. 15-35) parle des devoirs entre frères (v. 15. 21. 35).
• Remarquer les 3 paroles de Jésus sur les « petits » qu’il ne faut ni scandaliser (v. 6), ni mépriser (v. 10), et qu’il faut rechercher si un d’eux s’égare, car le Père qui est aux cieux ne veut pas qu’il se perde (v. 14).
• En Mt, la parabole s’adresse aux responsables de communauté, alors qu’en Lc, Jésus s’adresse aux pharisiens et aux scribes qui contestaient son ministère.

7.- Mt 22, 1-10 et Lc 14, 15-24 : Le grand festin et les invités qui se dérobent

Une autre parabole de Jésus que nous lisons en Mt et en Lc. Une parole de Jésus que chacun des deux Evangélistes relit et adapte à la situation et aux besoins de la communauté dans la-quelle il écrit.

1) Comparer Mt et de Lc et relever ce qui est semblable. Noter aussi les contextes.
2) Lire la parabole de Mt : quel enseignement en tire-t-il pour ses lecteurs ?
3) Lire le texte de Lc : comment a-t-il adapté cette parabole de Jésus ? Quel enseignement tire-t-il ?

Question 1

• Ce qui est commun aux deux : un homme – fait un grand repas/des noces – il envoie ses/son serviteur(s) dire aux invités : c’est prêt, venez. ; mais tous refusent l’invitation ; d’où la colère du roi et il dit à son/ses serviteur(s) – allez … sors…(vers d’autres) ; la salle des noces est remplie, la maison est comble.
• Chez Mt et chez Lc, il y a 3 envois du/des serviteur(s) : Mt : v. 3.4. et 8 ; Lc v. 17. 21b et 23 ; tous les invités initialement prévus refusent et d’autres prennent leurs places.
• Contexte de Mt : Jésus enseigne à Jérusalem ; notre texte vient après 2 autres paraboles (21, 28-32 et 33-46) ; il est suivi de 3 questions posées à Jésus (22, 15-40).

Question 2

• Lire la note de BJ sur 22, 1 (titre) et les nombreuses notes de TOB : v. 1.2.3.7.10 et 11.
• Chez Mt, il s’agit d’un roi, et des noces de son fils ; il envoie ses serviteurs. Après un premier refus (v. 3), il envoie d’autres serviteurs (v. 4), qui sont ignorés (v. 5) et maltraités (v. 6), d’où la colère du roi (v. 7 et note TOB) ; mais la noce aura lieu.
• La parabole de Mt rappelle l’histoire de Dieu avec son peuple (envoi des serviteurs, d’autres serviteurs) ; dans le refus des premiers invités et leur place prise par ceux du dehors (v-9), l’Evangéliste relit le refus du peuple juif et l’entrée des païens.dans l’Eglise
• Sur les v. 11-14, un rappel que Mt juge utile pour les nouveaux invités : lire la note de TOB sur v. 11.

Question 3

• Chez Lc, nous sommes dans la « montée vers Jérusalem » : voir notes BJ et TOB sur Lc 9, 51
• La parabole fait partie d’un groupement de paroles sur le repas (cf. note TOB sur le titre) : Jésus répond à l’exclamation du scribe (v. 15).
• Lc insiste sur les causes du refus des invités ; il donne 3 exemples (v. 18-20 et notes TOB).
• N’ayant pas répondu à la première invitation, les invités sont disqualifiés ; les deux autres invitations sont adressées à d’autres : au malheureux de la ville (v. 21b et note TOB), puis à ceux du dehors (v. 22-23 et note TOB).
• Les paroles du maitre (v. 21b et 23b) soulignent sa volonté de remplir sa maison.

8.- Mt 4, 1-11 – Mc 1, 12-13 – Lc 4, 1-13 : La tentation au désert

Le récit de la tentation de Jésus au désert se lit dans les trois Evangiles synoptiques, mais ici Mt et Lc disposent, en plus de Mc, d’une autre source, qui a développé cet épisode en méditant sur l’histoire du peuple au désert.

1) Comparer les 3 textes, et plus spécialement ceux de Mt et de Lc. Que peut-on découvrir ?
2) Etudier le texte de Mt et noter ce donne à cet épisode une couleur plus juive.
3) Etudier le texte de Lc : quel est son apport ?

Question 1

• Les 3 synoptiques placent la tentation de Jésus entre son baptême par Jean-Baptiste et le début de son ministère : voir les notes de BJ et TOB sur le titre en Mt et en Lc ; cf. aussi notes sur Mc 1, 12-13.
• Ce qui est commun aux 3 Evangiles : Jésus, conduit/poussé/mené au désert, par l’Esprit Saint, 40 jours, tenté par le diable/Satan, et victorieux de l’épreuve.
• Mt et Lc parlent de 3 tentations au terme des 40 jours, mais l’ordre des tentations n’est pas le même : cf. note TOB sur Mt 4, 1 ; en BJ, lire la fin de la note donnée sur le titre.
• A chacune des tentations, Jésus répond par un passage biblique (cf. Dt 8, 3 ; 6, 16 et 6, 13). Comme le signalent les notes TOB, les textes bibliques correspondent à la LXX, ce qui laisse penser à un milieu d’Eglise utilisant la Bible grecque.

Question 2

• Mt fait un lien immédiat entre la parole du Père (3, 17) et la tentation (cf. 4, 3.6).
• Il souligne aussi le parallèle entre Jésus et Moïse (4, 2 et note TOB).
• Sur Mt 4, 3 : lire les notes de BJ et TOB. A noter également au v. 5 : la Ville sainte : la marge en TOB nous renvoie à Ne 11, 1 (voir la note BJ sur ce verset).
• Sur les v. 6-7, voir les notes TOB.
• Pour la 3ème tentation, cf. note TOB ; comparer la réponse de Jésus avec Mt 16, 23.

Question 3

• Lc a placé, entre le baptême et la tentation, une généalogie de Jésus qui se termine par les mots : fils d’Adam, fils de Dieu ; ce qui peut rapprocher la situation de Jésus de celle d’Adam (cf. note TOB).
• Lc aime à souligner le rôle de l’Esprit : notes BJ et TOB sur 4, 1.
• En inversant l’ordre de la 2ème et 3ème tentation, Lc termine son récit à Jérusalem (cf. note TOB sur v. 5). Pour lui, le ministère de Jésus est marqué par la « montée à Jérusalem (cf. Lc 9, 51 et notes BJ et TOB) ; d’autre part, Lc fait commencer son Evangile à Jérusalem dans le Temple (Lc 1, 5) et c’est là aussi qu’il se termine (Lc 14,52-53).
• Sur la 2ème tentation et le pouvoir du diable, voir les notes TOB.
• Sur le v. 13, lire la note TOB ; La BJ nous donne en marge : Lc 22, 3. 23 et Jn 13, 2. 27.

9.- Mt 20, 20-28 et Mc 10, 35-43 : La démarche des fils de Zébédée

Marc nous raconte la démarche des fils de Zébédée et cet épisode est repris par Matthieu, mais en y faisant intervenir la mère des deux frères. Luc, pour sa part, quitte ici sa source et omet cet incident peu glorieux pour les apôtres.

1) Dans quel contexte Mc nous raconte-t-il cet épisode ? Que contient ce passage ?
2) Comparer le texte Mt avec celui de Mc : quelles différences pouvez-vous relever ? Et quelles significations ?
3) Comment Lc utilise-t-il ici la tradition qui lui est parvenue ?

Question 1

• Mc 10 nous parle de la montée de Jésus à Jérusalem, au terme du ministère en Galilée : cf. Mc 10, 1 et 11, 1. Plus précisément, notre texte fait suite à la 3ème annonce de la passion (Mc 10, 32-34 ; cf. aussi deux les notes TOB sur le v. 32) ; il est suivi du récit de la guérison d’un aveugle à l’entrée de Jéricho (Mc 10, 46-52), guérison qui permet à l’aveugle de suivre Jésus (v. 52).
• Notre passage comprend la demande des deux frères et la réponse de Jésus (v. 35-40), puis la réaction des dix autres et l’enseignement de Jésus (v. 41 et 42-45).
• Sur la démarche faite auprès de Jésus, voir les notes TOB sur les v. 37 et 38.
• Voir aussi les notes TOB sur la parole de Jésus aux Douze (v. 41 et 45) ; en BJ, on peut lire les notes données sur le parallèle de Mt ainsi que les références en marge de Mt.

Question 2

• En Mt, la montée de Jésus à Jérusalem occupe 2 chapitres (Mt 19-20) ; Mt place dans ce cadre la parabole des ouvriers envoyés à la vigne (Mt 20, 1-16). Pour le reste, le contexte est semblable à celui de Mc : 3ème annonce de la passion, la demande pour Jacques et Jean, la réponse de Jésus ; puis la réaction des dix et les paroles de Jésus. Ensuite Mt nous relate la guérison de deux aveugles, à la sortie de Jéricho (v. 29) qui, guéris, peuvent suivre Jésus.
• Mais selon Mt, c’est la mère qui intervient pour ses fils (v. 20-21). Elle se prosterne devant lui : un verbe que Mt utilise souvent : Mt 2, 2. 8. 11 ; 4, 9. 10 ; 8, 2 ; 14, 33 ; 15, 25 ; 28, 9 et 17.
• Sur la demande, voir les notes BJ et TOB sur v. 21. A noter le « vocabulaire familial » : la mère, ses fils (v 20), mes deux fils (v. 21), les deux frères (v. 24).
• Dans la réponse de Jésus, Mt omet la mention du baptême (cf. Mc 10, 38b et 39b).
• A la fin du v. 23, Mt nomme le Père : cf. aussi les notes BJ et TOB.
• Sur le v. 28, voir la note TOB et les renvois à 26, 28 ainsi qu’à Mc 10, 45.

Question 3

• La comparaison des contextes nous montre que Lc quitte ici Mc (en omettant la démarche des deux frères et la réaction des dix autres apôtres). Mais il conserve en partie les paroles de Jésus dans le discours après la Cène : Lc 22, 24-27. Lire les notes de BJ et TOB sur le titre,
• On peut noter, à la fois, la fidélité des Evangélistes. (spécialement pour les paroles de Jésus) et leur liberté, et leur attention au besoin de leurs lecteurs.
10. – Mt 16, 13-20 ; Mc 8, 27-30 ; Lc 9, 18-21 : La confession de Pierre

Qui est Jésus pour les foules ? Qui est-il pour les disciples ? C’est cette question que nous trouvons dans les trois Evangiles vers la fin du ministère en Galilée. Au nom des Douze, Pierre donne à Jésus une réponse.

1) Lire le texte de Mc ; relever ce qui vous parait important ; noter aussi le contexte.
2) Comparer avec Lc : qu’est-ce que Lc reprend de Mc ? Quelles différences ?
3) Qu’est ce que Mt ajoute au texte de Mc ?

Question 1

• Nous sommes au centre de l’Evangile de Mc, après le ministère en Galilée et avant que Jésus se dirige vers Jérusalem, cf.le début de l’Evangile : cf. Mc 1, 1 et les notes TOB sur ce verset, qui nous renvoient à Mc 8, 29-30 et 15, 39. Cf. aussi la note TOB sur v. 27.
• A noter encore le récit de la guérison (difficile) d’un aveugle (v. 22-26) que seul Mc raconte.
• Jésus pose deux questions : quelles différences entre elles ? Comment comprendre la réponse de Pierre (v. 29 et note TOB) et la défense que leur fait ici Jésus (v. 30) ?
• Sur les v. 31-33, lire les notes TOB sur v. 31. 32 et 33.

Question 2

• Lc suit le texte de Mc, mais il signale la prière de Jésus, avant de poser les questions aux disciples (v. 18 et note TOB et renvoi à 3, 21). Sur la réponse de Pierre : le Christ de Dieu (v. 18), cf. note TOB.
• Sur le contexte de Lc, voir la note TOB sur le titre ; noter aussi les v. 21-22 : Lc mentionne l’interdiction d’en parler (v. 21), mais il ne rapporte pas l’intervention de Pierre quand Jésus leur dit quel Messie il doit être : (v. 22 et note TOB).

Question 3

• Mt reprend le texte (et le contexte de Mc, à l’exception Mc 8, 22-26), mais avec quelques ajouts : la mention de Jérémie (v. 14 et note TOB), la deuxième partie de sa confession (la fin du v. 16 (notes BJ et TOB), et surtout les paroles de Jésus à Pierre (v. 17-19). Mais noter que la défense (v. 20) ne porte que sur la messianité.
• Mt place ainsi dans la bouche de Pierre une confession chrétienne complète (cf. note BJ sur v. 16) ; et à cette confession, répond la parole de Jésus sur la place de Pierre dans ce dessein de Dieu (v. 17-19), voir les notes de BJ et TOB sur ces versets.
• Sur l’importance de ce passage de Mt pour les Eglises chrétiennes, voir la fin de la note de BJ sur v. 19 et celle de TOB sur v- 18.

11.- Mt 26, 26-28 ; Mc 14, 22-25 ; Lc 22, 19-20 : Le dernier repas

Le récit du dernier repas de Jésus avec les disciples est sans aucun doute le texte le plus souvent lu et entendu. On le lit dans les trois premiers Evangiles et dans une Lettre de Paul, mais chaque récit apporte une note particulière.

1) Etudier le récit de Mc et son contexte.
2) Etudier le texte de Mt : noter les ressemblances avec Mc et les différences.
3) Lire le texte de Lc : qu’apporte-t-il de différent ?

Question 1

• Depuis Mc 14, 1, il est question de la Pâque juive (cf. 14, 1 et TOB) ; après l’onction à Béthanie (v. 5-9) et le récit de la trahison de Judas (v. 10-11), on arrive à la préparation du dernier repas de Jésus avec les apôtres (v. 11-16). Remarquer les indications temporelles qui ponctuent le récit : v. 12. 17. 22. 26.
• Le récit de l’institution eucharistique est précédé de l’annonce de la trahison d’un des convives (v. 17-21 ; il est suivi par l’annonce de la fuite des disciples et du reniement de Pierre (v. 25-31), puis de l’arrivée du groupe à Gethsémani.
• Dans le récit du repas, la tradition ne retient que les deux gestes de Jésus – sur le pain (v. 22) et sur une coupe (vé 23-24) – accompagnés de ses paroles de Jésus : v. 22b et notes BJ et TOB ; v. 24b et 25 et notes TOB. Voir en BJ et TOB les notes sur Mt 26, 26.

Question 2

• Le contexte de Mt est le même que celui de Mc, mais Mt 26, 1 signale la fin du 5ème discours que l’Evangéliste a introduit dans le cadre de Mc : 26, 1 et note TOB.
• Quelques particularités du récit de Mt : 26, 3 et note TOB ; v. 9 et note TOB ; v. 23 et note TOB ; Mt mentionne le chant du Halllel (v. 30) et note TOB) avant le départ vers Gethsémani. Cf. aussi les notes et les références marginales de BJ sur ces versets.
• Le récit de l’institution est davantage marqué par la liturgie (cf. note TOB sur v. 26) : prenez, mangez (v. 26b), buvez-en tous (v. 27b).
• Comme en Mc, la parole de Jésus sur la coupe renvoie à Ex 24, 8 ; mais Mt ajoute une allusion à la Nouvelle Alliance (en rémission des péchés : v. 28 et note TOB).
• Voir aussi la note sur le v. 29, très proche de Mc 14, 25 ; cf. en BJ, référence à 8, 11 +.

Question 3

• Lc suit aussi Mc, mais il omet l’onction à Béthanie (cf. la note TOB sur Lc 7, 37) ; Lc place l’institution de l’Eucharistie avant l’annonce de la trahison de Judas (v. 21-23 et note TOB).
• Pour le texte de Lc, lire la note de TOB sur 22, 14 (titre) et celles sur les v. 17-18 ; en Mc et Mt, l’équivalent de Lc 22, 18 se trouve après la coupe eucharistique (cf. la note TOB sur Lc 22, 18). Lc sépare les deux gestes de Jésus : après le repas (v. 20a).
• Noter aussi les différences de Lc dans le récit de l’institution : la parole du le pain (v. 19) : qui est donné pour vous. Faites ceci en mémoire de moi. Cf. notes TOB sur ces passages. La parole sur la coupe renvoie à Jr 31, 31-34 (cf. les notes TOB). Ces particularités de Lc se retrouvent en 1 Co 11, 25.
12. – Mt 28, 1-8 ; Mc 16, 1-8 ; Lc 24, 1-11 Les femmes au tombeau

Tous les Evangélistes nous montrent les femmes au tombeau de Jésus au matin du premier jour de la semaine. Ce sont elles qui reçoivent l’annonce de la Résurrection.

1) Comparer le texte de Mc avec ceux de Mt et Lc et relever ce qui est semblable. Noter aussi ce qui est particulier à Mc
2) Lire le texte de Lc : en quoi ce texte est-il différent de celui de Mc et Mt ?
3) Etudier le texte de Mt et relever ce qui est particulier à cet Evangéliste.

Question 1

• Ce qui est semblable : le premier jour de la semaine, de très bonne heure, des femmes viennent au tombeau, parmi elles, Marie de Magdala et une autre Marie. Elles trouvent la pierre roulée. Un personnage céleste (vêtement blanc, habits éclatants) leur dit : vous cherchez / cherchez-vous ; Jésus / Jésus le Nazarénien ; il n’est pas ici ; il est éveillé (des morts). Quittant le tombeau, elles vont l’annoncer / ne disent rien (Mc).
• Mc mentionne l’achat des aromates (v. 1 et note TOB) et la venue de grand matin (v. 2 et TOB) ; voir aussi les notes TOB sur les v. 3 et 4.
• La robe blanche qualifie le jeune homme comme un messager céleste ; sur ses paroles, v. 6, voir note TOB ; au v. 7 : noter la mention de Pierre et de la rencontre en Galilée.
• Sur le silence des femmes, cf. note TOB sur v. 8.

Question 2

• Comme chez Mc, les femmes viennent pour compléter la sépulture (v. 1 et note TOB) ; Lc souligne leur fidélité à l’observance du sabbat (23, 56).
• Lc  mentionne l’absence du corps du Seigneur Jésus (v. 3 et note TOB) ; sur les deux hommes et leur question (v. 4-5), comparer avec Ac 1, 10.
• Noter aussi la catéchèse (v. 6-7), renvoyant aux paroles de Jésus et au « il faut que… » cf. encore en 24, 25-27 et 24, 44. Sur la Galilée (v. 6), voir la note BJ et TOB.
• Lc raconte leur annonce aux Onze (v. 9) et leurs réactions (v 10-11).
• Noter encore les deux autres récits de Lc 24.

Question 3

• Les femmes viennent voir le sépulcre : v. 1 et note TOB et BJ ; cf. Mt 27, 65-66.
• Mt nous fait ensuite assister à l’ouverture du tombeau (v. 2-3 et notes TOB) et il souligne l’intervention de Dieu : le tremblement de terre (note TOB ; cf. Mt 27, 51 +) ; l’Ange du Seigneur roula la pierre, s’assit dessus ; les gardes devinrent comme morts. (v. 4 et note TOB).
• Le message aux femmes : ne craignez pas, vous … (cf. les apparitions dans l’AT) ; puis le message pascal (v. 6 et note TOB) et leur envoi vers les disciples (v. 7).
• La double réaction des femmes : crainte et grande joie (v. 8) ; cf. Mt 2, 10.
• Noter encore les v. 9-10 et note BJ sur v. 10.

ETUDES DE TEXTES SYNOPTIQUES

Tous les chrétiens savent qu’il y a quatre Évangiles, mais tous n’ont pas pleinement conscience de la richesse que cela représente pour notre connaissance de Jésus Christ. Beaucoup pensent que les quatre Évangiles sont plus ou moins identiques, comme le seraient quatre versions, dans la même langue, d’un ouvrage unique. Mais les quatre Évangélistes sont de véritables auteurs, des auteurs différents qui, à partir des traditions qui leur sont parvenues, nous offrent chacun à sa manière,  un « écho » de cet événement inouï de l’Incarnation, de la présence de Dieu parmi nous, dans une véritable vie humaine.
Les Évangiles nous parlent surtout des deux ou trois dernières années de la vie de Jésus : son ministère, sa vie publique, sa mort et sa Résurrection.
Mais les auteurs des Évangiles ne sont ni des « reporters » ni des historiens. Ils n’entendent pas « couvrir un évènement », ni nous raconter ce qui se serait passé quelques décennies plus tôt dans le pays de Palestine.
Les Évangélistes sont des croyants et ils écrivent pour des communautés de croyants. Ce qu’ils ont reçu concerne la personne de Jésus de Nazareth, son message, sa vie, sa mort. Ces faits donnent sens à leur vie et ils voudraient les partager avec ceux qui les liront.

De Jésus aux Évangiles

La plupart des évènements que nous rapportent les Évangiles se sont passés en Palestine dans les années 27-30. Il y a de bonne raison de penser que Jésus a été crucifié juste avant la fête de la Pâque de l’an 30, mettant ainsi fin à son ministère qui s’est déroulé dans les trois années précédentes.
La Pâque juive de l’an 30 marque ainsi l’origine de la foi chrétienne : les apparitions du Christ Ressuscité ont ouvert les disciples à une compréhension nouvelle de la vie et de la mort de Jésus. Par sa Résurrection, Jésus inaugurait un monde nouveau ; il se révélait comme le Premier-né d’entre les morts.

Mais il faudra du temps aux disciples pour accueillir cette Bonne Nouvelle et pour trouver les mots qui leur permettront de l’exprimer. Tout naturellement, ils font appel à l’expérience qu’ils ont eue avec Jésus, à ce qu’il a dit, à ce qu’il a fait.

Ce sont d’abord les évènements de la Passion qui ont été racontés ; ensuite certains ont commencé à recueillir et à mettre par écrit des paroles de Jésus dont on se souvenait.

Plus tard, dans le troisième tiers du premier siècle, vont apparaitre les Évangiles que nous connaissons : Mc d’abord, puis Mt et Lc, et enfin Jn. Ecrits dans des milieux différents, ces Évangiles reflètent les points de vue particuliers de leurs auteurs, en lien avec leurs préoccupations et leurs projets.

Parmi ces écrits qui présentaient Jésus et son message, l’Église en a retenu quatre, et ceci dès le 2ème siècle : un témoignage « tétramorphe » selon l’expression de s. Irénée. Certains auraient préféré un seul Evangile (Tatien avec le Diatessaron, – un à partir de quatre -, ou Marcion, privilégiant le texte de Luc et éliminant tout ce qui rappelait (trop, à son goût,) l’AT)

Un trésor à explorer

Durant le Concile de Vatican II, la Commission Biblique Pontificale a publié, en avril 1964, un document sur la Vérité historique des Évangiles pour aider les évêques qui travaillaient sur le chapitre que Dei Verbum consacre au NT. Je voudrais citer ici deux passages de ce document :

Tout d’abord, l’introduction au chapitre II qui nous invite à nous souvenir du temps qui sépare l’expérience que les disciples ont faite avec Jésus (dans les années 27-30) du moment où les Évangiles que nous connaissons furent écrits (entre 65 et 90).

« Pour établir comme il faut la solidité de ce que nous rapportent les Evangiles, l’exégète doit prêter toute son attention aux trois étapes de la transmission par lesquelles l’enseignement et la vie de Jésus sont parvenus jusqu’à nous. »

Ces étapes sont

– 1) le temps de Jésus et de son ministère
– 2) la prédication apostolique et la formation des écrits
– 3) la rédaction des Évangiles

Le second passage concerne la rédaction des Évangiles :

« Cette prédication transmise d’abord oralement – livrée ensuite par écrit : car beaucoup s’employèrent « à composer un récit des événements » qui concernait le Seigneur Jésus – les Auteurs sacrés la consignèrent dans les quatre Évangiles pour le bien des églises, selon une méthode adaptée au but particulier que chacun d’eux se proposait. Ils choisirent certains éléments parmi ceux qui avaient été transmis, ils en résumèrent quelques-uns, ils en développèrent d’autres, eu égard à l’état des églises. ( …) Les Auteurs sacrés choisirent de préférence parmi tout ce qu’ils avaient reçu ce qui était le plus utile à leur propos et aux différentes conditions des fidèles et ils le racontèrent de la façon qui correspondait à ces conditions comme aussi au but qu’ils s’étaient fixé.
Puisque le sens d’un énoncé dépend du contexte, les Évangélistes, livrant les paroles et les gestes du Sauveur, les interprétèrent pour l’utilité des lecteurs, l’un dans tel contexte, l’autre dans tel autre. C’est pourquoi l‘exégète doit rechercher quelle est l’intention de l’Évangéliste quand il rapporte une parole ou un fait d’une certaine manière et les place dans un certain contexte. »

Comme on le voit, ce document de la Commission Biblique Pontificale nous encourage à lire les Évangiles en prenant acte de tout le travail humain que ces textes supposent et en profitant de la richesse de leur diversité. C’est aussi ce que voudrait offrir ce dossier en l’appliquant aux textes synoptiques.

Pour faire ce travail, il est utile de disposer d’une Synopse, c’est- à- dire une présentation des différents textes en colonnes parallèles pour les avoir sous un même regard :
– Ce qui présuppose que ces textes soient comparables ;
– Ce qui permet de faire ressortir les accords et les différences, les ajouts et les silences.

Le texte d’une synopse doit obéir à certains principes :
– Il doit être le texte original,
– ou, au moins, une traduction littérale, mot à mot, rendant toujours le même terme grec par un même mot français, et respectant l’ordre des mots de l’original.

Actuellement, en langue française, la synopse biblique la plus utilisée est la Synopse des quatre Évangiles, (BB) de P. BENOIT et M.-E. BOISMARD

Travailler un texte synoptique

Pour travailler un texte synoptique, il faut tout d’abord s’habituer à un vocabulaire et ensuite partir d’une hypothèse de travail, qui n’explique pas tout mais qui permet de (mieux) comprendre le travail des Évangélistes à partir de la tradition qui leur était parvenue.

Une question de vocabulaire

On a pris l’habitude de classer les textes des trois premiers Évangiles en différentes catégories :
– La triple tradition : quand un même passage se lit en Mt-Mc-Lc
– La double tradition : quand un passage se lit en Mt et Lc (tradition non-marcienne)
– La tradition simple : quand un texte ne se lit qu’en un seul Évangile.

Une hypothèse de travail, la plus souvent présupposée par les commentateurs des Évangiles synoptiques : les Deux Sources

A l’origine des trois premiers Évangiles, il y aurait deux sources principales : Mc (un texte proche de celui que nous lisons aujourd’hui en Mc) et une deuxième source, (Quelle) que l’on peut partiellement reconstituer à partir de ce qui est commun à Mt et à Lc (mais qui ne se lit pas en Mc).

L’hypothèse est que Mt et Lc ont connu et utilisé le texte de Mc. De plus, ils ont eu à leur disposition cette autre Source (qui ne nous est pas parvenue) contenant surtout des paroles (logia) de Jésus A cela s’ajoute pour chacun des Évangélistes des informations qui lui étaient particulières. Celles-ci sont plus ou moins importantes : ainsi elles peuvent représenter presque la moitié du texte de Lc et environ un quart de celui de Mt.

N.B. : un texte qui se lit seulement en Mc-Mt ou seulement en Mc-Lc n’appartient pas à double tradition. Selon l’hypothèse de travail proposée, il s’explique par le fait que, dans ces cas, un seul des deux Evangélistes (Mt ou Lc) a utilisé le texte qu’il lisait en Mc.
L’étude d’un texte synoptique comprend plusieurs étapes

schema sources petit

– Repérer ce qui est semblable dans deux (ou trois) textes.
– Noter qui est différent (même parfois des indices très mineurs)
– Chercher à comprendre la signification des différences relevées.

1) Comparer les textes

– Pour cela, il faut disposer des textes tirés d’une synopse, disposés selon les cas, sur deux ou trois colonne parallèles).
– Le travail commence par un coloriage qui met en valeur ce qui est semblable et ce qui est différent dans le texte de chacun des Évangélistes.
– Pour ce travail sur le texte, il est recommandé d’utiliser des couleurs différentes pour chacun des Évangélistes : par exemple, les couleurs fondamentales et leurs mélanges.

Ce qui est particulier à Mc : bleu
Ce qui est particulier à Mt : rouge
Ce qui est particulier à Luc : jaune

Pour ce qui est commun aux trois : brun foncé-noir

Pour ce qui est commun à Mt et Lc : orange
Pour ce qui est commun à Mc et Mt : violet
Pour qui est commun à Mc et Lc : vert

– Le coloriage des textes : souligner chaque mot (ou ensemble de mots) selon les couleurs indiquées ci-dessus. Si un mot est identique, mais la forme est différente : on peut le souligner en pointillé. Ainsi apparait ce qui est commun aux trois Évangiles ; ce qui est commun à deux d’entre eux ; ce qui est propre à un seul Évangéliste.

– Ce premier travail permet de mettre en relief les différences de forme, mais aussi les ajouts ou les omissions des différents textes. Nous découvrons ainsi le travail des Évangélistes : ce qu’ils ont reçu de leur(s) source(s) et ce qu’ils ont ajouté ou omis ou encore, modifié.

Comparer aussi les contextes :

– Est-il identique dans les différents Évangiles ?
– Quel pourrait être l’ordre primitif ?
– Qui a modifié cet ordre ? Pourquoi ? Quelle signification ?

Pour faire ce travail sur le contexte, il est souvent plus facile de vous servir de votre Bible (BJ ou TOB) que d’une synopse.

2) Etudier les textes

a) Quand il s’agit d’un passage appartenant à la triple tradition, l’hypothèse de travail (ci-dessus) nous invite à commencer l’étude par le texte de Mc :

– Que dit ce texte de Mc ? Quel est le genre littéraire utilisé ? Quel message ?
– Noter ce qui a été repris par Mt et Lc (en brun foncé-noir) ?
– Noter ce qui a été repris seulement par Mt (en violet) ou seulement par Lc (en vert) ?

Faire ensuite le même travail sur les textes de Mt et de Lc :
– Le contexte est-il le même dans chacun des Evangiles ? Quel changement éventuel ?
– Qu’est-ce que ces deux Evangélistes ont repris du texte de Mc ?
– Qu’ont-ils omis ou qu’ont-ils ajouté au texte de Mc ? Quelles significations ?

– Quel est le sens du texte de Lc ? Son message ?
– Quel est le sens du texte de Mt ? Son message ?

b) Quand il s’agit d’un passage appartenant à la tradition double (en Mt et Lc), nous n’avons pas la Source à notre disposition :

– Souligner ce qui est commun aux deux Évangélistes (en orange).
– Souligner ce qui est particulier à Mt (en rouge) et ce qui est particulier à Lc (en jaune).
– Quel est le message de Mt ? Et celui de Lc ?

c) Concernant les textes qui se lisent seulement en Mc-Mt, ou seulement en Mc-Lc : on peut se poser la question : pourquoi Lc ou Mt n’a-t-il pas repris ici le texte qu’il trouvait en Mc ?

Le dossier proposé

Ce dossier présente un choix de 12 textes parmi bien d’autres possibles. Il commence par des études plus simples pour permettre de se familiariser avec la démarche avant d’aborder des textes plus longs ou plus difficiles.

D’autre part, il contient des textes appartenant aux différentes situations évoquées ci-dessus : à la triple tradition (no. 1. 2. 8. 10. 11. 12), à la double tradition (no. 3. 4. 5. 6. 7), ainsi qu’un texte qui se lit en Mc et Mt (no. 9).
dossiers

PAUL, L’APOTRE DE JESUS

Paul, missionnaire de l’Evangile. Il n’est pas le seul qui puisse revendiquer ce titre (cf. 1 Co 15, 11), mais il est certainement celui dont nous connaissons le mieux le parcours, par ses Lettres (qui nous sont parvenues) et par le récit de Luc, que nous lisons dans les Actes des Apôtres. Grâce à Paul et à ses Lettres, nous avons les premiers écrits qui témoignent de l’impact de la vie et du message de Jésus. Paul est le premier auteur connu qui cherche à rendre compte de ces événements inouïs et inattendus, dans leur forme : l’Incarnation de Dieu en Jésus et le Mystère pascal. Paul, un pharisien, prêt à donner sa vie pour sa foi juive. Plus que les gens de son âge, il brûlait du zèle pour la LOI que Dieu avait révélée à Israël (cf. Ga 1, 14) et il souffrait de voir des Juifs donner leur foi à ce Jésus, un homme condamné par les plus hautes autorités religieuses de son peuple et exécuté par les Romains. Et c’est lui que Dieu choisit pour devenir son messager, pour ouvrir largement aux nations les portes du salut. Comme il l’écrit en Ga 1, 15-16, Dieu l’avait « mis à part dès le sein maternel … et l’a appelé par sa grâce pour l’annoncer parmi les païens. »

Le parcours proposé

La richesse du message de Paul ne peut se limiter aux textes que nous proposons pour ces quelques jours de cette session. Bien d’autres pages de l’Apôtre pourraient / devraient être étudiées et priées, pour nous faire mieux découvrir la grâce que nous avons reçue, et notre responsabilité de témoigner aujourd’hui du message chrétien. Voici le choix retenu :

1) Ga 1, 11 – 2, 4 : Dans ce texte, Paul nous dit combien sa vocation était humainement inattendue. La rencontre, sur la route de Damas, du Christ Ressuscité a fait basculer sa vie. C’est Dieu lui-même qui lui a révélé en Jésus son Fils et qui lui a confié la mission de transmettre ce message aux nations païennes.

2) 1 Co 1, 18 – 2, 5 : Comme nous lisons dans le Livre d’Isaïe : « Vos pensées ne sont pas mes pensées et mes voies ne sont pas vos voies » (Is 55, 7) : Jésus, Fils de Dieu et Crucifié par les hommes ! Ce qui autrefois apparaissait à Paul comme « un scandale pour les Juifs et une folie pour les païens » (cf. 1 Co 1, 23) est devenu pour lui la manifestation la plus éclatante de la Sagesse et de la Puissance de Dieu.

3) 1 Co 15, 1 – 28 : Accueillant désormais la foi au « Fils de Dieu qui l’a aimé et s’est livré pour lui » (Ga 2, 20), Paul découvre, avec ses frères dans la foi (cf. 1 Co 15, 11) combien ce message accomplit les promesses des Ecritures. Dans le Mystère pascal, se révèle à nous l’amour inouï de Dieu et la grandeur de son salut : par sa mort et sa Résurrection, Jésus ouvre aux croyants un chemin de Vie ; la Résurrection de Jésus devient les prémices de la nôtre.

4) 2 Co 5, 11 – 6, 2 : Annoncer cette Bonne Nouvelle est devenu pour Paul le but même de sa vie. Mais annoncer le Mystère pascal ne se fait pas sans une participation à cette mort qui donne la vie : le ministère de Paul en porte les stigmates. Les difficultés qui ont marqué son ministère à Corinthe nous sont particulièrement bien connues par le témoignage des deux Lettres aux Corinthiens. En lisant la Deuxième aux Corinthiens nous entendons encore son appel : « Laissez-vous réconcilier avec Dieu ! »

5) Ep 2, 1 – 3, 13 : Les écrits de Paul sont les premiers témoignages écrits du Nouveau Testament qui nous sont parvenus. Dans ses Lettres – comme il le faisait, sans aucun doute, aussi oralement – Paul a tenté d’exprimer au mieux sa compréhension du mystère chrétien et de transmettre la foi qui l’habitait. Mais ce travail de l’intelligence de la foi – qu’il partageait avec ses collaborateurs, comme en témoignent leurs noms au début de plusieurs Lettres – ne s’est pas arrêté à sa mort. La Lettre aux Ephésiens est pour nous un bel exemple de la fécondité posthume de l’Apôtre.

 

1) Ga 1, 11 – 2, 10 : La vocation de Paul

« Sa conversion ne fut pas une crise, mais un événement et un fait théologique où se mêlent révélation du Christ et apostolat » a écrit M. CARREZ dans Dictionnaire des Religions, art. Paul, p. 1283.

1) Situer notre passage dans la Lettre aux Galates : de quels événements Paul parle-t-il ici ? Pourquoi les mentionne-t-il ?

2) Comment Paul parle-t-il de sa vocation ? Sur quoi insiste-t-il ?

3) Pourquoi Paul est-il monté à Jérusalem ? Repérer les différents personnages qu’il a rencontrés et leur signification.

 

Question 1 • Après l’adresse (v. 1-5), nous trouvons une réprimande sévère de Paul aux Galates (cf. les notes BJ et TOB sur v. 6) qui introduit le passage que nous étudions, où Paul défend « son Evangile ». • A la suite de notre passage, Paul mentionne l’incident d’Antioche où il a défendu « la vérité de l’Evangile », face à Céphas : v. 11 et note BJ ; v. 14 et note TOB.

Question 2 • Dans l’introduction (1, 11-12 et notes BJ et TOB sur v. 12), Paul parle de la révélation de Jésus Christ (cf. aussi v. 16) ; l’Evangile qu’il annonce ne lui pas été transmis et enseigné par des hommes (voir note B sur v. 12). • Les v. 13-14 rappellent la conduite de Paul avant cette irruption de Dieu dans sa vie : cf. en BJ la référence donnée en marge à 2 Co 11, 21 +. • Sur les v. 15-17, lire Jr 1, 5 et Is 49, 1-6 : que nous apprennent ces textes sur ce que Paul pense de sa vocation ? Noter aussi comment Paul désigne Dieu (v. 15 ; cf. aussi en 2, 8). • Sur la réponse de Paul à cette intervention de Dieu : v. 16b-17 • Dans les v. 18-19, Paul parle d’une première rencontre avec Céphas et Jacques. • Sur l’activité missionnaire de Paul en Arabie et à Damas (cf. v. 17 et note BJ), et en Syrie et Cilicie (v. 21) : cf. Ac 9, 30 et 11, 25-26.

Question 3 • Lire les notes de vos Bibles sur Ga 2, 1-2 qui nous renseignent sur le temps (2, 1 et notes BJ et TOB) et l’importance de cette démarche de Paul (2, 2 et note TOB). • Paul est monté avec Barnabé (cf. Ac 4, 36) et Tite : cf. 2, 3 et note TOB. • Il rencontre Jacques, Céphas et Jean (2, 9 : remarquer l’ordre des noms !) ; en 2, 4-5 Paul parle aussi des « faux frères » auxquels il s’est opposé. • Sur l’accord de Jérusalem (2, 7-9), lire les notes BJ et TOB ; remarquer le terme « communion » (koinônia). • A noter également au v. 10, la mention de la collecte (cf. 1 Co 16, 1 et note BJ et TOB).

 

2) 1 Co 1, 18 – 2, 5 : Annoncer un Messie crucifié

Le langage de la croix ne peut être compris ni par le Juif, ni par le Grec. Mais le croyant est invité à découvrir dans la croix du Christ la révélation de la sagesse et de la puissance de Dieu.

1) Situer notre passage dans la Lettre et proposer une division (et des sous-titres).

2) Etudier plus particulièrement 1 Co 1, 18-25 et relever les mots et les formules qui s’opposent ; résumer la pensée exprimée par Paul.

3) Un Messie crucifié : qu’est-ce que ces mots signifiaient pour Paul et ses correspondants ? Et pour nous aujourd’hui ?

 

Question 1 • L’intervention de Paul fait suite à ce qu’il a appris par les « gens de Chloé » (1, 11 et note TOB). Lire si possible les ch. 1-3 pour bien situer notre texte. • Face aux divisions des chrétiens de Corinthe pour les différents prédicateurs (v. 11-13), Paul rappelle avec force que c’est le Christ qui a été crucifié et que c’est en son nom qu’ils ont été baptisés (v. 13) Agir comme le font les Corinthiens, c’est prendre l’Evangile pour une sagesse humaine (v. 17 et notes TOB). • Dans les v. 18-25, Paul montre comment l’Evangile est sagesse et folie (cf. TOB note sur la fin du v. 17). • Paul donne ensuite deux applications : en 1, 26-31 (la composition de la communauté de Corinthe) et en 2, 1-5 (sa prédication) ; cf. les notes BJ et TOB.

Question 2 • Au v 18 : le langage de la croix est folie pour ceux qui se perdent, mais sagesse pour ceux qui sont en train d’être sauvés. • Dans les v. 20-21 : opposition entre sagesse du monde et folie du message par lequel Dieu veut sauver ceux qui croient. • Les v. 22-24 parlent des Grecs et les Juifs ( = tous les hommes) qui cherchent, chacun à leur manière des garanties humaines (Notes BJ et TOB sur v. 22) alors que l’annonce chrétienne présente un Messie crucifié (v. 23 et notes BJ et TOB), puissance et sagesse de Dieu pour ceux qui croient (v. 24 et notes BJ et TOB). • Noter les oppositions du v. 25 qui introduisent les deux applications qui suivent.

Question 3 • Réfléchir sur la signification des deux termes : Messie crucifié ; nous sommes habitués à voir ces deux mots ensemble, mais il n’en allait pas de même pour les hommes du 1er siècle ! • Lire Mc 8, 29-33 et par. ; également l’expérience de Paul (cf. 1 Tim 1, 12-14) ; ou encore Lc 24 19-20. Voir aussi Ga 3, 13 et notes TOB et BJ. • Le Messie, celui qui a reçu l’onction de sainteté (cf. note BJ sur Ex 30,22) ; pour les Juifs, c’est le sauveur attendu (Mc 1, 1 et note TOB). • La croix était la peine capitale la plus cruelle et la plus honteuse, réservée aux esclaves, aux révoltés. La crucifixion était précédée de la flagellation, du portement de croix et du dépouillement.

 

3) 1 Co 15, 1 – 28 : La Résurrection du Christ, prémices de la nôtre

Si les Corinthiens n’avaient pas eu des doutes sur leur propre résurrection, nous serions privés de ce texte de Paul où il nous transmet la plus ancienne confession de foi chrétienne, qu’il a lui-même reçue.

1) Quelle était la difficulté des Corinthiens ? Que contient le passage que nous étudions ?

2) Etudier les v. 1-11 et tout particulièrement les v. 3-5.

3) Sur quoi Paul insiste-t-il dans les v. 12-28 ?

 

Question 1 • Sur la difficulté que représentait la foi en la résurrection pour les Corinthiens, voir la note de BJ sur le titre. Cf. aussi Ac 17, 32 + • Dans la mentalité grecque (marquée par Platon), le corps (sôma) est vu comme un tombeau (sèma) dont il faut sortir ; l’âme / l’esprit peut alors se libérer du corps et trouver son épanouissement (immortalité). • Paul rappelle l’annonce chrétienne que les Corinthiens ont reçue (v. 1-11) ; il montre ensuite le lien indissociable entre la Résurrection de Jésus et celle des chrétiens (v. 12-28) ; il ajoute deux arguments concernant directement les Corinthiens (v. 29-34). • Dans suite du chapitre, Paul essaie de répondre aux objections sur le « comment » de la résurrection (v. 35-53) avant de terminer par une action de grâces (v. 54-57).

Question 2 • Tout d’abord le message chrétien est un Evangile, une bonne nouvelle, qui apporte le salut à celui qui l’accueille et le garde (v. 1-2). Puis Paul rappelle ce qu’il leur a annoncé en premier : la foi transmise dans les premières communautés (v. 3a). • Remarquer la formule qui introduit : j’ai transmis ce que j’ai reçu (v. 3 et note BJ et TOB) ; ainsi 25 ans après la mort et résurrection du Jésus, une tradition est déjà clairement formulée. • Viennent alors les deux phrases parallèles (v. 3b-5) : affirmation de la mort du Christ et de sa résurrection ; de la signification théologique de ces deux évènements ; de leur lien avec les Ecritures (voir les notes de vos Bibles sur ces versets). • Ce credo insiste aussi sur la mort réelle de Jésus (mis au tombeau) et mentionne les apparitions pascales à Céphas et aux Douze. Cf. encore les v. 6-10 et surtout le v. 11 : cette foi est celle de l’Eglise, de Paul (eux et moi) et des Corinthiens (vous).

Question 3 • Noter l’insistance de Paul sur le lien entre la Résurrection du Christ et celle des hommes (v. 12. 13. 16). Vérité de l’Incarnation ! • Or sans la Résurrection du Christ, le message chrétien n’a plus de contenu (v. 14. 17. 19) ; il est vidé de son sens ; les apôtres seraient même de faux témoins de Dieu (v. 15). • L’image des prémices (cf. note TOB sur v. 20 et le renvoi à Rm8, 23 et 11, 16) met en lumière le lien entre la résurrection des croyants et celle de Jésus (v. 20-23) ; elle est complétée par le parallèle entre Adam et Jésus (v. 21-22). • Les v. 24-28 annoncent la victoire définitive sur le mal et sur la mort

 

.4)   2 Co 5, 11 – 6, 1 : Le ministère de réconciliation

La Deuxième Lettre aux Corinthiens est certainement celle qui nous révèle le plus Paul et son ministère : le message qu’il voulait transmettre aux croyants et aussi les difficultés rencontrées par l’apôtre.

1) Situer notre passage dans la présentation du ministère apostolique que nous trouvons en 2 Co 2 – 7.

2) Que dit Paul de son ministère : quel est son contenu ? Relever des phrases qui vous paraissent importantes.

3) Travailler plus particulièrement sur 2 Co 5, 13 – 21 et expliquer ce passage.

 

Question 1 • Lire l’introduction de la TOB, spécialement la Structure de la Lettre. • C’est le ministère de l’alliance nouvelle : note TOB sur 3, 6 ; en BJ, la note sur Jr 31, 31 +, réalisant la promesse que Dieu faisait autrefois par Jérémie. • Lire 2 Co 3, 6-18 et les notes de TOB et BJ. • Le ministère de Paul entre force et faiblesse : 2 Co 4, 7-13 et notes TOB sur 4, 7. 8.12 et 2 Co 6, 4-10 et note TOB sur v. 4 ; cf. encore 2 Co 2, 17 ; 4, 2 et note TOB. • La réconciliation est l’objet central de cette lettre : 5, 13-21 : cf. Question 3. • Noter aussi les passages qui font allusion aux difficultés de Paul avec les Corinthiens : 2 Co 3, 1-4 : cf. 5, 12 et 10, 12 cités en marge par BJ et TOB ; 2 Co 4, 1-5 ; 5, 12-13.

Question 2 • Il annonce un « Evangile » : 2 Co 4, 3 ; l’Evangile de la gloire du Christ (4, 4), de la gloire de Dieu (4, 6) : la mort et la Résurrection du Christ pour nous. • Le Christ est l’image de Dieu (4, 4 et note TOB ; en BJ, voir référence à Rm 8, 29 +) : c’est Jésus (mentionné 7 fois dans les 5 à 14), mort sur croix (cf. Ga 3, 13), qui est le Christ et Seigneur : cf. note TOB sur 4, 5. • Paul annonce la résurrection de Jésus et la nôtre : 4, 14 et note TOB ; en BJ voir les références marginales à Rm 1, 4 + et 8, 11 +. • C’est une création nouvelle : 5, 17 et note TOB et BJ.

Question 3 • L’amour du Christ nous presse : l’amour du Christ pour nous (cf. Ga 2, 20 ; Rm 8, 35), mais aussi notre amour pour lui. • Noter les affirmations de la tradition : un seul est mort pour tous (v. 14 et note BJ) ; mort et ressuscité pour eux (v. 15 note TOB ; références marginales à Rm 5, 18 ; 6 11. • Par le mystère pascal, un événement dans notre histoire, Dieu a réalisé la réconciliation du monde qui inaugure le temps eschatologique; cette annonce est au cœur du message chrétien (v. 19). • Sur ce que le mot réconciliation évoquait alors pour les Corinthiens, lire la note TOB sur v. 18. Les apôtres sont les ambassadeurs du Christ, qui a mis en eux « la parole de réconciliation », (v. 19b-20) ; ils sont ses coopérateurs (6, 1). • Noter aussi l’insistance de l’appel (v. 20b-21) et les notes BJ et TOB et les références marginales.

 

5)  Ep 2, 1 – 3, 13 : L’Eglise, révélation du Mystère

L’Ancien Testament souligne souvent la différence entre Israël, le peuple élu, et les autres peuples, ceux qui ne connaissent pas Dieu. Désormais, dans l’Eglise, Israël et les nations forment ensemble le Corps du Christ.

1) Situer notre texte dans la Lettre aux Ephésiens

2) De qui parlent Ep 2, 1-10 et 2, 11-22 ? Relever les principales affirmations de ces deux passages.

3) Qu’ajoute à cela le ch. 3 et particulièrement les v. 1-13 ?

 

Question 1 • Sur la Lettre aux Ephésiens, lire les Introductions de BJ et TOB. Tous les commentateurs reconnaissent les liens entre Col et Ep. • Pour certains, Ep est une reprise et un approfondissement de Col ; Paul écrit de Rome où il est en prison (dans les années 61-63). Aujourd’hui beaucoup pensent que Ep appartient à une époque plus tardive et provient d’un milieu profondément marqué par Paul et ss pensée (cf. surtout Int. de TOB). • Deux grandes parties : 1 – 3 : la partie dogmatique et 4 – 6 : exhortation qui s’impose. • La 1ère partie commence par une bénédiction (1, 3-14 et note TOB sur v. 3 et celle de BJ sur 1, 10), suivie de la révélation du mystère (2, 1 – 3, 13, et se termine par une prière (3 14-21).

Question 2 • Noter la même division de Ep 2 en BJ et TOB, et les titres donnés : sur quoi ces titres mettent-ils l’accent ? Le texte évoque d’abord la situation de tous les hommes devant Dieu (vous : les païens ; nous : les Juifs) ; cf. Rm 1-3 ainsi que notes de TOB sur Ep 1, 3 ; BJ sur Ep 1, 3.5. • Il parle ensuite du salut gratuit / gracieux dans le Christ (v. 4-10) ; un salut présent, comme déjà réalisé (v. 5b-6 et notes BJ et TOB). • Sur les v. 8-10, cf. note TOB sur v.10 ; en BJ, cf. références marginales sur v. 10. • Dans les v. 11-22 l’auteur reprend, avec des variantes, les mêmes thèmes : la détresse des païens (v. 11-12 ; cf. notes BJ et TOB ; comparer aussi avec ce qui est dit d’Israël en Rm 9, 4-5). Il oppose la situation actuelle dans le Christ (à présent) : v. 13-14 et notes BJ et TOB. C’est la création d’une humanité nouvelle formée des croyants juifs et des croyants venus des nations (v. 15b-20 et les notes BJ-TOB).

Question 3 • Ep 3 est marqué par le ton personnel (moi ; je) ; c’est Paul, en prison (v. 1) et chargé de mettre en lumière (v. 7-9) le mystère jusque-là caché et qui vient d’être révélé (v.5). Il est le ministre (diakonos) de cette Bonne Nouvelle (v. 6-7). • Pour la signification du mot mystère, voir note TOB sur Ep 3, 3 ; en BJ, référence marginale à Rm 16, 25 +. Le contenu de cet Evangile est donné au v. 6 ; et c’est en contemplant l’Eglise (Corps dont le Christ est la Tête : cf. Ep 4, 16 et note TOB) que les Principautés et les Puissances célestes le découvrent (v. 10 et notes TOB et BJ). • Ce texte est pour nous un beau témoin de la fécondité de « l’école paulinienne ».