Dieu dans notre histoire. La marche vers l’Incarnation

 

Deux éléments importants distinguent notre foi chrétienne de toutes les autres croyances religieuses : la révélation trinitaire : un Dieu Unique mais communion de Personnes, d’une part et, d‘autre part, l’Incarnation : l’affirmation de la présence de Dieu dans la personne de Jésus de Nazareth. C’est la place et l’importance dans la Bible de ce deuxième élément de notre foi que ce dossier voudrait nous aider à (re)découvrir en parcourant quelques textes de l’Ancien et du Nouveau Testament.

« Livre de la genèse de Jésus, fils de David, fils d’Abraham » écrit saint Matthieu au début de son Evangile. L’enfant, dont Gabriel dans l’Evangile selon Luc annonce à Marie la naissance n’a rien d’un « météorite » qui aurait brillé et traversé notre nuit pendant quelques dizaines d’années il y a maintenant deux millénaires. Bien au contraire, la naissance de Jésus s’inscrit dans l’histoire d’une famille ; Jésus appartient à un peuple. Et plus précisément à ce peuple dont nous parle la Bible.

Trois mots du Credo le situent avec précision dans notre histoire : « sub Pontio Pilato » ; Jésus a été crucifié et est mort sous Ponce Pilate, c’est-à-dire entre 26 à 36 de notre ère, en Judée, aux frontières de la province romaine de Syrie, où Ponce Pilate était alors le représentant de l’empire.

Comme pour les autres peuples, les origines d’Israël se perdent dans les brumes des temps passés. Les origines de sa pensée religieuse aussi. Mais ce petit peuple nous a conservé des traces de la présence de Dieu dans son histoire, commencée depuis bien des siècles et qui continue encore aujourd’hui.

Les récits des Patriarches nous parlent du Dieu des pères, le « Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob » qui accompagne et protège un petit clan de semi-nomades en voie de sédentarisation. Mais c’est surtout avec Moïse que ce Dieu entre dans l’histoire du peuple : il devient le « Dieu qui l’a fait sortir d’Egypte » et qui lui a donné la terre de Canaan.

Dans les récits de cette libération, Israël témoigne de la présence de Dieu dans son histoire et de son élection : le Seigneur a fait une alliance avec lui (Ex 19).

Quelques siècles plus tard, une autre étape de cette histoire est marquée par la personnalité de David : un berger choisi par Dieu pour diriger son peuple : (2 S 7).

Dans les siècles qui suivent, c’est à travers les événements qui l’ont marqué le plus durement que le peuple d’Israël va découvrir qui est le Dieu qui l’a choisi et quelle est la mission qu’il lui a confiée. Rappelons brièvement ces événements : le schisme (931), la destruction du Royaume du nord par les Assyriens (721), puis celle du Royaume de Juda et du Temple de Jérusalem (587) et la déportation à Babylone d’une partie importante de la population.

Avant la catastrophe, Jérémie, et d’autres prophètes, avaient averti le peuple que la présence de Dieu pour eux n’avait rien de magique ; cette présence ne protège le peuple que s’il entend la voix du Seigneur et lui obéit : (Jr 7).

Un peu plus tard, le message d’Ezéchiel, au milieu des exilés à Babylone, rappelle au peuple la sainteté de son Dieu (Ez 36).

Un autre prophète anonyme, dont nous lisons les oracles en Is 40-55, donnera bientôt un message de consolation (cf. Is 40, 1) : la destruction de Jérusalem et de son Temple ne signifie pas l’impuissance du Seigneur. Bien au contraire, c’est lui qui avait annoncé ces événements, et maintenant, c’est lui qui annonce le salut que, dans sa miséricorde et sa fidélité, il prépare pour son peuple, car lui seul est Dieu (Is 48).

Dans les siècles qui suivent le retour de l’exil, après l’Édit de Cyrus (538), certains pensent surtout à reconstruire le Temple et son culte sacrificiel. D’autres ont pris davantage conscience de la place de la Parole de Dieu, comme la présence du Seigneur qui rassemble les croyants, qu’ils soient en Judée ou dans la diaspora. (Ne 8)

Dans les derniers siècles de l’Ancien Testament, les sages d’Israël, méditant sur le chemin qui conduit au bonheur, prennent alors conscience de la grandeur du don que le Seigneur leur a fait. Depuis la création du monde, Lui qui seul est Sage, appelle tous les hommes à choisir un chemin de vie (Pr 8). Et ce chemin, nous dit le Siracide, est particulièrement révélé dans la LOI de Moïse (Si 24).

 

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Mais le dessein de Dieu dépasse toujours et de beaucoup les attentes les plus folles des hommes. La présence de Dieu dans notre humanité, une vie partagée de la naissance à la mort, va ouvrir des perspectives que les Evangélistes chercheront à exprimer à la lumière des événements de Pâques.

Pour une communauté composée surtout de Juifs, qui se sont ouverts au message chrétien, Matthieu nous montre comment Jésus accomplit les promesses messianiques (Mt 1). Dans une vision davantage marquée par l’universalité du salut, Luc nous présente Jésus comme le Messie d’Israël et Fils de Dieu (Lc 1). Enfin le regard méditatif de Jean nous invite à replacer ce don inouï de Dieu dans le dessein éternel du Dieu Trinitaire. (Jn 1)

Parce que Jésus était un homme véritable, la présence de Dieu sur notre terre était nécessairement limitée à un temps et un lieu. Mais le Christ Ressuscité a fait éclater ces limites liées à son Incarnation. Sa Présence parmi nous continue aujourd’hui à travers la vie sacramentelle de l’Eglise et tout spécialement dans l’Eucharistie (Jn 6) ; elle nous est aussi donnée par son Esprit qui, tout au long de l’histoire, nous « rappelle et nous enseigne ce que Jésus a dit » (Jn 14).

Enfin, témoigner de cette présence de Dieu dans notre humanité : telle est maintenant la mission de l’Eglise, ce Corps dont le Christ est la Tête (Ep 1).

Bien d’autres passages de l’Ancien et du Nouveau Testament pourraient compléter ce choix de textes et ouvrir encore d’autres horizons. Puisse ce choix limité nous faire découvrir quelques facettes de l’histoire de Dieu avec nous.

 

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Ex 19, 3-24 : « Vous avez vu ce que j’ai fait… maintenant si … C’est dans son histoire qu’Israël a découvert son Dieu. Fidèle aux promesses faites aux ancêtres, le Seigneur a libéré son peuple opprimé. Mais ce n’est là qu’un début si, maintenant, le peuple écoute sa voix … 

 

  1. Situer ce passage de l’Exode et proposer un découpage. Que contient ce texte ?
  2. Travailler plus particulièrement sur les v. 3-8 et sur v. 16-21. Relever les expressions qui vous paraissent les plus significatives.
  3. Qu’est-ce que ce texte apporte pour notre thème ?

Question 1

  • Lire les notes de BJ et de TOB sur Ex 19, 1.
  • Selon la BJ, ici commence la 3ème partie de l’Exode : L’Alliance au Sinaï. Après La délivrance d’Egypte (1, 1 – 15, 21) et La marche au désert (15, 22 – 18, 27), le peuple est arrivé au Sinaï (19, 1) et là, Dieu offre à Israël de faire alliance avec lui.
  • Toute la fin du livre (Ex 19 – 40) est consacrée à cette alliance, mais particulièrement les ch. 19-24 (l’alliance et le Décalogue ; le Code de l’alliance ; la conclusion de l’alliance).
  • Pour notre texte, comparer les découpages de la BJ avec ceux de la TOB. Voir aussi les alinéas. Proposer éventuellement d’autres sous-titres.

Question 2

  • Dans les v. 3-8, relever ce que Dieu a fait pour Israël (verbes au passé) : son parti pris, l’image de l’aigle et de ses ailes (cf. Dt 32, 11 ; Is 46,4 ; 63,9, cités en marge dans BJ), et ce qu’il fera (v. 5) si le peuple écoute sa voix : voir les notes de BJ et TOB sur Ex 19, 3 (titre) ; en TOB, voir aussi les notes sur v. 5 (alliance ; part personnelle).
  • Noter les v. 7-8 : Moïse convoque et parle aux anciens (v. 7), mais c’est le peuple tout entier et unanime qui donne son accord (v. 8) : quelle signification voyez-vous ?
  • Dans les v. 16-21 relever ce qui exprime la sainteté de Dieu (feu, nuée, bruit) ; voir notes BJ et TOB. Aussi pour aller à la rencontre de Dieu (v. 17), le peuple doit d’abord se sanctifier (v. 10 et note TOB) et il doit respecter les limites (v. 12-13 et 21-24).

Question 3

  • Israël a découvert un Dieu présent dans son histoire ; qui est intervenu pour lui gratuitement (v. 4), et qui maintenant lui offre encore davantage : faire alliance.
  • Dieu à qui toute la terre appartient et qui choisit un peuple particulier (v. 5), un peuple faible et opprimé.
  • Ce Dieu intervient et parle : il révèle ce qu’il est, sa sainteté ; il exprime également ce qu’il attend de la part d’Israël (cf. Les Dix Paroles et le Code d’alliance).
  • Noter encore l’expression « le troisième jour » (cf. TOB et la traduction liturgique) dans les v. 11. 15. 16.   

2 S 7, 1 – 17 : Le Seigneur t’annonce qu’il te fera une maisonEn décidant de bâtir un Temple pour abriter l’arche du Seigneur, David veut se placer sous la protection divine. Mais dans la réponse qu’il lui donne par le prophète Natân, le Seigneur, ouvre des perspectives bien plus larges.

  • Situer cet épisode dans le récit biblique de l’histoire de David.
  • Comment comprendre le projet de David ? et la réponse du Seigneur ?
  • Relever les versets de ce récit qui éclairent particulièrement notre thème. 

Question 1

  • L’histoire de David commence par le récit de son choix par le Seigneur (1 S 16)
  • Depuis 1 S 16 jusqu’en 2 S 1, le récit nous parle Saül et de David ; à partir de 2 S 2, le récit se concentre sur David.
  • Les chapitres 2 S 2 – 6 nous racontent « la montée de David » : roi sur Juda (2 S 2), puis sur Israël (2 S 5), il s’empare de Jérusalem (2 S 5, 6ss) ; il en fait sa capitale (2 S 5, 9ss) et il organise le transfert de l’Arche du Seigneur (2 S 6).
  • Sur la deuxième partie de l’histoire de David, voir la note de BJ sur 2 S 9 (titre).Question 2
  • Bien installé à Jérusalem (2 S 5, 11), David veut construire un Temple pour abriter l’Arche du Seigneur qu’il a fait entrer dans sa ville (2 S 6)
  • Comparer la première réponse de Natân (2 S 7, 3) avec la deuxième (2 S 7, 5) : pourquoi cette différence ?
  • Dans les versets qui suivent, relever tous les verbes qui indiquent ce que le Seigneur a fait pour son peuple (v. 5-6) et plus particulièrement pour David (v. 8 et suivants).
  • Sur les v. 6-7 (voir la note de BJ) : le Seigneur a habité sous une tente, non dans un lieu fixe. Il est le Dieu d’un peuple en marche.

Question 3

  • Remarquer le jeu de mot sur le terme « maison » (v. 11) : lire les notes de BJ et TOB sur le titre.
  • Construire un temple pour la divinité est un des devoirs du roi ; c’est aussi une manière d’assurer à la ville la présence et la protection de la divinité.
  • Sur la promesse de Dieu à David, lire les v. 11-12 et v. 14-16 ; lire aussi les notes de vos Bibles sur ces versets.
  • Noter le v. 14 : « Je serai pour lui un père et il sera pour moi un fils » ; cf. la note de BJ sur ce verset.
  • Pour l’importance de cette prophétie de Natân, lire la fin de la note de BJ sur 2 S 7, 1 (titre) qui nous donne plusieurs textes bibliques qui feront référence à cette promesse divine dans la suite de l’histoire du peuple.

Jr 7, 1 – 15 : Le Temple, présence du Seigneur : à quelles conditions ?A l’époque d’Isaïe, Jérusalem et son Temple avaient échappé à la destruction (Is 37, 33-35) lors de la campagne de Sennachérib de 701. Pour Jérémie, cette protection du Seigneur ne doit pas être considérée comme une « garantie tout-risque » mais un appel à la fidélité. 

  1. Que savons-nous sur Jérémie ? Quels sont les événements qui ont marqué sa vie et son ministère ?
  2. Situer notre passage dans le livre de Jérémie ; pourquoi Jérémie prend-il la parole ? Quel est son message ?
  3. Comment les Judéens conçoivent-ils la présence de Dieu dans le Temple ? Que leur dit le prophète ?Question 1
  • Lire l’introduction à Jérémie dans votre Bible ; lire aussi le résumé qui nous est donné en Jr 1, 1-3 ; cf. aussi le récit de sa vocation (Jr 1, 4ss).
  • Son ministère commence sous Josias (640-609) ; il se déroule durant les évènements qui vont aboutir à la destruction de Jérusalem et du Temple et de la déportation à Babylone (cf. Jr 1, 3 et note BJ).
  • Appartenant à une famille sacerdotale établie à Anatôt (cf. Jr 1, 1), il a vécu la réforme de Josias (cf. 2 R 23, 8ss ; Dt 12, 2 et note de BJ sur le titre) ; voir encore Jr 11, 18ss et la note BJ sur Jr 11, 18 (titre).
  • Appelé très jeune comme prophète (Jr 1, 6.7), Jérémie se sent peu fait pour cette mission dans cette époque particulièrement troublée : voir Jr 15, 10 et la note BJ sur le titre.

Question 2

  • Notre texte peut être situé sous Joaqim (609-598) durant les toutes dernières années du royaume de Juda : voir notes BJ et TOB sur Jr 7, 1 (titre).
  • Sur cette intervention de Jérémie et les réactions qu’elle a suscitées, lire Jr 26, 1-19 (cité en marge dans BJ).
  • Noter les références au Décalogue (v. 6 – et référence marginale à Ex 20, 2-3 – et v. 9) et au code deutéronomique (v. 5-6 et référence marginale à Jr 22, 3).
  • Jérémie ne rejette pas le culte du Temple, mais dans la ligne des prophètes qui l’ont précédé, il place le culte du Temple après l’observation de la Loi (cf. Jr 7, 21ss et la note BJ sur v. 22).

Question 3

  • Le Temple est, avec Jérusalem, le lieu choisi par le Seigneur pour faire habiter son Nom (Dt 12, 5  et note TOB; cf. Jr 7, 2. 4. 10.11.14).
  • Il contient l’Arche de l’alliance : cf. Ex 25, 10 et note TOB ; Ex 25, 22. Mais Dieu n’est pas lié au Temple : cf. Ez 10, 18ss.
  • Noter que cette parole de Jérémie sur le Temple est différente de celle qu’Isaïe donnait un siècle plus tôt : Is 37, 33-35. D’où la question : Jérémie parle-t-il au nom du Seigneur ?
  • Mais cette présence protectrice n’est pas magique (Jr 7, 4) ; Dieu est avec le peuple quand celui-ci écoute sa voix en vivant selon les conditions de l’alliance.ils

Ez 36, 16 – 38 : « Je sanctifierai mon grand Nom … »   

 

  • Le Seigneur et Israël sont liés par une alliance : aussi les malheurs qui ont frappé le peuple (la destruction de Jérusalem et du Temple, la déportation à Babylone) rejaillissent-ils sur le Seigneur et profanent son Nom, comme le dit Ezéchiel. 
  • Présenter Ezéchiel et son ministère. Situer ce chapitre 36.
  • Relever les mots et les expressions qui reviennent plusieurs fois et les expliquer.
  • Que peut nous apporter le message d’Ezéchiel pour notre thème ?

Question 1

  • Ezéchiel est prêtre et prophète ; il appartient à une famille sacerdotale du Temple de Jérusalem et, à ce titre, il a fait partie de la première déportation (sélective) de 598 : voir 2 R 24, 13-16.
  • Son ministère prophétique commence la 5ème année de la déportation (593-2) : cf. Ez 1, 2-3 et note BJ sur v. 3. La dernière date indiquée dans son livre est 571 (cf. Ez 29, 17 et note BJ).
  • Son langage et les thèmes traités soulignent son origine sacerdotale (pureté/impureté ; importance du Temple ; la Gloire de Dieu liée au peuple…) : cf. introduction à Ez.
  • Face à la Gloire du Seigneur, Ezéchiel n’est qu’un « fils d’homme » (Ez 2, 1 et note BJ).
  • Pour situer notre chapitre, lire la note BJ sur Ez 33 (titre)

Question 2 

  • Noter la répétition de la formule : « ainsi parle le Seigneur » aux v. 22, 33 et 37 qui donne une division de notre texte (16-21 : histoire du peuple ; 22-32 : la première partie de l’action du Seigneur ; v. 33-36 et 37-38 : les conséquences de cette action).
  • La situation du peuple (exil) a des conséquences : le Nom du Seigneur est profané ; il apparait comme sans valeur.
  • Sur le mot « profaner » (v. 20-21.22. 23), lire la note TOB sur v.20. « mon saint Nom » (v. 20.21.22 ; cf. 23). Cf. encore les mots « souiller », «  purifier »
  • Noter l’inclusion : «  ce n’est pas à cause de vous … » (v. 22 et 32).

Question 3

  • Par l’alliance, le Nom du Seigneur : « mon saint Nom » (v. 21.22), « mon grand Nom » (v. 23) est attaché au peuple d’Israël. Ce que fait le peuple peut le profaner, mais le Seigneur va montrer la sainteté de son Nom (v. 23), en sauvant son peuple, en rassemblant les dispersés et surtout en « recréant » son peuple (v. 25.26.27).
  • Ce renouveau se fera par le don de l’Esprit (v. 27 et note BJ) ; cf. aussi les références marginales données en marge de ce verset en BJ.
  • L’exil et les événements qui l’ont accompagné ont fait découvrir cette présence de Dieu dans l’histoire de son peuple.

Is 41, 21 – 29 : « Je l’ai dit … et j’ai fait… »C’est dans les événements de son histoire qu’Israël a découvert la présence de Dieu : la ruine de Jérusalem et du Temple avaient été annoncé par les prophètes. En annonçant le retour et la reconstruction de la ville et du peuple, le prophète anonyme, à qui nous devons les chapitres 40-55 du livre d’Isaïe, s’inscrit dans le même mouvement. 

  • Situer ce texte dans Is 40 – 55. Que savez-vous sur le contexte historique de ces oracles ?
  • Que contient notre passage ? Quelle est l’argumentation du prophète : de quoi, de qui parle-t-il ?
  • Quel enseignement sur Dieu et sur sa présence dans l’histoire ?

Question 1

  • Sur l’ensemble Is 40-55, voir la note BJ sur Is 40, 1 (titre) ; consulter également les introductions BJ et TOB. Ces oracles, placés dans le livre d’Isaïe, s’adressent au peuple en exil à Babylone au 6ème siècle.
  • Le prophète annonce le retour à Jérusalem : comme autrefois, le Seigneur va intervenir dans un nouvel exode, il conduira le peuple dans son pays. Cf. la note BJ sur Is 40, 3.
  • On situe généralement le ministère de ce prophète entre les années 550 et 538, qui marquent le début de la campagne de Cyrus et son entrée victorieuse à Babylone suivie de l’édit permettant le retour des déportés.

Question 2

  • Lire la note de BJ sur Is 41, 21 (titre) ; note nous renvoie aussi à celle sur Is 42, 8.
  • Les destructions de Jérusalem et du Temple en 587 pouvaient être perçues comme signe de l’infériorité du Seigneur face aux divinités babyloniennes, dont les temples et le culte frappaient les Israélites déportés.
  • L’argumentation du prophète (v. 22) : qui avait annoncés les « choses passées » ? Et qui annonce maintenant les « choses à venir » ?
  • Par ses prophètes (comme Jérémie), le Seigneur avait annoncé que le peuple courait à la catastrophe ; maintenant le prophète (des oracles d’Is 40-55) annonce la libération et le retour dans la terre (cf. Is 40, 1-11).
  • Noter les mentions de Cyrus : Is 44, 28 ; 44, 28 – 45,7… que le prophète présente même comme l’envoyé, le « messie » du Seigneur.

Question 3

  • Voir en TOB (édition intégrale) l’introduction à Esaïe, et spécialement : le Visage de Dieu.
  • Pour ce prophète de l’exil, le Seigneur n’est pas seulement le Dieu d’Israël ; il est le Dieu unique, le créateur de l’univers. Mais il s’est particulièrement lié à Israël ; il est le roi de Jacob (v. 21) ; il s’adresse à Sion / Jérusalem. Il est le Saint d’Israël, son rédempteur (goël) ; Is 41, 14 et la note BJ.
  • Il annonce les événements et les fait advenir (v. 22-23. 26) ; sur l’efficacité de sa Parole, voir encore Is 40, 6-8 et 55, 10-11.
  • Dans les événements, Israël ne découvre pas seulement la présence de Dieu, mais son pardon. qui marque ce nouvel exode, plus grand que le premier !

Ne 8, 1 – 18 : Esdras ouvrit le livre au regard de tout le peupleC’est en exil et au retour qu’Israël a découvert la place de la Parole de Dieu. Alors que certains se préoccupent surtout de rebâtir le Temple, de restaurer le culte, d’autres, comme Esdras, comprennent la place de la Parole de Dieu pour unifier le peuple.

  • Situer notre texte : que savez-vous sur cette époque de la vie du peuple et sur le rôle d’Esdras ?
  • Que contient ce chapitre de la Bible ? Proposer une division et relever ce qui vous parait le plus significatif, surtout dans les v. 1-12.
  • Quel est l’apport de ce texte pour notre thème ?

Question 1

  • Lire les Introductions à Esdras-Néhémie dans BJ ou TOB ; voir aussi le Tableau chronologique. En 538, l’édit de Cyrus permet le retour des déportés ; dans les années qui suivent, on assiste d’abord à la reconstruction du Temple (520-515).
  • Néhémie et Esdras vont marquer la période suivante ; le premier en obtenant le droit de rebâtir les murailles de Jérusalem ; le second par la promulgation de la Loi de Dieu – qui devient la loi des Juifs dans l’empire perse (cf. Esd 7, 26).
  • Néhémie est un laïc, fonctionnaire à la cour perse (cf. Ne 2) ; Esdras est prêtre (Ne 8, 9 ; cf. aussi 7, 6ss) : ce qui explique probablement l’ordre dans lequel les deux livres ont été placés dans la Bible.
  • Le passage que nous étudions devait faire suite à Esd 8, 36 (cf. la note BJ sur Ne 8, 1 – sur le titre).

Question 2

  • Notre texte comprend deux parties : v. 1-12 : la proclamation de la Loi et v. 13-18 : la fête des Tentes.
  • L’assemblée est datée (v. 2 ; c’est le début de l’année ; cf. note BJ) ; deux mois après l’arrivée d’Esdras à Jérusalem : cf. Esd 7, 8-9.
  • Dans les v. 1-12, on peut relever plusieurs éléments que l’on retrouvera dans le culte juif dans les synagogues (estrade servant de chaire ; bénédiction au moment où l’on ouvre le livre ; lecture, commentaire ; les gestes et les attitudes de la foule.
  • Noter que ce rassemblement n’a pas lieu au Temple, mais sur la place devant la Porte des Eaux (v. 1 et note BJ).
  • Sur ce qui est lu par Esdras, voir Esd 7, 25-26 : la Loi de Dieu (et du roi) est proclamée, traduite, commentée et expliquée ; ainsi elle est comprise par le peuple.
  • Noter aussi les réactions des auditeurs : unanimité pour écouter la Parole (v. 2-3) ; la joie (v. 9-11) et le partage (v. 12).

Question 3

  • La place de la TORA / LOI dans le judaïsme, un peuple qu’elle réunit.
  • On peut comparer la liturgie qui entoure la LOI et sa lecture à celle que sous donnons à l’Eucharistie : estrade, voile, solennité, attitude du peuple.
  • Cf. aussi Vatican II : « C’est lui (le Christ) qui parle lorsqu’on lit dans l’Eglise les saintes Ecritures. » (Sacra Liturgia, no. 7).

Pr 8, 22 – 31 : « Le Seigneur m’a créée prémices de son œuvre » Selon la Bible, le sage est celui qui connait le chemin de la vie et du bonheur. Grâce aux nombreuses expériences, il a acquis peu à peu cette sagesse, mais il sait aussi qu’elle est surtout un don du Seigneur. C’est cette réflexion sur la sagesse que nous offrent des sages qui s’expriment dans les derniers siècles de l’Ancien Testament. 

  • Situer notre passage dans le livre des Proverbes, et plus particulièrement dans les chapitres 8 et 9.
  • Travailler sur les v. 22-31 : que contiennent ces versets ? Relever ce qui vous parait le plus nouveau. Que peut-on retenir pour notre recherche sur la révélation de Dieu dans l’histoire ?

Question 1

  • Voir dans l’introduction BJ au Livre des Proverbes : le premier paragraphe nous donne des indications sur le contenu de ce Livre ; voir aussi ce qui est dit sur Pr 1-9, que l’on situe au 5ème siècle. Voir aussi l’introduction de la TOB et la note TOB sur Pr 8, 1 ; en BJ lire la note sur 8, 1 (titre).
  • Pour Pr 8, après une introduction (v. 1-11), la Sagesse se présente avec ses titres (v. 12-21) ; nous avons ensuite les v. 22-31 (cf. la Question 2), suivis d’un nouvel appel de la Sagesse (v. 32-36).
  • Pr 9 oppose l’invitation de la Sagesse (v. 1-6) à celle de la Folie (v. 13-18) ; les deux sont ici « personnifiées ».

Question 2

  • Des commentateurs voient dans les v. 22-31 quatre strophes : v. 22-23 ; 24-26 ; 27-29 ; 30-31 : proposer des sous-titres pour ces strophes.
  • Les v. 22-23 soulignent la place de la Sagesse – prémices – dans l’œuvre de Dieu ; les v. 24-26 évoquent les éléments de ce qui fait le cadre de la vie de l’homme : la Sagesse leur est antérieure.
  • De même, elle assiste à la mise en place de ces éléments (v. 27-29) ; cf. aussi les références marginales données en BJ. Voir encore la note TOB sur le v. 29. Sur la dernière strophe (v. 30-31), et le nom donné à la Sagesse, voir note BJ sur v. 30. La Sagesse fait le lien entre le Seigneur et les « enfants des hommes ».
  • Sur cette présentation de la Sagesse, relever particulièrement les verbes dans les v. 22.23. 24-25 et 30. Question 3
  • La Sagesse prend les traits de la révélation de Dieu aux hommes, et pas seulement à Israël !
  • Elle est une « Présence » venue de Dieu et qui habite parmi eux. Pour l’auteur de ce texte, la Sagesse n’est pas une « Personne ».  Dans la représentation du Dieu Unique qu’Israël a découvert à travers les événements de l’Exil et du retour, le Tout-Autre dont on n’ose même plus prononcer le Nom, cela n’est pas possible.
  • Mais les formulations sont « ouvertes » et elles préparent la révélation du Nouveau Testament.

Si 24, 1-34 : « Il m’a dit : Installe-toi en Jacob, en Israël reçois ton héritage. »L’éloge de la Sagesse en Si 24 fait partie des grands textes consacrés à la Sagesse (avec Pr 1 – 8 et 9, 1-6 ; Sg 7 – 9). Dans ce texte, placé au centre de l’écrit du Siracide, la Sagesse s’adresse longuement à ceux qui la recherchent. 

  • Que savons-nous sur le Siracide (par ex. le temps et le milieu dans lequel il est écrit) ? Situer notre texte dans le livre et proposer un découpage.
  • Que contient ce chapitre ? relever les phrases qui vous paraissent intéressantes ou qui posent question.
  • Qu’est-ce que ce texte apporte pour notre étude ?

Question 1

  • Le Siracide est le seul texte AT (à part des Prophètes) où l’auteur nous est présenté (Si 50, 27 ; cf. le Prologue v. 7ss) ; on sait que le texte hébreu a été traduit en grec à partir de 132 av. J.-C. (cf. v. 27) par le petit-fils de l’auteur, qui devait écrire vers 190-180.
  • A cette époque, la Palestine faisait partie de l’empire grec ; vers 200, elle a passé sous le contrôle des Séleucides. On ne sent pas encore les tensions qui vont bientôt surgir lors de la crise des Maccabées (167-164).
  • L’auteur est un Juif fidèle, fier de son héritage culturel : cf. Si 51, 13ss ; la LOI, le Temple  tiennent une grande place : Si 50 ; cf. Si 45, 6ss et note TOB.

Question 2

  • Lire les notes de BJ et TOB sur Si 24, 1 (titre), qui font les liens avec d’autres textes sapientiaux. Si 24 se place entre Pr 8 – 9 et Sg 7-9 ; cf. aussi Jb 28 ; Ba 3, 9-4, 4.
  • BJ et TOB découpent notre texte en deux parties : la Sagesse fait son éloge (v. 1-22) ; puis l’auteur nous parle de la LOI et de son travail pour la faire connaitre (v. 23-34).
  • Autre découpage possible : introduction (v. 1-2), puis v. 3-9 ; 10-17 ; 19-22 : proposer des sous-titres.
  • Quelques expressions : issue de la bouche du Très-Haut (v. 3) ; installe-toi en Jacob /Israël (v. 8) ; dans la Tente sainte j’ai officié / en Sion / Jérusalem (v. 10-11).
  • Les v. 13-14 donnent les limites du pays ; sur le v. 15 : voir les références marginales (Ex 39, 7 et 34s) ; dans les v. 25-27 : les 4 fleuves du récit du Paradis (Gn 2, 11) et les deux fleuves liés à l’Exode et à l’entrée dans la terre : le Nil et Jourdain.

Question 3

  • Les événements de la ruine de Jérusalem et du Temple et de l’Exil qui suivit ont profondément marqué la foi juive : le Seigneur n’est pas vaincu ; c’est lui qui est derrière ces événements, il a dit et il a fait (Is 41, 21-29 et note BJ sur 41, 21).
  • Il a sanctionné les infidélités, mais il reste fidèle à son alliance. (Is 54, 15-16).
  • Lui seul est Dieu, les autres divinités ne sont rien : le Seigneur est l’Unique, et donc il est aussi le Dieu des autres peuples (monothéisme) ; il est bien plus grand que ce qu’Israël pensait jusque-là. La présence de Dieu est évoquée par la Parole (cf. Is 55, 10-11), par l’Esprit, par la Sagesse.
  • Dans le judaïsme, elle est surtout la Loi promulguée par Moïse (v, 23ss) qui réunit tous les croyants juifs. Ces textes où la Sagesse est présentée personnifiée (cf. note BJ sur Pr 8, 27 – titre) préparent la révélation du NT.

Mt 1, 1 – 25 : « … Jésus, Fils de David, fils d’Abraham… »Pour la communauté dans laquelle écrit l’Evangéliste Matthieu, l’appartenance de Jésus à la lignée de David et d’Abraham est particulièrement importante : c’est par elle que les promesses de l’Ancien Testament prennent leur vraie dimension.

  • Que contient ce premier chapitre de l’Evangile selon Matthieu ? Que retenir des versets 1-17 ?
  • Travailler sur Mt 1, 18-25 : comment peut-on le diviser ? Sur quoi l’Evangéliste insiste-t-il ?
  • Que nous apporte ce texte de Matthieu pour notre thème ?

Question 1

  • Deux parties assez différentes : la généalogie (v. 1-16) de 3 fois 14 noms (cf. v. 17 et ensuite les v. 18-25 qui « expliquent » la particularité du v. 16.
  • Sur la généalogie, voir les notes de BJ et TOB : l’importance de cette forme dans le judaïsme postexilique.
  • Ici l’Evangéliste souligne : Jésus, fils de David, fils d’Abraham ; cf. aussi les trois périodes de l’histoire d’Israël (patriarcale – royale – postexilique).
  • Matthieu présente Jésus comme le descendant de David et d’Abraham, et donc, comme le dépositaire des promesses faites aux patriarches.

Après le 3 x 14 (ou 6 x 7), Jésus inaugure la 7ème série, (plénitude des temps). A noter aussi la mention des 4 femmes, par lesquelles passe – d’une manière non prévue – le dessein de Dieu. Ce qui prépare ce qui est dit de Marie (v. 16)

Question 2

  • Les v. 18-19 : la situation ; Marie et Joseph, légalement mariés mais ne cohabitant pas encore ; Marie « enceinte par le fait de l’Eprit-Saint » comme dit Mt.
  • L’intervention de l’Ange du Seigneur auprès de Joseph, fils de David, lui révélant sa mission dans ce dessein de Dieu (v. 20-21).
  • Dans les v. 22-23, Mt donne le sens de cette intervention ; accomplir une promesse de l’AT ; cf. note en BJ.
  • Les v. 24-25 : Joseph, à son réveil, fait ce que le Seigneur lui a demandé (cf. Gn 12, 1 et 4) : il donne le nom à cet enfant que Marie enfante et, par là, il insère Jésus dans le peuple de Dieu « fils de David, fils d’Abraham » (Mt 1, 1).

Question 3

  • Ce passage de Mt distingue bien la complémentarité des vocations de Joseph et de Marie ; « elle enfantera » et « tu l’appelleras » (v. 21 et 23).
  • Par Joseph, cet enfant appartient à la lignée messianique ; par la conception virginale, il est Dieu-avec- nous : Emmanuel (v. 23).
  • Ainsi la naissance de Jésus accomplit la promesse d’Is 7, 14, qui était déjà une actualisation de la promesse faite à David en 2 S 7, 11-16.

Lc 1, 26 – 38 : « Fils du Très-Haut … et Fils de Dieu… »L’annonce de la naissance de Jésus que nous lisons dans ce texte exprime bien la foi de la communauté chrétienne : Jésus, né de Marie, l’épouse de Joseph de la maison de David accomplit l’espérance messianique, mais dépasse de beaucoup les attentes d’Israël. 

  • Situer notre texte dans l’Evangile de Luc et le comparer avec l’annonce de la naissance de Jean-Baptiste.
  • Travailler sur notre texte, et particulièrement sur les v. 31-35.
  • Quel est l’apport de ce texte de Luc pour notre thème ?

Question 1

  • Lc 1 – 2 contient une présentation parallèle de Jean-Baptiste et de Jésus : les deux annonces de naissance (Lc 1, 5-25 et 1, 26-38), suivies des récits de naissance et circoncision (Lc 1, 57-80 ; 2, 1-21). A cela s’ajoutent: la Visitation (Lc 1, 39-56) et, pour Jésus, la Présentation au Temple (Lc 2, 22-38), puis l’épisode de Jésus dans le Temple avec les docteurs (Lc 2, 41-50).
  • Pour Jean-Baptiste, l’annonce de naissance est située dans le Temple, en pleine action sacerdotale ; pour Jésus, l’ange s’adresse à Marie, à Nazareth (un lieu qui n’est jamais cité dans AT), dans un cadre tout à fait quotidien. Mais pour les deux, le porteur du message est Gabriel : cf. Lc 1, 19 et note BJ et TOB ; voir aussi les références marginales à Dn 8, 16 et 9, 11.

Question 2

  • Après la présentation de la scène (v.. 26-27) : le temps, le lieu, les intervenants : Gabriel et Marie, fiancée à Joseph, de la maison de David, vient la salutation (v. 28 ; cf. So 3, 14-15).
  • Le message de l’ange est coupé en deux par la question de Marie : v. 34 et note TOB.
  • La première partie du message (v. 31-33) annonce la naissance du Messie (2 S 7, 1 + : la note BJ) ; cf. aussi les autres références données en BJ à Is 7, 14 et Mt 1, 21.
  • Dans la deuxième partie de son message (v. 35-37), l’ange précise l’identité de l’enfant qui va naitre : il sera appelé Fils de Dieu : cf. aussi les références marginales données en BJ.

Question 3

  • Mt 1,21-22 annonçait cette naissance comme l’accomplissement de la promesse d’Is 7, 14 : Dieu-avec-nous ; Lc précise : il sera appelé Fils de Dieu. La parole de Gabriel (v. 35) « n’est pas une description, mais une image qui ménage le mystère » (NTC). Ce qui est annoncé à Marie dépasse de beaucoup l’annonce faite à Elisabeth (une naissance dans un âge avancé, comme en Gn 18, 11) ; mais rien n’est impossible à Dieu (Gn 18, 14).

 

  • Sur la réponse de Marie (v. 38), voir note TOB. « Elle accepte d’être en son corps même le lieu où se vérifiera que rien n’est impossible à Dieu. » (NTC)  

 

Jn 1, 1-18 : « … et le Verbe s’est fait chair … »Le Prologue de l’Evangile selon saint Jean n’est pas seulement le commencement de cet Evangile : en quelques lignes, ce texte évoque les principaux thèmes et résume la vision de Jn sur le mystère de Jésus.

  • Comparer ce texte de Jn avec celui de Pr 8, 22-30 et Si 24, 1-34 : que pouvez- vous constater ?
  • Etudier le texte de Jn : comment est-il construit ? Que reprend-il de l’AT ? Qu’apporte-t-il de nouveau ?
  • Quel est l’apport de ce texte pour notre thème ?

Question 1

  • Sur les liens entre ce texte de Jn et les textes de Sagesse, voir les notes de BJ sur Jn 1, 1 et TOB sur Jn 1, 3.
  • Comme la Sagesse qui est sortie de la bouche de Dieu (Si 24,3), le VERBE, la Parole vient de Dieu : Jn 1, 1-2.
  • Il est créé avant toutes les créatures (v. 1-2) comme Si 24, 9 ; Pr 8, 22-23 ; il est venu dans le monde (v. 10), où il a dressé sa tente (v. 14 et notes BJ et TOB).
  • Sur l’envoi particulier à Israël (Si 24, 8), le texte de Jn semble être plus ouvert (v. 9-12 et les notes TOB sur ces versets) ; cf. aussi Pr 8, 4ss.

Question 2

  • Le texte a peut-être une construction concentrique : A – v. 1-5 ; B – vv.9-11 ; C – v. 12-13 ; B’ v. 14 ; A’ v. 16-18 ; avec deux ajouts sur Jean-Baptiste : v. 6-8 et v. 15.
  • A l’origine de ce texte, certains voient une hymne, peut-être même une hymne juive sur le Logos (v. 1-5 et 11-12), complétée et christianisée par l’ajout des v. 4 et 16 : cf. les notes sur Jn 1, 1, de BJ 1999 et de TOB. Dans l’état actuel, ce texte parle du Verbe dans son rôle créateur (cf. Gn 1, 3. 6 ss ; Ps 33, 6-9 ; Sg 9, 1), envoyé par Dieu dans le monde et faisant retour à Dieu (cf. Is 55, 10-11).
  • Mais ici le VERBE est devenu chair, alors qu’il est le FILS Unique-Engendré (monogenès : v. 14 et 18 et les notes BJ et TOB) ; lui seul peut nous révéler le Père ; et ce VERBE appartient à notre humanité : Jésus-Christ (v. 17).

Question 3

  • Dans l’AT, la Sagesse / la Parole / l’Esprit était une présence aux hommes du Dieu unique (cf. monothéisme juif) ; En Jn, Jésus Christ, par son incarnation (v. 14 et notes) est désormais la Présence de Dieu (Jn 2, 19-21), la révélation du Dieu Père (cf.; 14, 6).
  • Jn 1, 14 : le VERBE est devenu chair : noter l’opposition entre ces deux termes.
  • Lui qui est Dieu, qui est tourné vers Dieu (v. 1 et note TOB) connait Dieu et lui seul peut nous le révéler (v. 18).
  • Comparé à Moïse (et à ce qu’il représente dans le judaïsme), Jésus lui est infiniment supérieur /v. 16-18) ; lui seul peut nous faire connaitre le mystère de Dieu : grâce et vérité (v. 14 et 17 et les notes BJ et TOB sur v. 14).

Jn 6, 26 -58 : « Je suis le pain de vie »Dans l’Evangile de Jean le miracle des pains est suivi par un long discours de Jésus à Capharnaüm. A ceux qui le recherchent, parce qu’il les a nourris de pain, Jésus voudrait offrir bien davantage. 

  • Situer ce passage dans son contexte. De quoi parle ici l’Evangéliste ?
  • Qu’est-ce que le « pain de vie » dans les versets 35-50 ? Que faut-il faire pour le recevoir ? Et dans les v. 51- 58 ?
  • Quel lien voyez-vous entre ce texte de Jn et notre thème ?

Question 1

  • Le miracle des pains est le 4ème « signe » dans la première partie de l’Evangile de Jean (Jn 1-12) où Jésus se révèle au monde ; à partir de Jn 13, il parlera « aux siens ».
  • Après le miracle des pains (Jn 6, 1-15), nous avons le miracle sur la mer (6. 16-21), puis le discours à Capharnaüm (6, 22-66) et enfin la confession de Pierre (6, 67-71).
  • Seul le discours (v. 22-66) est propre à Jn ; pour les autres éléments, voir les références marginales renvoyant aux autres Evangiles.
  • Noter la mention de la Pâque (6,4) ; c’est la 2ème pour Jn : cf. Jn 2, 13 et 11, 55.
  • En Mc et Mt on trouve aussi le lien entre le (premier) miracle des pains et un miracle sur la mer ; d’autre part, les trois Synoptiques placent également la confession de Pierre, en lien avec le miracle des pains, à la fin du ministère en Galilée.

Question 2

  • Dans le discours, Jésus se présente lui-même comme le don de Dieu (cf. les notes de BJ et TOB sur Jn 6, 35), capable d’apaiser toute faim et toute soif, comme la Sagesse dans l’AT.
  • Pour nous ouvrir à ce don, Jésus nous demande de venir à lui, (6, 35 et 37) de croire en lui (6, 35 et 40).
  • Dans les v. 40-42 l’Evangéliste note la réaction des auditeurs : ils murmurent (v. 41) ; pour connaitre qui est le « fils de Joseph », il faut être « attiré par le Père » (v. 44), et être « enseignés par Dieu » (v. 45).
  • Dans la suite, Jésus parle de manger sa chair et de boire son sang (v. 51-58) ; cf. les notes de BJ et TOB sur Jn 6, 51. A noter ici les verbes au futur : qui mangera le pain que je donnerai, vivra (v. 51) ; je le ressusciterai (v. 54) ; il vivra… (v. 57-58).
  • Devant ces paroles de Jésus, deux réactions : certains disciples murmurent et le quittent (v. 66) ; Pierre, au nom des Douze, dit sa foi en Jésus (v. 67. 69 et les notes BJ et TOB).

Question 3

  • Jésus est le Pain venu du ciel par son Incarnation et dans le sacrement de l’Eucharistie. Déjà dans l’AT, l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui sort (en LXX : de toute parole qui sort) de la bouche de Dieu (Dt 8, 3 et note BJ).
  • Chez Jn, le mot « chair » est utilisé pour l’Incarnation (Jn 1, 14) et pour l’Eucharistie (Jn 6). L’Eucharistie, sacrement de l’Incarnation, Présence de Dieu pour nous durant le temps de l’Eglise.

Jn 14, 15 – 26 : Un autre Paraclet, avec vous à jamais.Aux disciples bouleversés par l’annonce de son départ, Jésus adresse un discours d’adieux. Il part vers le Père, mais il ne les laissera pas orphelins. Il leur promet une présence différente de celle qu’ils ont expérimentée jusque-là, mais une présence bien réelle.

  • Replacer notre texte dans son contexte et dans l’Evangile de Jn.
  • Que contiennent les v. 15 – 26 ? Comment Jésus parle-t-il ici du Paraclet ?
  • Qu’est-ce que ce texte de Jn apporte pour notre thème ?

Question 1

  • Nous sommes dans la seconde partie de l’Evangile de Jn ; dans les chapitres 13 – 20 (21), Jésus se révèle aux « siens » (cf. 13, 1), à ceux qui ont cru en lui.
  • En Jn 13-16, nous avons le récit du dernier repas de Jésus avec eux (13, 1-30), suivi des paroles concernant son départ (13, 31 – 14, 31). Après les ch. 15-16, nous trouvons la grande prière de Jésus (Jn 17) ; puis vient la Passion (Jn 18-19) et la Résurrection (Jn 20).
  • La TOB divise le (premier) discours d’adieux en 3 parties : 13, 31-38 ; 14, 1-14 ; 14, 15-31. Voir les notes de NBJ et TOB sur ces versets.

Question 2

  • Repérer dans notre passage les deux paroles sur le Paraclet (Jn 14, 15-17 et 14, 25-26)
  • Sur le mot Paraclet, – propre à la littérature johannique -, voir les notes BJ et TOB sur Jn 14, 16 et renvoi à 14, 26 et 1 Jn 2,1. Cf. aussi Jn 14, 17 : l’Esprit de vérité, et les notes BJ et TOB.
  • La 1ère parole sur le Paraclet est introduite par les v. 12-14 : Jésus continue son œuvre à travers les disciples ; la 2ème par les v. 18-24 : la Résurrection de Jésus et le temps postpascal va permettre aux disciples de découvrir qui était Celui qu’ils avaient suivi jusque-là (cf. v. 20 et note BJ et TOB)
  • Relever les affirmations les plus fortes des deux paroles sur le Paraclet. Voir aussi ce que Jn nous dit encore sur le Paraclet en 15, 26-27 ; 16, 7-15.

Question 3

  • La présence de Dieu en Jésus était limitée, dans le temps et l’espace, par son humanité véritable. L’Esprit de Vérité sera « un autre Paraclet pour être avec vous à jamais » ; il accompagnera les disciples partout et toujours.
  • Par le don du Paraclet, les disciples pourront entrer dans le mystère de Jésus ; il leur rappellera ce que Jésus a fait et dit et leur révélera la signification. Le Paraclet est donné par le Père à la prière de Jésus (v. 16) ; il fera se souvenir de tout ce que Jésus a fait et dit (v. 26). Cf. encore 16, 12-15 et notes TOB.
  • Les écrits du NT témoignent de cette compréhension postpascale  du mystère du Christ : cf., Jn 2, 12 ; 12, 16 ; voir aussi 1 Co 2, 7-12.

Ep 1, 1-23 : Le « mystère » de sa volontéPar sa vocation particulière et dans les événements qui ont marqué sa vie missionnaire, Paul a découvert peu à peu ce qu’il appelle le « mystère », un thème fondamental des Lettres aux Colossiens et Éphésiens.

  • Présenter la Lettre aux Ephésiens dans les écrits pauliniens. Situer notre passage dans la 1ère partie de cette Lettre.
  • Que contient notre texte ? Que nous dit-il sur le Christ ? sur Dieu ? sur l’Eglise ?
  • Pour notre thème : quel est l’apport de ce texte paulinien ?

Question 1

  • Ephésiens : une lettre de Paul en prison (cf. Ep 3, 1 ; 4, 1), « aux saints et fidèles de Jésus Christ » (Ep 1, 1) ; sur l’adresse « aux Ephésiens », lire note BJ et TOB sur Ep 1, 1 ; Ephèse, une communauté bien connue de Paul (cf. Ac 19, 10 et note BJ).
  • La lettre aux Ephésiens a beaucoup de relations avec celle aux Colossiens (cf. les introductions à ces Lettres) ; elle pourrait être l’œuvre d’un disciple de Paul écrivant dans la génération postapostolique (cf. TOB, Introduction), reprenant des thèmes de Paul, mais apportant des idées nouvelles sur le rapports des Juifs et des païens, le « mystère », le dessein de Dieu révélé dans l’Eglise.
  • Deux parties : Ep 1-3 : le mystère du salut et de l’Eglise ; Ep. 4-6 : parénèse. Dans la 1ère partie : Ep 1 : bénédiction (v. 3-14) et prière (v. 15-23) ; Ep 2 : salut dans le Christ : la réconciliation des Juifs et des païens ; Ep 3 : le « mystère » révélé à Paul.

Question 2

  • Après l’adresse (v. 1-2), la grande bénédiction (v. 3-14 : cf. les notes BJ et TOB sur v. 3) ; puis la prière d’action de grâces (v. 15-23), que l’on trouve dans les autres Lettres de Paul immédiatement après l’adresse, mais qui est ici précédée de la bénédiction.
  • Sur les divers aspects de la bénédiction, voir note TOB sur v. 3 ; en BJ les notes sur les versets 4ss. Sur les v. 11-12 (nous / vous), lire note TOB sur v. 12. ; dans le v. 14, le don de l’Esprit est présenté comme les arrhes (cf. note TOB) du don final (cf. les notes BJ et TOB).
  • Dans les v 15-23 : la prière de Paul ; comparer avec les passages cités en marge. Sur l’espérance (v. 18), lire la note TOB et le renvoi à Col 1, 5.
  • Dans les v. 21-23  l’auteur évoque le problème des Colossiens et la place du Christ dans l’univers : lire les notes de BJ et de TOB.

Question 3

  • La place du Christ dans le dessein de Dieu, le « mystère » : il est le Fils bien-aimé (v 6 et notes) du Père (v. 2. 3 et 17).
  • Le Christ  (v. 1.2.3.5.10.12.20), ressuscité et assis à la droite de Dieu (v. 20), au-dessus de toutes les puissances qui peuvent exister (v. 21 et note TOB sur Col 1, 16) ; il récapitule tout l’univers (v- 9-10) Il est la Tête de l’Eglise qui est son Corps (v.22-23). Pour l’image du Corps chez Paul, lire la note BJ sur 1 Co 12, 12 (titre).
  • Les croyants : élus en lui avant la création (v. 4-5), prédestinés à être des fils adoptifs. Ils ont entendu la Parole de vérité et ont cru et ils ont reçu les arrhes de l’héritage (v. 14-15). Ils forment le Corps dont le Christ est la Tête.
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POUR QUE LES ECRITURES S’ACCOMPLISSENT

Ce dossier nous invite à un travail un  peu différent de celui auquel nous sommes habitués. Au lieu d’étudier un passage de l’Écriture, nous proposons chaque fois deux textes : un tiré de l’Ancien Testament et un autre du Nouveau Testament. Par cette démarche, nous voudrions mettre en lumière l’unité de la révélation biblique et montrer comment l’Ancien Testament prépare la révélation du Nouveau et comment le Nouveau Testament prolonge et « accomplit » ce que Dieu disait et faisait dans l’Ancien.

Voici sur ce point ce que nous dit le document de la Commission Biblique Pontificale  (2001) intitulé : Le peuple juif et les Saintes Écritures dans la Bible chrétienne.

Les rapports entre l’Ancien et le Nouveau Testament

« En les nommant « Ancien Testament », l’Église chrétienne n’a aucunement voulu suggérer que les Écritures du peuple juif étaient périmées et qu’on pouvait désormais s’en passer. Elle a toujours affirmé, au contraire, qu’Ancien et Nouveau Testament sont inséparables. […] C’est à la lumière de l’Ancien Testament que le Nouveau comprend la vie, la mort et la résurrection de Jésus (cf. 1 Co 15, 3-4).

Mais le rapport est réciproque : d’une part, le Nouveau Testament demande à être lu à la lumière de l’Ancien, mais il invite aussi, d’autre part, à « relire » l’Ancien Testament à la lumière du Christ (cf. Lc 24, 45). » (op. cit.  n° 19)

L’unité du dessein de Dieu et la notion d’accomplissement

« Le présupposé théologique de base (d’une lecture chrétienne et christologique de l’AT) est que le dessein salvifique de Dieu, qui culmine dans le Christ (cf. Ep 1,3-14), est unitaire, mais s’est réalisé progressivement à travers le temps.[…] Dès le début, l’agir de Dieu dans ses rapports avec les hommes est tendu vers sa plénitude finale et en conséquence, certains aspects qui seront constants commencent à se manifester: Dieu se révèle, appelle, confie des missions, promet, libère, fait alliance. Les premières réalisations, si provisoires et imparfaites qu’elles soient, laissent déjà entrevoir quelque chose de la plénitude définitive. […] 

En procédant à une continuelle relecture des événements et des textes, l’Ancien Testament lui-même s’ouvre progressivement à une perspective d’accomplissement ultime et définitif. […] 

La notion d’accomplissement est une notion extrêmement complexe, qui peut facilement être faussée, si on insiste unilatéralement soit sur la continuité, soit sur la discontinuité. La foi chrétienne reconnaît l’accomplissement, dans le Christ, des Écritures et des attentes d’Israël, mais elle ne comprend pas l’accomplissement comme la simple réalisation de ce qui était écrit. Une telle conception serait réductrice. En réalité, dans le mystère du Christ crucifié et ressuscité, l’accomplissement s’effectue d’une manière imprévisible. Il comporte un dépassement. Jésus ne se limite pas à jouer un rôle déjà fixé — le rôle de Messie — mais il confère aux notions de Messie et de salut une plénitude qu’on ne pouvait pas imaginer à l’avance; il les remplit d’une réalité nouvelle; on peut même parler, à ce sujet, d’une « nouvelle création ». On aurait tort, en effet, de considérer les prophéties de l’Ancien Testament comme des sortes de photographies anticipées d’événements futurs. Tous les textes, y compris ceux qui, par la suite, ont été lus comme des prophéties messianiques, ont eu une valeur et une signification immédiates pour les contemporains, avant d’avoir une signification plus pleine pour les auditeurs futurs. Le messianisme de Jésus a un sens nouveau et inédit. […]

Mais la constatation d’une discontinuité entre l’un et l’autre Testament et d’un dépassement des perspectives anciennes ne doit pas porter à une spiritualisation unilatérale. Ce qui est déjà accompli dans le Christ doit encore s’accomplir en nous et dans le monde. L’accomplissement définitif sera celui de la fin, avec la résurrection des morts, les cieux nouveaux et la terre nouvelle. L’attente juive messianique n’est pas vaine. Elle peut devenir pour nous chrétiens un puissant stimulant à maintenir vivante la dimension eschatologique de notre foi. Nous comme eux, nous vivons dans l’attente. La différence est que pour nous Celui qui viendra aura les traits de ce Jésus qui est déjà venu et est déjà présent et agissant parmi nous. (op. cit. n° 21)

 Le Christ, « révélateur » de l’Ancien Testament

« Les lecteurs chrétiens sont convaincus que leur herméneutique de l’Ancien Testament, fort différente, assurément, de celle du judaïsme, correspond cependant à une potentialité de sens effectivement présente dans ces textes. A la manière d’un « révélateur » au cours du développement d’une pellicule photographique, la personne de Jésus et les événements qui le concernent ont fait apparaitre dans les Écritures une plénitude de sens qui, auparavant, ne pouvait pas être perçue. » (op. cit. n° 64)

La nécessité de l’Ancien Testament pour les chrétiens

« Au terme de cet exposé, forcément sommaire, la première conclusion qui s’impose est que le peuple juif et ses Saintes Écritures occupent dans la Bible chrétienne une place d’extrême importance, En effet, les Saintes Écritures du peuple juif constituent une part essentielle de la Bible chrétienne et sont présentes, de multiples façons, dans l’autre partie. Sans l’Ancien Testament, le Nouveau Testament serait un livre indéchiffrable, une plante privée de ses racines et destinée à se dessécher. » (op. cit. n° 84)

Malgré les difficultés de l’Ancien Testament

On comprend mieux ainsi pourquoi l’Église chrétienne n’a jamais voulu renoncer à l’Ancien Testament. Même aujourd’hui, pour beaucoup de lecteurs chrétiens, l’Ancien Testament fait (encore) difficulté : il est moins connu ; il est (trop) lié à l’histoire d’Israël ; il contient des passages qui s’opposent au message du Nouveau Testament… Comme l’écrit Benoit XVI, dans  Verbum Domini, on y trouve des pages « qui se révèlent obscures et difficiles en raison de la violence et de l’immoralité qu’elles contiennent parfois », mais il ajoute que cet aspect de l’Ancien Testament se comprend mieux si on tient compte que la révélation est profondément enracinée dans l’histoire. Le dessein de Dieu n’apparait que lentement, progressivement. En effet « la Révélation s’adapte au niveau culturel et moral d’époques lointaines et rapporte par conséquent des faits et des usages,  par exemple des manœuvres frauduleuses, des interventions violentes, l’extermination de population, sans en dénoncer explicitement l’immoralité. Cela s’explique par le contexte historique, mais peut surprendre le lecteur moderne, surtout lorsqu’on oublie les nombreux comportements « obscurs » que les hommes ont toujours eus au long des siècles, et cela jusqu’à nos jours. » (n° 42)

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Les limites de  notre approche

En choisissant d’étudier deux textes à la fois, on doit accepter de limiter la lecture de ces textes à ce qui parait le plus important et le plus en lien avec leur relation.

D’autre part, il faut reconnaitre que sur chaque sujet étudié, il y aurait souvent plus d’un texte de l’Ancien et du Nouveau Testament qu’il faudrait lire pour voir toute la richesse du thème abordé.

Ainsi dans l’Ancien Testament, il n’est pas rare que plusieurs passages préparent la révélation d’un même aspect du mystère du Christ : comme en témoignent les relectures à l’intérieur même des Écritures, mais aussi la traduction grecque (LXX au 3-2èmes.) ou encore les interprétations juives conservées dans les Targums et dans la littérature  intertestamentaire.

De même, le Nouveau Testament nous montre comment les premiers croyants n’ont pris que peu à peu conscience de l’accomplissement des Écritures dans le Christ : dans les textes du kérygme, dans les développements plus élaborés dus à la pensée de Paul, puis dans les Évangiles ou d’autres auteurs encore.

La démarche proposée ici est donc (bien) incomplète, mais elle voudrait nous rendre davantage attentifs à l’unité du dessein de Dieu et à l’importance de ce regard global pour découvrir toute la richesse de la Révélation.

 

1)     2 S 7, 1-17 et Rm 5, 1-7 : « Je serai pour lui un père, il sera pour moi un fils. »

« Je serai pour lui un père et il sera pour moi un fils » : telle est la promesse que Dieu fait à David par l’intermédiaire du prophète Natan. Une promesse qui ne révélera tout son contenu que dans le Christ.

1)     Lire 2 S 7, 1-17 et situer ce texte dans l’histoire de David. Que veut faire David pour Dieu ? Quelle est la réponse de Dieu ? Qui est le fils dont parle l’oracle de Natan ?

2)     Lire Rm 1, 1-4 : comment Paul parle-t-il de ce qu’il a vocation d’annoncer ?

3)     Quels liens voyez-vous entre ces deux textes bibliques ? Que signifie « fils de Dieu » en 2 S 7 ?  Quelle signification prend cette expression en Rm 1 ?

Question 1.

  • Lire la note de BJ sur  2 S 7, 1 et spécialement la fin de cette note qui nous renvoie à 1 S 16 (le début de l’ascension de David) et à 2 S 9 (l’histoire de la succession).
  • David a été reconnu comme roi par les gens de sa tribu (2 S 2, 4) et par les tribus du Nord (2 S 5, 1-3) ; il a conquis Jérusalem (2 S 5, 6-12) ; il en a fait sa ville ; il a introduit l’arche du Seigneur (2 S6, 1 et note BJ). Il a fait bâtir sa maison (2 S 5, 11-12) et il voudrait bâtir une maison pour le Seigneur (2 S 7).
  • Comment comprendre les deux réponses de Natan : 2 S 7, 2-3 et  2 S 7, 5ss. ?
  • Sur la promesse de Dieu, comparer 2 S 7, 5 et 2 S 7, 11b ; cf. aussi la note sur 2 S 7, 1(titre).
  • Pour les v. 13-14 : voir les notes de BJ et TOB.
  • Comparer 2 S 7, 14 avec la citation de 1 Ch 17, 13 : que pouvez-vous noter ?

Question 2

  • Sa vocation est d’annoncer l’Évangile de Dieu (cf. note BJ sur Mc 1, 1)
  • Cet Évangile a été promis d’avance par les prophètes ; il est dans les Écritures (v. 2).
  • Cette Bonne Nouvelle concerne le Fils de Dieu ; selon la « chair », il est de la lignée de David (v. 3).
  • Par sa Résurrection (cf. note BJ sur v. 4 ; en TOB sur v. 3), il est établi Fils de Dieu.

Question 3

  • Les deux textes parlent d’un « fils de David » que Dieu reconnait comme son fils.
  • Sur l’expression « fils de Dieu », voir la note BJ sur Mt 4, 3.
  • Dans 2 S 7 : Dieu promet au roi (Salomon et ses successeurs) un lien particulier avec lui.
  • Dans 1 Ch 17 : ce don de Dieu concerne plus spécialement le Messie attendu.
  • En Rm 1 : Paul présente le Christ Jésus comme Fils de Dieu, issu de la lignée de David, par son incarnation (selon la chair) et manifesté dans toute sa gloire et sa mission par la Résurrection (v. 4).

2)     Is 7, 10-17 et Mt 1, 18-25 : La naissance de l’EMMANU-EL.

Dans la liturgie, nous entendons souvent cette expression « le Seigneur est avec vous ». Mais que signifie-t-elle pour nous ?  Quelle signification a-t-elle pour Mt ?

1)     Situer ce passage d’Isaïe dans son contexte. Pourquoi Isaïe s’adresse-t-il ici à Achaz ? Que lui demande-t-il ? Comment comprendre le v. 14 ? Quelle garantie est offerte à Achaz ?

2)     Lire Mt 1, 18-25 et proposer une division de ce texte. Comment Mt présente-t-il l’intervention de Dieu ? Que dit-il de Marie ? et de Joseph ?

3)     Comment ce récit de Mt accomplit-il la promesse faite autrefois à Achaz ?

Question 1.

  • Le début du v. 10 (Le Seigneur parla encore à Achaz) nous invite à lire ce qui précède : cf. la note BJ sur Is 7, 1 (fin du verset).
  • Achaz est menacé par les royaumes de Samarie (Éphraïm) et de Damas (Aram) qui voudraient entrainer Jérusalem dans la coalition anti-assyrienne. Isaïe demande au roi de se confier entièrement dans le Seigneur (cf. Is 7, 7-9).
  • Il offre au roi la possibilité de demander à Dieu un signe (v. 10-11) de sa fidélité pour la « maison de David » (cf. 2 S 7), mais Achaz refuse (v. 12-13).
  • Sur la signification du v. 14 pour Achaz, cf. les notes BJ et TOB : en annonçant la naissance d’un fils  et en donnant ce nom symbolique, le prophète invite le roi à croire que le Seigneur-est-avec la « maison de David, dans cette situation difficile.
  • Sur le v. 14 la BJ donne en marge Mt 1, 23 (avec une flèche !).

Question 2.

  • Sur le lien avec ce qui précède : la généalogie qui présente Jésus : lire particulièrement le v. 1 et le v. 16. Notre texte est une « explication » de ce v. 16.
  • Les v. 18-19 décrivent la situation : Joseph et Marie sont mariés mais ne cohabitent pas encore ; devant la grossesse de Marie, Joseph – qui est juste –  veut la répudier sans bruit.
  • Dans les v. 20-21 : intervention de Dieu qui éclaire Joseph, fils de David et lui révèle sa vocation : donner le nom à cet enfant que Marie va enfanter (elle enfantera un fils … tu l’appelleras du nom).
  • Les v. 22-23 font le lien avec l’AT ; les v. 24-25 disent comment Joseph réalise ce qui lui a été demandé par l’Ange du Seigneur. Comparer avec Gn 12, 1 et 4.

Question 3

  • Accomplissement = continuité, rupture et plénitude. Sur le v. 22, lire note BJ.
  • Continuité : un enfant va naître ; par Joseph, il sera un (lointain) descendant de David (cf. v.20 et la généalogie (v. 1-16) ; son nom : Emmanu-El.
  • Rupture : la naissance virginale (v. 20) de Jésus qui, par la foi de Joseph à sa vocation, peut entrer dans la lignée de David.
  • Dépassement : Emmanu-El prend ici une signification inouïe ; cf. aussi Mt 28, 20.

3)     Is 52, 13 – 53, 12 et Ac 8, 26-40 : « Comprends-tu ce que tu lis ? »

Cette question que pose Philippe à l’eunuque nous est parfois venue à la lecture de certains passages des Écritures. Seule une vraie familiarité avec la Bible peut nous révéler la richesse de cette Parole.

1)     De quoi, de qui, parle ce texte d’Isaïe ?

2)     Comment l’auteur des Actes nous présente-t-il l’eunuque ? Pourquoi Philippe peut-il l’aider à comprendre ce qu’il lit.

3)     Quelles conclusions peut-on tirer de la lecture de ces deux textes bibliques ?

 

Question 1.

  • Sur ce texte, voir les notes BJ  et TOB (sur le titre) qui proposent une division en 4 parties : 52, 13-15 : Dieu parle ; 53, 1-6 : les foules (nous) ; 53, 7-10 : le prophète ; 53, 11-12 : Dieu.
  • Ce texte parle d’un homme humilié, rejeté, souffrant, alors qu’il est innocent, mis à mort (cf. v. 4.6).
  • Mais Dieu le nomme : mon serviteur (52, 13 ; 53, 11) et il annonce son exaltation (52, 13 ; 53, 11-12)
  • Pourquoi la souffrance d’un juste ?  Quelle peut être sa signification ?

Question 2.

  • Cet eunuque, haut dignitaire de la reine d’Éthiopie, est un craignant-Dieu (v. 27 et note TOB) ; voir aussi note BJ sur Ac 10, 2.
  • Il lit – à haute voix – un passage du rouleau d’Isaïe (v. 32- 33 et note TOB), mais ce texte lui reste fermé.
  • Philippe va lui en donner la clé, en lui annonçant la Bonne Nouvelle de Jésus : voir Ac 3, 18 et note TOB sur la fin de ce verset ; en BJ, voir Ac 5, 42 et la note.
  • Baptisé, l’eunuque continue sa route dans la joie (v. 39 et note TOB). Cf. aussi Lc 24, 31-32.

Question 3.

  • Ce texte AT  reste « fermé » pour l’eunuque sans la lumière du mystère pascal que lui apporte Philippe.
  • Jésus dans son mystère pascal est la clé de l’AT ; mais d’autre part, l’AT est nécessaire pour reconnaitre le don que Dieu nous a fait dans le Christ.
  • On peut comparer notre récit avec celui de Lc 24, 13-35 : une démarche inverse, mais fondamentalement identique.
  • D’où l’unité de la Bible : Ancien et Nouveau Testament pour entrer dans le mystère chrétien et comprendre le dessein salvifique de Dieu.

4)     Si 24, 1-34 et Jn 1, 1-18 : La Sagesse et le Verbe

Comment  Dieu, Créateur de tout, peut-il être présent à sa création ? Les Sages de l’AT se sont posé cette question. L’Évangéliste apporte une réponse qui dépasse de beaucoup l’attente des hommes.

1)     Lire Si 24, 1-2 et 19-23 : qu’est-ce que ce texte nous dit de la Sagesse ? D’où provient-elle ? Comment est-elle venue en Israël ?

2)     Lire Jn 1, 1-18 : qui est le Verbe ? Relever tout ce que l’Évangéliste nous dit de lui, de son rôle dans notre histoire ?

3)     Comment l’Évangéliste s’inspire-t-il du texte du Siracide ? Qu’apporte-t-il de nouveau ? Qu’est-ce qui est tout à fait inouï ?

Question 1

 

  • Lire la note en BJ sur Si 24 (titre) ; lire (éventuellement) Pr 8, 22-31 et note BJ sur 8, 22 (titre).
  • Relever ce que la Sagesse dit d’elle-même en Si 24, 1-7 (noter les verbes).
  • Sur sa présence en Israël : v. 7-8 ; v. 10-11 et note BJ sur v. 10.
  • Comment comprendre le v. 23 ? Cf. la référence à Ex 19, 1 + (la fin de cette note).

Question 2

 

  • Il est le Verbe (= la Parole), sur ce mot, voir la note de BJ ; cf. aussi les notes de TOB sur les v. 1 et 3.
  • Il est tourné vers Dieu : voir la note TOB sur cette expression (v. 1) et  le renvoi à Jn 5, 17-30.
  • Il est la Vie : cf. Jn 3, 35 + (cité en marge par BJ), la Lumière (Jn 8, 12 +) ; cf. aussi les notes de TOB.
  • Il était au commencement, antérieur à toute création (v. 2) ; son activité dans la création (v.3 et note TOB) est déjà manifestation de Dieu (note TOB sur v. 5), pour tout homme (notes TOB sur v. 9-10).
  • Révélation reçue ni par le monde (v. 10), ni par les siens (Israël ?  note TOB sur v. 11). Mais ceux qui l’accueillent (v. 12) deviennent enfants de Dieu (note TOB sur v. 12).
  • Devenu chair, il a planté sa tente parmi les hommes (v. 14 et notes BJ-TOB) ; il est le lieu de la Présence de Dieu, la révélation du Père (v. 14 et 17-18).

Question 3

  • Remarquer comment ce que le Siracide disait de la Sagesse, l’Évangéliste le dit ici du Verbe, de la Parole de Dieu (au commencement avec Dieu, rôle dans la création, venue dans le monde …)
  • Sur l’accomplissement : il s’est fait Chair (v. 14 et notes) ; il est le Fils, Unique-Engendré (monogénès) : v. 14 et 18 et note de BJ sur v. 18 ; le seul qui a vu Dieu et qui peut nous le révéler.
  • Ce n’est plus la Loi (de Moïse comme en Si 24, 23) mais le Fils Unique de Dieu devenu chair ; il est réellement entré dans notre histoire.

5)     Gn 18, 9-15 et Lc 1, 26-38 : « Rien n’est impossible à Dieu »

Pour l’homme biblique, c’est Dieu qui « ouvre le sein d’une femme ou le ferme », c’est Lui qui donne la vie. Cela apparait encore davantage lorsque des couples sont marqués par l’âge ou/et la stérilité. D’où la place que prennent les récits d’annonce de naissances  miraculeuses.

1)     Comment est présentée en Gn 18, 9-15 l’annonce de la naissance d’un fils ?

2)     Lire Lc 1, 26-38 : comment Luc présente-t-il l’annonce de la naissance de Jésus ?

3)     Comment le récit de Luc « accomplit-il » ce texte de Genèse ?

Question 1

  • Situer les v. 9-15 dans leur contexte : l’histoire d’Abraham est marquée par le problème de la descendance (Gn 12, 2 ; ainsi que 15, 2-5 ; 17, 16-19, cités en marge de Gn 18, 9).
  • Dans notre texte, le lien avec l’hospitalité d’Abraham (18, 1-8), mais à partir du v. 9, il est surtout question de Sara (9 fois).
  • Le texte insiste sur l’âge de Sara et d’Abraham (v. 11-12) ; sur le rire de Sara, comparer avec celui d’Abraham en Gn 17, 17 (et note BJ). La connaissance de son rire et de sa réflexion par le visiteur (v. 13) révèle à Sara quelque chose de son identité, d’où sa crainte (v. 15)
  • Sur le v. 14 : lire Jr 32, 17. 27.

Question 2

  • Luc présente l’annonce à Marie en parallèle avec celle faite à Zacharie (Lc 1, 5ss).
  • Comparer les deux passages et relever ce qui est semblable et ce qui est différent : Zacharie (cf. Dn 8, 16 et 9, 21 cités en marge de Lc 1, 19) annonce dans les deux cas la naissance d’un fils, inattendue : cf. Lc 1, 18, d’une part, et Lc 1, 34, d’autre  part.
  • Sur l’annonce de la naissance de Jean-Baptiste, Luc souligne le cadre (Jérusalem, le Temple, en pleine action liturgique : cf. Lc 1, 5 et note TOB) et la fidélité de Zacharie et Élisabeth (1, 6 et note TOB).
  • Dans l’annonce à Marie, la scène est à Nazareth (jamais mentionné dans la Bible jusque-là !) ; Marie est une jeune fille, mariée selon la loi mais qui ne cohabite pas encore (Lc 1, 26-27 et notes TOB) ; Luc ne dit rien des mérites de Marie.
  • Noter la salutation de l’ange (v. 28 et notes TOB) et le message délivré (v. 31-33 et v. 35) ; ce message est coupé par la question de Marie (v. 34 et note TOB).

Question 3

 

  • Dans le texte de Gn 18 – comme dans Lc 1, 5-25 – il s’agit d’une naissance miraculeuse ; en Lc 1,26-38  il est question d’une  naissance virginale.
  • L’enfant qui va naitre de Marie sera le Messie attendu (1, 32-33 et notes), mais il sera encore bien davantage (1, 35 et notes).
  • La parole de Gabriel en 1, 37 s’applique à la conception d’Élisabeth, mais prend toute sa signification dans celle de Marie.

6)     Is 5, 1-7 et Jn 15, 1-8 : Le bien-aimé et sa vigne

 

Ce titre que la TOB a choisi pour le texte d’Isaïe que nous étudions prend toute sa dimension à la lecture de Jn 15, 1-8. Sous l’image de la vigne, c’est bien l’amour de Dieu pour son peuple qui nous est ici révélé.

1)     Lire Is 5, 1-7 : Dans ce texte, qui parle ? à qui ?  de quoi ? Quelle est la signification de ce passage d’Isaïe ?

2)     Dans Jn 15, 1-8 qu’est-ce que Jésus nous dit de lui ? de Dieu ? et de nous ?

3)     Comment les paroles de Jésus en Jn 15 « accomplissent-elles » ce que l’AT avait commencé à nous révéler ?

 

Question 1

  • Lire les notes de BJ et TOB sur  Is 5, 1.
  • Dans les v. 1b-2 relever les termes qui expriment l’amour du bien-aimé pour sa vigne.
  • En Is 5, 3-6, Dieu interpelle les auditeurs et les invite à juger (v. 3-4), puis il exprime ce qu’il va faire de cette vigne (v.5-6). Sur le v. 6b, lire les références que la TOB nous donne en marge : Dt 11, 14 ; Am 4, 7. Enfin le v. 7 fait l’application de la parabole : les ‘juges’ se retrouvent dans le box des accusés !
  • Sur l’image de la vigne pour désigner Israël, voir les références données en note et en marge ; cf. aussi Jg 9, 12-13 : avec l’olivier et le figuier, la vigne est un des arbres appréciés en Israël.

Question 2

  • Relever les deux affirmations de Jésus en JE SUIS (v. 1 et v. 5) ; expliquer ces affirmations.
  • Sur JE SUIS, voir en BJ et TOB la note sur Jn 6, 35. Lire aussi la note de TOB sur Jn 15, 1.
  • Au v. 1, Jésus exprime sa relation à Dieu, au Père. ; au v. 5 les disciples sont invités à entrer dans cette intimité (être les sarments de cette vigne), cf. note TOB sur v. 2.  Voir aussi 1 Co 12, 12. 27 (cités en marge en TOB). Noter le rôle de l’écoute de la parole (v. 3 et note TOB).
  • Relever les termes qui reviennent plusieurs fois dans les v. 2-7.
  • Quel est, selon vous, le sommet de l’affirmation de Jésus dans ce texte?

Question 3

  • En Is 5 Israël est présenté comme la vigne choisie et choyée par Dieu, mais qui n’a jamais pu répondre vraiment à cet amour (cf. aussi Jr 2, 21).
  • Au contraire, Jésus est la Vigne VERITABLE, celle qui répond totalement à l’amour du Père. Jésus, à lui  seul comble le désir du Père. Voir une affirmation équivalente en Jn 10, 11 (le BON Berger).
  • Mais Jésus veut nous associer à ce qu’il est (v. 5), pour la gloire du Père (v. 8) : pour cela il faut demeurer en lui comme le sarment sur le cep. (cf. encore les notes de TOB).

7)     Ez 37, 1-14 et Mt 27, 51-54 : Les tombeaux s’ouvrent…

La vision des ossements desséchés (Ez 37) est bien connue ; les versets que Matthieu ajoute au récit de Marc dans le récit de la mort de Jésus le sont moins. Pourtant le rapprochement de ces deux textes donne un éclairage au récit évangélique.

1)     Que contient ce passage d’Ézéchiel ? Que voit le prophète ? Qu’entend-il ? Que doit-il faire ? Quelle est la signification de cette vision ?

2)      Comparer ces versets de Mt 27, 51-54 avec le parallèle de Mc 15, 37-40 et relever ce qui est particulier à Mt. Que veut dire l’Évangéliste ?

3)     Quels liens voyez-vous entre ces deux textes ? Comment le texte d’Ézéchiel éclaire-t-il le récit de Mt ?

Question 1

  • Ce texte d’Ez contient deux parties : la vision (v.1-10) et son explication (v. 11-14) ; le v. 11 forme  le pivot. Noter aussi le v. 3 (la question de Dieu et la réponse du prophète).
  • Ez voit une vallée de la mort (v. 2-6 ; cf. v. 11) ; humainement, il n’y a plus d’espoir (cf. v. 3). Mais il est invité à prophétiser (v. 4 et 9) et la parole transmise par le prophète va redonner la vie à ces ossements. Cela se fait en 2 temps : les corps se reforment (v. 7-8), puis ils reprennent vie (v. 9-10). Cf.  la création en Gn 2, 7 !
  • Sur la signification de cette vision, cf. la note BJ sur v. 10. Par cette vision, Ez doit annoncer au peuple en exil le pardon du Seigneur et le retour sur leur terre. C’est aussi la révélation de Dieu : « vous saurez que je suis le Seigneur… » (v. 13 et 14).

Question 2

  • Notre passage est à la fin du récit de la mort de Jésus. Dans le texte de Mc on trouve les mêmes éléments (le cri de Jésus – la boisson vinaigrée – le grand cri et la mort – la parole du centurion – la présence des femmes.)
  • Mais après la déchirure du voile du temple (v. 51), Mt ajoute le séisme, l’ouverture des tombeaux et la résurrection de nombreux morts (v. 52), qui sortent de leurs tombeaux et se font voir dans la Ville sainte (v. 53).
  • De plus Mt fait le lien entre ces événements et la confession du centurion ; une confession qui est ici partagée par « ceux qui avec lui gardaient Jésus » (v. 54).
  • Sur le tremblement de terre, cf. les notes de BJ ou TOB ; voir aussi Mt 28, 2 !
  • En BJ voir encore la note sur v. 53.

Question 3

  • Ézéchiel parlait de la « résurrection » du peuple à la suite de la destruction de Jérusalem et de l’exil. La foi en la résurrection des morts n’apparait qu’au 2ème  s. (voir 2 M 7 et Dn 12, 3). A l’époque du NT, elle était partagée par beaucoup de Juifs (à l’exception des Sadducéens : cf. Mt 22, 23 et note BJ).
  • Mais dans la foi juive, la résurrection marquera le début du « monde à venir ». Par l’ajout de ces versets (Mt 27, 51b-53) et par le lien qu’il fait avec la confession du centurion. L’Évangéliste nous montre la mort de Jésus comme inaugurant ce monde nouveau (cf. les notes de BJ et TOB sur v. 53). Voir aussi 1 P 3, 19 (cité en marge).

8)     Ex 24, 1-11  et Mt 26, 26-29 : Le sang de l’alliance

Dans la Bible, comme dans beaucoup de religions anciennes, le sang a un caractère sacré ; il est le symbole de la vie. C’est ce qui explique l’interdit alimentaire (cf. Lv 17, 10-12), mais aussi la place que tient le rite du sang dans la célébration de l’alliance au Sinaï.

1)     Situer ce texte dans le livre de l’Exode. Que contient ce passage ?  Comment l’alliance est-elle conclue dans les v. 3-8 ? Quel est ici le rôle de Moïse ?

2)     Replacer Mt 26, 26-28 dans son contexte. Que fait ici Jésus ? Qu’est-ce qui est habituel ? Qu’est-ce qui est nouveau ?

3)     Quel est le rapport entre ce texte d’Ex 24 et celui de Mt ? Comment Mt montre-t-il que Jésus « accomplit» ce passage de l’Écriture ?

Question 1

  • A partir d’Ex 19 commence le 2ème grand thème de l’Exode : l’alliance du Sinaï (cf. note sur Ex 19, 1 et introd. à Exode).
  • Voir plus spécialement les ch. 19 à 24 : en Ex 19, 3-8 Dieu propose une alliance que le peuple accepte (19, 8) ; alors a lieu une rencontre entre Dieu et le  peuple (19, 9ss) ; Dieu donne les clauses de l’alliance (Ex 20 – les Dix Parole – cf. aussi le Code de l’alliance : 20, 23ss). Ex 24 raconte la conclusion, la célébration de l’alliance.
  • Deux traditions de cette célébration (voir notes) : Ex 24, 1-2 et 9-11 et Ex 24, 3-8.
  • En Ex 24, 3-8 : relever tout ce que fait Moïse ; mais noter aussi l’importance donnée au peuple (v. 3 et 7) ; cf. aussi la place des jeunes Israélites.
  • Dans ce récit, le rite du sang est souligné (v. 6 et v. 8 – avec la note BJ). Sur ce texte, voir aussi les notes de BJ et TOB sur 24, 1.

Question 2

  • Relever les indications de temps données dans Mt 26 : v. 2 ; v. 17-18 ; v. 20 ; v. 26 ; cf. v. 30 et 36 : ces indications placent ce dernier repas dans le cadre de la Pâque.
  • Remarquer que le repas lui-même est juste évoqué (v. 26) : c’est déjà un « texte liturgique ». Ce qui est mis en lumière est le double geste de Jésus et les paroles qui les accompagnent. Dire la bénédiction et rompre le pain est le geste que fait celui qui préside un repas juif ; mais les paroles qui suivent (fin du v. 26) sont inhabituelles.
  • Rendre grâces pour la coupe, dans les banquets festifs, comme la Pâque ; mais Jésus ajoute une parole qui renvoie à Ex 24, 8.
  • Sur le v. 29 : voir la note TOB ; la BJ nous renvoie à Mt 8, 11 + (cité en marge).
  • Sur ce texte, voir les notes BJ/TOB ; comparer aussi avec Mc ;  Lc et 1 Co 11, 23-27.

Question 3

 

  • Comparer la parole de Moïse en Ex 24, 8 avec celle dite ici par Jésus.  Moïse a partagé le sang (Ex 24, 6) des sacrifices : c’est ainsi un même sang qui lie désormais Dieu (autel) et le peuple. En Mt, Jésus dit mon sang versé pour beaucoup/pour la multitude (cf. Mt 20, 28 et note BJ) ; c’est un renvoi à Is 53, 11-12). Dimension universelle !
  • Le sang de Jésus est versé « en rémission des péchés », ce qui est aussi la réalisation de la promesse faite par Dieu en Jr 31, 34 (cf. note sur Jr 31, 31 +).
  • Jésus est médiateur de l’alliance, mais il est aussi celui qui donne son sang / sa vie.

9)     Jr 31, 31-34 et 1 Co 11, 23-27 : La nouvelle alliance

Alors que tout semblait définitivement perdu à cause du péché du peuple, Jérémie annonce de la part du Seigneur une alliance nouvelle. Un jour, Dieu fera cette alliance et l’offrira à tous les hommes.

1)     Situer cette promesse de Jérémie dans son contexte. Montrer quelle est la nouveauté annoncée ici par le prophète.

2)     Lire 1 Co 11, 17-34 : quel est le problème de la communauté de Corinthe ? Comment Paul répond-il ? Quelle est l’importance de ce texte ?

3)     Quels liens voyez-vous entre le texte de Jérémie et les paroles de l’institution eucharistique dans ce texte de 1 Co ? Relever ce qui vous parait le plus significatif.

 

Question1

 

  • Situer Jérémie ; rappeler les événements les plus marquants de son temps (réforme de Josias, cf. 2 R 22-23, destruction de Jérusalem et du Temple, déportation à Babylone).
  • Pour Jérémie, comme pour les autres prophètes, ces événements sont la conséquence du péché du peuple, de sa rupture d’alliance. De  la part du peuple, la situation est sans issue.
  • Dans cette promesse, Jérémie exprime sa foi en Dieu ; il a fait alliance avec Israël ; il mènera à bien son projet. Jérémie est le seul, dans l’AT, à parler d’alliance nouvelle.
  • Sur la nouveauté de cette alliance, voir note BJ et TOB sur le titre : pardon des péchés, responsabilité personnelle, intériorisation de la religion.

Question 2

  • Sur les problèmes des Corinthiens, voir 1 Co 7 – 14 ; parmi ces problèmes, celui du « Repas du Seigneur » nous vaut le plus ancien témoignage sur l’Eucharistie.
  • Dans notre texte, Paul présente d’abord le problème (v. 17—22), puis il rappelle « ce qu’il a reçu et transmis » (sur ces mots, cf. 15, 3 + cité en marge) dans les v. 23-27, avant de tirer des applications pour la communauté.
  • Étudier particulièrement les v. 23 et 25-26. Célébrer le Repas du Seigneur, c’est faire mémoire  de l’amour infini de Dieu pour nous (la nuit où il était livré – par le Père ; cf. Rm 8, 32) ; c’est aussi accueillir la réalisation de la promesse de Jr 31, 31-34 (v. 25 : la nouvelle alliance) ; c’est vivre dans l’attente de la venue du Seigneur (v. 26 ; cf. 1 Co 16, 22).

Question 3

  • Ce texte de Paul est le premier texte du NT qui reprend l’expression de Jérémie : la nouvelle alliance : ainsi il déclare réalisée l’alliance que Dieu promettait en Jr 31.
  • Célébrer l’Eucharistie, c’est faire mémoire (rendre présent pour nous / nous rendre présents à) ce don de Dieu.
  • L’Eucharistie est le sacrement du pardon des péchés : en Jésus, le pardon de nos péchés est déjà donné par Dieu, si nous l’accueillons.
  • Mais le don de Dieu est aussi encore à venir (v. 26) ; nous avons toute la dimension sacramentaire : un acte de Dieu en Jésus – rendu présent pour nous dans un signe – dont nous attendons la réalisation plénière.

10)  Ez 34, 1-31 et Jn 10, 1-18 : Le bon berger

L’image du roi berger appartenait au patrimoine de l’Ancien Orient. Jérémie l’applique aux rois et aux responsables du peuple ; elle sera reprise par Ézéchiel et d’autres prophètes avant d’être appliquée à Jésus.

1)     Pourquoi Ézéchiel a-t-il recours à cette image ? Qui veut-il dénoncer ? Que veut-il annoncer ?

2)     Situer Jn 10 dans le ministère de Jésus selon Jn. Comment Jésus se présente-t-il dans les v. 1-10 ? et dans les v. 11-18 ?

3)     Comment Jn 10 accomplit-il ce que Dieu  promettait en Ez 34 ?

Question 1

  • Lire la note de BJ sur Ez, 34 (titre) qui nous résume l’importance de ce titre.
  • Comme Jr, Ez voit dans les rois et les chefs du peuple les responsables de la situation présente du peuple (malheur, destruction, dispersion, exil).
  • Relever dans les v. 2-6 les verbes qui expriment le comportement des mauvais bergers ; puis dans les v. 11-16 l’annonce de ce que le Seigneur fera pour son troupeau (mon troupeau : plus de 10 fois).
  • Les v. 17-22 parlent des malheurs dus au comportement égoïste des plus forts.
  • L’intervention du Seigneur va mettre fin à ces situations (v. 11-16 ; v. v. 22).
  • En Ez 34, 11 le Seigneur prend lui-même soin de son troupeau ; en Ez 34, 23ss, il promet de susciter un pasteur qui les fera paître, mon serviteur David.

 

Question 2

  • Jn 1- 12 présente le ministère de Jésus, sa révélation de plus en plus claire : Jn 5 ; puis Jn 7-8 ; et ici Jn 10.
  • Jn 10, 1-10 : l’image de la porte – Jésus parle de sa manière d’entrer en relation avec les brebis comparée à celle de ceux qui ne passent pas par la porte ; sur les affirmations : Je suis la porte (v. 7 et 9), voir les notes TOB.
  • A partir du v. 11, Jésus se présente comme le bon (= celui qui mérite ce nom) berger : voir note TOB sur v. 11. Cf. aussi les JE  SUIS  +  en Jn : voir Jn 6, 35 et note TOB.  Le bon berger est opposé au voleur (v. 8 et 10) puis au mercenaire (v. 11. 12.13).
  • Noter ce qui caractérise le bon berger (v. 11 et notes TOB et BJ) : la connaissance réciproque (v. 14 et note BJ et TOB) et surtout l’engagement total : donner sa vie (v. 15. 17. 18).

Question 3

  • En Ez 34, Dieu faisait deux  promesses : l’une au v. 11 : C’est moi qui prendrai soin  11) ; cf. Ps 23 ; l’autre au. v. 23-24, Dieu promet un pasteur comparable à David (cf. note TOB sur v. 23). En Jésus, ces deux promesses s’unissent : Le Verbe s’est fait chair (Jn 1, 1-3. 14. 17-18).
  • Jésus peut dire JE SUIS LE BON BERGER, à la fois présence de Dieu et accomplissant totalement la promesse de Dieu.
  • Sur ce thème du berger, cf. encore Mt 18 et Lc 15 ; voir aussi Mt 25, 32-34 pour Ez 34, 17-22.

11)  Ps 16, 1-11 et Ac 13, 16-43 : Dieu n’abandonne pas celui qui l’a choisi

La confiance qui s’exprimait dans la prière du Ps 16 a trouvé son « accomplissement » dans la Résurrection de Jésus : telle est la Bonne Nouvelle que Paul veut annoncer aux Juifs et à tous les hommes.

1)     Lire le Ps 16 : qui est  le Dieu à qui s’adresse ici le psalmiste ? Qu’a-t-il déjà fait pour lui ? Qu’attend-il encore de lui ? Étudier spécialement les v. 9-11.

2)     Lire Ac 16-43 : que contient ce discours de Paul ? De quoi parle-t-il dans les v. 17-25 ? Et dans les v. 26-37 ?

3)     Comment ce que Paul annonce au sujet de Jésus « accomplit » ce que dit Ps 16, 10 ?

Question 1

  • C’est le Seigneur, YHWH (4 x) ; c’est le NOM  révélé à Moïse (cf. Ex 3, 14) et dans l’histoire du peuple. Le Psalmiste l’a choisi (v. 2-4) à l’exclusion de toutes les autres divinités.
  • Pour le psalmiste, il est son refuge (v. 1), sa part d’héritage (v. 5-6 et note BJ), celui qui le  conseille (v. 7), celui sur qui il compte maintenant et pour l’avenir (v. 8-11). Cf. aussi Ps 121, 5 (cité en marge dans BJ).
  • Sur les v. 9-11, voir note BJ : celui qui prie exprime la certitude d’être préservé d’une mort prématurée, d’échapper à la mort dans une circonstance précise.
  • Sa foi et son expérience de Dieu lui font désirer une intimité indissoluble avec Dieu.

Question 2

  • Lire les notes de BJ et TOB sur Ac 13, 16.
  • Deux parties : v.16-25 (aboutissement de l’histoire d’Israël) et 26-37 (les Écritures)
  • Dans Ac 13, 17-25 : relever tous les verbes dont Dieu est le sujet. Noter spécialement ce qui est dit de David (v. 22-23 et les notes TOB) ; sur le lien qui unit Jésus à David (v. 23). La prédication de Paul suit la lecture de la Loi et des Prophètes (Ac 13, 15).
  • Noter ce que Paul dit de Jésus dans les v. 27-31 (cf. aussi la note TOB sur v. 27 qui explique les v. 27-29); remarquer l’opposition (fréquente dans le kérygme) entre ce que lui ont fait les habitants de Jérusalem et ce que Dieu a fait (il l’a ressuscité ; il l’a fait voir – apparitions pascales).

Question 3

  • En Jésus, Dieu accomplit les promesses faites aux pères (v. 32-33).
  • Il accomplit ce qui était écrit dans les Psaumes (traditionnellement attribués à David).
  • Paul donne 3 citations de l’AT : 2 tirées des Ps et Is 55, 3 (qui parle de David).
  • Sur Is 55, 3 (v. 34), voir les notes de BJ et TOB.
  • Pour le Ps 2, 7, voir la note TOB sur v. 33 ; pour Ps 16, 10, lire note TOB sur v. 35.
  • Voir encore en BJ la note sur Ac 2, 36 + (cité en marge) ; sur le parallèle fait entre David et Jésus (13, 36-37), comparer avec le discours de Pierre en Ac 2, 26-36).
  • Les deux discours se terminent par un appel à accueillir le salut offert par Dieu en Jésus (cf. Ac 2, 37-41 et Ac 13, 38-43 – et  notes TOB sur v. 38 et 42).

12)  Nb 21, 4-9 et Jn 3, 9-18 : Du « serpent d’airain » à la Croix de Jésus

Pour Jn, le « serpent d’airain » que Moïse éleva autrefois au désert était déjà une lointaine préfiguration du salut que Dieu nous a offert dans la mort et la résurrection de Jésus.

1)     Nb 21, 4-9 : situer ce récit dans son contexte. Qu’est-ce que ce texte nous apprend sur le peuple d’Israël ? sur Dieu ? sur Moïse ?

2)     Lire Jn 3, 9-18 : quelle place l’Évangéliste donne-t-il à ce texte ? Sur quoi veut-il insister ? Travailler plus particulièrement les v. 13-17.

3)     Comment ce texte de Jn « accomplit-il » celui que nous lisons en Nb 21 ?

Question 1

  • Nb 21, 4-9 est un des épisodes de l’histoire du peuple au désert. Depuis Nb 10, 35 Israël a quitté la montagne du Seigneur et est en marche vers la Terre promise, mais toutes les étapes sont marquées par les murmures du peuple, le refus de faire confiance au Seigneur : voir Ex 14, 11 + (cité en marge) où la BJ donne en marge d’autres passages de ces refus.
  • Ici le peuple rejette la manne, la nourriture que Dieu lui donne chaque jour (v. 5).
  • Comme lors des récriminations précédentes, Dieu punit le peuple (ici par les serpents : v. 6), puis suite à la prière de Moïse, il accorde son pardon (v. 7-8).
  • Pour cela, Moïse doit faire un serpent d’airain, vers lequel on doit se tourner pour être guéri (v. 8). Sur ce serpent d’airain, voir encore 2 R 18, 4 + (cité en marge).

Question 2

  • Jn 3 nous montre en Nicodème la difficulté que représente la révélation chrétienne, même pour un Juif ouvert : cf. les notes de TOB sur Jn 3, 1 et 3, 10.
  • Les déclarations de Jésus commencent 3 fois par « en vérité, en vérité, je vous le dis – Amen, amen, je vous le dis »: aux v. 3. 5. 11, une expression qui introduit chez Jn une révélation solennelle. A partir du v. 10, Nicodème disparait du récit ; noter aussi le « nous » qui introduit les v. 11-21 (voir note TOB sur v. 11).
  • Pour les v. 14-17, voir l’introduction : les v. 12-13 et note TOB sur v. 12.
  • Noter le parallélisme fait entre Nb 21 et ce texte de Jn : comme Moïse éleva le serpent au désert / il faut que le Fils de l’homme soit élevé (passif théologique ?), cf. v. 16.
  • L’insistance sur « croire » (v. 15.16.17) pour avoir « la vie éternelle » (v. 15.16).

Question 3

  • En Nb 21, le serpent élevé est la réponse de Dieu à la prière de Moïse pour le peuple pécheur ; en Jn 3, la croix du Christ est la révélation de l’amour total et gratuit de Dieu pour tous ceux qui (quiconque) croiraient (v. 15-16).
  • La croix du Christ n’est pas un « dérapage » de l’histoire, mais révèle le dessein de Dieu : ainsi faut-il … (v. 14 et note BJ) ; cf. aussi Rm 8, 32 (cité en marge).
  • Son Fils unique (v. 16)  nous renvoie aussi à Gn 22 : ce que Dieu n’a pas demandé à Abraham, il l’a fait pour nous.
  • Noter le parallélisme entre ce qui est dit de Moïse et ce que Jn dit ici de Jésus ; sur ce parallélisme, voir encore Jn 1, 17.
  • Lire encore Sg 16, 5-14 et spécialement les v. 6-7 et note BJ sur v. 7.

13)  Dt 18, 13 – 20 et Ac 3, 13 – 24 : Un prophète semblable à Moïse

Dans l’Ancien Testament, Moïse était le prophète par excellence, celui à qui Dieu a parlé face à face (cf. Nb 12, 8) et par qui il a donné la Loi à son peuple. Mais le don de Dieu ne s’arrête pas à lui.

1)     Présenter le Dt et situer notre passage. Quel est le rôle du prophète dont parle ce texte ?

2)     Lire le discours de Pierre (spécialement les v. 17-24) et relever les principales affirmations de Pierre.

3)     Réfléchir sur la place que tenait Moïse dans la foi juive et expliquer l’affirmation de Pierre concernant Jésus.

Questions 1

 

  • Le Dt se présente comme les dernières paroles de Moïse  au peuple qui va entrer dans la Terre : Dt 1, 1.5 ; 4, 44 ; 28, 69.
  • Ce(s) discours de Moïse entoure(nt) le Code deutéronomique : Dt 12 – 26 (cf. note BJ sur Dt 12, 1). Dans le contexte proche, Moïse parle des juges (17, 8), des rois (17, 14), du sacerdoce (18) et des prophètes (18, 9).
  • Sur ce qui est dit des prophètes, voir particulièrement Dt 18, 15-18 et la note BJ sur v. 18.
  • Lire aussi Dt 5, 23-29 : le prophète est un don du Seigneur pour que le peuple puisse écouter la Parole ; le prophétisme prolonge dans l’histoire du peuple la mission de Moïse.

Question 2

  • Tous les prophètes parlaient des souffrances du Messie (v. 18), mais ils n’ont pas été entendu (v. 19).
  • Il faut donc se convertir (v. 19 et note BJ) ; cf. aussi Mt 3, 2 +  et Ac 2, 38 + (cités en marge).
  • Moïse avait annoncé la venue d’un prophète tel que lui (v. 22) et souligné l’importance de son accueil (v. 23).
  • Cf. aussi la note BJ sur v. 24.

Question 3

  • Pour la place donnée à Moïse dans le monde juif, lire Nb 12, 6  et la note de BJ ; ce texte est cité en marge de Dt 18, 15.
  • Relire aussi la note sur Dt 18, 18, spécialement la fin de cette note (le parallélisme qui est fait entre Jésus et Moïse en Jn 1, 17-18 ! Moïse était le révélateur de l’Ancien Testament ; Jésus nous introduit dans le mystère même de Dieu (cf. notes TOB sur Jn 1, 16-18).
  • Voir encore note TOB sur Ac 3, 22 qui nous renvoie à Ac 7, 25. 37 et é Jn 1, 21. L’ « accomplissement » de la parole de Moïse s’est réalisée en Jésus Ressuscité (Ac 326 et note TOB), dont le Nom (Ac 3, 16 et note TOB) vient de guérir cet homme.

14)  Is 40. 1 – 11 et Lc 1, 1 – 6. 15 – 18 : « Préparez le chemin du Seigneur… »

 

Cette parole du prophète de l’Exil annonçant le salut que Dieu va donner à son peuple est reprise par les quatre Évangélistes pour introduire le récit du ministère de Jésus.

1)     Situer et présenter ce texte du livre d’Isaïe. Comment le prophète parle-t-il ici du salut que Dieu va donner à son peuple ?

2)     Comment Luc  présente-t-il le ministère de Jean-Baptiste ?  Comparez sa présentation avec celle des autres Évangélistes.

3)     Comment ce passage de l’AT « s’accomplit-il » en Jésus ?

Question 1

 

  • Les chapitres d’Is 40 – 55 nous donnent le message d’un prophète anonyme  qui s’adresse au   peuple en exil (entre 550 et 539) et annonce le retour.
  • Sur notre texte, voir les notes BJ sur Is 40, 1 (sur les titres) ; voir aussi la note  de TOB (sur v. 40, 1) qui présente une division possible de ce passage.
  • Le salut est annoncé comme un nouvel Exode (40, 3 et note BJ). Se rappeler la place que tenait la sortie d’Égypte, dans la foi d’Israël : le Seigneur est Celui-qui-a-fait-sortir-d’Egypte.
  • Pour le prophète, ce que Dieu a fait autrefois, il va le refaire maintenant pour son peuple. Dieu va ouvrir une route dans le désert (40, 3-4; Is 43, 16-21) et il conduira son peuple, comme un berger, vers Jérusalem (40, 9-11)
  • Sur la compréhension de ce texte dans la tradition (dans AT, à Qumrân, dans NT), lire la note TOB sur 40, 3.

Question 2

  • Sur l’importance que Lc donne aux v. 1-2 : cf. les notes TOB et BJ sur v. 1.
  • Sur le v. 3 : lire les notes de TOB qui éclairent plusieurs termes utilisés pas Luc (Jourdain ; conversion ; pardon des péchés).
  • Pour la citation d’Isaïe, voir la note TOB en Mt 3, 3 ; noter comment la tradition chrétienne (dans les Évangiles) adapte le v. 4 d’Isaïe.
  • Mais seul Luc prolonge la citation du prophète (cf. note TOB et BJ sur v. 6).

Question 3

  • Pour la continuité : il faut préparer dans le désert une route pour le Seigneur. Pour Isaïe, c’est une voix (la Parole du Seigneur) qui va ouvrir cette voie de salut dans le désert (Is 40, 6-8).
  • Dans la LXX, reprise par les Évangélistes, la voix crie dans le désert, (surtout en Mc et Mt), ce qui s’applique à Jean-Baptiste (cf. aussi l’interprétation de Qumrân), qui appelle le peuple à accueillir la venue du Seigneur.
  • Isaïe parlait du chemin du Seigneur / de notre Dieu : pour les Évangélistes, le Seigneur qui vient, c’est Jésus, situé dans notre histoire (cf. Lc 3, 1-2 en notes BJ et TOB). Jean-Baptiste proclame un baptême de conversion et prépare la voie pour Jésus (Lc 3, 16-17). A noter également la dimension universelle de ce salut (Lc 3, 6 et note TOB).

UN PARCOURS A TRAVERS LA BIBLE

dans la dynamique du Synode sur La Parole de Dieu (oct.2008)

Dans les Propositions transmises au Pape à la fin du Synode (octobre 2008) sur La Parole de Dieu dans la vie et la mission de l’Eglise, les Pères du Synodes souhaitaient que la Parole de Dieu retrouve dans l’Eglise la place qui lui revient. Comme ils le disaient, dans ces années qui ont suivi la promulgation de la Constitution sur la Parole de Dieu du Concile Vatican II (1965),

« a grandi de manière incontestable la conscience ecclésiale que Jésus-Christ, Parole de Dieu incarnée […] donne à la révélation son dernier achèvement et la confirme par le témoignage divin : Jésus-Christ, c’est Dieu avec nous, pour que nous soyons délivrés du péché et de la mort, et que nous soyons ressuscités pour la vie éternelle» (cf. DV. no. 4). Aussi forment-ils le vœu « que tous les fidèles grandissent dans la conscience du mystère du Christ, unique sauveur et médiateur entre Dieu et les hommes, et que l’Eglise, renouvelée par l’écoute religieuse de la Parole de Dieu puisse entreprendre une nouvelle saison missionnaire, annonçant la Bonne Nouvelle à tous les hommes. » (Proposition 2)

 C’est pourquoi, « ce Synode propose avec force à tous les fidèles la rencontre avec Jésus, Parole de Dieu faite chair comme un événement de grâce qui se reproduit dans la lecture et dans l’écoute des Ecritures Saintes » et il cite s. Cyprien : « Quand tu pries, tu parles avec Dieu, quand tu lis, Dieu te parle. » (Proposition 9)

Ces paroles, bien des chrétiens pourraient les comprendre comme une invitation à lire le Nouveau Testament ou même simplement les Evangiles. Mais la Parole que Dieu a donnée à l’Eglise, c’est toute la Bible, l’Ancien et le Nouveau Testament. Sans une certaine familiarité avec l’Ancien Testament, le Nouveau – et même les Evangiles – nous restent en partie fermés.

 En effet « Jésus a prié les Psaumes et il a lu la Loi et les prophètes ; il les cite dans sa prédication et se présente comme l’accomplissement des Ecritures. Le Nouveau Testament a sans cesse puisé dans l’Ancien Testament les paroles et les expressions qui lui permettent de raconter et d’expliquer la vie, la mort et la résurrection de Jésus. […] En conséquence, la foi apostolique est proclamée « selon les Ecritures » et présente Jésus comme le « oui » de Dieu à toutes les promesses. Pour ces raisons, la connaissance de l’Ancien Testament est indispensable à qui croit dans l’Evangile de Jésus Christ, parce que selon saint Augustin, le Nouveau Testament est caché dans l’Ancien et l’Ancien est présent dans le Nouveau. » (Proposition 10)

Lire la Bible seul est sans doute profitable. Mais la lire en groupe, en « église » assure certainement une meilleure compréhension, une lecture plus riche. Et c’est aussi une garantie de persévérance dans cette redécouverte de la Parole de Dieu.

« Le synode recommande la création de petites communautés ecclésiales d’écoute et d’étude de la Parole de Dieu. Dans de nombreux pays, il y a déjà des petites communautés composées de familles, enracinées dans les paroisses ou liées aux divers mouvements ecclésiaux et nouvelles communautés. Celles-ci se réunissent régulièrement autour de la Parole de Dieu pour la partager, et ils en reçoivent de la force. Certaines n’ont que rarement la possibilité de célébrer l’Eucharistie ; ils font l’expérience de la communauté et rencontrent la Parole de Dieu personnellement. A travers la lecture de la Bible, ils font l’expérience d’être aimés personnellement par Dieu. » (Proposition 21)

* * *
Voici un parcours en huit étapes qui pourrait servir pour une première approche de la Bible. Partant d’Abraham et contemplant quelques grandes figures qui marquent l’Ancien Testament, il nous conduit jusqu’à Jésus et à son mystère pascal.

1. – Gn 12, 1-9 : Abraham, l’homme qui écoute et accueille la Parole

A l’origine du peuple de Dieu, la Bible nous présente Abraham, un homme que Dieu appelle et qui répond; cet homme qui engage toute sa vie sur la parole de Dieu et qui se met en route vers l’inconnu. “Père des croyants”, Abraham est pour nous le modèle de l’homme qui écoute la Parole et la fait passer dans sa vie.

 Le travail pourrait commencer par un échange sur Abraham : qui est cet homme ? que savons-nous de lui ? Et sur sa foi : qu’est-ce que croire ? quelle différence faites-vous entre savoir et croire ? etc.

1) Dans Gn 12, 1-5 qu’est-ce que le Seigneur demande à Abraham ? Pourquoi ?
Quelle est la réponse d’Abraham ?
2) Qu’est-ce qui est nouveau dans les versets 8-9 ?
3) Qu’est-ce que ce texte m’apprend sur Dieu ? Et sur l’attitude de l’homme face à la Parole de Dieu ?

Question 1

• Dieu demande à Abraham de partir, de se mettre en route vers un pays inconnu (le pays que je te montrerai) .
• Abraham doit se séparer de son clan, de ses sécurités humaines.
• Le pourquoi de l’ordre de Dieu est donné dans les v. 2-3 : Dieu a un projet pour Abraham et, à travers lui, pour tous les clans de la terre.
• Abraham ne discute pas; il ne pose aucune question; il ne répond pas par des paroles : il obéit à l’ordre de Dieu : comparer les v. 1 et v. 4.

Question 2

• Dans les v. 1-5 Dieu parlait à Abraham; maintenant il se fait voir (v. 7).
• Au v. 1 Dieu lui demandait de partir pour un pays inconnu; ici il désigne le pays (v.7) et le promet à sa postérité.
• Noter la réponse d’Abraham à la promesse de la terre : il bâtit un autel (v. 7-8) et ainsi il consacre au Seigneur une partie de la terre qu’il vient de recevoir en promesse.

Question 3

• Dieu parle; il apparaît, c.-à-d. il entre en relation avec le patriarche; il se révèle à lui.
• Dieu promet (v. 2-3. 7) : remarquer l’emploi du futur dans ces verbes.
• En Abraham, nous trouvons l’attitude de l’homme qui accueille la Parole, qui obéit à cette Parole; qui accepte de se laisser déranger et mettre en marche.

Vers le Nouveau Testament

Lire Lc 1, 26-38 : comment la vocation de Marie et sa réponse complètent-elles ce que le “oui” d’Abraham avait permis de commencer ?

2. – Ex 3, 1-15 : Moïse, l’intercesseur et l’ami de Dieu

Abraham, notre père”, “Moïse, notre maître” disent les Juifs. Comme Abraham, Moïse est un personnage-clé de l’Ancien Testament. Son nom est lié à la sortie d’Egypte, élément fondateur d’Israël et de sa foi au Dieu qui se révèle dans l’histoire des hommes. La scène du Buisson est un des grands textes de la Bible.

1) Comment Dieu nous est-il présenté dans ces versets ? Relevez quelques traits qui vous paraissent significatifs ?
2) Qu’est-ce que ce passage nous apprend de Moïse : qui est-il ? Que fait-il ?
3) Quelle est la mission que Dieu donne ici à Moïse ? Quelle garantie Dieu lui
promet-il pour cette mission ?

Question 1

• Dieu a l’initiative; il intervient au milieu de l’activité de Moïse. Il voit la réaction de Moïse et la connaît (v. 3) comme il le connaît par son nom (v. 4).
• Le symbole du feu révèle l’aspect mystérieux de Dieu : attirant et insaisissable; de plus, c’est un feu qui brûle sans consumer le buisson (v. 2).
• Ce n’est pas un Dieu “nouveau” qui se révèle à lui : Ex 3, 6. 13. 15. 16.
• C’est un Dieu vivant qui voit, entend, connaît… (Ex 3, 7ss).
• C’est un Dieu qui est présent à la misère des opprimés : il prend fait et cause pour eux : “mon peuple” (v. 7).
• C’est un Dieu qui veut avoir besoin des hommes (v. 10).

Question 2

• Sur Moïse, voir le contexte immédiat : Ex 2 nous le présentait en 2 flashes : un bébé dans sa corbeille (2, 1-10), puis un homme qui voudrait faire justice mais qui échoue (2, 11ss).
• Moïse est berger; devant la manifestation de la sainteté de Dieu (cf. les notes de BJ et TOB sur Ex 3, 6), il est, à la fois, attiré et il a peur.
• Il ôte ses sandales et se voile la face (v. 5-6); cf. Jos 5, 15, cité en marge.
• Comme d’autres appelés de Dieu, Moïse se sent dépassé par la mission que Dieu lui confie et il voudrait se dérober : Ex 3, 13; cf. 4, 10; voir encore Jg 6, 15.

Question 3

• La mission de Moïse est de délivrer le peuple de la servitude pour l’amener au service de Dieu (v. 10. 12), à faire alliance avec Dieu.
• Remarquer que cette mission reprend (en partie) ce que Moïse avait voulu faire en Ex 2, 11-15. Moïse, qui a fait l’expérience de son impuissance à libérer ses frères par sa seule force; désormais, c’est avec le Seigneur et en son nom, qu’il accomplira cette mission.
• La garantie que Dieu lui donne : Je SUIS (SERAI) avec toi (v. 12); comparer ce passage avec Jg 6, 12-16; Jr 1, 8; Lc 1, 28. Dieu s’engage toujours avec celui qu’il appelle.

Vers le Nouveau Testament

Comparer cette vocation de Moïse avec Mt 4, 18-22 : pouvez-vous découvrir certaines constantes de l’action de Dieu ?

3. – Rt 1 à 4 : L’étrangère qui entre dans le peuple de Dieu

Le livre de Ruth est un des “Cinq rouleaux” de la Bible hébraïque et les Juifs le lisent chaque année pour la fête de Pentecôte. Un petit récit, mais rempli de symboles et d’enseignements !

1) Qui est Ruth ? Qu’est-ce que les chapitres 1-2 nous apprennent sur elle ? Relever ce qui vous parait le plus significatif ?
2) Quelle est la signification de sa démarche au chapitre 3 ? Comment comprendre la parole de Booz au verset 10 ?
3) Au chapitre 4, comment Booz agit-il ? Fait-il une bonne affaire, oui ou non ?
Justifier votre position.

Question 1

• Ruth est une Moabite (v. 4), devenue la femme de Mahlôn (cf. 4, 10), un fils de Noémi. Elle est veuve et sans enfant. Lire aussi la note BJ sur Rt 1, 16.
• Avec sa belle-sœur Orpa, elle accompagne Noémi qui revient au pays de Juda, mais contrairement à Orpa, elle ne veut pas se séparer de Noémi (v. 14ss).
• Au chapitre 2, elle demande la permission d’aller glaner (cf. la note sur 2, 2 : c’est le droit des pauvres) et elle va se trouver dans les champs de Booz : (2, 3).
• Elle travaille avec courage (v. 7); elle se dit “étrangère” (v. 10).
• Sur sa rencontre avec Booz, noter les v. 10-11 et les notes BJ.
• Booz lui donne (largement) à manger: v. 14 et 18 ; il donne aussi des ordres pour la protéger.

Question 2

• Sur le conseil de sa belle-mère, Ruth va demander à Booz d’user de son droit de rachat (3, 2; cf. 2, 20 +).
• Sur le sens de la démarche de Ruth (v. 9), cf. la note de BJ et les références indiquées.
• Pour le sens du v. 10, lire la note BJ : Ruth a fait preuve de piété (hèsèd) envers sa belle-mère en revenant avec elle (2, 11); maintenant, elle montre sa piété (hèsèd) envers sa famille d’adoption en demandant à Booz de l’épouser (v. 11)
• Sur le sens du mot hèsèd, voir la note de BJ sur Os 2, 22 +.

Question 3

• Booz s’est engagé envers Ruth à régler l’affaire le jour même (3, 11-13), mais il respecte le droit et la justice, n’étant pas le premier “go’el” (4, 1-4).
• C’est lui qui a pris l’initiative (v. 1), mais il indique clairement son désir (v. 4); puis il lie droit de rachat et lévirat (v. 5 et note BJ).
• Sur les raisons pour lesquelles le premier go’el renonce à son droit (v. 6 et note BJ); Booz peut alors acquérir le champ et épouser Ruth (v.9-10).
• En épousant Ruth et en lui donnant un fils, Booz comble le désir de Noémi (v. 13-17) : il assure la maintien du nom d’Elimélek (cf. Rt 1, 2-3)
• Mais les v. 18-21 insèrent Booz dans la généalogie de David et, par là, dans celle du Messie (cf. v. 18 et note BJ). Cf. aussi Mt 1, 5.

4. – 1 S 16, 1-13 : David choisi au milieu de ses frères

Devant le danger que représentaient pour Israël les Philistins, les Israélites cherchent à renforcer leur cohésion et ils se donnent un roi, comme les peuples qui les entourent. Mais un tel choix n’est-il pas un rejet du Seigneur, qui seul est le souverain d’Israël (cf. Jg 8,23) ?
Après l’expérience malheureuse de Saül, c’est le Seigneur lui-même qui va donner à son peuple « un roi selon son cœur ».

1) Comment ce récit met-il en évidence que c’est le Seigneur qui choisit ?
2) Quels sont les critères du choix de Dieu ? Comparez-les avec les références données en marge de BJ sur le v. 7.

3) Comment comprenez-vous le don de l’Esprit donné à David ?

Question 1

• Noter comment le choix de David est mis en évidence par le rédacteur, qui fait défiler avant lui tous les autres fils de Jessé.
• Relever tous les verbes dont Dieu est le sujet : c’est Dieu qui a rejeté Saül, qui envoie Samuel, qui donne les ordres, qui choisit celui que Samuel doit oindre…
• Remarquer aussi la différence entre le choix de Dieu et celui des hommes : v. 6-7.

Question 2

• Comparer avec les références marginales : 1 S 9, 2 et 10, 23 où, pour le choix de Saül, la grandeur, la force, etc. semblaient être les éléments décisifs. Voir aussi la note TOB sur 1 S 16, 6.
• Les citations de Jr concernent le Seigneur “qui connaît le cœur des hommes” : voir ce que signifie le “cœur” dans la Bible, cf. Table analytique de BJ ou en TOB la note sur 1 S 16, 7.
• Remarquer que Dieu choisit ici le plus jeune : thème du cadet, cf. Gn 4, 5 + ; qu’est-ce que cela veut dire ?

Question 3

• Sur la signification de l’Esprit dans la Bible, cf. la note sur Ez 36, 27 +.
• Suivez la référence donnée à Jg 3, 10 + (en marge); ainsi David est relié au “Juges”, aux sauveurs choisis (auparavant) par Dieu pour libérer son peuple.
• En lisant 1 S 10,5 (cité en marge), comparer le don de l’Esprit qui avait été fait à Saül; David le reçoit immédiatement et de façon durable : “à partir de ce jour-là…”

Vers le Nouveau Testament

Lire Lc 10, 21-24 ou 1 Co 1, 26-30 : le cas de David n’est pas exceptionnel; les choix de Dieu sont toujours déroutants pour la raison humaine.

Prière : Prier le Magnificat (Lc 1 46-55) en remerciant Dieu pour notre vocation chrétienne.

5. – Jr 18, 1-12 : « Comme l’argile dans la main du potier. »

Le contexte de cette Parole de Dieu paraît être la prière de Jérémie en 17, 14-18 : le prophète doit annoncer à ses compatriotes des paroles de malheur. Mais comment Dieu, qui a choisi ce peuple et qui l’a conduit jusque-là, peut-il vouloir sa destruction ? En réponse, le Seigneur invite Jérémie à descendre chez le potier.

1) En quoi l’action du potier révèle-t-elle à Jérémie l’action de Dieu ?
2) Comparer Jr 18, 7-10 avec Jr 1,10 (cité en marge) : quelles constatations pouvez-vous faire ? Quelles remarques ?

3) Comment comprenez-vous le rapprochement avec Ez 18, 21-24 (en marge) ?

Question 1

• Le potier connaît le modèle du vase qu’il veut tirer de la glaise, mais parfois son projet rate à cause de l’argile, pas assez malléable ou contenant des impuretés.
• Le potier ne se décourage pas, il recommence jusqu’à ce que le vase corresponde à au modèle qu’il désire réaliser; il est plus patient que Jérémie (Jr 17,18).
• L’image du potier marque, à la fois, la puissance de Dieu sur son peuple et, en même temps, son amour pour lui.

Question 2

• On retrouve ici les mêmes verbes qu’en Jr 1,10 où ils exprimaient la mission de Jérémie. Comme tous les prophètes, Jérémie a dû annoncer davantage le malheur que le bonheur.
• Noter que cette annonce de bonheur ou de malheur n’est pas indépendante de la réaction des auditeurs (v. 8.10).
• L’annonce d’un malheur n’est pas un oukase; c’est encore une dernière invitation pressante à l’éviter (v. 11); cf. Jr 26,3; 36, 3. Cf. l’exemple de Jon 3, 10 !

Question 3

• Dans les deux cas, l’attitude du Seigneur peut changer selon le comportement de l’homme, selon qu’il écoute ou non la Parole de Dieu : cf. Ez 18,21 +.
• Mais Jérémie parle encore dans l’optique de la responsabilité / rétribution collective, alors qu’Ezéchiel se place sur le plan de la responsabilité personnelle : voir la note importante donnée en BJ sur Ez 14, 12 + (cité en marge d’Ez 18, 1).

Vers le Nouveau Testament

Lire Mc 10, 28-31 ou encore Rm 9,19-24 : réfléchissant sur la situation d’Israël, saint Paul se souvient de la réponse donnée jadis par Dieu à Jérémie.

Prière : que le Seigneur nous aide à garder toujours confiance en lui, même lorsque nous ne comprenons plus. Prions le Ps 130 (129).

6. – Lc 10, 25 – 37 : « Et qui est mon prochain ? »

Apprendre à vivre en disciples de Jésus, tel pourrait être le titre de la section que Luc consacre à “la montée vers Jérusalem” (Lc 9, 51 – 19, 28). Le passage étudié nous rappelle un des préceptes essentiels de la vie du disciple de Jésus.

1) Que contient ce passage de Luc ? Que recherche le docteur de la Loi ? Quelle est la réponse de Jésus ?
2) Étudier les personnages de la parabole ? Que font-ils ?
3) Montrer comment les v. 30-36 illustrent la réponse du v. 27 ?

Question 1

• Le texte comprend deux parties : la question sur le commandement (v. 25-28) et celle sur le prochain (v. 29-37); cette deuxième question est propre à Luc.
• Remarquer les motivations qui le poussent à interroger Jésus : v. 25 et 29. Noter que Jésus ne donne pas la réponse : il invite l’homme à répondre lui-même (v. 26 et 36). Le docteur de la Loi cherche à avoir en héritage la vie éternelle : v. 25 et note TOB. Il répond bien aux questions de Jésus (v. 27-28 et v. 37). Sur sa réponse au v. 27, lire la note de TOB sur ce verset.

Question 2

• Il y a l’homme sur le chemin : on ne sait rien de son identité, ni pourquoi il se trouvait sur ce chemin; c’est simplement un homme dans une situation de détresse (v. 30).
• Le prêtre et le lévite sont des juifs, et même des membres particuliers de ce peuple (cf. note BJ sur Lc 10, 33). Pour les deux, Jésus décrit leur comportement par les mêmes mots : il voit … et il passe à distance (v. 31. 32).
• Le samaritain, au contraire, voit, fut pris de pitié et s’approche. Sur le samaritain, voir les notes de BJ et TOB sur Lc 10, 33.
• Noter aussi comment la parabole enseigne que cette “pitié” du samaritain se traduit dans des actes concrets : il prend soin du blessé (cf. les nombreux verbes du v. 34) ; et il le fait jusqu’au bout (v. 35).

Question 3

• Au v. 27, l’homme reconnaissait que la Loi (qui conduit à la vie) demande d’aimer le prochain comme soi-même, mais il ne donnait pas à ce mot (prochain) la même largeur que Jésus (voir note TOB sur v. 29).
• La parabole explique qui est le prochain : voir les notes TOB sur les v. 29 et 30.
• A noter comment le scribe posait la question et comment Jésus la lui retourne (au v. 36) : quelle différence voyez-vous ? Voir la note TOB sur le v. 37.
• Noter également l’insistance dans ce texte sur le verbe “faire” : v. 25. 28. 37 (bis). Comparer avec ce que Jésus dit en Mt 7, 21-23.

En lien avec la liturgie

Le beau texte de Dt 30, 10-14 nous présente la Loi comme le chemin qui conduit à la vie. C’est un chemin offert et accessible à chacun “pourvu qu’il le mette en pratique”.

7. – Lc 24, 13-35 : Rencontrer aujourd’hui le Ressuscité.

Le merveilleux récit d’Emmaüs est bien davantage qu’une belle anecdote. Ce texte de Luc nous fait découvrir ce qui a permis aux premiers chrétiens de dépasser le scandale de la mort de Jésus. Il nous montre aussi comment nous pouvons aujourd’hui, sur nos chemins, rencontrer le Christ Ressuscité.

1) Quelle est la situation des deux disciples au début du récit ? Et à la fin ?
2) Comment le changement s’est-il produit pour eux ?
3) Qu’est-ce que ce texte nous apprend sur Jésus ? Comment pouvons-nous le
rencontrer aujourd’hui ?

Question 1

• Au début : deux hommes en marche vers Emmaüs, tournant le dos à Jérusalem (et à tout ce qui vient de s’y dérouler); ils parlent de leur expérience (14. 18ss); ils sont sombres (v. 17) et déçus (v. 21).
• À la fin : les deux hommes de retour à Jérusalem, ouverts au message pascal (33-34) et partageant leur propre découverte.
• Les v. 13-24 donnent les événements de Pâques vus par un sympathisant; à partir du v. 25, ce sont les mêmes faits pour le croyant, éclairés désormais par l’Ecriture et la parole de Jésus : voir la note TOB sur le v. 13.

Question 2

• Le changement se fait par la présence de Jésus (v. 15), par ses questions (v. 17 et 19) qui permettent d’abord aux disciples d’exprimer leur déception.
• Par la “leçon” donnée par Jésus (v. 25; cf. v. 32) : “il fallait…” : sur ce point, voir la note TOB sur le v. 27; voir aussi en BJ Lc 18, 31 + (cité en marge).
• Sur l’invitation à entrer (v. 29) et la “fraction du pain “ (v. 30; cf. v. 35) : voir la note TOB sur le v. 30 et celle de BJ sur le v. 35.
• Noter le cœur qui devient brûlant (cf. v. 32) et les yeux qui s’ouvrent (v. 31 à comparer avec le v. 16).

Question 3

• Jésus de Nazareth, prophète puissant en œuvres et en paroles (cf. Mt 16, 14 +) et le renvoi à Dt 18, 15. 18.
• Jésus livré, condamné à mort, crucifié (v. 20); noter qu’ils connaissaient déjà tous les événements de Pâques (v. 22-23) mais sans y adhérer encore.
• Jésus, le Messie souffrant : cf. Lc 9, 22 + et 18, 31 +.
• Jésus qui rompt le pain : v. 30 et Lc 24, 35 +; c’est par l’écoute de la Parole (AT et NT) que les événements de Jésus prennent leur signification. Moïse et les prophètes, d’une part, et la parole de Jésus, d’autre part, s’éclairent réciproquement.
• C’est dans l’Eucharistie, la “fraction du pain” que Jésus se laisse rencontrer.

Aujourd’hui…

La liturgie nous offre régulièrement ce contact avec l’AT et le NT : avons-nous compris que seule une écoute attentive et persévérante de la Parole peut nous ouvrir les yeux sur le mystère de Jésus et nous le faire rencontrer dans l’Eucharistie et dans les événements de notre vie ?

8. – Jn 20, 1 – 18 : “Va dire à mes frères …”

La mission chrétienne consiste avant tout dans l’annonce du message pascal. Comme les Évangiles synoptiques, Jn connaît la venue des femmes au tombeau au matin de Pâques et le message qui leur fut confiée. Mais ici l’Évangéliste concentre son récit sur Marie de Magdala.

1) Comment peut-on diviser ce texte ? Qu’est-ce qui est commun à la tradition
évangélique ? Qu’est-ce qui est propre à Jn ?
2) Étudier plus particulièrement Jn 20, 11- 18. Suivre la démarche de Marie de
Magdala.
3) Dans les v. 17-18, vers qui Marie est-elle envoyée ? Quelle est sa mission ?

Question 1

• Une division possible : Marie au tombeau (v. 1-2); les deux disciples au tombeau (v. 3-10); Marie rencontre le Ressuscité (v. 11-18).
• Les quatre Évangiles parlent de la visite des femmes au tombeau, le premier jour de la semaine et du tombeau ouvert et vide; Lc 24, 24 connaît la démarche des apôtres au tombeau et note leur difficulté à croire à la Résurrection; Mc 16, 9 parle de l’apparition de Jésus à Marie de Magdala; Mt 28, 9 rapporte une apparition aux femmes.
• Jn note qu’il faisait sombre (v. 1) : symbolisme ? Il parle de “l’autre disciple” (v. 2. 3. 4. 8) qu’il identifie avec “celui que Jésus aimait” (v. 2 et note TOB sur Jn 13, 23).
• Jn seul raconte la démarche des deux disciples (v. 3-10) et l’apparition de Jésus à Marie de Magdala (v. 13-18).

Question 2

• Elle va au tombeau pour pleurer (v. 11. 13. 15), cf. l’attitude de Marie, la sœur de Lazare, en Jn 11, 31ss. Elle a une vision d’anges (v. 12 et note TOB).
• Pour sa réponse au v. 13 : cf. v. 2 et v. 15.
• Elle voit Jésus mais ne le reconnaît pas (v. 14-15); cf. en marge de BJ le renvoi à Lc 24, 16 et à la note de BJ. Elle reconnaît Jésus quand il l’appelle par son nom : cf. Jn 10, 3-4; voir aussi Lc 24, 30-31 et 35.
• Mais sa connaissance de Jésus n’est pas encore complète : comparer “Rabbouni” (v. 16 et note TOB sur Mc 10, 51) avec “Seigneur” (v. 18).

Question 3

• (v. 17) : “mes frères … mon Père et votre Père “ ; voir la note TOB qui nous renvoie à Jn 1, 12 et à 1 Jn 3, 1-2. Voir encore les références marginales de TOB sur le v. 17.
• Sur la signification des v. 17-18. cf. la note TOB. L’importance porte sur “monter vers le Père” : c’est la Résurrection en langage johannique (cf. Jn 13, 1-2).
• Marie est invitée à passer de son attachement à Jésus (“ne me retiens pas” : cf. la note TOB) à la connaissance du Seigneur Ressuscité, notre frère.
• Ce passage au Père ouvre le temps de l’absence, dont parle Jésus en Jn 14 dans le discours d’adieux. Mais le retour vers le Père est aussi la véritable révélation de Jésus et de Dieu (cf. Jn 14, 1-3 …. 28ss.
• Marie de Magdala est ainsi présentée comme la première messagère de la foi pascale.

DU SACERDOCE LEVITIQUE A CELUI DE JESUS


Dans toutes les cultures et sociétés, on rencontre depuis les temps immémoriaux, sous des formes diverses, des hommes qui remplissent une fonction de médiateurs entre leurs semblables et les forces qui les dépassent. En effet, parmi les relations constitutives de la personne humaine, il y en a une qui est fondamentale, même si on n’en a pas toujours conscience, c’est la relation à Dieu, la relation à la transcendance.

Par son élection, le peuple de la Bible a sans doute connu sur ce point un parcours un peu particulier. Cependant on retrouve dans la Bible bien des éléments qu’Israël partage avec le reste de l’humanité. Ainsi dans les textes les plus anciens, nous voyons les chefs de famille ou de clan offrir eux-mêmes des sacrifices à leur divinité : c’est ce que font Noé (Gn 8, 20), Abraham (Gn 12, 7), Jacob (Gn 28, 18), puis plus tard, au temps des « juges », Gédéon (Jg 6, 25ss), Manoah (Jg 13, 16) et bien d’autres. Plus tard encore ce seront les rois : David (2 S 6, 13), Salomon (1 R 8, 62) qui offrent des sacrifices avant que le sacerdoce soit confié à des spécialistes du culte.

Mais d’autres textes font mention des Lévites, les « fils de Lévi », un groupe qui semble prendre une place particulière dans le culte. Et de fait, dans les bénédictions que nous lisons en Dt 33, Moïse avant de mourir, précise les droits et responsabilités de cette tribu. Mais l’histoire du sacerdoce biblique n’est pas facile à reconstruire ; en effet les textes qui nous connaissons sont presque tous tardifs : même s’ils nous parlent de Moïse et d’Aaron, ils conservent souvent un état du sacerdoce tel qu’il a existé en Israël après l’Exil.

Notre parcours

Dans ce dossier nous tenterons de poser quelques jalons de cette histoire du sacerdoce ancien, préparant ainsi la révélation du sacerdoce nouveau inauguré par Jésus.

Nous commençons par Dt 33, la bénédiction de Moïse pour la tribu de Lévi (1). Bien des siècles plus tard, la centralisation du culte, à l’époque de Josias (622) va conférer aux prêtres établis à Jérusalem une place privilégiée (2) ; une place qu’Ezéchiel, lui-même prêtre du Temple, soulignera encore davantage dans sa vision du Temple à rebâtir (3).

Et de fait, dans le culte qui se réorganise au retour de l’Exil, le Grand Prêtre apparaît peu à peu comme le chef religieux et politique du peuple ; c’est lors du Yom Kippour que son rôle se manifeste dans toute sa grandeur (4), comme en témoignera encore le Siracide au 2ème siècle (5).

Mais si le Temple et le culte qui s’y déroule prennent de plus en plus de place, un autre courant se manifeste également dans la période postexilique : d’autres voient dans l’alliance que Dieu avait conclue avec le peuple le fondement d’un sacerdoce plus large que celui de Lévi, un sacerdoce qui concerne tous les membres du peuple (6).

Dans le NT, lorsque nous trouvons les mots « prêtre » ou « grand prêtre », il s’agit presque toujours du sacerdoce et des prêtres juifs (une fois en Ac 14,13 de prêtres païens). Les seules exceptions se lisent en 1 P 2, 9 et en Ap 1, 6 ; 5, 10 ; 20, 6) et surtout dans la Lettre aux Hébreux où l’auteur donne à Jésus le titre de Prêtre et de Grand Prêtre.
En exploitant largement les textes de l’AT, la Lettre aux Hébreux montre comment Jésus, inaugure un sacerdoce nouveau qui renouvelle et remplace celui de l’AT. A première vue, rien dans la vie de Jésus ni dans son ministère ne laissait apparaitre une telle dimension. En Israël, on ne devient pas prêtre, on naît prêtre. Or Jésus est issu de la tribu de Juda et non de celle Lévi.

Cependant si Jésus accomplit l’AT, comme la foi chrétienne l’affirme dès l’origine, comment pourrait-il laisser de côté cet aspect si important que représente le sacerdoce dans la Loi de Moïse et dans l’histoire d’Israël ?

Il y avait déjà dans la tradition évangélique quelques paroles de Jésus qui préparaient la réflexion qu’entreprendra l’auteur de la Lettre aux Hébreux : ainsi la parole que Jésus avait prononcée sur la coupe lors de la Cène (7) et les paroles concernant le Temple (8).

Dans la Lettre aux Hébreux, le sacerdoce de Jésus devient le thème central. L’auteur commence par rappeler que le rôle du prêtre est celui d’un médiateur ; c’est pourquoi il souligne le lien qui rapproche Jésus de notre humanité (9) et qui fait de lui un « grand Prêtre agréé par Dieu et miséricordieux » (10). Mais comme il va le montrer, il s’agit d’un sacerdoce bien différent de celui d’Aaron et des Lévites (11), un sacerdoce « selon l’ordre de Melchisédech » qu’annonçait le Ps 110, 4. D’autre part, dans le cas de Jésus, cette médiation s’est faite une fois pour toutes, par une unique oblation, celle de toute sa vie (12), ouvrant par là, à tout homme qui croit en lui le chemin qui conduit jusqu’à Dieu (13).

Poursuivant la réflexion commencée dans le judaïsme à partir du texte d’Ex 19, 6 qui rattachait à l’alliance du Sinaï une dimension sacerdotale pour le peuple juif, la Première Lettre de Pierre voit dans l’alliance nouvelle le fondement du sacerdoce de tous les baptisés (14) appelés à devenir ainsi les témoins du dessein de Dieu pour tous les hommes.

Pour les participants

1) Dt 33, 8 – 11 : « il dit sur Lévi… »
Comme le faisait Jacob avant de mourir (Gn 49 et note BJ), Moïse, lui aussi, à la veille de sa mort, prononce des bénédictions qui annoncent le destin des différentes tribus. Ce qu’il dit ici de Lévi intéresse notre recherche.
1) Situer ce passage dans le Deutéronome.
2) Que contient ce chapitre 33 du Deutéronome ?
3) Etudier les v. 8-11 de ce chapitre : qu’est-ce que cela nous apprend sur la tribu de Lévi ?

2) 2 R 23, 4 – 14 : Le sacerdoce lévitique
Aux origines, les prêtres étaient les hommes d’un sanctuaire où l’on peut venir consulter le Seigneur et offrir des sacrifices. La réforme entreprise par Josias (2 R 22-23) va modifier profondément cette situation et donner au clergé du Temple une place privilégiée.
1) Parcourir 2 R 22-23 et repérer quels sont les événements qui ont marqué le règne de Josias.
2) Travailler plus particulièrement sur 2 R 23, 8-10.
3) Quelles seront, pour les prêtres, les conséquences de la réforme de Josias ?

3) Ez 44, 15 – 31 : Les prêtres, fils de Sadoq
Appartenant lui-même au clergé de Jérusalem, Ezéchiel est un témoin de la tradition sacerdotale. Dans sa Torah (Ez 40 – 48), il nous livre ses visions sur le Temple futur et sur ceux qui y ont le droit d’y remplir les fonctions sacerdotales.

1) Situer Ezéchiel : son temps, son livre.
2) Comment Ezéchiel parle-t-il ici des lévites et des prêtres ?
3) Selon notre texte quelles sont leurs fonctions ?

4) Lv 16, 1 – 34 : Le Jour du Grand Pardon

La fête des Expiations tenait une place particulière dans la liturgie juive du Second Temple. Aujourd’hui, même en l’absence du Temple, cette fête marque la piété juive.

1) Situer ce texte du Lévitique : de quoi parle-t-il ? Proposer une division.
2) Relever tout ce que ce texte nous dit concernant le rite du « bouc pour Azazel » ?
3) Qu’est-ce qui vous paraît le plus significatif dans les autres rites mentionnés lors de la
fête des Expiations ?

5) Si 50, 1 – 21 : Le Grand-Prêtre Simon
Après avoir fait mention des grandes figures qui ont marqué l’histoire de son peuple, Ben Sirach, le sage, nous parle du grand-prêtre Simon. Il nous le présente dans l’exercice de la plus haute de ses fonctions : au Jour du Grand Pardon.
1) Que savez-vous au sujet du Siracide et des événements qui ont marqué son époque ?
2) Situer notre texte dans le livre : quelle est la place de notre texte ?
3) Quelle image du grand-prêtre Simon l’auteur veut-il nous donner dans les v. 5-21 ? Qu’est-ce qui vous paraît le plus significatif ?

6) Is 61, 1- 6 : « Vous serez appelés prêtres du Seigneur. »
Au retour de l’exil, beaucoup de Juifs étaient déçus de ne pas voir se réaliser immédiatement les belles promesses du prophète qui s’exprime en Is 40-55. Mais d’autres voix s’élèvent pour encourager le peuple : le Seigneur est fidèle ; il réalisera tout ce qu’il a promis.

1) Situer notre passage dans le livre d’Isaïe ; diviser ce texte.
2) Travailler plus particulièrement sur les v. 4-9.
3) Pour notre thème, comparer Is 61, 5-6 avec Is 56, 6-8.

7) 1 Co, 11, 23-27 et Mt 26, 26-29 : Le sang de l’alliance
Sans développer encore le thème du sacerdoce du Christ, comme le fera la Lettre aux Hébreux, plusieurs textes du NT préparent une réflexion dans ce sens, C’est ce que nous trouvons par exemple dans les récits de l’institution eucharistique.

1) Comparer les deux textes et relever ce qui est semblable dans les deux.
2) Chercher ce qui est particulier au texte de Mt et expliquer.
3) Faire la même démarche à partir du texte de s. Paul.
4) Quels liens voyez-vous entre ces deux textes et le sacerdoce de Jésus ?

8) Jn 2, 13 – 22 : « Il parlait du sanctuaire de son corps. »
L’épisode de la purification du Temple par Jésus se lit dans les quatre Evangiles, mais Jean veut lui donner une place et une importance particulières dans son récit.

1) Situer ce texte dans l’Evangile de Jn et le comparer avec les Synoptiques.
2) Qu’est-ce qui est ici plus particulier à Jn dans cet épisode des vendeurs chassés du Temple ?
3) Sur quoi insiste l’Evangéliste dans les v. 17-22 ?
4) Pourquoi peut-on rapprocher ce texte de Jn de notre thème ?

9) He 1, 5 – 2, 18 : « Le sanctificateur et les sanctifiés ont la même origine »
Dans le NT, seul l’auteur de la Lettre aux Hébreux donne à Jésus le titre de prêtre et parle du sacerdoce chrétien. Mais pour le faire, il doit reprendre toute la réflexion sur le rôle du sacerdoce dans les rapports des hommes avec Dieu.

1) Que savez-vous sur la Lettre aux Hébreux ? Situer notre passage et en proposer une division.
2) Travailler sur He 1, 5-14 à quels textes AT l’auteur de la Lettre fait-il ici appel ? Que peut-on en déduire ?
3) Relever les citations de He 2, 5-18. Chercher à suivre la pensée de l’auteur.

10) He 3, 1 – 5, 10 : Un grand-prêtre digne de confiance et miséricordieux
En introduisant le thème du sacerdoce du Christ en He 2, 17, l’auteur donnait au grand-prêtre deux qualificatifs : miséricordieux et digne de confiance. C’est ce qu’il va développer dans notre texte.

1) Comment peut-on diviser ce (long) texte ? A quels personnages et à quels épisodes de l’AT l’auteur fait-il ici référence ?
2) He 3, 1-6 compare Jésus avec Moïse : quelle ressemblance l’auteur met-il en lumière ?
3) A quels épisodes du désert l’auteur fait-il référence en He 3, 7 – 4, 14 ? Pourquoi en parle-t-il ici ?
4) Pour comparer le sacerdoce lévitique à celui du Christ (He 4, 14 – 5, 10) sur quoi l’auteur insiste-t-il ?

11) He 7, 1 – 28 : Prêtre selon l’ordre de Melchisédech

A partir de He 5, 11 nous entrons dans la partie centrale du sermon (cf. le v. 11). Cette partie commence par une longue exhortation (5, 11 – 6, 20), puis l’auteur développe le sommet de sa pensée en trois étapes : 7, 1-28 ; 8, 1 – 9, 28 ; 10, 1-18. Il conclut par une exhortation en 10, 19-39. Pour notre thème, nous ne prendrons que les trois étapes mentionnées ci-dessus. Et d’abord la première qui parle d’un sacerdoce nouveau.

1) Qu’est-ce que la Bible nous apprend concernant Melchisédech ?
2) Comparer He 7, 1-14 avec Gn 14, 17-20: qu’est-ce que l’auteur retient du texte de Gn 14 ?
Qu’en tire-t-il ?
3) Que nous apportent en plus les v. 17-28 sur le sacerdoce du Christ ?

12) He 8, 1 – 9, 28 : « le point capital de notre exposé »

Comment le Christ est-il devenu le Grand-prêtre agréé par Dieu en notre faveur ? Comment son offrande dépasse-t-elle et accomplit-elle le culte ancien prévu par la Loi ? C’est ce que l’auteur de la Lettre veut nous exposer.

1) Comment peut-on diviser ce long développement ? Comparer vos Bibles.
2) Etudier He 8, 1 – 9, 10 : quels sont les points les plus importants ?
3) Comment l’auteur souligne-t-il la supériorité du culte chrétien en He 9, 11-28 ?

13) He 10, 1 – 18 : « dans cette volonté nous avons été sanctifiés »
Prêtre selon l’ordre de Melchisédech (cf. He 8, 1-28), le Christ a offert un sacrifice unique d’un genre nouveau (He 8 – 9), et par là il est devenu cause de salut éternel pour tous ceux qui croient en lui.

1) Relever dans notre passage les expressions qui marquent l’opposition.
2) Comment l’auteur de la Lettre prolonge-t-il le message du Ps 40 qu’il cite dans ce passage ?
3) L’auteur reprend dans les v. 15-18 la promesse de Jr 31, 31-34 : sur quoi veut-il
insister ?

14) 1 P 2, 4 – 10 : « … constituer une sainte communauté sacerdotale… »
Ce passage est regardé comme un des sommets doctrinaux de la Première Lettre de Pierre. Sa difficulté provient de la densité du texte et de l’accumulation des images et des références qui nous renvoient à l’AT.

1) Notre texte fait partie d’une première exhortation (1, 3 – 2, 10) : que contient cette
exhortation ? Quelle est la place de notre passage ?
2) Travailler sur 1 P 2, 4-10 : comment ce passage est-il construit ? A quels textes de
3) l’AT fait-il appel ?
4) Qu’est-ce que les versets 5 et 9-10 nous apprennent sur l’Eglise et sa mission ?

Animateur

1) Dt 33, 8 – 11 : « il dit sur Lévi… »

Comme le faisait Jacob avant de mourir (Gn 49 et note BJ), Moïse, lui aussi, à la veille de sa mort, prononce des bénédictions qui annoncent le destin des différentes tribus. Ce qu’il dit ici de Lévi intéresse notre recherche.
1) Situer ce passage dans le Deutéronome.
2) Que contient ce chapitre 33 du Deutéronome ?
3) Etudier les v. 8-11 de ce chapitre : qu’est-ce que cela nous apprend sur la tribu de Lévi ?

Question 1

• Le Deutéronome est composé de trois discours de Moïse (1, 1 – 4,43 ; 4, 44 – 28, 68 ; 28, 69 – 30, 20) prononcés au terme du temps du désert (Dt 1, 1-5), juste avant que le peuple franchisse le Jourdain pour entrer dans la Terre.
• Sur les chapitres 31-34, lire la note BJ sur 31, 1 (titre).
• Le deuxième discours encadre la Loi deutéronomique (Dt 12 – 26.
• Notre texte est placé de manière à donner les toutes dernières paroles de Moïse adressées à Israël avant sa mort.

Question 2

• Lire la note de BJ (ou de TOB) sur Dt 33, 1 (titre) ; nous trouvons ici une liste de 12 bénédictions encadrées dans une hymne (v. 2-5 et 26-29).
• Remarquer l’importance donnée à la tribu de Joseph (Manassé et Ephraïm) dans les versets 13-17.
• Noter aussi la place accordée ici à Lévi : v. 8 et note BJ.

Question 3

• Sur les « Urim et Tummim » du v. 8, voir 1 S 14, 41 et la note de BJ sur ce verset. Cf. aussi Gn 25, 22 : sur les consultations faites dans les sanctuaires.
• L’hymne explique la place accordée aux Lévites par leur zèle pour le Seigneur : lire Ex 32, 25-29 ; Nb 25, 7ss ; cf. aussi le renvoi marginal à Mt 12, 46-50.
• Le v. 10 mentionne les autres prérogatives des Lévites : enseigner les coutumes et la Loi ainsi que le service de l’autel (encens et holocauste).
• Remarquer que le service de l’autel vient en finale (après les oracles et l’enseignement de la loi de Dieu).

2) 2 R 23, 4 – 14 : Le sacerdoce lévitique

Aux origines, les prêtres étaient les hommes d’un sanctuaire où l’on peut venir consulter le Seigneur et offrir des sacrifices. La réforme entreprise par Josias (2 R 22-23) va modifier profondément cette situation et donner au clergé du Temple une place privilégiée.

1) Parcourir 2 R 22-23 et repérer quels sont les événements qui ont marqué le règne de Josias.
2) Travailler plus particulièrement sur 2 R 23, 8-10.
3) Quelles seront, pour les prêtres, les conséquences de la réforme de Josias ?

Question 1

• Il y a la découverte dans le Temple du livre de la Loi : 2 R 22, 8 et note BJ.
• Après la consultation auprès de la prophétesse Houlda (v.11), le roi renouvelle l’alliance avec le Seigneur (2 R 23, 1-3)
• Il décide d’entreprendre une réforme religieuse (2 R 23, 4ss) ; ce qu’il fait dans le Temple de Jérusalem (v. 4-7) et dans les environs (v. 10-14) ; dans les v. 8-9 où il est question de la réforme dans les villes de Juda.
• Dans les v. 15ss, la réforme est étendue aux sanctuaires du Royaume du nord.

Question 2

• Lire aussi la note BJ sur 2 R 23, 8 : il s’agit de la centralisation du culte à Jérusalem. Cf. le renvoi à Dt 12 : voir la note BJ sur Dt 12, 3 (titre).
• Noter ce que dit 2 R 23, 9 pour les prêtres sanctuaires en dehors de Jérusalem : lire aussi la note BJ sur ce verset.

Question 3

• Sur ce que prévoyait la réforme voulue par le Deutéronome, voir Dt 18, 1-8.
• Désormais le culte ne pourra plus être célébré en dehors de Jérusalem, mais les prêtres gardent leurs droits.
• Lire aussi la note sur Dt 18, 1 (titre), qui explique ce qui adviendra pour les prêtres des sanctuaires supprimés par la réforme ; voir spécialement la fin de cette note.
• La distinction entre prêtres et lévites, en deux classes bien séparées, apparaît clairement dans le texte de Nb 3, 1- 4 et 3, 5-9 (tradition sacerdotale).

3) Ez 44, 15 – 31 : Les prêtres, fils de Sadoq

Appartenant lui-même au clergé de Jérusalem, Ezéchiel est un témoin de la tradition sacerdotale. Dans sa Torah (Ez 40 – 48), il nous livre ses visions sur le Temple futur et sur ceux qui y ont le droit d’y remplir les fonctions sacerdotales.

1) Situer Ezéchiel : son temps, son livre.
2) Comment Ezéchiel parle-t-il ici des lévites et des prêtres ?
3) Selon notre texte quelles sont leurs fonctions ?

Question 1

• Sur Ezéchiel, voir l’introduction : il appartient au clergé de Jérusalem emmené en exil lors de la première déportation (2 R 24, 10ss ; Ez 1, 1-2).
• Son ministère se déroule entre les années 593 et 571 (cf. la note BJ sur Ez 2, 3) : il couvre donc le temps de la destruction de Jérusalem et du Temple (597) et de la première partie de la déportation qui suivit.
• Sur Ez 40-48 : voir la note de BJ (ou TOB) sur 40, 1.
• Après la présentation du Temple futur (Ez 40 – 43), il parle de ceux qui y ont accès (Ez 44) ; cf. la note BJ sur Ez 44, 6.

Question 2

• Pour les lévites : Ez 44, 10-14 et la note BJ sur v. 10. Cf. aussi la note TOB.
• Pour Ezéchiel, les lévites remplacent désormais les étrangers qui travaillaient dans le Temple (Ez 44, 7 et notes BJ et TOB).
• Pour les prêtres, lire la note TOB sur Ez 44, 15.
• Ezéchiel parle de leur fidélité au Seigneur (44, 15), qui leur vaut de pouvoir s’approcher de l’autel (v. 15-16) ; il parle ensuite de leurs droits sur les offrandes (v. 29-30).
• Il mentionne leur habillement (v. 17-18 ; sur l’interdiction de la laine, cf. note TOB sur v. 18) ; sur le v. 19, voir notes BJ et TOB.
• Ezéchiel parle aussi des restrictions concernant leur mariage (v. 22) et les rites de deuil (v. 25-27).

Question 3

• Ezéchiel mentionne en premier le droit de s’approcher du Seigneur pour offrir les sacrifices (v. 15-16).
• Au v. 23, il parle de leur enseignement du pur et de l’impur (du sacré et du profane).
• Ils ont également la charge de juges : v. 24.
• Dans les v. 28 et 29-30, il est question de leur patrimoine et des droits qui en découlent.

4) Lv 16, 1 – 34 : Le Jour du Grand Pardon

La fête des Expiations tenait une place particulière dans la liturgie juive du Second Temple. Aujourd’hui, même en l’absence du Temple, cette fête marque la piété juive.

1) Situer ce texte du Lévitique : de quoi parle-t-il ? Proposer une division.
2) Relever tout ce que le texte nous dit concernant le rite du « bouc pour Azazel » ?
3) Qu’est-ce qui vous paraît le plus significatif dans les autres rites mentionnés lors de la fête des Expiations ?

Question 1

• Lire les notes de BJ et TOB sur Lv 16, 1 (titre).
• Notre texte fait partie de Lv 11-16 ; voir la note BJ sur Lv 11, 1 (titre).
• Lv 16 combine deux cérémonies : un rite de purification conforme aux idées du Lv et un rite archaïque du « bouc pour Azazel » dans les v. 8-10 et 20-22. 26.
• Pour la division de ce chapitre : après le rappel de Lv 10, 1, nous avons dans les v. 3-10 comme un résumé de ce qui va suivre. Puis les v. 11-19 décrivent les rites d’expiation ; ensuite les v. 20-22 parlent du « bouc pour Azazel » et les v. 23-25 de l’holocauste.
• Suivent quelques rubriques (v. 26-28) ; enfin les v. 29-34 soulignent l’importance de cette célébration.

Question 2

• Lire à la suite les v. 8-10. 20-22 et 26.
• Le texte nous parle de deux boucs, du choix qui est fait (v. 10) : un sera offert au Seigneur en sacrifice pour le péché, et l’autre « pour Azazel » sera envoyé au désert (v. 22). Lire les notes BJ et TOB sur ce v. 22 : ce n’est pas un sacrifice expiatoire, l’animal n’est pas sacrifié, mais par la confession des péchés faite par le grand-prêtre et le rite de l’imposition des (deux) mains (v. 21), il emporte les péchés dans une terre aride (v. 22).

Question 3

• Il y a deux sacrifices expiatoires, pour les péchés du grand-prêtre (v. 11), puis pour ceux du peuple (v. 15).
• Le sang des sacrifices est porté dans le Saint des Saints, au-delà du rideau (v. 14-15) et le grand-prêtre fait une aspersion sur le propitiatoire.
• Noter les précautions à prendre (v. 12-13 et les notes BJ et TOB) ; cf. aussi Ex 33, 20, cité en marge dans BJ.
• Le grand-prêtre fait ensuite un même rite de sang sur le sanctuaire et la tente de la Rencontre (v. 16), puis sur l’autel (v. 18).
• Pour ces sacrifices, comparer avec Lv 4, 3-12 et 13-21. Mais seulement le Jour des Expiations, le grand-prêtre fait ce rite dans le Saint des Saints, ce qui donne au sacrifice de Lv 16 pour le pardon des péchés un caractère tout à fait particulier.
• Enfin dans Lv 16, 24-25, le grand-prêtre offre un holocauste (cf. Lv 1, 1 et note BJ).

5) Si 50, 1 – 21 : Le Grand-Prêtre Simon

Après avoir fait mention des grandes figures qui ont marqué l’histoire de son peuple, Ben Sirach, le sage, nous parle du grand-prêtre Simon. Il nous le présente dans l’exercice de la plus haute de ses fonctions : au Jour du Grand Pardon.
1) Que savez-vous du Siracide et des événements qui ont marqué son époque ?
2) Situer notre texte dans le livre : quelle est la place de notre texte ?
3) Quelle image du grand-prêtre Simon l’auteur nous donne-t-il dans les v. 5-21 ? Qu’est-ce qui vous paraît le plus significatif ?

Question 1
• Le Siracide fait partie des livres sapientiaux ; écrit en hébreu, vers 190, il nous est conservé en grec dans la traduction (en 132) du petit-fils de l’auteur. Ce livre fait partie des deutéro-canoniques. Cf. le Prologue du traducteur et l’introduction à Si.
• Sur la situation de la Palestine à cette époque (cf. introduction au Si) : quand l’auteur écrit, les Juifs sont alors dans l’empire grec ; ils viennent de passer sous le contrôle des Séleucides (en 200) et Antiochus III a encore une politique libérale. Mais la situation change avec Antiochus IV (175-163) et elle suscitera la révolte des Maccabées (167-164).

Question 2

• Le livre comprend deux parties : des sentences (comme les autres livres de sagesse) dans Si 1 – 42, 14 ; la deuxième partie (42, 15 – 50, 30) est consacrée à la gloire de Dieu, dans la nature (442, 15 – 43, 33) puis dans l’histoire (44, 1 – 50, 21). Le livre se conclut par quelques réflexions et une hymne (50, 22 – 51, 30)
• La présentation du grand-prêtre Simon est le sommet du rappel de l’histoire.
• L’auteur nous présente le grand-prêtre : il rappelle ce qu’il a fait pour son peuple (v. 1-2 et les notes sur ces versets), puis il le décrit dans ses fonctions au Jour du Grand Pardon (v. 5ss).

Question 3

• Le v. 5 nous le montre au moment où il sort « de derrière le voile » (v. 5 et note BJ) ; lire aussi Lv 16, 13.
• Sur le v. 11, cf. Lv 16, 23-24 ; pour les vêtements que le grand-prêtre porte dans l’exercice de ses fonctions, cf. Ex 28 (lire la note BJ sur Ex 28, 6).
• Les v. 13-15 nous le montrent entouré du clergé et accomplissant les rites prévus en Lv 16, 24b-25) cf. aussi la note sur Si 50, 15.
• Noter la participation de musiciens (v. 16 ; cf. Nb 10, 2-10), des chantres (v. 8) et de tout le peuple (v. 17.19.21).
• La cérémonie se termine par la bénédiction solennelle (cf. Nb 6, 23-27) avec la prononciation sur le peuple du Nom du Seigneur (v. 20 et note BJ).

6) Is 61, 1- 6 : « Vous serez appelés prêtres du Seigneur. »

Au retour de l’exil, beaucoup de Juifs étaient déçus de ne pas voir se réaliser immédiatement les belles promesses du prophète qui s’exprime en Is 40-55. Mais d’autres voix s’élèvent pour encourager le peuple : le Seigneur est fidèle ; il réalisera tout ce qu’il a promis.

1) Situer notre passage dans le livre d’Isaïe ; diviser ce texte.
2) Travailler plus particulièrement sur les v. 4-9.
3) Pour notre thème, comparer Is 61, 5-6 avec Is 56, 6-8.

Question 1

• La note de BJ sur 61, 1 (titre) nous renvoie Is 60 et Is 62 : lire les notes de BJ sur le titre de ces deux chapitres.
• Is 56 – 66 forme la troisième grande partie du livre d’Isaïe ; à la suite du prophète de l’Exil, le Deutéro-Isaïe (Is 40-55), d’autres voix (des disciples ?) prennent le relais.
• Cette troisième partie contient des textes assez différents, mais on reconnaît une certaine unité à Is 60-62.
• Sur les différentes parties de notre texte, voir les notes BJ ou TOB sur Is 61 (titre).

Question 2

• Après l’annonce de la bonne nouvelle aux « pauvres », aux « affligés de Sion », le prophète décrit ce que le Seigneur va faire pour eux.
• Dans le v. 4, il s’agit de la restauration attendue de Jérusalem et des villes de Juda : cf. Is 58, 12 (cité en marge dans BJ).
• Dans les v. 5-7, le prophète s’adresse directement à ceux qui sont revenus (vous, vos) et il compare leur situation avec celle des nations (v. 5 et 6b). Comparer avec Is 60, 10 ; cf. aussi Is 65, 20-21.
• Déchargés de leurs tâches matérielles, les Juifs pourront désormais se consacrer entièrement au culte du Seigneur : v. 6.
• En marge du v. 7, la TOB nous donne Jb 42, 10 : quel lien faites-vous avec notre texte ?
• Dans les v. 8-9, c’est le Seigneur qui parle ; relever ce qui vous paraît le plus significatif dans ce qu’il dit.

Question 3

• Dans notre texte, le prophète souligne la place d’Israël parmi les nations.
• La BJ et la TOB nous donnent en marge Ex 19, 6 : lire ce texte.
• En Is 56, 6-8, nous trouvons une vision différente, plus ouverte sur les autres peuples : lire la note TOB sur le v. 6.
• En BJ, lire les notes sur Is 56, 1 (titre) et sur Is 56, 7.

7) 1 Co, 11, 23-27 et Mt 26, 26-29 : Le sang de l’alliance

Sans développer encore le thème du sacerdoce du Christ, comme le fera la Lettre aux Hébreux, plusieurs textes du NT préparent une réflexion dans ce sens, C’est ce que nous trouvons par exemple dans les récits de l’institution eucharistique.

1) Comparer les deux textes et relever ce qui est semblable dans les deux.
2) Chercher ce qui est particulier au texte de Mt et expliquer.
3) Faire la même démarche à partir du texte de s. Paul.
4) Quels liens voyez-vous entre ces deux textes et le sacerdoce de Jésus ?

Question 1

• Les deux textes font référence au dernier repas de Jésus avec ses disciples et à l’institution de l’Eucharistie. Nous disposons de 4 récits provenant de 2 traditions (Mc et Mt ; 1 Co et Lc. Le cadre du repas est simplement évoqué par Paul (1 Co 11, 23) alors qu’il est bien précisé en Mt : Mt 26, 1. 17. 20. 27.
• Les deux textes retiennent les deux gestes de Jésus sur le pain et sur la coupe ainsi que les paroles qui accompagnent ces gestes.
• La parole prononcée sur le pain est presque identique chez Mt et dans 1 Co ; par contre, la parole sur la coupe, faisant référence à l’alliance, comporte des différences.

Question 2

• Le récit de Mt est très symétrique : bénédiction du pain, prenez et mangez, + la parole; bénédiction sur la coupe, buvez + la parole. Noter les termes différents pour la bénédiction : bénir (eulogie) et rendre grâce (eucharistie) ; cf. la note BJ sur v. 27.
• Par la parole sur la coupe, Mt nous renvoie à l’alliance conclue au Sinaï en Ex 24, 8.
• Le récit de Mt fait aussi référence à Is 52-53 : pour beaucoup /pour la multitude et en rémission des péchés (cf. note sur v. 28).

Question 3

• Noter l’ancienneté du texte de Paul : il est écrit en 55/56 ; il rappelle ici ce qu’il a transmis (50-52) et qu’il avait lui-même reçu (v. 23 et note BJ et TOB.
• Chez Paul, la mort de Jésus est présentée comme un don du Père (la nuit où il était livré : cf. Rm 8, 32) ; d’autre part, Paul garde le souvenir de la séparation des deux gestes : après le repas… (v. 25)
• Par la parole sur la coupe, le texte de Paul nous renvoie à Jr 31, 31-34 : Jésus accomplit la promesse faite autrefois par le Seigneur. Sur ce texte de Jérémie, lire la note BJ sur le titre.

Question 4

• Les formules de Mt et de Paul présentent la mort de Jésus, annoncée à la Cène, comme un sacrifice d’alliance ; elles témoignent de la signification que les chrétiens donnaient dès l’origine à ce repas.
• Cette alliance, dont l’Eucharistie est le sacrement, contient le pardon des péchés.
• He 8, 6-13 (cité dans BJ en marge de 1 Co 11, 25) prolongera cette réflexion sur la nouvelle alliance.

8) Jn 2, 13 – 22 : « Il parlait du sanctuaire de son corps. »
L’épisode de la purification du Temple par Jésus se lit dans les quatre Evangiles, mais Jean veut lui donner une place et une importance particulières dans son récit.

1) Situer ce texte dans l’Evangile de Jn et le comparer avec les Synoptiques.
2) Qu’est-ce qui est ici plus particulier à Jn dans cet épisode des vendeurs chassés du
Temple ?
3) Sur quoi insiste l’Evangéliste dans les v. 17-22 ?
4) Pourquoi peut-on rapprocher ce texte de Jn de notre thème ?

Question 1

• Dans les trois Synoptiques, la purification du Temple est située au terme du ministère de Jésus, et elle devient une des causes directes de son arrestation.
• Jn le place au début de son Evangile, juste après le commencement des signes (cf. 2, 11) ; il souligne le lien avec la Pâque des Juifs (v. 13 et 23).
• Le texte de Jn réunit 3 épisodes : l’expulsion des vendeurs (v. 13-16) ; la question sur l’autorité de Jésus (v. 18) que les Synoptiques placent un peu plus loin ; enfin la parole sur le Temple (v. 19) que les Synoptiques rapportent dans le procès.

Question 2

• Jn – comme Lc – ne parle que des vendeurs ; Mc et Mt mentionnent aussi ceux qui achetaient dans le Temple. Mais Jn est seul à faire mention des bœufs et des brebis. (v. 14 et note TOB)
• Chez les Synoptiques Jésus cite Is 56, 7 et Jr 7, 11 ; chez Jn, il parle de la maison de son Père, et les disciples y verront une référence au Ps 69, 10.

Question 3

• La discussion avec les Juifs (v. 18-20) est placée entre deux réflexions des disciples (v. 17 et v. 21-22) ; au v. 17, ils font le lien avec le Ps 69, 10 ; dans les v. 21-22 ils voient dans les paroles de Jésus une annonce de sa résurrection.
• Dans la parole sur le Temple, seul Jn a « Détruisez ce Temple… » opposant ainsi ce que le Juifs feront à Jésus et qu’il fera lui-même. Sur la résurrection attribuée à Jésus, cf. Jn 10, 17-18 et les notes TOB.
• Jn insiste particulièrement sur l’interprétation de la parole de Jésus (v. 20-22) ; pour les Juifs, il s’agit du Temple rebâti et embelli par Hérode (cf. notes BJ/TOB sur v. 20) alors que Jésus parle de son corps et de sa résurrection (cf. notes BJ/TOB sur v. 19).

Question 4

• Par son geste sur le Temple, Jésus annonce la fin du culte ancien pourtant fondé sur la Loi de Moïse.
• Désormais le Corps de Jésus prend la place du Temple ; c’est dans/par le Corps glorifié de Jésus que se fait la rencontre avec Dieu, vers laquelle tendait tout le culte ancien, comme le montrera la Lettre aux Hébreux.

9) He 1, 5 – 2, 18 : « Le sanctificateur et les sanctifiés ont la même origine »

Dans le NT, seul l’auteur de la Lettre aux Hébreux donne à Jésus le titre de prêtre et parle du sacerdoce chrétien. Mais pour le faire, il doit reprendre toute la réflexion sur le rôle du sacerdoce dans les rapports des hommes avec Dieu.

1) Que savez-vous sur la Lettre aux Hébreux ? Situer notre passage et en proposer une division.
2) Travailler sur He 1, 5-14 : à quels textes AT l’auteur de la Lettre fait-il ici appel ? Que peut-on en déduire ?
3) Relever les citations de He 2, 5-18. Chercher à suivre la pensée de l’auteur.

Question 1

• He n’est pas une lettre ; c’est plutôt un exposé, un sermon, des « paroles d’exhortation » (cf. He 13, 22 et note TOB).
• L’auteur nous offre sa réflexion sur le sacerdoce chrétien comparé au sacerdoce lévitique.
• Ce texte a probablement été écrit avant la destruction du Temple de Jérusalem (en 70) qui a marqué la fin du culte juif.
• Pour la division, comparer vos Bibles et les sous-titres de notre texte ; on peut voir deux parties, (reliées par une exhortation à écouter le message : 2, 1-4) : 1, 5-14 : Jésus, Fils de Dieu, supérieur aux anges et 2, 5-18 : Frère des hommes.

Question 2

• Deux premières citations Ps 2, 7 et 2 S 7, 14, cf. notes TOB ; en BJ voir la note sur 2, 7, 14 +.
• Pour la signification du v. 6a : lire note TOB et BJ ; les citations des v. 6b et 7 situent les anges par rapport au Fils.
• Les v. 8-12 appliquent au Fils plusieurs citations tirées du Ps 45, 7-8 (cf. note BJ sur v. 9) et du Ps 102, 26-28 (cf. note TOB).
• Enfin l’auteur cite au v. 13 le Ps 110, 1, un Ps qu’il reprendra plusieurs fois dans la suite : cf. la note TOB sur v. 13. Lire aussi les notes BJ et TOB sur v. 14.

Question 3

• D’abord la citation du Ps 8, 5-6.7b qui exalte la vocation de l’homme dans la création.
• Ensuite dans les v. 12-13 les citations de Ps 22, 23 ; de 2 S 22, 3 (LXX) et de Is 8, 18 : lire les notes TOB sur les v. 12-13.
• Commentant le Ps 8, l’auteur montre la vocation de l’homme réalisé dans le Christ (v. 8b-9).
• Au v. 10, nous trouvons « rendre parfait » ou « mener à l’accomplissement » : lire la note TOB sur ce mot qui reviendra plusieurs fois dans la Lettre.
• Les v. 10-11 soulignent la solidarité du Christ avec les hommes (cf. notes BJ et TOB sur v. 11).
• Les v. 14-18 relient les conclusions de ce qui précède (v. 14-16) avec l’annonce de ce qui va suivre (v. 17-18).

10) He 3, 1 – 5, 10 : Un grand-prêtre digne de confiance et miséricordieux

En introduisant le thème du sacerdoce du Christ en He 2, 17, l’auteur donnait au grand-prêtre deux qualificatifs : miséricordieux et digne de confiance. C’est ce qu’il va développer dans notre texte.

1) Comment peut-on diviser ce (long) texte ? A quels personnages et à quels épisodes de l’AT l’auteur fait-il ici référence ?
2) He 3, 1-6 compare Jésus avec Moïse : quelle ressemblance l’auteur met-il en lumière ?
3) A quels épisodes du désert l’auteur fait-il référence en He 3, 7 – 4, 14 ? Pourquoi en parle-t-il ici ?
4) Pour comparer le sacerdoce lévitique à celui du Christ (He 4, 14 – 5, 10) sur quoi l’auteur insiste-t-il ?

Question 1

• Comparer les divisions données dans vos Bibles : BJ donne 3, 1-6 ; 3, 7 – 4,13 ; 4, 14 – 5, 10 ; La TOB divise encore 4, 14-16 et 5, 1-10. Comparer aussi les sous-titres.
• Dans 3, 1-6 on trouve un parallèle entre Moïse et Jésus ; dans 5, 1-10 il y a un autre parallèle entre Jésus et Aaron. L’auteur explique ainsi ce qu’il disait en He 2, 17 : Jésus accrédité auprès de Dieu (cf. 3, 1-6) et miséricordieux (5, 1) ; cf. la note BJ sur 3, 1. Entre ces deux parties, l’auteur fait un long développement sur l’expérience du désert à la lumière du Ps 95.

Question 2

• Sur la traduction de TOB « accrédité » au lieu de « fidèle » (BJ), lire la note TOB sur 3, 2. Jésus est dit « digne de foi » comme autrefois Moïse (cf. Nb 12, 7).
• Mais Moïse était accrédité par Dieu dans toute sa maison comme serviteur (v. 2 et 5) alors que le Christ l’est comme Fils sur sa maison (v. 5).

Question 3

• Lire la note BJ sur 4, 1. Dans le texte hébreu, les mots Mériba et Massa nous renvoyaient à Ex 17, 7. Mais la LXX (que notre auteur utilise) traduisait « querelle » et « tentation », ce qui permet à He de les appliquer à toute l’expérience du désert et tout particulièrement à ce qui est rapporté en Nb : le refus du peuple d’entrer dans la Terre (14, 1-4) et la punition qui s’ensuivit pour toute cette génération condamnée à mourir au désert (14, 20-23). D’où l’interpellation de He 3, 12-15 (cf. note TOB sur v. 13) développée en He 4, 1-11 ; voir les notes TOB sur 4, 2 ; 4, 4 ; 4, 8.
• Sur He 4, 12-13, lire les notes de BJ et TOB.

Question 4

• Pour la signification de He 4, 14-16, lire les notes TOB sur les v. 14 et 15.
• Sur le rôle du sacerdoce, voir la note TOB sur He 5, 1 ; cf. aussi en BJ : notes sur 5,1 et 7.
• L’auteur reprend ici les Ps 2 et 110 : deux psaumes messianiques (voir la note BJ sur le titre du Ps 2). Ici l’auteur insiste particulièrement sur Ps 110, 4 (cf. les notes de TOB sur He 5, 6 et 5, 10) préparant ainsi la suite de son exposé.

11) He 7, 1 – 28 : Prêtre selon l’ordre de Melchisédech

A partir de He 5, 11 nous entrons dans la partie centrale du sermon (cf. le v. 11). Cette partie commence par une longue exhortation (5, 11 – 6, 20), puis l’auteur développe le sommet de sa pensée en trois étapes : 7, 1-28 ; 8, 1 – 9, 28 ; 10, 1-18. Il conclut par une exhortation en 10, 19-39. Pour notre thème, nous ne prendrons que les trois étapes mentionnées ci-dessus. Et d’abord la première qui parle d’un sacerdoce nouveau.

1) Qu’est-ce que la Bible nous apprend concernant Melchisédech ?
2) Comparer He 7, 1-14 avec Gn 14, 17-20 : qu’est-ce que l’auteur retient-il du texte de Gn 14 ? Qu’en tire-t-il ?
3) Que nous apportent en plus les v. 17-28 sur le sacerdoce du Christ ?

Question 1

• Ce personnage n’apparaît que dans deux passages de l’AT : Gn 14, 17-20 et Ps 110, 4.
• Voir les notes BJ et TOB sur Gn 14 (titre); en TOB voir encore note sur v.1.
• L’épisode de Melchisédech est inséré dans le récit de la campagne menée par Abraham pour délivrer Lot.
• Sur Melchisédech, lire les notes BJ et TOB sur Gn 14, 18 ; noter ce qui est dit sur l’interprétation dans la tradition juive, puis chrétienne de cet épisode.
• Le Ps 110 fait partie des « psaumes royaux », des psaumes qui veulent glorifier le roi à l’occasion de différents événements (cf. TOB, Introduction aux Psaumes).
• Comme le dit la note TOB sur Ps 110, 1, ce verset et le psaume ont été appliqués au Messie, puis à Jésus comme Roi et Prêtre. Cf. aussi la note BJ sur Ps 110 (titre).
• L’auteur de He a déjà cité le v. 1 de ce psaume en He 1, 13 et le v. 4 en He 5, 6. 10. 20.

Question 2

• Relever ce qui est dit sur le personnage : ainsi sur le nom (roi de justice et roi de paix) ; remarquer aussi comment le v. 3 ‘construit’ à partir du silence du texte de Gn 14.
• Abraham lui a donné la dîme de tout (v. 2 et 4) et il a reçu sa bénédiction (v. 1 et 6-7).
• L’attitude d’Abraham à l’égard de Melchisédech concerne aussi Lévi (v. 9-10) et ses fils (v. 5).
• Les v. 11-12 tirent la conclusion : le sacerdoce lévitique n’a pas conduit à l’accomplissement (cf. la note TOB sur le v. 11 ; également celle de BJ sur v. 11 – titre) ; il faut donc un autre prêtre dans la ligne de Melchisédech.

Question 3

• Il est prêtre pour l’éternité (v. 17), comme le disait le Ps 110, 4 ; ceci est encore développé dans les v. 23-25.
• C’est le sacerdoce pour lequel le Seigneur s’est engagé par serment (v. 20. 21. 28) ; cf. les notes TOB sur les v. 23 et 25.
• C’est surtout un sacerdoce bien différent du sacerdoce lévitique (v. 26-27) : le Christ a offert une offrande unique et personnelle. Ce point sera repris dans la suite.

12) He 8, 1 – 9, 28 : « le point capital de notre exposé »

Comment le Christ est-il devenu le Grand-prêtre agréé par Dieu en notre faveur ? Comment son offrande dépasse-t-elle et accomplit-elle le culte ancien prévu par la Loi ? C’est ce que l’auteur de la Lettre veut nous exposer.

1) Comment peut-on diviser ce long développement ? Comparer vos Bibles.
2) Etudier He 8, 1 – 9, 10 : quels sont les points les plus importants ?
3) Comment l’auteur souligne-t-il la supériorité du culte chrétien en He 9, 11-28 ?

Question 1

• Après l’introduction (v. 1-2) qui souligne l’importance de ces deux chapitres (le point capital), l’auteur va nous parler du culte juif (He 8, 3 – 9, 10), puis de la nouveauté apportée par le Christ (9, 11-28).
• Pour cette division, cf. la note sur v. 4 ; voir aussi l’articulation entre He 9, 10 (…ce ne sont que rites humains jusqu’au temps du relèvement) et 9, 11 (Mais le Christ est survenu…).
• La première partie comprend plusieurs développements : l’annonce d’une alliance nouvelle (8, 6-13) ; ce qui concerne la Tente (description et rites) dans He 9, 1-10.
• Dans la deuxième partie, l’auteur nous parle du Christ grand-prêtre des biens à venir (9, 11-28 ; cf. les notes BJ et TOB sur 9, 11).

Question 2

• Dans He 8, 3-5 il est question de la Tente, – le sanctuaire du désert selon Ex 26 ; 36, 8-19 – et non le Temple construit par Salomon. Le texte biblique soulignait qu’elle avait été réalisée selon le modèle montré à Moïse par le Seigneur (Ex 25, 9. 40) ; notre auteur insiste sur le fait qu’elle n’était qu’une copie (v. 5).
• Puis à partir de Jr 31, 31-34 où Dieu annonçait une alliance nouvelle, l’auteur tire la conclusion (v. 13) : ce culte est appelé à disparaître.
• En He 9, 1-10, il décrit la Tente (cf. notes TOB et BJ sur 9, 2-3) et le culte qui s’y déroulait au jour du Grand Pardon (v.7) décrit en Lv 16, 2-29. Dans les v. 8-10, il tire une conclusion négative de ce culte ancien : lire les notes BJ et TOB sur ces versets.

Question 3

• Noter les formules : une tente plus grande et plus parfaite (v. 11 et 24), par son propre sang (v. 12 et cf. v. 26), il est entré une fois pour toutes (v. 12 et 25).
• Sur la signification de la tente parfaite, pas faite de main d’homme, lire la note TOB sur v. 11. Désormais c’est le Corps ressuscité du Christ qui est le Temple : Jn 2, 19-21.
• Pour comprendre les v. 15-17, lire les notes BJ et TOB sur v. 15 qui explique la double traduction possible du mot grec diathèkè.
• Au v. 20 l’auteur rappelle l’alliance du Sinaï : le projet de Dieu n’est pas abandonné mais accompli par Dieu dans le Christ qui est entré maintenant pour nous devant la face de Dieu (v. 24).
• Ainsi se réalise la promesse faite en Jr 31 grâce au sacrifice, à l’obéissance du Christ, par le pardon des péchés (v. 26 et 28).

13) He 10, 1 – 18 : « dans cette volonté nous avons été sanctifiés »
Prêtre selon l’ordre de Melchisédech (cf. He 8, 1-28), le Christ a offert un sacrifice unique d’un genre nouveau (He 8 – 9), et par là il est devenu cause de salut éternel pour tous ceux qui croient en lui.

1) Relever dans notre passage les expressions qui marquent l’opposition.
2) Comment l’auteur de la Lettre prolonge-t-il le message du Ps 40 qu’il cite ici ?
3) L’auteur reprend dans les v. 15-18 la promesse de Jr 31, 31-34 : sur quoi veut-il insister ?

Question 1

• L’auteur oppose l’impuissance de la loi, le régime sacerdotal de l’AT, (cf. v. 9b) à l’accomplissement réalisé par le Christ (v. 14 ; cf. marge BJ : He 11, 40 et la note).
• Lire les notes TOB et BJ sur le v. 4.
• L’auteur mentionne les sacrifices (v. 1 et 11), les offrandes (v. 8), toujours les mêmes (v. 1 et 11), chaque année (v. 1), chaque jour, fréquemment (v. 11) du culte juif en contraste avec l’offrande du corps du Christ, une fois pour toutes (v. 10), sacrifice unique, offrande unique (v. 12 et 14).
• Noter encore l’opposition entre le sang des béliers et des taureaux et l’obéissance du Christ (v. 7. 9. 10).
• Noter encore : « un prêtre debout chaque jour… » (v. 11) et « lui assis pour toujours à la droite de Dieu » (v. 12).

Question 2

• Lire le passage du Ps 40 dans votre Bible ; lire aussi la note BJ sur Ps 40, 7.
• Le psalmiste présentait l’obéissance à la parole de Dieu (cf. Is 50, 5 et note BJ) comme supérieure aux sacrifices du culte (cf. la note BJ sur le v. 9 du Ps) ; la traduction grecque des LXX (tu m’as formé un corps) permet à notre auteur de voir dans ce passage une annonce de l’Incarnation (cf. la note TOB sur He 10, 5).
• Sur la volonté du Christ obéissant, voir les références données en marge dans BJ : Jn 6, 38 ; 10, 16s ; Mt 26, 39 et 42p.

Question 3

• Dans le culte juif, une consécration spéciale permettait au grand-prêtre d’entrer dans le Saint des Saints, mais cette consécration ne concernait que lui seul (cf. Lv 16, 17) et uniquement pour le jour du Pardon (Lv 16).
• Au contraire, le Christ est assis pour toujours à la droite de Dieu (v. 12) et il a mené pour toujours à l’accomplissement : il a rendu parfaits pour toujours ceux qu’il a sanctifiés (v. 14).
• Ainsi est pleinement réalisée la promesse que Dieu faisait par Jérémie (cf. Jr 31, 31).
• Dans l’offrande unique du Christ, le pardon de Dieu est donné (v. 17-18) ; cf. les notes TOB sur He 8, 10 et 12.
• Voir encore la note TOB sur He 10, 18.

14) 1 P 2, 4 – 10 : « … constituer une sainte communauté sacerdotale… »
Ce passage est regardé comme un des sommets doctrinaux de la Première Lettre de Pierre. Sa difficulté provient de la densité du texte et de l’accumulation des images et des références qui nous renvoient à l’AT.

1) Notre texte fait partie d’une première exhortation (1, 3 – 2, 10) : que contient cette exhortation ? Quelle est la place de notre passage ?
2) Travailler sur 1 P 2, 4-10 : comment ce passage est-il construit ? A quels textes de l’AT fait-il appel ?
3) Qu’est-ce que les versets 5 et 9-10 nous apprennent sur l’Eglise et sa mission ?

Question 1

• Sur les destinataires de cette Lettre, lire 1 P 1, 1-2 et les notes BJ et TOB.
• BJ et TOB divisent cette première exhortation en trois parties : 1, 13 – 21 ; 1, 22 – 2, 3 ; 2, 4 – 10. Comparer les titres donnés à ces sections dans vos Bibles ; échanger et, éventuellement, proposer d’autres titres pour ces sections.

Question 2

• Comparer les v. 4-5 avec les v. 6-9 et relever les mots qui reviennent dans les deux passages. En 2, 6. 9 l’auteur nous donne des citations scripturaires qui justifient ce qu’il disait dans les v. 4-5.
• Lire la note BJ sur le début du v. 4 ; voir tout particulièrement ce qui est dit sur les v. 4-5, dans la première partie de cette note. Ces v. 4-5 expriment d’une manière concentrée la pensée de l’auteur sur le Christ (v. 4) et sur l’Eglise et sa mission (v. 5).
• Le Christ est la Pierre Vivante, rejetée par les hommes et glorifiée par sa Résurrection ; ceux qui s’approchent de lui deviennent des pierres vivantes pour former avec lui le Temple nouveau (cf. Jn 2, 21 +).
• Les v. 6-8 donnent la preuve scripturaire du rôle du Christ : il est la pierre angulaire (cf. Is 28, 16 et note BJ) pour celui qui croit en lui, mais il devient pour les incrédules une pierre d’achoppement (Ps 118, 22 ; Is 8, 14s ; cf. v. 8 et les notes BJ et TOB.
• Dans les v. 9-10, trois textes de l’AT (Ex 19, 6 ; Is 43, 20-21 ; Os 1, 6-9) éclairent l’Eglise et sa mission.

Question 3

• Relever tout ce qui concerne la construction ; lire la fin de la note BJ (sur le début du v. 4) où sont cités d’autres textes du NT sur la même image (1Co 3, 16-17 ; 2 Co 6, 16 ; Ep 2, 20-22). Cf. aussi Jn 2, 21 et la note BJ.
• Noter l’expression sacerdoce saint (v. 5 et 9) ; voir les notes BJ et surtout celles de TOB sur le v.5 : les croyants forment ensemble une communauté sacerdotale pour devenir, comme autrefois Israël (Ex 19, 6 et Is 43, 21), les témoins de Dieu dans le monde et pour le monde (v. 9). Cf. Philon : « Ce que le prêtre est par rapport à la cité, la nation juive l’est par rapport à la terre entière. Elle exerce à vrai dire le sacerdoce, […] en tous lieux, elle fait ses prières, ses fêtes et ses offrandes à l’intention de l’ensemble du genre humain. »
• Le renvoi à Os dans le v. 10 (cf. Os 1, 6-9 ; 2, 3. 25) rappelle la gratuité de ce don de Dieu ; c’est la miséricorde de Dieu qui est la clé de toute l’histoire du salut.

QUAND LA PAROLE FAIT EGLISE

dossiers2

1. – Gn 12, 1 – 9 : « Je ferai te toi un grand peuple… »

Pour les Juifs, mais aussi pour les chrétiens et pour les musulmans, Abraham est le père des croyants. Par son obéissance à la Parole que Dieu lui adressait, il a rendu possible les débuts du dessein de Dieu.

1) Dans la Bible, ces versets ouvrent l’histoire des ancêtres d’Israël : réfléchir à la place qui a été donné à ce récit.
2) Que contiennent ces versets ? Qu’est-ce qui est mis en évidence ?
3) Comment ce texte peut-il préparer notre thème ?

Question 1

– Avec Gn 12 commence la deuxième partie de la Genèse : après l’Histoire primitive (Gn 1-11), nous entrons dans l’Histoire patriarcale (Gn 12-50).
– Réfléchir au lien entre Gn 1-11 et notre texte (lire la note TOB sur Gn 12, 1) :
– On peut également lire la note BJ sur Gn 11, 1 (titre).
– Quelle signification prennent dans ce contexte l’appel adressé à Abraham et la réponse qu’il donne ?

Question 2

– Ces versets sont la continuation de Gn 11, 31.
– Notre texte peut se diviser en deux parties : l’appel de Dieu et le départ pour Canaan (12, 1-5), puis les déplacements à l’intérieur de Canaan, à Sichem, à Béthel, enfin au Négeb (12, 6-9).
– Remarquer l’ordre de Dieu : quitte ton pays, ta parenté, la maison de ton père… (v. 1) et la réponse d’Abraham, sa disponibilité (v. 4a).
– Dans la parole de Dieu, il y a l’ordre de partir (v. 1), mais aussi une promesse (v. 2) et la bénédiction (v. 3).
– Celui qui est ainsi mis en route est déjà âgé (v. 4) et il n’a pas d’enfant (cf. 11, 30).
– Dans les v. 6-9 la promesse se précise (v. 7) ; dans ce pays qu’il reçoit pour sa postérité, Abraham construit deux autels pour le Seigneur (v. 7 et 8).

Question 3

– Dans un monde qui s’éloigne toujours davantage de Dieu (Gn 1 – 11), l’appel d’Abraham marque la volonté de Dieu de rassembler les hommes.
– Abraham, le croyant, devient le premier dans ce projet de Dieu : je ferai de toi un grand peuple… ; cf. aussi v. 3b : par toi se béniront tous les clans de la terre.
– Lire Ac 3, 25 et Ga 3, 8 (cités en marge par BJ) : comment les auteurs du NT interprètent-ils cette promesse faite au patriarche ?

2. – Ex 24, 1 – 18 : Les Paroles de l’alliance

Le récit de l’alliance que Dieu a offerte à Israël et qui a été scellée au Sinaï tient une grande place dans la Bible. Par ce rite et en obéissant à la Parole de Dieu, Israël devient un peuple.

1) Comment ce passage biblique est-il construit ?
2) Sur quoi insistent les v. 1-2 et 9-18 ?
3) Etudier les v. 3-8 : de quoi parlent ces versets ?
4) Que peut-on retenir de ce texte pour notre thème ?

Question 1

– Lire la note BJ sur Ex 24, 1 (titre) qui présente une division (possible) des v. 1-11 en deux parties (v. 1-2 et 9-11 ; et v. 3-8) ; mais on peut aussi continuer après les v. 9-11 et lire aussi les v. 12-15 (et même 12-18).
– Ainsi après le 1er ordre de Dieu (v. 1-2) et l’exécution de cet ordre (v. 9-11), vient un 2ème ordre de Dieu, à Moïse seul, suivi de l’exécution (13-15 et 16-18).
– Le récit de la rencontre avec le Seigneur sur la montagne encadre celui de la conclusion de l’alliance rapportée dans les v. 3-8.

Question 2

– Noter l’importance donnée ici aux prêtres (Aaron et ses fils : v. 1 et 9) et également aux 70 anciens (v. 1 et 10-11).
– Mais c’est surtout le personnage de Moïse qui est mis en valeur (v. 2), lui seul est invité à monter sur la montagne (v. 12-15) alors que la nuée couvre la montagne (v. 16 et note BJ) ; puis il entre dans la nuée et y demeure 40 jours et 40 nuits (v. 18).

Question 3

– Lire la note BJ sur 24, 1 (titre) : ici intervient la célébration de l’alliance par le rite du sang répandu sur l’autel et sur le peuple.
– Relever les personnages de ce récit : Moïse et le peuple ; noter quel est ici le rôle de Moïse et celui du peuple (cf. la note BJ sur v. 8).
– Sur la signification du sang, lire la note sur Lv 1, 5 (signalé en note) : un même sang est répandu sur l’autel (qui représente le Seigneur) et sur le peuple.
– Relever aussi l’importance donnée aux paroles (v. 3-4a et v. 7) prononcées par Moïse devant le peuple et accueillies par celui-ci.

Question 4

– Lire la note BJ sur 24, 3 : les Paroles de Dieu pour l’alliance sont d’abord les « Dix Paroles » (cf. Ex 20, 1ss), mais la tradition biblique a voulu mettre toutes les lois (successives) sous le nom de Moïse et les faire remonter à la rencontre du Sinaï.
– Noter l’importance donnée à la proclamation de ces Paroles (deux fois : v. 3 et 7) et à la réponse totale du peuple unanime.
– Après cette double proclamation et le double accord donné par le peuple, l’alliance est conclue : Israël est désormais le peuple du Seigneur.

3. – Dt 4, 9-20 : La rencontre à l’Horeb

Ce qui a constitué Israël comme peuple, ce sont les événements de l’Exode et du Sinaï. Le Deutéronome les rappelle et il invite Israël à les garder profondément dans sa mémoire.

1) Comment se présente le Dt ? Situer notre passage dans l’ensemble du livre.
2) De quoi parlent les v. 9-20 ?
3) Que pouvons-nous en déduire pour notre thème ?

Question 1

– Le Dt se présente comme le(s) dernier(s) discours de Moïse au peuple avant que celui-ci entre dans la Terre ; c’est aussi le testament de Moïse, sur le point de mourir au mont Nébo (cf. Dt 34, 1ss).
– En fait le livre contient 3 discours (Dt 1, 1 – 43 : 4, 44 – 28, 68 ; 29, 69 – 30, 20) ; ces trois discours sont suivis de quelques compléments (Dt 31-34). Le 2ème discours enclave le Code deutéronomique (Dt 12 – 26 et la note sur 12, 1).
– Notre passage appartient au 1er discours (dans l’état du texte actuel) ; sur ce discours, voir la note BJ sur 1, 5.
– Après Dt 1 – 3 (qui est un rappel de l’histoire), en Dt 4, 1 (cf. note TOB sur le titre) commence l’exhortation à la fidélité.

Question 2

– Comparer le découpage proposé en TOB (4, 10 – 14 ; 4, 15 – 31) avec celui de la BJ.
– Dans ce passage, on trouve la révélation de Dieu à l’Horeb (v. 9-14) suivie d’une forte mise en garde contre l’idolâtrie (v. 15-20). Cf. les deux impératifs aux v. 9 et 15.
– La 1ère partie insiste sur la rencontre de l’Horeb et le don des « Dix Paroles » : cf. la note sur le v. 14.
– La 2ème partie tire les conclusions de la manifestation de Dieu : Israël a entendu la voix de Dieu, mais il ne l’a pas vu (note sur le v. 15).
– Au sujet du culte des astres (v. 19), voir la note TOB ; en BJ, cf. la référence à Sg 13, 2 (citée en marge).

Question 3

– Noter l’importance donnée à l’assemblée de l’Horeb ; sur le mot « assemblée », voir en BJ la note sur Dt 9, 10.
– Le peuplée est rassemblé par Moïse pour écouter la voix du Seigneur, qui lui parle et lui donne les « Dix Paroles ».
– Israël doit se souvenir : c’est cette Parole qui le rassemble et non pas des images faites par des mains humaines (v. 15-18, ni même les astres du ciel (v. 19).
– Rassemblé par la Parole, Israël devient le peuple choisi, l’héritage de Dieu : v. 20 ; cf. Dt 7, 6, cité en marge.

4. – Ez 37, 1 – 14 : Un peuple recréé par la Parole

Un des textes des plus célèbres d’Ezéchiel. Au peuple en exil à Babylone, qui a tout perdu, le prophète vient redonner espoir. Même dans cette situation désespérée, Dieu peut ressusciter son peuple et il va le faire.

1) Situer ce texte : qui est Ezéchiel ? Quelle est la situation du peuple au moment où il donne ce message ?
2) Repérer les formules qui reviennent et proposer une division de ce texte.
3) Que pouvons-nous tirer de ce texte biblique pour notre thème ?

Question 1

– Avec Ez 37, nous sommes dans la 3ème partie du livre, où se trouvent les oracles d’espérance : lire la note BJ sur Ez 33 (titre) ; en TOB, l’introduction présente Ez 33-37 comme « la restauration du peuple ».
– Ezéchiel est un prêtre (cf. 1, 3) qui a fait partie de la première déportation (en 598) ; cf. 2 R 24, 14-17.
– Son ministère prophétique se passe à Babylone entre 592 (cf. Ez 1, 2) et 571 (cf. Ez 29, 17) ; ce ministère est contemporain de la 2ème prise de Jérusalem (en 587) avec la destruction de la ville et du Temple.

Question 2

– Aux v. 3 et 11 : « il me dit : Fils d’homme, ces ossements … »
– Dans les v. 5. 9. 12 : « ainsi parle le Seigneur… »
– On peut y voir trois parties : la mise en scène de l’ensemble (v. 1-2) ; la question au prophète et l’ordre de prononcer l’oracle (v. 3-10) ; enfin la parole de Dieu au prophète et la promesse du salut (v. 11-14).
– Noter l’importance du v. 11 qui termine l’image et introduit la promesse de la résurrection du peuple.
– Les v. 12-13 utilisent une image différente (de celle des v. 1-10) pour le passage de la mort à la vie : l’ouverture et la sortie d’un tombeau.

Question 3

– En exil, la Parole de Dieu rend la vie au peuple anéanti (v. 11) et qui avait perdu tout espoir.
– La Parole est capable de rassembler même les ossements (v. 5-8) et de les ranimer (v. 9-10). En exil, le peuple a tout perdu (pays, roi, Temple…) : il lui reste la Parole.
– Cette Parole ouvre les tombeaux ; elle fait remonter de la tombe ; elle ramène dans la terre.
– Noter la question : vivront-ils (v. 3) et la promesse : vous vivrez (v. 14).
– La Parole du prophète est efficace (cf. Is 55, 10-11) ; ici v. 14

5. – Ne 8, 1 – 18 : A la naissance du Judaïsme

La reconnaissance des lois et des coutumes des différents peuples faisait partie de la politique de l’empire perse. Pour les Juifs, la reconnaissance officielle de la Loi à l’époque d’Esdras, a marqué un tournant décisif dans leur histoire.

1) Situer ce texte et expliquer la mission d’Esdras en vous aidant des notes de la BJ.
2) Que contiennent les v. 1-18 de notre texte ? Travailler plus spécialement sur les
versets 1-12.
3) Que pouvons-nous tirer de cette page de la Bible pour notre thème ?

Question 1

– Lire la note BJ sur le titre : ce texte devrait probablement faire suite à Esd 8, 36.
– Selon Esd 7, 8, Esdras arrive à Jérusalem le 5ème mois de la 7ème année d’Artaxerxés (probablement en 398) ; la promulgation dont parle notre texte a lieu deux mois plus tard, le 1er jour du 7ème mois (Ne 8, 2 et la note sur ce verset).
– Sur la mission d’Esdras, lire Esd 7, 11-26 et la note de BJ sur Esd 7, 11 (titre) ; spécialement ce qui est dit sous b.

Question 2

– Comme l’indique la note de BJ, notre texte peut se diviser en deux parties : les v. 1-12 racontent la promulgation de la Loi ; les v. 13-18 font référence à une fête (Sukkôt) qui commence le 15ème jour du 7ème mois et qui dure 8 jours (cf. la note BJ sur v. 14).
– Dans les v. 1-12 on remarque l’importance donnée au Livre de la Loi de Moïse / de Dieu : les v. 1. 3. 5. 7. 8 ; cf. aussi v. 9 et 12.
– Sur cette Loi, lire la note TOB sur v. 1 ; voir aussi Esd 7, 25-26 ; on pourrait lire également, en BJ, les deux derniers paragraphes de l’Introduction à Esd-Ne.
– Les v. 4-8 présentent cette lecture de la Loi comme une liturgie synagogale (cf. la note TOB sur v. 5).
– Cette promulgation de la Loi donne lieu à une fête (v. 9-12).

Question 3

– On notera l’importance de la Tora en Exil et surtout au retour de l’Exil.
– C’est désormais autour de cette Parole, autour de la Loi, que se fait l’unité du peuple juif.
– Mais cette Parole doit pouvoir être comprise par chacun ; d’où le besoin de la traduire (v. 8 et la référence marginale à Esd 7, 6+).

6. – Ba 3, 9 – 4, 4 : La Sagesse qui fait vivre Israël

Le livre de Baruch, qui emprunte le nom du secrétaire de Jérémie, invite le peuple à une célébration pénitentielle. Cet écrit témoigne de la méditation et des relectures de la tradition religieuse d’Israël au cours des siècles et en particulier dans les moments de crise.

1) Que contient le Livre de Baruch ? Quelle est la place de notre texte dans ce Livre ? Que savons-nous de la situation de l’auteur et du peuple à qui il s’adresse ?
2) Diviser notre texte. De quoi parle ici l’auteur ?
3) Que nous apporte ce texte de Baruch pour notre thème ?

Question 1

– Lire la note de BJ sur Ba 1, 1 (titre) qui nous renvoie à l’Introduction.
– Après Ba 1, 1-14 qui introduit le livret, on trouve une prière de confession et d’espoir (1, 15 – 3, 8) ; vient alors notre passage : un poème sapientiel (3, 9 – 4, 4) ; enfin le livre se termine par une pièce prophétique où Jérusalem personnifiée s’adresse aux exilés (4, 5- 5,9).
– On le voit, le Livre de Baruch est composite ; l’Introduction de la TOB le date de la 2ème moitié du second siècle.
– C’est un écrit de la Diaspora juive ; il commence par un constat de rupture entre Dieu et son peuple et il se termine par la réconciliation.

Question 2

– Après l’introduction (3, 9-14), nous trouvons le corps du poème (3, 15 – 4, 1), puis trois versets d’exhortation pour terminer (4, 2-4).
– Le corps du poème parle de la Sagesse et de son inaccessibilité pour les humains (v. 15) ; à la question « Qui peut découvrir son lieu ? », les v. 3, 16-31 donnent d’abord une réponse négative (cf. Jb 28, 1 cité en marge) ; la suite (3, 32 – 4, 1) apporte une réponse positive.
– Dans la réponse négative, l’auteur mentionne les chefs des nations et ceux qui accumulent l’argent et l’or (v. 16-21) ; il y joint même les artistes (v. 18) ; il parle ensuite des sages fameux de l’Orient (v. 22-23 ; cf. aussi Jb 2, 11 +, cité en marge), et même les géants des temps anciens (v. 26-28).
– Mais Dieu seul connaît la Sagesse (v. 32-36) ; elle se manifeste dans sa création.
– Et Dieu a donné cette Sagesse à Israël (3, 37 – 4, 1 ; cf. aussi Dt 30, 11, cité en marge) ; la Sagesse s’identifie au Livre de la Loi, source de vie pour qui la garde.

Question 3

– Pour l’auteur de Ba, les malheurs qui ont frappé Israël sont les conséquences de l’oubli, par le peuple, de la Sagesse que Dieu lui avait donnée (= la Loi) ; de là, l’Exil et la dispersion parmi les nations païennes (3, 10-11).
– D’où son appel, au début, (3, 9) et à la fin de notre passage (4, 2-3) : l’auteur invite Israël à écouter et à revenir à la Loi qui le rassemble et le fait vivre.
– Sur Ba 3, 38, lire la note TOB (cf. en BJ la référence marginale à Jn 1, 14) : en Jésus, Parole devenue chair, Dieu veut rassembler tous les hommes (cf. Jn 11, 52).

7.- Mc 4, 13 – 20 p : Pour que la Parole porte du fruit

La parabole du Semeur exprimait la confiance de Jésus dans sa mission malgré les oppositions rencontrées. L’Eglise primitive se souvient de cette parabole de Jésus et elle en tire un enseignement pour sa vie.

1) Situer ce texte dans l’Evangile selon s. Marc.
2) Comparer le texte de Mc avec ceux Lc et de Mt : relever ce qui est semblable et ce qui est différent ; expliquer ces textes.
3) Quelles relations peut-on trouver entre ces textes et notre thème ?

Question 1

– Notre texte fait partie de Mc 4, 1-34, un passage où Mc réunit 4 paraboles de Jésus : cf. la note TOB sur Mc 4, 2.
– Jésus est au bord de la mer (cf. 2, 13) ; il s’adresse aux disciples et à la foule : lire la note TOB sur 4, 1 (qui nous renvoie à la note sur Mc 3, 13).
– Mc nous présente Jésus racontant la parabole du Semeur (v. 1-9), puis à l’écart de la foule (cf. note TOB sur 4, 10), il répond à la question des disciples (v. 11-12) et il leur donne ensuite l’explication de la parabole (v. 13-20).
– Une composition semblable se retrouve en Mt (Mt 13, 1-9. 10-15. 18-23) et en Lc (Lc 8, 4-8. 9-10. 11-15).

Question 2

– Noter en Mc le thème de l’inintelligence des disciples (v. 13 et note TOB).
– Sur l’explication de la parabole en Mc, lire la note TOB sur le v. 14.
– Comme dans la parabole, il y a une opposition entre les 3 premières situations et la quatrième (qui porte fruit).
– Sur l’explication de Mt, cf. la note TOB sur Mt 13, 18 ; remarquer également l’importance que l’Evangéliste accorde à la compréhension (v. 19 et 23).
– Pour l’interprétation de Lc, lire les notes TOB sur les v. 12. 13 et 15. Comparer aussi Lc 8, 15 avec Lc 2, 19 et 2, 51 : que peut-on en tirer ?

Question 3

– Noter chez Mc l’insistance sur « la Parole » : 8 fois ; lire la note TOB sur Mc 4, 14 ; cf. encore Mc 2, 2 et note TOB. Les v. 15-19 parlent des obstacles à cette Parole ; le v. 20 dit sa fécondité quand elle est accueillie.
– En Mt 13, 19, ce qui est semé est « la Parole du Royaume », c’est-à-dire celle qui annonce et instaure le Royaume. Mais cette Parole, il faut la comprendre, c’est-à-dire se soumettre à ce qu’elle demande de faire, pour qu’elle puisse porter du fruit.
– Chez Lc aussi, Jésus proclame la « Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu » (cf. 8, 1) et la parabole du Semeur fait partie de cette proclamation : accueillir la Parole, c’est être sauvé (v. 12) et faire partie de sa famille (cf. 8, 21).
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8. – Lc 4, 16 – 30 : « Aujourd’hui cette Parole s’accomplit… »

Pour Luc, la scène de Jésus à la synagogue de Nazareth, donne par avance un résumé de ce que sera la vie de Jésus et celle des communautés qui, après Pâques, continueront à vivre de son message.

1) Situer ce passage dans l’Evangile selon s. Luc ; quelle place lui a donnée l’Evangéliste ?
2) De quoi parlent les v. 16-22a ? et les v. 22b-30 ?
3) Quel rapport peut-on voir entre le texte de Lc et notre thème ?

Question 1

– Après les récits du baptême et de la tentation (Lc 3, 1 – 4, 13), Lc nous présente le début du ministère de Jésus (4, 14-15 et les notes de BJ et TOB).
– Dans la marge de Lc 4, 15, la BJ donne = Lc 4, 44 : marquant ainsi la scène de Nazareth par une inclusion.
– Sur la composition de cette scène (4, 16-30), lire les notes de BJ et TOB, sur le titre.
– Le texte peut se diviser en deux parties (v. 16-22a et 22b-30) : proposer des titres pour ces deux parties.

Question 2

– Comparer la citation donnée dans les v. 18-19 avec le texte d’Is 61, 1-2 : que découvrez-vous ? quelles conclusions pouvez-vous tirer ? Lire les notes de BJ et TOB.
– Que nous apporte la citation de So 2, 3 + (donnée en marge par BJ) ?
– Noter le commentaire que Jésus fait de ce passage d’Isaïe (v. 21) ; sur « aujourd’hui », lire la note TOB.
– Pour la réaction des auditeurs (v. 22), cf. les références données en marge dans BJ.
– Dans les v. 22b-30 : le doute, puis la fureur des auditeurs et le rejet de Jésus. Les deux exemples d’Elie et Elisée montrent la place des païens dans le plan de Dieu.

Question 3

– L’importance de la synagogue et du culte qui s’y déroule : c’est là que le peuple est rassemblé pour écouter la Parole.
– Remarquer qu’ici Lc ne fait appel qu’aux Prophètes (Is 61, puis les deux épisodes relatifs à Elie et Elisée : 1 R 17, 9 et 2 R 5, 14).
– Désormais l’Ecriture est interprétée par Jésus ; en lui, dans sa personne et son message, elle trouve son accomplissement.
– Une Parole qui est adressée à tous – et pas seulement à Israël – et qui est souvent mieux reçue par ceux qui sont le plus loin (les « pauvres » à qui Jésus se dit envoyé).


9. – Jn 10, 1 – 21 : « Mes brebis écoutent ma voix … »

Le berger, une image biblique bien connue. Pour Jn, cette comparaison du berger et de son troupeau est une image de l’Eglise, rassemblée et nourrie par Jésus, berger de toute humanité.

1) Situer ce texte de Jn et proposer une division.
2) Expliquer la parabole (v. 1-6), puis le développement qu’en donne Jésus (v. 7-10 et 11-18).
3) Quels enseignements pouvons-nous tirer pour notre thème ?

Question 1

– Dans la BJ, notre texte fait partie de Jn 7, 1 – 10, 21 : la grande révélation messianique, le grand refus. Notre texte est la conclusion de cette partie ; elle est suivie de Jn 10, 22 – 11, 54, où est prise la décision d’éliminer Jésus.
– D’une manière plus précise, le contexte est tout le chapitre 10 : après le discours mystérieux (v. 1-6 : la parabole), Jésus s’explique : v. 7ss. On peut voir aussi un lien avec ce qui précède : la guérison de l’aveugle-né (Jn 9 et Jn 10, 19-21).
– Nous sommes ici encore dans le cadre de la fête des Tentes (Jn 7, 2. 37) ; cf. ensuite l’Evangéliste fera mention de la Dédicace (Jn 10, 22).
– Notre texte comprend la parabole (v. 1-6), suivie de deux affirmations de Jésus (Je suis la porte : v. 7 et 9 ; Je suis le bon berger : v. 11 et 14) ; le tout est conclu par les v. 19-21.

Question 2

– Les v. 1-6 renvoie à la vie pastorale en Palestine (les troupeaux réunis pour la nuit dans un enclos et que les bergers reprennent au matin).
– Mais comme le souligne le v. 6, cette présentation est une parabole, un discours mystérieux qui renvoie à autre chose : à la personne et à la mission de Jésus.
– En BJ, lire la note sur le berger en Ez 34, 1 + (signalée dans la marge) ; cf. aussi la note TOB sur v. 11.
– Jésus est la porte (v. 7 et 9), le passage obligé : cf. la note TOB sur v. 9.
– Dans les v. 7-9, Jésus est opposé aux « voleurs et brigands » : peut-être une allusion à ceux qui séduisent le peuple par leurs prétentions messianiques (cf. Jn 19, 40).
– Pour les v. 11-18 : lire le Ps 23, 1-3 ; cf. aussi les autres textes donnés en marge par BJ et TOB. Ici Jésus est opposé au mercenaire (v. 11-13) : cf. les attitudes différentes face au danger qui menace les brebis.
– Les v. 14-18 parlent des relations entre le berger et les brebis : voir les notes TOB.

Question 3

– Jésus seul est le beau/bon pasteur, celui qui mérite ce titre et peut rassembler les brebis.
– Sur la connaissance réciproque du berger et des brebis (v. 15 et note BJ et TOB).
– Jésus donne sa vie pour rassembler les brebis (v. 15 et Jn 11, 52).
– Tous ceux qui écoutent sa voix forment un seul troupeau (v. 16), quel que soit l’enclos d’où ils viennent.

10. – Ac 10, 34 – 48 : Une bonne nouvelle pour les Juifs et les païens. Cf. Ac 11, 18

L’ouverture de la prédication apostolique au monde païen n’a pas été sans difficulté. Nous avons de la peine à réaliser aujourd’hui ce que cela pouvait représenter pour un juif fidèle. Une ouverture pourtant décisive pour l’Evangile.

1) L’auteur des Actes accorde une grande importance à cet épisode de Pierre chez Corneille : à quoi le voyez-vous ?
2) Diviser notre texte ; travailler particulièrement sur le discours de Pierre : v. 34-43.
3) Quel est l’apport de ce récit pour notre thème ?

Question 1

– Le passage que nous étudions fait partie d’un récit plus long, qui commence en Ac 10, 1 (voir la note BJ) et qui se prolonge jusqu’en Ac 11, 18.
– Ac 15, 7-11 fera encore référence à cet épisode.
– Voir la note de TOB sur 10, 1 (titre) : le récit est soigneusement construit avec les deux visions de Corneille (10, 3-8 = 10, 30-33 et 11, 13) et de Pierre (10, 9-16 = 11, 5-10).
– L’auteur souligne combien ce passage de l’Evangile aux païens a rencontré de résistance. Par ce récit, il introduit la deuxième partie des Actes (Ac 13-28) où, avec la mission de Paul, l’Evangile sera porté au monde païen.

Question 2

– Ac 10, 34-48 forme la partie centrale du récit consacré à cet épisode (Ac 10, 1 – 11, 18) ; il est précédé par 10, 1-33 (la préparation de l’événement) et suivi de 11, 1-18 (où Pierre doit se justifier à Jérusalem).
– Ac 10, 34-48 comprend deux parties : le discours de Pierre (v. 34-43) et le don de l’Esprit et l’admission des païens dans l’Eglise (v. 44-48).
– Le discours de Pierre : v. 34-35 (introduction) ; 36 (le message chrétien en une phrase) ; 37-42 (le kérygme évangélique ; cf. la note BJ sur v. 37) ; avec le v. 43 commence un développement « selon les Ecritures », mais Pierre est interrompu par l’Esprit (v. 44). Noter l’ouverture de Pierre, spécialement dans les v. 35 et 43.
– Dans les v. 37-43 nous trouvons le schéma de l’Evangile de Mc : le ministère de Jean-Baptiste (v. 3), suivi de celui de Jésus en Galilée (v. 38) ; la mort à Jérusalem (v. 39), la résurrection et les apparitions pascales (v. 40-41) ; enfin la mission confiée aux témoins (v. 42).
– Lire la note BJ sur v. 40 et celles indiquées dans les références données en marge.

Question 3

– Ce texte nous montre l’importance de raconter le salut ; depuis les premiers jours, l’Eglise raconte ce que Dieu a fait pour nous en Jésus. Il souligne l’effet de cette annonce (le kérygme) sur ceux qui écoutent (v. 44 ; cf. 11, 17 et 15, 8-9).
– La Parole fait Eglise en montrant à Pierre qu’il doit aller chez Corneille : « aucun homme n’est impur » (10, 15), et en révélant à Corneille et aux siens le salut offert en Jésus Christ (10, 36-43).
– Le peuple de Dieu n’est pas seulement l’Eglise : c’est l’humanité à rejoindre et à rassembler.

11. – 1 Th 1, 2 – 10 : « l’Evangile … pas en paroles seulement, mais en puissance… »

Cette Lettre de Paul aux chrétiens de Thessalonique est le plus ancien témoignage chrétien qui nous soit parvenu par écrit. Ainsi 20 ans à peine après la mort et la Résurrection de Jésus, la foi de Pâques est annoncée et accueillie dans le monde païen.

1) Que savons-nous des Thessaloniciens et de leur évangélisation ?
2) Que contiennent les v. 3-4 ? Comment Paul parle-t-il de sa mission dans les v. 5-8 ? Expliquer les v. 9-10.
3) Quel est l’intérêt de ce texte pour notre thème ?

Question 1

– Cette lettre de Paul est écrite en l’an 50 (peut-être même en 48, selon certains).
– Thessalonique était la capitale de la province romaine de Macédoine ; sur l’évangélisation de cette ville par Paul et Silas (Sylvain), cf. Ac 17, 1-8 et les notes BJ et TOB.
– Notre texte forme l’action de grâce qui ouvre la lettre ; on trouvera en 1 Th 2, 13ss une seconde action de grâce, ce qui est un cas unique dans les Lettres du NT.
– Paul rend grâce (v. 3-4) pour la vitalité de cette jeune communauté qu’il avait dû quitter très rapidement (cf. Ac 17, 10 et note BJ ; lire également 1 Th 2, 17 – 3, 5).
– Paul évoque sa mission (v. 5), l’accueil des Thessaloniciens (v. 6) et le rayonnement qui s’en est suivi (v. 7-8).

Question 2

– Dans le v. 3, noter la mention des trois « vertus théologales », dans ce premier texte du NT ! Cf. aussi les qualificatifs de chacune de ces vertus (cf. note BJ sur v.3 et les références marginales à 1 Th 5, 8 et 1 Co 13, 13 +).
– Dans le v. 4, l’élection – privilège d’Israël – (cf. la note TOB ; en BJ, voir celle sur Dt 7, 6) s’étend désormais à tous ceux qui accueillent l’Evangile.
– Pour l’accueil des Thessaloniciens (v. 5), lire aussi le passage parallèle dans la seconde action de grâce : 1 Th 2, 13 et la note BJ.
– L’Esprit Saint est puissance (cf. note TOB ; en BJ, cf. la note sur Ac 1, 8)
– L’accueil de l’Evangile fait participer les croyants au destin de Jésus et des apôtres (v. 6 et note TOB ; d’où le rayonnement (v. 8 et note BJ) ; voir aussi 2, 14-16 et note BJ sur 2, 14.
– Sur l’importance des v. 9-10, lire note BJ. Nous avons ici le kérygme adressé aux païens : l’affirmation du monothéisme et la spécificité chrétienne (Jésus, Fils de Dieu, ressuscité des morts et dont on attend la Venue : cf. note TOB sur v. 10).

Question 3

– La Parole annoncée par Paul est accueillie à Thessalonique ; cet accueil n’est pas seulement un fait ponctuel (dans le passé) ; il suscite une vie théologale (v. 3) qui pose question à ceux qui les voient et qui peut parfois susciter des tribulations (v. 6) ; mais cette vie est aussi source d’évangélisation (v. 8).
– Noter les mots « notre Evangile » (v. 5), « la Parole » (v. 6 et note TOB), « la Parole de Dieu » (v. 8).

12.- Ep 2, 11 – 3, 13 : La révélation du Mystère

Après avoir parlé de la place du Christ (1, 15-23) et du salut absolument gratuit que Dieu offre à tous les hommes, juifs et païens, dans le Christ (2, 1-10), l’auteur de cette Lettre nous présente sa vision du dessein de Dieu.

1) Travailler sur Ep 2, 11-22 : de qui et de quoi parlent ces versets ?
2) En Ep 3, 1-12, il parle des motifs qui inspirent la prière de Paul, commencée en 3, 1 et qui se poursuit en 3, 14ss : sur quoi insistent ces versets ?
3) Qu’apporte à notre thème ce passage de la Lettre aux Ephésiens ?

Question 1

– Relever les expressions qui s’opposent et celles qui vous paraissent les plus importantes.
– L’auteur évoque la division du monde avant le Christ : en ce temps-là (v. 12), les nations et le peuple de Dieu (Israël) ; prépuce et circoncision (v. 11) ; ceux qui étaient loin et ceux qui étaient proches (v. 13 et 17) ; deux réalités (v. 14) et un seul homme nouveau / un seul Corps (v. 15-16).
– La situation des païens est caractérisée par leur manque vis-à-vis d’Israël (v. 12) ; lire les notes BJ et TOB sur ce verset ; ce manque est comblé au v. 19 et la situation nouvelle des païens concerne aussi Israël (v. 18).
– L’artisan de ce changement : le sang du Christ (v. 13) ; noter les trois affirmations sur la paix (v. 14. 15.17) : il est notre paix /il a détruit la barrière qui séparait ; il fait la paix en créant un seul homme nouveau ; il proclame la paix à ceux qui sont loin et à ceux qui sont proches.
– Sur la citation d’Is 57, 19 (v. 13 et 17), lire la note TOB sur v. 17.
– Cf. aussi les notes de BJ sur les v. 19-20.

Question 2

– Le mot mystère revient 4 fois (v. 3. 4.5.9) ; sur la signification de ce terme, cf. note TOB sur v. 3 ; en BJ, voir la note sur Rm 16, 25 (cité en marge).
– Le v. 6 donne le contenu du mystère ; remarquer les trois expressions (même héritage, même corps, même promesse).
– La révélation de ce mystère se fait par l’Evangile, qui n’est pas un livre, mais la prédication apostolique (v. 6-7).
– Ce mystère est le dessein éternel de Dieu, caché à toutes intelligences, mais réalisé dans le temps. Sur les Principautés et Puissances (v. 10), cf. les notes BJ et TOB ; en BJ, voir encore la note sur Ep 1, 21.

Question 3

– Le proclamation du mystère doit réunir tous les hommes en un seul Homme nouveau (les nations et le peuple élu) et les réconcilier tous avec Dieu et entre eux (2, 18 et 3, 12). Les deux ne font plus qu’un (2, 15-16. 18. 21 ; 3, 5-6).
– L’Eglise est la manifestation de ce dessein éternel (3,11) de Dieu, le Créateur de tout (3, 9).

L’EAU ET LA VIE

dossiers3 « L’eau est d’abord source et puissance de vie : sans elle, la terre n’est qu’un désert aride, pays de la faim et de la soif, où hommes et bêtes sont voués à la mort. Il y a pourtant aussi les eaux de la mort : l’inondation dévastatrice qui bouleverse la terre et engloutit les vivants. L’eau, enfin purifie les personnes et les choses des souillures contractées au cours des rencontres quotidiennes. Ainsi l’eau, tout à tour vivifiante ou redoutable, toujours purifiante, est intimement liée à la vie humaine et à l’histoire du peuple de l’Alliance. » (M.E. BOISMARD, dans VTB, art. eau)

Rien d’étonnant alors si dans la Bible, il est question de l’eau de la première page (Gn 1) à la dernière (Ap 22). L’eau dans la vie quotidienne de ce peuple qui vivait aux confins du désert ; l’eau aussi dans l’histoire de ce peuple avec son Dieu.
L’eau qui peut être le signe de la bénédiction de Dieu comme aussi l’image des forces qui le menacent dans son infidélité.

Le parcours proposé ici, à travers la Bible, ne peut aborder que quelques textes de ce thème si foisonnant. Bien d’autres pages bibliques mériteraient d’y figurer, mais il faut bien choisir si l’on veut se familiariser avec les différentes parties de l’Ancien et du Nouveau Testament.
– Dans l’Ancien Testament, on retrouvera l’eau liée à l’expérience fondatrice d’Israël, celle du Dieu de l’Exode, du Dieu qui délivre son peuple (étapes 1 et 5) et qui en prend soin jour après jour (étape 2).
– Mais l’eau est aussi celle qui purifie et guérit (étape 3). Bien plus, elle devient le symbole du Dieu qui fait vivre son peuple (étapes 4 et 6) et de la Loi qui l’instruit (étape 7).
– Dans le Nouveau Testament, les grandes eaux conservent leur aspect terrifiant (étape 8), mais avec Jésus, l’eau est surtout source de joie (étape 9), de guérison (étape 10) avant de devenir la révélation d’une vie nouvelle (étape 11), à laquelle l’Apocalypse donnera une dimension cosmique (étape 12).

Comme dans les dossiers précédents, les questions proposées ne sont nullement exclusives ; elles veulent être de simples pistes pour aider à lire ces textes et à s’en nourrir. Ceci vaut également et même davantage, pour ce qui est donné à l’intention des animateurs de groupes.

1.- Ex 13, 17 – 14, 31 : Le salut à travers la mer

Une expérience de salut à l’origine de la foi d’Israël : les eaux détruisent ceux qui sont opposés au dessein de Dieu, mais elles s’ouvrent pour laisser passer le peuple des sauvés.

1) Situer ce récit dans le livre de l’Exode : quelle place y tient le passage étudié ?
2) Lire Ex 14, 1-31 et travailler plus particulièrement sur Ex 14, 15-31.
3) Quel est l’apport de ce texte pour notre thème ?

Question 1

– Toute la première partie de l’Exode (Ex 11 – 15) est consacrée à la délivrance d’Egypte.
– Après avoir évoqué la situation du peuple en Egypte (Ex 1), nous avons la présentation de celui que Dieu a choisi pour sauver son peuple (Ex 2 – 6).
– Les chapitres 7 – 11 parlent surtout des obstacles pour cette libération (les plaies » d’Egypte présentées comme un duel entre le Seigneur et Pharaon).
– Ex 12, 1 – 13, 16 évoquent la Pâque qui prépare le récit de la sortie : Ex 13, 17 à 15, 21.
– Le passage étudié est une partie de ce récit de la sortie : cf. les titres donnés en BJ sur Ex 13, 17 ; 14, 1 ; 14, 5 ; 14, 15.

Question 2

– Lire la note BJ sur Ex 14, 15 (dans la dernière édition BJ, lire également celle donnée sur 13, 17) ; en TOB, voir note sur Ex 13, 17.
– Comment est présentée la situation du peuple en 14, 1-3 ? cf. aussi 14, 9.
– Qu’est-ce qui est dit du rôle de Moïse en Ex 14, 11-14 ?
– Qui agit en Ex 14, 15-31 ? Que fait le Seigneur ? Noter l’importance donnée à sa parole (v. 2-4 ; 15-18 ; 26). Pour « il endurcit le cœur de Pharaon », on pourrait traduire avec Cl. Wiener : il obscurcit l’intelligence. Remarquer aussi combien la gloire du Seigneur (v. 4. 17. 18) est centrale pour ce récit.
– Que fait Moïse ? Comment le salut est-il obtenu ? Quel est le résultat (v. 31) ?

Question 3

– Dans la situation évoquée (au v. 9 : Israël coincé entre la mer et la puissance des Egyptiens), le salut vient du côté où on l’attend le moins : à travers la mer !
– Sur ce que représente la mer dans la Bible, lire la note BJ sur Ap 21, 1.
– Dans les v. 16. 22. 29, le texte hébreu ne dit pas « à pied sec », mais « sur le sec », sur la terre séparée de l’eau ; comparer aussi notre récit avec Gn 1, 6-10 et Gn 7, 11 (et la note BJ) : la sortie d’Egypte se présente comme une nouvelle création. Comme lors du Déluge, les grandes eaux détruisent ceux qui s’opposent à Dieu (cf. Gn 7, 17-18).
– Sur l’allusion au baptême, voir la fin de la note BJ sur Ex 14, 15 et le renvoi à 1 Co 10, 1.

2.- Dt 8, 1 – 20 : L’eau de la roche la plus dure

Apprendre à reconnaître la fidélité du Seigneur et à recevoir de sa main tout ce qui nous est nécessaire pour la vie, telle est selon le Deutéronome l’expérience qu’Israël a pu faire autrefois au désert.

1) Qu’est-ce que le Deutéronome ? Comment se présente-t-il à nous ?
2) De quoi parle notre texte ? Sur quoi Moïse insiste-t-il dans ce passage ?
3) Comment ce texte met-il en valeur le don de l’eau ?

Question 1

– Le Deutéronome est le 5ème livre du Pentateuque ; le « 5ème livre de Moïse ».
– Il se présente comme un (trois) discours que Moïse adresse à tout le peuple au moment où celui-ci est sur le point d’entrer dans la Terre.
– Au terme des 40 années passées au désert, le peuple est maintenant arrivé dans les steppes de Moab, à l’est du Jourdain (Dt 1, 1-5 ; 4, 44-49 ; 28, 69).
– Moïse rappelle au peuple tout ce que le Seigneur a fait et il exhorte le peuple à répondre par la fidélité.
– Notre passage appartient au 2ème discours (Dt 4, 44 – 28, 68) qui enclave le Code deutéronomique qui sera donné en Dt 12 – 26 (Dt 12, 1 et la note BJ).

Question 2

– Sur ce 2ème discours de Moïse, voir la note BJ sur Dt 4, 44.
– Ce discours commence par le rappel de la théophanie de l’Horeb (Dt 5, 1-22) et le rôle particulier de Moïse (5, 23-31).
– Sur les chapitres 6-11, lire la note BJ sur Dt 5, 32 (titre).
– En Dt 8, l’auteur réfléchit sur l’expérience du désert et sa signification pour Israël, une expérience qu’il ne faut jamais oublier (8, 2. 11. 14.18).
– Relever tout ce que ce texte dit du désert (cf. la note sur Dt 8, 1) : sa durée, 40 ans d’épreuve (v. 2 et 16), d’éducation (v. 5-6) ; un temps où Israël a pu faire l’expérience de l’amour de Dieu, de sa fidélité (v. 3-4 ; 15-16).
– Le désert nous est présenté en contraste avec la Terre où le peuple va entrer : v. 7-10 ; cf. aussi Dt 11, 10-12 (cité en marge) ; un pays où Israël trouvera le bonheur s’il reste fidèle au Seigneur (v. 19).

Question 3

– Comme la manne (v. 3 et 16), le Seigneur a donné aussi au peuple l’eau nécessaire à sa vie pendant les 40 années du désert.
– Dt 8, 15 insiste sur ce don de l’eau : dans le désert redoutable, pays de la soif, pays sans eau, Dieu a fait jaillir pour son peuple l’eau de la roche la plus dure.
– Voir aussi les renvois à Ex 17, 1-7 et Nb 20, 1-13 + ; voir également les références marginales données en BJ sur Nb 20, 10-11.
– Notre texte parle également de l’abondance de l’eau que le peuple trouvera dans la Terre (v. 7) et de ses effets bénéfiques (v. 8-9a) ; cf. aussi Dt 11, 10-12 où il est fait comparaison entre la Terre et l’Egypte : dans la Terre, c’est le Seigneur qui arrose !

3.- 2 R 5, 1 – 19 : « Baigne-toi et tu seras purifié. »

La guérison de Naamân, le Syrien, est sans doute le miracle le plus connu du cycle d’Elisée. L’application qu’en fait Jésus à la synagogue de Nazareth nous invite à découvrir la richesse de ce récit.

1) Situer notre texte dans la Bible. Que savez-vous sur Elisée et sur le cycle des récits qui lui est consacré ?
2) De quoi nous parle ce chapitre ? Que nous apprend-il sur Dieu ? Comment nous est présenté Naamân ? Quel est son parcours ? Que vient faire ici Géhazi ?
3) Qu’est-ce qui guérit Naamân ? La Bible de Jérusalem nous donne en marge trois références au NT : quel éclairage ces textes nous donnent-ils ?

Question 1

– Avec les livres de Samuel, les deux livres des Rois nous conservent différentes traditions qui vont de l’origine de la monarchie à la ruine de Jérusalem et de Juda.
– Dans la Bible juive, cet ensemble appartient aux Prophètes antérieurs et il est marqué par de grandes figures prophétiques (spécialement Samuel ; Elie et Elisée ; Isaïe et Jérémie).
– Sur le cycle d’Elisée, lire la note TOB sur 2 R 4, 1 ; en BJ, on peut lire les notes sur 2 R 2, 1et 2, 19.
– Elisée tient une grande place dans les chapitres 2 – 8 de 2 R ; avec l’histoire de la Sunamite (2 R 4, 8-37 et 8, 1-8), le récit de Naamân est le plus développé.

Question 2

– Le récit de 2 R 5, 1-19 raconte la guérison d’un lépreux, Naamân, un Syrien, et sa conversion à la foi yahviste.
– Sur la lèpre dont il est question, voir en Lv 13, 1, les notes de BJ et TOB ; en TOB, on trouve aussi à cet endroit plusieurs références marginales dont celle de notre texte.
– Informé par la petite captive (v. 2-4), Naamân veut guérir et il prend les moyens humains pour cela : sa démarche auprès du roi, qui l’envoie chez le roi, et non chez le prophète ; les cadeaux pour accompagner sa demande (cf. en BJ la note sur 1 S 9, 8) ; il s’attend à une cérémonie de guérison (v. 11)
– Mais la guérison est obtenue d’une manière bien différente (v. 13-14).
– Guéri, Naamân fait un pas de plus : il reconnaît le Dieu d’Israël (v. 15 et la note) qu’il veut désormais adorer (v. 17).
– Comment comprendre la demande de Naaman (v. 18) et la réponse d’Elisée (v. 19) ?
– Les v. 20-27 du récit opposent le désintéressement d’Elisée et la droiture de Naamân, à la cupidité et aux mensonges de Géhazi, le serviteur du prophète.

Question 3

– L’eau du Jourdain ne vaut pas mieux que celle des fleuves de Damas (v. 12) ; c’est l’obéissance de Naamân – sur le conseil de ses serviteurs – qui obtient la guérison.
– La référence à Mt 3, 13-15p nous rappelle le baptême de Jésus ; voir la note sur Mt 3, 5.
– Lc 4, 27 (avec la flèche) nous signale la relecture que Jésus fait de notre texte : le païen Naamân a su reconnaître la Parole de Dieu dans celle d’un prophète.
– En Jn 9, 7, l’aveugle est guéri en se lavant sur l’ordre de Jésus, comme Naamân obéissant à Elisée.

4. – Jr 2, 1 – 19 : « …moi, la source d’eau vive. »

Comme bien d’autres prophètes, Jérémie doit dénoncer le péché de son peuple : Israël, qui avait choisi le Seigneur lors de l’alliance, s’est tourné vers d’autres dieux pour rechercher son bonheur et sa sécurité. Une telle attitude ne peut être que suicidaire.

1) Qui est Jérémie ? Que savons-nous de lui et des événements qui ont marqué son ministère ?
2) Comment pourrait-on diviser notre texte ? Qu’est-ce que le Seigneur a fait pour Israël ? Quelles sont les fautes que le prophète dénonce ici ?
3) Comment ce texte parle-t-il de l’eau ?

Question 1

– Jérémie est issu d’une famille sacerdotale d’Anatôt (Jr 1,1) ; il est appelé à être prophète alors qu’il est encore jeune (Jr 1, 6 et note TOB).
– Son ministère sous le règne de Josias et s’étend jusqu’à la destruction de Jérusalem et même un peu après. Il couvre donc les années les plus sombres du royaume de Juda (la mort de Josias, la 1ère prise de Jérusalem et la déportation qui l’accompagne (2 R 24), puis la 2ème (2 R 25).
– Sur Jérémie, voir encore l’introduction dans votre Bible.

Question 2

– Jr 2 parle de l’apostasie d’Israël (cf. note BJ sur 2, 1, titre). Ce chapitre contient sans doute des oracles différents sur ce même thème. Certains proposent de séparer les v. 2-3 + 14-19 (où Israël est interpellé en « tu ») et les v. 4-13 (avec « vous »).
– Voir aussi la division et les sous-titres donnés en TOB.
– Dans les v. 2-3, le Seigneur rappelle le temps du désert (cf. la note TOB sur v. 2 ; en BJ, voir celle donnée sur Os 2, 16-17, citée en marge) où à la fidélité du peuple répondait la protection et la bénédiction de son Dieu. Israël était la part choisie, les prémices (cf. note TOB sur v. 3 ; en BJ, le renvoi à Ex 19, 6 +, indiqué en marge).
– Les v. 14-19 évoquent les malheurs actuels du peuple et la question est posée : n’est-ce pas pour avoir abandonné le Seigneur ? (v. 17 ; cf. v. 19)
– Dans les v. 4-13, le Seigneur fait le procès de son peuple (cf. 2x : plaider : v. 9). Voir la note TOB sur le v. 4 (titre) ; en BJ, voir Mi 6, 1 et la note.
– Suivre le déroulement du procès : l’interrogation (v. 5), puis le rappel de ce que le Seigneur a fait (v. 6-7), des fautes des responsables du peuple (v.8). La mise en lumière de l’énormité de la faute (jamais vue ailleurs : v. 10 et notes BJ et TOB) est condensée dans l’image du v. 13.

Question 3

– Dans les v. 6-7 : l’opposition entre le désert aride (où Dieu a pourtant donné à son peuple ce qui lui était nécessaire) et la Terre : un pays de verger.
– Une source d’eau vive est un don de Dieu sans pareil dans ces pays : cf. en marge Jn 4, 1.
– Comparée à l’eau des citernes et encore… faut-il en trouver (citernes lézardées).
– Sur le recours aux fleuves d’Egypte ou d’Assyrie, voir les notes de BJ et TOB sur v. 18. Cf. encore en BJ le renvoi à Is 30, 1-3 (marge).

5. – Is 43, 1 – 7 et 16 – 21 : « Je vais faire une chose nouvelle… »

La foi en Dieu ne concerne pas seulement ce qu’il a fait dans le passé. Dieu est toujours vivant et il reste fidèle à l’engament qu’il a pris envers son peuple. C’est sur cette certitude que le prophète de l’exil peut annoncer à ses frères le retour de l’exil.

1) Que savons-nous sur ce prophète et sur les événements qui ont marqué son ministère ?
2) Qu’est-ce que les v. 1-7 nous apprennent au sujet du Seigneur ? Qu’est-ce qui est nouveau dans les v. 16-21 ?
3) Comment apparaît ici le thème de l’eau ?

Question 1

– Is 40-55 est l’œuvre d’un prophète anonyme, qui s’inscrit dans la tradition du prophète Isaïe, qui au 8ème siècle soulignait la grandeur et la sainteté du Seigneur.
– Avec les ch. 40-55, nous nous trouvons à la période de l’Exil : le roi et une partie du peuple sont déportés à Babylone, le Temple de Jérusalem est détruit, ainsi que la ville.
– Les oracles pourraient être placés entre le début des victoires de Cyrus (550) et son entrée à Babylone, où il promulgue l’Edit du retour (538).
– Le prophète annonce le pardon de Dieu (cf. Is 40, 1-2) et la fin de l’exil : le Seigneur va sauver son peuple, comme il l’avait fait autrefois (Is 40, 3 et la note BJ).

Question 2

– Relever tous les verbes dont le Seigneur est le sujet ; certains sont au présent, d’autres au passé, d’autres encore au futur.
– Expliquer les termes les plus importants : créer / modeler (cf. la note TOB sur Gn 1, 1) ; racheter (cf. la note BJ sur 41, 14 cité en marge) ; cf. encore l’expression : je serai avec toi.
– Remarquer aussi tout ce qui se rapporte à l’élection d’Israël (v. 1.3.4.6.7)
– Dans les v. 16-17 nous avons le rappel de l’Exode (cf. en marge de BJ : Ex 14, 21-29 et Is 40, 4 ainsi que la note sur ce verset).
– Dans les v. 19b-20, c’est l’annonce du retour de l’Exil.
– Remarquer la force de l’affirmation qui se trouve au centre de ce passage (v. 18-19a) : devant ce que Dieu va faire, Israël peut oublier ce qu’Il a fait dans le passé !

Question 3

– On trouve, au v. 2, les eaux (avec le feu) comme danger pour Israël ; cf. Ps 66, 12 et les références de BJ données en marge de verset.
– Au v. 16, il s’agit des eaux de la mer, dans lesquelles Dieu a fait un chemin pour son peuple, mais qui ont détruits les ennemis (v. 17)
– Au v. 20, il s’agit de l’eau que Dieu donnera sur le chemin du retour et qui rappelle les merveilles de l’Exode (cf. Ex 17, 1-7 ; voir aussi Is 35, 6-7 (lire la note sur 35, 1, titre)
– Dans le 2ème Is, on trouve encore d’autres passages sur l’eau : cf. par ex. 41, 17-18 et note BJ ; 44, 3-4 ; 48, 21 ; 55, 1.

6. – Ez 47, 1 – 12 : L’eau qui sort du Temple

Si les grandes eaux peuvent représenter un danger, l’eau est avant tout un symbole de vie. Ceux qui habitent des contrées à la limite du désert le savent bien. Pour Ezéchiel, l’eau est le symbole de la présence vivifiante du Seigneur au milieu de son peuple.

1) Qui est Ezéchiel ? Que savons-nous de son temps, de son message ?
2) Situer notre texte dans le livre d’Ez : que contient ce passage d’Ez ? Comment peut-on le diviser ?
3) Comment Ez parle-t-il ici de l’eau ? Qu’apporte-t-elle au peuple ?

Question 1

– Sur Ezéchiel, voir Ez 1, 1-3 ; cf. aussi les introductions de vos Bibles.
– Il fait sans doute partie du clergé du Temple de Jérusalem déporté en 598 (cf. 2 R 24, 14) ; il se trouve parmi les déportés à Babylone.
– Son ministère s’étend de 593/2 (la 5ème année de Joiakîn : Ez 1, 2) à 571 (le dernier oracle daté : Ez 29, 17).
– Les événements qui marquent sa vie : la prise de Jérusalem et la déportation en 598 ; la 2ème prise de Jérusalem en 587 avec la destruction de la ville et d Temple ainsi que la déportation qui suivit.
– Ezéchiel est surtout un visionnaire (cf. introduction) ; ses visions lui sont ensuite expliquées (Ez 40, 3 et la note BJ).

Question 2

– Note passage appartient à la « Torah d’Ezéchiel » : Ez 40 – 48 ; lire la note BJ sur Ez 40 (titre).
– Lire aussi la note TOB sur Ez 40, qui distingue Ez 40, 1 à 43, 12 et la suite de cet ensemble.
– On peut diviser notre passage en deux : la vision (v. 1-8) et l’explication donnée par l’ange (v. 9-12).
– Le prophète voit une eau qui sort du Temple, qui devient de plus en plus abondante ; cette eau descend vers la mer Morte qu’elle régénère (poissons) ; sur le sel (v. 11), cf. la note TOB.
– Les arbres qui ont poussé rapidement et en nombre (v. 7) sont d’une grande variété et ils produisent chaque mois, nourriture et remède (v. 12).

Question 3

– Sur l’eau liée au Temple et à la présence du Seigneur, voir déjà Is 43, 2.
– Cette eau, bien loin de se perdre dans l’aridité de la vallée de la Araba (v. 8) augmente, à mesure qu’elle parcourt la vallée (v. 3-5) ; elle redonne vie à la mer Morte où désormais les poissons seront aussi abondants que dans la Méditerranée (v. 10).
– L’eau sortie du Temple change le désert en Eden (v. 7 et 12).
– Sur les relectures AT de ce passage d’Ez, voir Jl 4, 18 ; Za 13, 1 et 14, 8 ainsi que les notes sur ces passages.

7. – Si 24, 23 – 34 : La sagesse comme une eau vivifiante

La Bible associe souvent l’eau et la vie : depuis la source qui jaillit dans le jardin du paradis jusqu’à celle de l’Apocalypse. Mais si l’homme ne vit pas seulement de pain, il ne vit pas, non plus, seulement d’eau : il a besoin de la sagesse donnée par le Seigneur.

1) Que savez-vous de l’Ecclésiastique ou Siracide : à quel milieu appartient-il ? A quelle époque a-t-il vécu ?
2) Situer notre passage dans Si 24. Que contiennent ces versets ? Sur quoi l’auteur veut-il insister ?
3) Comment nous parle-t-il de l’eau ?

Question 1

– Le Siracide appartient à la Bible grecque ; il est un des livres deutéro-canoniques de la Bible chrétienne.
– Ce livre a été composé en hébreu vers 10 avant J.-C. et traduit en grec vers 132, par le petit-fils de l’auteur : cf. prologue v. 7-12 et 27-30,
– Le Siracide fait partie des livres sapientiaux ; comme les autres livres de sagesse, il s’intéresse aux différents problèmes humains, qu’il aborde sans ordre précis.
– Cependant le chapitre 24, placé au cœur du livre, est tout entier consacré à un discours de la Sagesse : cf. la note BJ sur le titre.

Question 2

– Lire tout le chapitre 24 ; lire aussi la note BJ et TOB sur le titre de ce chapitre.
– Après une brève introduction (v. 1-2), la Sagesse prend la parole (v. 3-22) ; dans la suite, c’est le Siracide qui parle et dit ce qu’est pour lui la Sagesse (v. 23-29) ; il termine en nous partageant son expérience (v. 30-34).
– Cf. aussi la note de BJ sur 24, 23 (titre) et les références marginales de BJ.
– Dans le v. 23, il fait l’application du discours de la Sagesse à la LOI de Moïse, c’est-à-dire, pour lui, à toute la Révélation donnée par Dieu à Israël.
– Quels sont les fleuves dont parlent les v. 25-27 ? Où les trouve-t-on dans la Bible ? Cf. la note BJ sur v. 25. Noter ce que l’auteur dit à leur propos

Question 3

– Pour l’auteur, la LOI donnée à Israël (v. 23) peut être comparée aux quatre grands fleuves du Paradis (Gn 2, 10-14), qui arrosent toute la terre (Gn 2, 6), ainsi qu’au Nil et au Jourdain, qui sont liés, pour lui, à l’histoire de l’Exode.
– Dans les v. 25-27, noter les trois termes (sagesse, intelligence, discipline) et la mention des fruits, de la moisson, des vendanges : que veut-il exprimer par là ?
– Dans les v. 30-31, il parle de son désir de cette eau ; il se compare à un canal, issus d’un fleuve, pour arroser un jardin. Cf. la référence marginale à Is 58, 11.
– Mais cette eau lui apporte bien plus qu’il pensait (v. 31b) ; ayant lui-même accueilli cette eau, il peut en faire bénéficier d’autres (v. 32-34).
– Cette sagesse le fait vivre et il veut la transmettre aux générations futures.

8. – Mc 4, 35 – 41 et p : « Même le vent et la mer lui obéissent ! »

Le lac de Galilée tient une place importante dans les Evangiles. Ce lac parfois dangereux (cf. la note TOB sur Mc 4, 37) devient, pour les Evangélistes, le lieu de la révélation de Jésus et de sa puissance sur les forces du mal.

1) Dans quel cadre Mc rapporte-t-il ce miracle de Jésus ? Sur quoi Mc met-il l’accent ?
2) Compare le récit de Mc avec ceux de Lc et de Mt : expliquer les différences que vous pouvez noter.
3) Quel enseignement pour notre thème ?

Question 1

– Ce récit est rattaché à la journée des paraboles (cf. 4, 1 et 4, 35). Après avoir parlé des paraboles, (4, 2-34), l’Evangéliste raconte 4 miracles (4, 35 – 5, 43).
– Lire la note TOB sur Mc 4, 35 : après l’enseignement en paraboles aux foules (4, 33), Jésus se révèle davantage aux disciples.
– Jésus veut passer sur l’autre rive (v. 35) ; dans les v. 37-38, la tempête et le sommeil de Jésus ; au v. 39, Jésus menace le vent et la mer (cf. la note TOB) et « il se fit un grand calme » ; au v. 41 : la réaction des disciples (cf. note TOB) ; ils progressent dans leur connaissance de Jésus.
– Comparer ce récit avec MC 1, 25-27 ; ici en ajoutant le v. 40, Mc transforme le récit de miracle en enseignement : même quand Jésus paraît dormir, sa présence est plus forte que la mer et le vent (voir note TOB sur v. 41).

Question 2

– Le texte de Lc est assez proche de celui de Mc, mais n’a pas le même lien avec la journée des paraboles : v. 22 : or, un jour il monta en barque… ; Lc note que Jésus veut aller en pays païen (8, 22 et note TOB). Noter la place donnée aux disciples.
– Sur la parole des disciples (v. 24), lire la note TOB ; le reproche de Jésus aux disciples est moins dur qu’en Mc : 8, 25 et note TOB.
– Chez Mt, ce récit est placé dans le groupement de 10 miracles (Mt 8-9) qui suit le Sermon sur la montagne (Mt 5-7) : l’Evangéliste présente ainsi Jésus dans sa parole et dans ses actes. Le récit (sans les détails de Mc) est plus hiératique.
– Noter le lien entre ces récits de miracles et l’intérêt porté aux disciples (v. 24 et note TOB : avant le groupement de 8, 23 à 9, 8, Mt place les v. 8, 18-22 ; cf. aussi après Mt 9, 8, l’appel de Matthieu.
– Dans le récit de Mt, c’est Jésus qui a l’initiative (8, 23 et note TOB) ; la tempête devient un séisme (v. 24 et note TOB) ; noter l’appel des disciples (v. 25) et la réponse de Jésus (v. 26a et note TOB). Remarquer aussi le début du v. 27 (cf. note TOB).

Question 3

– Nous retrouvons ici l’aspect menaçant des (grandes) eaux, comme en Ex 14.
– Sur la signification de la mer dans la Bible, lire la note de BJ sur Ap 21, 1.
– Dans le groupement de Mc 4, 35 – 5, 43, Jésus nous est présenté comme plus fort que la mer, que les démons et que la mort.
– Le sommeil de Jésus dans la tempête exprime ce que les croyants peuvent ressentir dans leurs difficultés. Mais Jésus est vivant et il est plus fort que le vent et la mer.

9. – Jn 2, 1 – 11 : « … l’eau devenue du vin. »

L’épisode des noces de Cana est bien connu, mais qui a perçu toute la richesse de ce texte de Jn. Pour l’Evangéliste, ce n’est pas seulement le récit anecdotique d’un miracle de Jésus ; c’est le « commencement des signes » qui révèlent le mystère de Jésus.

1) Dans quel cadre, l’Evangéliste raconte-t-il le miracle de Cana ? Quelle importance lui reconnaît-il ?
2) En quoi consiste ce miracle ? Que signifie-t-il pour l’Evangéliste ?
3) Quel lien ce texte a-t-il avec notre thème ?

Question 1

– Noter le lien avec ce qui précède (2, 1 et notes BJ et TOB) : le troisième jour achève la semaine de la première manifestation de Jésus (Jn 1, 19. 29. 35. 43).
– Jésus, reconnu par Jean comme celui qui baptisera dans l’Esprit Saint (1, 33), a réuni ses premiers disciples et participe avec eux à une noce. Son premier « signe » est pour donner du vin en abondance.
– Ce signe révèle Jésus à ses disciples (v. 11 et les références marginales de BJ et TOB) ; c’est le commencement des signes ; le début de la réalisation de la parole dite en Jn 1, 50-51.

Question 2

– A première lecture, il pourrait s’agir d’un miracle de Jésus pour venir en aide à une jeune couple à qui le vin vient à manquer pendant la célébration des noces. Alerté par sa mère, Jésus leur procure (en abondance) le vin nécessaire.
– Mais pour Jn, ce récit est avant tout symbolique : le troisième jour dans la Bible est souvent le jour d’une manifestation divine (cf. Ex 19, 16 ; 1 Co 15, 4) ; l’heure (v. 4 et notes BJ et TOB) ; le thème des noces (cf. Os 2, 21 et note BJ) ; le vin de la fête
– L’Evangéliste n’insiste pas sur le merveilleux, mais sur la signification : en donnant en abondance (cf. note TOB sur v. 6) le bon vin, Jésus inaugure l’alliance nouvelle.
– Cf. encore : l’eau puisée dans des jarres qui servaient aux purifications des Juifs (v. 6).
– C’est le commencement (comme le traduit bien la TOB) des signes : Jésus manifeste sa gloire (cf. Ex 24, 18 et note BJ) à ses disciples. La pleine manifestation de sa gloire aura lieu à la croix (cf. Jn 12, 28 et les références de BJ). Noter aussi la présence de la mère de Jésus, ici et en Jn 19, 25-27.

Question 3

– Dans l’AT, l’eau signifiait la vie que Dieu donne à son peuple (Jr, 2, 13), qu’il donne par sa Parole, la Loi (Si 24, 23ss).
– Avec Jésus le don de Dieu acquiert sa plénitude : l’eau devenue du vin permet la célébration des noces de Dieu avec l’humanité et révèle la dimension du dessein de Dieu. « Le vin produit n’est pas surajouté à l’eau, il est l’eau devenue du vin. De même le Nouveau Testament ne supplante pas ce que l’on appelle improprement l’Ancien Testament. Il est, de par la parole de Jésus, le Testament de Dieu devenu nouveau. » (X. LEON-DUFOUR)

10. – Jn 9, 1 – 41 : « Je me suis lavé et je vois. »

La guérison d’un aveugle-né, à la piscine de Siloé, tient une place importante dans l’Evangile de Jn. En ouvrant les yeux de l’infirme à la lumière, Jésus se révèle et il invite ceux qui sont témoins de ce signe à accueillir le salut qu’il apporte.

1) Quelle place l’Evangéliste a-t-il donné à ce récit ? Sur quoi veut-il insister ?
2) Que contient ce récit ? Qui sont les personnages qui interviennent Comment réagissent-ils ?
3) Que pouvons-nous tirer de ce texte de Jn pour notre thème ?

Question 1

– Parmi les sept « signes » que Jn a retenus dans son Evangile (cf. Jn 20, 30-31), celui-ci est le sixième, juste avant le « signe » de la résurrection de Lazare (Jn 11), qui termine le Livre des Signes (Jn 1 – 12)
– Jn parle d’un aveugle de naissance : quelle signification cela peut-il avoir ?
– Pourtant Jn n’insiste pas sur le miracle lui-même, raconté en deux versets (v. 6-7), mais sur les conséquences que ce signe entraîne.
– Comme en d’autres miracles de Jn, c’est Jésus qui prend l’initiative : il voit l’aveugle, il crache et fait de la boue, il dit… ; mais ici, comme en Jn 5, 1-15, Jésus n’apparaît qu’au début et à la fin.

Question 2

– Après la guérison de l’infirme, le texte nous montre plusieurs réactions : celle des voisins (v. 8-12) ; puis une 1ère rencontre avec les Pharisiens (v. 13-17) et leurs questions (comment ? que dis-tu de lui ?) ; les questions des Pharisiens aux parents (v. 18-23) ; le 2ème interrogatoire de l’aveugle (v. 24-34) : être disciple de Moïse ou de Jésus ? ; enfin la rencontre avec Jésus et la foi de l’aveugle (v. 35-38)
– Noter le cheminement de l’aveugle : au début, il est purement passif (v. 1ss) ; il obéit à l’ordre donné par Jésus (v. 6) ; face aux attaques, il prend le parti de celui qui l’a guéri et découvre ainsi peu à peu qui est Jésus.
– Les Pharisiens sont divisés entre l’importance accordée au sabbat (v. 14 et note BJ et TOB) et le prodige opéré par Jésus. Sur le sens du mot « Juif » (v. 18), cf. les notes BJ et TOB sur Jn 1, 19.

Question 3

– Noter les répétitions des mots : se laver …voir (v. 7b. 11. 15) ; cf. aussi la mention de Siloé et l’explication (v. 7 et note TOB).
– BJ donne en marge Is 8, 6 : lire ce passage et la note BJ sur 8, 5 (titre).
– Dans la TOB, on nous donne en marge la référence à 2 R 5, 10 : quel lien voyez-vous entre ces deux textes ? (l’eau du Jourdain purifie Naamân de sa lèpre ; ici l’eau de Siloé (de l’Envoyé) rend la vue à un aveugle de naissance).
– Relire la fin de la note TOB sur le v. 7. Voir aussi la note BJ sur 9, 32.

11. 1 P 3, 13 – 4, 6 : « huit personnes furent sauvés à travers l’eau »

La Première Lettre de Pierre offre un très riche aperçu sur la prédication chrétienne à la fin du 1er siècle. Dans le paragraphe que nous étudions, nous sont conservés plusieurs éléments qui trouveront leur place dans le Symbole des Apôtres.

1) Situer ce passage dans la Lettre. Comment pourrait-on diviser notre texte ?
2) Travailler sur 1 P 3, 18-22 : de quoi parlent les v. 18 et 22 ? Expliquer les v. 19-21 : que contiennent ces versets ?
3) Que peut tirer de ce texte pour notre thème ?

Question 1

– Sur la Première Lettre de Pierre, lire les introductions de vos Bible; lire également le début de la Lettre : 1 P 1, 1-2 et les notes de BJ et TOB sur ces versets.
– Pour certains (par ex. pour la TOB : voir introduction), notre passage fait partie de la troisième série d’exhortations, qui s’étend de 1 P 3, 13 à 4, 11.
– BJ et TOB divisent notre passage en trois parties : 3, 13-17; 3, 18-22 et 4, 1-6. Comparer les sous-titres que donnent la BJ et la TOB; proposer d’autres titres pour ces différentes sections.
– Lire la note BJ sur 3, 18 (titre).

Question 2

– Lire les v. 18 et 22 : ces versets nous apparaissent comme des fragments de confession de foi primitive.
– Pour le v. 18, lire les références données en marge par BJ, spécialement celles de Rm 5, 6 et 6, 10 (où se trouve un renvoi à He 7, 27 +). Voir également la référence indiquée à Rm 1, 3-4 + et celle sur Ac 3, 14 +.
– Sur le v. 22, BJ donne en marge Ac 2, 33 + : lire Ac 2, 32-36 et la note indiquées sur le v. 33.
– Le texte et la note sur Col 2, 15 + peuvent compléter ce qui est donné ici, en note sur le v. 22.
– Dans les v. 19-21, il est question de la «descente aux enfers » : voir la note BJ sur le v. 19. Lire également les notes données en TOB sur ce verset.
– Comment comprenez-vous cet article de foi du Credo (il est descendu aux enfers) ?
– C’est à propos de cette « descente aux enfers » que l’auteur parle des contemporains de Noé (v. 20-21) et qu’il fait référence au baptême : lire les notes de BJ sur le v. 21.

Question 3

– Le début du v. 21 parle d' »antitype » (cf. la note de BJ) : pour comprendre la signification de ce terme, la note nous invite à lire 1 Co 1, 6 et la note qui s’y rapporte.
– Le salut de Noé (sauvé jadis dans l’arche, à travers l’eau qui détruit le monde pécheur), est pour l’auteur de cette Lettre le « type » du salut que Dieu réalise maintenant à travers le baptême chrétien (l’antitype).
– Sur le rite du baptême chrétien auquel le texte fait référence, voir Rm 6, 4 + (cité en marge dans BJ).
– Pour la signification du nombre huit (v. 20), lire 2 P 2, 5 et la note donnée en TOB sur ce verset.

12. – Ap 21, 1 – 22,5 : L’ange me montra le fleuve de Vie

Notre étude est une page célèbre de la Bible, une page qui clôt l’Apocalypse et en même temps toute la Bible ! En contraste avec Babylone, symbole de la cité du mal (cf. Ap 17-18), la Jérusalem nouvelle n’est pas une réalisation humaine ; elle vient de Dieu.

1) Situer notre texte. Que contient ce passage biblique ?
2) Quelles sont les trois visions que nous donne l’Apocalypse pour évoquer le monde nouveau ?
3) Relever dans ce texte tout ce qui peut se rapporter à notre thème.

Question 1

– Dans la division proposée par la BJ, notre texte forme la fin de la seconde partie du livre (Ap 4-22) ; cette partie est subdivisée en 4 sections : Ap 4-16 ; 17,1 – 19, 10 ; 19, 11 – 20, 15 et enfin 22, 1 – 22, 15.
– Voir le découpage, un peu différent dans TOB (Introduction) : après la partie prophétiques (les Lettres : Ap 2-3), vient la partie proprement apocalyptique : Ap 4-5 ; puis Ap 6-11 (les préludes) ; ensuite la grande confrontation (Ap 12, 1 – 20, 15) et enfin l’accomplissement et la manifestation finale (Ap 21, 1 – 22, 5).
– Pour évoquer la manifestation finale l’auteur mentionne trois visions : 21, 2-8 ; 21, 9-27 ; 22, 1-5. Sur la signification de la nouveauté, voir la note TOB en Ap 2, 17.

Question 2

– Sur tout ce passage, lire la note BJ sur 21, 1 (titre).
– La 1ère vision est celle de Jérusalem comme une jeune mariée : cf. Ap 19, 7-8 et note BJ qui renvoie à Os 1, 2 + ; lire aussi les notes de BJ sur Ap 21, 2 et 3.
– Cette 1ère vision souligne la « dimension humaine et relationnelle de la Jérusalem nouvelle » (J.-P.Prévost).
– La 2ème vision s’inspire surtout d’Ez 40-48. Mais ici la cité nouvelle est en tous points parfaite (cf. les notes BJ sur les v. 14 et 19) et elle remplace le Temple (v. 22 et note BJ).
– La 3ème vision est inspirée par Ez 47, 1-12 : la nouvelle Jérusalem est un jardin de vie qui rappelle celui de l’Eden (cf. les notes TOB sur 22, 1 et 2).

Question 3

– Le thème de l’eau est particulièrement présent dans la 3ème vision (cf. la note BJ sur 22, 1 et les renvois à Jn 4, 1 + et Jn 7, 37-39.
– Comme dans Ez 47, cette eau est à l’origine d’une fécondité extraordinaire.
– Notre texte évoque également un autre aspect du thème : les grandes eaux, la mer, symbole du mal : 21, 1 et la note de BJ.
– On trouve encore l’eau en Ap 21, 6 (cf. la note BJ et les références marginales à Is 55, 1 et Ap 22, 17.

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DE L’ANCIENNE A LA NOUVELLE ALLIANCE

peupleL’alliance est une notion centrale de l’Histoire du salut : nous parlons de l’ancien et du nouveau Testament, de l’ancienne et de la nouvelle Alliance.
Mais comment et pourquoi, le peuple d’Israël en est-il arrivé à exprimer sa relation avec Dieu en termes d’alliance ? Quelle signification avait alors pour eux ce mot d’alliance ? A-t-il encore pour nous aujourd’hui la même signification ? Voilà quelques unes des questions que nous devons nous poser pour entrer dans le sujet.

Une alliance pour nous

Que signifie pour nous le mot d’alliance ? En ouvrant un journal, nous pouvons trouver ce mot dans des expressions comme “alliance atlantique”, “alliance électorale”, “parenté par alliance ” etc.
Pour nous, le mot alliance signifie un lien, mais combien fragile et souvent de peu de durée. On entre dans une alliance et on en sort; un parent “par alliance” est pour nous un parent de “deuxième catégorie”, un “rapporté” comme on le dit en certains lieux …
Or la Bible nous apprend que Dieu fait alliance avec nous. Le fait-il en donnant à ce terme le sens que nous lui donnons aujourd’hui dans notre culture occidentale ? Si tel devait être le cas, que pourrions-nous attendre d’une telle alliance ?

… et pour les gens de la Bible

Mais dans le monde où la révélation de Dieu s’est déroulée, le mot “alliance” avait une valeur bien plus grande; il exprimait quelque chose d’essentiel, de vital; ce mot désignait un engagement qui, une fois conclu, devait durer toujours.
Par un rite d’alliance, deux individus ou deux groupes humains vont créer entre eux un lien aussi solide et aussi durable que celui du sang qui unit naturellement tous les membres d’une même famille ou d’un même clan.

C’est en partant de cette réalité, qui appartenait à la vie quotidienne des ancêtres d’Israël, que Dieu va révéler son dessein de salut pour l’humanité. Ainsi en parlant de l’alliance que Dieu a conclue avec eux, le peuple de la Bible veut signifier un engagement profond et indestructible que Dieu a pris à l’égard de leurs pères et qui dure toujours.

Notre étude

Ce dossier propose un parcours pour suivre l’évolution de ce thème dans l’Ancien et le Nouveau Testament.

Nous commencerons par un texte où il est question d’une alliance entre hommes (1), puis nous aborderons les textes qui parlent de l’alliance que le Seigneur a proposée (2-3) puis conclue avec Israël lors de la libération d’Égypte (4).

A partir de là, nous verrons comment cette alliance a été vécue dans l’histoire du peuple (5-6-7-8).

En méditant sur ses origines, Israël en est venu à parler d’une alliance remontant jusqu’à Abraham et même jusqu’à Noé (9-10). Où fallait-il placer ces deux études ? Nous les avons mises en conclusion de l’Ancien Testament, mais on pourrait faire le choix de les étudier dans l’ordre où nous les lisons dans la Bible.

Avec Jésus, avec sa mort et sa Résurrection, l’alliance ancienne trouve son accomplissement. C’est ce qu’expriment en particulier les textes qui relatent l’Institution eucharistique (11-12). Mais c’est aussi ce que la Lettre aux Hébreux souligne avec force (13).

Enfin la dernière grande vision de l’Apocalypse (14) veut nous inviter à contempler dans la Jérusalem qui descend du ciel l’accomplissement dernier et définitif de ce dessein de Dieu que l’alliance d’autrefois avait ébauché.

* * * * * *

Pour un parcours réduit, on pourrait prendre les études suivantes :

2. (3.) 4. (6.) 7. 9. 11. 13 (14.)

1. – Gn 26, 26-33 : l’alliance entre Isaac et Abimélek

Dans le monde où la Bible a vu le jour conclure une alliance était un geste important et sacré; c’était prendre un engagement visant à garantir la paix entre deux individus ou deux groupes humains.

1) Lire ce passage et le situer dans son contexte. Le découpage proposé par la BJ se
justifie-t-il ? oui ? non ? pourquoi ?
2) Étudier Gn 26, 26-33 : quel est le sens général de ce passage ? proposer une division
de ce texte.
3) Pourquoi est-il ici question d’alliance ? Qui fait alliance ? Pourquoi ? Comment ?

Question 1

• Ce passage appartient à l’histoire d’Isaac et de Jacob (Gn 25, 19 – 37, 1) et plus spécialement à l’histoire d’Isaac (voir la note de BJ sur Gn 26, 1 +).
• Gn 26 est composé de 3 épisodes (26, 1 – 14; 15 – 25; 36 – 33) qui ont leurs parallèles dans l’histoire d’Abraham (cf Gn 26, 1 + ainsi que les indications données en marge par BJ sur les trois titres). Noter cependant que le parallèle entre Gn 26, 15 – 25 et Gn 21, 25 – 31 est assez faible.
• La TOB divise Gn 26 en deux parties : v. 1 – 14a (Isaac et Abimélek) et 14b – 33 (contestation et alliance). Effectivement depuis le v. 15, il est question de puits et des contestations qui en résultent.

Question 2

• Gn 26, 26-33 : l’alliance de Bersabée. Abimélek, le roi, recherche l’alliance avec Isaac, le béni de YHWH (cf. v. 29; cf. v. 28).
• On pourrait diviser ce passage en 4 : l’arrivée d’Abimélek et de ses compagnons chez Isaac (v. 26-27); la demande d’alliance (v. 28-29); la conclusion (v. 30-31); le “puits du serment” (v. 32-33).
• Relever les éléments qui relie ce passage à ce qui précède (v. 14b-25).

Question 3

• Il y a une situation de conflit entre Isaac (et son groupe) et Abimélek et les Philistins, au sujet des puits (v. 15-25). Isaac a été chassé (v. 16 et 27) et il est monté à Bersabée (v. 23).
• Abimélek vient demander une alliance (v. 28) par ce qu’il reconnaît qu’Isaac est un homme“béni du Seigneur” (v. 28 et 29)
• Faire une alliance, c’est créer, par un rite, une communauté de vie semblable à celle qui est donnée naturellement par le sang. C’est construire la paix (shalôm). C’est prendre un engagement pour toujours, pour soi et sa descendance.
• Le rite de l’alliance est ici un repas partagé “ils mangèrent et ils burent” (v. 30) ainsi que le serment mutuel (v. 31).
• Cf. encore le nom donné au puits (v. 32-33) et qui garde le souvenir de l’engagement qui a été pris. Sur ce nom, voir la note BJ sur v. 33.

2. – Ex 19, 3-8 : Dieu propose une alliance

C’est en partant de cette réalité humaine de l’alliance qu’Israël va exprimer le lien qui le rattache au Seigneur. Mais ici, l’alliance n’est pas conclue entre égaux : toute l’initiative vient du Seigneur.

1) Qu’est-ce que le mot “alliance” évoque dans notre langage habituel ? Citez quelques
expressions contenant le mot “alliance” que vous aurez pu trouver dans votre journal.
2) Lire Ex 19, 1-25 et situer ce passage dans le livre de l’Exode. Relever les idées prin-
cipales de ce chapitre.
3) Travailler sur Ex 19, 3-8 : comment ce passage est-il construit ? Qui est le personnage
le plus important ? Pourquoi ?

Question 1

• Pour nous une alliance est un engagement, plus ou moins stable, entre des personnes ou des groupes.
• On parle d’alliance politique, d’alliance économique, d’alliance militaire, d’alliance électorale …
• On parle aussi de parenté par alliance par distinction avec la parenté de sang.
• Pour la Bible, une alliance est un engagement pour toujours; un lien comparable à celui du sang : désormais ceux qui ont fait alliance sont des frères.

Question 2

• Le livre de l’Exode comprend deux grands thèmes : la sortie d’Égypte (Ex 1 – 15) et l’alliance (Ex 19 – 44); entre les deux, on trouve un thème mineur : les étapes au désert entre la Mer et la montagne du Sinaï (15, 22 – 18, 27).
• Avec le ch 19 commence le récit de l’alliance qui est le but “théologique” de la sortie d’Égypte : faire passer Israël “de la servitude au Service”.
• En Ex 19, 3ss, Dieu propose à Israël de faire alliance; à partir du v. 9, le peuple se prépare à rencontrer le Seigneur, qui va se manifester à lui (v. 16ss).
• Ce chapitre souligne la sainteté de Dieu : Dieu se manifeste sur la montagne, dans le feu et le tonnerre (spécialement v. 16ss); Israël doit se préparer (v. 10-11) et il doit respecter une distance (v. 12-13; v. 21-24).

Question 3

• Noter la place de Moïse, son rôle d’intermédiaire, entre Dieu et le peuple.
• remarquer la place importante donnée à la déclaration de Dieu (v. 3b – 6); détailler les éléments de cette déclaration : rappel du passé / choix proposé maintenant / promesse pour l’avenir.
• Les v. 5-6 soulignent la gratuité de l’élection et de l’alliance que Dieu propose ainsi que la liberté du peuple.
• Noter comment est mise en valeur la réponse unanime du peuple (v. 8) : tout le peuple … d’un commun accord … tout ce que le Seigneur a dit …
• C’est le peuple entier qui répond à la proposition du Seigneur; Moïse remplit le rôle d’un messager entre les parties qui vont contracter l’alliance.

3. – Ex 20, 1 – 21 : les clauses de l’alliance

L’alliance est un don gratuit de Dieu. Mais la communion de vie entre le Seigneur et Israël exige de la part du peuple un comportement digne de ce don.

1) Situer ce passage dans son contexte et montrer comment le contexte met en valeur les
“Dix Paroles”.
2) Certains proposent de diviser les v. 3 -17 en 3 groupes (v. 3-6; 7-12; 13-17) : pouvez-v
vous justifier une telle division ?
3) Quelle est l’importance du v. 2 ?

Question 1

• Notre passage se situe après la proposition faite par Dieu (Ex 19, 3-8) et avant la conclusion de l’alliance qui sera racontée en Ex 24, 1-11.
• Le peuple, qui s’est purifié (v. 11-15), se trouve au pied de la montagne où Moïse l’a conduit (v. 17); maintenant Dieu va lui parler (Ex 20, 1).
• Le récit qui encadre les “Dix Paroles” (Ex 20, 1 et 18-21) souligne l’importance particulière de ces Paroles; le peuple les reçoit directement de Dieu. Comparer avec la suite, le Code de l’alliance (Ex 20, 22-23), où Moïse sert d’intermédiaire entre Dieu et le peuple.

Question 2

• Lire les notes de BJ et de TOB sur Ex 20, 1 + et résumer les informations.
• En fait, ces versets (comme le Décalogue de Dt 5, 7-21) contiennent 12 préceptes négatifs et 2 positifs (v. 8 et 12), mais l’appellation de Décalogue ( = Dix Paroles) est traditionnelle.
• Pour la triple division proposée, on peut noter que les v. 3-6 sont des paroles de YHWH (je/moi ); les v. 7-12 sont des paroles sur YHWH (il ) et le prochain; enfin dans les v. 13-17, YHWH n’est plus nommé.
• On trouve en Dt 5, 7-21 un texte presque semblable : la différence la plus sensible concerne la motivation du repos du sabbat : cf les notes de BJ sur Ex 20, 6 et Dt 5, 15.

Question 3

• Sans ce verset, la suite deviendrait une série d’ukases d’un Dieu lointain.
• Dieu a libéré son peuple de l’Égypte et de la servitude (cf. le credo d’Israël) : les paroles qui suivent sont les conséquences qui en découlent : voir la note TOB sur v. 2.
• Pour l’amour libre et gratuit qu’il lui a témoigné, Dieu attend de son peuple une réponse entière (voir note BJ sur v. 3; cf. aussi la note TOB sur Ex 34, 14 ou encore, en BJ, le renvoi à Dt 4, 24 + (en marge d’Ex 20, 5).
• La libération d’Égypte devient le modèle du repos du sabbat et elle doit être étendue à tous, sans exception (v. 9-10).
• Les v. 13-17 ont valeur universelle : ils présentent quelques cas fondamentaux des relations justes entre les hommes. Ils sont un appel à vivre libre et à créer un espace de liberté pour tout homme.

4. – Ex 24, 1 – 11 : la conclusion solennelle de l’alliance

L’alliance que Dieu proposait au peuple en Ex 19 et dont Ex 20 (cf. aussi 20, 22ss) fixait les conditions, va maintenant se conclure.

1) La note de BJ sur Ex 24, 1 nous parle de deux récits différents de l’alliance : comment
comprendre cette note ? Quelles questions cela nous pose-t-il ?
2) Lire Ex 24, 1-2 + 9-11 : ce récit est-il complet ? Qui intervient ici pour la conclusion
de l’alliance ? Quel est le rite ? Sur quoi insiste ce récit ?
3) Lire Ex 24, 3-8 : comment nous est présentée ici la conclusion de l’alliance ? Quel en
est le rite ? Qu’est-ce qui est mis particulièrement en valeur ?

Question 1

• La note nous parle de deux récits différents provenant de traditions anciennes; le premier (v. 1-2 + 9-11) encadrant actuellement le second (v. 3-8).
• Prendre cette note comme hypothèse de travail et lire les versets indiqués séparément : ces traditions nous donnent-elles un récit complet de la conclusion de l’alliance ?
• Si les récits sont différents, ils ne veulent donc pas nous dire comment les choses se sont passées autrefois. Ne témoignent-ils pas plutôt de la signification qu’avait l’alliance pour des groupes différents au temps où ces récits ont été composés ?

Question 2

• Dans ce récit, l’alliance est conclue sur la montagne par Moïse, Aaron, Nadab et Abihu (deux de ses fils) et par les 70 anciens d’Israël. Noter l’importance donnée aux différents personnages par leur proximité par rapport à Dieu.
• Le rite de conclusion est un repas avec/en présence de Dieu : cf. Gn 26, 30. Par l’alliance, on est admis à la table de Dieu, (cf. les sacrifices de communion : voir Lv 3, 1 +).
• Ce texte insiste sur la possibilité de “voir Dieu” (v. 10 et 11) sans mourir (il ne porta pas la main sur eux) : voir la note sur Ex 33, 20 + (cité en marge).

Question 3

• Ici l’alliance est conclue par un rite de sang : un même sang ( = une même vie) est répandu contre l’autel et sur le peuple (cf. la note BJ sur le v. 8).
• C’est le peuple tout entier (et non ses représentants) qui s’engage dans l’alliance en donnant par deux fois son accord ( v. 3 et v. 7).
• La condition de cet engagement est l’acceptation de toutes les paroles du Seigneur et toutes les lois (v. 3 et v. 7).
• Moïse a le rôle de médiateur de l’alliance (noter tous les verbes qui décrivent son activité), mais c’est tout le peuple qui s’engage dans l’alliance.
• Par l’alliance, Dieu et le peuple deviennent “frères” : désormais, un même sang les unit.
• Noter encore la place (centrale) donnée aux jeunes Israélites (v. 5) : à l’occasion de cette célébration, les jeunes générations entrent dans l’alliance conclue autrefois.

5. – Jos 24, 1-28 : L’alliance de Sichem

Seule une partie des tribus qui formeront plus tard Israël a vécu l’expérience de la délivrance d’Égypte. Mais la foi en YHWH qui en est résultée a été partagée plus tard avec d’autres groupes.

1) Situer ce chapitre 24 dans l’ensemble du livre. De quoi parle ce chapitre ?
2) Quel est le contenu des v. 1 – 13 ? Quelle est la signification de ce passage ?
3) Quel changement y a-t-il à partir du v. 14 ? Que signifie ce pacte de Sichem ?

Question 1

• Le Livre de Josué comprend trois grandes parties : la conquête (Jos 1 – 12); la répartition de la terre (Jos 13 – 21); la fin de la carrière de Josué (Jos 22 – 24).
• Notre texte appartient à la troisième partie : après le “dernier discours” de Josué (cf. Jos 23, 1 +), il est maintenant question de l’assemblée de Sichem.
• Sur la signification de ce chapitre 24, lire la note BJ sur le titre; en TOB, voir spécialement les notes sur Jos 24, 2 et 15.
• La BJ divise notre texte en trois parties : v. 1-13; 14-24; 25-28.
• Sur le choix de Sichem pour cette assemblée, voir la note BJ sur v. 1.

Question 2

• Après le v. 1 qui introduit le récit (cf. aussi le v. 28 qui le conclut), vient un long discours de Josué ( v. 2-13), parlant au nom de YHWH (je) : c’est un rappel historique.
• Ce rappel évoque la période patriarcale (v. 2-4), puis la sortie d’Égypte et le temps du désert (v. 5-10) et enfin le don de la terre (v. 11-13).
• Repérer les personnages mentionnés et les événements qui sont évoqués : qu’est-ce qui est mis en valeur (cf. les références marginales données en BJ) ?
• Ce rappel de tout ce que Dieu a fait jusqu’ici pour le peuple et le gage de ce qu’il fera encore à l’avenir, si le peuple est fidèle (cf. v. 14).

Question 3

• Depuis le v. 14, c’est toujours Josué qui parle, mais maintenant il parle en son nom et fait référence à YHWH à la 3e personne (il) : Josué interpelle directement le peuple et celui-ci répond.
• Noter dans ce passage les nombreux emplois du mot “servir” (14 fois, dont 7 fois dans les v. 14-15); au sens biblique, ce mot signifie la fidélité dans la foi, l’obéissance totale à Dieu.
• Au v. 15 un choix est proposé et le peuple répond (v. 16-18. 21. 24)
• dans la tradition ancienne, il s’agissait probablement de la proposition de la foi yahviste à des groupes qui n’avaient pas connu l’expérience de l’exode (cf. la 2e partie de la note BJ sur Jos 24, 1 (titre) et celle de TOB sur v. 15.
• Mais dans la présentation actuelle, où Josué réunit toutes les tribus au sanctuaire de Sichem (v. 1), ce texte devient un renouvellement solennel de l’alliance, conclue autrefois au Sinaï, par ceux qui sont maintenant en possession de la terre (v. 25-27).

6. – Os 2, 16 – 25 : “Je te fiancerai à moi pour toujours …”

On peut regretter que le manque de familiarité de beaucoup de chrétiens avec la Bible nous empêche de lire, en entier, dans la liturgie ce deuxième chapitre d’Osée. Il contient une révélation extraordinaire de l’amour de Dieu pour les hommes.

1) Situez notre texte dans son contexte et proposer une division d’Os 2, 4 – 25.
2) Travaillez les v. 16 – 25 en vous servant des notes de vos Bibles.
3) Qu’est-ce que ce texte d’Osée nous apporte de nouveau pour notre thème ?

Question 1

• Echanger sur ce que nous savons concernant Osée, sa vie, son expérience de Dieu : cf. note de BJ sur Os 1, 2 (titre).
• Le passage étudié fait partie d’un ensemble (Os 2, 4 – 25) : lire la note de BJ sur Os 2, 4 (titre); c’est un procès (voir note BJ ou TOB sur Os 2, 4) que Dieu fait à son peuple infidèle.
• Il y a d’abord l’accusation portée contre le peuple ( = la femme), spécialement au v. 7, puis la sentence (v. 8 – 15) : c’est pourquoi … (v. 8 et 11).
• A partir du v. 16, au lieu du châtiment que l’on pourrait attendre, c’est la promesse inouïe d’un pardon qui vient renouveler le peuple infidèle.

Question 2

• Dieu va transformer son épouse infidèle (v. 16 et les notes de BJ et TOB); il va la conduire au désert : sur ce mot, voir la note de BJ.
• Sur le changement d’appellation (v. 18), voir les notes de BJ et TOB; cf. aussi le renvoi à Jn 15, 15.
• Cette réconciliation avec Dieu a des conséquences “cosmiques” : v. 20 et les renvois signalés en marge par BJ.
• Sur les v. 21 – 22, lire les notes de BJ et TOB : l’amour de Dieu redonne à son peuple une virginité nouvelle qui permet à Israël de “connaître” le Seigneur (v. 22 et note).
• Pour les v. 23 – 24, lire la note de BJ sur v. 24.

Question 3

• Osée est le premier auteur biblique à parler de l’alliance en termes d’épousailles entre Dieu et le peuple.
• A partir de son expérience conjugale malheureuse, le prophète à découvert que l’amour de Dieu pour son peuple peut le recréer et lui ouvrir un avenir inattendu.
• Osée crée un langage nouveau de la foi en adoptant la symbolique nuptiale : l’alliance de Dieu avec Israël est un amour totalement gratuit et créateur.

7.- Jr 31, 31 – 33 : une alliance nouvelle

Plus que quiconque Jérémie a pris conscience de l’impossibilité pour Israël à vivre l’alliance du Sinaï. Mais au lieu de désespérer, il annonce pour l’avenir une alliance nouvelle.

1) Que veut dire Jérémie quand il parle d’une alliance nouvelle ?
2) Qu’est-ce qui sera véritablement nouveau dans cette alliance ?
3) Pourquoi fallait-il une alliance nouvelle ?

Question 1

• Jérémie ne veut pas parler d’un renouvellement d’alliance comme cela s’était fait à différentes reprises dans l’histoire du peuple; cf la tentative de réforme faite par Josias (en 622) après la découverte dans le Temple d’un livre de Loi (voir 2 R 22-22); au début de son ministère, Jérémie avait soutenu cette réforme.
• Il s’agit bien d’une alliance, c’est-à-dire du projet de Dieu de partager sa vie en faisant d’Israël “son peuple”.
• Mais c’est une alliance “nouvelle”, différente de celle conclue autrefois au Sinaï et que le peuple a été incapable d’observer.

Question 2

• Lire la note de BJ sur Jr 31, 31 + et, en particulier, les trois points indiqués pour caractériser l’alliance que Dieu annonce maintenant par Jérémie.
• La première alliance était liée à la libération du peuple en Égypte; ici Dieu libère son peuple du péché (v. 34) et il lui permet ainsi de vivre l’alliance.
• L’alliance du Sinaï engageait le peuple tout entier (cf. Jr 31, 29 +) alors que dans la nouvelle alliance, Dieu s’adresse à chacun personnellement.
• De plus, cette alliance nouvelle sera offerte à tous les hommes et non plus seulement à Israël.
• Au Sinaï, la Loi indiquant la volonté de Dieu était placée devant l’homme (sur des “tables de pierre”); désormais elle est inscrite sur le “coeur” de chacun et c’est la présence de l’Esprit de Dieu qui permet de vivre la réalité de l’alliance.

Question 3

• A l’époque de Jérémie, dans les relectures de l’histoire du peuple, on a pris conscience des nombreuses ruptures d’alliance qui ont marqué cette histoire.
• Jérémie parle de l’échec de l’alliance du Sinaï (v. 32) et il a été témoin lui-même de l’échec du renouvellement opéré par le roi Josias (Jr 31, 31 +).
• Jérémie est un des prophètes qui a exprimé le plus fortement l’incapacité de l’homme à vivre dans la fidélité à Dieu; il a conscience qu’un renouvellement ou un changement de structures ne saurait suffire (cf. Jr 10, 23; 13, 23).
• Pour que l’homme soit fidèle à Dieu, il faut un changement du “coeur” de l’homme, ce que Dieu seul peut faire.
• Malgré son analyse lucide – et pessimiste – , Jérémie affirme sa confiance dans le dessein de Dieu : ce que Dieu a commencé, il le mènera à terme.
• A l’avenir, Dieu fera quelque chose de nouveau : voici venir des jours …

7 a. – “Visite guidée“ de Jr 31, 31 +

I. Après l’échec de l’antique alliance : Jr 31,32; cf. Ez 16,59;
après la tentative avortée de Josias (voir 2 R 22-23) pour restaurer l’alliance,
le dessein de Dieu est annoncé par Jérémie sous un jour nouveau.

II. Après une catastrophe (la ruine de Jérusalem, l’Exil) qui ne laissera subsister
qu’un “reste” cf Is 4, 3 +; Dieu conclura à l’avenir une alliance nouvelle
(Jr 31,31)

III. Comme toute alliance, on retrouve :

– la fidélité des hommes à la Loi;
– la présence divine qui assure paix et prospérité matérielle : Ez 36, 29-30;
– cet idéal s’exprime par la formule “Je serai votre Dieu et vous serez mon
peuple” : Jr 31,33; cf. 24,7; 32,38; Ez 11, 20 …

IV. Mais Jérémie annonce une alliance Nouvelle : la nouveauté porte sur
trois points :

1) l’initiative divine du pardon des péchés

Jr 31, 34 “ils me connaîtront tous parce que je vais pardonner leurs péchés…” cf. Ez 36,25.29; Ps 51, 3-4.9 (où le pardon est demandé à Dieu, cf. le v. 12 ).

2) la responsabilité et la rétribution personnelle : Jr 31,29 +.

Ez 14,12 + (lire cette note de BJ et la résumer); dans les temps anciens, solidarité; au temps de l’Exil, Jr et Ez mettent l’accent sur la responsabilité individuelle; le texte d’ Is 52-53 (Chant du Serviteur), viendra nuancer l’apport précédent par la solidarité du Juste qui accepte de souffrir pour les pécheurs; le NT prolonge ces lignes. Voir encore Ez 18, cf. 18,21 +.

3) l’intériorisation de la religion : Jr 31,33

la loi sera écrite sur leur “coeur”, et non plus sur des tables de pierre; sur le “coeur” pour connaître, cf. Jr 24,7; 32,39; voir aussi Jr 4,4 +; sous l’influence de l’Esprit de Dieu : cf. Ez 36,26-27; Ps 51,12; capable de “connaître” Dieu : Os 2,22 +.

V. Cette alliance Nouvelle (annoncée par Jr) est proclamée de nouveau par Ez 36, 25-28; par Is 55,3; 59,21; 61,8, cf. Ba 2,35, (mais sans reprendre le mot “nouvelle”);

VI. elle est vécue dans le Ps 51;

VII. elle sera inaugurée par le sacrifice du Christ : Mt 26, 28 p;

VIII. et les Apôtres annoncent son accomplissement : 2 Co 3,6; Rm 11,27; He 8, 6-13; 9, 15s; I Jn 5, 20 +.

8. – Is 54, 1 – 10 : “mon alliance de paix ne chancellera pas”

Au peuple en exil, alors que tout semble perdu, un prophète ose affirmer que l’amour du Seigneur dure toujours. C’est lui qui maintenant console son peuple et qui lui annonce une alliance de paix qui ne chancellera pas.

1) Situez ce passage dans son contexte littéraire et historique.
2) Quel est le message du prophète dans ces versets ? A quelles images fait-il appel pour
exprimer sa pensée ?
3) Travaillez plus particulièrement sur les v. 9-10 : comment concernent-ils notre thème ?

Question 1

• Les chapitres 40-55 forment la deuxième partie du Livre d’Isaïe. Ils sont l’oeuvre d’un prophète anonyme parmi les exilés de Babylone. Son ministère peut se situer entre 550 et 539.
• Depuis 587, Jérusalem est détruite, le Temple est en ruines; une partie importante du peuple est déporté à Babylone.
• Mais à partir de 550, l’espérance peut renaître : les victoires de Cyrus commencent à fragiliser la position de Babylone en devenant le maître de tous les pays que Babylone avait jusque-là dominés.
• En 539, les troupes de Cyrus entrent à Babylone et quelques mois plus tard (en 538), Cyrus publie un édit permettant le retour des exilés dans leur pays.

Question 2

• Lire la note de BJ sur Is 54, 1 (titre).
• C’est une invitation à la joie et à l’espérance.
• Parmi les images utilisées pour exprimer ce bonheur prochain, on peut relever celle de fécondité de Jérusalem (v. 1), l’élargissement de la ville (v. 2-3), l’amour renouvelé du Seigneur (v. 5-8).
• Notez également les titres qui sont donnés à Dieu dans ce passage : ton créateur, ton époux (cf. Os 1, 2 +), ton rédempteur (cf. Is 41, 14 +).
• Lire et travailler la note de BJ sur le v. 8.

Question 3

• Remarquez les références à Noé et à l’engagement pris alors par le Seigneur (cf. Gn 9, 11).
• L’alliance dont parlait Gn 9 concerne “toute chair” (Gn 9, 15), ce qui est bien dans la ligne universaliste du Deutéro-Isaïe.
• L’amour et l’alliance du Seigneur avec son peuple sont plus stables que les montagnes et les collines (v. 10); cf. aussi le renvoi à Is 49, 14-16.
• Notez que cette ”alliance de paix” n’est pas fondée sur la conversion du peuple mais sur l’amour du Seigneur (cf. v. 8 et la note BJ).

9. – Gn 9, 1 – 17 : “Je mets mon arc dans la nuée …”

Reprenant les vieux textes concernant le Déluge, la tradition sacerdotale fait de cet épisode le commencement d’une ère nouvelle : Dieu s’engage librement à l’égard de toute sa création.

1) Situez notre texte dans son contexte. Que contient ce passage biblique ?
2) Travailler plus particulièrement les v. 8 – 17 : avec qui cette alliance est-elle établie ?
Quelles en sont les conditions ? etc.
3) Comment comprendre le signe de l’alliance (v. 12 – 16) ?

Question 1

• Lire la note de BJ sur Gn 6, 4 (titre) ou celle de la TOB sur Gn 6, 1.
• Le passage que nous étudions forme la dernière partie du récit “sacerdotal” du Déluge. On pourrait lire ce récit en entier en suivant les indications données dans les notes mentionnées ci-dessus.
• notre passage comprend deux parties : Gn 9, 1 – 7 (noter l’inclusion : v. 1 et 7) et Gn 9, 8 – 17. La première partie concerne le nouvel ordre du monde après le Déluge : le péché n’a pas aboli le dessein de Dieu mais il y laisse cependant sa marque (cf. les notes de BJ sur 9, 2 et 6); la seconde partie (Gn 8 – 17) se rapporte à l’alliance.

Question 2

• Ce passage peut se subdiviser en deux : l’alliance (v. 8 – 11) et le signe donné (v. 12 -17).
• C’est la réalisation de la promesse faite par Dieu en Gn 6, 18 + (cité en marge par BJ).
• L’alliance est établie avec Noé et ses fils et avec tous leurs descendants; bien plus, avec tous les êtres animés qui sont sortis de l’arche (v. 8-10. 12. 17); cf. encore la note de BJ sur Gn 9, 9.
• Sur le lien entre l’homme et la création, lire la note TOB sur le v. 19.
• Cette alliance est pour toujours : v. 11 et les références marginales avec flèche donnée en BJ.
• Notez que pour l’auteur sacerdotal, cette alliance est pure gratuité de la part de Dieu. Comparez la fin de l’autre récit du Déluge (Gn 8, 21 – 22 et la note BJ).

Question 3

• Remarquez l’inclusion : v. 12 et 17.
• Lire la note TOB sur le v. 12 (cf. aussi celle de BJ sur v. 8) : dans la tradition sacerdotale, chaque alliance reçoit un signe.
• Le mot qui désigne l’arc est ailleurs dans la Bible celui d’un instrument pour la guerre. Ici Dieu le suspend dans la nuée, tourné vers le haut; il ne menace plus la terre.
• Cet arc dans le ciel “rappelle” à Dieu l’alliance qu’il a instituée (v. 15).

10. – Gn 15, 1 – 21 : l’alliance avec Abraham

L’alliance avec Noé s’étendait à tous les peuples de la terre, et même à toute la création. Gn 15 (et Gn 17) nous parle d’un engagement de Dieu à l’égard d’Abraham et de sa descendance. Au Sinaï, l’alliance sera proposée à Israël.

1) Situez ce chapitre dans l’histoire d’Abraham. Que contient notre passage ?
2) En Gn 15, 7 – 12 et 17 – 21, comment l’alliance nous est-elle présentée ?
3) Un autre récit de l’alliance du Seigneur avec Abraham nous est rapporté en Gn 17,
1 – 14 : comparez les deux récits.

Question 1

• Le cycle d’Abraham s’étend de Gn 12, 1 à 25, 18; il est marqué par l’appel du patriarche et sa réponse ainsi que par les promesses que le Seigneur lui fait au sujet de sa descendance et de la possession de la terre. (cf. Gn 12, 7 +).
• Pour notre texte, lire les notes de BJ et TOB (Gn 15, 1 : sur le titre).
• Lire aussi la note donnée en BJ sur Gn 12, 1 (titre) qui situe notre passage dans le parcours de la foi d’Abraham.
• Gn 15 peut se diviser en deux parties (v. 1- 6 et v. 7 – 21); la première parle de la foi du patriarche (lire les notes de BJ et TOB sur le v. 6); la seconde se rapporte au don de la terre.

Question 2

• Après la promesse du Seigneur (v. 7) et la question d’Abraham (v. 8) vient le rite de l’alliance par lequel Dieu s’engage solennellement (v. 9 – 10 et 17 – 18).
• Sur ce rite ancien d’alliance, lire la note de BJ sur le v. 17; cf. aussi les notes de la TOB sur les v. 17 et 18.
• Notez que Dieu seul prend l’engagement, sous le symbole du feu qui passe entre les animaux partagés : l’alliance dépend donc de lui seul.
• Cette alliance est donc un serment solennel de Dieu à l’égard d’Abraham et de sa postérité (v. 18).

Question 3

• La BJ nous signale sur le titre de Gn 15 qu’un autre passage est parallèle à celui que nous lisons ( = Gn 17).
• En effet, Gn 17, 1 – 14 reprend les promesses de la descendance (v. 2 et 5) et de la terre (v. 8).
• Ici encore il est question d’une alliance que Dieu institue entre Abraham et lui; une alliance qui s’étend à toute sa descendance (v. 7 – 8). Elle concerne particulièrement Isaac et sa race après lui (v. 19).
• L’alliance est une initiative de Dieu, mais l’homme est invité à l’accueillir dans l’obéissance (v. 9 – 14).
• Sur la circoncision qui devient le signe de cette alliance, lire les notes de BJ ou TOB sur le v. 10.
• Notez encore les formules “pour être ton Dieu” (v. 7) et “je serai votre Dieu” (v. 8).

11. – 1 Co 11, 17 – 34 : le sacrement de l’alliance nouvelle

1) Pourquoi Paul parle-t-il ici de l’Eucharistie ? Comment en parle-t-il ? Quelle est
l’importance de ce texte de Paul ?
2) Qu’est-ce que Paul oppose à la manière de faire des Corinthiens ? Expliquez les
v. 23 – 27.
3) Que signifie “faire mémoire” ? Pourquoi s’agit-il de nouvelle alliance ?

Question 1

• Lire tout le contexte : 1 Co 11, 17 – 34. Voir aussi la division de la Lettre indiquée en BJ : à partir de 1 Co 7, 1ss, Paul répond à des questions qui lui ont été posées par des Corinthiens (1 Co 7; 8 – 10; 11 – 14).
• Dans 1 Co 11, 17 – 34, Paul aborde la question du Repas du Seigneur; il fait mention de ce qu’il a appris sur la manière dont il se déroule à Corinthe (v. 17-22), puis il rappelle l’enseignement qu’il avait donné (v. 23-27); il en vient enfin à des recommandations pratiques (v. 28-34).
• Noter dans ce passage la répétition des mots : réunion, se réunir (v. 17. 18. 19. 33. 34) et ce qui détruit cette unité (v. 21-22).
• Le Repas du Seigneur devient l’occasion de souligner les inégalités (v. 22) s’il n’y a pas de partage (cf. 11, 21 +) et si on ne s’attend pas (v. 33 et note TOB).

Question 2

• A la manière de faire des Corinthiens (égoïsme et indifférence), Paul oppose le don inouï de Dieu (Jésus livré pour nous : cf. Rm 8, 32).
• Ce que Paul rappelle ici, ce n’est pas son opinion personnelle, c’est ce qu’il a reçu du Seigneur. Sur la signification de ces mots, lire les notes de BJ et TOB sur 11, 23; cf. aussi le renvoi à 1 Co 15, 3 et les notes.
• C’est une tradition, c’est-à-dire quelque chose d’important, de fixé; quelque chose dont Paul n’est pas maître : il l’a reçu et il transmet. Comparer ce passage avec 1 Co 7, 6. 8. 10. 25 !
• La tradition parle de deux gestes de Jésus, au cours du dernier repas, et de deux paroles qui les accompagnent et en donnent la signification.
• Cette tradition que Paul rappelle ici (en 57/56), il l’avait transmise aux Corinthiens (en 50-52 et il l’avait lui-même reçue (à son entrée dans l’Église, vers 36-37 ?)
• Ainsi nous avons un témoignage de célébrer le Repas du Seigneur qui remonte aux toutes premières années de l’Église.

Question 3

• Faire mémoire, au sens biblique, ce n’est pas un acte intérieur; c’est agir d’une certaine manière.
• Pour comprendre ce terme, il faut relire Ex 12, 14 + (cité en marge par BJ) : en célébrant la Pâque, les Juifs font mémoire de la sortie d’Égypte; ils se relient vitalement à cet acte de salut, un acte de Dieu, toujours présent.
• En parlant d’alliance nouvelle, Jésus annonce la réalisation de la promesse faite autrefois par Dieu par l’intermédiaire de Jérémie. Cf. ce qui est dit de la nouveauté de cette alliance dans Jr 31, 31 – 34.

13. – Mt 26, 17 – 29 : “Ceci est mon sang de l’alliance …”

1) Dans quel cadre, les Évangiles nous présentent-ils le récit de l’institution eucha-
ristique ?
2) Comparer ce récit de Mt avec le texte de S. Paul en 1 Co 11, 23 – 27 : quelles res-
semblances et quelles différences pouvez-vous noter ?
3) Quels sont les textes de l’AT qui ont aidé les premiers chrétiens à comprendre la
signification de l’Eucharistie ?

Question 1

• Noter comment le récit progresse : au v. 17, le premier jour des pains sans levain (cf. déjà Mt 26, 2); au v. 20, le soir venu (cf. Ex 12, 6); au v. 26, pendant le repas (cf. encore 26, 30 et notes BJ et TOB).
• Ce dernier repas de Jésus avec les disciples nous est présenté comme un repas pascal (v. 17 et note TOB); d’autre part, il est certain que Jésus est mort dans le cadre de la Pâque juive.
• Noter aussi l’importance donnée à la trahison de Judas (v. 20. 25) ainsi que le contexte (26, 14-16 et 30-35) : annonce du reniement et de la fuite des disciples.
• Mais Jésus reste parfaitement maître de la situation : v. 18 et note TOB.

Question 2

• Après avoir lu le texte de Mt 26, 26 – 29, lire 1 Co 11, 23 – 27 (les autres participants restant sur le texte de Mt).
• Ce qui est semblable aux deux textes : Jésus, dans le cadre d’un repas, après avoir dit une bénédiction, fait deux gestes (rompre le pain et passer la coupe) et prononce deux paroles (ceci est mon Corps; alliance … mon sang).
• Ce qui est propre à Paul : Seigneur Jésus, (cf. 1 Co 12, 3) mon Corps pour vous, en mémoire de moi, nouvelle alliance.
• Ce qui est propre à Mt : en particulier mon Sang de l’alliance, pour beaucoup (cf. Mt 20, 28 +), en rémission des péchés …
• Dans les deux textes, l’Eucharistie est célébrée dans un climat d’attente : jusqu’à ce qu’il vienne (1 Co 11, 26; cf. 16, 22); jusqu’au repas dans le Royaume (Mt 26, 29).

Question 3

• Dans la tradition attestée par Paul (et Lc), voir spécialement Jr 31, 31 +.
• voir aussi Ex 12, 14 + : comme la Pâque était pour les Juifs le mémorial de la libération d’Égypte, l’Eucharistie est pour les chrétiens le mémorial du salut donné en Jésus.
• Le texte de Mt nous renvoie à Ex 24, 8 + : dans l’Eucharistie, Jésus porte à son accomplissement ce que Dieu avait fait autrefois pour le peuple au Sinaï.
• Lire encore Is 53 : dans l’Eucharistie, Jésus accomplit le texte du Serviteur (Is 52, 13 – 53, 12).
• Ces deux textes (de Paul et de Mt) témoignent à la fois de la tradition qui remonte jusqu’à Jésus et du travail de réflexion des premières communautés chrétiennes pour exprimer la signification de ce qu’elles célébraient.

14. – He 8, 1 – 9, 28 : Jésus, “médiateur d’une alliance nouvelle”

Nous ne sommes pas très habitués à lire cette épître du Nouveau Testament. C’est assurément un passage difficile. Et cependant tellement riche pour la compréhension de l’alliance.

1) Situez ces chapitres dans l’ensemble de la Lettre.
2) Cherchez à suivre la pensée que l’auteur exprime dans les ch. 8-9.
3) Que nous apporte ce texte pour notre compréhension de l’alliance dont Jésus est le
médiateur ?

Question 1

• Dans la BJ, notre passage est situé au centre de la IIIe Partie (l’authentique sacerdoce de Jésus Christ) : He 5, 11 – 10, 18.
• Cette IIIe Partie est elle-même subdivisée en trois : He 7, 1-28; 8, 1 – 9, 28; 10, 1-18; notre passage est donc au centre de toute cette Lettre.
• Sur la structure de cette Lettre, voir aussi l’introduction à He en TOB.
• De plus, en He 8, 1 , l’auteur prend la peine de nous avertir qu’il arrive au point capital.

Question 2

• Sur He 8-9, comparez les sous-titres de BJ avec ceux de la TOB; notez en particulier ceux que la TOB donnent sur les v. 15 et 24 du chapitre 9.
• Dans ces chapitres 8-9, l’auteur fait un parallèle entre la fête du Kippour et le sacrifice de Jésus. Cette fête de Kippour marquait le sommet de l’année liturgique juive (cf. la note de TOB sur Lv 16).
• Relevez ce qui est dit respectivement du Grand-Prêtre juif et de Jésus dans He 9, 6 – 10 et 9, 11 – 14.
• Lire attentivement les notes de BJ sur He 9, 2; 9, 9 et 9, 11.

Question 3

• Nous trouvons d’abord la citation entière de Jr 31, 31-34 en He 8, 8 – 12. C’est la plus longue citation biblique dans le Nouveau Testament. Elle sera encore reprise, partiellement, en He 10, 16 – 17.
• Notez également comment cette citation est introduite (v. 6 – 8) et conclue (v. 13).
• Voir les notes de la TOB sur He 8, 10. 11. 12; en BJ, on peut se reporter à la note donnée sur Jr 31, 31 (titre).
• Jésus est le médiateur de cette alliance nouvelle (He 8, 6 et 9, 15; cf. la note de BJ sur He 8, 6).
• Pour comprendre le développement d’He 9, 15 – 23, lire la note de BJ sur He 9, 15 (titre) qui explique la double traduction possible du mot grec (diathèkè ); cf. aussi la note TOB sur He 9, 15.

15. – Ap 21, 1 – 22, 5 : “comme une jeune mariée parée pour son époux”

Dans un grand triptyque qui forme la dernière grande vision de l’Apocalypse, l’auteur évoque la Jérusalem nouvelle. Le don que Dieu avait commencé à révéler autrefois à Israël en faisant alliance avec ce petit peuple, prend maintenant sa dimension définitive.

1) Ce texte peut se diviser en trois tableaux : 21, 1 – 8; 21, 9 – 29; 22, 1 – 5 : proposez un
titre pour chacun des tableaux et expliquez votre choix
2) dans ces tableaux, l’auteur emprunte ses thèmes à l’AT : pouvez-vous les reconnaître ?
3) Quel est l’apport de ce texte pour notre thème de l’alliance ?

Question 1

• Le premier tableau est marqué par la répétition de l’adjectif “nouveau” (4 fois dans les v. 1-5); sur la signification de ce mot, – une nouveauté, pas simplement chronologique mais qualitative – on peut lire la note de TOB sur Ap 2, 17.
• C’est la création nouvelle (ciel et terre), désormais débarrassée de tout mal : cf. la note BJ sur le mot “mer” en Ap 21, 1.
• Ap 21, 9 – 29 nous décrit la Jérusalem nouvelle; sa perfection est exprimée par les chiffres (3; 4; 12 et ses multiples : 144; 12.000) ainsi que par la qualité des matériaux (or, pierres précieuses). Notez également les dimensions : 12.000 stades équivalent à 2.200 km ! Sur sa forme carrée, et même cubique, voir v. 16.
• En Ap 22, 1 – 5, il est question d’eau et d’arbres : c’est un jardin.

Question 2

• Pour le renouvellement de la création, voir les notes de BJ et TOB sur le v. 1; voir aussi les références marginales, spécialement Is 65, 17; 66, 22.
• Sur la présence de Dieu (v. 3), lire la note TOB et le renvoi à Lv 26, 11 – 13; on peut aussi lire Ex 25, 8 et la note de BJ sur la fin de ce verset.
• La description de la Jérusalem nouvelle doit beaucoup à Ez 40 – 48; cf. la note BJ sur Ap 21, 9 ainsi que les références marginales.
• Notez aussi les emprunts à Is 54, 11- 12 et 60, 1-2. 3. 11.
• Remarquez l’union qui est faite ici entre les 12 tribus (cf. TOB sur v. 2) et les 12 apôtres (note BJ sur v. 14).
• Dans Ap 22, 1-5, l’auteur utilise surtout Ez 47, 1 – 12 et Gn 2 – 3 (cf. notes TOB sur v. 2 et 3).

Question 3

• L’image des épousailles : Ap 21, 2 et note BJ; lire les références de cette note qui renvoient à plusieurs textes d’Isaïe et à Os 2, 16 +. Cf. encore Ap 21, 9.
• En Ap 21, 3, nous trouvons la formule d’alliance (cf. notes BJ sur 21, 3 et 7).
• Remarquez la traduction du v. 3 en TOB (ses peuples), appuyée sur de bons manuscrits; elle donne une perspective universaliste à l’alliance.
• Toujours sur le v. 3 : voir la note TOB (Emmanu-El ; Dieu-avec-nous : tel est bien le but de l’alliance).
• Notez aussi le thème de l’eau/Esprit (21, 6 et note BJ; cf . 22, 1-2 et note sur v. 1.)

DIEU SUR NOS CHEMINS

egliseLe ciel, c’est le ciel du Seigneur;
aux hommes, il a donné la terre”, dit un psalmiste (Ps 115, 16). Si ce verset de psaume exprime bien la répartition des espaces, la Bible dans son ensemble témoigne bien davantage de la volonté – et de la joie – de Dieu d’être parmi les hommes.

Cette présence de Dieu au milieu de nous passe bien souvent inaperçue. Trop de préoccupations immédiates nous accaparent et nous empêchent souvent de reconnaître sur nos chemins ce Dieu qui nous attend et qui nous invite à le rencontrer.

En parcourant l’Ancien et le Nouveau Testament, les récits ne manquent pas qui nous racontent comment Dieu s’est révélé à des hommes et à des femmes dans une rencontre qui a marqué toute leur existence.

Rencontre parfois soudaine, inattendue, parfois recherchée. Mais toujours une rencontre qui les dépasse et les entraîne sur des chemins qu’ils n’avaient pas imaginés. Car rencontrer Dieu, c’est découvrir quelque chose de son mystère. Quelque chose de ce qu’Il est et de son dessein de salut sur le monde et, en particulier, sur l’humanité.

Rencontrer Dieu sur nos chemins, c’est aussi, par le fait même, se sentir engagé dans le projet de Dieu; c’est prendre conscience de la place qu’il nous a faite, de la responsabilité qu’il veut nous confier. Tout au long de l’histoire, le Dieu de la Bible est « un Dieu qui veut avoir besoin des hommes ».

* * * * *

Un souhait : que ce parcours à travers quelques textes de la Bible nous rende davantage conscients de la présence de Dieu dans notre histoire; qu’il nous aide à découvrir ses appels et à y répondre dans la foi et la confiance comme l’ont fait les hommes et les femmes dont ces textes nous parlent.

1.- Gn 28, 10 – 22 : Une maison de Dieu et la porte du ciel

Pour échapper à la colère de son frère, Jacob doit quitter le pays et fuir à Harrân. Mais sur le chemin le Seigneur se manifeste à lui et lui promet son aide.

1) Situer ce texte dans l’histoire de Jacob.
2) Que contient notre texte ?
3) Qu’apprenons-nous de Celui qui se révèle ainsi à Jacob ?

Question 1

– Notre texte appartient à la deuxième partie de Gn : l’histoire patriarcale (Gn 12-50) qui est organisée autour de trois personnages : Abraham (12, 1- 25, 18), Jacob (25, 19 – 37, 1) et Joseph (37, 2 – 50 26).
– Avec Gn 25, 19 commence l’histoire de Jacob (la naissance des deux frères jumeaux) ; la parole concernant Jacob (v. 23) et un petit récit (v. 29-34).
– Vient ensuite le « vol de la bénédiction » (Gn 27), qui sera une des causes de son départ (27, 41-45) ; une autre raison du départ est donnée en 27, 46 -28, 5.
– Après différentes péripéties du séjour chez Laban (Gn 29 – 30) et sur son chemin de retour (Gn 31-34), nous retrouverons Jacob à Béthel en Gn 35, 1, où le récit fait le lien avec notre texte.

Question 2

– C’est le récit du voyage de Jacob : le départ en 28, 10 et l’arrivée chez Laban en 29, 1. Mais presque tout notre texte est consacré à un seul épisode : ce qui se passe à cette halte où le Seigneur, dans un songe, se manifeste à Jacob.
– Deux parties : le songe (v. 10-15) et ce qui se passe au réveil (v. 16-22).
– Noter l’importance donnée au « lieu » (3 fois dans le v. 11), un lieu encore inconnu pour Jacob et pour le lecteur.
– Ce lieu est le cadre du songe (v. 12-15), puis de ce que fait Jacob : à son réveil : 16-17 ; à son lever : 18-19 ; le vœu : 20-22.
– Sur le nom de ce lieu (19), lire v. 17b ; cf. aussi Gn 35, 1.

Question 3

– Noter la présence des deux termes pour parler de Dieu : Dieu (Elohim) dans les v. 12. 17. 20. 22 ; YWHW dans les v. 13. 16. 21 : un récit plus ancien adapté ensuite à la foi du Dieu révélé lors de l’Exode ( ?).
– Dieu rejoint Jacob en chemin, alors qu’il doit fuir (à cause du vol de la bénédiction) ; Dieu l’assure de sa présence jusqu’à son retour.
– Noter les références aux promesses faites à Abraham et à Isaac : dans la marge sur v. 19.
– Sur l’image de l’échelle/escalier entre le ciel et la terre et sur le va et vient des anges : lire la note BJ sur le titre.
– Sur la sainteté de Dieu : cf. Ex 19, 12 + (cité en marge du v. 17).
– Pour le geste de culte de Jacob au v. 18, lire la note BJ.

2. – Ex 3, 1 – 15 : Un buisson qui brûle sans se consumer

Une des pages les plus célèbres de l’Ancien Testament et même de toute la Bible. La révélation de Dieu à Moïse marque une étape décisive dans l’histoire du peuple d’Israël.
1) Situer ce texte. Qu’est-ce que le lecteur du livre de l’Exode sait déjà de
Moïse ?
2) Que contient ce passage ? Comment cette rencontre est-elle racontée ?
Qu’est-ce que cela nous révèle de Dieu et de Moïse ?
3) Comment cette rencontre va-t-elle transformer la vie de Moïse ?

Question 1

– Ex 2 nous présente le personnage de Moïse : le récit ne retient que deux épisodes (v. 1-10 et 11-22).
– Dans les v. 1-10, il est question des circonstances de la naissance de Moïse (cf. aussi Ex 1, 8-22) et de son nom (selon l’étymologie populaire). Lire la note BJ sur le v. 10.
– Les v. 11-22 nous montre Moïse, arrivé à l’âge adulte (cf. les précisions que donnera la tradition juive en Ac 7, 22-23 et 30 ; cf. encore Dt 31, 2). Son intervention pour défendre « un de ses frères » l’oblige à fuir et à se réfugier en Madian (voir la note sur le titre : Ex 3, 11).
– Sur la rencontre près d’un puits et le mariage qui s’ensuit, cf. les références données en marge par BJ : Gn 24, 11ss ; 29, 2ss).

Question 2

– C’et la rencontre de Dieu et la mission confiée à Moïse ; dans les v. 1-6, Dieu apparaît et se présente à Moïse ; dans les v. 7-10 il est question du projet de Dieu pour le peuple et de la mission de Moïse ; puis viennent les objections de Moïse (v. 11-15) avec la confirmation de sa mission et la révélation du nom divin.
– Au début, Moïse est un berger attiré par un feu mystérieux (v. 3).
– Le Seigneur le voit, l’appelle par son nom, marque la distance à respecter. Noter comment est soulignée ici la sainteté de Dieu ; cf. aussi les références données en marge, principalement celle à Lv 17, 1 +.
– Pour la révélation de Dieu, relever tout ce qui est dit de lui dans les v. 7-12 : qu’est-ce que l’auteur de ce texte veut-il nous communiquer ?
– Sur l’importance du nom, cf. 1 R 8, 16 et note BJ ; pour la signification des v. 13-15, voir les notes de BJ et TOB sur le titre (v. 13).

Question 3

– Moïse avait dû fuir l’Egypte – après avoir pris la défense d’un « de ses frères »- à cause de Pharaon, mais également rejeté par les siens (Ex 2, 14) : maintenant Dieu le choisit et l’envoie vers Pharaon pour libérer son peuple.
– Cette rencontre avec Dieu marque pour Moïse une étape décisive dans sa vie. Désormais au lieu de prendre soin du troupeau de son beau-père, il se voit confié par Dieu le soin de son peuple.
– Il sera berger d’Israël pendant les 40 années du désert jusqu’à la porte de la Terre : cf. Dt 34.

3. – Dt 4, 9 – 20 : « … rien qu’une voix. »

Le Deutéronome aime à nous parler d’un Dieu proche de son peuple (cf. la note de BJ sur Dt 4, 9). Un Dieu qui est au milieu des siens par sa Parole qu’il faut écouter et ne jamais oublier ; une parole qu’il faut transmettre aux descendants.

1) Situer notre passage dans le Deutéronome.
2) Sur quoi insiste notre texte ? Comment situe-t-il la religion d’Israël par rapport à celles des autres peuples ?
3) Que pouvons-nous retenir pour notre thème ? Comment ce passage prépare-t-il la révélation du NT ?

Question 1

– Le Deutéronome se présente comme le discours d’adieu de Moïse à son peuple qui va bientôt franchir le Jourdain pour entrer dans la Terre.
– Ce sont, en fait, 3 discours qui se suivent (Dt 1 – 4 ; 5 – 11 ; 29 – 30) et encadrent le Code deutéronomique (Dt 12-26). Notre texte appartient au premier discours : Dt 1,1 – 4, 40.
– Après le rappel historique (Dt 1 – 3 ; cf. la note de BJ sur Dt 1, 5), le chapitre 4 est un appel à reconnaître le don que Dieu a fait à Israël et à en tirer les conséquences (cf. et maintenant : Dt 4, 1).

Question 2

– Ce texte fait référence à la théophanie de l’Horeb racontée en Ex 19 : relire Ex 19, 9ss.
– Dieu avait alors parlé du milieu d’un feu ; Israël n’avait pas vu de forme, mais seulement entendu une voix (v. 12).
– Remarquer la distinction qui est faite entre les « Dix Paroles » entendues directement par tout le peuple et les « lois et coutumes » données à Moïse pour qu’il les enseigne à Israël (v. 13-14 et la note de BJ sur le v. 14).
– Les v. 15-18 sont un développement sur le 2ème commandement des « Dix Paroles », interdisant toutes représentations de Dieu : lire la note BJ sur le v. 15 ; cf. aussi les références marginales.
– Pour ce qui concerne le culte des astres, lire la note de TOB sur le v. 19 ; en BJ, voir le texte de Sg cité en marge : lire Sg 13, 1-9. L’auteur de Sg excuse partiellement ceux qui ont été conquis par la beauté des astres.

Question 3

– Tomber dans l’idolâtrie serait, pour Israël, oublier la révélation de l’Horeb qui est à l’origine de son histoire. Ce serait perdre la sagesse que les nations lui envient : cf. Dt 4, 6-8.
– Dieu s’est alors révélé à travers les « Dix Paroles » et les lois données par Moïse. Pour Israël, la Loi est la Lumière sur sa route (Ps 119, 105), elle est le Chemin pour le bonheur (cf. Ba 3, 13.14.37 ; 4, 1).
– Comparer ce texte avec Jn 1, 1 et 14 : que pouvons-nous en déduire ?

4. – Is 6, 1-13 : « Qui enverrais-je ? Qui ira pour nous ? »

Une autre page biblique bien connue et à laquelle nous faisons référence à chaque Eucharistie. En se manifestant à Isaïe, Dieu s’adresse à son peuple ; il veut nous rencontrer.
1) Qui est Isaïe ? Que savons-nous de son temps et des événements qui ont marqué
sa vie ?
2) Situer notre texte dans le livre d’Isaïe. Comment peut-on diviser ce passage ?
3) Quelle image de Dieu nous donne ce texte ? Pourquoi Dieu intervient-il ici ?
Comment comprendre la mission donnée (v. 9-10) et la question d’Isaïe (v.11) ?

Question 1

– Sur Isaïe, voir l’introduction à ce prophète.
– Isaïe est une des grandes figures prophétiques du 8ème siècle (avec Amos, Osée, Michée) ; il a vécu à Jérusalem et reçu sa mission vers 740 avant J.-C.
– Les grands événements : l’intervention de l’Assyrie sur la côte méditerranéenne, la destruction de Damas (732) et celle de Samarie (722/21).
– En lien avec cette campagne assyrienne, la coalition de Damas et d’Israël et la guerre syro-éphraïmite (cf. Is 7, 1 et note BJ) qui voulait entraîner le royaume de Juda dans cette coalition anti-assyrienne.

Question 2

– Sur la place de ce chapitre d’Isaïe, lire la note BJ sur Is 6, 1 (titre).
– Le récit de la vocation d’Isaïe marque ainsi le début du « Livre de l’Emmanuel » (Is 6 – 11) ; plus précisément, Is 6, 1 à 9, 6 : cf. les notes de BJ sur Is 5, 8 (titre) et sur Is 5, 25 (titre).
– Deux parties : v. 1-7 (la vision du Seigneur) et v. 8-13 (la mission confiée à Isaïe) ; cette 2ème partie peut se subdiviser en v. 9-10 et v. 11-13.

Question 3

– Dieu se manifeste comme un Grand Roi : relever tout ce qui souligne cet aspect royal.
– La vision a lieu dans le Temple ; la manteau remplit le Hékal (cf. note BJ sur ce terme et le renvoi à 1 R 6 ; voir aussi la note BJ sur 1 R 6, 2).
– Pour le bruit et la nuée (v. 4), lire la note BJ et les références indiquées en marge.
– Sur les Séraphins, voir la note BJ ; lire encore la note BJ sur le v. 3 : que veut dire « Saint » dans la Bible ? Comparer aussi Is 6,8 avec 1 R 22, 19-22 : quel éclairage ?
– Comment comprendre la réaction d’Isaïe ? Cf. les notes BJ sur les v. 5 et 7.
– Pour la signification des v. 9-10 : remarquer la construction soignée de ce passage et les mots mis en évidence. Lire les notes BJ et TOB sur le v. 10 ; lire aussi les références marginales, précédées d’une flèche, données en BJ.
– Le prophète est l’intercesseur du peuple devant Dieu (cf. note TOB sur v. 11).

5.- I s 7, 10 – 17 : Le Seigneur lui-même donnera un signe

La naissance d’un fils, que Dieu promet à Achaz – et au peuple – dans une situation difficile de son histoire, devient l’annonce d’un don, bien plus grand, qu’il veut faire – et qu’il fera – à toute l’humanité.

1) Situer ce texte dans son contexte littéraire et dans son cadre historique.
2) Proposer une division de ce texte. Que propose Isaïe au roi ? Comment comprendre la réponse d’Achaz (v. 12) ? Que contiennent les v. 13-17 ?
3) Qui est « la jeune femme » et qui est « le fils » qu’elle va enfanter ? Quelle importance a eu ce texte dans l’espérance d’Israël ?

Question 1

– Notre texte fait suite à Is 7, 1-9 (cf. v. 10) ; le premier oracle invitait le roi à se confier entièrement dans le Seigneur (cf. 7, 9b et la deuxième partie de la note BJ).
– Cet oracle fait partie du « Livret de l’Emmanuel » : Is 6, 1 – 12, 6 ou, plus exactement Is 7, 1 à 11, 9. Voir aussi l’introduction à Isaïe (premier paragraphe).
– Au point de vue historique : il s’agit de la guerre syro-éphraïmite (cf. la note BJ sur Is 7, 1 ; cf. encore le renvoi à 2 R 16, 5-

Question 2

– Deux parties : v. 10-12 : l’offre d’un signe faite à Achaz ; v. 13-17 : l’annonce de la naissance de l’ « Emmanu-El ».
– Sur la demande d’un signe, lire la note de BJ sur 1 S 14, 10 + ; ici le Seigneur donne à Achaz toute latitude (v. 11b) ; en TOB, lire les notes sur le v. 10.
– Pour la réponse du roi, lire la note TOB sur le v. 12 ; noter le reproche du prophète, au v. 13 : fatiguer mon Dieu (comparer avec v, 11 : demande au Seigneur, ton Dieu).
– La naissance d’un fils, dans ce contexte menaçant, est le signe que Dieu donne à la maison de David : il est toujours « Dieu-avec-nous » : cf. note TOB sur Dt 2, 7.

Question 3

– Lire les notes de BJ et TOB et relever ce que vous comprenez, et éventuellement les questions qui restent en suspens.
– Distinguer la signification de cet oracle dans la bouche d’Isaïe pour ses premiers destinataires (au 8ème siècle avant J.-C.) et la signification que ces mots prendront dans la suite, dans le judaïsme (cf. la traduction des LXX), puis dans le christianisme.
– Au temps d’Isaïe, ce texte est une actualisation de la promesse faite à David (2 S 7) ; dans le NT, il trouvera un accomplissement inouï en la personne de Jésus.
– Sur le nom symbolique : comment Dieu est-il avec nous : au temps d’Isaïe ? au temps du NT ? et aujourd’hui ?

6. – Ez 1, 1 – 28 : « une forme ayant apparence humaine. »

Une page de la Bible qui nous déconcerte. Sans doute, le texte qui nous est parvenu est actuellement surchargé – ce qui ne facilite pas notre approche -. Essayons pourtant de le lire et d’y découvrir une Parole pour nous aujourd’hui.

1) Qui est Ezéchiel ? Que savons-nous de sa vie, de son temps ?
2) Lire d’abord les v. 4-6. 13. 22 : que découvrons-nous ? Qu’apportent en plus les
versets 7-11. 14-21 et 23-25 ?
3) Qu’y a-t-il de nouveau dans les v. 26-28 ? Quel est l’apport de ce texte d’Ezéchiel
pour notre thème ?

Question 1

– Ezéchiel se trouve à Babylone, parmi les déportés de 598 (cf. v. 1) ; il est de famille sacerdotale (v. 3) et il est appelé à être prophète : « la parole du Seigneur lui est adressée »(v. 3).
– Sur l’expression « la main du Seigneur fut sur lui » (cf. note BJ sur v. 3 ; lire les références indiquées).
– Sur Ezéchiel, voir encore, dans votre Bible, l’Introduction à ce prophète.

Question 2

– Le v. 4 nous donne le début de la vision dans le cadre d’un orage (vent, nuée, feu, lumière) comme d’autres théophanies : cf. Ex 19, 16 et la note BJ sur le titre.
– Sur les v. 5-6 : voir Ex 25, 8 + (cité en marge) : il s’agit des animaux fantastiques qui gardaient les palais et les temples : cf. aussi la note BJ sur le v. 10. Cela sera repris en Ap 4, 6-8 : cf. la note BJ sur Ap 4, 6.
– Le v. 13 reprend l’élément du feu : cf. Ex 19, 18 (cité en marge).
– Au-dessus des animaux, le trône de Dieu (v. 22) ; voir la note de BJ ; comparer encore avec ce qui est dit en Ex 24, 10 (cité en marge).
– Pour les v. 7-11 et 14-21, comparer avec Ez 10, 8-22 (cité en marge) ; cf. les notes TOB sur Ez 1,5 et 10 ; cf. encore la note BJ sur Ez 1, 4 (titre).
– Sur les v. 23-25, lire le Ps 29, 3-10 (cité en marge d’Ez 10, 5).

Question 3

– Sur l’apport des v. 26-28, lire la note BJ sur le v. 28 ; lire également celle de TOB (spécialement la deuxième partie de cette note).
– Noter cependant les précautions du prophète : «la ressemblance… ; quelque chose qui ressemblait à… »
– Sur la mention de l’arc-en-ciel (v. 28), lire Gn 9, 13-15 (cité en marge).
– La réaction du prophète est celle que nous trouvons habituellement dans la Bible lors d’une manifestation divine ; comparer avec Ex 24, 10-11.
– Avec Ezéchiel, Dieu n’est plus lié au Temple de Jérusalem ; il peut se manifester au milieu du peuple déporté, même sur une terre « impure » (étrangère).
– Ezéchiel insiste sur sa mobilité (cf. note sur 1, 4 – titre) ; de plus, la mention de l’arc-en-ciel peut signifier le pardon de Dieu, sa fidélité à l’égard de l’alliance.

7. – Mt 1, 18 – 25 : « Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie… »
Un texte bien connu mais que nous pouvons méditer encore une fois. Un texte qui nous rappelle la place que Dieu donne aux hommes dans son plan de salut. Savons-nous comme Joseph entendre son appel et répondre avec foi ?

1) Situer ce texte de Mt dans son contexte : quelle est la signification de ce passage ?
2) Comment peut-on diviser notre texte ? Qu’est-ce que l’Evangéliste nous apprend au sujet de Joseph et de Marie ?
3) Comment ce texte évangélique éclaire-t-il notre thème ?

Question 1

– Mt 1 & 2 forment le prologue de l’Evangile de Matthieu (cf. note TOB sur Mt 1, 1) ; plusieurs scènes qui laissent déjà pressentir ce que sera la vie de Jésus.
– Après la généalogie qui présente Jésus comme « fils de David et fils d’Abraham », notre texte forme le « deuxième volet d’une même démonstration » (A.Vögtle) : il nous dit comment, malgré la naissance virginale, Jésus peut appartenir au peuple d’Israël.
– Notre texte est comme l’explication du v. 16b ; il nous dit quelle est la place et la vocation de Joseph dans le dessein de Dieu.

Question 2

– Notre texte peut se diviser en 4 parties : les circonstances de la naissance de Jésus (v.18-19) ; l’intervention de l’Ange du Seigneur (v. 20-21) ; la réflexion de l’Evangéliste (v. 22-23) ; l’exécution par Joseph de la parole de l’Ange (v. 24-25).
– Marie est fiancée – mariée – à Joseph (v. 18 et note de BJ et celle de TOB sur v. 19) ; or elle est enceinte avant leur cohabitation.
– Joseph est son époux ; il est un homme juste : sur cette justice de Joseph, lire les notes de BJ et TOB sur la fin du v. 19.
– L’Ange du Seigneur (cf. note BJ et TOB sur v. 20) révèle à Joseph, « fils de David », quelle est sa vocation et celle de Marie dans le plan de Dieu (cf. note TOB sur v. 21) : l’enfant vient de l’Esprit Saint ; elle enfantera un fils et tu lui donneras le nom… ; les v. 24-25 montrent la fidèle exécution de cette parole de l’Ange.
– Sur la réflexion de l’Evangéliste (v. 22-23), lire les notes de BJ et TOB. Une telle relecture d’Is 7, 14 suppose, bien évidemment, la foi pascale.

Question 3

– L’intervention de Dieu vient bouleverser les projets de mariage de Joseph et de Marie.
– Matthieu souligne l’importance de Joseph, fils de David, pour insérer Jésus dans la lignée davidique ; il met aussi en lumière la « justice » de Joseph et sa disponibilité pour ce projet de Dieu (comme Lc 1, 28-35 le fait pour celle de Marie).
– Comme le « oui » d’Abraham en Gn 12, 4, ici celui de Joseph, ne s’exprime pas en paroles mais en actes (v. 24).

8. – Lc 5, 1 – 11 « Je ferai de toi un pêcheur d’hommes. »

Découvrir la présence de Dieu dans sa vie alors qu’il vaque à ses occupations quotidiennes, c’est l’expérience que fait Simon ; une expérience qui va changer sa vie et celle de ses compagnons.
1) Situer ce texte dans l’Evangile selon saint Luc.
2) De quoi parle ce texte ? Sur quoi l’Evangéliste veut-il insister ?
3) Pour notre thème : qui est Jésus pour Simon au début du récit ? et à la fin ?

Question 1

– Notre texte est placé après la première partie du ministère de Jésus en Galilée (cf. Lc 4, 14) qui comprend la scène de Nazareth (4, 16-30 ; cf. la note BJ sur le v. 16), suivie de la « journée de Capharnaüm » (Lc 4, 31-44) où Luc suit le texte de Mc 1, 21-39.
– Luc place ensuite l’appel des premiers disciples ; comparer cet appel avec Mc 1, 16-20 : que pouvez-vous en déduire ?
– Après notre texte, Lc reprend la suite de Mc : la guérison d’un lépreux (Lc 5, 12-16), puis les 5 controverses (Lc 5, 17 – 6, 11 ; cf. la note TOB sur Mc 2, 1).

Question 2

– Notre texte comprend une prédication de Jésus au bord du lac (v. 1-3 ; cf. Mc 4, 1-2), le récit d’une pêche miraculeuse (v. 4-7 ; cf. Jn 21, 1-13), et enfin la réaction de Simon suivie de son appel et de celui de ses compagnons (v. 8-11).
– Lire les notes de BJ et TOB sur Lc 5, 1 (titre).
– Noter comment dans son texte, Luc met en évidence le rôle de Simon, que Jésus avait déjà rencontré en Lc 4, 38 ; il monte dans la barque de Simon (comparer avec Mc 4, 1) ; il s’adresse à Simon (qui est nommé Simon Pierre, au v. 8 : cf. note BJ).
– Lc mentionne ensuite, une seule fois, Jacques et Jean (v. 10), qui forment avec Pierre le groupe qui accompagne Jésus en Lc 8, 51 et 9, 28. Il ne parle pas d’André.
– Lc souligne également la disponibilité de Pierre (v. 3), la confiance qu’il accorde à la parole de Jésus (v. 4-5), sa réaction devant le miracle (v. 8 et note TOB).
– Noter encore la réponse de Simon et ses compagnons à l’appel de Jésus : v. 11 et note TOB.

Question 3

– Simon connaît Jésus depuis Lc 4, 38 ; il est pour lui un rabbi qui enseigne et guérit.
– Malgré son expérience de pêcheur, Simon fait confiance à Jésus : il l’appelle « Maître » : v. 5 et note TOB.
– Devant le résultat de la pêche, il découvre un autre aspect de cet homme : cf. Ex 33, 20 + et Lc 1, 12 + cités en marge de BJ.
– Remarquer également la révélation progressive de Jésus : il monte dans la barque de Simon et lui demande de s’éloigner un peu du rivage (v. 3) ; puis il lui demande d’aller au large et de jeter les filets (v. 4) ; enfin il lui donne sa vocation : devenir pêcheur d’hommes (v. 10).

9. – Mc 8, 27 – 30 et // : Qui dites-vous que je suis ?

Il a fallu du temps aux disciples pour reconnaître qui était celui qui les avait appelés. Ce n’est que peu à peu que leurs yeux se sont ouverts. Les Evangiles, écrits à la lumière de Pâques, témoignent encore de ce cheminement.

1) Situer le texte de Mc dans le récit évangélique : quelle place y tient-il ?
2) Etudier notre texte en synopse. Qu’est-ce qui est commun aux trois Evangélistes ? Qu’est-ce qui est particulier à Lc ? et à Mt ?
3) Pour les foules, qui est Jésus ? Et pour les disciples ?

10. – Jn 9, 1 – 41 : De la cécité à la foi

Comme l’aveugle-né, envoyé se laver à la piscine de Siloé, il nous faut du temps pour découvrir le don qui nous a été fait et reconnaître le visage de celui qui nous l’a offert.

1) Situer ce chapitre dans l’Evangile selon s. Jean.
2) De quoi s’agit-il dans ce chapitre ? Quel titre pourrait-on donner à ce passage ? Comment peut-on diviser ce récit ?
3) Comment Jésus se manifeste-t-il ici ? Que faut-il faire pour accueillir cette rencontre ? Quels peuvent être les obstacles ?

L’AN PROCHAIN A JERUSALEM

attenteTel est le souhait qu’échangent les Juifs pieux de la Diaspora : monter à Jérusalem, retourner dans la terre que Dieu a donnée autrefois aux pères.

D’une manière différente, des chrétiens se sentent tout naturellement attirés par ce pays que Dieu a choisi et où Jésus a vécu, homme parmi les hommes.

Un groupe qui projetait un pèlerinage en Terre Sainte : telle est l’origine de ce dossier.
Parcourir la Bible, en écoutant comment le peuple d’Israël y parle de son pays, de ses villes, du Temple : voilà une excellente manière de préparer son coeur pour cette rencontre avec ces lieux où Dieu s’est révélé à nous.
Peu à peu, ces noms de villes ou de régions évoquent pour nous des visages et des événements qui nous concernent encore aujourd’hui. On se trouve alors en terrain, sinon connu, du moins apprivoisé.
Mais quels textes choisir – il y en aurait tant – pour entrer, un peu, dans la géographie et l’histoire du peuple de Dieu. Voici une proposition.

Avec Abraham (1) nous sommes d’abord invités à parcourir cette terre qui sera le cadre géographique de la révélation de Dieu.
Mais le regard se porte rapidement vers Jérusalem : cette ville jébuséenne que David a conquise (2) et où il voulait bâtir une maison pour l’arche du Seigneur (3). Son fils, Salomon réalisera son projet en construisant le Temple (4) qui fera la joie de géné-rations de pèlerins (5).
Mais ce temple, si beau soit-il, n’est pas le gage de la présence de Dieu au milieu de son peuple, comme le dira avec force Jérémie (6) et il sera détruit en 587.
Au retour de l’Exil, la reconstruction du sanctuaire sera une des premières préoccu-pations de ceux qui profitent de l’Édit de Cyrus et reviennent en Juda (7 et 8). Quelques siècles plus tard, les Macchabées et ceux qui les soutiennent se battront pour remettre en état le Temple profané par Antiochus IV (9).

Dans les textes du NT, il sera aussi question de Jérusalem et du Temple (11 et 13), mais d’autres lieux gardent aussi pour nous le souvenir de la présence de Dieu sur notre terre. Et d’abord Bethléem où Jésus est né (10) et l’humble bourgade de Nazareth où il a passé la plus grande partie de sa vie terrestre (12).

En nous emmenant en Samarie, la dernière étude (14) nous rappelle que désormais, ni le Garizim, ni Jérusalem ne sont nécessaires pour adorer le Dieu révélé en Jésus Christ.

1. – Gn 13, 1-18 : “Tout le pays que tu vois … je te le donnerai.”

Dieu agit dans l’histoire des hommes, mais il ne s’impose pas par la grandeur et la force. Un tout petit pays, une bande de terre entre la mer et le désert : tel est le cadre qu’il a choisi pour nous révéler son dessein de salut.

1) Relever dans ce texte toutes les indications géographiques et prendre ainsi connais-
sance avec la Terre sainte.
2) Comment Abraham nous est-il présenté ? De quelles qualités fait-il preuve dans
cet épisode de la Genèse ?
3) Quel est le sommet de ce récit ?

Question 1

o Suivre sur une carte de votre Bible l’itinéraire d’Abraham : Egypte – Négev -Béthel – Aï – Hébron.
o Dans la répartition de la terre entre Abraham et Lot, Abraham reste dans le pays de Canaan (v. 12) alors que Lot choisit la plaine fertile du Jourdain, à l’est (v. 11-12; cf. Gn 13, 10 +).
o Par contraste, le texte laisse entendre que le pays de Canaan est montagneux, plus pauvre, moins irrigué que la partie qu’a choisie Lot.

Question 2

o Abraham est très riche (v. 2), ce qui est le signe de la bénédiction de Dieu (cf. Gn 12, 2). Parmi ses richesses, le texte mentionne d’abord les troupeaux : Abraham est un berger.
o Il se déplace d’un lieu à un autre (v. 1. 12. 18) : c’est un nomade.
o Le récit souligne la générosité et le désintéressement du patriarche : il laisse Lot choisir le premier (v. 9); noter les raisons du choix de Lot (v. 10-11).
o L’attitude d’Abraham est motivée par son amour de la paix (v. 7-8).

Question 3

o C’est la confirmation du don de la Terre (v. 15; cf. Gn 12, 7 +), au moment où Abraham vient de renoncer à tous ses droits face à son neveu Lot.
o Abraham prend possession du pays d’abord par le regard (v. 14), puis en le parcourant (v. 17-18).
o Noter la construction d’un autel (v. 17), comme en Gn 12, 8; il consacre ainsi une partie au Seigneur.
o Sur l’importance du don de la Terre, voir Gn 12, 7 + (cf. les références marginales de BJ sur ce texte).

Prière

Choisir quelques versets du Ps 37 qui vous rappellent l’attitude d’Abraham dans ce texte de Gn 13..

2. – 2 S 5, 1-12 et 6, 1-23 : La cité de David

Au centre du pays, entre les tribus du nord et celles du sud, Jérusalem, la ville des Jébuséens. David, reconnu comme roi par les tribus du sud, puis par celles du nord, décide de s’emparer de cette ville, pour en faire la capitale de son royaume.

1) Qu’est-ce que le texte de 2 S 5, 1-12 nous apprend de David ? Pourquoi cette
conquête de Jérusalem ? Pourquoi ce choix pour une capitale ?
2) En 2 S 6, 1-11 : pourquoi David veut-il introduire l’arche dans Jérusalem ?
Qu’est-ce qui empêche la réalisation de ce projet ?
3) En 2 S 6, 12-23, David peut réaliser son projet : quels sont ses sentiments à
l’égard de l’arche du Seigneur ?

Question 1

o Voir le contexte : après la mort de Saül, David est devenu roi sur le sud (Juda) et il règne à Hébron (2 S 2, 1ss); peu après, les tribus du nord (Israël), se rallient à lui (2 S 5, 1-3); noter les trois arguments donnés par les tribus du nord (v. 1-2).
o Mais les deux parties du royaume de David étaient encore séparées par le territoire des Jébuséens (2 S 5, 6) : d’où la décision de David de conquérir la ville.
o Jérusalem était, par sa situation géographique, une ville facile à défendre (2 S 5, 6-8 et la note BJ); la ville devient ainsi propriété personnelle du roi, n’appartenant pas au territoire des tribus (ni du sud, ni du nord).
o La reconnaissance de David par les tribus du nord et la conquête de Jérusalem marquent le sommet de l’ascension de David (2 S 5, 10. 12; cf. aussi 1 S 16, 1 +).

Question 2

o Sur le projet de David d’introduire l’arche dans la ville : 2 S 6, 1 +. Sur l’arche, voir les références de BJ données en marge de 6, 2.
o L’importance de la démarche de David est soulignée par le nombre des participants (6, 1), par le chariot neuf (6, 3), par la joie (6, 5) …
o Sur la signification de l’accident survenu à Uzza, voir la note de BJ sur 2 S 6, 7.

Question 3

o David porte le costume des prêtres (6, 14 +); cf. aussi les références données en marge par BJ.
o Il offre les sacrifices (v. 17-18), il bénit le peuple (v. 18).
o L’incident de Mikal (v. 20ss) met encore en relief les sentiments de David à l’égard de l’arche du Seigneur (v. 21).

Prière

Prendre le Ps 132 qui célèbre la translation de l’arche à Jérusalem. Choisir quelques versets qui vous parlent plus particulièrement dans l’optique de ce pèlerinage.

3. – 2 S 7, 1-17 : Une maison pour le Seigneur

David est au sommet de sa gloire; les tribus du sud et celles du nord l’ont choisi comme roi. Jérusalem est sa ville : il aimerait en faire le centre religieux aussi bien que politique pour toutes les tribus.

1) Pourquoi David veut-il construire un temple ? Que dit-il ? Voyez-vous d’autres
motivations possibles pour ce projet ?
2) Comment comprendre les deux réponses de Natân à David ? Pourquoi Dieu
refuse-t-il ? Que promet-il ?
3) Quelle est l’importance de ce texte pour David ? Et pour le peuple de Dieu ?

Question 1

o Noter ce que David dit en 2 S 7, 2 et qui exprime sa piété.
o Construire un temple fait partie des devoirs d’un roi; c’est aussi une manière de s’assurer la présence (bénéfique) de la divinité.
o La construction du temple a encore une raison socioculturelle : le peuple s’est sédentarisé alors que sa religion (l’arche sous la tente) porte encore la marque de la vie au désert.
o Pour David enfin, construire le temple, c’est faire de Jérusalem le centre de ralliement des tribus, au point de vue religieux.

Question 2

o Au v. 3, Natân donne son avis d’ami, de courtisan; à partir du v. 4, il intervient comme prophète, c-à-d. en tant que porte-parole de Dieu.
o En refusant le projet de David, Dieu rappelle que c’est lui qui a toujours eu l’initiative dans la vie de David et qu’il l’a encore (v. 8-9).
o Remarquer le jeu de mot : ce n’est pas David qui construira une maison (le Temple) pour Dieu, c’est Dieu qui fera une maison (une dynastie) à David : voir les notes de BJ et TOB sur ce passage).
o Voir aussi la note BJ sur 2 S 7, 6.

Question 3

o 2 S 7 est au centre de l’histoire de David : ce chapitre marque le sommet de son ascension. Malgré la faute de David (2 S 11) et les tragédies qui marqueront les dernières années de son règne (histoire de la succession : 2 S 9 – 1 R 1), David reste le roi que Dieu a choisi pour son peuple.
o La prophétie de Natân donnera sa stabilité au royaume du sud : noter les mots fixer, planter, affermir.
o La prophétie a été sans cesse relue au cours des siècles qui suivront; notre texte est déjà une relecture pour authentifier le règne de Salomon (cf. v. 13).
o Pour d’autres relectures, comparer avec 1 Ch 17; voir la note sur 1 Ch 17, 1 +.; cf. aussi Mt 1, 1 +.

Reprendre la prière de David, donnée en 2 S 7, 18ss, et entrer dans les sentiments exprimés ici (humilité, louange, confiance dans la Parole de Dieu … ).

4. – 1 R 6, 1-4 et 8, 1-13 : “C’est lui qui construira un Temple pour mon Nom.”

Malgré son désir, David n’a pas pu construire un Temple pour abriter l’arche du Seigneur. C’est son fils Salomon qui réalisera ce projet et fera pour l’arche un écrin magnifique.

1) Lire 1 R 6, 1-14 et relever tout ce que ce texte nous apprend au sujet du Temple ?
2) Lire 1 R 8, 1-13 : qui intervient dans le transfert de l’arche ? Pourquoi les
anciens ? Quel est le rôle de Salomon ) Et celui des Prêtres ?
3) Que représente l’arche ? Quelle est la signification de la nuée ? Pourquoi les
Chérubins ?

Question 1

o Le temps de la construction (v. 1) : la quatrième année de Salomon; cf. la note BJ sur 6, 1 +.
o Le plan du Temple : voir la note sur le v. 2 (en BJ et en TOB).
o A propos du v. 7 : comparer avec la loi sur l’autel que vous trouvez en Ex 20, 25; ici la même précaution est prise pour l’ensemble du Temple.
o Le Temple est la maison du Seigneur (v. 2), projetée par David (cf. 1 R 5, 17), celle dans laquelle le Seigneur demeurera si le roi garde fidèlement l’alliance (v. 11-13 et les notes TOB).

Question 2

o Le texte insiste sur la présence de toute la communauté d’Israël pour l’inauguration du Temple : v. 1. 2. 5. 14 …
o Par la présence de l’arche, dont l’histoire est liée à la sortie d’Égypte (v. 9. 16. 21), le Temple de Salomon devient le lieu de ralliement pour toutes les tribus : comparer avec 1 R 12, 26ss.
o Salomon convoque les anciens (v. 1); c’est autour de lui que toute la communauté se réunit (v. 2). Comme David en 2 S 6, 13. 17-18 , Salomon agit ici en prêtre : 1 R 8, 5. 14ss; les prêtres portent l’arche (v. 3. 6); cf. la note TOB (voir la note TOB sur le v. 4).

Question 3

o Pour l’arche : dans notre texte, comme dans la tradition sacerdotale (cf. Ex 25, 10ss et spécialement Ex 25, 22), l’arche est le lieu où Dieu se manifeste au milieu de son peuple. Mais la présence de Dieu n’est pas liée à l’arche.
o Sur la nuée, voir 1 R 8, 10 + (qui nous renvoie à Ex 13, 22 +); cf. aussi la “gloire” : Ex 24, 16 +. La nuée souligne la présence de Dieu dans un lieu déterminé par l’arche (v. 10). Cf. aussi Ex 40, 34-35. Mais la nuée, non plus, n’est pas liée à l’arche : cf. Ez 43, 4-5 et Ez 10, 18-19 et 11, 22-23.
o Les Chérubins : cf. Ex 25, 18 et Ez 1, 10; ils rappellent la proximité ou la présence de Dieu; ils ont peut-être été ajoutés à la tradition de l’arche par influence avec la culture cananéenne.
Prière
Prier le Ps 24 : monter au Temple, c’est rechercher la face de Dieu et une telle rencontre se prépare.

5. – Ps 46 (45) : Dieu est avec nous.

Ce Psaume est le premier des Cantiques de Sion (cf en BJ, l’introduction aux Ps, sous Hymnes). Composé de trois strophes suivies d’un refrain, ce cantique exprime l’assurance joyeuse de la présence protectrice de Dieu pour Jérusalem.

1) Quelle est la certitude exprimée par le psalmiste dans les v. 2-4 ?
2) En vous aidant des notes et des références marginales données en BJ préciser à
quoi le psalmiste fait ici allusion; expliquer les images et les symboles utilisés
dans les v. 5-8.
3) Quelle est la leçon de la troisième strophe (v. 9-12) ?

Question 1

o Dieu est pour nous (v. 2), avec nous (refrain) : cf. Emmanu-El en Is 7, 14 +; 8, 10.
o Cette présence de Dieu est plus puissante que tous les bouleversements : cf. la note sur le v. 4 et les références indiquées.
o Voir encore Is 54, 10 (cité en marge); sur les grandes eaux comme symbole du danger, voir la note BJ sur Ps 18, 5 +.

Question 2

o Sur l’intervention divine à l’origine de ce Psaume, voir la note BJ sur le v. 6; cf. aussi 2 R 19, 35. Pour compléter, lire la note sur 2 R 18, 13 et sur Is 17, 12-14.
o Sur le thème du matin, signifiant l’heure de la délivrance, du salut : Ps 17, 15 +
o L’image du fleuve (v. 5) fait peut-être allusion au canal creusé par Ezéchias par assurer l’eau à Jérusalem (voir 2 R 20, 20 +); cf. aussi Si 48, 17-21.
o Le psalmiste présente la source de Jérusalem comme le fleuve du paradis de Gn 2, 10 (cité en marge par BJ).

Question 3

o Dans les v. 9-10, le psalmiste nous invite à méditer sur les hauts faits de Dieu : il a sauvé Jérusalem.
o Il s’est révélé comme Celui qui brise la guerre (cf. Ps 74, 6); lire encore Is 2, 4-5 où la même idée est étendue au profit de toutes les nations.
o Au v. 11, c’est Dieu qui parle : comparer avec Dt 32, 39.
o La victoire sur Sennachérib révèle le Seigneur comme le maître des nations.

Prière

Reprendre ce Psaume et le prier au nom de l’Église (prière chrétienne).

6. – Jr 7, 1-15 et 21-28 : “C’est ici le Temple du Seigneur ! ”

La présence de Dieu dans le Temple n’est pas pour le peuple une “assurance tous risques”. Aussi scandaleux que cela puisse résonner aux oreilles de ses contemporains, Jérémie annonce que Dieu peut (laisser) détruire le Temple.

1) Préciser les circonstances de cette parole de Jérémie ? Quels événements le
peuple vient-il de vivre ? Que recherche-t-il dans le Temple ?
2) Que dénonce Jérémie ? Que demande-t-il ? Rejette-t-il le Temple ?
3) Pourquoi l’annonce de la ruine du Temple est-elle ressentie comme un blas-
phème ? Jérémie est-il le premier à parler ainsi ?

Question 1

o Sur les circonstances, voir Jr 26, 1-19; cf. la fin de la note BJ sur Jr 7, 1 +. C’est alors une période sombre pour Juda, au début du règne de Joiaqim (lire 2 R 23, 29ss), imposé par le Pharaon à la suite de la mort de Josias.
o A l’occasion d’une fête où les Judéens (v. 2) viennent au Temple, Jérémie profite pour lancer cet appel énergique à la fidélité.
o Un siècle plus tôt, lors de la campagne de Sennachérib en 701, Isaïe avait annoncé la protection du Seigneur et l’inviolabilité du Temple (cf. les références dans les notes de BJ sur Jr 7, 1 +).

Question 2

o Jérémie dénonce un culte purement extérieur (venir se prosterner dans le Temple sans une véritable vie selon l’alliance).
o Il dénonce également la fausse confiance, quasi-magique, que certains placent dans le Temple (v. 4. 10).
o Il rappelle la destruction de Silo, comparable au Temple, puisque c’était jadis le sanctuaire de l’arche (v. 12-14), ainsi que la ruine du royaume du nord (v. 15).
o Il insiste sur la pratique de l’alliance : comparer Jr 7, 6-9 avec le Décalogue (Ex 20, 2-3 +); remarquer aussi la place importante donnée aux devoirs à l’égard du prochain.
o Jérémie ne refuse pas le Temple, mais il place le culte après l’observation de la Loi : cf. Jr 7, 21ss et la note BJ sur 7, 22 +.

Question 3

o Parce que c’est le Temple du Seigneur (v. 2), celui qui porte son Nom (v. 10. 11. 14).
o Le Dt (qui avait servi de base à la réforme de Josias quelques années auparavant) parle du Temple et de Jérusalem comme des “lieux choisis par le Seigneur pour y faire habiter son Nom” (cf. Dt 12, 5ss). Leur destruction serait donc ressentie comme une faiblesse, une impuissance de la part du Seigneur
o Sur les autres paroles contre le Temple : voir Jr 26, 18ss.

Prière
Prier le Ps 74. Pour le psalmiste, la ruine du Temple est ressentie comme un défi à la grandeur du Seigneur qu’il évoque dans les v. 12-17.

7. – Is 54, 1-17 : L’amour fidèle du Seigneur pour Jérusalem

En 587, Jérusalem est prise et détruite : tout semble alors perdu. Pourtant en exil, un prophète annoncera un jour que l’amour du Seigneur pour sa ville dure toujours et qu’il va la reconstruire.

1) Quelles images le prophète utilise-t-il pour évoquer les malheurs de Jérusalem ?
Et pour parler du bonheur qui l’attend ?
2) Quels titres le prophète donne-t-il ici à Dieu ? Comment parle-t-il des sentiments
de Dieu pour Jérusalem ?
3) Expliquer plus particulièrement les v. 9-10 en utilisant les références marginales
que donne ici la BJ.

Question 1

o Lire la note sur le titre : ce sont des images traditionnelles.
o Dans le v. 1, Jérusalem est présentée comme une femme stérile qui devient mère : cf. 1 S 2, 5; Ps 113, 9.
o Dans les v. 1. 6-8 : comme une femme répudiée, puis reprise : cf. Is 49, 14-15 et Os 1, 2 +.
o V. 3-4 : l’image de la tente qu’il faut élargir; cf. 33, 20 : cette image rappelle le passé d’Israël et les promesses faites aux pères, cf. Gn 28, 14.
o Noter le passage de l’image de la femme à la tente (v. 2-3), puis à la ville (v. 11ss).

Question 2

o Faire la liste des différents titres donnés à Dieu et rechercher ceux qui vous paraissent les plus riches, les plus neufs, etc.
o Sur YHWH Sabbaôt : voir 1 S 1, 3 +.
o Sur le Saint d’Israël : cf. Is 6, 3 +.
o Sur le Rédempteur (goël) : lire la note sur Is 41, 14 +.
o Sur Dieu Époux : cf. Os 1, 2 +.
o Pour les sentiments de Dieu, voir encore Is 54, 8 et la note BJ.

Question 3

o La référence à la parole de Dieu après le déluge (v. 9) signifie que l’amour miséricordieux de Dieu pour Israël dépasse l’histoire de ce peuple; il s’enracine dans le dessein créateur de Dieu : voir Gn 9, 11; cf. aussi Gn 8, 21-22.
o D’autre part, la promesse de Dieu à Noé est faite pour “toute chair” : cf. Gn 9, 15, ce qui est bien dans la ligne universaliste du Deutéro-Isaïe.
o La fidélité de Dieu sera plus stable que les montagnes (v. 10); comparer avec Is 49, 14-16.

Prière

Avec le Ps 126, chantons la fidélité du Seigneur pour Jérusalem et pour son peuple.

8. – Is 60, 1-22 : “Lève-toi, Jérusalem ! ”

Ce poème date du retour de l’Exil. Il évoque la gloire que le Seigneur, espère-t-on , va redonner bientôt à la ville.

1) Quel est le sens général de ce passage ? Quelle est la situation de la ville d’après
ce texte ? D’où vient la joie de l’auteur ?
2) Travailler sur les noms symboliques donnés en Is 60, 14. 18, en vous aidant des
notes et des références données par la BJ.
3) Comment le NT a-t-il relu cette page du livre d’Isaïe ?

Question 1

o C’est un oracle de salut pour Jérusalem : illuminée par la gloire du Seigneur, la ville attire à elle tous les peuples des alentours; cf. Is 45, 14 (cité en marge).
o Jérusalem est invitée à se relever (v. 1); ses fils et ses filles (v. 4. 9) ne sont pas encore rentrés de l’exil; ses murailles ne sont pas encore rebâties (v. 10). C’est donc la situation de la ville peu après l’Édit de Cyrus autorisant le retour (en 539). Comparer avec l’oracle d’Ag 2, 2-9 (daté de 520).
o Remarquer que presque tous les verbes sont au futur.
o La joie de Jérusalem lui vient d’abord du Seigneur (v. 1. 2. 19-22); il y a aussi tout le mouvement des peuples vers la ville : repérer sur une carte les noms géographiques (Madian – Épha – Saba – Qédar – les îles – Tarsis).
o Les v. 10-18 annoncent une reconstruction grandiose du Temple et de la ville.

Question 2

o Partir de la note de BJ sur Is 1, 26 (citée en marge de Is 60, 14) qui explique la signification des changements de nom.
o Noter le passage fréquent de la ville à l’épouse (reconstruction / reprise de la femme délaissée) : cf. Is 60, 14-15 et la note BJ nous renvoyant à Is 62, 4. 12.
o Jérusalem sera désormais la ville de YHWH / du Saint d’Israël : v. 15. 19. 20; cf. Ez 48, 35.

Question 3

o Mt 2, 1ss s’inspire très probablement de ce texte (Is 60, 6) dans l’épisode des Mages : voir la note de BJ sur Mt 2, 11 +.
o Mais c’est surtout l’Apocalypse (Ap 21-22) qui relit notre texte pour représenter la Jérusalem céleste : voir Ap 21, 1 + ainsi que Ap 21, 25 + et 22, 5.

Prière

Prendre le Ps 87 : pour le psalmiste, Jérusalem est appelée à devenir la capitale spirituelle de toutes les nations.

9. – 1 M 4, 36-61 : Purification et Dédicace du Temple

C’est pour défendre la sainteté du Temple que les Macchabées avaient pris les armes. Aussi dès qu’ils le purent, leur premier souci fut de purifier le sanctuaire et de rétablir le culte du Seigneur.

1) À quelle époque se situent les événements rapportés ici ? Que s’était-il passé
auparavant ?
2) Ce passage peut se diviser en trois parties : v. 36-40; 41-51 et 52-59 : donnez
un titre à chacune des parties.
3) Que représentait le Temple pour la vie juive à l’époque des Macchabées ?

Question 1

o La Dédicace eut lieu en décembre 164; les événements qui précèdent doivent se situer dans le courant de la même année : voir 4, 52 +.
o Trois ans auparavant avait eu lieu dans le Temple le premier sacrifice à Zeus : voir 1 M 1, 59 et la note BJ.
o Cette profanation faisait partie d’une tentative beaucoup plus large d’assimilation du peuple juif : voir 1 M 1, 41ss et la note sur 1, 44 +.
o La purification du Temple en 164 avait été rendue possible par les victoires des Macchabées (1 M 2, 1ss).

Question 2

o Les v. 36-40 décrivent l’état lamentable des lieux après trois ans d’abandon : d’où le deuil mené (v. 39-40). Comparer avec le Ps 74, 2-7 (cité en marge).
o Dans les v. 41-51, nous avons la reconstruction avec les problèmes que cela posait (voir la note sur le v. 46); noter le souci de la pureté.
o Les v. 52-59 disent la joie (v. 55. 56. 58. 59) d’avoir pu rétablir le culte du Seigneur. Noter la volonté d’en garder la mémoire : v. 59 et la note de BJ:

Question 3

o Sur ce que représente alors le Temple : voir 4, 36 et les références aux deux Livres des Macchabées.
o Noter en 1 M 2, 7 et 3, 43, le lien qui est fait entre le peuple / la Ville sainte / le Temple; cf. aussi l’Introduction de BJ à 2 M : l’auteur veut intéresser les Juifs d’Alexandrie au sort du Temple; voir aussi 2 M 10, 8 + et 15, 37 +.
o Cette restauration du Temple sous les Macchabées est à l’origine de la fête juive de la Dédicace : cf. la note de BJ sur 1 M 4, 59 +.

Prière

Prendre le Ps 116 : ce psaume fait partie du “Hallel” que l’on chantait chaque année à la fête de la Dédicace.

10. – Lc 1, 1-20 : Né à Bethléem

Bethléem est une petite ville au sud de Jérusalem. Sa célébrité lui vient avant tout de deux de ses enfants : David et Jésus qui y sont nés.

1) Pour Luc cette scène de la naissance de Jésus est un parallèle à celle où il racontait
la naissance de Jean-Baptiste : comparer ces deux textes. Quelles circonstances
entourent ces deux naissances ? Que révèlent-elles de ces deux enfants ?
2) Plus précisément, qu’est-ce que ce texte nous apprend de Jésus ? Quels titres lui
sont donnés dans ce récit ?
3) Sur quoi Luc insiste-t-il en rapportant la naissance de Jésus à Bethléem ?

Question 1

o Luc raconte en parallèle la naissance et la circoncision de Jésus et de Jean-Baptiste; cette mise en parallèle lui permet de faire ressortir l’importance de la naissance de Jésus (20 versets pour celle de Jésus, contre 2 versets pour celle du Baptiste; au contraire, pour la circoncision Luc en parle en 1 verset pour Jésus, contre 8 pour Jean-Baptiste.
o Alors que Jean-Baptiste naît dans la maison familiale où Élisabeth est entourée par ses voisines et ses proches (v. 58), Jésus naît au cours d’un voyage (v. 4-6), dans des conditions précaires (v. 7) et Marie est seule pour prendre soin de l’enfant (v. 7).
o Sur la signification des bergers à la crèche, dans la pensée de Luc, voir la note de TOB.

Question 2

o Jésus est fils de Marie (v. 5-6; cf. 1, 26ss), le premier-né (voir les notes de BJ et TOB sur ce mot).
o L’ange le nomme : Sauveur, Christ Seigneur (2, 11 : voir la note de BJ et celles de la TOB).
o Il naît dans la pauvreté (2, 7); ses parents obéissent à l’ordre de l’empereur (2, 1ss), mais l’ange du Seigneur annonce cette naissance comme une grande joie pour tout le peuple (v. 10-12). Noter encore la mention de la “gloire du Seigneur” (v. 9 : voir note TOB et en BJ le renvoi à Ex 24, 16 +).

Question 3

o Luc mentionne deux fois Bethléem dans ce récit (v. 4 et 15) et il précise : la vil-le de David (v. 4. 11).
o Sur cette désignation inhabituelle de Bethléem, voir la note TOB sur Lc 2, 4.
o Voir encore les références marginales de BJ qui nous renvoient à 1 S 16, 1-13 et Jn 7, 42.

Prière

On pourrait conclure cette étude en reprenant le “Gloire à Dieu”.

11. – Lc 2, 22-38 : Jérusalem et Nazareth

Jérusalem et Nazareth : tel sera, selon Luc, tout le cadre de la vie privée de Jésus. Jérusalem avec son Temple, les prophètes, les docteurs; Nazareth, petite bourgade de Galilée.

1) D’après ce texte de Luc qu’elle est l’importance de Jérusalem ? Et celle de Na-
zareth ?
2) Qui sont les personnes qui entourent Jésus durant cette période de sa vie ?
Comment Luc nous les présente-t-il ?
3) Quelle est la signification pour Luc des deux scènes de Jésus à Jérusalem ?

Question 1

o Sur la présentation de Jésus au Temple : voir Lc 2, 22 + ainsi que les notes TOB.
o Au sujet de Lc 2, 41ss : tout Juif pieux qui le pouvait, montait à Jérusalem pour la fête de Pâque : voir note TOB.
o Luc mentionne trois fois le Temple : v. 27. 37 et 46.
o Nazareth est leur ville (v. 39); c’est le lieu de l’observance quotidienne de la Loi (v. 22); c’est le cadre familial dans lequel Jésus a grandi (2, 40. 51-52) Lire la note TOB sur Lc 2, 40.

Question 2

o Jésus nous est présenté au sein d’une vraie famille : ses parents (v. 27. 41. 43); son père et sa mère (v. 33. 48). Voir la note TOB sur 2, 27. C’est une famille parmi d’autres : 2, 44.
o Luc souligne que les parents de Jésus sont des Juifs fidèles à la Loi : v. 22. 23. 27. 39; cf. aussi les notes de BJ et TOB sur 2, 22.
o Ils sont pauvres : v. 24 et notes BJ et TOB.
o Sur Syméon, lire v. 25ss et les notes; il attend la consolation d’Israël (voir note TOB sur v. 25); comme Anne, il est prophète (note TOB sur la fin du v. 25).
o Au sujet d’Anne : lire v. 36ss et les notes TOB.
o Syméon et Anne symbolisent le “reste” d’Israël de ceux qui attendent la délivrance de Jérusalem (v. 38 et notes BJ et TOB).

Question 3

o Dans la construction de Luc (le parallélisme entre Jésus et Jean-Baptiste), la présentation au Temple est propre à Jésus : il monte de l’humble bourgade de Nazareth au Temple de Jérusalem où il est reconnu (par Syméon et Anne) comme le Messie.
o Jésus parmi les docteurs : cf. 2, 49 et notes BJ et TOB; c’est ici que Luc place la première parole de Jésus (v. 49 et note TOB). Comparer l’incompréhension des parents avec celle des apôtres plus tard (Lc 9, 35; 18, 34).

Prière
Avec le Cantique de Syméon, remercions le Seigneur pour le salut qu’il a préparé pour tous les peuples.

12. – Mc 6, 1-6 : Jésus de Nazareth

Devant l’histoire, Jésus apparaît comme l’homme de Nazareth. Et ce n’est que justice : la plus grande partie de la vie terrestre du Fils de Dieu s’est déroulée dans cette petite bourgade de Galilée.

1) En quelques versets, Marc nous dit beaucoup de choses sur Jésus : relevez-les et
éventuellement complétez l’information par ce qu’il disait dans les chapitres
précédents.
2) Que vous apporte la référence marginale à Mt 8, 10) donnée en BJ ?
3) Quelle est la signification de ce passage de Marc ? Quelle actualité avait ce texte
pour les premiers lecteurs/auditeurs ? Et pour nous aujourd’hui ?

Question 1

o Jésus vient dans sa patrie : cf. Mc 1, 9
o Il est entouré de ses disciples (cf. Mc 3, 13-19), ce qui est habituel chez Marc.
o Il enseigne dans la synagogue et son enseignement frappe par son autorité : cf. Mc 1, 21-22; de même, ses actes de puissance : cf. 1, 23ss; 2, 1-12.
o Pour ses concitoyens, il est le charpentier; on connaît sa famille : 6, 3; cf. 12, 46 + (cité en marge).
o Il se présente lui-même comme un prophète : v. 4

Question 2

o Résumer les principales données de cette note (sur Mt 8, 10).
o Réfléchir sur Mc 1, 15 : se convertir = croire à la Bonne Nouvelle. Qu’est-ce que la foi ? Que suppose-t-elle ? Qu’est-ce qui peut être un obstacle (cf. dans notre texte) ?
o Sur le rapport foi – miracle : pourquoi Jésus exige-t-il d’abord la foi ?
o Comment les Évangélistes nous présentent-ils la foi des disciples ? Quelles leçons pour nous ?

Question 3

o Sur ce récit, voir les notes TOB sur les v. 1 et 3.
o L’incrédulité que Jésus rencontre de la part des siens laisse déjà présager la fin tragique de sa mission. pour les lecteurs de Marc, il sont avec Jésus, comme les disciples (v. 1); ils assistent à ce rejet de Jésus et la même éventualité est envisagée pour eux (v. 11).
o Ce texte nous rappelle la réalité de l’Incarnation de Dieu, la difficulté qu’elle représente pour la raison humaine; elle ne peut être reçue que dans la foi.

Prière

Méditer ensemble sur ce que représente pour nous croire en Jésus de Nazareth.

13. – Jn 2, 13-25 : Vers le Temple définitif

Même après la restauration du Temple au retour de l’Exil, les Juifs attendaient pour l’ère messianique un Temple nouveau. dans la littérature apocalyptique, ce Temple devait venir du ciel au moment où Dieu viendrait habiter au milieu de son peuple. Tel est sans doute l’arrière-plan du texte de Jean.

1) Les Synoptiques placent la purification du Temple au terme de la mission de Jésus
alors que Jean la situe au début : qu’est-ce que cela signifie pour vous ?
Qu’apporte le contexte de Jean à cet épisode ?
2) Comment est composé ce récit de Jean ? Cette structure a-t-elle une importance
pour le sens du récit ?
3) Comment Jean voit-il le Temple nouveau ?

Question 1

o Sur la place de cet épisode chez les Synoptiques, voir les références marginales.
o Cette liberté des Évangélistes nous indiquent qu’ils n’entendent pas d’abord nous donner un récit anecdotique; comme le dit expressément Jn 20, 30-31, ils veulent parler de Jésus et nous amener à croire en lui.
o Sur le contexte de l’épisode en Jean : Jésus est proclamé Messie par le Précurseur (Jn 1, 19ss); il se révèle comme tel à Cana (2, 1-12) et il annonce son “Heure”; en 2, 13ss, il se révèle comme Fils (cf. v. 16) et il annonce sa résurrection.
o C’est la venue du Messie dans son sanctuaire : cf. Ml 3, 1-4 (cité en marge par BJ)
o Noter encore que Jn réunit ici la purification du Temple et la question de l’autorité de Jésus (ailleurs chez les Synoptiques).

Question 2

o D’abord une introduction (v. 13); sur l’expression “la Pâque des Juifs”, voir la note TOB su Jn 11, 55.
o Ensuite le récit de la purification (v. 14-16 : voir note TOB sur v. 14), suivie d’un commentaire de l’Évangéliste (voir note TOB sur v. 17).
o Vient alors la discussion avec, au centre, le v. 19 (cf. note TOB); elle est suivie d’un commentaire (v. 21-22 et les notes BJ et TOB).
o Enfin un sommaire de conclusion sur la foi et les signes : v. 23-25.
o Cette construction met en évidence deux niveaux de compréhension ( celle d’avant Pâques, puis la compréhension de l’Église à la lumière de la Résurrection), cf. les notes TOB sur les v. 17 et 22).

Question 3

o Lire la note de BJ sur Jn 2, 21 +.
o Le Temple nouveau est lié à la mort et à la Résurrection de Jésus, comme Jésus le dira à la Samaritaine (Jn 4, 21).
o C’est de lui que viendra l’Esprit (Jn 7, 37-39 et 19, 34); voir encore Ap 21, 22 et les notes de BJ et TOB sur ce texte.

Prière : Prendre le Cantique d’Ep 1, 3-14 (en lui / en Christ/ … ).

14. – Jn 4, 1 – 42 : Jésus et la Samarie

Après avoir consacré le chapitre 3 à la rencontre de Jésus avec Nicodème à Jérusalem, Jean nous montre ici Jésus en Samarie. Une question parmi bien d’autres divise Juifs et Samaritains, celle de savoir où il faut adorer le Seigneur.

1) Où est située cette scène de Jn ? Comment progresse le dialogue dans les v.7-16 ?
Quelle révélation Jésus fait-il à cette femme ?
2) Expliquer les v. 17-26 : quel est le thème abordé par la Samaritaine ?
3) Qu’apportent les v. 27-38 ? Et la finale (v. 39-42 ) ?

Question 1

o Jésus est en route de la Judée vers la Galilée; il lui faut traverser la Samarie (voir Lc 9, 52-55, cité en marge par BJ), où il va demeurer deux jours (v. 40).
o Fatigué de la route (v. 6), il demande à boire à une femme (les notes de BJ et TOB sur Jn 4, 9); noter l’incompréhension de la femme : v. 9 et 15 ; cf. Jn 2, 19 +.
o Dans les v. 7-15, le verbe “donner” revient 7 fois : on passe de l’eau du puits (cf. en TOB la note sur Jn 4, 14; en BJ, voir la note sur Jn 4, 1 +) à l”l’eau que je donnerai “ (v. 10. 13. 14).

Question 2

o Dans les v. 18-19, la femme reconnaît en Jésus un prophète; elle en profite pour lui poser la question qui divise Juifs et Samaritains (v. 19-20 et les notes TOB).
o Remarquer la reprise ici des mots “adorer/adorateurs” (8 fois dans les v. 20-28)
o Dans la déclaration de Jésus (v. 21ss), noter la solennité du ton et relever ce qui vous paraît le plus important : voir les notes TOB sur Jn 4, 24 et 26; cf. aussi Jn 8, 24 + (cité en marge par BJ).
o Avec la présence de Jésus, le Messie (v. 25-26), cette question disputée entre Juifs et Samaritains trouve maintenant réponse, mais sous une forme inattendue (v. 22-23 et les notes TOB).

Question 3

o Il y a passage du dialogue Jésus / Samaritaine à celui de Jésus / disciples.
o Aux v. 31-34 : l’incompréhension des disciples; pour Jésus, la volonté du Père est plus importante que la nourriture du corps : cf. Jn 6, 38-40 et la note BJ sur Jn 4, 34 +.
o Les v. 33-38 préparent déjà la finale des v. 39-42. Voir note TOB sur le v. 35 et 38
o Le passage de Jésus en Samarie (v. 4) et la venue des Samaritains vers Jésus (v. 30), leur invitation (v. 40) et leur foi (v. 41-42), annoncent la mission chrétienne d’après Pâques (cf. Ac 8, 14, 17, cité par BJ et TOB en marge de Jn 4, 38).

Prière

Lire Ep 2, 1-22 et prier à partir de ce texte de Paul.

LES CHOIX DE DIEU

discipesl1Vos pensées ne sont pas mes pensées
et mes voies ne sont pas vos voies.
Autant les cieux sont au-dessus de la terre,
autant mes pensées sont au-dessus de vos pensées. Is 55, 8-9

Lire la Bible, c’est écouter la Parole de Dieu ; c’est écouter ce que Dieu veut nous communiquer, ce qu’il partage de lui-même, de son projet sur le monde et sur l’humanité.

Quand un ami nous parle vraiment ; je veux dire : quand il nous livre quelque chose de lui-même, de sa vie, c’est un privilège, un cadeau qu’il nous fait.

Que dire alors de cette Parole de Dieu, offerte sans réserve à celui qui veut bien prendre le temps de rencontrer ainsi le Seigneur ?

Devant une parole humaine qui nous est partagée, nous sommes souvent surpris, et en même temps comblés : cette parole nous permet de mieux comprendre, de mieux connaître, celui qui ainsi s’est livré à nous.

Comment ne serions-nous pas surpris par ce que Dieu a à nous dire ? Suivons le conseil des Pères de l’Eglise qui invitaient les croyants à se familiariser peu à peu avec « les mœurs de Dieu » en fréquentant assidûment sa Parole.

1. – Gn 4, 1 – 16 : Le Seigneur agréa Abel et son offrande …

Avez-vous déjà lu ce récit – bien connu – de la Bible ? En plaçant aux origines de l’humanité une tradition qui devait concerner les Qénites (cf. note BJ sur Gn 4), les auteurs sacrés veulent nous parler de Dieu et des hommes, de nos rapports avec Dieu et avec nos semblables.

1) Que disent ces versets ? Quelle signification prend ce récit à sa place actuelle ?
2) Relever dans ce récit tout ce qui concerne Dieu.
3) Quel(s) enseignement(s) pouvons-nous tirer de ce texte ?

Question 1

– La naissance de Caïn et d’Abel ; Caïn, le cultivateur et Abel l’éleveur de petit bétail.
– Les deux offrent au Seigneur des produits de leurs activités (v. 4a), mais l’attitude du Seigneur est différente (v. 4b-5).
– Dans les v- 5-7 : les paroles du Seigneur à Caïn. Au v. 8, le meurtre d’Abel, le frère (cf. v. 2. 8 bis.9 bis. 10. 11). Les v. 9-15 nous donnent un long dialogue entre le Seigneur et Caïn ; v. 16 : la conclusion.
– Sur tout le passage, lire la note BJ sur Gn 4, 1 (titre). Ce récit vient après Gn 3, 12-13 (cf. la fin de la note BJ sur Gn 4, 1) ; cf. aussi Gn 4, 23-24 et note BJ.
– Derrière ce récit, les relations entre les semi-nomades, à la limite du désert, et les agriculteurs habitant le sol fertile.

Question 2

– Le Seigneur est à l’origine de la vie (v. 1) ; on lui offre des offrandes qu’il peut ou non agréer (v. 3-5) ; sur la liberté de Dieu (v. 4b-5a), lire la note BJ sur v. 5 ; cf. aussi Ex 33, 19.
– Le Seigneur s’adresse à Caïn (v. 6-7) pour le mettre en garde ; il lui parle encore après son acte. Comparer la question de Gn 4, 9-10 avec Gn 3, 9-11 : que découvrez-vous ?
– Le Seigneur punit Caïn (v. 11-12), mais également le protège (v. 15 et note).
– Quelle « image » de Dieu retenez-vous de ce texte ?

Question 3

– La présence de Dieu à l’homme, tout au long du récit : plutôt inattendue après Gn 3, 23-24 !
– La jalousie met fin à la première fraternité humaine (v. 5-8). La tentation n’est pourtant pas insurmontable : v. 6-7 et note BJ.
– Le rapport avec le sol qui a reçu de la main de Caïn le sang (la vie) de son frère ; cf. 3, 19.
– Caïn chassé par Dieu (v. 11) et cependant marqué de sa miséricorde (v. 15 et note).

2. – Gn 25, 19 – 34 : « L’aîné servira le cadet »

« Esaü n’était-il pas le frère de Jacob ? oracle du Seigneur ; or j’ai aimé Jacob et j’ai haï Esaü » est-il écrit dans le prophète Malachie (Ml 1, 2-3). Cette parole que reprend saint Paul dans Rm 9, 12-13 exprime bien la totale liberté des choix de Dieu.

1) Que contient ce passage de Genèse ? De quoi s’agit-il ?
2) Qu’et-ce que ce texte nous apprend sur le Seigneur ?
3) Quelles leçons pouvons-nous tirer de ce texte biblique ?

Question 1

– Il est question d’Esaü et de Jacob : cf. la TOB qui place tous ces versets sous un seul titre.
– Dans la BJ, ce passage est divisé en deux parties : v.19-28 : la naissance d’Esaü et de Jacob, et v. 29-34 : la question du droit d’aînesse.
– A travers ces récits on veut expliquer les noms des deux fils d’Isaac (v. 26 et v. 30 et les notes sur ces versets) ; c’est aussi l’histoire des deux peuples dont ils sont les ancêtres : cf. la note BJ sur le v. 23.
– Jacob et Esaü sont des jumeaux ; ils sont nés de Rébecca, longtemps stérile (v. 21).
– Ces versets nous donnent deux explications différentes de l’importance de Jacob par rapport à Esaü : v. 25-26 et v. 31-34.
– Noter aussi la présentation des deux enfants (v. 27) et les préférences des parents (v. 28).

Question 2

– Le Seigneur est le maître de la vie (v. 21) ; cf. les autres cas semblables dans la Bible : Gn 30, 2 . 22 ; 1 S 1, 19-20 ; Lc 1, 13 …
– On le prie (v. 21) ; on peut aussi le consulter : lire les notes BJ sur Ex 33, 7 et 1 S 14, 41 (citées dans la note sur le v. 23).
– La réponse donnée par la Seigneur (v. 23) concerne l’avenir des enfants et leur descendance.
– Cette réponse marque aussi le choix de Dieu (pour le cadet) : cf. la note BJ sur Gn 4, 5 ; cf. encore le renvoi à Ml 1, 2-5 et à Rm 9, 12.

Question 3

– Reconnaître la gratuité des dons que Dieu nous a faits. Savoir aussi se réjouir des dons qu’il a accordés à d’autres.
– Ne pas gaspiller ces dons de Dieu pour des valeurs purement matérielles (v. 29-34)).
– La référence marginale à He 12, 16 + applique ce passage au don que Dieu nous a fait dans le Christ.

3. – Dt 7, 1 – 16 : « C’est toi que, le Seigneur ton Dieu a choisi … »

Israël est le peuple élu parmi tous les peuples : pourquoi ? Cette question, le peuple élu lui-même se l’est posée. La réponse qu’en donne le Deutéronome peut continuer à nous interpeller.

1) Situer ce passage dans le Deutéronome. Que contient-il ? Comment peut-on le subdiviser ?
2) Qu’est-ce que ce texte nous apprend sur Dieu ? et sur le peuple d’Israël ?
3) Qu’est-ce que le peuple élu de Dieu doit comprendre ? Que doit-il faire ?

Question 1

– Ce passage fait partie d’un discours de Moïse introduisant le Code deutéronomique (Dt 12 – 26) : Dt 4, 44 à 11, 32. Lire la note BJ sur Dt 4, 44 (titre).
– Voir aussi la note BJ sur Dt 5, 32 (titre) : dans le chapitre 7, l’auteur du Deutéronome aborde le thème de l’élection d’Israël et ses conséquences.
– Dans les v. 1-5 : il est question de ce qu’Israël devra faire à son entrée dans la terre (cf. Ex 23. 32-33 et 34, 12-16, cités en marge du v. 2).
– Le v. 6 justifie ce comportement : Israël est un peuple consacré au Seigneur, choisi pour lui appartenir.
– Les v. 7-11 parlent des fondements de l’élection. Les v. 12-16 énumèrent les bénédictions qui répondront à la fidélité du peuple.

Question 2

– Dieu a choisi Israël parmi toutes les nations (v. 6).
– Ce choix ne dépend pas d’Israël ; il est purement gratuit (v. 7) ; il est la conséquence d’une histoire passée (v. 8).
– C’est lui qui a fait sortir ce peuple d’Egypte (v. 8) et qui va lui donner la terre (v. 1-2).
– Dieu aime ce peuple et il est fidèle aux promesses faites autrefois aux pères (v. 8).
– Il est le vrai Dieu ; un Dieu juste : v. 9-10 et les références marginales sur ces versets.
– Il s’engage à protéger, à bénir Israël, si celui-ci est fidèle (v. 12-16).

Question 3

– Israël doit comprendre la totale gratuité de son élection.
– C’est Dieu qui a eu l’initiative et qui l’a toujours.
– Ce choix de Dieu entraîne pour le peuple choisi des conséquences très concrètes dans la vie de tous les jours.

4. – Jr 18, 1 – 12 : Comme l’argile dans la main du potier …

Le travail d’un potier : un vase qui sort de ses mains, une belle image pour évoquer l’œuvre de Dieu. Pour Jérémie, cette visite chez le potier sera l’occasion de mieux prendre conscience de la liberté de Dieu.

1) Que contient ce passage de Jérémie ? Comment pouvez-vous diviser ces versets ?
2) Qu’est-ce que ce texte m’apprend sur Dieu ? sur sa manière d’agir à l’égard de son peuple ? Qu’est-ce qu’il me dit sur l’homme ?
3) Comment ce texte peut-il m’interpeller ?

Question 1

– Sur ce passage, lire la note de BJ sur Jr 18, 1 (titre) ; relire également Jr 17, 15-18 : quels liens voyez-vous entre ces deux textes ? Jr 18 ne pourrait-il pas être la « réponse » du Seigneur aux questions que se pose le prophète ?
– Comparer cette « vision » avec celle de Jr 1, 11-13 et Jr 24, 1-2 : ce que voit Jérémie est ici le point de départ d’une réflexion sur la liberté de Dieu à l’égard de son peuple.
– Jr 18, 1-4 raconte la visite chez le potier ; les v. 5-6 donnent la question de Dieu à Jérémie ; les versets suivants forment un développement. Le v. 12 pourrait introduire les v. 13-17 : cf. la note BJ sur v. 13 (titre).

Question 2

– Dieu répond à son prophète, à ses questions (Jr 17, 15-18).
– Dieu parle à travers des événements quotidiens : ici, le travail d’un potier (v. 3-4).
– Ce texte affirme la totale liberté de Dieu : v. 6 et le renvoi à Is 29, 16 + (cité en marge).
– Les v. 7-10 soulignent que les oracles de Dieu ne sont pas des oukases mais des interpellations qui s’adressent à des libertés humaines pour les inviter au salut : cf. Ez 18, 21-26 ; Jon 3, 10 (en marge dans BJ).
– Jérémie parle du « cœur mauvais » qui refuse d’écouter Dieu ; cf. en TOB la référence à Jr 3, 17 où la note cite : Jr 7, 24 ; 9, 13 ; 11, 8 ; 13, 10 ; 16, 12 ; 18, 12 ; 23, 27.

Question 3

– Comme Jérémie, nous sommes appelés à croire que Dieu est bien présent à la vie de son peuple.
– Admirer la patience de Dieu ; sa mesure du temps n’est pas la nôtre !
– Le rappel de notre liberté, de notre responsabilité, que Dieu respecte.
– Le quotidien comme parole de Dieu, un signe qui peut éclairer nos questions.

5. – Is 44, 24 – 45, 13 : « C’est moi qui l’ai suscité dans la justice ».

Le choix de Cyrus pour réaliser les promesses de restauration faites par le Seigneur suscite des questions dans le peuple, des incompréhensions. La réponse du prophète : est-ce l’argile qui commande au potier et lui dicte ce qu’il doit faire ?

1) Situer notre passage. Que contient ce texte ? A qui ces paroles sont-elles adressées ?
2) Qu’est-ce que ce texte peut nous apprendre concernant Cyrus ?
3) Comment ce texte me parle-t-il de Dieu ?

Question 1

– Nous sommes dans le Livre de la Consolation (cf. Is 40 et la note sur le titre).
– Is 40-48 forme la première partie de cet ensemble (Is 40 – 55) ; la figure de Cyrus est évoquée déjà en Is 41, 1-5, mais son nom n’apparaît que dans notre texte.
– La BJ divise notre texte en trois parties : 44, 24-28 ; 45, 1- 8 ; 45, 9-13.
– Sur Is 44, 28 : cf. la note BJ ; noter également : Yahvé, ton rédempteur …
– Dans Is 45, 1-8, le Seigneur s’adresse à Cyrus : voir note sur le titre.
– Is 45, 9 – 13 s’adresse à ceux qui critiquent le Seigneur au sujet du choix de Cyrus (cf. v. 13).

Question 2

– Dans ce passage, Cyrus est nommé par deux fois (44, 28 et 45, 1) ; sur Cyrus, voir encore Is 41, 1-5 et la note sur le titre.
– Cyrus est appelé par Dieu « mon berger » (44, 28) et « son oint/messie » (45, 1) : à quoi vous font penser ces titres ?
– Le Seigneur marche devant lui (45, 2) pour lui ouvrir le chemin et lui donner la victoire ; il réalise ainsi ce qu’il avait annoncé par les prophètes, ses envoyés (44, 26).

Question 3

– Relire Is 44, 24 – 28 et la note sur v. 24 (titre).
– Noter la liaison qui est faite entre l’action créatrice de Dieu (44, 24b. 27 ; 45, 12)
et son action dans l’histoire (44, 25-26. 28 ; 45, 13).
– Relever tout ce que ce texte nous dit de Dieu par rapport à Cyrus en 45, 1-7.
– Sur le monothéisme exprimé dans ce texte : 45, 5-6 ; cf. aussi 44, 6 +, cité en
marge.
– Au sujet de la liberté de Dieu, voir particulièrement 45, 9-11 et le renvoi à Is 29,
16 + (en marge dans BJ).

6. – Is 52, 13 – 53, 12 : « par lui, la volonté du Seigneur s’accomplira ».

Un texte bien connu et pourtant toujours mystérieux ! De qui parle le prophète ? Cette question que pose à Philippe l’eunuque en Ac 8, 34 n’a pas encore trouvé une réponse pour le texte lui-même.
1) Situer notre texte. Que contient ce Quatrième Chant du Serviteur ? Comment pourrait-on le diviser ?
2) Qu’est-ce que ce texte nous apprend sur le « Serviteur » ?
3) Quel est le message de ce texte ? Que nous apprend-il au sujet de Dieu et de son dessein de salut ? Quel apport pour notre thème ?

Question 1

– Ce texte appartient au Deutéro-Isaïe (Is 40-55), le prophète anonyme qui s’exprime en exil dans les années 550-539.
– Notre passage est le Quatrième Chant du Serviteur : lire la note BJ sur Is 42, 1 + ; ce Chant parle de la « passion » du Serviteur.
– Sur une division de ce texte, voir la deuxième partie de la note BJ sur Is 52, 13 (titre) ; cf. encore une division légèrement différente en TOB : en 52, 13-15, c’est Dieu qui parle ; en 53, 1-6, ce sont les foules (nous), puis dans le v. 7-10, le prophète ; enfin en 53, 11-12, le Seigneur reprend la parole.
– P. Grelot propose de voir dans ce texte deux poèmes : Is 52, 13-15 qui se continue en 53, 11c-12, et entre ces deux parties le deuxième poème (53, 1-11ab) dans lequel le prophète parle d’abord au nom des foules (v. 1-6 : nous), puis du Serviteur (v. 7-11a).

Question 2

– C’est un homme écrasé (52,14), mais qui sera placé très haut (52, 13).
– Sur l’image utilisée en 53, 2, cf. la note BJ.
– Comparer 53, 3 avec Ps 22, 7-8 (cité en marge).
– Mais ce Serviteur est innocent (53, 4-6.12) ; cf. encore l’image du v. 7 et la note de BJ.
– Il est condamné et exécuté (53, 8-9), mais à cause de sa souffrance et de sa mort, il sera glorifié et sauvera les multitudes (53, 11-12).

Question 3

– Sur la signification de ce texte, voir la première partie de la note BJ sur 53, 12.
– A l’époque du Deutéro-Isaïe, la Bible ne parle pas encore d’espérance de résurrection : la rétribution doit avoir lieu ici-bas. Dans ces conditions, la souffrance est ressentie comme le signe d’une rupture avec Dieu ; quand elle touche un innocent, elle est donc totalement incompréhensible.
– Ici le prophète présente cette souffrance comme faisant partie d’un dessein mystérieux du Seigneur (52, 15 ; 53, 1 et note BJ) ; cf. encore 53, 11c-12.
– Alors que le Deutéro-Isaïe insiste souvent sur la puissance du Seigneur, ici le salut ne vient pas par la force, mais par la souffrance et la mort d’un juste que le Seigneur appelle « son Serviteur » (52, 13 ; 53, 11c).
– Sur l’importance de ce texte pour le NT, cf. les nombreuses citations précédées d’une flèche dans la marge de BJ.

7. – So 3, 9 – 20 : « Le Seigneur, ton Dieu, est au milieu de toi ».

Le ministère de Sophonie couvre les premières années du règne de Josias (probablement vers 740-730). Juda est encore sous le joug assyrien. Mais Dieu va intervenir, car son « Jour » est proche. Mais ce Jour n’apportera le salut qu’à ceux qui sauront « se faire pauvres devant le Seigneur, comme on l’est devant Assur » (A. Gélin).

1) Situer ce passage dans le livre de Sophonie. Que contiennent ces versets ?
2) Travailler plus particulièrement So 2, 11-13 et 2, 14-18 ? A qui le prophète s’adresse-t-il ? Que lui promet-il ?
3) Relever ce que ce texte nous apprend de Dieu ? Quel apport voyez-vous pour notre thème ?

Question 1

– Après So 1, 2 – 2, 3, où il est question du « Jour du Seigneur » (cf. la note BJ sur So 1, 14), viennent des oracles contre les nations (2, 4-15), puis ceux contre Jérusalem (3, 1-8) ; notre passage parle des promesses.
– Les v. 9-20 sont composés de morceaux différents : noter les changements de pronoms personnels (je/ils, dans les 9-10 ; je/tu il(s), dans les v. 11-13 ; tu/Il (le Seigneur), dans les v. 14-17 ; je/tu/ils, dans les v. 18-19 ; et enfin je/vous, au v. 20). Mais dans la composition de la Bible, ces différentes parties forment un tout : les promesses.
– Ces promesses concernent tout les peuples (3, 9-10), mais tout particulièrement le « Reste » d’Israël (v. 11-13) et Sion/Jérusalem (v. 14-17), vers qui le Seigneur ramènera les déportés (18-20).

Question 2
– Sur So 2, 11-13, lire la note de BJ et le renvoi à la note-clef donnée en So 2, 3.
– Relever tout ce qui est dit du « Reste » : au v. 11 ; puis dans les v. 12-13.
– Lire la note-clef sur la pauvreté en So 2, 3 + : dégager ce qui est dit concernant Sophonie.
– Les v. 14-17 sont adressés à la Fille de Sion // Fille de Jérusalem (v. 14) : comme le montre la reprise au v. 16, il s’agit de Jérusalem /Sion présentée sous une figure féminine (cf. « Marianne », « Britannia », « Helvetia » …) ; cf. encore les références marginales en BJ sur So 3, 14.
– Noter l’accumulation des termes pour parler de la joie (v. 14) ; il ne s’agit pas simplement d’une joie intérieure, mais d’une joie exubérante.
– La cause de cette joie : la présence du Seigneur « au milieu de toi » (litt. en ton sein) : v. 15 et 17. Cette présence est signe de pardon (v. 15) et de l’amour de Dieu pour son peuple (v. 17).

Question 3

– Le Seigneur est Dieu pour tous les peuples (v. 9-10).
– Dieu écarte les orgueilleux, mais laisse subsister un peuple humble et modeste, le peuple « pauvre » au sens de Sophonie.
– Le prophète annonce le pardon de Dieu (v. 15) et le retour des exilés (v. 18-20).
– Sophonie nous présente le Seigneur comme un Dieu jeune et dynamique (v. 17), un jeune roi qui aime la jeune fille Sion et qui danse pour elle. (C.-A. Keller)

8. – Lc 6, 12 – 16 et Mc 3, 13 – 19 : « il en choisit douze qu’il nomma apôtres ».

Le choix des Douze représente une étape importante dans le ministère de Jésus. En choisissant douze parmi les disciples qui le suivent, Jésus nous révèle quelque chose du projet qui l’habite.

1) Comparer les contextes de Lc avec celui de Mc : quelles ressemblances et quelles différences pouvez-vous relever ?
2) Sur quoi Lc a-t-il mis l’accent dans ce choix des Douze ?
3) Que signifie ce choix des Douze ?

Question 1

– Chez Mc, après un groupe de controverses (Mc 2, 1 – 3, 6 ; cf. aussi la note TOB sur Mc 2, 1) l’évangéliste nous montre Jésus suivi par une grande multitude (disciples et foule : Mc 3, 7-12),
– Dans cette foule qui le suit, Jésus fait un choix parmi les disciples (v. 13) ; il fait les Douze (cf. v. 14 et note BJ), pour être avec lui et pour partager sa mission.
– Sur l’importance des lieux chez Mc, cf. la note TOB sur 3, 13.
– Dans les versets qui suivent, Mc note la démarche de la parenté de Jésus (v. 20-21 ; cf. la note de TOB sur v. 20 et encore celle sur le v. 31).
– Chez Lc, le choix des Douze suit directement les controverses (Lc 5, 17 – 6, 11) et cette scène marque un tournant dans le ministère de Jésus : descendant avec eux, Jésus retrouve la foule et adresse le discours dans la plaine (Lc 6, 20 et notes BJ et TOB sur le titre).

Question 2

– Luc insiste sur la longue prière de Jésus qui précède ce choix (v. 12 et note TOB ; en BJ, cf. le renvoi à Lc 3, 21 +, en marge).
– Chez Lc, la prière de Jésus marque tous les moments importants de son ministère. Par cette longue prière, Lc marque l’union de Jésus avec son Père dans ce choix.
– Lc parle d’un choix fait parmi les disciples ; les Douze reçoivent le nom d’apôtres : cf. notes BJ et TOB sur v. 13.

Question 3

– Sur la signification du choix des Douze : cf. Mc 3, 14 et note BJ ; cf. aussi Gn 49, 28a.
– Mc met l’accent sur la liberté du choix de Jésus : ceux qu’il voulait … (v. 13)
– Parmi ceux qui sont ainsi choisis, certains sont connus du lecteur de Mc (Simon et André, Jacques et Jean) et de Lc (Simon, Jacques et Jean) ; les autres sont encore pour lui des inconnus. Comparer aussi la liste donnée en Mt 10, 2-4.
– Sur le changement de nom de Simon, cf. la note TOB sur Lc 6, 14.
– Tous les évangélistes mentionnent le choix de Judas, cf. Mc 3, 19 : celui qui le livra (# livrera).

9. – Mt 10, 25–30 et Lc 10, 21–24 : « Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre… »

Qui peut révéler le mystère de Dieu sinon Dieu lui-même et le Fils qu’il nous a envoyé ? Or ce don, Dieu le fait aux tout-petits.

1) Comparer ces deux textes : qu’est-ce qui est semblable ? quelles différences trouvez-vous ?
2) Expliquez le texte de Mt 11, 25 – 30. Que contient ce passage ?
3) Expliquez le texte de Lc : sur quoi cet évangéliste a-t-il mis l’accent ?

Question 1

– Dans les deux Evangiles, la parole de Jésus sur la révélation aux tout-petits (Mt 11, 15-16 et Lc 10, 21-22) est quasi identique. Le contexte cependant est différent.
– Chez Mt, cette parole vient à la suite de la question posée par Jean-Baptiste (11, 2ss) et du jugement de Jésus sur cette génération (11, 16-19) et sur les villes où il s’est manifesté (v. 20-21). Elle est suivie des v. 28-30 (propres à Mt).
– Chez Lc, le contexte est celui de l’envoi et du retour des 72 disciples (Lc 10, 1-20) ; dans les v. 23-24, Jésus continue de s’adresser aux 72 disciples.

Question 2

– On peut diviser ce passage en trois : v. 25-26 ; v. 27 ; v. 28-30.
– Sur le contexte de Mt, ce qui a été révélé aux tout-petits, cf. la note BJ sur le v. 25.
– Pour la signification de ce passage, voir les notes de BJ (sur v. 27) et TOB (sur v. 25 et 27) : le renvoi aux livres sapientiaux ou/et à celui de Daniel.
– Pour Mt 11, 28-30, voir les références à Si 24, 19 et 51, 23-30 (en marge dans BJ). Lire aussi les notes de BJ sur les v. 28 et 29 ; cf. encore la note de TOB sur v. 30.
– Comparer encore ce passage avec Mt 5, 17-20 : ce que Jésus demande est-il moins exigeant ? Voir la fin de la note TOB sur Mt 10, 30.

Question 3

– Chez Lc, il y a ce lien très fort avec ce qui précède : le choix des 72, leur mission et la joie des envoyés à leur retour et la parole de Jésus (v. 17-20).
– Lc relie également les v. 21-22 avec une autre parole de Jésus (v. 23-24), que Mt place ailleurs : voir la note TOB sur Lc 10, 21 (titre).
– Sur le don fait aux tout-petits, lire la note TOB sur la fin du v. 22.
– Sur la béatitude des v. 23-24, cf. note TOB sur v. 23 ; voir encore la note BJ sur Mt 13, 17 où il est question du « mystère ».
– Noter l’insistance de Lc sur la joie de Jésus : cf. note TOB sur v. 21 ; en BJ : Lc 1, 14 + (cité en marge) ; également l’importance donnée à l’Esprit, cf. BJ :Lc 4, 1 + (en marge).

10. – Mt 20, 1 – 16 : Les derniers et les premiers.

Une parabole qui surprend et qui dérange ! Et si Jésus avait quelque chose à nous dire qui bouscule un peu notre manière de penser et de juger ? Ne serait-ce pas cela la Bonne Nouvelle ?

1) Etudier cette parabole. Comment est-elle construite ? Sur quoi porte l’enseignement ?
2) Replacer cette parabole dans son contexte : à qui Jésus s’adresse-t-il ? Comparer la parabole de Jésus avec la parabole rabbinique (en annexe).
3) Quel message Jésus veut-il nous donner par cette parabole ? Lire Lc 15, 11-32 : est-ce le même enseignement ?

Question 1

– Une parabole est une histoire qui donne à penser : sur quoi Jésus veut-il interpeller ses auditeurs ?
– Ce texte peut se diviser en trois parties : l’embauche, tout au long du jour (v. 1-7) ; la paye et la contestation (v. 8-12) ; la réponse du maître de la vigne (v. 13-15).
– Comme c’était l’usage, la paye a lieu le soir même : Lv 19, 13 ; Dt 24, 14-15 (cités en marge).
– Noter que lors de la paye, le narrateur ne s’intéresse qu’aux derniers et aux premiers (v. 8-12).
– Remarquer également les trois éléments de la réponse du maître de la vigne : v. 13 ; v. 14-15a ; v. 15b. Quel élément de la réponse vous semble le plus important ?

Question 2

– Mt suit ici le texte de Mc 10, mais il insère dans cet ensemble cette parabole qui lui est propre.
– Après le 4ème grand discours de son Evangile (Mt 18), Jésus est maintenant en marche vers la Judée (cf. la note TOB sur Mt 19, 1) ; il arrivera à Jérusalem en Mt 21, 1.
– Dès Mt 19, 3, l’Evangéliste souligne la présence des Pharisiens et leurs intentions à l’égard de Jésus.
– Notre parabole est reliée à ce qui précède : cf. 20, 1 « car il en va du royaume … » ; voir aussi Mt 19, 30 et 20, 16 (inclusion) : quel lien avec notre parabole ?
– Sur quoi porte l’enseignement de la parabole rabbinique ? Et celle de Jésus ?

Question 3

– Comparer Lc 15, 1-2 avec Mt 20, 11 : murmurer !
– Comparer Lc 15, 29-30 avec Mt 20, 12 : quelle similitude ?
– Comment faut-il qualifier la manière d’agir du maître de la vigne ? ; lire la note TOB sur 20, 15 ; cf. aussi celle sur le v. 16.
– A qui ai-je tendance à m’identifier dans cette parabole de Mt ?

11. – Jn 15, 1 – 17 : « C’est moi qui vous ai choisis … »

Parler de la vigne, c’est évoquer toute l’histoire de Dieu avec son peuple : le soin et l’amour de Dieu pour Israël et la réponse bien souvent décevante du peuple. Mais Jésus peut dire : « Moi, je suis la Vigne véritable » et il nous invite à être les sarments.

1) Situer ce passage dans l’Evangile de Jn. Comment peut-on diviser notre texte ?
2) Relever les mots et les expressions qui reviennent plusieurs fois. Sur quoi Jésus veut-il insister ?
3) Qu’est-ce que ce texte de Jn nous apprend sur le choix de Dieu ?

Question 1

– Nous sommes dans la 2ème partie de l’Evangile de Jn (Jn 13 – 20) ; ici Jésus ne s’adresse plus au monde, mais aux siens (cf. 13, 1 et note BJ).
– Après le Discours d’adieu (cf. 13, 31 et note BJ) qui se termine en 14, 31, on passerait normalement à Jn 18, 1, mais l’Evangéliste introduit ici ce développement sur la Vigne.
– Sur l’image de la vigne dans la Bible, voir les notes de BJ et TOB sur Jn 15, 1 ; cf. encore le renvoi à Is 5, 1 et la note de BJ sur ce passage.
– Notre passage peut se diviser en 2 parties : 15, 1-8 : la vigne et 15, 9-17 : les applications.

Question 2

– « Je suis la vigne … » : v. 1 et 5 ; porter du fruit : v. 4 (3 fois). 5.6.8. 16 ; demeurer en : v. 4 (3 fois). 5.6.7.9.10 (2 fois). 16 ; amis : 13. 14. 15 ; cf. encore aimer :9 (2 fois), 12 (2 fois). 17 ; amour : 9. 10 (2 fois). 13.
– Noter les enchaînements : Père – Jésus – disciples : v. 9-10 ; lire les notes TOB sur les v. 9. 10. 12.
– Il faut demeurer en lui : v. 9-10 (cf. la note TOB sur v. 4) ; garder ses commandements (v. 10 ; cf. les v. 14 et 17). On peut comparer cette demande avec Mc 3, 35.

Question 3

– Sur le v. 16, voir la référence marginale à Dt 7, 6 + ; lire et travailler aussi les notes TOB sur ce v. 16.
– Lire 1 Jn 4, 10 : quel éclairage nous apporte ce texte ? Cf. encore sur le v. 16 le renvoi (en marge) à Jn 15, 2 +.
– Sur serviteurs et amis : voir la note TOB sur v. 15.
— Le choix de Dieu porte d’abord sur Jésus (v. 1) : il est lui, la Vigne véritable. Mais il veut associer ses disciples (v. 5) : cf. le Christ total, la Tête et les membres, dont parle s. Paul en 1 Co 12, 12ss (cité en marge dans la TOB sur v. 5).

12. – Ac 9, 1 – 22 : « Cet homme m’est un instrument de choix … »

Saul était un Juif fervent, un Pharisien attaché aux traditions de ses pères et sûr de sa vérité. La rencontre avec le Ressuscité sur le chemin de Damas va bouleverser sa vie : de persécuteur, il deviendra apôtre et il sera lui-même persécuté.

1) Qu’est-ce que le lecteur de ce texte sait déjà de Saul ? Qu’est-ce qu’il apprend dans ce récit ?
2) Comment Jésus se manifeste-t-il à Saul ?
3) Comment les v. 10-16 soulignent-ils le caractère déroutant de l’appel de Saul ?

Question 1

– Sur ce que l’auteur des Actes a déjà dit de Saul, lire Ac 7, 58 ; 8, 1. 3. Cf. aussi les références marginales en BJ sur Ac 8, 3, spécialement celles tirées des lettres de Paul.
– Dans notre texte, il est question d’une mission de Saul à Damas, auprès des Juifs devenus chrétiens (cf. 9, 2 et note BJ) ; voir aussi Ac 22, 4 et note BJ.
– Sur l’importance que l’auteur des Actes attribue à cet événement, lire les notes de BJ et TOB sur Ac 9, 1 (titre).

Question 2

– Sur la révélation faite à Saul, lire Ga 1, 12-17 et les notes BJ ; noter dans ce texte de Ga les liens que Paul fait entre sa vocation et celle de Jérémie (Jr 1, 5) et du « Serviteur » (Is 49, 1) ; lire encore les notes de TOB sur Ga 1, 12.
– « Je suis Jésus que tu persécutes … » : comment comprendre cette parole (v. 5) ? ; lire la note BJ. Voyez-vous un lien entre cette parole de Jésus à Paul et l’expression paulinienne du « corps du Christ » : (1 Co 12, 12 et note BJ) ?

Question 3

– Pour Ananie, Saul est persécuteur de ses frères chrétiens de Jérusalem (cf. 1 Tm 1, 12-17) ; sur l’expression « les saints » (v. 13), lire les notes de BJ et TOB.
– Il est venu à Damas pour enchaîner « ceux qui invoquent ton nom » : cf. la note TOB ; cf encore Ac 2, 21 et note BJ.
– pour le Seigneur, Saul est « celui qu’il a choisi pour porter son nom auprès des nations païennes » : v. 15 et note BJ ; cf. aussi la note TOB sur « porter mon nom ».
– Lire aussi Ga 1, 16 et note BJ.
– Voir encore Ac 22, 21 (cité en marge) : lire la note sur ce passage avec les textes où Paul parle lui-même de son envoi aux païens : Ga 1, 16 + ; 2, 7-8 ; cf. aussi note TOB sur Ga 2, 9.

13. – 1 Co 1, 17 à 2, 5 : « Voilà ce que Dieu a choisi … »

Nous sommes tellement habitués à voir un crucifix que nous avons de la peine à comprendre ce que Paul veut dire quand il parle du « langage de la croix ». C’est pourtant là que ce trouve le cœur du message chrétien.

1) Comment ce passage se relie-t-il à ce qui précède et à ce qui suit ?
2) Que contiennent ces versets de Paul ? Suivre la pensée de l’apôtre dans ce passage.
3) Qu’est-ce que ce texte apporte pour notre thème ?

Question 1

– Nous sommes dans la 1ère partie de la lettre où Paul réagit aux nouvelles qu’il vient de recevoir de Corinthe (1 Co 1, 11 et notes BJ et TOB). Plus loin, il répondra à des questions qui lui sont posées (7, 1).
– Il s’agit des partis dans la communauté de Corinthe (1, 10 – 4, 21) ; cf. aussi les notes BJ sur 1, 12 et 3, 22-23.
– Former des partis autour des prédicateurs, c’est confondre l’Evangile avec une sagesse humaine ; l’Evangile est une sagesse, mais sagesse de Dieu (2, 6-7 et notes BJ).
– Paul termine en revenant sur le rôle des prédicateurs : 1 Co 3-4.

Question 2

– Lire les notes de BJ et TOB sur 1, 25 qui donnent la division (en trois parties) de notre passage.
– Paul parle d’abord (1. 18-25) du message chrétien qui peut apparaître comme une folie (pour les Grecs) ou un scandale (pour les Juifs) ; il s’adresse ensuite directement aux Corinthiens (v. 26-31) ; puis il rappelle les conditions dans lesquelles il a évangélisé Corinthe (2, 1-5).
– Sur les v. 18-25 : comment comprendre « le langage de la croix » (v. 18) ? et « un messie crucifié » (v. 23) ? Lire les notes BJ et TOB sur les v. 22-25.

Question 3

– Noter l’insistance de Paul sur le choix de Dieu dans les v. 26 – 31 : les répétitions « ce que Dieu a choisi … »
– Sur le v. 30, lire les notes BJ et TOB.
– Sur la communauté de Corinthe, on peut lire ce que dit Ac 18, 1-11 ; cf. les introductions aux Lettres aux Corinthiens.
– Le fait que Dieu s’est révélé dans la croix du Christ : qu’est-ce que cela peut nous dire de Dieu ? de sa manière d’offrir le salut ?

annexe pour étape 10 : Une parabole rabbinique que proposa Rabbi Zeera, en 325, aux funérailles d’un jeune rabbin

A quoi Rabbi Bun, fils de Rabbi Hiyah, est-il semblable ?
A un roi qui avait engagé beaucoup d’ouvriers.
L’un de ces ouvriers était plus diligent que nécessaire dans son travail.
Que fit le roi ?
Il le prit comme compagnon pour se promener çà et là.
Le soir venu, les ouvriers vinrent recevoir le salaire, et il le paya autant qu’eux.
Les ouvriers se plaignirent et dirent :
« Nous avons travaillé toute la journée, et il a reçu le même salaire que nous. »
Le roi répondit : « Cet homme a fait plus en deux heures que vous durant toute la journée. »
Ainsi également, Rabbi Bun a fait plus dans la Loi en 28 ans qu’un maître réputé n’est capable d’en faire en cent ans.

(cité par J. DUPONT, dans Ass. Seigneur 56, p. 21)