LA SYMBOLIQUE DANS L’EVANGILE DE JEAN

jarresSous ce titre « la symbolique dans l’Evangile de Jean », se cache souvent la question de l’historicité de ce que rapporte cet Evangéliste au sujet de Jésus : est-ce que c’est « vrai » ? En effet, quand il lit l’Evangile de Jean, le lecteur note immédiatement une différence avec les Evangiles synoptiques. Alors que les trois premiers Evangiles nous présentent un parcours de Jésus, de Galilée à Jérusalem, après le baptême prêché par Jean-Baptiste jusqu’à la Pâque où il meurt (cf. Ac 10, 37ss), Jean nous parle d’un ministère de Jésus s’étendant sur plus de deux années (cf. les 3 fêtes de la Pâque juive : Jn 2, 13 ; 6, 4 ; 11, 55) et qui se déroule principalement à Jérusalem (Jn 5. 7-12 ; 13-20). Mais ce qui frappe encore davantage le lecteur, c’est la manière dont s’exprime Jésus dans cet Evangile. Le langage est différent et surtout les dialogues prennent ici une place beaucoup plus importante : l’entretien avec Nicodème (Jn 3), avec la femme de Samarie (Jn 4),  le discours sur l’œuvre du Fils (Jn 5) ; le discours du Pain de vie (Jn 6), les enseignements durant la fête des Tentes (Jn 7-8), puis le (ou les) discours après la Cène (Jn 13-17). D’autre part, le lecteur remarque que les « miracles » de Jésus sont bien moins nombreux que dans les Synoptiques, mais ils prennent une autre dimension. Jean n’en garde que 7 – même s’il nous dit qu’il y en a bien d’autres : cf. Jn 20, 30 et 21, 25 – et plutôt que de les présenter comme des manifestations de puissance (dynameis), il parle de « signes » (sémeia) qui révèlent la personne du Fils. C’est aussi du Fils, de la personne de Jésus, que traitent directement les controverses, même si elles sont parfois suscitées par le problème du sabbat (Jn 5, 16 ; cf. 9, 18). En effet, chez Jean l’identité de Jésus est dévoilée au lecteur dès le Prologue (Jn 1, 1-18) et elle prend une grande place dans la suite du récit. Comme l’écrit E. COTHENET « Dans Jn, les disciples reconnaissent d’emblée Jésus comme Messie (1, 41.45.49) et lui, de son côté, multiplie les déclarations sur sa personne (ainsi 4, 25 ; 8, 58 ; 10, 36-38). A la pédagogie progressive que Mc a systématisée par l’ordre du « secret » s’oppose la révélation en clair de la personne du Maitre, selon le but que Jn s’est assigné. (20, 30s) ». (dans Introduction à la Bible, Nouvelle Edition, sous la direction de A. GEORGE et P. GRELOT, Tome III, Volume IV : La Tradition johannique, Paris 1977, p. 225)

Ecrire un Evangile

Pour essayer de comprendre ce problème, il faut d’abord donner toute sa signification à ce que l’auteur nous dit, au terme de son Evangile : « Jésus a opéré sous les yeux des disciples, bien d’autres signes qui ne sont pas consignés dans ce livre. Ceux-ci l’ont été pour que vous croyez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et que, en croyant, vous ayez la vie en son nom. » (Jn 20, 30-31) Jean ne veut pas simplement nous raconter la vie de Jésus, comme le ferait un auteur qui s’intéresse à un personnage du passé ; il veut partager sa foi avec ceux qui le liront. Il entend, certes, nous parler de Jésus de Nazareth (cf. 1 Jn 1, 1), mais il nous en parle à la lumière de la foi pascale, comme il le dit explicitement (2, 17.22 ; 12, 16 ; 13, 7 ; 20, 9). Ce travail d’anamnèse est l’œuvre du Paraclet (14, 15 ; 15, 26 ; 16, 7-11.13.15) : « Seule la rétrospective pascale agie par l’Esprit permet de découvrir le sens achevé de l’incarnation, du ministère terrestre, de la Passion et de l’élévation du Fils. L’évangile est donc par excellence un témoignage rendu au Christ incarné, dans la force de l’Esprit, lequel à la fois conserve le souvenir du Christ terrestre et en dit l’actualité pour l’aujourd’hui de la foi. » (J. ZUMSTEIN, dans Introduction au Nouveau Testament, sous la direction de D. MARGUERAT, Genève 2004, p. 364 Cette relecture porte, tout naturellement, la marque de son auteur : elle est « johannique » et elle veut répondre aux besoins de la communauté dans laquelle et pour laquelle elle est faite. Comme le disait le Document de la Commission Biblique Pontificale (1964), sur la Vérité des Evangiles, Sancta Mater Ecclesia : « (Les auteurs sacrés) choisirent certains éléments parmi ceux qui avaient été transmis, ils en résumèrent quelques uns, ils en développèrent d’autres, eu égard à l’état des églises. Ils s’efforcèrent de faire connaitre à leurs lecteurs la solidité des paroles dont ils avaient été instruits. En effet, les auteurs sacrés choisirent de préférence parmi tout ce qu’ils avaient reçu ce qui était le plus utile à leur propos et aux différentes conditions des fidèles et ils le racontèrent de la façon qui correspondait à ces conditions comme aussi au but qu’ils s’étaient fixé. » Avant d’aborder la symbolique de l’Evangile de Jean, je voudrais encore ajouter quelques clarifications sur les deux notions d’histoire et de symbole.

L’histoire

Quand on parle de l’histoire des Evangiles (ou de la Bible), on ressent souvent un malaise. On entend souvent la question : est-ce que c’est vrai ? sous-entendu : est-ce que les choses se sont bien passées ainsi ? est-ce « historique » ? Beaucoup restent encore marqués par la conception positiviste de l’histoire du 19ème siècle, et par l’apologétique déployée par les croyants contre ceux qui, à partir de cette conception de l’histoire, s’attaquaient à la foi biblique et chrétienne. Selon cette conception positiviste de l’histoire, certains auraient voulu décaper les Evangiles de tous les apports dus aux premiers chrétiens pour accéder à des faits bruts du ministère de Jésus et atteindre un noyau historique incontestable. Mais on ne peut pas faire de l’histoire comme on fait des sciences naturelles ! Voici ce qu’écrivait H.-I. MARROU dans son livre De la connaissance historique, (1954), où, après avoir souligné que l’histoire est notre connaissance du passé, basée sur les documents qui nous sont parvenus et à travers le regard d’un historien, il faisait une application au sujet qui nous intéresse plus directement : « Prenons comme exemple l’interprétation des Evangiles canoniques. Que de temps perdu par la « critique » à rechercher la crédibilité du témoignage qu’ils portent sur les événements de la vie de Jésus. Nous commençons seulement (…) à nous rendre compte qu’il fallait d’abord comprendre ce qu’était un Evangile : ce n’est pas un recueil de procès-verbaux, de constats d’évènements, plus ou moins exacts ou tendancieux, plus ou moins fidèlement transmis ; l’auteur ne se proposait pas de fournir un jour une documentation à l’histoire historicisante, mais bien autre chose : il voulait, dans la perspective existentielle de la catéchèse ecclésiastique, transmettre à ses lecteurs la connaissance du Christ, nécessaire au salut ; pour élaborer cette image de Jésus, il a pu être amené à toute une manipulation de ses sources qui nous déconcerte peut-être (par son indifférence, par exemple à la chronologie), mais qu’il serait naïf de qualifier de falsification ou de mensonge. » (op. cit. p. 107-108) En effet, comme il le dit plus loin : « Connaissance de l’homme par l’homme, l’histoire est une saisie du passé par, et dans, une pensée humaine, vivante, engagée. Elle est un complexe, un mixte indissoluble de sujet et d’objet. (…) Qu’il entre, et de façon irréductible, quelque chose de l’historien dans la composition de l’histoire n’empêche pas qu’elle puisse être aussi, du même coup et en même temps, une appréhension authentique du passé. » (op .cit. 232)

Le symbole

Abordons maintenant le problème que pose le symbole à notre culture moderne marquée par une pensée rationnelle et scientifique. Le terme nous vient du grec, à travers le latin. Symbole, (sumbolon, de sunballein = jeter/ mettre ensemble) : un symbole est une figure ou une image qui sert à désigner une chose le plus souvent abstraite, une idée ou un concept. Le symbole nous renvoie à autre chose que nous ne pouvons atteindre directement. Comme l’écrit X. LÉON-DUFOUR « pour le comprendre, il faut avant tout admettre que mot « symbolique » ne s’oppose aucunement à « réel » en dépit des mentalités habituées à une présentation ontologique du monde Il faut faire une véritable conversion mentale en saisissant ce qui différentie le symbole du signe. (…) La fumée est signe du feu ; fumée et feu sont deux réalités du même ordre, existant indépendamment de l’esprit qui les perçoit ; c’est pourquoi, on ne peut pas dire que la fumée « symbolise » le feu. « En d’autres cas, le signifiant évoque d’emblée autre chose, une réalité qui appartient à un autre ordre et ne peut être saisie que par l’esprit de l’homme. (…) Selon la « performance » du locuteur ou la « compétence » de l’interlocuteur, le « signifiant « eau », par exemple, peut symboliser la fraicheur, la fécondité, la destruction…(…) ; l’eau n’est pas un « symbole » en soi ; c’est l’esprit de l’homme qui, à partir de sa culture ou de son inconscient, entre en communion avec tel ou tel aspect d’un signifiant qui est déjà lourd de ce que l’esprit peut y mettre ou y découvre. Ainsi il en détermine ou en perçoit la valeur symbolique. » (Le Partage du Pain Eucharistique, p. 151-152). Je reviendrai encore sur ce point en parlant de la symbolique johannique. Or, comme l’écrivait P. GRELOT : « Aucune religion ne peut se passer de symboles, soit pour exprimer en mots humains sa conception de Dieu et du monde surnaturel, soit pour assurer par des rites sensibles l’union de l’homme avec le divin. » (Sens chrétien de l’Ancien Testament, p. 210) Si la Bible recourt aux symboles, ce n’est donc pas d’abord par souci esthétique. Les symboles sont essentiels, porteurs d’un contenu inépuisable, qui ne pourrait pas être exprimé autrement. « Le langage humain y recourt nécessairement dès qu’il veut parler des choses de Dieu. Entre l’expérience sensible et celle des choses de Dieu, il suppose reconnus mille jeux de correspondances, qu’il exploite pour évoquer les secondes à partir des premières. » (op. cit. p. 364) C’est ainsi que l’Ancien Testament reprend – en les rectifiant si nécessaire à partir de la foi biblique – les mêmes représentations que l’on peut trouver dans les paganismes environnants (par ex. l’image de Dieu, roi avec sa cour divine ou de Dieu, berger de son peuple). Le Nouveau Testament apporte un fait nouveau qui bouleverse la perspective : l’Incarnation. « Il en découle deux conséquences. En premier lieu, le contact historique des hommes avec le Verbe fait chair (cf. 1 Jn 1, 1) fournit une base nouvelle de la connaissance de Dieu ; les vieux symboles, fondés sur des analogies humaines et déjà rectifiés par l’Ancien Testament, sont à réinterpréter en fonction d’elle. En second lieu, l’union des hommes avec Dieu, se trouve effectivement réalisée, non plus à travers des rites symboliques, mais dans la personne même de Jésus, Verbe fait chair. » (op. cit. p. 212-213) Sans la symbolique nous ne pourrions pas exprimer le contenu de notre foi chrétienne qui ne relève pas du domaine historique, si ce n’est pour l’historicité de la personne de Jésus de Nazareth.

La symbolique dans l’Evangile de Jean

L’écriture johannique de l’Evangile met davantage en valeur le symbolisme, même si cela ne lui pas réservé ; les Synoptiques le font également. « Aucun évangéliste ne prétend raconter les événements du passé sans les interpréter selon leur signification pour l’aujourd’hui du lecteur ; chacun livre le témoignage de sa communauté ecclésiale sur les faits qui en fondent l’existence et la foi » écrit X. LÉON-DUFOUR, Lecture de l’Evangile selon Jean, tome I. p. 13) Mais Jean nous en donne clairement la raison : durant sa vie terrestre, « Jésus n’a pas pu révéler en toute clarté le mystère qui le concernait et nous concernait (…) mais il a pu déposer dans le cœur des disciples des paroles au caractère « séminal. » C’est pourquoi, après le départ de Jésus, cette révélation s’est poursuivie ou plutôt a été rendue présente sous un autre mode grâce au don de l’Esprit (Jn 14, 16. 26). (Cf. op. cit. p. 14) En effet, « au fondement de l‘ « opération symbolique » pratiquée par l’évangéliste Jean il y a son affirmation que « le Logos est devenu chair » et donc que les réalités sensibles (lumière, eau, pain, porte…), tout comme les personnages qui gravitent autour de Jésus, sont, chacun à sa manière, porteurs de la Parole de Dieu pour moi aujourd’hui. » (X. LÉON-DUFOUR, Le Partage du Pain Eucharistique, p. 301) Comme je l’ai mentionné ci-dessus, la place donnée au symbolisme a parfois jeté le doute sur la valeur historique du Quatrième Evangile. Mais sur bien des points, les historiens donnent aujourd’hui raison à Jean sur les différences relevées entre son Evangile et les Synoptiques : ainsi pour ne citer que quelques-unes : la durée du ministère de Jésus avec la triple mention de Pâque, la date du dernier repas et celle de la crucifixion le Jour de la Préparation de la Pâque (Jn 19, 14); la mention du Lithostrôtos – dallage – (Jn 19, 13 et note TOB). Comme le notait aussi A. JAUBERT, « il faut pénétrer lentement dans l’univers des signes où se meut le IVe évangile (…) A une longue fréquentation de l’évangile, doit se joindre la connaissance du contexte culturel, du symbolisme biblique et oriental pour que soient saisies correspondances, évocations, suggestions. » (Approches de l’Evangile de Jean, p. 54) En désignant les miracles de Jésus par le mot sèmeion (signe), plutôt que par dunamis (puissance), l’auteur nous invite à voir dans les œuvres étonnantes de Jésus, non l’acception de puissance mais celle de signification. Ainsi pour le miracle de Cana, le début des « signes » de Jésus (Jn 2, 11). « L’auditeur est orienté vers une compréhension qui dépasse le sens immédiat du texte et l’amène à saisir un sens caché, christologique. Jésus donne un vin excellent (meilleur que le précédent : 2, 10), un vin de noces, surabondant qui évoque la prodigalité attendue pour les temps messianiques (…) L’emploi du terme sèmeion n’est qu’un des points où le langage de Jean relève d’une symbolique qui est diffuse dans tout l’évangile. Si tout est « signe » pour Jean, c’est que tout acte de Jésus – toute attitude, tout geste – est lourd de signification ; c’est une « parole » que le Logos fait chair adresse à l’homme. La vie de Jésus, aux yeux de l’auteur, a été pour ceux qui ont su la déchiffrer une épiphanie permanente (Nous avons vu sa gloire : 1, 14). C’est pourquoi, chez Jean, il est rare qu’une scène ne comporte pas de double sens, ou même plusieurs sens qui n’apparaissent pas immédiatement.» (op. cit. p. 54-55) Pour cela, l’évangéliste met à l’œuvre différents procédés : – La symbolique des chiffres : les 6 jarres (Jn 2, 6), les 153 poissons (21, 11) ; le nombre 7 (pour les « signes » et pour les « Je suis » suivis d’une précision…) – Les mots à double sens : naître anôthen : de nouveau / d’en haut (3, 3) ; le Fils de l’Homme qui doit être élevé, comme le serpent (3, 14), mais aussi élevé en gloire (8, 28 ; 12, 32.34) ; notre ami Lazare s’est endormi, mais je vais aller le réveiller (11, 11). – Le quiproquo : une parole de Jésus, qui n’est pas immédiatement compréhensible par son interlocuteur et provoque une demande d’explication : ainsi dans les dialogues avec Nicodème, avec la Samaritaine. (cf. sur ces points, op. cit. 55-62). Ce symbolisme johannique est un langage au service d’une catéchèse ; par ces images, l’auteur essaie de traduire ce que représente le Christ pour la communauté croyante. Grâce au don du Paraclet (Jn 14, 26 ; 16, 13), le croyant peut maintenant entrer peu à peu dans le mystère du Fils, comme l’Evangéliste nous le dit expressément en Jn 2, 22 et 12, 16. Mais comme l’Evangéliste le dit explicitement, cette démarche se fait en deux temps : le temps des auditeurs contemporains de Jésus et celui des lecteurs de l’Evangile à la lumière des événements de Pâques : ainsi pour la parole sur le Temple (Jn 2, 19-22). Ainsi en Jésus s’accomplit toute l’Ecriture (cf. Jn 19, 28-30) : « c’est pourquoi sur le Christ johannique s’achèvent les grands symboles de l’histoire d’Israël, dont beaucoup s’étaient enrichis de nouvelles harmoniques dans le judaïsme tardif : l’image de l’eau et du puits, le thème de l’Epoux, de l’Agneau, du Pasteur, de la Vigne, de la Manne… » (op. cit. p. 111) Voici quelques exemples bien connus où Jean fait usage du symbolisme pour nous exposer le mystère de Jésus.

Jn 2, 1-12 : Le commencement des signes

Dans le Quatrième Evangile les premiers disciples de Jésus lui viennent directement de Jean-Baptiste. (Jn 1, 35ss). Or leur première expérience avec Jésus est la participation à des noces (2, 1-2). Cette mention de noces nous renvoie à un thème bien connu de la Bible, depuis Osée (Os 2. 4ss), Jérémie (Jr 2, 2ss), le Deuxième Isaïe (Is 54, 1-10 et note BJ sur le titre), pour parler de l’alliance que Dieu avait conclue avec Israël (cf. Ex 19, 3-8 ; 24, 1-11). Mais la fête, à laquelle Jésus et ses disciples sont invités (v. 2), risque de tourner court car le vin vient à manquer. A la demande de sa mère, Jésus va faire « le commencement des signes » (v. 11) en donnant abondamment du vin, meilleur que celui servi jusque-là (v. 10). Ce récit n’est pas pour l’Evangéliste un récit biographique ou celui d’un prodige merveilleux. Il s’agit d’une noce, et pourtant on ne parle pas de la mariée ; le marié est à peine évoqué (v. 9). On remarque, par contre, l‘importance donné au dialogue entre Jésus et sa mère (v. 2-5), les détails sur les jarres (nombre : 6 ; la matière : de pierre ; leur usage : pour les purifications des Juifs) ; également l’insistance sur le rôle et l’obéissance des serviteurs (v. 5. 7. 8). La parole de la mère de Jésus aux serviteurs (v. 5) peut faire référence à Ex 19, 8 et 24, 3. 7 ainsi qu’à Gn 41, 55. A noter encore la mention du temps : « le troisième jour… » (v. 1) où certains voient l’achèvement de la « semaine inaugurale » (cf. les notes de BJ et TOB sur v. 1).Mais l’expression « le troisième jour » peut aussi nous nous renvoyer aux grandes manifestations de Dieu pour son peuple (Ex 19, 11 et 16 ; Gn 22, 4 ; Os 6, 2). On peut encore signaler le titre de « Femme » que Jésus donne ici à sa mère (ce qu’il  fera encore en Jn 19, 26) : comme l’écrit, X. LÉON-DUFOUR « il ne se rapporte sans doute pas à la première Femme, ce qui ferait de Marie une nouvelle Eve ; il évoque la Sion idéale, elle-même représentée dans la Bible sous les traits d’une femme et plus précisément ceux d’une mère. Marie personnifie la Sion messianique qui rassemble autour d’elle ses enfants lors de la fin des temps. En toute vérité, elle est d’abord la personnification d’Israël. « Dans le cadre d’une noce au cours de laquelle la mariée n’apparait pas, c’est la mère de Jésus qui tient lieu de Sion, qui est l’épouse Israël. (…) Dans les servants, on pourrait voir Israël soucieux d’obéir à l’Envoyé de Dieu ; ils expriment le désir actif des croyants de l’ancienne Alliance. Tout ce qu’ils peuvent faire, ils le font : remplir les jarres de purification avec de l’eau à ras bord. » (Lecture de l’Evangile selon Jean, tome I, p. 223-224). Les Pères de l’Eglise aimaient à souligner que Jésus s’était servi de l’eau (mise dans les jarres) pour donner ce vin merveilleux ; pour eux cela signifiait que l’alliance de Dieu avec Israël est devenue, par Jésus, l’alliance nouvelle, de même qu’à Cana, l’eau était devenue du vin (v. 9). A la fin du premier chapitre, Jésus disait à Nathanaël : « tu verras des choses bien plus grandes… (1, 50). Dans notre récit, il dit aux serviteurs : « Puisez maintenant et portez-en au maitre du repas. ». Je cite encore X. LÉON-DUFOUR : « par la présence de Jésus (…) l’Alliance de Dieu avec les hommes va s’accomplir. Le moment est inaugural et il s’actualisera au long de la vie de l’Eglise, où sera puisé et goûté de jour en jour le produit de l’eau et de la parole. Ce « maintenant » ouvre une présence qui ne cessera plus. (…) « L’eau de la création est devenue l’eau de la purification ; ensuite c’est à travers les jarres que cette eau peut, à la parole de Jésus, devenir du vin. L’alliance noachique, qui signifie la présence de Dieu à toute la création, a été recueillie par Israël, et c’est à travers Israël que Jésus la reprend pour être consommée dans l’alliance définitive. » (id. p. 238- 239).

Jn 3, 11-18 : Comme le serpent dressé au désert …

On ne peut comprendre ce que Jean veut nous dire dans ce passage de son Evangile sans faire référence à l’épisode des serpents brûlants, que l’on trouve en Nb 21, 4-9 et à sa relecture en Sg 16, 6, 10. Comme nous le dit la note TOB sur Nb 21, 8 : « Le symbole du dieu guérisseur (un serpent enroulé autour d’une perche) était souvent représenté dans l’Antiquité. Notre récit pourrait être une tentative d’assimilation d’un culte païen rendu à un tel dieu. Les éléments étrangers à la foi d’Israël sont éliminés, et c’est le Seigneur lui-même qui offre à son peuple ce moyen de guérison. » Au 1er siècle avant notre ère, l’auteur de la Sagesse relit ainsi cet épisode lié aux évènements du désert lors de la sortie d’Egypte ; il écrit : « En effet, quiconque regardait (le serpent) était sauvé, non par l’objet regardé, mais par toi, le Sauveur de tous (…) car ta miséricorde vint à leur rencontre et les guérit, (…) Ni herbe ni pommade ne vint les soulager, mais ta Parole, elle qui guérit tout » (Sg 16, 7. 10. 12). Ainsi pour l’auteur de la Sagesse, la guérison provenait du Dieu unique et universel et de sa Parole, (la LOI de Moïse). En Jean, cette Parole qui sauve a pris un visage, celui de Jésus et cette guérison annonce le mystère pascal : « Comme Moïse a élevé le serpent au désert, il faut que le Fils de l’Homme soit élevé, afin que quiconque croit, ait en lui la vie éternelle. Dieu, en effet, a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils, son unique, afin que tout homme qui croit ne périsse pas mais ait la vie éternelle. » (Jn 3, 14-16)

Jn 6 : Jésus, le Pain de Vie

Le miracle des pains est le seul miracle de Jésus que nous lisons dans les quatre Evangélistes ; tous soulignent son importance (cf. la note de BJ sur Mt 14, 13 et celle de TOB sur Jn 6, 1) en le mettant en relation avec le don de la manne, où Dieu avait autrefois nourri son peuple, et surtout avec le récit de l’institution de l’Eucharistie. Ce signe marque aussi le sommet et le terme de l’activité de Jésus en Galilée ; il prépare la « confession » de Pierre et des apôtres. (Mt 16, 16ss et par ; Jn 6, 68-69). Le texte de Jean (comme celui de Lc) est apparenté au premier récit du miracle des pains que rapportent Mc et Mt : il faudrait 200 deniers pour faire face au besoin de cette foule de plus de 5000 convives ; or on ne dispose que 5 pains et 2 poissons ; pourtant après le repas, on pourra remplir 12 paniers avec les morceaux des cinq pains d’orge qui étaient restés à ceux qui avaient mangé. Et ce miracle des pains est suivi, chez Jean comme en Mc et Mt, d’un miracle sur la mer (Jn 6, 16-21). Le texte de Jean contient plusieurs notations qui lui sont particulières : la mention de la Pâque (6, 4), des 5 pains d’orge (6, 9 ; 2 R 4, 42-44), de l’abondance de l’herbe à cet endroit (v. 10 ; cf. Mc 6, 39 et note TOB : cf. Ps 23 ?). En Jean, c’est Jésus lui-même qui distribue le pain et les poissons aux nombreux convives (6, 11). A noter encore la remarque de l’Evangéliste sur la connaissance de Jésus (6, 6 et note TOB). Mais ce qui frappe le lecteur de Jn, c’est surtout le grand discours qui fait suite au miracle des pains (Jn 6, 26ss). Comme le dit Jésus à ceux qui, le lendemain, sont à sa recherche, ils auraient dû voir dans ce miracle des pains le « signe » d’un don plus grand que Dieu leur offrait en sa personne : « vous me cherchez, non parce que nous avez vu des signes mais parce que vous avez mangé du pain et avez été rassasiés. Travaillez non pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui donne la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’Homme.» (6, 26-27) Ce miracle des pains aurait dû d’abord leur rappeler le don de la manne, qui tient une si grande place dans l’Ancien Testament. En Ex 16, 1-36, la manne révélait le soin que Dieu prend pour nourrir son peuple, en lui donnant abondamment chaque jour ce qui lui est nécessaire. Selon Dt 8, 2-3 Dieu préparait ainsi son peuple à pouvoir jouir sans danger des richesses de la terre promise : « il t’a mis dans la pauvreté, afin de t’éprouver pour connaitre ce qu’il y avait dans ton cœur, et savoir si tu allais, oui ou non garder ses commandements. Il t’a mis dans la pauvreté, il t’a fait avoir faim et il t’a donné à manger la manne que ni toi ni tes pères ne connaissiez, pour te faire reconnaitre que l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui sort de la bouche de Dieu. » (trad. TOB) Cf. encore Dt 8, 16. Plusieurs Psaumes chantent ce don de Dieu : ainsi Ps 78, 24-35 : « Pour les nourrir, il leur donna la manne, il leur donna le froment des cieux ; du pain des Forts l’homme se nourrit, il leur envoya des vivres à satiété. » Et la Sagesse ajoute : « C’est une nourriture d’anges que tu as donné à ton peuple et c’est un pain tout préparé que, du ciel, tu leur as fourni inlassablement. Un pain capable de procurer toutes les délices et de satisfaire tous les goûts. Et la substance que tu donnais manifestait ta douceur envers tes enfants et, s’accommodant au goût de celui qui la prenait, elle se changeait en ce que chacun voulait. » (Sg 16, 20-21) Il faut avoir présent à l’esprit ces textes de l’Ancien Testament et les traditions développées dans le judaïsme pour saisir le message de Jn 6 et les affirmations de Jésus où il se présente comme la nourriture que le Père nous donne : « Ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain qui vient du ciel, c’est mon Père qui vous le donne, le pain qui vient du ciel, le vrai. Car le pain de Dieu est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. » (6, 32-33) Ce pain que Jésus est lui-même dans sa Parole (celui qui vient à moi, qui croit en moi : v. 34) et dans son corps livré, dans l’Eucharistie (qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle : v. 54ss). Vraiment comme le disait Dt 8, 3 « l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui sort de la bouche de Dieu. »

Jn 9, 1 41 : Et toi, que dis-tu de celui qui t’a ouvert les yeux ?

Ce récit bien connu fait partie d’un ensemble plus large qu’on peut faire commencer à Jn 8, 12 : « Je suis le lumière du monde. Qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres mais il aura la lumière de la vie » et qui se poursuit, au-delà de la confession de foi de l’aveugle, au ch. 10 avec les brebis qui connaissent la voix du pasteur (10, 1-21), pour se terminer dans l’échange de Jésus et des Juifs dans le Temple, lors de la fête de la Dédicace (10, 22-39). Les Synoptiques nous rapportent aussi plusieurs guérisons d’aveugles, qui sont des signes de l’accomplissement messianique (cf. la réponse de Jésus à la question de Jean-Baptiste : Mt 11, 5 ; Lc 7, 22). Chez Mc, nous lisons un autre récit assez particulier où Jésus guérit un aveugle en deux temps (Mc 8, 22-26) et cette « guérison difficile et progressive », est placée juste avant la confession de Pierre à Césarée (cf. note TOB sur 8, 22). Mais chez Jean seul, il s’agit de la guérison d’un aveugle de naissance. De plus, la place que l’Evangéliste a choisie pour nous la raconter (après la déclaration de Jésus en Jn 8, 12), l’ampleur qu’il consacre à ce récit, ainsi que la signification donnée par Jésus de cette cécité (9, 2-3) : autant d’éléments qui témoignent de l’importance de ce geste de Jésus. Comme pour la guérison du paralytique de Bethesda (Jn 5), celle-ci a lieu un jour de sabbat (v. 14) et elle est suivie d’un long passage où il est question de l’identité de Jésus (v. 9-34) avant que Jésus ne retrouve l’homme qu’il a guéri. Mais tout au long du chapitre, la symbolique de la lumière est présente : dans le dialogue de Jésus avec les disciples (v. 4-5), dans le parcours de l’aveugle qui « revient voyant », avant d’être reprise par Jésus (voir / ne pas voir) dans les v. 39-41. (cf. X. LÉON-DUFOUR, Lecture de l’Evangile de Jean, tome II, p. 330-331) Mais en Jn 9, l’Evangéliste met surtout en relief le cheminement de l’aveugle, son obéissance à l’ordre donné (v. 7), puis sa découverte, par étapes, de Jésus dans les confrontations avec ceux qui lui demandent compte de sa guérison (v. 11. 17. 25. 29-33) jusqu’à la rencontre finale où il proclame sa foi au Fils de l’Homme (v. 35-38). Comme l’écrit X. LÉON-DUFOUR : « L’homme du récit est aveugle de naissance, et sa cécité ne provient pas du péché. Il ne peut donc être une figure de la condition pécheresse de l’humanité ; son état symbolise une autre ténèbre, native, celle où tout homme se trouve avant d’être éclairé par la révélation du Fils. Dans le Prologue, Jn a défini le Logos comme la lumière qui luit dans la ténèbre (1, 5) ; ici, en présentant l’aveugle-né, il semble remonter à cette origine, car l’illumination des hommes se fait au cours de l’histoire et en chacun d’eux. » (op. cit. 335-336) Ce cheminement de l’aveugle est aussi celui des croyants pour qui l’Evangile a été écrit. Par sa controverse sur le sabbat (v. 14ss), ce texte se situe au temps du ministère de Jésus (dans les années 28-30), mais la mention de l’exclusion de la synagogue (v. 22) ne peut pas être placée avant la fin du premier siècle, dans les années 90, après la réunion de Jamnia et les mesures contre les « hérétiques » (cf. note TOB sur le v. 22). Dans les v. 22-34, l’Evangéliste évoque la situation des Juifs qui croient Jésus et qui sont sommés de choisir : être disciples de Moïse ou de Jésus (v. 27-29), avec les conséquences que cela entraine très concrètement pour eux. Je voudrais citer encore une fois X. LÉON-DUFOUR : « Au terme (du récit), le miraculé ne découvre pas qui est son sauveur sans le dialogue où Jésus se révèle à lui comme le Fils de l’homme. C’est la Parole qui est le don par excellence, permettant à l’homme de passer de la ténèbre originelle à la lumière divine. Et pourtant ! si en 9, 37, « voir » a bien le sens de vision spirituelle, il garde – et même en premier lieu – le sens concret. On peut donc reconnaitre là, en même temps, un rappel de l’incarnation du Logos. » (op. cit. 347-348)

Jn 11, 1 -44 : Je suis la Résurrection et la Vie

La résurrection de Lazare est le 7ème « signe » retenu par l’Evangéliste. Les Synoptiques nous relatent d’autres résurrections opérées par Jésus : celle de la petite fille de Jaïre (Mc 5, 35-43 et par. en Mt et Lc) et celle du fils unique de la veuve de Naïm (Lc 7, 11-17). Mais Jean est seul à nous parler de la résurrection de Lazare, au tombeau depuis 4 jours (Jn 11, 17). Celui qui lit ce récit de Jean est intrigué par le comportement de Jésus : Jésus, nous dit l’Evangéliste, aime Lazare et ses sœurs mais quand il apprend que Lazare est malade, il attend deux jours avant de se mettre en marche (cf. 11, 5-6). Le lecteur remarque aussi les paroles que Jésus adresse aux disciples : « cette maladie n’aboutira pas à la mort, elle servira à a gloire de Dieu, car c’est par elle que le Fils de Dieu doit être glorifié. » (11, 4) et plus loin, les v. 11-15 : « Notre ami Lazare s’est endormi, mais je vais aller le réveiller. » – Les disciples lui dirent donc : « Seigneur, s’il s’est endormi, il sera sauvé. » – Et le narrateur ajoute : En fait, Jésus avait voulu parler de la mort de Lazare, alors qu’ils se figuraient, eux, qu’il parlait de l’assoupissement du sommeil. Jésus leur dit alors ouvertement : « Lazare est mort, et je suis heureux pour vous de ne pas avoir été là, afin que vous croyiez. » Le lecteur note aussi le peu de place donné au miracle lui-même ; l’intérêt du narrateur est davantage centré sur la rencontre de Jésus avec les sœurs du mort, et spécialement sur le dialogue avec Marthe : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te le donnera. » – Jésus lui dit : » Ton frère ressuscitera. » – « Je sais, répondit-elle qu’il ressuscitera au dernier jour.» – Jésus lui dit : « Je suis la Résurrection et la Vie, celui qui croit en moi, même s’il meurt vivra ; et quiconque vit et croit en moi, ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » – « Oui, Seigneur, répondit-elle, je crois que tu es le Fils de Dieu, Celui qui vient dans le monde. » (11, 21-27) Pour l’Evangéliste, c’est là le cœur de son message : Jésus invite Marthe – et lecteur – à passer de sa foi juive en la résurrection à la foi chrétienne : la réanimation de Lazare devient ainsi le « signe » symbolique de la résurrection et de la vie que Jésus offre aux croyants et qu’il est dans sa personne.

Deux remarques pour conclure

Histoire ou / et symbole ?

Comme on peut le voir par ces exemples, le symbolisme tient une grand place dans Jean et il est au mis au service du message de foi que l’Evangéliste veut nous offrir. Un message qui concerne « Jésus, le fils de Joseph » (cf. Jn 6, 42), celui que les disciples ont « vu,… entendu,… ont touché de leurs mains » (cf. 1 Jn 1, 1) et en qui ils ont reconnu le Fils de Dieu. A partir de ce qu’ils avaient vu et entendu, ils ont perçu, à la lumière des évènements de Pâques, une autre réalité dont ils témoignent. Mais cette distance est aussi le fait de tout historien. Il y a toujours une distance entre un évènement et la perception qu’en a celui qui le rapporte. Aussi ce qui est le fait de tout événement de l’histoire se vérifie, d’une manière encore bien évidente, dans la révélation du mystère de Dieu en Jésus Christ. Il ne faut donc pas opposer symbole et histoire. Sans doute comme le reconnaît E. COTHENET « Jean est plus difficile à utiliser par les historiens modernes que les synoptiques » mais il ajoute : « dans l’ordre des miracles, des signes, le vraisemblable est-il la mesure nécessaire du vrai ? » (op. cit. p. 224). Et encore : « La christologie de Jean est le résultat d’une élaboration qui dépasse de beaucoup celle des synoptiques. Mais il n’y a pas un fossé infranchissable entre les deux. » (id. p. 227) Avec d’autres commentateurs, cet auteur reconnaît derrière l’Evangile de Jean une ancienne tradition indépendante, judéenne et antérieure à 66, qui mérite d’être prise en considération pour la connaissance historique de Jésus. Comme je le disais plus haut, (p.3, en citant P. GRELOT), le langage humain a besoin du symbole pour parler des choses de Dieu. Si nous nous posons la question de l’origine de cette écriture johannique, c’est vers la Bible qu’il fait d’abord nous tourner. Comme on peut le lire dans l’Introduction à Jean de la TOB : c’est avant tout « l’enracinement juif et vétérotestamentaire. (…) Si Jean cite rarement l’AT de façon explicite, (…) il utilise néanmoins de nombreuses formules de l’AT et en particulier des thèmes de la littérature sapientiale : l’eau, la nourriture céleste et la manne, le berger, la vigne, le Temple. » (La Bible, TOB, édition 2010, p. 2292). Dans son livre L’Evangile johannique et l’histoire du salut. Etudes de théologie biblique, 1968, O. CULLMANN pouvait écrire : « Avoir compris, grâce à l’Esprit de vérité que, dans les événements rapportés (par Jean), toute l’histoire passée est récapitulée et accomplie et que tout ce qui viendra en sera le déploiement, c’est là ce qui constitue la ‘conscience d’évangéliste’ de notre auteur, que nous ne trouvons avec cette intensité chez aucun autre évangéliste. » (cité par E. COTHENET, dans op. cit. p. 233)

Lire la Bible à la lumière de Vatican II

Les différences que le lecteur peut relever entre l’Evangile de Jean et les autres Evangiles ne sont plus pour lui un obstacle, mais au contraire, peuvent devenir l’occasion de découvrir la richesse de ce témoignage « tétramorphe », pour reprendre une expression que s. Irénée utilisait pour désigner les quatre Evangiles, s’il tient compte de l’enseignement de l’Eglise. En effet, comme nous l’a rappelé le concile Vatican II dans la Constitution sur la Parole de Dieu : « Puisque Dieu dans la sainte Ecriture a parlé aux hommes à la manière des hommes, il faut que l’interprète de la sainte Ecriture, pour voir clairement ce que Dieu lui-même a voulu nous communiquer, cherche avec attention ce que les hagiographes ont vraiment voulu dire et ce qu’il a plu à Dieu de faire passer par leurs paroles. » (DV no. 12) Ce passage de Dei Verbum exprime clairement ce qu’est la Parole de Dieu : elle n’est pas un message tombé du ciel ; elle n’est pas non plus le rapport neutre et sec des événements du passé. Elle une Parole de Dieu, qui nous est donnée dans une parole humaine véritable, celle de l’auteur humain avec ses mots, ses images, sa compréhension. Et le document de la Commission Biblique Pontificale de 1964, Sancta Mater Ecclesia, que j’ai cité plus haut (en p. 2), précisait encore davantage tout le travail de ceux qui ont rédigé les Evangiles, en soulignant leur souci de transmettre fidèlement le message de la manière qui correspondait le mieux aux conditions des auditeurs et au but qu’il s’était fixé. Ce document (Sancta Mater Ecclesia) ajoutait : « Puisque le sens d’un énoncé dépend du contexte, les Evangélistes, livrant les paroles et les gestes du Sauveur, les interprétèrent pour l’utilité des lecteurs, l’un dans tel contexte, l’autre dans tel autre. C’est pourquoi l’exégète (le lecteur) doit rechercher quelle est l’intention de l’Evangéliste quand il rapporte une parole ou un fait d’une certaine manière et les place dans un certain contexte. Il n’est pas contraire à la vérité d’un récit que les Evangélistes rapportent les paroles et les actes du Seigneur de façons diverses et qu’ils expriment ses déclarations non ad litteram, mais tout en conservant leur signification, de manière variées. » C’est en prenant au sérieux ces textes de l’Eglise que nous pourrons mieux comprendre le message des Evangiles et particulièrement celui du Quatrième Evangéliste.

UN AUTRE PARCOURS SUR L’EVANGILE DE SAINT LUC

Il y a plusieurs années déjà, j’avais préparé un dossier d’étude  de textes de saint Luc tirés du Lectionnaire dominical de l’Année C. Ce dossier est toujours disponible et peut encore servir  à qui désire se plonger dans cet Evangile en suivant le rythme de l’année liturgique.

Mais l’Evangile selon saint Luc est tellement riche qu’il vaut la peine de lui consacrer un autre dossier. Au début de son Evangile, l’auteur nous dit en quelques lignes ce qu’il entend nous proposer :  «Puisque beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements  accomplis parmi nous d’après ce que nous ont transmis ceux qui furent dès le début témoins oculaires et qui sont devenus serviteurs de la Parole,  il m’a paru bon, après m’être soigneusement informé de tout, d’en écrire pour toi un récit ordonné, très honorable Théophile, afin que tu puisses constater la solidité des enseignements que tu as reçus. » (Lc 1, 1-4)

L’auteur nous indique ici clairement la démarche à suivre quand nous voulons lire les Evangiles : à la base, il y a les témoins oculaires des événements accomplis (par Dieu), des témoins devenus (à la lumière de Pâques) des serviteurs de la Parole. C’est à partir de ce message, dont une partie, au moins,  avait été ensuite assez rapidement mise par écrit, que Luc s‘est mis au travail pour écrire son Evangile. Nous  retrouvons donc ici « les trois étapes de la transmission par lesquelles l’enseignement et la vie de Jésus sont parvenus jusqu’à nous » dont parlait le document de la Commission biblique Sancta Mater Ecclessia (avril 1964) : la prédication de Jésus et les premiers témoins ; la prédication apostolique et la formation des écrits,  et enfin la rédaction des Evangiles.

Les sources de Luc

Luc n’a pas connu Jésus. Pour composer son Evangile, il a eu recours à différentes sources. D’abord, il  suit – comme Matthieu –  l’Evangile de Marc ; de plus, il partage avec Mt une autre source (non-marcienne), contenant des paroles de Jésus (la fameuse Quelle, que nous pouvons reconstituer en partie grâce à Mt et à Lc) ; enfin, il a disposé de sources qui lui sont propres et qui représentent presque la moitié de son Evangile (48%,  selon les spécialistes).

Dans son projet,  Luc ne se contente pas – comme le font des autres trois autres Evangélistes –  de nous présenter Jésus depuis son baptême par Jean-Baptiste jusqu’aux  événements de Pâques (cf. Ac 1, 1-2 ; cf. 10, 37-43), il compose un deuxième livre – les Actes des Apôtres – où il montre comment le message chrétien passe de Jérusalem à Rome, du monde juif jusqu’au cœur du monde. La dimension de son ouvrage (Lc-Ac) lui permet de mieux situer le temps de Jésus dans un unique dessein de Dieu : après le temps de la préparation, l’Ancien Testament, auquel  appartient encore Jean-Baptiste (Lc 16, 16 et note TOB) vient le temps de Jésus, le temps de l’accomplissement, centré sur Jérusalem ; enfin les Actes des Apôtres ouvrent le temps de l’Eglise, dans l’attente de la Venue du Seigneur.

Quand il rapporte des paroles de Jésus ou des récits qui lui viennent de la tradition primitive, Luc reste très proche de Mc, se contentant souvent de quelques  corrections littéraires. Au contraire, dans les parties qui lui sont propres, et tout particulièrement dans les récits de l’enfance (Lc 1-2), il utilise volontiers des expressions de sa Bible grecque – la LXX – pour bien marquer que les événements accomplis  qu’il rapporte dans son Evangile s’inscrivent dans la continuité du dessein de Dieu dont témoignent les Ecritures. Un bon connaisseur de Lc disait que celui qui veut bien lire cet Evangile devrait avoir toujours, ouverts  à ses côtés,  l’Ancien Testament et les Actes des Apôtres.

La place donnée à Jérusalem 

Dans son Evangile, Luc donne une place toute particulière à Jérusalem. C’est à Jérusalem, dans le Temple, que son récit commence (Lc 1, 5)  et qu’il se termine (Lc 24, 53). Trois fois dans son Evangile, Luc nous montre Jésus à Jérusalem (en Lc 2, 22-29 ; 2, 40-51 et en 20-24). C’est surtout la place que l’auteur donne à la « montée vers Jérusalem »  (cf. Lc 9, 51 et les notes de vos Bibles) qui s’impose au lecteur. Alors que Marc raconte cette « montée » en 1 chapitre (Mc 10) et Matthieu en 2 (Mt 19 – 20), Luc lui consacre plus de 10 chapitres (Lc 9, 51 – 19, 28). Et c’est sur ce chemin vers Jérusalem que Luc place la plus grande partie des paroles de Jésus pour ses disciples : suivre Jésus, c’est prendre avec lui le chemin de Jérusalem.

Si Jérusalem est  la ville qui refuse de reconnaitre la visite du Seigneur (Lc 19, 44 ; cf. 13, 34), c’est aussi à Jérusalem que Luc  situe tous les événements de Pâques. C’est de là aussi que partira la mission vers les nations (Lc 24, 47 ; Ac 1, 8).  Car ce sont bien des Juifs, comme Marie, Zacharie et Elisabeth, Syméon et Anne et ceux qui,  comme eux, attendaient la délivrance de Jérusalem (Lc 2, 38) qui ont les premiers accueilli le message du salut et qui l’ont ensuite offert au monde.

1)    – Lc 1, 5 – 15 : l’annonce de la naissance de Jean-Baptiste

L’Evangile selon saint Luc commence par une mise en parallèle de Jean-Baptiste et de Jésus. Comme des écrivains de son temps, Luc aime cette présentation qui lui permet de mettre en lumière son message sur Jésus.

1)     Relever ce qui est dit ici de Zacharie et d’Elisabeth (spécialement dans les v. 5-9 et 22-25)

2)     Qu’est-ce que le message de l’ange nous apprend au sujet de l’enfant à naitre ?

3)     Cette annonce de la naissance de Jean-Baptiste est le tableau parallèle de l’annonce  de celle de Jésus : que vous apporte une rapide comparaison ?

Question 1

  • Luc situe l’événement : en Judée, au temps d’Hérode (v. 5 et note TOB) ; il souligne que Zacharie et sa femme appartiennent à des lignées sacerdotales.
  • Les deux sont justes et irréprochables selon la Loi (v. 6 et note TOB).
  • Mais ils n’ont pas d’enfant : tous deux sont âgés et Elisabeth est stérile (v. 7 et notes TOB). Cf. aussi v. 18 et v. 25 et  les notes BJ et TOB.
  • Zacharie est en service au Temple et il a été désigné par le sort pour offrir l’encens (v8-9 et note TOB sur v. 9).

Question 2

  • L’ange annonce à Zacharie la naissance d’un fils ; c’est l’exaucement de la prière qu’il est en train d’accomplir au nom du  peuple (v. 13 et la note TOB).
  • Dans les v. 14-17  l’ange décrit ce que sera la mission de cet enfant (voir les notes de BJ et surtout de TOB sur ces versets).
  • Sur le nom que l’ange donne à l’enfant, voir v. 13 et notes BJ et TOB.
  • Cet enfant est comparé à Elie, la grande figure prophétique de l’AT dont Malachie annonçait le retour pour préparer les temps messianiques (v. 17 et notes de TOB ; en BJ voir les références marginales).
  • En donnant son nom, l’ange annonce clairement l’accomplissement des temps messianiques : sur Gabriel (v. 19), voir note TOB ; c’est la Bonne Nouvelle, voir la note de BJ.

Question 3 

  • Comparé avec Lc 1, 26-38, le cadre de l’annonce de la naissance est, on ne peut plus,  solennel : à Jérusalem, dans le Temple, en pleine action liturgique ; au contraire l’annonce à Marie est située dans un cadre très sobre  à Nazareth (une ville inconnue jusque-là de la Bible), en Galilée ; l’ange s’adresse à une jeune femme ( !) dont Lc ne dit rien au sujet de la Loi, mais que l’ange proclame « comblée de grâce » (v. 28 et note TOB)
  • Dans les deux cas, il s’agit d’une annonce de naissance imprévue : pour un couple âgée dont la femme est stérile, dans le 1er cas ; Marie, elle, est légalement mariée (v. 27 et notes TOB), mais elle ne cohabite pas encore avec son mari (v. 34).
  • Mais ce qui est dit des deux enfants à naître : on peut comparer v. 15-17 et 32-35 !

 

2)     – Lc 2, 22 – 40 : La présentation de Jésus au Temple

 L’annonce de la naissance de Jean-Baptiste avait eu lieu dans le Temple, mais jamais Luc ne nous le montrera dans le Temple. Au contraire l’Evangéliste nous donne un long récit de la Présentation de Jésus au Temple.

1)     Que contient cette page de l’Evangile de Lc ? Proposer une division.

2)     Comment Lc nous  présente-t-il cette rencontre avec Syméon et Anne ?

3)     Expliquer les v. 29 – 35.

Question 1

  • Lc nous montre ici les parents de Jésus accomplissant deux rites juifs : la purification de la mère après une naissance (v. 22 et notes BJ et TOB) et le rachat du premier-né (v. 23-24 et notes BJ et TOB).
  • L’Evangéliste note comment Marie et Joseph observent fidèlement les prescriptions de la Loi (v. 22. 27. et 39).
  • A cette occasion, deux vieillards rencontrent et accueillent Jésus ; Lc souligne que Syméon et Anne sont des Juifs fidèles (v. 23-24 et v. 39).
  • Dans cette  page de Lc, il y a la démarche des parents de Jésus (v. 22-24 et v. 39-40), la rencontre de Syméon (v. 25-27) et d’Anne (v. 36-38),  avec au centre le cantique de Syméon (v. 29-32) et un oracle (v. 34-35).

 

Question 2

  • Les deux personnages sont très âgés (Syméon : v. 29 et Anne : v. 36-37; ils attendent la Consolation d’Israël (v. 25 et note TOB ; en BJ la référence à Is 40, 1 +), la délivrance de Jérusalem (v. 38 et note TOB).
  • Pour Lc, Syméon et Anne représentent l’AT dans ce qu’il a de meilleur : fidélité à la Loi et attente de l’accomplissement des promesses de Dieu.
  • Noter l’image symbolique du nouveau-né dans les bras du vieillard (v. 28).
  • Lc note aussi la place de l’Esprit Saint dans leur démarche (v. 25-26  et note TOB ;  v. 36)

Question 3

  • Syméon bénit Dieu pour l’accomplissement des promesses (v. 30-32). Par l’entrée de Jésus dans le Temple, les temps messianiques s’ouvrent.
  • Pour Lc, c’est l’accomplissement de la prophétie des « 70 semaines » (cf. Dn 8, 16-17 et 9, 21-27) : les 15 mois (6 + 9) des grossesses d’Elisabeth et de Marie, à quoi s’ajoutent les 40 jours prévus par Lv 12, 1-8 pour le rite de purification, donnent un total de 490 ou 70 semaines.
  • Mais Syméon annonce aussi que le salut concerne toutes les nations (v. 30-32) ; Jésus est ainsi le Serviteur dont parlait Is 49, 6 ; cf. aussi note TOB sur v. 29. Cf. encore Ac 13, 46-47.
  • Dans les v. 34-35, Syméon exprime ce que sera le parcours de Jésus et de son message : accueil par les uns, refus par beaucoup en Israël (cf. notes TOB sur v. 34). A la fin des Actes, l’auteur reviendra sur ce refus (Ac 28, 24-29)
  • Sur le v. 35, voir les notes de TOB

 

3)     – Lc 5, 1-11 : Désormais ce sont des hommes que tu prendras …

La manière dont Luc nous raconte l’appel de Pierre et des premiers apôtres nous montre la liberté des Evangélistes et nous  invite à rechercher avec plus d’attention le message qu’ils ont voulu nous transmettre.

1)     Situer ce passage dans l’Evangile. De quoi nous parlent ces versets de Luc ?

2)     Suivre le parcours de Simon : qu’est-ce que Lc met ici en lumière ?

3)     Quel est le message que l’Evangéliste veut nous transmettre dans ce récit ?

Question 1

  • Contrairement à Mc 1 16-20 et à Mt 4, 18-22 Luc place l’appel des premiers disciples après un certain temps de  ministère de Jésus. Cf. note de BJ et TOB sur Lc 5, 1 (titre).
  • La composition de Lc réunit différents éléments : l’enseignement de Jésus au bord du lac (cf. Mc 4, 1-2, cité en marge dans BJ), l’appel des premiers disciples (Mc 1, 16-20 et Mt 4, 18-22).
  • Lc parle aussi d’une pêche miraculeuse : comparer avec Jn 21, 1-6 (en marge dans BJ ; cf. aussi les notes BJ et TOB sur  le titre.

Question 2

  • Selon Lc, Jésus a déjà rencontré Simon (4, 38 et note TOB) ; ici il le retrouve, avec ses compagnons, sur son lieu de travail.
  • La réponse de Simon à la demande de Jésus (v. 5) souligne sa docilité à la parole du Maitre (cf. note de TOB) et elle prépare la mise en lumière du miracle qui va suivre (v. 6-7).
  • Remarquer au v. 8  l’appellation Simon-Pierre (cf. note BJ et TOB).
  • La réaction de Simon est celle d’un homme découvrant la présence de Dieu : cf. note TOB et dans BJ la référence marginale à Ex 33, 20 + et à Lc 1, 12 +.
  • Au v. 10 pour l’appel, noter que seul Simon est mentionné.
  • Enfin Lc souligne le détachement (et quittant tout) de ceux qui sont appelés à suivre Jésus (v. 11 et note TOB ; en BJ, référence marginale à Lc 12, 33 +).

Question 3

  • En comparant cette scène de Lc avec Mc 1, 16-20 et Mt 4, 18-22 on remarque comment Lc met ici en lumière l’appel de Simon (perspective ecclésiale). Sur l’anticipation du nom de Pierre, lire la note BJ sur v. 5.
  • Pourtant dans son Evangile, Lc rapportera le reniement de Pierre (cf. Lc 22, 33-34 et 56-62) : Jésus appelle des pécheurs à le suivre  (cf. Lc 22, 31-32).
  • Nous trouvons aussi ici la mention de Jacques et de Jean, qui forment avec Simon un « trio » dans deux autres scènes (Lc 8, 51 et note TOB ; 9, 28).
  • Lc a également modifié l’expression « pécheurs d’hommes » de Mc et Mt ; il faudrait traduire ici : désormais ce sont des hommes vivants que tu prendras.

4) – Lc 5, 27 – 39 : Un comportement qui dérange

Dans un groupe de controverses, la tradition évangélique a réuni plusieurs paroles et actions de Jésus qui ont étonné et même choqué certains de ses contemporains.

1)     Situer le  passage à étudier dans son contexte. Que contiennent ces versets ?

2)     Que nous apprend l’appel de Lévi ? Sur quoi l’Evangéliste insiste-t-il ?

3)     Quels liens voyez-vous entre les v.27-32 et 33-39 ? Que nous apprennent sur Jésus les v. 33-39 ?

Question 1

  • Notre passage appartient à un groupe de controverses que l’on trouve chez Mc 2, 1 – 3, 6 (cf. la note TOB sur Mc 2, 1) et en Mt 9, 9-17 et 12, 1-14. Notre étude porte sur la 2ème et 3ème controverse.
  • Dans Lc 5, 27-32 il s’agit de l’appel de Lévi et du repas que Jésus et les disciples partagent avec des publicains (ou collecteurs d’impôts : cf. note TOB sur Lc 3, 12) à cette occasion.
  • En 5, 33-39, Lc relie (plus directement que Mc et Mt) l’épisode de Lévi avec la question sur le jeûne (cf. v. 33 et note TOB).

Question 2

  • Jésus appelle un collecteur d’impôts à le suivre : remarquer que cet appel est rapporté comme l’appel des 4 premiers disciples : Jésus qui passe, voit un homme à son travail et l’appelle à le suivre ;  (encore plus net en Mc 2, 1 et note TOB).
  • Sur la réponse de Lévi à cet appel,  (immédiate et totale comme celle de Simon et des ses compagnons : 5, 11), voir v. 28 et note TOB.
  • Pour le repas qui suit l’appel, Lc précise plus clairement que c’est Lévi qui fait un grand festin pour marquer l’événement (cf. v. 29 et note TOB).
  • La remarque des Pharisiens est faite aux disciples, mais c’est Jésus qui répond. Sur le repas avec des publicains, cf. note TOB sur Mt 9, 11 ; en BJ note sur Mt 9, 10.
  • Jésus répond d’abord  par une parole de sagesse (v. 31 et note TOB), puis par une parole qui fait référence à sa mission (je suis venu pour…). Noter l’ajout de Lc à la fin du v. 32 et note TOB.

Question 3

  • Dans ces deux épisodes, le comportement de Jésus (et des disciples) heurte les Pharisiens et les disciples de Jean-Baptiste qui ont tendance à multiplier les pratiques dans la vie quotidienne. Sur la liberté de Jésus, cf. encore Lc 7, 33-35.
  • Dans sa réponse, Jésus annonce la nouveauté qu’il apporte et qu’il est ; il se présente comme l’Epoux : cf. en TOB la note sur Mt 9, 15.
  • Dans les deux petites paraboles qui suivent (v. 36-39), noter la répétition des mots  neuf et de vieux. Voir les notes TOB sur v. 36.
  • Sur la signification du v. 39, on peut lire les notes de BJ et TOB.

5)     –  Lc 6, 20-26 : « Heureux vous … malheureux vous … »

 On lit – on chante même – plus  volontiers les Béatitudes de l’Evangile de Matthieu que celles de Luc ! Pourtant ces paroles font aussi partie des Ecritures et du message de Jésus.

1)     Situer ces paroles dans l’Evangile de Lc : à qui Jésus s’adresse-t-il ? Que dit-il ?

2)     Comparer (rapidement) le texte de Lc avec le parallèle de Mt 5, 1-12 : quelles ressemblances voyez-vous ? Quelles différences ?

3)     Quel est le message de Jésus que Lc veut nous donner dans ces paroles ?

Question 1

  • Le passage de Lc 6, 12-49 forme un ensemble ; il commence par le choix des Douze (v. 12-16), suivi d’un sommaire sur l’activité de Jésus (v. 17-19) ; puis vient le Discours dans la plaine (cf. note TOB sur v. 20 – sur le titre) qui s’étend jusqu’au v. 49 (cf. Lc 7, 1). Les paroles : Heureux vous… malheureux vous… ouvrent le discours comme les Béatitudes au début du Sermon sur la montagne de Mt 5 – 7.
  • Jésus s’adresse à ses disciples (v. 20) ; lire aussi Lc 6, 13 et la note TOB.
  • Sur la signification de malheureux vous … : lire la note TOB sur v. 24 ; voir aussi Is 65, 13-14 (cité en marge dans BJ et TOB).

Question 2

  • La comparaison fait apparaitre : chez Mt un nombre plus grand de « béatitudes » que chez Lc ; mais celui-ci donne, en parallèle aux heureux vous… 4 malheureux vous
  • Sur les « béatitudes », voir la note de TOB sur Lc 6, 20 ; cf. aussi  BJ (sur le titre).
  • Par la forme de ces formules (cf. note TOB sur Mt 5, 3), on peut voir deux sortes de béatitudes : la pauvreté et le comportement de l’homme ; puis la persécution (heureux … lorsque …).  Toutes les béatitudes de Lc se trouvent aussi en Mt (Mt 5, 3.5.6.11), mais alors que Mt écrit Heureux ceux qui … ils, (sauf pour la dernière : Mt 5, 11), Lc a toujours Heureux vous

Question 3

  • En Lc  dans les trois premiers heureux – malheureux nous trouvons une opposition systématique entre deux groupes d’hommes : pauvres (qui ont faim, qui pleurent) et riches (rassasiés, rieurs) ; également entre maintenant (v.21 et 25) et une situation qui vient / viendra.
  • le 4ème couple est plus développé oppose ceux qui sont éprouvés mais qui sont dans la joie parce que comparés aux prophètes et ceux dont tous disent du bien comme on le faisait pour les faux prophètes.
  • Jésus annonce ici un renversement eschatologique (cf. Lc 1, 51-53 ; 16, 19-31), mais ce renversement a déjà commencé par la présence et l’action de Jésus (cf. Lc 6, 18-19) « c’est pourquoi Luc n’est probablement pas plus à l’aise que nous devant les Béatitudes du Seigneur ! Si le problème des richesses en Lc-Ac, c’est que, au sein de l’Eglise, il y a des indigents et des riches. » (H. COUSIN). Ne pas isoler ce texte de l’ensemble Lc-Ac. Lc nous montre ici une Eglise idéale. Mais Lc insiste sur ce rapport aux richesses : certains sont appelés à tout quitter (Lc 5, 11.28 ; 18, 18ss), mais le partage s’impose à tous les croyants (cf. Lc 3, 10-11 ; 19, 8).

6)     – Lc 7, 18 – 35 : Jésus et Jean-Baptiste

En lisant ce passage que nous rapportent Mt et Lc nous découvrons mieux combien le message et le comportement de Jésus dans son  ministère a pu poser question à des Juifs qui attendaient le salut de Dieu.

1)     Quelle place Lc donne-t-il à ce récit ? Que contient cette page d’Evangile ?

2)     Qu’est-ce que ce texte nous apprend sur Jésus ? et sur Jean-Baptiste ?

3)     Quel est le message des v. 29-35 ?

Question 1

  • Après le Discours dans la plaine (Lc 6, 20-49), l’Evangéliste a placé le récit de la guérison du serviteur du centurion (cf. 7, 1 et note TOB), puis celui d’une résurrection – qui lui est propre -(7, 11 et note TOB) : selon Lc ce sont ces deux miracles qui sont rapportés à Jean-Baptiste (7, 18). Après notre texte, Lc place un autre épisode – qui lui est propre – (7, 36-50 ; cf. note TOB sur v. 34 – titre).
  • Noter aussi le v. 21 de Lc : lire la note TOB.
  • Cette page de Lc comprend ainsi 3 parties : la question des envoyés et la réponde de Jésus (v. 20-27) ; les paroles de Jésus sur Jean-Baptiste (v. 24-28), puis celles sur les contemporains (v. 29-35).

Question 2

  • La question que Jean-Baptiste pose à Jésus nous montre combien Jésus se révèle différent du Messie attendu (cf. v. 19 et note TOB ; en BJ voir note sur Mt 11, 2).
  • Dans sa réponse, Jésus fait référence aux textes prophétiques (v. 22 et note TOB ; en BJ, voir les références marginales à Is)
  • Mais ici, comme en Lc 4, 18, Jésus fait de l’annonce de la Bonne Nouvelle aux pauvres le sommet de sa mission (v. 22 et note TOB ; en BJ, voir la note sur Mt 11, 5).
  • Pour la béatitude du v. 23, lire la note TOB ; en BJ, la référence marginale à Lc 2, 34 +.
  • Au sujet des paroles que Jésus dit sur Jean-Baptiste (v. 24-28), noter l’opposition entre les deux premières questions (v. 24-25) et la déclaration des v. 26-28 : lire les notes TOB ; en BJ, celles sur Mt 11, 5-15. Cf. aussi la référence marginale à Ml 3, 1.

Question 3

  • Le message de Jésus, comme déjà celui de Jean-Baptiste, trouve un meilleur accueil auprès du peuple et des collecteurs d’impôts (v. 29 et note TOB) qu’auprès des responsables  religieux (v. 30 et note TOB).
  • La parabole des enfants capricieux illustre l’attitude de ceux qui s’opposent aussi bien aux appels ascétiques de Jean-Baptiste qu’à la miséricorde révélée par Jésus (v. 34 et note TOB ; en BJ, note sur Mt 11, 19).
  • Sur v. 34, lire note TOB.

7)   – Lc 9, 10- 22 :  A l’écart avec Jésus

Notre étude comprend deux épisodes que l’on retrouve ans les autres Evangiles. Mais Lc les réunit plus étroitement pour marquer la fin du ministère de Jésus en Galilée.

1)     Situer ce passage de Lc dans son contexte.

2)     Comment Lc nous raconte-t-il le miracle des pains  dans les v. 10-17 ?

3)     En Lc 9, 18-22 quel est le message de l’Evangéliste sur Jésus et sur le chemin qui sera le sien ?

Question 1

  • Comme chez Mc, le miracle des pains est placé au retour de la mission des Douze, mais Lc omet le récit du meurtre de Jean-Baptiste ; cf. la note de BJ sur Lc 9, 7 (titre).
  • Lc ne retient que le premier récit du miracle des pains (cf. note BJ sur v. 10 sur le titre), celui qui  pour Lc l’ouverture de la table aux païens se fera après Pâques (cf. les Ac 10, 1 – 11, 18 et note TOB sur Ac 11, 3).
  • Enfin chez Lc, ce miracle des pains  précède immédiatement la question posée aux Douze et la confession de Pierre.

Question 2

  • Sur le récit de Lc, lire la note de BJ sur le titre.
  • Jésus accueille les foules qui le cherchent en leur parlant du Royaume et en guérissant les malades : v. 11 et note TOB.
  • Au v. 12 comparer la mention du jour qui baisse avec Lc 24 29 !
  • Pour le récit du miracle, voir aussi en BJ les notes et références dans le texte parallèle de Mt 14, 13-21 ; cf. spécialement la référence à 2 R 4, 42.
  • Sur les dispositions précisées au v. 14 : lire les notes de TOB et les renvois aux notes sur Lc 7, 36 et à Mc 6, 40.
  • Voir aussi la note TOB sur v. 16. Comme dans les récits parallèles, à la fin du repas, il reste une corbeille pleine pour chacun des Douze (v. 17 ; cf. v. 13).

Question 3

  • Lc passe immédiatement du miracle des pains à cette scène, mais sans la situer comme Mc et Mt (cf. note TOB sur v. 18).
  • Sur l’importance de cette scène, cf. aussi la note BJ sur v. 18 (titre) ; de plus Lc souligne la prière de Jésus (cf. les notes  BJ  et TOB sur Lc 3, 21).
  • Pour la réponse de Pierre (v. 20), voir la note TOB ; ainsi Pierre est le premier des disciples à donner ce titre à Jésus ; mais ce titre doit rester caché pour le moment (v. 21) ; il le redonnera en Ac 2, 36 (v. 22 note TOB).
  • Lire aussi la note TOB sur la fin du  v. 22 ; en BJ : note sur v. 22 (titre).

8)   – Lc 9, 51 – 62 : La montée vers Jérusalem

Alors que Mc raconte en un chapitre (Mc 10) à la montée vers Jérusalem, Lc lui consacre plus de dix chapitres : Lc 9, 51 à 19, 28.  C’est dire l’importance que l’Evangéliste accorde à cette partie de son récit.

1)     Situer ce passage dans l’Evangile de Lc. Proposer une divisions de ces versets.

2)     Que nous dit Lc sur Jésus dans le v. 51 ?  Et dans les v. 52-56 ?

3)     Quelles sont les conditions pour suivre Jésus (v. 57-62) ?

Question 1

 

  • Ici commence en Lc la montée de Jésus vers Jérusalem. Pour Lc, être chrétien, c’est suivre Jésus sur le chemin de Jérusalem.
  • Sur ce passage de Lc, bien lire les notes de BJ et TOB (sur les titres) et repérer les informations données.
  • Pour une division de notre texte : après une introduction (v. 51), Lc raconte un incident en Samarie (v. 52-56), puis 3 paroles sur la « suite » de Jésus (v. 57-62).
  • Noter aussi le récit qui suit notre texte : l’envoi des 72 disciples : en TOB note sur Lc 10, 1 et 2 ; en BJ sur Lc 10, 1 (titre).

Question 2

  • Tous les mots du v. 51 sont importants : cf. les notes TOB.
  • Lc parle de l’accomplissement des jours (cf. note TOB) ; il marque par là une étape importante dans le plan de Dieu (même expression en Ac 2, 1). Les jours de son enlèvement : cf. note BJ et TOB et citation marginale à 2 R 2, 1. Jésus durcit sa face (v. 51 et note TOB), comme le Serviteur  de Dieu en Is 50, 7.  Le chemin de Jérusalem : pour Lc, Jérusalem (mort et Résurrection) domine toute la vie de Jésus ; son Evangile commence et se termine dans le Temple de Jérusalem (Lc 1, 5 et 24, 33.
  • Dans les v. 52-53, le refus des Samaritains, comme celui des gens de Nazareth au début du  ministère en Galilée (Lc 4, 16-30) ; sur les Samaritains (en TOB note sur v. 52 ; en BJ sur v. 53)
  • Jacques et Jean  seraient prêts à agir comme Elie (v. 54 et notes TOB et BJ),  mais Jésus les reprend vivement, car il pratique ce qu’il demandait aux Douze en Lc 9, 4-5.

Question 3

  • Sur le groupement (v. 57-62) : les deux premiers dialogues se lisent aussi en Mt ; le 3ème est propre à Lc ; cf. note TOB sur le titre.
  • Au premier qui se propose pour le suivre (v. 57), Jésus rappelle les exigences de ce choix.
  • Comparer ce que Jésus dit dans  le 2ème dialogue (59-60) avec Lc 14, 26 et 33 (cité en marge en BJ) ; en TOB   renvoi à  la note sur Mt 8, 22..
  • Sur le 3ème dialogue, cf.  1 R 19, 19-21 et note TOB : Jésus est plus exigeant qu’Elie.
  • Mais à noter que l’Evangéliste omet complètement les réponses des trois : il laisse ainsi le texte ouvert au lecteur.

9)  – Lc 12, 13 – 34 : Un enseignement sur les richesses

Comme le fait Mt dans le Sermon sur la Montagne, Lc regroupe dans la Montée vers Jérusalem,  par petits dossiers les enseignements de Jésus pour ses disciples ; des enseignements qu’il tire du fonds qu’il partage avec Mt (la Quelle) et de sa source propre.

1)     Situer ce texte de Lc. Quel est ici le thème de l’enseignement de Jésus ?

2)     Pourquoi Jésus refuse-t-il la demande qui lui est faite (v. 19) ? Quel éclairage donne la parabole (v. 16-21) ?

3)     Comparer les v 22-34 avec les parallèles de Mt : sur quoi Lc veut-il insister ?

Question 1

  • Nous sommes dans la Montée vers Jérusalem (cf. notes BJ et TOB sur Lc 9, 51) ; pour Lc, cette Montée est le temps de la formation des disciples.
  • Jésus donne ici un enseignement sur l’attitude à avoir face aux biens terrestres : cf. note TOB sur v. 13 (titre).
  • Ce passage comprend une demande au sujet d’un héritage (v. 13-15), puis une parabole (v. 16-21), suivie de paroles sur la confiance au Père (v. 22-32), et enfin une exhortation à l’aumône (v. 33-34).
  • Remarquer ce qui est propre à Lc et ce que nous trouvons aussi en Mt (dans le Sermon sur la montagne).

Question 2

  • Pour la demande faite à Jésus (cf. v. 13 et note TOB) ; dans la réponse de Jésus, il y a peut-être une allusion à Moïse (voir note TOB sur v. 14).
  • Le v. 15 conclut l’épisode (cf. note TOB) mais introduit aussi la parabole qui va suivre en dégageant déjà la leçon (v. 15b).
  • Sur la parabole, cf. note TOB sur le titre. Cet homme est insensé, dit Jésus, parce qu’il fait des projets comme si tout dépendait de lui seul (v. 20) ; cf. aussi Jc 4, 13-15 (en marge dans BJ) ; voir aussi Qo 2, 17-23 et 6, 1-2 (cités en marge de BJ ; lire la note BJ sur Qo 5, 5). Cf. encore sur notre thème Si 11, 19 : noter ces contacts avec la littérature sapientielle !

Question 3

 

  • Lc 13, 22-34 est très proche de Mt 6, 25-33 ; Jésus s’adresse aux disciples (v. 22) comme dans le Sermon sur la montagne. Lc ajoute quelques paroles de sa source propre.
  • Quelques particularités de Lc : il  parle des corbeaux (v. 24) cf. Ps 147, 9 ; Jb 38, 41).
  • Le v. 16 est propre à Lc (cf. note TOB) ; également le v. 32 (note TOB).
  • Pour la comparaison avec la richesse de Salomon : cf. 1 R 4ss. 21.23.
  • Les v 33-34 se lisent aussi en Mt 6, 19-21 (cf. note TOB sur Lc 13, 33), mais Lc insiste davantage sur l’aumône : en BJ lire la note Lc 33 (titre).

10)   – Lc 18, 1-8 et 9-14 : Comment faut-il prier ? 

 

Dans son récit, Luc nous montre souvent Jésus en prière. Ici il rapporte deux paraboles sur ce sujet que l’on ne trouve pas dans les autres Evangélistes.

1)   Qui sont les deux personnages face à face en Lc 18, 2-5 ? Pourquoi le juge cède-t-il ?  Quelle leçon Jésus en tire-t-il ? Comparer cette parabole avec Lc 11, 5-8.

2)   Lire Lc 18, 9-14 : que savons-nous de ces deux hommes qui montent au Temple ? Comment prient-ils ?  Que nous dit Jésus ?

3)   Quels enseignements sur la prière pouvons-nous tirer de ces paraboles ?

Question 1

  • Nous sommes ici dans la « montée vers Jérusalem » (cf. Lc 9, 51 +) ; signalée pour la 3ème fois (cf. Lc 17, 11). Dans notre passage, Lc donne deux paraboles sur la prière.
  • Pour Lc 18, 1-8, Lc introduit (v. 1), puis rapporte la parabole (v. 2-5), puis en tire une application (v. 6-7) ; sur le v. 8 voir la note TOB.
  • Se rappeler la place d’une veuve dans le monde de Palestine à l’époque biblique ; et cette femme se trouve face à un juge inique (v. 2) ; sa seule arme est  la persévérance (cf. v. 3-5).
  • En Lc 11, 5-8, on trouve une parabole parallèle (au masculin).

Question 2

  • Sur la parabole de Lc 18, 9-14,  voir note de TOB en Lc 10, 30. Cf. aussi note TOB sur v. 9.
  • Noter que les deux montent au Temple pour prier. La prière du pharisien est  une action de grâce pour ce qu’il fait réellement (cf. note TOB sur v. 12).
  • La prière du publicain est une confession (note TOB sur v. 13)
  • Sur le v. 14a, voir note TOB et le renvoi à Ph 3, 9 ; cf. aussi la note sur 14b.
  • Comparer ce publicain avec Zachée : Lc 19, 8 ! Ici Jésus nous montre au pécheur accueilli pour avoir seulement fait retour à Dieu (cf. Lc 15, 1-2).

Question 3

 

  • Jésus nous demande de persévérer dans la prière : Lc 18, 1 et notes de BJ et TOB qui nous renvoient à l’enseignement de Paul.
  • La 2ème parabole insiste sur l’humilité ; mais elle nous redit aussi la gratuité totale du pardon de Dieu que Jésus annonce : Dieu ne nous pardonne pas parce que nous nous convertissons, mais pour que nous puissions nous convertir.

11)  –  Lc 19, 24 – 44 : La fin de la Montée vers Jérusalem

Ce texte  est la dernière étape de cette longue route vers Jérusalem (cf. Lc 9, 51 et notes BJ et TOB). Jésus est maintenant en vue de la ville et il va entrer dans le Temple (Lc 19, 45).

1)     Situer notre passage dans l’œuvre de Lc. Que contiennent ces versets ?

2)     Etudier les v. 29-38 en  les comparant aux textes parallèles.

3)     La partie finale (v. 39-44) est propre à Lc : sur quoi l’Evangéliste insiste-t-il ?

Question 1

  • Sur cette partie consacrée à la Montée vers Jérusalem, cf.  notes de BJ et TOB sur Lc 9, 51 ; ici Jésus franchit la dernière étape (v. 41) ; au. v. 45 il entrera dans le Temple.
  • Notre texte fait la transition entre ce long voyage et le temps du ministère de Jésus à Jérusalem (Lc 19, 45 – 21, 38).
  • La 1ère partie (v. 29-38) raconte l’entrée messianique (cf. aussi en Mc-Mt et Jn) ; dans  les v. 39-44 Lc nous parle de la réaction de certains Pharisiens et des pleurs de Jésus sur la ville.

Question 2

  • Comparer les v. 29-35 avec Lc 22, 8-13 : dans les deux cas, on trouve l’ordre de Jésus et les précisions qui mettent en lumière la connaissance de Jésus. Cf. aussi le lien avec Za 9, 9.
  • Sur la monture choisie (un ânon) : cf. la note TOB (titre) ; cf. aussi 1 R 1, 33. 38-40 et 2 R 9, 13. Cf. la précision : que personne n’a jamais monté : cf. 1 S 6, 7 et note BJ.
  • Sur la parole du v. 31 : cf. note TOB et le renvoi à Lc 7, 13.
  • Chez Lc ce sont les disciples (et ceux qui les accompagnent) qui expriment leur joie (v. 37) ; il n’y a pas de participation des gens de Jérusalem comme en Jn 12, 12-13.
  • Comparer l’acclamation avec Mc 11, 10 et note TOB ; Lc ne parle pas du règne de David : cf. Lc 19, 11 et note TOB. Cf. encore v. 38b et note TOB (spécialement la fin de cette note)

Question 3

  • Sur la réaction des Pharisiens (v. 39), lire la note TOB.
  • Pour les v. 41-44 : comparer avec Lc 13, 34ss ; sur la réponse de Jésus et le lien avec Ha 2, 11 cf. aussi note TOB.
  • Lc nous montre Jésus pleurant sur Jérusalem ; vient ensuite un oracle sur la ruine de la ville (v. 43-44) ; deux autres suivront : d’abord Lc 21, 20-24 et note TOB sur v. 20 ; puis Lc 23, 28-31.
  • Pour la signification de la visite  au v. 44 : cf. note BJ et TOB. Pour le thème de la visite de Dieu à son peuple, voir encore en BJ la note.sur Ex 3, 16.

12)  – Lc 20, 9 – 19 : La parabole des vignerons homicides

Les trois Synoptiques nous rapportent cette parabole et la placent dans les derniers entretiens que Jésus a eus à Jérusalem avec ses adversaires. C’est dire l’importance de ces paroles pour Jésus et pour les premières communautés.

1)     Dans quel contexte Lc place-t-il cette parabole de Jésus ?

2)     Etudier la parabole (v. 9-16) : qu’est-ce que Lc met particulièrement en lumière ? Quel message Jésus veut-il donner à ses adversaires ?

3)     Comment comprendre les v. 17-18 ? Qu’apportent-ils en plus ?

Question 1

  • Lc a mentionné  l’arrivée de Jésus à Jérusalem (19, 41), puis il nous montre Jésus entrant dans le Temple et chassant les marchands (19, 45 et note TOB).
  • Selon Lc, Jésus prend alors possession du Temple pour son enseignement (19, 47 et note TOB), ce qui provoque la réaction de ses adversaires (19, 47 et note TOB.
  • Vient alors la question concernant l’autorité de Jésus (Lc 20, 1-8) et la contre question de Jésus au sujet de Jean-Baptiste (cf. note TOB sur 20, 1 – titre). La parabole des Vignerons fait suite à ce débat (20, 9).

Question 2

  • Sur cette parabole, voir les notes de BJ et TOB sur le texte parallèle en Mt 21, 33.
  • Même si Lc raccourcit la citation (v. 9 et note TOB), le thème de la vigne nous renvoie à Is 5, 1-7 ; lire ce texte et voir les notes de vos Bibles.
  • Sur l’écriture de Lc, voir la note TOB sur v. 12 ; noter aussi que Lc met davantage en relief le rejet de plus en plus violent des envoyés du maitre (v. 10. 11. 12), puis su fils (v. 15).
  • Lire la note TOB sur le fils bien-aimé (v. 13). La parabole souligne bien l’importance de Jésus comparé aux autres envoyés de Dieu (le maitre de la vigne) qui l’avaient précédé.
  • Noter aussi que la parabole est dite au peuple (v. 9), même si elle s’adresse plus directement aux responsables du peuple (v. 19)

Question 3

  • Sur la citation du Ps 118, 22, voir note TOB sur v. 17. En BJ, cf. les références marginales données en Mt 21, 42. Lire  particulièrement 1 P 2, 4-8 (et la note BJ sur v. 4).
  • Ici, Lc, comme les premiers chrétiens réunit  différents textes sur le thème du rocher : Ps 118, 22 ; Is 8, 14.15 ; Dn 2, 44 ; cf. note TOB sur Lc 20, 18.
  • En ajoutant à la parabole ce texte sur la pierre angulaire / pierre de faite, la tradition évangélique proclame la Résurrection qui a suivi la mort du Fils.

13)  – Lc 22, 14 – 38 : Le dernier repas avec les disciples

Tout en suivant la tradition évangélique, dans ce récit du dernier repas de Jésus avec les disciples, Luc nous donne plusieurs notations intéressantes qui lui sont propres.

1)     Comment est construit ce passage de Luc ? Que contient-il de particulier ?

2)     Etudier plus précisément l’institution de l’Eucharistie : quel est l’apport de Lc ?

3)     Relever les points  les plus importants du Discours après la Cène.

Question 1

  • Remarquer comment Lc situe ce passage par rapport à la Pâque juive (22, 1) ; alors que Judas et les chefs religieux préparent l’arrestation de Jésus (22, 2-6), c’est Jésus qui prend l’initiative de célébrer la Pâque (22, 8 et note TOB). Cf. encore la parole de Jésus en 22, 15.
  • Sur la composition de Lc qui juxtapose la Pâque juive (v. 15-18) et le rite nouveau (v. 19-20), voir les note de BJ sur Lc 22, 16 et 17 ; en TOB, cf. note sur le titre (22, 14).
  • Lc place l’annonce de la trahison de Judas après l’institution de l’Eucharistie (v. 21 et note TOB). Sur la référence à la mort de Jésus, lire la note de TOB sur la fin du v. 15.

Question 2

  • Sur le lien entre Pâque juive et la Pâque chrétienne, cf. 22, 16 et note TOB. A la fin du repas pascal (v. 14-16), Jésus reçoit la coupe de bénédiction qui le clôturait (v. 17-18).
  • Dans le récit de l’institution de l’Eucharistie, Lc se rapproche de Paul (1 Co 11, 23-27) ; comparer spécialement la parole sur la coupe qui, en Mc-Mt renvoie à Ex 24, 8, alors que Paul et Lc citent Jr 31, 33-34 : cf. note TOB sur 22, 20 ;  en BJ voir la note sur Mt 26, 28 + (cité en marge).
  • Sur la différence concernant la parole sur le pain (pour vous, au v. 19), cf. note TOB.
  • Noter au v. 19 (formule de réitération) : célébrer l’Eucharistie, c’est faire mémoire du salut accompli par Dieu en Jésus comme les Juifs faisaient / font mémoire du salut de la délivrance d’Egypte. Voir note TOB sur v. 19 ; lire aussi Ex 12, 14.

Question 3

  • Comme les autres Evangélistes, Lc donne dans le cadre de l’institution eucharistique l’annonce de la trahison de Judas et du reniement de Pierre (v. 34).
  • Et comme Jn, Lc place ici un Discours d’adieux : voir les notes de BJ et  TOB sur le titre : 22, 24. Comparer Lc 22, 24ss avec Mc 9, 34 ; 10, 42-45 et Mt 18, 1 ; 20, 25-27.
  • Sur les paroles concernant Pierre (v. 31-32, comparer avec Mt 16, 15-19 et Jn 21, 15-17) ; voir encore les notes TOB sur v. 32.
  • Dans la finale (v. 35-38), Jésus annonce un changement de situation (v. 36 et note TOB ; cf. aussi v. 37 et note TOB), mais les disciples ne comprennent  pas (v. 38)

14)  – Lc 24, 13 – 35 : Le chemin d’Emmaüs

Qui ne connait pas ce merveilleux récit de Luc ? Mais chaque fois que l’on prend le temps de le relire, on découvre des aspects nouveaux de cette page d’Evangile.

1)     Situer notre texte. Diviser ce récit et proposer des sous-titres.

2)     Suivre le parcours de Jérusalem à Emmaüs : que nous apprend ce parcours ?

3)     Quelle signification Lc donne-t-il à la fraction du pain et au retour vers Jérusalem ?

Question 1

  • Lc 24 nous donne 3 récits du premier jour de la semaine ; le 1er et le 3ème nous racontent des épisodes que nous trouvons aussi chez les autres Evangélistes (Mt-Mc et Jn : pour le 1er ; Jn 20, 19ss pour le 2ème) ; au contraire le récit d’Emmaüs est propre à Lc.
  • La moitié de l’Evangile de Lc était une montée vers Jérusalem (cf. Lc 9, 51 et notes BJ et TOB), ici deux disciples tournent le dos à la ville et au groupe des disciples de Jésus. Cf. aussi note TOB sur 24, 13.
  • Présentation des personnages (v. 13-16) ; le récit des deux disciples sur les derniers événements (v. 17-24) ; leur signification dans les paroles de Jésus (v. 25-27). La reconnaissance (v. 31) et le retour vers Jérusalem et la communauté (v. 28-35).

Question 2

  • Deux disciples, dont l’un est nommé (Cléophas) ; le nom de l’autre reste libre (pour le lecteur !). Ils partagent leur déception (v. 14-15 et 17) ; rejoints  par Jésus, ils sont empêchés de le reconnaitre (v. 16 : le verbe au passif ; cf. note TOB ; cf. aussi note BJ).
  • Les v. 18-24 : tout ce qu’ils savent concernant Jésus (v. 19), sa mort (v. 20) et leur espérance déçue (v. 21 et note TOB ; en BJ les références marginales à Lc 1, 54. 68 ; 2, 38). Ils connaissent aussi la démarche des femmes et le message (v. 22-23), ainsi que celle des hommes (v. 24). Noter le passage du v. 24 à 25 : …  mais lui, ils ne l’ont pas vu. Et lui leur dit …
  • Sur les paroles de Jésus (v. 25-27) : pour v. 26 voir Lc 9, 22 mais aussi Lc 24, 7. 44 ; comparer aussi avec les discours des Actes cités dans la note TOB sur v. 27 ; en BJ : les références marginales sur v. 26-27.

Question 3

  • Sur l’attitude de Jésus (v. 28) : il ne s’impose pas, mais, invité, il entre pour rester avec… (v. 29 : 2x). A table, il prend la place du maitre du repas ; remarquer les paroles (v. 30 et note TOB). Comparer les v. 16 et 31 (les yeux) et v. 25 et 32 (le cœur).
  • La rapidité du retour (33a) vers la communauté (v. 33b) les Onze et leurs compagnons réunis… Noter la priorité donnée au témoignage apostolique de Simon (v. 34 et note TOB). Préparée par l’Ecriture la fraction du pain : le lieu de la présence du Ressuscité.

15)   – Lc 24, 36 – 53 : C’est vous qui en êtes les témoins.

Les apparitions du Seigneur Ressuscité font partie  de la tradition pascale, mais chacun des Evangélistes a sa manière de nous raconter cette rencontre et son importance.

1)     Quelle place prend ce récit dans l’œuvre de Luc (Lc-Ac) ?  Que contient cette page ?

2)     Qu’est-ce que Lc veut mettre en lumière dans cette rencontre avec le Ressuscité ?

3)     Que retenir des v. 46-53 qui concluent cette  page et tout l’Evangile ?

Question 1

  • C’est le troisième épisode du premier jour de la semaine :  après le message aux femmes (v. 1-12), puis celui des disciples en route vers Emmaüs (v. 13-35). Mais c’est également la conclusion du 1er livre de Lc (cf. Ac 1, 1-2).
  • Selon Lc, – contrairement à Mc – Mt et Jn 21 – tout se passe à Jérusalem : l’Evangile se termine là où il avait commencé (cf. Lc 1, 5). C’est ici que le Ressuscité rencontre les Onze (et leurs compagnons : cf. Lc 24, 33-36).
  • Sur le contenu de ce passage, cf. note TOB sur le v. 36. Noter la différence d’attitude entre 24, 34 et la situation évoquée dans les v. 37-43.

Question 2

  • Les v. 36-45 se rapprochent de Jn 20, 19ss (cf. la note TOB sur Lc 24, 36). Notre texte se comprendrait bien comme la suite de Lc 24, 12.
  • Remarquer l’insistance de Lc sur la résurrection corporelle : cf. note BJ sur Lc 24, 40 ; en TOB sur v. 43.
  • Dans les v. 44-49 Jésus renvoie les disciples aux Ecritures (cf. 24, 7 et 25-27) ; à noter ici la mention des Psaumes (cf. note TOB sur le v. 44).
  • Dans les v. 46-48 (cf. note TOB), Lc souligne la place de Jérusalem (v. 47 et Ac 1, 8) et le rôle de l’Esprit (v. 48-49 et notes TOB).

Question 3

  • On peut comparer les v. 50-53 avec Ac 1, 2-11 : l’auteur se contente pas d’un récit anecdotique,  ni dans l’Evangile, ni dans les Actes ! Cf. note BJ sur Lc 24, 44. Dans notre texte, la scène se passe le jour de Pâques, dans les Actes, 40 jours plus tard ; en Lc 24, 52-53 les disciples retournent à Jérusalem et au Temple ; en Actes, ils se rassemblent dans la chambre haute (Ac 1, 13) ; dans les Actes, la mission est davantage précisée (Ac 1, 8) et elle est destinée à toutes les nations (v.47).
  • Jésus bénit les disciples (v. 50) comme le grand-prêtre de Si 50, 20-23 ; ce que Zacharie ne pouvait faire en Lc 1, 21-22, Jésus ressuscité le réalise pleinement.
  • Sur ces v. 50-53 : lire la note TOB sur 24, 50 ; en BJ lire les références marginales à Lv 9, 22 ; Si 50, 20 ; cf. aussi Lc 1, 14 + et 2, 20 +.

UNE PRESENTATION DE LA LETTRE AUX ROMAINS (1-11)

La Lettre aux Romains est la première et la dernière lettre de Paul : la première dans toutes nos éditions du NT, parce qu’elle est la plus longue ; la dernière, car elle est l’ultime lettre parmi les lettres authentiques écrites par l’apôtre.

Les circonstances
Paul écrit cette Lettre à Corinthe, probablement au printemps 57 ou 58, alors qu’il est sur le point de partir pour Jérusalem où il veut apporter le fruit de la collecte qu’il a organisée dans les Eglises de Macédoine et de Grèce, au profit des chrétiens de Judée (Rm 15, 25-26).
Paul estime avoir terminé son travail missionnaire dans cette partie du monde méditerranéen : « depuis Jérusalem jusqu’à l’Illyrie, j’ai pleinement assuré l’annonce de l’Evangile du Christ » écrit-il (Rm 15, 19 ; cf. 15, 23). Une mission qui l’a amené d’Antioche de Syrie jusqu’en Grèce, en passant par la Turquie actuelle ; il désire maintenant porter son effort plus à l’ouest. C’est pourquoi, il veut aller à Rome et il espère trouver dans cette communauté – qu’il n’a pas fondée – l’aide nécessaire pour continuer sa mission vers l’Espagne (15, 24 et note TOB). Paul n’a pas l’habitude de bâtir « sur des fondations qu’un autre a posées » (15, 20), mais il est conscient que la mission qu’il a reçue du Ressuscité concerne tous les peuples païens (15, 14-16) ; c’est pourquoi, il désire aller à Rome (Rm 1,5 ; cf. Ga 2, 7-9).
Paul se trouve alors à un carrefour de sa vie missionnaire. D’une part, il a proclamé « son Evangile » dans une partie importante du monde méditerranéen, et il veut porter ce message encore plus loin. Sa vocation est de répandre la Bonne Nouvelle. Comme il le dit aux Corinthiens, il plante, d’autres peuvent arroser, mais c’est Dieu qui donne la croissance (cf. 1 Co 3, 6-9). Mais d’autre part, Paul sent aussi les tensions dans les communautés chrétiennes issues du judaïsme et celles qu’il a lui-même fondées dans le monde païen (cf. en particulier la crise galate). Que peut-il faire pour maintenir l’unité de tous les croyants en Jésus Christ et en même temps sauvegarder la liberté des païens convertis, face à la Loi juive ? Par la collecte qu’il a organisé dans ses communautés, une œuvre à laquelle il attache une grande importance (1 Co 16, 1 ; 2 Co 8-9 ; Ga 2, 10 ; Rm 15, 25-26), Paul veut marquer l’unité profonde des Eglises, malgré leurs traditions différentes. Une unité, une communion qui n’est pas acquise d’avance : c’est pourquoi, il demande aux Romains de prier « pour que j’échappe aux incrédules de Judée et que le secours que j’apporte à Jérusalem soit bien accueilli par les saints » (Rm 15, 31 et note TOB).
Ces préoccupations de l’apôtre expliquent, au moins en partie, la Lettre aux Romains, où il présente le dessein de Dieu par rapport aux Juifs et aux païens, tel qu’il le conçoit.

La communauté chrétienne de Rome
Nous ne savons pas qui a apporté la foi chrétienne à Rome, mais il est certain que dès les années 40, on trouve des disciples du Christ dans la capitale de l’Empire (cf. la mention de Suétone parlant de l’expulsion des Juifs de Rome à la suite de troubles dus à un certain « Chrestus » ; une expulsion dont nous trouvons confirmation en Ac 18, 2 (voir la note sur ce verset). Si nous suivons l’indication de Suétone, on pourrait penser à une communauté née parmi les Juifs, nombreux à Rome à cette époque, mais qui, par la suite, devait comprendre également de nombreux païens convertis (cf. des difficultés entre judéo-chrétiens et helléno-chrétiens, judaïsants ou pauliniens, évoquées en Rm 15, 1-13).

Le plan de la Lettre aux Romains
Il est toujours hasardeux de vouloir présenter le plan d’un écrit alors qu’il n’est pas clairement indiqué par l’auteur du texte. Pourtant il est évident que la Lettre aux Romains est un texte très bien construit et on peut, au moins, tenter de donner certaines indications.
D’abord, tout en suivant le modèle épistolaire des lettres de Paul (adresse, action de grâce, contenu dogmatique puis parénétique, salutations), la Lettre aux Romains se présente comme un texte fortement charpenté sur le salut chrétien, une réflexion plus élaborée qu’aucune autre Lettre de l’apôtre.
Tous les commentateurs s’accordent sur une division en deux parties : la première doctrinale (1 – 11) et la seconde exhortative (12 – 16). Pour une division un peu plus développée, voici celle proposée par Ch. PERROT dans CE 65.

Après l’adresse (1, 1-7) et l’action de grâce (1, 8-17)
– 1) De la condamnation de tous au salut des croyants : 1, 18 – 4, 25
– 2) De la mort à la vie. De la Loi à l’Esprit : 5, 1 – 8, 39
– 3) Le mystère d’Israël : 9, 1 – 11, 36
– 4) L’exhortation sur les rapports avec autrui : 12, 1 – 15, 13
Suit la conclusion de la lettre : 15, 14-33 avec peut-être (dans certains manuscrits) la doxologie de 16, 25-27.
Vient enfin le chapitre 16, 1-23, avec les nombreuses salutations ; un chapitre que certains regardent comme une (autre) lettre (de recommandation pour Phoebé ?).

Le message de la Lettre aux Romains

La Lettre aux Romains est une réflexion profonde sur le salut chrétien, ce que Paul appelle « son Evangile » (Rm 1, 1.2.9.15.16) et qui est la proclamation de ce que Dieu a accompli dans le Christ pour tous les croyants (Rm 5, 6-11 ; cf. 2 Co 5, 14-21).
Je ne parlerai ici que des chapitres 1 – 11. Pour bien suivre la pensée de Paul, il peut être utile de préciser la signification de certains termes que l’apôtre utilise dans sa Lettre.
Tout d’abord, dans les chapitres 1-5, les mots colère et justice. Paul parle de la « colère de Dieu » (Rm 1, 18 ; 2, 5. 8 ; 3, 5 ; 4, 15 ; 5, 9) pour exprimer l’incompatibilité radicale entre la sainteté et le péché. « ‘La colère de Dieu en action consiste à laisser la nature humaine pécheresse macérer dans son propre jus, (C.H. Dodd) quand l’homme choisit délibérément d’ignorer Dieu. Elle exprime le tragique de l’amour de Dieu, quand l’homme refuse sa miséricorde. Au cours de l’histoire d’Israël, la colère de Dieu et les châtiments qui la suivent sont fréquemment invoqués, […] ils expriment comme en creux la sainteté à laquelle l’homme est appelé et la confiance que Dieu lui fait ; ils constituent aussi un appel à la conversion. » (J.- P. LEMONON , Les Epitres de Paul II, p. 28)
A la colère de Dieu Paul oppose sa justice ; mais la « justice de Dieu» a dans la Bible une signification beaucoup plus large que dans notre usage : quand Dieu justifie (15 fois en Rm), il déclare quelqu’un juste et le mot justice appelle souvent l’idée de salut. « La justice de Dieu est éminemment une justice de salut. Au point qu’on pourrait presque conseiller au lecteur qui aborde Rm pour la première fois de substituer le plus souvent le mot salut à la mention de cette justice divine. » (Ch. PERROT, CE 65, p. 20)

Deux autres termes reviennent fréquemment dans le chapitre 8 : la chair et l’esprit.
Pour Paul, le mot « chair » désigne l’homme dans sa fragilité, son caractère provisoire, son humanité. « Toute chair » désigne la condition humaine à laquelle personne n’échappe. Mais souvent par ce mot « chair », Paul veut exprimer « l’homme dominé, asservi par le péché qui, par ses passions s’est installé en lui (Rm 7, 5). La chair n’est pas le péché mais la voie par laquelle le péché s’introduit dans l’homme. » (cf. J. –P. LEMONON, op. cit. p. 219)
Et concernant le mot « esprit » : « Le terme grec pneuma peut signifier souffle ou esprit ; le sens concret ne doit jamais être perdu de vue. Dans les lettres pauliniennes, et en particulier dans Rm 8, il est souvent difficile de distinguer entre l’Esprit de Dieu et l’esprit de l’homme, d’où parfois dans les traductions un emploi désordonné de la majuscule et de la minuscule (cf. 8, 4-5). Cette difficulté d’orthographe n’est pas sans intérêt, car Paul distingue avec soin l’Esprit de Dieu et l’esprit de l’homme (8, 16), mais en même temps ces deux réalités ne font pas nombre ; l’Esprit de Dieu dirige et anime l’esprit de l’homme, il prend possession du chrétien dans son ensemble, car il habite en lui (8, 9). » (J.-P. LEMONON, op. cit. p. 91)

De la Lettre aux Galates à la Lettre aux Romains
Dans la Lettre aux Romains, Paul reprend d’une manière plus ample ce qu’il avait exprimé en Ga : le salut est un don totalement gratuit de Dieu et il est offert à tout homme, Grec ou Juif, qui croit en Jésus Christ, c’est-à-dire qui s’ouvre à la révélation de l’amour de Dieu manifestée pour nous dans la vie, la mort et la résurrection de Jésus.
Dans la Lettre aux Romains, Paul commence par montrer comment tous les hommes sont sous la « colère » de Dieu, parce que tous sont pécheurs : les païens, parce qu’ils n’obéissent pas à la loi de Dieu qui est inscrite en tout homme ; les Juifs, qui ont reçu une révélation particulière, la Loi de Moïse, mais qui sont incapables de l’observer entièrement. (Rm 1-3)

La justification ne peut donc venir que comme un acte gratuit de Dieu. Paul trouve l’annonce d’une telle justification dans ce que la Bible nous dit d’Abraham. (Rm 4)
« Abraham, notre père », disaient les Juifs et ils mettaient surtout en lumière les œuvres du patriarche (cf. la note BJ sur Rm 4, 2). Paul relit les textes concernant Abraham (spécialement Gn 15, 6 et 17, 9-14) en soulignant deux points :
– tout d’abord, Abraham est déclaré juste par Dieu, à cause de sa foi (Gn 15, 6), indépendamment de la circoncision et de la Loi : il était encore incirconcis (Rm 4, 10-11) et il a reçu les promesses de Dieu bien des siècles avant que vienne la Loi de Moïse (Rm 4, 13-16).
– ainsi Abraham peut être le père des incirconcis aussi bien que des circoncis (Rm 4, 10-12) et les promesses qui lui ont été faites sont valables pour toute sa descendance, c’est-à-dire pour tous ceux qui, comme lui, croient : « pour nous qui croyons en Celui qui a ressuscité d’entre les morts Jésus notre Seigneur, livré pour nos fautes et ressuscité pour notre justification. » (Rm 4, 24-25)

Dans les chapitres 5-11, Paul va maintenant parler du salut. Ce salut exprimé en Rm 5, 6-11 qui nous est acquis par la foi, grâce à la solidarité du Christ, bien plus forte que celle que nous avons, par nature, avec Adam (Rm 5, 12-21). C’est par le baptême que le croyant participe à la mort et à la Résurrection du Christ et est ainsi appelé à une vie nouvelle (Rm 6, 4).

Libéré alors de la Loi (Rm 7), le croyant peut vivre dans l’Esprit ; dès maintenant, il peut dire « Abba, Père » (8, 15), mais il est encore dans l’attente – comme d’ailleurs toute la création – de l’accomplissement de ce salut dont il a reçu les prémices (Rm 8, 19-25). Mais il est sûr de ce salut : « Nous savons que tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu. Ceux que d’avance, il a connus, il les a aussi prédestinés à être conformes à l’image de son Fils, afin qu’il soit le premier-né d’une multitude de frères ; ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés ; ceux qu’il a appelés, il les aussi justifiés ; et ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés. » (Rm 8, 28-30)

Rm 9 – 11 : Le mystère d’Israël
Quand on arrive à la fin de Rm 8, on pourrait assez facilement passer à Rm 12 (la partie parénétique de la lettre). Pourtant les chapitres 9-11 ne sont pas une insertion postérieure. Le problème que Paul aborde ici est bien dans la ligne de tout son développement (cf. la note TOB sur Rm 9, 2).
« S’il est vrai que le salut par la foi en Jésus Christ est conforme aux oracles de l’Ancien Testament et qu’il en réalise les promesses (cf. 1, 2 ; 3, 21.30), le peuple juif, qui est le peuple des promesses, aurait dû croire en Jésus et ainsi se trouver dans l’assurance du salut. Or ce peuple, dans son ensemble, n’a pas cru en Jésus. Il semble donc que le salut par la foi en Jésus, c’est-à-dire toute la thèse de Paul, ne cadre pas avec les promesses de l’Ancien Testament, car Dieu ne peut pas manquer d’être véridique (cf. 3,3). » (J. CANTINAT, Les Epitres de saint Paul expliquées, p. 140)
Pourquoi ce peuple préparé, par Dieu depuis des siècles, n’a-t-il pas reconnu Jésus comme son Messie ? C’est à cette question que Paul veut répondre ici. Il va procéder en trois étapes, où il passe de la désolation à l’espoir, puis de l’espoir à la certitude du salut : d’où trois parties
– le constat et les questions : Rm 9, 1-33
– de l’espoir à la possibilité du salut : Rm 10, 1 – 11, 24
– le mystère du salut d’Israël : Rm 11, 25-36
Son argumentation, est serrée et fait appel à de nombreux passages bibliques, parmi lesquels on peut relever l’histoire de Jacob-Esaü (le thème des deux frères ou du cadet préféré à l’aîné) que l’on trouve en Gn 25, 19ss et surtout dans l’interprétation qu’en donne Ml 1, 2-3 : « Esaü n’était-il pas le frère de Jacob ? – oracle du Seigneur. Pourtant j’ai aimé Jacob et j’ai haï Esaü », soulignant ainsi la totale liberté des choix de Dieu.

Dans ces chapitres, Paul réfléchit à la situation éclatée qu’il connaît : les Juifs qui ont cru au Christ et ceux qui le refusent ; les communautés helléno-chrétiennes qui s’écartent du judaïsme et même de certains judéo-chrétiens. Il y a donc une double, même une triple, rupture. Et la mission de Paul, sa vocation auprès des païens, est pour une bonne part à l’origine de cette situation.
C’est aussi, semble-t-il, la situation de l’Eglise de Rome que l’apôtre a en vue. A la fin des années 50, il y a à Rome une montée de l’hostilité des païens contre les Juifs (à cause des troubles en Palestine qui conduiront à la Guerre juive en 66-70) ; d’autre part, à la suite de l’expulsion des Juifs de Rome (édit de Claude en 49), dans la communauté chrétienne, les judéo-chrétiens sont minoritaires et les rapports entre les croyants venus du monde juif et ceux issus du monde païen suscitent des tensions (cf. Rm 14, 1-15, 13).

« Dans un contexte communautaire et religieux profondément « éclaté », à Rome comme dans la Diaspora d’alors, Rm 9-11 est d’une grande importance, tant il est le juste reflet d’une pratique communautaire que l’Apôtre veut mettre en place. […] Le texte de Paul est prophétique, non point d’abord parce qu’il découvrirait un pan nouveau du scénario de l’avenir, mais parce qu’il déclare notre situation d’aujourd’hui à l’endroit d’Israël, et réciproquement. » (Ch. PERROT, CE 65, p. 52)

Dans ce texte, Paul dit son espérance dans le dessein de Dieu concernant Israël. Il reconnaît que seul un « reste » d’Israël a cru à l’Evangile (11, 1-5), mais ce « reste » représente les « prémices » (11, 16 et note TOB sur ce verset) qui annoncent la réalisation plénière du dessein de Dieu, « et ainsi tout Israël sera sauvé, comme il est écrit : De Sion viendra le libérateur ; il écartera de Jacob les impiétés. Et voilà quelle sera mon alliance avec eux, quand j’enlèverai leurs péchés. » (11, 26-27). Un dessein où Dieu est totalement libre, mais aussi où il reste fidèle aux promesses faites aux pères (11, 28).
Paul met donc en garde les helléno-chrétiens contre une certaine autosuffisance : si Dieu a retranché des branches de l’olivier franc et a greffé sur le tronc des branches d’oliviers sauvages, ne pourrait-il pas également retrancher de telles branches, si elles étaient infidèles, comme il peut, à nouveau, greffer les branches qu’il avait coupées (11, 17-24).

Comme on le voit, Paul « ne donne pas de solution théologique visant à réduire la rupture entre la Synagogue et l’Eglise. Paul n’en appelle pas à une conversion finale pour dire son mépris d’un Israël qui n’a pas encore reçu son Seigneur. Il invite plutôt à reconnaître des situations respectives, non seulement sans réduire l’autre, mais en lui ouvrant aussi un avenir de salut, dans un salut qui pour l’Eglise ne peut pas ne pas engager de quelque manière le Christ d’Israël. Au fait n’est-ce pas là le véritable œcuménisme ? En lisant ces textes, le chrétien d’aujourd’hui est invité à reconnaître son exacte situation communautaire à l’endroit d’Israël et à crier sa joie dans le salut de Dieu. Quant au reste, tout est grâce ! » (Ch. PERROT , CE 65, p. 53)

DE JERUSALEM A ROME. Etude des Actes des Apôtres

Jésus et après…

Les deux premiers Evangiles (Mc et Mt) se terminent par le rendez-vous en Galilée (cf. Mc 16, 7) et avec la parole du Ressuscité envoyant les disciples à toutes les nations (cf. Mt 28, 19).
Par sa composition en deux livres (cf. Ac 1, 1), Luc va mettre davantage en lumière la dimension du dessein du salut de Dieu. Après son 1er livre (Lc) qui nous montrait Jésus annonçant la Bonne Nouvelle depuis Nazareth (Lc 4, 16-21) jusqu’à Jérusalem (cf. Lc 9, 51 et note BJ/TOB sur ce verset). Dans son 2ème livre (Ac), il nous raconte comment, les apôtres animés par l’Esprit Saint, vont faire résonner cette Bonne Nouvelle jusqu’au bout du monde.
En raison de son incarnation, le ministère de Jésus était nécessairement limité dans les lieux et le temps : il s’est déroulé en Palestine, à partir du baptême prêché par Jean (cf. Ac 10, 37) jusqu’au moment de son enlèvement au ciel (Ac 1, 2). Mais plusieurs fois dans son Evangile, Luc soulignait déjà la dimension universelle du salut (cf. Lc 3, 6 et note BJ/TOB) : c’est ce qu’il veut montrer en composant les Actes des apôtres.

Luc historien

Les Evangiles, nous le savons, ne sont pas des biographies de Jésus, même s’ils contiennent des renseignements historiques importants sur Jésus et sur les événements qui ont marqué sa vie. De même en écrivant son second livre, Luc ne prétend pas faire une histoire des premières décennies du christianisme et de l’expansion de la foi chrétienne. Il continue dans les Actes, ce qu’il annonce dans le prologue de l’Evangile (cf. Lc 1, 1-4) : il écrit pour l’instruction et l’édification de Théophile (et de ses lecteurs futurs). Luc est un croyant qui veut partager sa foi au Christ et l’espérance qui l’anime.

Lorsque nous lisons l’Evangile de Luc, nous avons la possibilité de comparer sa présentation du ministère de Jésus avec celle des autres Evangélistes. Il nous est ainsi plus aisé de découvrir ce qu’il partage avec eux et ce qui lui est particulier. Dans les Actes des apôtres, nous nous trouvons devant un seul récit : celui de Luc. Cependant tout en reconnaissant que Luc « n’a pas été le témoin oculaire de ce qu’il raconte et qu’il est hautement sélectif », R. E. BROWN voit en lui « un parfait candidat pour la confrérie des historiens hellénistiques. […] son récit a pour objectif premier de confirmer aux croyants la sûreté de l’enseignement reçu (Lc 1 4) et de les affermir par une compréhension théologique. » (Que sait-on du Nouveau Testament, Bayard 2000, p. 363)

Comme le dit Lc 16, 16, la Loi et les Prophètes étaient le temps de la préparation ; avec Jésus, avec sa mort et sa résurrection, les promesses contenues dans l’Ancien Testament commencent à se réaliser ; avec l’expansion de l’Eglise, le salut de Dieu peut prendre toute sa dimension : c’est l’ordre du Ressuscité : « Vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre. » (Ac 1, 8)
Le plan de Luc

On reconnaît dans cette parole (Ac 1, 8) un des plans (possibles) des Actes : l’annonce à Jérusalem (Ac 1-7), puis dans le monde juif et samaritain (Ac 8-12) et enfin jusqu’au centre du monde, tel que le voient Luc et ses lecteurs (Ac 13-28).

En commençant son 1er livre, l’Evangéliste nous présentait en parallèle (en Lc 1-2) Jean-Baptiste et Jésus, comme on aimait à le faire dans le monde gréco-romain. On pourrait voir un schéma semblable dans les Actes : dans la 1ère partie (Ac 1-12), nous rencontrons surtout Pierre, alors que la 2ème partie (Ac 13-18) est dominée par la figure de Paul. Voici ce qu’écrit Ch. L’EPLATTENIER : « Comme Jn 21 l’a fait pour Pierre et le « disciple bien-aimé », on a le sentiment que Luc veille à établir un équilibre presque parfait entre ces deux personnages dominants (Pierre et Paul), pour que le lecteur perçoive l’égale importance de leurs rôles respectifs dans l’histoire de l’Eglise primitive. Cela est révélé par les nombreux rapprochements dans l’expression comme dans la thématique que l’on peut repérer tout au long du livre. » (Le Livre des Actes. Commentaire pastoral, Centurion 1994, p. 166)

Actualité des Actes

Le début des Actes, spécialement la présentation de la première communauté chrétienne a profondément marqué, au long des siècles, la vie de l’Eglise, accompagnant tous les mouvements de renouveau. Luc nous présente dans ces chapitres une vision idéalisée, mais il ne cache pas que des tensions, parfois fortes, ont également marqué ces premiers temps de l’Eglise : des tensions que l’écoute mutuelle et l’obéissance à l’Esprit ont permis de résoudre.

Mais les Actes témoignent surtout de l’engagement missionnaire de Pierre, de Paul et celui d’autres croyants. Sans doute le monde a beaucoup changé depuis cette époque et les méthodes d’évangélisation doivent en tenir compte, mais le récit de Luc nous rappelle l’urgence et l’importance de l’Evangile pour le salut du monde.

1- Ac 1, 1-26 : Témoins à Jérusalem … et jusqu’aux extrémités de la terre

Un lecteur de l’œuvre de Luc pourrait être surpris : au début de son second livre, Luc reprend ce qu’il écrivait à la fin de son Evangile. Il entend ainsi exprimer que la mission de Jésus continue, grâce à l’Esprit qui va être donné.

1) Que contient ce premier chapitre des Actes ? Proposer une division.
2) Lire Ac 1, 1-5 : que nous apprennent ces versets ?
3) Qu’est-ce que l’auteur veut mettre ici en lumière ? Comparer avec Lc 24, 50-52.
4) Pourquoi et comment se fait l’élection de Matthias ?

Question 1

• Selon la BJ, on pourrait diviser en deux parties : Ac 1, 1-11 (jusqu’à l’Ascension) et 1, 12-26 (après l’Ascension).
• Autre possibilité : 1, 1-5 (le prologue) ; v. 6-14 (le jour de l’Ascension) ; v. 15-26 (une première décision importante).

Question 2

• Luc fait le lien avec le 1er livre (Lc) où il parlait de Jésus (cf. note TOB sur v. 1) et les Actes, où l’Esprit Saint prend désormais une place importante : cf. note BJ sur v. 2).
• Sur la durée des apparitions pascales : comparer les 40 jours avec ce que dit Lc 24, 51, voir note TOB.
• Pour la promesse de l’Esprit : v. 4-5 et note BJ ; cf. aussi Lc 24, 49.

Question 3

• Sur la question des apôtres (v. 6 et notes BJ/TOB) et la réponse de Jésus (v. 7 et note TOB)
• Le v. 8 reprend la promesse de l’Esprit (cf. note BJ) et nous donne un plan des Actes (v. 8b et notes BJ/TOB) : l’histoire commence à Jérusalem, elle s’achèvera à Rome.
• Comparer Ac 1, 9-11 (cf. notes BJ et TOB) avec Lc 24, 4-6.
• Dans les v. 12-14, noter que les disciples ne vont plus au Temple (cf. Lc 24, 55), mais dans la « chambre haute » (v. 12) et ils sont là en prière avec Marie et les frères de Jésus (cf. v. 14 et note BJ et TOB).
• La liste des apôtres (v. 13) prépare les v. 15-26.

Question 4

• Noter la place de Pierre parmi les « frères » (sur ce mot, voir la note TOB).
• L’importance du nombre 12 (v. 17) et la condition pour appartenir à ce premier maillon des témoins de Jésus : cf. note TOB sur v. 22.
• La place de l’Ecriture, spécialement des Ps pour relire les événements de la Passion (cf. Lc 24, 44).
• Le choix est demandé au Seigneur dans la prière (cf. les références marginales) et ensuite par le tirage au sort (v. 26 et note BJ). Cf. Lc 6, 12-13 et notes TOB.

2– Ac 2, 1 – 41 : La naissance de l’Eglise

C’est par le don de l’Esprit Saint que commence la mission de l’Eglise : tous ceux qui reconnaissent l’action de Dieu dans les événements qui ont marqué la vie de Jésus, peuvent obtenir le pardon de Dieu.

1) Diviser ce texte. Pourquoi le jour de la Pentecôte ?
2) Etudier plus particulièrement le discours de Pierre (v. 14-36)
3) Comment l’auteur nous montre-t-il le résultat de l’annonce faite par Pierre ?

Question 1

• On peut y voir trois parties : le don de l’Esprit (v. 1-13) ; le discours de Pierre (v. 14-26) ; la première communauté des croyants (v. 27-47).
• Sur la Pentecôte, le 50ème Jour, lire les notes BJ et TOB. Voir aussi le calendrier donné en Ex 23, 14 et la note de BJ : la Pentecôte, à l’origine une fête de la moisson, était devenue la célébration de l’alliance du Sinaï et du don de la Loi.
• Pour l’auteur des Actes, la Pentecôte marque la naissance de l’Eglise, grâce au don de l’Esprit.
• Sur le phénomène évoqué, voir les notes BJ/TOB sur les v. 1-4 ; cf. aussi les références marginales.
• Noter aussi les réactions de la foule (v. 6-7) et la mention de sa diversité (v. 9-11 et notes BJ/TOB). Sur le v. 8, lire la note de BJ.

Question 2

• Lire la note TOB sur le v. 14 : quels sont les points importants de la prédication apostolique adressée aux Juifs ?
• Dans les v. 17-21, Pierre cite le texte de Joël Jl 3, 1-5 : le don de l’Esprit comme accomplissement des promesses messianiques. La TOB nous signale que Pierre cite le texte selon la LXX (le texte grec de la Bible) : qu’est-ce que cela nous apprend ?
• Relever les affirmations des v. 22-24 ; cf. note BJ sur v. 22. Cela est advenu selon la prescience de Dieu (v. 23 et note TOB).
• La citation du Ps 16 (Ac 2, 25-28) : lire les notes BJ et TOB sur v. 25.
• Dans les v. 29-31, Pierre applique à Jésus la parole de David et il conclut en reliant Résurrection et le don de l’Esprit (v. 32 et note BJ sur v. 33).
• Le v. 36 résume le discours de Pierre : cf. les notes BJ et TOB.

Question 3

• Luc nous montre ici la réceptivité des auditeurs (v. 37 ; cf. Lc 3, 10 cité en marge).
• Suit l’appel à la conversion (v. 38 ; cf. la note BJ et la référence marginale à Mt 3, 2) et au baptême au nom de Jésus (v. 38 et note BJ). Exigence et promesse !
• Noter l’ouverture de la promesse, pour les Juifs (v. 39a et la note) et pour les païens (v. 39 et note) : universalisme que Luc aime à souligner.
• Sur le nombre des croyants (v. 41), lire la note BJ.

3 – Ac 2, 42-47 ; 4, 32-35 ; 5, 12-16 : L’idéal de la première communauté

L’auteur entrecoupe son récit de plusieurs petits « sommaires » où il exprime une vision idéale de la première communauté des croyants. Un idéal toujours à rechercher !

1) Lire le premier « sommaire » et relever les éléments que l’auteur met en lumière
2) Sur quoi veut insister le deuxième « sommaire » ?
3) Quelle image de la communauté se dégage du troisième « sommaire » ?

Question 1

• Lire les notes TOB et BJ sur Ac 2, 42 (titre).
• Dans le premier « sommaire », noter la quadruple persévérance ; (Luc écrit littéralement : ils étaient persévérants dans…)
• L’enseignement des apôtres se distingue du kérygme (la première annonce de la foi) ; c’est une catéchèse qui doit faire découvrir qui est Jésus et ce que représente le salut : cf. la note BJ sur ce terme.
• Pour la communion fraternelle, lire la TOB sur v. 44 ; cf. aussi note BJ sur v. 42. La « koinônia » est l’esprit qui unit les croyants entre eux.
• La fraction du pain (cf. note BJ) ; les prières (au pluriel) : notes BJ et TOB.
• Dans ce premier « sommaire », on trouve l’annonce des thèmes du 2ème et 3ème « sommaire ».
• Le v. 46 nous montre les premiers chrétiens encore très liés au Temple, mais formant déjà aussi une communauté de table (cf. 1 Co 11, 17ss).

Question 2

• Lire les notes BJ et TOB sur 4, 32 (titre).
• L’auteur insiste ici sur l’unanimité des croyants (un même cœur, une même âme), mais cette unanimité doit se traduire dans le concret (v. 32b) ; voir aussi la référence marginale de TOB à Lc 18, 28 et note ; en BJ, lire la note sur Lc 12, 33.
• L’auteur nous donne ici l’exemple de Barnabé (4, 36-37) ; ce qui lui permet aussi d’introduire ce personnage que l’on retrouvera comme compagnon de Paul.
• Le passage qui suit (Ac 5, 1ss) montre que ce partage des biens n’est pas imposé : cf. Ac 5, 4 et la fin de la note TOB sur 4, 32.

Question 3

• Lire les notes BJ et TOB sur le titre.
• Ce thème sera développé plus loin en Ac 6, 12. 15-16.
• Voir aussi la référence à Lc 4, 40-41 en BJ et à Lc 6, 19 donnée en TOB : que vous apportent ces références ?
• Remarquer aussi le v. 14 : un thème cher à Luc : cf. Ac 2, 47 ; 6, 7.

4 – Ac 4, 1-22 : Le discours devant le Sanhédrin

En condamnant et en faisant exécuter Jésus, les autorités juives pensaient mettre fin à une activité qui remettait en question leur tradition. Mais la Résurrection de Jésus et la puissance de son Nom ne permettent pas de fermer si aisément ce dossier.

1) Situer ce passage dans le récit des Actes et proposer une division.
2) Comment l’auteur nous présente-t-il ici l’opposition des autorités juives ?
3) Etudier plus particulièrement la réponse de Pierre.

Question 1

• Ce chapitre parle de la réaction du Sanhédrin (le Grand Conseil juif) à la suite du miracle raconté en Ac 3 et de la prédication de Pierre qui a suivi.
• Pour l’auteur des Actes, c’est le début de l’opposition juive à l’annonce chrétienne : comme Jésus, les disciples rencontrent l’opposition.
• En Ac 5, 17ss, la position juive se durcira contre les apôtres ; avec Etienne (Ac 6, 8ss) elle franchira encore un autre pas.
• Notre texte peut se diviser en 3 parties : l’arrestation des apôtres (v. 1-4) ; la question du Sanhédrin et la réponse de Pierre (v. 5-14) ; l’embarras du Sanhédrin et la ‘relaxe’ (v. 15-21).

Question 2

• Il s’agit des autorités du Temple : des Sadducéens (4, 1) et des grands-prêtres (4, 6) ; cf. Lc 22, 66 + (cité en marge de BJ sur Ac 4, 5) ; cf. encore Lc 3, 2 + (sur Ac 4, 6)
• Sur l’opposition des Sadducéens, lire la note BJ sur Ac 4, 1 et celle de TOB sur Ac 4, 2. Cf. aussi Lc 20, 27-39.
• Ne pouvant nier le signe accompli par Pierre et Jean (v. 14 1t 16), ils voudraient en limiter les effets (v. 17-18. 21).
• Noter l’importance donnée au Nom (de Jésus) : v. 7. 10.12. 17. 18. Lire la note TOB sur Ac 4, 7 qui nous renvoie à celle sur 3, 16.

Question 3

• Sur le rôle de Pierre, voir la note sur Ac 2, 14 (cité en marge dans BJ sur Ac 4, 8).
• Noter l’humour de Pierre au v. 9 : nous sommes ici pour avoir fait du bien à un infirme !
• Pierre s’adresse ici à ceux qui sont plus directement responsables de la mort de Jésus (crucifié par vous) : lire la note TOB sur Lc 23, 35.
• Comme dans les autres discours, on trouve l’opposition entre ce que les hommes ont fait (ici : vous) et ce que Dieu a fait pour Jésus.
• Sur l’usage du Ps 118 pour éclairer le mystère pascal, cf. la note TOB sur le v. 11 et le renvoi à Lc 20, 17.
• Luc souligne l’assurance de Pierre et de Jean (v. 13 et note TOB) ainsi que leur courage (v. 19-20 et note TOB). Cf. la promesse faite par Jésus en Lc 22, 31-32.

5– Ac 7, 1 – 53 : Le discours d’Etienne

Aussitôt après avoir parlé de l’institution du groupe des Sept (Ac 6), l’auteur focalise son attention sur Etienne : son discours nous fait découvrir la position des Hellénistes chrétiens qui va bien plus loin que celle de Pierre dans les premiers discours.

1) Situer le discours d’Etienne dans le contexte ; qui est Etienne ? que lui reproche-ton ?
2) Quel est le contenu de son discours : de qui, de quoi parle-t-il ? Comment cela est-il relié aux accusations portées contre lui ?
3) Expliciter l’argumentation d’Etienne : relever ce qui se rapporte à Jésus et à la foi qui vient de lui.
Question 1
• Etienne fait partie du groupe des Sept (cf. Ac 6, 3 et note BJ) ; il est présenté en Ac 6, 8 ; puis Ac 6, 11-14 parle de son arrestation et de l’accusation portée contre lui.
• Ce discours interrompt le récit de Luc au v. 15 ; il reprendra en Ac 7, 55 (cf. la note BJ sur Ac 6, 15) pour raconter la mort d’Etienne (Ac 7, 55-60).
• Luc introduit ici Saül (Ac 7, 58) et il montre comment la persécution lance la mission de l’Eglise au-dehors de Jérusalem (Ac 8, 1 et les deux notes de BJ).

Question 2

• Sur ce long discours, lire la note de BJ sur Ac 7, 2 ; en TOB sur 7, 1.
• Selon un modèle connu de la Bible, Etienne évoque l’histoire du peuple de Dieu ; il cite les grandes figures de l’Histoire sainte : Abraham (v. 2-8), Joseph (v. 9-16) et Moïse (v. 17-43).
• A partir du v. 44, il parle de la Tente du Témoignage (cf. les références marginales de BJ à Ex 25, 40 et He 8, 5), ce qui le rapproche de l’accusation qui sera porté contre lui (cf. Ac 6, 14 et note BJ).
• Remarquer la citation d’Is 66, 1-2 (voir la note de BJ sur le titre d’Is 66).
• Les v. 51-53 forment la péroraison : noter le changement de ton, en comparant Ac 7, 2 et 7, 51. Etienne rappelle l’attitude d’Israël face au dessein de Dieu : cf. les références marginales à Dt 9, 13 + ; Jr 4, 4 + ; Is 63, 10 (et la note sur le titre d’Is 63, 7).

Question 3

• Les débuts de l’Histoire sainte ne se situent pas en Israël, mais en Mésopotamie (7, 2), en Egypte (7, 9ss), puis en Madian (7, 29).
• La figure de Joseph, rejeté par ses frères, et qui devient leur sauveur (7, 9-16).
• Moïse qu’ils avaient renié et que Dieu leur envoie comme chef et rédempteur (Ac 7, 35 et note BJ). Moïse qui les a fait sortir d’Egypte et prit soin d’eux au désert (v. 36).
• Sur le v. 37 noter la citation de Dt 18, 15 : cf. la note de BJ sur ce verset et sur Dt 18, 15 ; ce texte du Dt revient plusieurs fois dans le NT.
• Etienne mentionne aussi les infidélités du culte, au désert et dans les siècles suivants (v. 40-43) ; noter la référence à Am 5, 25-27.
• De plus, en montrant que le Temple ne peut pas véritablement correspondre au projet de Dieu (v. 44ss), Etienne répond à l’accusation portée contre lui (cf. Ac 6, 13).

6– Ac 8, 26 – 40 : Philippe sur la route de Gaza

La rencontre de Philippe avec un Ethiopien sur la route de Jérusalem à Gaza marque la volonté de l’Esprit de faire sortir l’Evangile du monde juif et de le porter à tout homme, quelles que soient sa race ou sa couleur.

1) Qui sont les personnages qui interviennent dans ce récit : que font-ils et quel est le résultat ?
2) Ce récit des Actes ressemble à celui d’Emmaüs (Lc 24, 13-35) : comparer les deux récits et noter les ressemblances et les différences.
3) Quelle est la signification de ce récit ? Quelle place tient-il dans les Actes ?

Question 1

• Il y a Philippe (v. 5 et note TOB) ; il est conduit par l’Ange du Seigneur (cf. v. 26 et note BJ et TOB) ou par l’Esprit (v. 29 ; v. 39-40). L’Ethiopien (v. 27 ; voir note de BJ et les références marginales) est un haut fonctionnaire. Il est aussi prosélyte ou craignant Dieu (sur ces termes, cf. en BJ la note sur Ac 2, 11) ; il est venu à Jérusalem pour adorer. Assis sur son char, il lit un passage du livre d’Isaïe (v. 27-28).
• Sur ordre de l’Ange du Seigneur, Philippe rejoint l’eunuque ; il entend ce qu’il lit (à haute voix) et lui pose la question (v. 30). Invité à monter sur le char, il annonce Jésus (v. 35 et note TOB). Voir aussi la note BJ sur Ac 5, 42 (cité en marge).
• Cette catéchèse conduit au baptême (v. 36ss) : le rite d’immersion : ils descendirent… ils furent remontés (cf. la note TOB sur v. 38) ; cf. aussi la joie du salut : Ac 2, 46 +.

Question 2

• Les deux scènes se passent sur une route quittant Jérusalem ; quelqu’un rejoint celui/ceux qui s’en éloigne(nt) ; il pose une question, puis annonce la Bonne Nouvelle. La scène se termine par un sacrement (Eucharistie / baptême) et la joie, malgré la disparition de Jésus / Philippe.
• Les deux disciples de Lc 24 connaissent bien tout ce qui concerne Jésus (Lc 24, 19-24), mais ils ne comprennent pas le sens des événements ; l’Ethiopien a le rouleau d’Isaïe, mais ce texte leur demeure fermé parce qu’il ignore Jésus.
• En Lc 24, Jésus explique les liens entre sa vie et les Ecritures (AT) ; ici, Philippe part des Ecritures (ici, Isaïe 52-53) et il annonce Jésus.

Question 3

• Luc met en lumière le rapport qui existe entre les Ecritures (AT) et la vie de Jésus. Les Ecritures ne livrent tout leur sens qu’à la lumière de Jésus.
• C’est aussi un rappel de l’importance de ce texte d’Isaïe (le 4ème Chant du Serviteur : cf. Is 52, 13 et la note BJ) pour la compréhension du mystère pascal. Cf. les notes BJ et TOB sur v. 32.
• Luc a placé cet épisode entre l’évangélisation de la Samarie (cf. Ac 8, 1 +) et l’ouverture de l’Eglise aux païens (Ac 10-11). Le baptême de l’Ethiopien par Philippe annonce un tournant capital (cf. Ac 1, 8 +).
• Désormais il n’est plus nécessaire de revenir à Jérusalem : comparer Lc 24, 33 avec Ac 8, 39.

7 Ac 9, 1 – 30 : Paul sur le chemin de Damas

Dans les Actes, l’auteur nous raconte par trois fois la conversion de Paul. C’est dire l’importance qu’il attache à cet événement. Un événement qui marque un tournant dans la diffusion de la foi chrétienne, dans l’ouverture de l’Evangile.

1) Qu’est-ce que ce texte nous apprend sur Paul et sur son passé ?
2) Comment nous est racontée ici l’expérience de Paul sur le chemin de Damas ?
3) Qu’est-ce que Paul a découvert dans cette expérience qui a changé sa vie ?

Question 1

• Lire Ac 9, 1-2 et les notes BJ/TOB ; cf. aussi Ga 1, 12-17. Voir aussi les références marginales qui nous indiquent les deux autres mentions de cet événement.
• Nous apprenons que la foi chrétienne est sortie de la Judée et la Samarie (cf. Ac 8, 1) et qu’il y a à Damas des adeptes de la Voie (v. 2 et note BJ et TOB).
• Nous apprenons aussi que Paul est originaire de Tarse (v. 11) ; voir aussi le récit parallèle en Ac 22, 2-5 et la note BJ sur 22, 4.
• Sur les motifs qui opposaient Paul aux chrétiens, voir Ac 26, 9 et Ga 1, 13-15.

Question 2

• Dans les v. 1-2 : l’attitude et le projet de Paul face aux chrétiens ; cf. Ac 8, 1-3.
• Les v. 3-6 donnent l’essentiel de la révélation : la lumière qui l’éblouit et le terrasse ; la voix qui lui parle et lui ordonne ; et surtout le dialogue (v. 4-6). Paul ne voit pas Jésus, mais il entend sa voix.
• « Je suis Jésus que tu persécutes » : comparer avec Ex 3, 14 ; cf. aussi les présentations de Jésus dans les Evangiles et spécialement en Jn (cf. Mc 6, 50 et note TOB ; Jn 6, 35 et note BJ).
• Dans les v. 10-16 : les visions parallèles d’Ananie et de Paul (cf. notes BJ et TOB sur v. 12). La réticence d’Ananie se comprend par le passé de Paul, mais Dieu a son plan (v. 15).
• Les v. 17-19 : exécution de l’ordre ; Paul est guéri de sa cécité ; il est baptisé. Noter au v. 17 : Saul, mon frère… Dans les v. 20-22 : Paul commence sa mission.
• Les v. 26-30 : Paul à Jérusalem ; difficile insertion, mais possible grâce à Barnabé.
• Noter l’inclusion : au début Paul voulait la mort des croyants (9, 1) ; à la fin du récit, Paul est menacé de mort à Damas (v. 23), puis à Jérusalem (v. 29-30).

Question 3

• Noter l’importance du dialogue (v. 4-5) – pratiquement identique dans les trois récits.
• Sur l’identification de Jésus avec ceux qui sont persécutés en son nom (v. 5 et note BJ et TOB). Sur le nom donné aux chrétiens au v. 2 : cf. notes BJ et TOB.
• Sur Jésus : Ac 9, 17 et 20 ; cf. les notes BJ et TOB sur le v. 20.
• Pour le lien entre l’expérience de Paul sur le chemin de Damas et sa doctrine de l’Eglise comme Corps du Christ : lire la note BJ sur 1 Co 12, 12.

8 Ac 10, 1 – 11, 18 : l’ouverture de l’Eglise aux païens

Ce récit est le plus long des Actes des apôtres. L’auteur prend soin de raconter plusieurs fois ces événements qui ont conduit Pierre à ouvrir au centurion Corneille et à sa famille les portes de l’Eglise.

1) Situer ce récit dans les Actes et montrer la place que lui donne Luc.
2) Sur quoi veut insister l’auteur dans cette première partie (10, 1-23) ?
3) Dans la 2ème partie, étudier particulièrement le discours de Pierre chez Corneille.
4) Quel problème pose cette entrée des païens dans l’Eglise ?

Question 1

• Lire les notes de BJ et TOB sur 10,1 (titre). Après les débuts de l’Eglise à Jérusalem (Ac 1-5), l’Evangile commence à déborder les frontières du judaïsme (Ac 6-8) ; la conversion de Paul et la mission qu’il reçoit annoncent ce que l’auteur racontera en Ac 13-28.
• En Ac 10, 1 – 11, 18 Pierre est conduit par l’Esprit à admettre un païen : ce qui prépare la mission de l’Eglise d’Antioche (Ac 11, 19ss) et celle de Paul (Ac 13-28).
• Les trois parties de ce récit : la double vision (10, 1-23a) ; Pierre chez Corneille (10, 23b-48) ; les réactions à Jérusalem et la réponse de Pierre (11, 1-18).

Question 2

• Avec des termes différents, l’auteur insiste sur l’œuvre de Dieu : (ange/ vision/ voix/ Esprit : cf. la note BJ sur le v. 19 ; en TOB, note sur 10, 1.
• Noter comment Luc nous présente Corneille (v. 1-2 et notes BJ et TOB sur v. 2) ; cf. aussi les références marginales en BJ.
• Pour la vision de Pierre (v. 11-16 et note sur v. 15). Pierre doit passer de sa notion sur le pur et l’impur à un autre regard sur tout homme : cf. note TOB sur 10, 5 et 10, 28 : ce qu’il fait en donnant l’hospitalité (v. 23) à ces païens, puis en acceptant d’aller chez Corneille (v. 28-29).

Question 3

• Le début du discours de Pierre tient compte du changement d’auditoire (v. 34-35) ; il rappelle la priorité d’Israël (v. 36), mais il annonce la Bonne Nouvelle de Jésus (cf. la note TOB sur v. 36 ; en BJ celle sur v. 40).
• L’Evangile de Mc mettra en récit ce que Pierre dit ici dans les v. 37ss : le baptême de Jean-Baptiste, le ministère en Galilée, puis à Jérusalem, enfin la Passion : cf. notes BJ et TOB sur v.36-37.
• Pierre est interrompu par l’Esprit (v. 44 et note BJ et TOB) ; il tire les conséquences du don que Dieu vient de faire à ces hommes encore païens (v. 47-48).

Question 4

• Les réactions des croyants de Jérusalem montrent les difficultés pour des Juifs, devenus chrétiens, d’accueillir des païens dans l’Eglise : cf. notes BJ et TOB sur v. 48 ; et celle sur 11,3 en TOB.
• Remarquer la réponse de Pierre : il n’argumente pas, il raconte ce que Dieu vient de faire (v. 14-15 et note BJ sur v. 17). Les frères qui l’ont accompagné depuis Joppé à Césarée, puis à Jérusalem, témoignent avec lui (note TOB sur 10, 23 et 11, 12).
• Voir aussi la note sur le v. 18 ; mais le problème sera de nouveau soulevé en Ac 15.

9– Ac 11, 19 – 30 : la fondation de l’Eglise d’Antioche

Dans le livre des Actes, la communauté d’Antioche tient une grande place, tant par son dynamisme que par sa situation géographique.

1) Situer ce passage dans le livre des Actes et relever ce que Luc veut mettre en valeur.
2) Qui sont les fondateurs de cette Eglise ? Qu’annoncent-ils ? Quel résultat ?
3) Quels sont les liens avec Jérusalem que l’auteur veut mettre en lumière ?

Question 1

• Antioche était la 3ème ville de l’empire romain (500.000 habitants) ; par son port (Séleucie) et par le réseau routier, elle était un carrefour important (cf. note TOB sur le titre : 11, 19).
• Les Actes présenteront cette communauté comme la base de la mission de Paul.
• La fondation de cette communauté est la conséquence de la persécution (v. 19 et note BJ) qui a fait sortir la foi chrétienne de Jérusalem, d’abord en Judée et Samarie (Ac 8, 1), puis en Phénicie, et enfin jusqu’à Chypre et Antioche.
• Mais ce n’est pas simplement une extension géographique : certains des dispersés commencent à annoncer l’Evangile aux Grecs (v. 20 et note BJ).

Question 2

• Dans Ac 6 – 10 Luc avait parlé des grandes figures : Etienne, Philippe, Barnabé et Paul, et Pierre. Ici il souligne le rôle des croyants ordinaires touchés par la persécution (v. 19) et qui deviennent porteurs de l’Evangile.
• Il relève les initiatives des Chypriotes et des Cyrénéens : des Juifs de la Diaspora davantage ouverts à leurs concitoyens (cf. la note TOB sur v. 20).
• Remarquer leur annonce : la Bonne Nouvelle de Jésus Seigneur (v. 20 et note BJ). Mais cette annonce est d’abord l’œuvre de Dieu : la main du Seigneur les secondait (v. 21).
• Cette première annonce (kérygme) doit être complétée par un enseignement (prolongé) : ce sera l’œuvre de Barnabé et de Paul (v. 26) ; cf. Ac 2, 42 : note enseignement des apôtres.
• Dans le v. 26, noter deux termes importants : l’Eglise pour la communauté (cf. note TOB) et la désignation, les chrétiens, pour les membres (cf. notes BJ et TOB).

Question 3

• La communauté de Jérusalem se soucie de ces extensions (v. 22 et notes BJ et TOB).
• Ici c’est l’envoi de Barnabé (cf. Ac 4, 36 + dans la marge de BJ ; en TOB, voir note sur v. 24), et non plus de Pierre, comme en Ac 9, 32ss.
• Sur la participation de Paul, que Barnabé va chercher à Tarse, lire la note TOB sur v. 25 : un rappel que tout cela ne s’est pas fait en un jour !
• Les v. 27-30 mettent en lumière un autre lien entre Jérusalem et cette communauté : le passage des prophètes (sur ce terme, voir la note de BJ sur v. 27) et surtout le partage décidé en faveur des croyants de Judée touchés par la famine (v. 29 et note TOB).
• Cf. encore la mention des anciens (v. 30 et notes de BJ et TOB sur ce terme).

10.– Ac 13, 1 – 52 : Dans la synagogue d’Antioche de Pisidie

Avec Ac 13 commence la seconde partie du récit des Actes : la mission de Paul. Dans ce chapitre l’auteur nous donne un exemple de cette annonce, adressée d’abord à des Juifs.

1) Parcourir ce chapitre des Actes et relever les principaux éléments.
2) Lire Ac 13, 16-43 et étudier plus particulièrement ce discours de Paul
3) Que peut-on retenir des v. 43 – 52 ?

Question 1

• On pourrait commencer ce récit en Ac 12, 24 (le retour de Jérusalem pour Barnabé et Paul et la présentation de Jean-Marc). Sur notre texte, lire note TOB sur le titre.
• En Ac 13, 1-3, l’auteur nous présente la communauté d’Antioche avec son groupe de responsables, (cf. notes BJ/TOB sur v. 1) et son souci missionnaire (v. 2-3 et notes BJ/TOB. Sur le choix de Chypre : cf. BJ note sur v. 4.
• L’épisode avec Elymas, un Juif (cf. v. 6) et l’ouverture manifestée par le proconsul (un païen), cf. les v. 7 et 12 laissent déjà augurer quelque chose de la suite.
• Mais l’intérêt de Luc se porte sur la prédication de Paul aux Juifs (cf. Question 2). Il veut aussi nous expliquer pourquoi la mission de Paul s’adressera surtout aux païens (v. 44-48) et ce qui est la cause du rejet, de la part des Juifs (v. 49-51).

Question 2

• Rien n’est dit sur le choix d’Antioche de Pisidie : une ville à 500 km à l’intérieur !
• Sur le cadre de la prédication de Paul : v. 14-16 et notes BJ/TOB sur v. 15.
• Sur la prédication, lire la note TOB sur v. 16 et de BJ sur le titre : les deux relèvent ce qui appartient à la prédication chrétienne commune et ce qui est particulier à Paul.
• Paul commence par un rappel de l’Histoire sainte (v. 16-23) qu’il conduit de l’élection jusqu’à David (TOB note sur v. 22) ; il introduit ensuite l’annonce chrétienne, par le rappel de Jean-Baptiste (v. 24-25 et note TOB) ; puis vient l’annonce de la mort et de la Résurrection (sur ce terme, voir en BJ la note sur le v. 23) de Jésus (v. 26-33).
• Lire les notes de TOB sur les v. 27 et 31 et celles de BJ sur v. 28 et 31.
• Dans les v. 33-39 Paul montre comment Jésus accomplit les Ecritures : ainsi le Ps 2, 7 (notes BJ/TOB sur v. 33) et Ps 16, 10 (note TOB sur v. 35).
• Remarquer le ton paulinien des v. 38-39 (note TOB) ; en BJ, note sur v. 41.
• Après la mise en garde des v. 40-41 (note TOB sur v. 40), Luc note l’invitation à continuer cette annonce (v. 42) et l’accueil favorable des Juifs et des prosélytes (v. 43 et note TOB).

Question 3

• C’est le succès de l’annonce chrétienne auprès des païens qui provoque le rejet des Juifs (v. 44-45).
• Paul reconnait la priorité des Juifs, mais il prend acte du refus (v. 46 et note TOB).
• Au v. 47, la parole dite autrefois à Israël (Is 49, 6), et que Lc 2, 32 appliquait à Jésus, est maintenant appliquée aux porteurs de la mission chrétienne.
• Sur le v. 48 : voir les notes TOB ; de même sur les v. 49-52

11- Ac 15, 1 – 35 : L’assemblée de Jérusalem

L’assemblée de Jérusalem tient une place capitale dans le récit des Actes : après l’histoire de Pierre chez Corneille et après les débuts prometteurs de la mission de Paul, elle ouvre véritablement la mission universelle.

1) Que contient ce chapitre des Actes ? Qui sont ceux qui interviennent ?
2) Etudier plus particulièrement les deux interventions de Pierre (v. 7-11) et de Jacques (v. 13-21) : à quel titre interviennent-ils ?
3) Comparer notre récit avec Ga 2, 1-10. Quelles questions cela pose-t-il ? Quel message l’auteur des Actes veut-il transmettre ici ?

Question 1

• L’affaire commence à Antioche (v. 1ss) ; elle continue à Jérusalem (v. 4-29) et trouve sa conclusion à Antioche (v. 30-35).
• Parmi les personnes mentionnées, il y a d’un côté : des gens descendus de Judée (v. 1 et notes BJ/TOB), et, à Jérusalem, des gens du parti des Pharisiens (v.5 ; de l’autre : Paul et Barnabé (v. 2). A Jérusalem, on verra intervenir Pierre (v. 7) et Jacques (v. 13) ; enfin nous trouvons les porteurs de la lettre : Jude et Silas (v. 22).
• Sur ce texte, lire les notes BJ/TOB sur Ac 15, 1. Il s’agit d’une question fondamentale pour l’avenir de l’Eglise : cf. la note TOB sur la fin du v. 1.

Question 2

• Luc donne une place importance et centrale à ces deux interventions ; mais noter qu’ils prennent la parole après une longue discussion (v. 7).
• Sur la place tenue par Pierre dans les Actes, cf. la note BJ sur Ac 2, 14 +.
• Pour Jacques, lire la note BJ sur Ac 12, 17 + (citée en marge dans BJ).
• Les deux interviennent pour trancher le débat, en faisant référence à l’affaire de Corneille (Ac 10, 1 – 11, 18). Pour Pierre (cf. note TOB sur v. 7), il faut reconnaître dans le don de l’Esprit Saint fait à des païens, « un signe des temps » (v. 8-9) ; agir autrement serait tenter Dieu (v. 10 et note BJ). Sur ce que Pierre ajoute dans les v. 10-11 : cf. notes BJ/TOB.
• Pour Jacques, ce qui arrive est un accomplissement des paroles des prophètes (v. 15-18 et notes BJ sur les v. 15 et 17 ; en TOB, lire la note sur v. 13.
• Sur le v. 19-20 : cf. notes BJ/TOB : les interdits mentionnés au v. 20 sont pratiquement les mêmes que celles qu’on demandait aux étrangers résidant en Israël (cf. Lv 17, 8.10.13).

Question 3

• En Ga 2 nous avons le témoignage direct de Paul, un des acteurs de cette rencontre. Pour lui, il s’agit de sauvegarder l’unité de l’Eglise et la vérité de l’Evangile (Ga 2, 5). A Jérusalem, on a reconnu sa vocation (Ga 2, 8-9) et la possibilité de devenir chrétien sans être soumis à la Loi (cf. Ga 3, 2-4).
• Dans Ac 15, Luc – qui écrit bien des années plus tard – mêle peut-être deux débats (cf. les notes BJ/TOB sur v. 1). Le 1er : la circoncision et la Loi sont-elles indispensables pour être sauvé, comme le demandaient certains (cf. Ac 15, 1. 5) ou peut-on reconnaitre une voie différente pour les non-juifs (cf. Ac 15, 19-21) ? Le 2ème concerne la commensalité : comment faire table commune (cf. Eucharistie) dans les communautés où se rencontrent Juifs et païens convertis ?
• Comment concilier unité et diversité ? Comment rechercher des solutions, pas toujours évidentes (cf. v. 7), pour garder la communion ?

12– Ac 17, 16 – 34 : Le Discours de Paul devant l’Aréopage

Ce discours de Paul à Athènes est bien connu. Mais quelle signification faut-il lui donner ? Pourquoi l’auteur des Actes lui donne-t-il une telle importance (après le grand discours de Paul aux Juifs d’Antioche en Ac 13, 13ss) ?

1) Quelle place tient ce discours de Paul dans le récit des Actes ?
2) Que dit Paul dans les v. 22-31 ? Sur quoi met-il ici l’accent ? Est-ce une annonce chrétienne ?
3) Quelle est le résultat de cette annonce ? Que pouvons-nous en tirer ?

Question 1

• Sur ce discours de Paul, lire les notes BJ/TOB sur le titre.
• L’importance d’Athènes dans le monde de l’époque : cf. notes BJ/TOB.
• Jusqu’ici Paul s’était surtout adressé à des Juifs et à des païens attirés par le judaïsme (craignant-Dieu et prosélytes). Ici comme en Ac 14, 15 (cf. BJ/TOB), la prédication vise directement des païens.
• Ce discours est situé dans le 2ème voyage missionnaire (Ac 15, 36) et la vision de Troas (Ac 16, 9-10). Paul a fondé les premières communautés à Philippe (16, 11ss), à Thessalonique (17, 1ss), et Bérée (17, 1ss) et il arrive à Athènes (17, 16ss). D’Athènes, Paul ira à Corinthe (Ac 18) où il restera presque deux années.

Question 2

• Lire la note TOB sur Ac 17, 19, et surtout celle sur Ac 17, 22.
• Les v. 22-23 forment l’exorde et la captatio benevolentiae. Au sujet de l’autel au dieu inconnu, cf. note BJ /TOB sur v. 23.
• Dans les v. 24-25, Paul parle du Dieu créateur de l’univers : il ne peut donc pas habiter un temple bâti par des hommes ; cf. en BJ les références marginales à Is 42, 5 et Ac 14, 15 et la note sur ce verset ; voir encore 1 R 8, 27 et Ac 7, 48-50.
• Dieu ne dépend pas non plus des hommes (v. 25 et notes BJ/TOB), mais c’est lui qui donne à tous la vie et le souffle.
• Sur le v. 26, cf. les notes BJ/TOB ; il est tout proche et pourtant mystérieux : v. 27 et note TOB.
• Paul critique ensuite les idoles : v. 28-29 et notes BJ/TOB sur ces deux versets.
• Enfin dans les v. 30-31, Paul introduit l’annonce chrétienne adaptée à un auditoire païen (cf. notes BJ/TOB). Comparer avec 1 Th 1, 9-10 : lire les notes BJ/TOB sur ces versets.

Question 3

• Sur la réaction de l’auditoire aux paroles de Paul, lire note BJ sur v. 32 ; cf. aussi en TOB les notes sur v. 33 et 34 (qui nous renvoie à celle sur 17, 4).
• Mais Luc parle aussi de ceux qui accueillent le message (v. 34). D’autre part, la place et l’importance qu’il donne à ce discours montrent assez que pour lui ce n’est pas négatif.
• Cependant il mentionne une difficulté particulière des Grecs face à l’annonce chrétienne : cf. note BJ sur v. 32 (cf. déjà la note TOB sur v. 18) et le renvoi à 1 Co 15, 12ss.
• Ce discours est un exemple d’inculturation : Paul recherche dans la culture des auditeurs des « pierres d’attente » pour le message chrétien qu’il veut leur apporter (v. 30-31).

13– Ac 20, 17 – 38 : A Milet, le discours d’adieu aux anciens d’Ephèse

Pour l’auteur des Actes, ce discours de Paul aux anciens d’Ephèse marque une étape importante de la mission de l’apôtre. C’est la fin de son travail apostolique : Paul est maintenant en route vers Jérusalem où il serra arrêté (cf. Ac 20, 23).

1) Parcourir Ac 19 et repérer ce qui prépare cette rencontre avec les anciens de l’Eglise d’Ephèse.
2) Etudier ce discours de Paul : comment parle-t-il de son ministère ? Quelles sont ses recommandations ?
3) Qu’est-ce que ce discours nous apprend sur la vie des communautés ?

Question 1

• Nous sommes dans le 3ème voyage missionnaire de Paul : voir Ac 19 1 et note BJ ; lire aussi Ac 19, 8-10 et la note BJ sur v. 8 (titre) et celle sur le v. 10.
• Voir aussi Ac 19, 20-21 ; la BJ donne ici en marge la référence à Ac 6, 7 +.
• Sur les projets de l’apôtre : Ac 19, 21-22. Lire la note sur l’émeute des orfèvres (en BJ sur v. 23 (titre). Cf. aussi Ac 20, 1 et la note BJ.
• Suivre sur une carte le voyage de Paul jusqu’à Troas (Ac 20, 1-6), puis de Troas à Milet (20, 13-17) où a lieu la rencontre avec les anciens d’Ephèse.

Question 2

• C’est le 3ème grand discours de Paul dans les Actes : cf. notes BJ et TOB sur 20, 18.
• Ce passage contient un discours d’adieu, comme on en trouve dans l’AT et dans le judaïsme et une exhortation aux responsables (anciens) qui rappelle des passages des Pastorale et de 1 P 5, 1- 4.
• Pour ce discours, voir la division proposée dans ces notes (BJ/TOB) : v. 18-21 – rappel de son ministère en Asie ; v. 22-27 – où Paul parle de son avenir ; v. 28-32 – les recommandations aux anciens, avec v. 33-35, le rappel de son désintéressement.
• Sur le comportement missionnaire de Paul, voir spécialement les v. 19-21 et les références marginales en BJ ainsi que la note sur le v. 21 ; cf. encore les v. 31-34 et note TOB ; en BJ, voir la note indiquée en marge : Ac 18, 3 +.
• Sur le sens de l’expression utilisée au v. 26, voir note TOB.
• Pour les recommandations des v. 28-31, voir les nombreuses références marginales données en BJ ; voir spécialement celle à 1 P 5, 1-3 et 2 P 2, 1-2.

Question 3

• Sur la notions des « anciens » : voir en BJ Ac 14, 23 et la note qui renvoie à la note sur Tt 1, 5 ; en TOB, lire les notes sur Ac 11, 30 et 14, 23.
• A noter l’image pastorale : v. 28 et les 2 notes TOB ; en BJ : lire les références marginales à 1 P 5, 1-3 et à Jn 21, 15-17. Mais le troupeau est le troupeau de Dieu !
• Cf. aussi l’image de la construction (v. 32) et référence à 1 P 2, 4-10.
• Les dangers peuvent venir du dehors (v. 29 et note TOB) mais aussi du dedans (v. 30) ; cf. en marge la référence à Mt 7, 15.
• Le v. 35 nous conserve peut-être une parole du Seigneur (agrapha) ; cf. note TOB.

14– Ac 24, 1 – 27 : Le procès de Paul à Césarée devant le procurateur Félix

Dans son Evangile, Luc soulignait l’innocence de Jésus, reconnue par trois fois par Pilate (cf. Lc 23, 4 et note TOB). Dans les Actes, il tient à marquer clairement le même jugement des autorités romaines à l’égard de Paul (cf. note TOB sur le titre de notre passage).

1) Parcourir Ac 21-23 et repérer les événements qui conduisent à ce procès à Césarée.
2) Quelles accusations sont portées ici contre Paul (24, 1-9) ?
3) Comment Paul présente-t-il sa défense ? Sur quoi insiste-t-il ?
4) Quel est le résultat de ce procès ?

Question 1

• En Ac 24, 15 Paul arrive à Jérusalem ; Jacques et les anciens (24, 17ss) lui demandent de donner un signe de sa fidélité à la Loi (21, 20 et note BJ/TOB).
• Presqu’au terme d’un rite de purification (21, 27), Paul est reconnu dans le Temple par des Juifs d’Asie et il est accusé d’avoir profané le Temple (21, 28).
• Sauvé d’un lynchage par la garnison romaine (21, 31 et note BJ), il s’adresse à la foule (22, 1 et note BJ/TOB) qui l’écoute jusqu’au moment où il parle de sa mission aux païens.
• Le lendemain, le tribun le fait comparaitre devant le Sanhédrin (22, 30ss) que Paul divise en proclamant sa foi en la résurrection (23, 8 et notes BJ/TOB).
• Suite à un complot juif pour l’éliminer (23, 12ss), il est transféré à Césarée (23, 23ss).

Question 2

• Le grand prêtre a fait le déplacement avec des anciens ; ils ont un avocat (romain ?) : 24, 1 ; sur le déroulement, cf. note TOB sur v. 2.
• Après son introduction (v. 2-4) l’avocat mentionne deux griefs contre Paul : il est un leader des Nazôréens (cf. note TOB sur v. 5) et il a suscité des désordres chez les Juifs du monde entier (v. 5) ; de plus, il a tenté de profané le Temple (v. 6), un délit qui relève de l’autorité du Temple : lire les notes BJ/TOB sur les v. 7-8.

Question 3

• Sur la plaidoirie de Paul, cf. notes BJ/TOB sur v. 10.
• Paul ne répond pas à la 1ère accusation (trouble dans le monde) ; il concentre son discours sur ce qui vient de se passer, qui est immédiatement contrôlable (v. 12-13 et note TOB sur v. 13) : ses accusateurs ne peuvent apporter aucune preuve de ce qu’ils avancent.
• Il reconnait son appartenance aux Nazôréens, mais la « Voie » (v. 14 et note TOB) est une des forme authentique du judaïsme (v. 14 et note BJ). Il est ainsi fidèle à la foi : la Loi et les Prophètes : v. 14) et à l’espérance (v. 15) d’Israël, la résurrection : cf. note TOB sur v. 15).
• Au v. 17, il explique sa présence à Jérusalem et dans le Temple : cf. notes BJ/TOB sur les v. 17-18. Au sujet de la collecte, Paul précise qu’il apportait des aumônes à sa nation. En BJ, voir encore sur cette collecte : Rm 15, 25 + et 1 Co 16, 1 +.
• Paul fait enfin référence au procès devant le Sanhédrin (v. 20-21 ; cf. en BJ, marge 23, 16 +).

Question 4

• Le procès est ajourné (v. 22) ; Paul demeure prisonnier mais jouit d’un régime libéral.
• Sur ses contacts avec Félix et Drusille (v. 24-26 et notes BJ).
• Au v. 27, Luc donne des raisons différentes de son maintien en prison.

15– Ac 26, 1 – 32 : Le discours de Paul devant Agrippa

Refusant d’aller à Jérusalem pour y être jugé, Paul a fait appel à l’empereur. Mais que mettre dans le dossier de ce prisonnier ? La visite d’Agrippas et de Bérénice donne au procurateur Festus l’occasion d’entendre encore une fois le récit de Paul.

1) Situer ce plaidoyer de Paul dans les Actes. Qui est Agrippa ? Que représente pour l’auteur des Actes cette comparution de Paul ?
2) Que contient l’apologie de Paul ? Comment Paul parle-t-il ici de sa vocation (comparer avec Ac 9 et 22) ? Sur quoi insiste-t-il ?
3) Quels sont les réactions de Festus et d’Agrippa ?

Question 1

• Toujours gardé captif à Césarée, Paul se voit contraint d’en appeler à l’empereur : cf. Ac 25, 2-3. 7-12. Voir note TOB sur 25, 9.
• Festus a compris qu’il ne s’agit pas de crimes relevant de sa compétence, mais de question touchant leur religion à eux et un certain Jésus, qui est mort et que Paul affirme être en vie (Ac 25, 19). Comme Paul a fait appel à l’empereur, il est tenu de l’envoyer à Rome, mais il ne sait que mettre dans son dossier (Ac 15, 25-27). Pour lui, la visite d’Agrippa est une aubaine.
• Sur Agrippa, voir les notes BJ/TOB sur Ac 25, 13.
• Lire la note BJ sur 25, 22 ; en TOB sur 25, 23. Cf. encore la note TOB sur 25, 25.

Question 2

• Sur ce discours de Paul, lire les notes BJ/TOB sur 26, 2. En BJ, la note se termine par le renvoi à 24, 14 + (importance de montrer que le christianisme n’est pas une religion différente du judaïsme, que le pouvoir romain reconnait.)
• Après l’exorde (v. 2-3), Paul rappelle ce qu’a été sa vie avant la rencontre avec le Christ (v. 4-11) : un pharisien fidèle (v. 5) et il ajoute (v. 6-7) qu’il est maintenant un pharisien comblé (cf. note BJ sur v. 7 et TOB sur v. 6).
• Sur les v. 9-11 : voir les notes TOB ; la BJ donne plusieurs références marginales.
• Pour la rencontre sur le chemin de Damas (v. 12-18), comparer avec les 2 premiers récits (Ac 9 et 22) : on retrouve l’invariant (voir cependant les notes TOB). Mais ici Paul reçoit directement sa mission pour les païens (voir note TOB sur Ac 22, 21).
• Noter dans les v. 17-18 les références données en marge dans BJ à Jr 1, 5-8 et à Is 42, 7.16 ; cf. aussi la fin de note TOB sur 26, 16. Cf. aussi Ga 1, 15-16.
• Dans les v. 19-23 Paul évoque son apostolat et donne un résumé de l’annonce chrétienne (v. 20-22-23) : remarquer l’insistance sur l’accomplissement de l’AT (note TOB sur v. 23).

Question 3

• Sur la réaction de Festus (v. 24 et note BJ) ; cf. aussi 1 Co 1, 22-25 et notes BJ/TOB).
• Pour la réponse de Paul (v. 25-26) et notes BJ/TOB sur v. 26.
• Pour celle d’Agrippa (v. 28), lire la note TOB.
• Dans l’échange qui suit (v. 31-32), nous trouvons une fois de plus l’affirmation de l’innocence de Paul (cf. en marge de BJ : 23, 29 +).

16– Ac 28, 17 – 31 : La rencontre de Paul avec les Juifs de Rome

Au terme d’un voyage mouvementé – c’est bien le mot ! – (Ac 27, 1 – 28, 16), Paul est enfin arrivé à Rome. Profitant du régime qui lui est accordé (cf. Ac 28, 18 et note), il continue sa mission.

1) Qu’est-ce que Luc veut souligner dans les v. 17-28 ?
2) Sur quoi porte le différent entre Paul et les Juifs ? Quelle signification prend ici la citation d’Isaïe 6 ?
3) Comment comprendre les v. 28 – 31 ?

Question 1

• Tout au long de son ministère, Paul a reconnu la priorité des Juifs (cf. note TOB sur v. 17). Au cours de son ministère, il allait dans les synagogues ; maintenant, prisonnier, il les invite les Juifs à venir chez lui.
• Paul s’explique sur son recours à la justice impériale (v. 17-19) ; en BJ lire les références marginales (et les notes) sur ces versets.
• Les Juifs de Rome n’ont aucun grief contre Paul, mais ils disent leur opposition « à ce parti-là » (v. 22 et note TOB ; en BJ, cf. les références marginales).
• Mais l’annonce chrétienne divise toujours les Juifs : v. 24 et note TOB ; en BJ : Ac 13, 46-47 (cité en marge).

Question 2

• Il s’agit du Royaume/Règne de Dieu : sur ce mot, BJ et TOB nous renvoient à Ac 1, 3 et à la note sur ce verset. Plus exactement, il s’agit de la place qu’y tient Jésus (cf. v. 23 et note TOB sur Ac 17, 3 ; en BJ, voir la note sur Ac 2, 23 +).
• A la fin de son Evangile, Lc soulignait déjà l’importance de la Loi et des Prophètes : Lc 24, 7. 26-27. 44-47. Seules les Ecriture peuvent éclairer le mystère d’un Messie crucifié.
• Sur la division des auditeurs face à cette annonce, cf. 1 Co 1, 22-25.
• Sur la citation d’Is 6, 9-10 : lire les notes TOB sur les v. 25 et 27.
• Ce texte d’Is 6, 9-10 est cité plusieurs fois dans le NT ; en Mt 13, 14-15, il explique pourquoi les Juifs se ferment à la prédication de Jésus sur le Royaume ; cf. aussi Jn 12, 40-41.
• Sur l’annonce de l’accueil de l’Evangile par les païens : cf. la note TOB sur v. 28 ; voir aussi la réflexion de Paul en Rm 11, 11-12.

Question 3

• Sur ces derniers versets, lire la note de BJ sur v. 30 (titre) : c’est moins une conclusion qu’une ouverture.
• Lire les notes BJ/TOB sur le v. 30. Luc ne nous dit rien sur l’issue du procès et sur ce qui en résulta pour Paul ; il n’écrit pas une biographie de Paul, ni une histoire des premières années du mouvement chrétien. Il continue ce qu’il annonçait dans le prologue de son premier livre (Lc 1, 1-4) : donner l’interprétation des événements que Dieu a accomplis (cf. les notes TOB sur Lc 1, 1 et 4) à travers Jésus et qu’il continue à accomplir grâce à l’Esprit.
• Sur la pleine assurance de Paul (v. 31), voir note TOB ; en BJ, voir note sur Ac 13, 46 (cité en marge). Noter aussi les deux termes : proclamer (kérygme, la 1ère annonce) et enseigner (catéchèse, un enseignement plus développé sur le mystère chrétien).

L’APOCALYPSE

Un livre qui fascine et qui rebute

Aucun livre de la Bible ne provoque des prises de positions aussi marquées. Certains se sentent attirés par l’Apocalypse et son mystère, spécialement au tournant de ce nouveau millénaire. A preuve, toute la floraison d’ouvrages (livres et films) qui ont paru autour de ce thème depuis les années 70.
D’autres, au contraire, sont rebutés par cet ouvrage, réputé hermétique, avec ses images et ses symboles déroutants pour notre culture moderne.

Un livre de la Bible

Pourtant l’Apocalypse fait partie de la Bible. Sans doute, ce livre a-t-il eu quelques difficultés pour se faire admettre dans le canon des Écritures, mais aujourd’hui personne ne songerait à publier une Bible sans y inclure ce texte qui couronne à la fois le Nouveau Testament et la révélation biblique toute entière.

Une apocalypse

Faut-il rappeler que le mot “apocalypse” n’a pas la signification que lui donne le langage courant ! Le mot “apocalypse” vient d’un verbe grec qui signifie tout simplement “révéler , c-à-d. ôter le voile de ” et il se traduit donc par “révélation” (cf Ap 1, 1 et les notes BJ et TOB sur ce verset).
En langage biblique, apocalypse désigne une révélation que Dieu fait aux hommes, concernant des choses cachées que lui seul peut connaître.
Dans l’Ancien Testament, le genre littéraire, apocalyptique, commence à apparaître dans certaines parties des livres d’Ezéchiel, de Zacharie et de Daniel.
Mais ce genre a connu un large succès dans la littérature juive intertestamentaire dans les siècles qui précèdent et suivent immédiatement le début de l’ère chrétienne.
Dans le Nouveau Testament, ce genre littéraire se rencontre dans ce que l’on appelle communément “l’apocalypse synoptique” (Mt 24 et les parallèles en Mc et Lc) et, bien sûr, dans le livre qui nous intéresse ici.

Un relais du prophétisme

Dans l’Ancien Testament, la Parole de Dieu était donnée à son peuple par le ministère des prophètes. Le prophète est un homme qui a reçu mission d’interpréter pour son temps la volonté de Dieu, révélée autrefois par Moïse, et de rappeler au peuple les conditions de l’alliance conclue au Sinaï. Quelques textes anciens donnent au prophète le nom de “voyant” ( cf 1 S 9, 9). Par le charisme reçu, cet homme pouvait “voir”, dans la vie du peuple et des individus, ce qui était ou n’était pas en cohérence avec le projet de Dieu, et il avait mission de le proclamer haut et fort.
Dans le Nouveau Testament, la fonction prophétique demeure, mais elle consistera surtout à expliquer le sens profond des Écritures à la lumière de l’événement pascal.
Le genre apocalyptique apparaît comme un prolongement du prophétisme tout en introduisant des aspects nouveaux. D’une part, il est tourné davantage vers l’avenir et, d’autre part, il présente principalement son message sous la forme de visions.

L’Apocalypse de Jean

Ce livre qui clôt le Nouveau Testament nous livre une révélation faite à Jean (cf Ap 1, 1-2), qui se présente lui-même comme un prophète (Ap 1, 3; 10, 7; 11, 18; 22. 6. 9. 18), chargé de transmettre à ses frères chrétiens un message d’espérance.
En effet, comme les autres apocalypses, celle de Jean a vu le jour dans une situation de crise. A la fin du premier siècle, les communautés chrétiennes d’Asie Mineure (cf les Lettres aux 7 Églises : Ap 1, 4 – 3, 22), se trouvent confrontées au pouvoir impérial et au culte de Rome et de l’empereur.
Dans ces Églises, certains pensent que l’on peut concilier la foi chrétienne avec une conduite alignée sur les exigences du monde païen et idolâtre.
Pour l’auteur de l’Apocalypse, au contraire, être chrétien exige de choisir une vie sans compromissions, quelles qu’en soient les conséquences. Ce qui, pour lui, éclaire ce choix, c’est la mort et la Résurrection de Jésus, la victoire de l’Agneau immolé mais debout (cf Ap 5, 6).
Comme autrefois, aux jours de l’Exode ou lors de la persécution d’Antiochus IV dans une histoire plus récente, les chances du peuple de Dieu apparaissent dérisoires face à celles de l’empire romain. Et pourtant, Jean en est sûr, la victoire sera du côté de ceux qui suivent l’Agneau et elle est déjà acquise dans le Christ dont il faut attendre ardemment le Retour.

Un livre christologique

De la première à la dernière ligne, l’Apocalypse se donne comme la “révélation de Jésus Christ ”, c-à-d. qui vient de Jésus et qui le concerne. Le livre s’ouvre et s’achève par une vision du Christ; il parle de Jésus, de sa mort, de sa Résurrection et de sa Venue (comme nous le disons encore à chaque Eucharistie).
Par les nombreux titres donnés au Christ, ce livre témoigne de la foi et de l’amour de nos frères chrétiens du premier siècle pour Jésus Ressuscité et de la place centrale qu’il tenait dans leur culte et dans leur existence de chaque jour.

Un livre actuel

L’actualité de l’Apocalypse n’est pas, comme le voudraient aujourd’hui certains, dans la description et les calculs concernant la fin du monde.
Son actualité, c’est de rappeler au croyant, tout au long des siècles, – et singulièrement aujourd’hui -, que les pouvoirs politiques, économiques ou autres, si puissants soient-ils, ne sont que transitoires. Et que par conséquent, jamais, aucun d’eux ne peut se présenter à nous comme un Absolu.
Actuel, le livre l’est encore dans son écriture, dans notre monde si marqué par l’audio-visuel, puisque comme le disait J. -P. CHARLIER “l’Apocalypse est le plus beau traité de théologie qui se puisse écrire en images”.

1) Ap 1, 1-20

Cette introduction à l’Apocalypse nous met en présence d’une liste impressionnante de titres christologiques : un beau témoignage de la foi et de la réflexion théologique des premières communautés chrétiennes.

1) Commencer par la vision (v. 9-20) : qu’est-ce qui est dit du visionnaire ? Et de celui
qui lui parle ?
2) Jean reçoit l’ordre d’écrire (v. 19) : étudier l’adresse de la lettre (v. 4-8) et relever ce
qui vous paraît le plus significatif.
3) Comment comprendre le titre (v. 1-3) ?

Question 1

Sur la présentation du visionnaire, comparer Dn 7, 15; 8, 15. 27. Le nom de Jean se lisait déjà en 1, 1. 4; sur son identité, voir les Introductions à l’Apocalypse.
Sur le v. 9, lire les deux notes de TOB.
Cette vision se passe sous l’intervention de l’Esprit (cf. 4, 2; 17, 3; 21, 10) et elle a lieu le”Jour du Seigneur” (voir la note TOB; en BJ, cf. la note sur Ac 20, 7, cité en marge).
Sur la réaction du visionnaire : v. 17 ; voir les références données en marge.
Pour évoquer celui qui parle, remarquer les approximations (comme, semblable à, pareil à). Noter les rapprochements avec Dn (cf. les références de votre Bible); voir aussi la note BJ sur le v. 13.
Dans les v. 17b-18 : remarquer les titres divins appliqués au Christ (v. 17b) et ceux qui sont directement rattachés à la révélation chrétienne (v. 18).

Question 2

o Comparer avec les adresses des Lettres de Paul (auteur, destinataire, salutation).
o Les 7 Églises sont nommées au v. 11; pourquoi 7 ? Voir note TOB sur le v. 4.
o On trouve la salutation grecque (grâce) et juive (paix), comme chez Paul.
o “Celui qui est …” cf. Ex 3, 14 +; lire surtout la note TOB sur le v. 4.
o Dans les v. 4b-5, on peut reconnaître une formule trinitaire (Père-Esprit-Fils); sur ce qui est dit de Jésus, voir la note TOB sur le v. 5.
o Noter en 5b-6 les allusions à l’Exode.

Question 3

o Sur la signification du mot “apocalypse” : voir la note sur v. 1. Révélation de Jésus Christ peut signifier à la fois “donnée par Jésus Christ” et “concernant Jésus Christ”.
o Ce qui doit arriver bientôt : lire Ap 22, 6s. 16 (cités en marge) : il s’agit de la venue du Seigneur (voir note TOB).
o “Heureux …” (v. 3) : la première béatitude de l’Apocalypse (cf. note BJ) pour celui qui lit et pour ceux qui écoutent : c’est la situation de la communauté réunie pour la lecture de la lettre.

2) Ap 2 – 3

Les sept Lettres d’Ap 2 – 3 nous font connaître un peu la situation concrète des Églises d’Asie Mineure à la fin du premier siècle. Mais à travers elles, c’est aux fidèles de toutes les Églises que le Ressuscité s’adresse.

1) Lire et repérer les structures de ces Lettres; relever les éléments qui se retrouvent dans
chaque lettre.
2) Que peut-on apprendre sur la situation des Églises à partir de ces Lettres ?
3) Comment ces Lettres nous parlent-elles du Christ ?

Question 1

o Le même schéma comprenant l’adresse (à l’ange de l’Église de X, écris), suivie d’une auto-présentation du Christ; puis vient le jugement (je connais/sais) et l’appel à la conversion (2, 5. 16; 3, 3. 19) ou à rester fidèle (2, 10; 3, 11); enfin l’invitation à écouter et une promesse. Voir note BJ sur 2, 1 (titre).
o L’adresse et l’invitation à écouter sont exactement les mêmes dans toutes les Lettres.
o Remarquer : ce que l’Esprit dit aux Églises : ce message concerne bien toutes les Églises (les 7 Églises).
o On peut noter aussi les liens entre ces Lettres et le reste de l’Apocalypse : voir en particulier les références marginales indiquées sur les auto-présentations du Christ et sur les promesses.

Question 2

o Il est question de souffrances (2, 2 .3. 9-10) qui peuvent aller jusqu’à la mort (2, 13; cf. 3, 10).
o Sur l’opposition aux Juifs, voir 2, 9 (et la note TOB); 3, 9.
o Sur les conflits avec le pouvoir impérial : 2, 13 et les notes BJ et TOB.
o La tentation du syncrétisme : 2, 14 et 2, 20; sur les manques de fidélité (se prostituer), voir notes BJ et TOB sur 2, 14.
o La présence des Nicolaïtes (2, 6 : cf. note TOB; 2, 15 : cf. note BJ).
o Tout cela amène un relâchement (2, 4; 3, 2-3), d’où les appels au repentir et à la constance (2, 10).

Question 3

o Toutes les Lettres, sauf celle à Philadelphie, reprennent dans l’auto-présentation des titres donnés au Christ dans la vision d’Ap 1 (voir les références marginales).
o Le Christ est avant tout celui qui parle aux Églises, pour dénoncer le péché et pour encourager.
o Il est celui qui vient (cf. les promesses).
o On peut relever des allusions à la liturgie : à l’Eucharistie (2, 17 et note TOB; 3, 20; cf. 2, 7) et au baptême (2, 17 et note TOB; 3, 4 et note TOB).

3) Ap 4 – 5

Cette grande vision ouvre la première partie de l’Apocalypse (Ap 4-11). Les chapitres 4 et 5 nous invitent à découvrir “Celui qui siège sur le trône” et “l’Agneau immolé et debout”, qui seul peut ouvrir le livre scellé de sept sceaux.

1) Lire Ap 4 et expliquer cette vision.
2) Qu’est-ce que Ap 5 apporte de nouveau ? Quelle signification ?
3) Que signifie le livre scellé ? Pourquoi l’Agneau peut-il l’ouvrir ?

Question 1

o La vision nous est présentée comme une entrée dans le monde céleste (une porte ouverte dans le ciel : v. 1) et ceci dans une situation d’extase (en esprit : v. 2). Sur l’invitation à monter, cf. Ex 24, 1. 12 (où une invitation semblable est faite à Moïse).
o C’est la vision d’un trône et de “celui qui siège dessus” : v. 2 et note TOB.
o Noter les emprunts à Is 6 et Ez 1 et 10, mais également la liberté que prend l’auteur avec ces références bibliques; voir les notes TOB sur les v. 2-7. Cf. aussi Ex 24, 10 et la note BJ sur Ap 4, 6.
o Noter la présence de l’Esprit (v. 5 et note TOB, préférable à celle de BJ sur ce point); cf. aussi l’évocation du Dieu trois fois Saint (v. 8), Créateur de tout (v. 11).

Question 2

o Il y a d’abord ce livre entièrement (7 sceaux) scellé (5, 1 et note TOB) et la question de l’ange (v. 2).
o La réaction du voyant et la parole de l’Ancien (v. 4-5); c’est le Messie (cf. Gn 49, 9), descendant de David (cf. Is 11, 1. 10) qui seul peut ouvrir les sceaux : voir la note TOB sur 5, 5.
o Vient alors la vision de l’Agneau : cf. Jn 1, 29 et les notes de BJ et TOB; voir également les notes sur Ap 5, 6 qui nous expliquent la richesse de cette présentation.
o Comparer la louange adressée à l’Agneau (5, 9-10) avec celle d’Ap 4, 11. C’est un cantique nouveau : cf. la note TOB qui renvoie à Ap 2, 17.
o Ici les anges (5, 11) et toutes les créatures (v, 13) se joignent à la louange.

Question 3

o L’image du livre vient d’Ez 2, 9-10 (voir note TOB sur 2, 9).
o Sur l’interprétation du livre en Ap 5, lire la note de TOB et BJ sur Ap 5, 1.
o Si on comprend ce livre comme l’Ancien Testament, on peut comparer notre passage avec Lc 24, 27 où le Christ ressuscité ouvre les Écritures aux deux disciples découragés.
o Lire encore 2 Co 3, 14-15 et les notes (cité en fin de la note TOB sur Ap 5, 1).

4) Ap 6, 1 – 8, 1

Ces chapitres nous font entrer dans le premier des trois grands “septénaires” de l’Apocalypse, celui des sceaux avec sa fameuse vision des quatre cavaliers et de la foule immenses des élus.

1) Lire ce passage et chercher comment est construit ce premier septénaire.
2) Quelle est l’impression qui se dégage de ces chapitres 6 et 7 ?
3) Relever et expliquer les allusions à l’Ancien Testament utilisées par l’auteur.

Question 1

o Voir les notes TOB sur 6, 1; en BJ, cf. les notes sur 6, 1 et 2.
o Il y a d’abord l’ouverture des 4 premiers sceaux (v. 1-8) avec la venue des 4 chevaux; noter la symétrie de ce passage : v. 1-2; 3-4; 5-6; 7-8.
o Avec le 5ème sceau, c’est la vision des martyrs sous l’autel (cf. notes TOB et BJ) et de leur prière.
o Vient alors le 6ème sceau : le Jour du Seigneur (voir notes TOB et BJ sur 6, 12) devant lequel toutes les grandeurs humaines disparaissent (v. 15-17).
o Enfin en Ap 7, nous trouvons l’annonce du salut (v. 1-8), puis la description des élus et de leur triomphe (v. 9-17).

Question 2

o Remarquer l’utilisation de la couleur blanche : 6, 2. 11. 7, 9.
o Sur Ap 6, 2, lire la note donnée en TOB; sur 6, 11 et 7, 9, voir les notes BJ.
o Ainsi seuls les 2ème, 3ème et 4ème chevaux sont nettement négatifs, et leur pouvoir de destruction est limité (un quart : 6, 8b).
o En Ap 6, 11, la prière des martyrs est exaucée : voir Ap 3, 10 + (citée en marge).
o Sur les chiffres d’Ap 7, 4-8, voir les notes BJ et TOB sur le v. 4; pour la foule immense d’Ap 7, 9 (cf. Gn 15, 5, cité en marge), bien lire la fin de la note TOB sur 7, 4.
o Noter en Ap 7, 14-17 les références marginales qui nous renvoient à Ap 22, 14 et 21, 3-4 (avec les verbes au futur : une réalité encore à venir).
o Ainsi dans un monde marqué par la guerre (6, 3-4), les inégalités économiques (6, 5-6) et la mort (6, 7-8), la présence de la Parole de Dieu, le témoignage de ceux qui en vivent et leur prière, laissent espérer autre chose.

Question 3

o La vision des chevaux est empruntée (librement) à Zacharie (Za 1, 8 et 6, 1-8; cf. note BJ sur Za 1, 8); ici ils symbolisent les malheurs dont les prophètes menaçaient autrefois le peuple infidèle (noter dans la marge les renvois à Ez ).
o Sur l’évocation du Jour du Seigneur (6, 12ss), voir les références marginales à l’AT, mais aussi les renvois à l’”apocalypse synoptique” : cf. Mt 24, 29.
o Sur 7, 2ss, comparer avec Ez 9, 4ss; Is 44, 5 1 +.
o Noter encore les allusions à l’Exode (Ap 7, 4 et Ex 12, 7-14) et au Nouvel Exode (Ap 7, 6-17 et Is 49, 10).

5) Ap 8 – 9

L’ouverture du septième sceau nous fait passer dans le septénaire des trompettes qui s’étend jusqu’à Ap 11. Nous nous arrêtons ici sur la première partie de ce septénaire.

1) Comment est composée cette première partie du septénaire des trompettes; relever les
éléments qui vous paraissent intéressants.
2) Quels sont les textes AT qui éclairent ce passage de l’Apocalypse ?
3) Comme le précédent, le septénaire des trompettes est à la fois jugement et salut :
trouvez-vous en Ap 8-9 des signes d’espérance ?

Question 1

o Sur le silence, lire la note de BJ sur 8, 1 ainsi que les références marginales.
o V. 2-5 : la liturgie des anges; sur les “7 anges”, voir dans la note BJ sur Ap 4, 5 + ce qui est dit sur les “Anges de la Face”.
o Dans les v. 6-12, nous trouvons les 4 premières trompettes et les fléaux qui reprennent les “plaies” d’Égypte (cf. les références à Ex 7 – 10, citées en marge).
o Ap 8, 13 annonce les trois dernières trompettes. Pour la signification du mot “malheur”, se reporter à la note de la TOB sur Lc 6, 24.
o En 9, 1-12 : l’ange de l’abîme (v. 1- et 11), tombé du ciel (cf. 9, 1 et notes BJ et TOB) et les sauterelles : voir les notes TOB sur 9, 1 et 11; en BJ : voir note sur 9, 3.
o Ap 9, 13-19 : les 4 anges et leur armée pour détruire le 1/3 des hommes (. 15 et 18); A noter aussi dans les v. 20-21, l’effet escompté pour ces fléaux : cf. Am 4, 6 + (cité en marge par BJ). Mais, comme autrefois Pharaon, les hommes ne comprennent pas.

Question 2

o Voir les notes BJ et TOB sur Ex 7, 8 , concernant les “plaies” d’Égypte; comme autrefois, les “plaies” faisaient suite aux cris des Israélites, ici ces fléaux répondent à Ap 6, 10-11. Les forces qui s’opposent au plan de Dieu ne peuvent qu’être détruites.
o Ici l’auteur s’inspire de Jl 1-2 où une invasion de sauterelles servait à illustrer la venue du Jour du Seigneur (cf. Jl 2, 1 +); cf. aussi Ex 10, 1-20.
o Ap 9, 13-19 pourrait s’inspirer d’Ex 38-39 (Gog et Magog).

Question 3

o La liturgie d’Ap 8, 3-5 (qui précède le septénaire des trompettes, comme Ap 4-5 précédait celui des sceaux), évoque les rites juifs d’apaisement et de pardon : cf. Ex 30, 1-10 (cité en marge).
o Dans 8, 6-12, seuls sont touchés les éléments de l’univers, et encore seulement le 1/3 (cette fraction est nommée 12 fois dans ce passage); la comparaison avec des passages comme Ez 5, 2-3 et Za 13, 8-9, montre que la punition est ici modérée.
o Le fléau d’Ap 9, 1-11 ne touche que ceux qui n’ont pas le sceau de Dieu (v. 4); de plus, il ne s’agit pas de mort (v. 5) et la peine est limitée à 5 mois (v. 5 et 10).
o Dans les v. 13-19, le fléau est plus sévère (v. 15 et 18), mais ici encore les v. 20-21 indiquent que ces malheurs ne sont pas voulus pour eux-mêmes.

6) Ap 10 – 11

Alors que l’on attendrait la sonnerie de la septième trompette, ce passage de l’Apocalypse ouvre comme une grande parenthèse. Et comme dans le premier septénaire, nous trouvons ici, après la sixième trompette, une vision de salut. La septième trompette annoncera l’accomplissement du mystère de Dieu.

1) Comment nous est présenté l’ange qui intervient en Ap 10, 1-7 ? Qu’est-ce cela peut
signifier ?
2) Expliquer la scène du petit livre (10, 8-11) et celle de la mensuration du Temple en
Ap11, 1-2.
3) Que représentent les deux témoins (11, 3-13) ? Que font-ils ? Qu’apporte la sonnerie
de la septième trompette ?

Question 1

o Remarquer que les attributs de cet ange sont plus divins qu’angéliques : nuée, arc-en-ciel/gloire (cf. note TOB sur Ap 4, 3), soleil, feu. Comparer avec la présentation du Fils de l’Homme en Ap 1, 14ss.
o Sa voix est pareille au rugissement du lion : cf. Am 1, 2 et 3, 8 (cité en marge); cf. aussi les 7 tonnerres : voir note TOB sur 10, 3; en BJ, note sur 10, 4.
o Il jure par le Créateur de l’univers (v. 5-6 : cf. note BJ sur v. 5) et sa proclamation annonce l’accomplissement du “mystère” de Dieu : voir note BJ sur le v. 7.
o Ce mystère est en conformité avec le message des prophètes, qui est “bonne nouvelle”, malgré son aspect de jugement.

Question 2

o Le petit livre dans la main de l’ange (v. 2. 8) est ouvert (v. 2 et notes BJ et TOB)
o Pour la manducation du livre, voir note BJ sur 10, 8 (titre), qui nous renvoie à Ez 2, 8-3, 3. Cette parole est à la fois jugement et salut (note TOB sur v. 9).
o Le livre est donné à Jean. Jusqu’ici (en Ap 5-9), la révélation avait été l’oeuvre du Christ et des anges; désormais, elle devient la mission de Jean et de l’Eglise (v. 11).
o Pour Ap 11, 1-2, voir Ez 40, 3 +; chez Ézéchiel, c’était une annonce que le Temple serait reconstruit (cf. Ez 40, 1 +).
o Mais ici, le parvis extérieur est laissé aux nations : cf. notes TOB sur les v. 1 et 2.

Question 3

o Ils prophétisent (v. 3); pour la signification de ce mot dans le NT, voir la note BJ sur Ac 11, 27 (spécialement la deuxième partie de cette note).
o Sur leur présentation, lire note TOB sur le v. 3 ou celle de BJ sur v. 4.
o Ils ont part au sort de leur Seigneur (v. 8) : mort et résurrection; c’est le mystère pascal et il porte des fruits (v. 13).
o Pour Ap 11, 11, voir l’allusion à Ez 37 où la résurrection a une dimension communautaire, celle du peuple de Dieu.
o La septième trompette nous ramène à une liturgie céleste : des voix (v. 15), les 24 anciens (v. 16); cf. Ap 4-5.
o C’est la proclamation de la royauté du Christ (v. 15); cf. l’utilisation du Ps 2.
o Sur la vision de l’arche d’alliance, voir les notes de BJ et de TOB sur le v. 19.

7) Ap 12, 1-18

La scène de la Femme et du Dragon est bien connue et elle a suscité des lectures très différentes. Mais quelle est sa signification dans le livre ?

1) Relever tout ce qui est dit de la Femme et expliquer en vous servant des références et des
notes données dans votre Bible.
2) Qu’est-ce qui est dit ici du Dragon ? Et de son adversaire ?
3) Comment est présentée la descendance de la Femme ? Quelle signification ?

Question 1

o Lire la note donnée en BJ sur le titre.
o Sur la Femme, voir la note BJ sur 12, 1 et celle de TOB sur 12, 2. Elle représente ici le peuple saint, l’Église encore persécutée par Satan, pour un temps (cf. 12, 14 et les notes BJ et TOB).
o Elle s’enfuit au désert (v. 6 et note BJ) où elle est nourrie par Dieu (v. 6 et note TOB). Noter le thème des ailes (v. 14); cf. note TOB ainsi que le renvoi à Ex 19, 4 et Is 40, 31.
o Sur les v. 15-16, voir la note BJ sur le v. 15 et la citation de Nb 16, 30-34.
o Pour l’image de l’enfantement, voir Mi 4, 9-10 et Is 66, 7-8.

Question 2

o Relever les différents termes utilisés pour désigner le Dragon : le Dragon (v. 3. 4. 7. 13. 16. 17); le Serpent (v. 9. 14. 15); le Diable (v. 9; 12); Satan, le Séducteur (v. 9); l’Accusateur (v. 10). Sur ces mots, voir les notes BJ sur 12, 3 et TOB sur 12, 4 et 9. Cf. encore Mt 4, 1 + (cité en marge dans BJ).
o Pour la description du Dragon, voir 12, 3-4 et la note TOB sur le v. 4.
o Il est vaincu, chassé du ciel (v. 7-9).
o Sur Michel, lire les notes BJ et TOB sur 12, 7; voir encore les références données au livre de Dn.

Question 3

o C’est un enfant mâle (v. 5 et note BJ); il a le pouvoir sur toutes les nations (v. 5 et note TOB; voir spécialement le renvoi à Ps 2, 9).
o Il est enlevé auprès de Dieu : v. 5 et notes de BJ et TOB sur la fin de ce verset.
o Lire aussi le v. 17 et les notes de BJ et TOB.
o Sur la signification de ce passage, bien lire le cantique des v. 10-12 qui chante la victoire de Dieu et de l’Agneau.

8) Ap 13, 1-18

La vision des deux Bêtes veut évoquer la situation difficile des chrétiens dans l’empire romain à la fin du premier siècle. Mais le même combat se présente toujours aux croyants face à des réalités humaines qui se voudraient absolues.

1) Relever tout ce qui est dit de la première Bête : qu’est-ce que cela nous apprend à son
sujet ?
2) Comment est présentée la deuxième Bête ?
3) Comment comprendre ce chapitre 13 de l’Apocalypse ?

Question 1

o Cette première Bête monte de la mer : voir la note BJ sur le titre; cf. aussi en BJ la note sur Ap 21, 1 +. Les sept têtes représentent sa prétention à la souveraineté universelle.
o Comparer la description donnée au v. 2 avec Dn 7 : voir note TOB sur 13, 1 et lire les références à Dn indiquées en marge de ce texte.
o Elle reçoit son pouvoir du Dragon (v. 2; cf. Ap 12; ce pouvoir est universel (v. 7), mais il est limité dans le temps (v. 5 et renvoi à Ap 11, 3 +).
o Les v. 2b-4 se présentent comme une antithèse de la liturgie de l’Agneau; sur le v. 3, voir encore les notes de BJ et TOB : cette Bête est une parodie du Christ mort et ressuscité. Sur le chiffre de la Bête (v. 18), voir les notes BJ et TOB.

Question 2

o Remarquer le parallélisme de la construction entre les v. 1-10 et 11-18 (même commencement et même conclusion par un appel à comprendre).
o Cette deuxième Bête monte de la terre; elle représente donc une réalité beaucoup plus proche des premiers destinataires de l’Apocalypse.
o Cette deuxième Bête est toute en référence à la première (v. 12. 13. 14. 15); elle n’existe que par la première et ne peut agir que par elle. Elle incite à adorer la Bête (v. 12); l’image (l’icône) de la Bête pourrait désigner une représentation du pouvoir impérial qu’il faut adorer en signe de loyalisme (cf. lettre de Pline à Trajan).
o Remarquer que dans les v. 11-18, le mot “Bête” désigne toujours la première sauf au début du v. 11.
o Sur cette deuxième Bête, voir la note TOB sur v. 11; noter particulièrement les renvois à Ap 16, 13; 19, 20 et 20, 10.

Question 3

o Relever les oppositions : d’un côté, le pouvoir du Dragon et des deux Bêtes; de l’autre, celui de Dieu et de l’Agneau; voir la note BJ sur le v. 14.
o Noter les expressions “lui fut donné” (v. 5. 7. 14. 15) : le pouvoir des Bêtes est sous le contrôle de Dieu; cf. aussi les “42 mois” (v. 6).
o Le pouvoir des Bêtes s’étend sur les habitants de toute la terre (v. 8. 16-17) et donc aussi sur les “saints” (v. 7 et 10); sur le mot “saints”, voir la note BJ sur Ac 9, 13 +.
o C’est donc un temps d’épreuve pour les “saints” (v. 10 et notes TOB et BJ) à vivre dans la persévérance et la foi.

9) Ap 14, 1 – 15, 8

Après la vision du Dragon et des deux Bêtes, c’est maintenant celle de l’Agneau et de ses compagnons, alors que se prépare le “septénaire des coupes”

1) Lire et expliquer Ap 14, 1-5.
2) Comment comprendre Ap 14, 6-20 et, en particulier, les deux images de la moisson et
de la vendange ?
3) Que peut-on retenir d’Ap 15 ?

Question 1

o On retrouve ici l’Agneau debout (cf Ap 5, 6), mais il est ici sur le mont Sion (cf. les références marginales à Ab 17 et Jl 3, 15); il est entouré par ses compagnons.
o Les compagnons de l’Agneau sont ceux qui portent son nom et celui du Père : comparer avec Ap 13, 17 !
o Ici, ce sont eux qui chantent le cantique nouveau (voir sur ce mot la note TOB sur Ap 2, 17) : comparer cette scène avec celle d’Ap 5, 9.
o Sur les v. 4-5, lire les notes de BJ et TOB. Ils suivent l’Agneau, comme le faisait autrefois, au désert, l’Israël fidèle (voir la note BJ).

Question 2

o Sur ce passage : remarquer “un évangile éternel” et qui est proclamé à tous les habitants de la terre (voir la note BJ sur le titre de 14, 6); c’est une invitation à “craindre Dieu et à l’adorer”.
o Le v. 8 annonce déjà Ap 18. Sur la signification de Babylone, voir les notes.
o Remarquer encore la sévère mise en garde des v. 9-11 et l’encouragement des v. 12-13 : la deuxième béatitude de l’Apocalypse (cf. Ap 1, 3 et note BJ).
o Sur la moisson et la vendange, voir les notes BJ et TOB. Cette image est reprise des Prophètes, mais il semble bien que l’auteur utilise ici les deux images dans un sens positif : la moisson du bon grain (cf. Mc 4, 29; Mt 13, 24-30). Dans la Bible, la vigne est toujours une désignation pour le peuple de Dieu; ici la vendange, les fruits de la vigne, pourrait s’appliquer à ceux qui ont été jusqu’à verser leur sang, les martyrs (cf. A. Feuillet, cité en CE 11, p. 29-30).

Question 3

o Ce passage comprend deux parties : la vision des vainqueurs de la Bête (v. 2-4) et la préparation immédiate du “septénaire des coupes” (v. 5-8).
o Au regard humain, l’empire (la Bête, le Dragon) semble l’emporter, mais aux yeux des croyants, les choses sont bien différentes.
o Les vainqueurs sont présentés comme le peuple d’Israël après le passage de la mer en Ex 15 : voir les notes BJ et TOB sur le v. 3.
o Sur les v. 5-8, voir la note BJ (sur le titre).
o Comparer le v. 8 avec Ex 40, 34-35; 1 R 8, 10; Is 6, 4 (cités en marge).

10) Ap 16, 1-21

Le “septénaire des coupes” introduit la venue du grand Jour de Dieu (16, 15) qui annonce la chute de Babylone et la victoire de l’Agneau sur le Dragon.

1) Comment est composé ce chapitre ? Proposer une division de ce passage.
2) Expliquer les trois premières coupes.
3) Relever les éléments nouveaux des v. 8-21.

Question 1

o Lire la note TOB sur 16, 1; en BJ, voir la note sur le titre d’Ap 15, 5.
o L’auteur reprend la plupart des éléments dans le passage de l’Exode qui parlait des “plaies” d’Égypte comme le signalent les références marginales à Ex 7-10.
o Ap 16 peut se diviser en deux parties : les trois premières coupes (v. 1-7) et les 4 suivantes (v. 8-21).
o Noter ici la progression des fléaux par rapports aux septénaires précédents : ici, il n’y a plus de limitation dans l’effet des fléaux (comme en Ap 8, 7ss : un tiers) ou dans la durée (comme en Ap 13, 5 : pendant 42 mois).

Question 2

o La première coupe produit un ulcère malin et pernicieux (cf. Jb 2, 7; Lv 13, 18ss; 13, 24ss); ceux qui en sont frappés sont donc exclus de la vie en société alors que la marque de la Bête (Ap 13, 16-17) devait justement les intégrer dans l’empire.
o La deuxième coupe transforme en sang la mer d’où était montée la première Bête (13, 1).
o Par la troisième coupe, la violence du sang versé se retourne contre ceux qui l’ont versé (v. 5), comme le fait remarquer l’ange. C’est le mal qui produit son effet destructeur.
o Comparer le v. 7 avec Ap 6, 10.

Question 3

o Comme pour les “plaies” d’Égypte autrefois, ces fléaux devraient amener les hommes à se convertir (v. 9. 11); cf. aussi le renvoi à Am 4, 6 + donné en marge de BJ.
o Mais c’est un endurcissement, pareil à celui de Pharaon, et le rejet de la faute sur Dieu (blasphème) : v. 9. 11. 21.
o Au v. 10, le trône de la Bête, reçu du Dragon (13, 2) – qui est aussi le trône de Satan (cf. Ap 2, 13 et note TOB) – est plongé dans les ténèbres.
o L’Euphrate est la frontière est de l’empire romain : v. 12 et note BJ.
o Dans le v. 13, on retrouve la “trinité diabolique” (voir notes BJ sur Ap 13, 11 et 14)
o Pour la signification de Harmaguédon, voir les notes BJ et TOB
o Avec la septième coupe, la terre (séisme) et le ciel (grêle) s’unissent contre la grande cité et ceux qui l’habitent (voir note BJ sur le v. 20; lire aussi la note TOB et les références qui y sont indiquées).

11) Ap 17 – 18

Nous arrivons au coeur du “septénaire” des coupes : la punition de Babylone, la Femme d’Ap 17-18 – qui s’oppose à celle d’Ap. 12, annonce le début de la victoire totale de Dieu et de l’Agneau.

1) Comment le chapitre 17 nous présente-t-il la Prostituée ? Qui est-elle ? Qui est la Bête
qui la porte ?
2) Comment est construit le chapitre 18 ? Le diviser et repérer les utilisations de l’Ancien
Testament.
3) A quoi s’en prend l’auteur de l’Apocalypse dans ces chapitres 17-18 ?

Question 1

o Lire les notes BJ et TOB sur 17, 1. Dans beaucoup de textes bibliques une femme est choisie comme la personnification d’un peuple.
o Ici Babylone est présentée sous la figure d’une prostituée : relever ce qui est dit de la femme dans les v. 1-7); sur sa prostitution (v. 2 et notes BJ et TOB); elle est ivre du sang des saints (v. 6 et note BJ).
o Sur la Bête, voir v. 3 et note TOB, qui nous renvoie à Ap 13, 1 + : la Bête représente le pouvoir impérial. Elle peut singer l’Agneau (v. 8 et note TOB); elle monte de l’abîme.
o Sur l’identification des 7 rois (v. 9-11), lire les notes de TOB et BJ; les rois des v. 12ss sont les rois vassaux de Rome, qui contribueront à sa ruine (v. 16-17).

Question 2

o Dans les v. 1-3 le châtiment de Babylone est annoncé; aussi ceux qui appartiennent à Dieu (mon peuple : v. 4) sont invités à s’en séparer, comme autrefois Lot (Gn 18, 20) et les exilés à Babylone (Is 48, 20; 52, 11; Jr 51, 6. 9).
o Sur la punition au double (v. 6) : comparer avec ce qui était prévu par le Code de l’alliance pour les affaires frauduleuses (Ex 22, 6-8).
o Les v. 9-19 contiennent une triple complainte : des rois de la terre (v. 9), des marchands (v. 11) et des marins (v. 17). Relever le même schéma et les répétitions : pleurer / se tenir à distance / Hélas ! Hélas ! / la grande cité / il a suffi d’une heure. Sur cette lamentation, comparer encore Jr 50-51 et Ez 26-28.
o Dans les v. 20-24, nous lisons l’exécution du châtiment par le geste prophétique de l’ange (cf. v. 21 et note BJ); c’est la fin de tout ce qui faisait le charme de la vie (v. 22-23 : comparer avec les références données à Jr).

Question 3

o La Bête représente pour l’auteur de l’Apocalypse le pouvoir impérial romain; mais au-delà de celui-ci, c’est tout pouvoir politique qui se présente comme un absolu et que le croyant devra toujours refuser.
o Ap 18 souligne encore le luxe, la richesse, la confiance en soi : autant de réalités qu’engendre souvent le pouvoir (voir spécialement les v. 12-14) et que dénonce aussi l’auteur de l’Apocalypse.

12) Ap 19 – 20

Après la chute de Babylone, c’est maintenant la victoire du Christ sur la Bête et sur le Dragon : toutes les forces hostiles à Dieu devront un jour disparaître.

1) Lire ces chapitres et en repérer les différentes parties.
2) Expliquer Ap 19, 11-21 : qui combat qui ? avec quelles armes ?
3) Quels sont les éléments nouveaux que vous trouvez en Ap 20 ?

Question 1

o Sur Ap 19, 1-10, lire la note de BJ sur 19, 1 (titre) : nous trouvons deux chants de triomphe; noter les 4 “alléluia” (les seuls que l’on trouve dans le NT); cf. aussi v. 5 ce qui en est presque la traduction : louez votre Dieu.
o Le premier chant (v. 1-4) parle du jugement de la Prostituée; le deuxième (v. 5-9) révèle la face positive : les noces de l’Agneau (v. 7-9 et les notes et références marginales de BJ).
o En Ap 19, 11 – 20, 15 remarquer les 7 fois “je vis…” (19, 11. 17. 19; 20, 1. 4. 11. 12); nous avons ainsi 7 “visions” qui précèdent la grande “vision” d’Ap 21, 1ss.

Question 2

o Sur la présentation du cavalier céleste, voir les notes de BJ et TOB sur les v. 11-13.
o Parmi les références marginales indiquées, lire particulièrement celles d’Is 11, 3-4 et de Sg 18, 14-18.
o Sur le v. 15, on peut lire la note de BJ et les références marginales.
o Le cavalier céleste combat la Bête et le faux prophète (v. 20; voir Ap 17, 12-14, cité en marge) et ceux qui les suivent.
o Pour les v. 17-18 et 21b, voir les renvois à Ez 39 (cf. aussi la note TOB sur le v. 18); sur Ez 38-39, voir les notes sur le titre d’Ez 38 : ces chapitres veulent évoquer la victoire de Dieu sur les ennemis de son peuple.

Question 3

o C’est maintenant la défaite du Dragon lui-même (v. 2 et note BJ).
o Cette défaite se passe en deux temps (v. 2-3 et 7-10), mais elle n’en est pas moins assurée et définitive (cf. note TOB sur v. 3).
o Noter la répétition des “1000 années” : 6 fois (v. 3 bis. 4. 5. 6. 7); sur les interprétations que l’on a voulu donner à ce chiffre, lire la note TOB sur 20, 2 et celle de BJ (voir spécialement le 20).
o Pour la signification du v. 11b, on peut lire la note de TOB.
o Les livres du v. 12 viennent de Dn 7, 10 + et 12, 1 +.
o Comparer le v. 14 (cf. les notes) avec les références marginales à 1 Co 15, 26. 54.

13) Ap 21, 1 – 22, 5

Dans un grand triptyque, l’auteur de l’Apocalypse nous présente maintenant la Jérusalem nouvelle. C’est la Cité qui réalise pleinement le projet que Dieu avait fait sur l’humanité et qu’Israël avait commencé à percevoir dans le don de l’Alliance.

1) Comment la Jérusalem nouvelle nous est-elle présentée en Ap 21, 1-8 ? Relever ce qui
vous paraît le plus significatif.
2) Comparer la description de la Jérusalem nouvelle avec celle imaginée par Ézéchiel :
quelles différences pouvez-vous relever ?
3) Que nous apporte en plus le troisième volet du tableau (Ap 22, 1-5) ?

Question 1

o Lire la note BJ sur Ap 21, 1 (titre); choisir quelques unes des références AT qui éclairent ce passage de l’Apocalypse.
o Ciel nouveau et terre nouvelle : voir la note BJ; en TOB, lire la note sur Ap 2, 17 qui explique l’adjectif “nouveau” (kainos ) utilisé ici; ce terme désigne une nouveauté, non pas seulement chronologique, mais qualitative.
o Voir encore la note BJ sur la fin du v. 1.
o Sur le thème des fiançailles, lire la note BJ sur 21, 2 et le renvoi à Os 2, 16 +.
o Dans le v. 3, remarquer la formule d’alliance (cf. notes BJ et TOB); sur ce verset, voir aussi Is 7, 14 + (cité en marge).
o Pour le symbole de l’eau, voir note BJ sur 21, 6; cf. aussi les références de TOB.

Question 2

o Ap 21, 9ss utilise largement Ez 40-48 (voir la note BJ sur le titre d’Ap 21, 9).
o Mais ici, la ville descend du ciel, de chez Dieu (v. 10 et note BJ); elle dépasse également et de beaucoup celle d’Ézéchiel par sa grandeur et sa splendeur. Sur sa forme cubique (v. 16b et note TOB), cf. 1 R 6, 20 (la forme du Saint des Saints !).
o Remarquer l’union entre les noms des 12 tribus d’Israël (v. 12 et note TOB) et de ceux des 12 apôtres (v. 14 et note BJ); comparer aussi avec Ep 2, 20.
o Mais surtout, alors qu’Ézéchiel consacrait plusieurs chapitres à décrire le Temple (Ez 40-44), ici, il n’y en a plus (v. 22 et notes BJ et TOB). Désormais la présence immédiate de Dieu est offerte à tous. Cf. aussi v. 25 et notes BJ et TOB.

Question 3

o Au sujet du fleuve de vie, comparer avec Ez 47, 1-12; voir les notes BJ et TOB sur Ap 22, 1.
o Cette eau est ici le symbole de l’Esprit (cf. Jn 7, 37-39); elle provient du trône de Dieu et de l’Agneau.
o L’efficacité de cette eau est bien supérieure à celle dont parlait Ézéchiel 47, 12.
o Sur le v. 3, lire la note TOB : ainsi désormais l’accès à l’arbre de vie est rouvert.

14) Ap 22, 6 – 21

Ce passage forme l’épilogue du livre. Certains pensent que ces versets contiennent deux conclusions (v. 6-15 et 16-21); la première serait celle de la partie prophétique du livre (Ap 4-22) tandis que la deuxième (v. 16-21) aurait été ajoutée quand les 7 Lettres auraient été introduites dans le livre.

1) Qui parle dans ces versets ? Pouvez-vous distinguer les différentes voix ?
2) Qu’est-ce que ce passage nous dit du Christ ? Sur quoi l’auteur insiste-t-il ?
3) Qu’est-ce qui est dit des croyants ? Que doivent-ils faire ? Que peuvent-ils espérer ?

Question 1

o Comparer le début du v. 6 avec celui du v. 10; voir aussi la note BJ sur 22, 6.
o Au v. 8, c’est le visionnaire lui-même qui prend la parole.
o Au v. 16, c’est clairement Jésus qui parle; voir Ap 1, 11s (cité en marge); noter encore dans ce verset 16 la mention des “Églises”, comme dans les Lettres.
o Mais on entend aussi la voix de l’”Épouse” au v. 17.
o Voir encore la deuxième partie du v. 20; cf. les notes BJ et TOB.

Question 2

o Relever et expliquer les nombreux noms qui sont donnés au Christ dans ce passage : ainsi – Alpha et Oméga : cf. Ap 1, 8 +; – Premier et Dernier : lire Is 41, 4 (et la note BJ); 44, 6; – le Rejeton de la race de David : voir la note TOB, qui renvoie à la note sur Ap 5, 5; – l’Étoile radieuse du matin : cf. Ap 2, 28 +.
o Mais le Christ est surtout Celui qui vient (cf. Ap 1, 4 +) et dont on attend ardemment la venue; relever les emplois du verbe “venir” (7 fois dans ces versets).
o Voir encore la note BJ sur le v. 17 ainsi que le renvoi à 1 Co 16, 22 et 1 Th 5, 1 +.

Question 3

o Noter ici les deux dernières béatitudes de l’Apocalypse (v. 7 et 14).
o Il faut garder ces paroles (v. 7), mais ne pas les garder secrètes (v. 10 ; cf. v. 20).
o Sur les v. 18-19, lire la note BJ sur le v. 18.
o Le croyant – comme l’Épouse – (v. 17 et note BJ) désire de tout son coeur cette venue du Seigneur (v. 17a et 20b).
o Le Seigneur apporte le salaire (cf. Ps 62, 13 cité en marge de BJ), mais ce qu’il offre est d’abord un don inestimable (v. 17b).
o Cette venue du Seigneur est déjà réalisée dans la liturgie et, tout particulièrement, lors de la célébration de l’Eucharistie. Mais elle reste également une réalité toujours à venir.

JONAS

jonas

PLUSIEURS BONNES RAISONS POUR LIRE JONAS.

– Jonas est un tout petit livre de la Bible.
– Tout le monde connaît Jonas et “sa baleine” : lire ce petit livre est une excellente occasion pour prendre conscience que Jonas est bien autre chose que l’histoire d’un gros poisson.
– Ce petit livre permet, en plus, d’aborder les principaux problèmes qui se posent à la lecture d’un texte biblique : genre littéraire, historicité, vérité, etc…

COMMENT PROCÉDER ?

1) un premier échange : qu’est-ce que Jonas évoque pour vous ?

Habituellement les réponses ne dépassent guère l’histoire de la baleine; pour beaucoup, c’est une histoire sans grand intérêt, voire gênante.

Mais d’où vient cette idée que l’on se fait de Jonas ? Qui a déjà lu ce livre (en entier) ? Dans un auditoire “moyen”, les lecteurs de Jonas sont rares.

La lecture de Jonas peut se faire sans peine, puisqu’elle ne demande que 5-10 minutes. Mais ce premier échange montre déjà que bien des difficultés face à un texte biblique peuvent souvent provenir du fait que l’on ne connaît pas la Bible, que l’on ne l’a pas lue.

2) Alors, puisque Jonas se lit si rapidement, pourquoi ne pas en faire l’expérience en le lisant ensemble.
Mais essayons d’en faire une bonne lecture, c’est-à-dire :

sans a-priori : même si nous connaissons déjà le texte, essayons de lire ou de l’écouter comme si c’était la première fois, de le découvrir avec des yeux neufs.

attitude de foi : pour le croyant, ce texte est Parole de Dieu. Dieu parle; il a quelque chose à nous dire, quelque chose d’important.

lecture intelligente : lire et écouter la Parole de Dieu ne nous dispense pas de le faire avec un esprit critique, de mettre en activité notre intelligence. Au contraire, puisque dans l’Ecriture, Dieu a parlé aux hommes à la manière des hommes (cf. DV no 12), nous devons, pour l’écouter, utiliser au mieux tout ce qui nous permet, dans la vie de chaque jour, d’écouter et de comprendre ce qui nous est dit.

– – le ton juste : vous savez combien le ton sur lequel une phrase est prononcée peut en modifier le sens (ironie, sérieux, ordre, supplication…). Quand nous ouvrons la Bible, nous n’avons pas d’indication sur la manière de lire telle ou telle page. Nous nous trouvons comme devant une partition que nous devons interpréter ! Quel ton choisir pour Jonas ? C’est une question à laquelle nous ne pourrons répondre parfaitement qu’après avoir lu et étudié ce petit livre !

3) Découper le texte : ce petit récit est formé de plusieurs scènes. Comment peut-on le découper ? Une scène est habituellement délimitée par le lieu et le temps de l’action ainsi que par les personnages qui interviennent ?

Pour une première lecture de Jonas, on peut laisser de côté le cantique du chapitre 2 et passer directement de Jon 2,2 (Des entrailles du poissons, il pria le Seigneur, son Dieu) à Jon 2,11 (Le Seigneur commanda au poisson …).

NOUS POUVONS ALORS DÉCOUPER LE TEXTE EN 3 SCÈNES :

Introduction : Jon 1, 1-2

I – sur la mer : Le Seigneur, Jonas et les marins (Jon. 1-2)

Transition : Jon 3, 1-2

II – à Ninive : Le Seigneur, Jonas et les Ninivites (Jon 3)

III – à Ninive : Le Seigneur et Jonas (Jon 4)

N. B. : Pour l’animateur : ne pas oublier les informations que l’on peut trouver dans les introductions au Livre de Jonas en BJ ou en TOB.

Il y a également un Cahier Évangile (no 36), rédigé par V. MORA qui donne une excellente présentation de ce Livre. Cf. aussi les pages 44-48 du Cahier Évangile 107 (sur la lecture narrative de textes de l’Ancien Testament).

I. JONAS 1 – 2

Relire Jon 1, 1-16 et 2, 1-2 et 11

1) Qui sont les personnages qui interviennent dans cette première scène ?
que font-ils ? que disent-ils ?
2) Dans cette scène, quel objectif le Seigneur a-t-il atteint avec Jonas ?
et ave les marins ?
3) En quoi cette scène nous concerne-t-elle ?

Question 1
o Repérer les personnages du texte :
o Le Seigneur (la Parole du Seigneur) parle; il donne un ordre à Jonas; il lance la tempête; il envoie le poisson pour engloutir Jonas, puis pour le conduire sur la côte.
o Remarquer comment le Seigneur est présent à toute la scène par la tempête (v. 4. 11. 13.15); par le tirage au sort (v.7).
o Jonas est un homme chargé de la Parole; il est Hébreu (v.9); il connaît le Seigneur (v.9). Envoyé à Ninive, ville païenne et ennemie, qui est située à l’est de son pays, Jonas part vers Tarsis, c-à-d. vers l’ouest (cf. 1,3 +) : il veut fuir le Seigneur et son ordre (cf. v. 3 : 2 x; v. 10). Dans la tempête, il dort (!); il se laisse jeter à la mer; dans le ventre du poisson, après trois jours, il prie le Seigneur, son Dieu.
o Les marins sont des païens de différentes nationalités (cf. v.5); noter comment ils agissent dans la tempête (compétence, mais aussi piété); remarquer leur cheminement : de la peur (v.5), il passent à une grande crainte (v.10), puis à une grande crainte du Seigneur (v.16) . Noter ce qui provoque chez eux ces sentiments, cf. BJ 1,16 +.

Question 2

o Le Seigneur veut envoyer Jonas à Ninive; il empêche sa fuite vers Tarsis et le ramène au point de départ.
o Dans cette scène, Jonas a pu découvrir la puissance du Seigneur, mais aussi sa miséricorde.
o Les marins (païens) ont rencontré le Dieu de Jonas; ils cherchent à connaître sa volonté et à la suivre (v.14); ils rendent un culte au Seigneur (v.16).

Question 3

o Remarquer que Jonas est le seul croyant de cette scène; il connaît son Dieu; il sait son “credo” et pourtant… . contradiction entre sa profession de foi (v. 9) et son comportement.
o Le croyant peut-il surmonter ses incohérences ? comment ?

Pour aller plus loin :

– le Seigneur envoie Jonas à Ninive pour annoncer le jugement; le Dieu de Jonas s’occupe donc aussi des païens; cf. la suite.
– comparer la réaction de Jonas (Jon 1,3) avec celle d’Isaïe (Is 6,8) ou celle de Jérémie (Jr 1,6ss; cf. Ex 4,10) : Jonas, lui, ne discute pas, il prend la direction opposée, il déserte.
– noter le “rôle” du poisson ; il intervient pour que l’histoire puisse continuer : c’est tout !
– sur le sommeil de Jonas : comparer 1 S 26,12.

II. JONAS 3

Lire Jonas 3, 1-10

1) Qui sont les personnages de cette deuxième scène ? que font-ils ?
2) Dans cette scène, Dieu a-t-il atteint son but ? Comment ?
3) Comparer cette deuxième scène à la première : quelles constatations pouvez-vous
faire ?

Question 1

o Le Seigneur envoie Jonas à Ninive; sa Parole ne dévie pas (cf. Is 55,11); il n’a pas lâché son projet de s’occuper des païens.
o Devant l’attitude des Ninivites, Dieu se repent : sur ce mot, voir Gn 6,6+ (cité en marge par BJ).
o Maintenant Jonas obéit; il commence sa mission à Ninive (v.4).
o Les Ninivites croient en Dieu (v.5), noter leur belle unanimité : les gens de Ninive du plus petit au plus grand (v.5) , le roi et les grands (v.6-7), tous prennent le deuil (jeûne, cendre, sac); ils se convertissent (v.8) , dans l’espérance du pardon de Dieu (v.9).

Question 2

o Comparer Jon 3,4 et 3,10 : à première vue, la parole de Dieu proclamée par Jonas ne s’est pas accomplie.
o Mais lire Jr 26, 3 (cité en marge de Jon 3,10) . Ainsi les oracles de jugement de Dieu sont un appel au salut quand ils sont reçus avec foi : ils atteignent leur but quand ils n’ont pas besoin de se réaliser !

Question 3

o Dans Jon 1-2 des marins païens se tournaient vers le Dieu de Jonas; ici les Ninivites – pour les Juifs, les pires païens et les ennemis – font preuve d’un accueil inouï face à ce “prophète de malheur” et à la Parole de Dieu qu’il apporte.
o L’attitude des Ninivites est celle que Jérémie, et d’autres prophètes, ont vainement attendue de leurs compatriotes : cf. Jon 3,6 : comparer avec Jr 36, spécialement Jr 36, 20-25.
o Pourquoi l’auteur du livre de Jonas nous présente-t-il dans ces deux scènes des païens extrêmement ouverts à la Parole de Dieu ? qui vise-t-il ? quel message veut-il faire passer ?

Pour aller plus loin :

– remarquer que Jonas n’a fait que commencer la prédication (une journée dans la ville qu’il fallait trois jours pour traverser); ensuite, ce sont les habitants eux-mêmes qui se font porteurs de la Parole.
– noter les nombreuses expressions empruntées au livre de Jérémie :

. Jon 3,8 : se convertir de sa mauvaise conduite : cf. Jr 25,5; 26, 3.7…
. Jon 3,5 : du plus petit au plus grand : cf. Jr 5,4; 6,13; 8,10; 42, 12.
. Jon 3,9 : l’ardeur de la colère du Seigneur : cf. Jr 4,8.26; 12,13; 25,37s…

III JONAS 4

Lire Jonas 4, 1-11

1) Qui intervient dans cette dernière scène ? quelle différence y a-t-il avec les
deux précédentes ?
2) Pourquoi l’histoire du ricin ?
3) Qu’est-ce que ce texte m’apprend sur Dieu ?

Question 1

o En Jon 4, il n’ y a plus que deux personnages en présence : le Seigneur et Jonas ; nous sommes ainsi au sommet du récit.
o C’est Jonas qui parle d’abord (c’est l’effet de ce qui est raconté en Jon 3); Dieu lui répond.
o Jonas est fâché à en mourir (4,1.3.8); noter la cause du dépit de Jonas (4, 1.3 et en 4,8).
o C’est parce qu’il connaît bien son Dieu que Jonas ne voulait pas aller à Ninive (cf. Ex 34,6-7) :
o Jonas refuse que la tendresse de Dieu et sa miséricorde s’exercent aussi à l’égard des païens (ici, des Ninivites).
o Le Seigneur essaie de faire réfléchir Jonas; il lui pose deux questions ( v.4 et v.9) ; pourquoi Jonas répond-il à la deuxième et non à la première ?
o Remarquer aussi la dernière parole du Seigneur (v.10-11) : cf. la note BJ.

Question 2

o Remarquer la place de l’histoire du ricin : elle est située entre les deux questions posées par Dieu à Jonas. A la première, Jonas ne répondait pas, mais il va répondre à la seconde (celle qui le concerne directement : pour ce ricin ).
o La parabole du ricin permet ainsi de débloquer le dialogue; elle permet à Jonas de réfléchir et à Dieu de reposer sa question, en l’adaptant à la situation présente de Jonas.
o Jonas a eu de la joie à cause de ce ricin (v.6), puis il s’est fâché parce qu’il lui a été enlevé (v.9). Le Seigneur ne met pas en question la peine de Jonas pour le ricin (v.10); au contraire, l’attachement de Jonas à “son” ricin devrait lui permettre de comprendre les “sentiments” de Dieu à l’égard de Ninive et des païens.

Question 3

o La pensée sur Dieu est bien exprimée par Jonas en 4,2 : c’est ainsi que Dieu s’est présenté lui-même à Moïse (Ex 34,6-7). Mais elle complétée ici par le v. 11 : cette miséricorde de Dieu s’étend bien au-delà d’ Israël; elle englobe tous les hommes, même les ennemis .
o Remarquer que le livre se termine sur une interrogation, une question posée à Jonas. Habilement l’auteur ne nous donne pas la réponse de Jonas, car cette question est, en fait, posée au lecteur : accepte-t-il que le Dieu auquel il croit témoigne aussi amour et miséricorde aux autres et même à ses ennemis ?
o La BJ nous donne en marge de Jon 4,1 la référence à Lc 15,28 : lire ce texte et le comparer avec Jon 4 : n’est-ce pas le même problème ?

DANS LA LIGNE DE JÉRÉMIE ET D’ÉZÉCHIEL

L’auteur de Jonas n’est pas le premier auteur biblique à se préoccuper des païens; Jérémie et Ézéchiel avaient déjà laissé entrevoir une certaine possibilité de salut pour eux. Et ils avaient été suivis par le Deutéro-Isaïe (cf. par ex. Is 49,6; Jr 16,19). Mais voici cependant deux points nouveaux qui font la valeur du message de Jonas :

1) jusqu’ici la Bible avait présenté un universalisme centré sur Jérusalem (cf. Is 60; Za 8,20ss). Pour être sauvés, les païens devaient aller à Jérusalem, ils devaient devenir Juifs. Chez Jonas, le salut des païens est voulu pour lui-même, sans marche vers Jéru-salem : c’est déjà la perspective des Actes des Apôtres !

2) à côté des timides ouvertures des prophètes précédents, la calme assurance de l’auteur de Jonas, dans sa conception de l’universalisme, laisse deviner qu’il n’est pas seul à penser ainsi. Et c’est là un heureux correctif apporté à l’image du judaïsme telle qu’elle se dégage des Livres de Néhémie et d’Esdras, même si la petite graine, jetée par Jonas, devra encore attendre quelques siècles pour fleurir et porter tout son fruit.

ALORS, EST-CE QUE C’EST VRAI ?

Tout lecteur attentif au style du livre a compris que Jonas est un petit livre didactique. L’auteur ne se veut pas “un reporter”; il ne prétend pas nous raconter ce qui s’est passé à un certain moment ou à un certain lieu. Il a mieux à nous offrir: la vérité de Jonas, c’est une vérité de salut, une vérité sur Dieu et sur l’homme.

• la vérité sur le Dieu de la Bible, toujours prêt à pardonner; un Dieu dont les menaces les plus catégoriques sont des appels au salut;
• vérité sur le dessein de Dieu, qui veut, comme le dira plus tard la 1 Tm 2,4 “le salut de tous les hommes” : tel est déjà l’universalisme du livre de Jonas.
• vérité sur ce que Dieu attend de son peuple élu : qu’il ait la même ouverture d’esprit et de coeur que celle du Dieu qu’il a rencontré dans son histoire personnelle et collective.

D’AUTRES PISTES ENCORE …

Jonas et Élie : cf 1 R 19, 4 (cité en marge de Jon 4,3 par la BJ). Élie, après avoir massacré les prêtres de Baal (1 R 18), doit fuir et il est découragé. En mettant dans la bouche de Jonas les mêmes expressions de découragement, l’auteur du livre de Jonas ne semble-t-il pas nous dire que Dieu attend peut-être de ses fidèles une autre attitude face aux païens que celle de ce “prophète de feu “ ?

Jonas et Caïn : cf Gn 4,6-7 où Caïn est lui aussi fâché par le comportement de Dieu. Dieu lui pose alors une question très semblable à celle qu’il pose ici à Jonas. En se fâchant contre la conduite “injustifiée” de Dieu, Jonas réagit comme Caïn; comme lui, il risque de tuer son frère, s’il va jusqu’au bout de sa démarche.

JONAS, UNE HISTOIRE DE BALEINE ?

Même une lecture rapide de ce petit livre nous montre qu’il est bien autre chose qu’une histoire de poisson. C’est un merveilleux petit récit sur la révélation biblique de Dieu, déjà tout proche de l’Évangile.

DATE ET CONTEXTE

o Mais pourquoi et pour qui ce livre a-t-il donc été écrit ? L’auteur met en scène un personnage connu de la Bible : Jonas, fils d’Amittaï. Au premier abord, ce récit se présente donc comme un épisode de la vie de ce prophète du 8ème siècle, contemporain de Jéroboam II (cf. 2 R 14, 23ss).

o D’autre part, le récit suppose l’existence de Ninive, où Jonas doit prêcher. Or nous savons que Ninive fut détruite en 612 : le ministère de Jonas devrait donc se situer avant cette date.

o Mais les commentateurs sont unanimes pour rejeter une date aussi ancienne pour le livre de Jonas et ils donnent des arguments :

– la langue est marquée par de nombreux, araméismes : ce qui permet de dire que l’auteur de ce livre doit vivre après l’exil.
– le livre a des contacts très nets avec Jr et Ez : l’auteur du livre a donc connu leur pensée et probablement les écrits de ces deux prophètes du 6ème siècle.
– Jonas suppose également connue la pensée du Deutéro-Isaïe sur l’universalisme.

o Il faut donc placer la composition de Jonas après le retour de l’Exil. Or au retour de l’Exil, le peuple juif était tenté de se replier sur lui-même, de rejeter les païens : cf les réformes de Néhémie et d’Esdras pour reconstruire le peuple autour de la Loi, du Temple et de la Race (juive), qui deviendront les trois piliers du judaïsme – voir par exemple Ne 13, 1-3. 23.

o Dans ce contexte, le livre de Jonas prend un relief singulier
Au moment où certains rejettent catégoriquement les non-israélites au nom de leur fidélité à Dieu, au moment où le peuple d’Israël pense qu’il doit se refermer sur lui-même pour retrouver son identité de peuple élu, l’auteur de Jonas lance ce petit livre sur le souci que Dieu prend des païens, sur l’ouverture possible de ceux-ci à la Parole de Dieu pour qu’ils deviennent, eux aussi, le peuple du Seigneur.

o Avec beaucoup d’humour et de profondeur, l’auteur du livre de Jonas demande à ses compatriotes si c’est bien ainsi qu’ils comprennent leur rôle de peuple élu. Peut-on vraiment croire en un”Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère, riche en grâce et se repentant du mal ” (cf. Jon 4,2) et vouloir le garder pour soi tout seul, surtout après la douloureuse expérience de l’Exil et après la découverte du Seigneur comme le seul et unique Dieu de toute la terre ?

I. Jonas et les marins : Jon 1, 1 à 2, 2 et 11

1. 1 La parole de YHWH fut adressée à Jonas, fils d’Amitaï : 2 “Lève-toi, lui dit-il, va à Ninive, la grande ville, et annonce-leur que leur malice est montée jusqu’à moi. 3 Jonas se mit en route, mais pour fuir à Tarsis, loin de YHWH. Il descendit à Joppé et trouva un vaisseau à destination de Tarsis; il paya son passage et s’embarqua pour se rendre avec eux à Tarsis, loin de YHWH.

4 Mais YHWH lança sur la mer un vent violent, et il y eut une grande tempête au point que le vaisseau menaçait de se briser. 5 Les matelots prirent peur, ils crièrent chacun vers son dieu, et, pour s’alléger, jetèrent à la mer la cargaison. Jonas cependant était descendu au fond du bateau; il s’était couché et il dormait profondément. 6 Le chef de l’équipage s’approcha de lui et lui dit : “ Qu’as-tu à dormir ? Lève-toi et crie vers ton Dieu ! Peut-être Dieu songera-t-il à nous et nous ne périrons pas ? ” 7 Puis ils se dirent les uns aux autres : “Tirons au sort, pour savoir de qui nous vient ce mal”. Ils jetèrent les sorts et le sort tomba sur Jonas. 8 Ils lui dirent alors : “ Dis-nous donc quelle est ton affaire, d’où tu viens, quel est ton pays et à quel peuple tu appartiens ?” 9 Il leur répondit : “Je suis hébreu et c’est YHWH que j’adore, le Dieu du ciel, qui a fait la mer et la terre.” 10 Les matelots furent saisis d’une grande crainte et ils lui dirent : “ Qu’as-tu fait là ”. Ils savaient en effet qu’il fuyait loin de YHWH, car il leur avait raconté. 11 Ils lui demandèrent : “ Que te ferons-nous pour que la mer s’apaise pour nous ?” Car la mer se soulevait de plus en plus. 12 Il leur répondit : “ Prenez-moi et jetez-moi à la mer, et la mer s’apaisera pour vous. Car je sais que c’est à cause de moi que cette violente tempête vous assaille.” 13 Les matelots ramèrent pour gagner le rivage, mais en vain, car la mer se soulevait de plus en plus contre eux. 14 Alors ils implorèrent YHWH et dirent : “Ah, YHWH, puissions-nous ne pas périr à cause de la vie de cet homme, et puisses-tu ne pas nous charger d’un sang innocent, car c’est toi, YHWH , qui as agi selon ton bon plaisir. “ 15 Et s’emparant de Jonas, ils le jetèrent à la mer et la mer apaisa sa fureur. Les hommes furent saisis d’une grande crainte de YHWH; ils offrirent un sacrifice à YHWH et firent des voeux.

2. 1 YHWH fit qu’il y eut un grand poisson pour engloutir Jonas. Jonas demeura dans les entrailles du poisson trois jours et trois nuits. 2 Des entrailles du poisson, il pria YHWH, son Dieu. (… ) 11 YHWH parla au poisson, qui vomit Jonas sur le rivage.

II. Jonas et les Ninivites : Jon 3

3. 1 La parole de YHWH fut adressée à Jonas pour la seconde fois : 2 “Lève-toi, lui dit-il, va à Ninive, la grande ville, et annonce-leur ce que je te dirai.”

3 Jonas se leva et alla à Ninive selon la parole de YHWH. Or Ninive était une ville divinement grande : il fallait trois jours pour la traverser. 4 Jonas pénétra dans la ville; il fit une journée de marche. Il prêcha en ces termes : “ Encore quarante jours et Ninive sera détruite.” 5 Les gens de Ninive crurent en Dieu; ils publièrent un jeûne et se revêtirent de sac, depuis le plus grand jusqu’au plus petit. 6 La nouvelle parvint au roi de Ninive; il se leva de son trône, quitta son manteau, se couvrit d’un sac et s’assit sur la cendre. 7 Puis on cria dans Ninive et l’on fit, par décret du roi et de ses grands, cette proclamation : ”Hommes et bêtes, gros et petit bétail, ne goûteront rien, ne mangeront point et ne boiront pas d’eau. 8 On se couvrira de sac; on criera vers Dieu avec force et chacun se détournera de sa mauvaise conduite et de l’iniquité que commettent ses mains.9 Qui sait si Dieu ne se ravisera pas, et ne se repentira pas, s’il ne reviendra pas de l’ardeur de sa colère, en sorte que nous ne périssions point ?”

10 Dieu vit ce qu’ils faisaient pour se détourner de leur mauvaise conduite. Aussi Dieu se repentit des prédictions de malheur qu’il leur avait faites, et il ne les réalisa pas.

III. Jonas et Dieu : Jon 4

4. 1 Jonas en eut un grand dépit, et il se fâcha. 2 Il fit une prière à YHWH : “Ah YHWH, dit-il, n’était-ce pas là ce que je disais lorsque j’étais encore dans mon pays ? C’est pourquoi, je m’étais d’abord enfui à Tarsis; je savais, en effet que tu es un Dieu de tendresse et de pitié, lent à la colère, riche en grâce et te repentant du mal. 3 Maintenant, YHWH, prends donc ma vie, car mieux vaut pour moi mourir que vivre. “ 4 YHWH répondit : “As-tu raison de te fâcher ?” 5 Jonas sortit de la ville et s’assit à l’orient de la ville ; il se fit une hutte et s’assit dessous, à l’ombre, pour voir ce qui arriverait à la ville. 6 Alors YHWH fit qu’il y eut un ricin qui grandit au-dessus de Jonas, afin de donner de l’ombre à sa tête. Jonas fut très content du ricin. 7 Mais, à la pointe de l’aube, le lendemain, Dieu fit qu’il y eut un ver qui piqua le ricin; celui-ci sécha. 8 Puis quand le soleil se leva, Dieu fit qu’il y eut un vent d’est brûlant; le soleil darda ses rayons sur la tête de Jonas qui fut accablé. Il demanda la mort et dit : “Mieux vaut pour moi mourir que vivre.” 9 Dieu dit à Jonas : “As-tu raison de t’irriter pour ce ricin ?” Il répondit : “Oui, j’ai bien raison d’être fâché à mort. “ 10 YHWH répartit : “Toi, tu as de la peine pour ce ricin, qui ne t’a coûté aucun travail et que tu n’as pas fait grandir, qui a poussé en une nuit et en une nuit a péri. 11 Et moi, je ne serais pas en peine pour Ninive, la grande ville où il y a plus de cent vingt mille êtres humains qui ne distinguent pas leur droite de leur gauche, ainsi qu’une foule d’animaux !”

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Comparer cette scène des Ninivites avec celle des marins :

Qu’y a-t-il de semblable ?
Quels éléments nouveaux par rapport à YHWH ? par rapport à Jonas ?
Pourquoi l’insistance sur la grandeur de Ninive ?
Que signifie concrètement “croire à la Parole” ?
Dans cette scène apparaît la liberté souveraine de Dieu : où ? comment ?
Ninive aujourd’hui, pour nous :
quelles puissances du mal ?
quelles espérances ?
quelles paroles à dire ?

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– Pourquoi la scène du ricin ? Qu’apporte-t-elle ?
– Pourquoi e livre se termine-t-il sur une question ?
– Aujourd’hui sommes-nous différents de Jonas ?
– à quoi ça sert d’être chrétien ?
– quelle est la mission de l’Église ? des baptisés ?

– Dieu pose-t-il encore des questions ? Comment ?

A L’ECOUTE DE L’EVANGILE SEON SAINT MARC

milieu“Vous savez ce qui s’est passé à travers tout le pays des juifs, depuis les débuts en Galilée, après le baptême proclamé par Jean : Jésus de Nazareth, Dieu l’a consacré par l’Esprit Saint et rempli de force. Là où il passait, il faisait le bien et il guérissait tous ceux qui étaient sous le pouvoir du démon. car Dieu était avec lui. Et nous, nous sommes témoins de tout ce qu’il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem. Ils l’ont fait mourir en le pendant au bois du supplice. Et voici que Dieu l’a ressuscité le troisième jour…” (Ac 10, 37-40).

C’est ainsi que Pierre présente en quelques mots la Bonne Nouvelle devant le centurion Corneille. C’est cette même Bonne Nouvelle ( = Évangile) que Marc nous raconte dans le petit livret que nous nous proposons d’étudier et qui s’ouvre par ces mots : “Commencement de la Bonne Nouvelle de Jésus Christ, le Fils de Dieu” (Mc 1, 1). Cette première ligne de l’Évangile nous en donne le plan. Le récit est, en effet, construit en deux parties avec, comme pivot, la “confession” de Pierre à Césarée (Mc 8, 27ss).

La première partie de l’Évangile se déroule en Galilée où la prédication et les actes de Jésus soulèvent de plus en plus fortement la question de son identité.

A Césarée, Jésus invite ses disciples à se prononcer et Pierre répond en leur nom : “Toi, tu es le Christ !” Mais cette première réponse ne suffit pas car le mot “Christ” est trop ambigu dans la bouche de Pierre. Aussi, en marchant vers Jérusalem, Jésus cherche à ouvrir progressivement les yeux de ses disciples : il est bien le Christ, mais il est aussi le “Fils de l’Homme”. Aussi la véritable réponse ne pourra être donnée qu’après sa mort. Et elle le sera dans la bouche d’un païen, le centurion au pied de la croix (Mc 15, 39).

Lire un Évangile

Le Père Delorme a écrit quelque part que l’on est habitué à consommer les Évangiles comme des ananas, c’est-à-dire en tranches, sans avoir suffisamment conscience que le morceau du texte qui nous est offert dans la liturgie ou qui a été choisi pour une étude, appartient à un ensemble plus vaste, cohérent et marqué par une pensée originale.

À la demande d’un groupe, j’ai donc tenté dans ce dossier de présenter tout l’Évangile selon saint Marc, en le découpant en un certain nombre d’unités qui respectent autant que possible la pensée de l’auteur. Celui qui s’est affronté à ce problème sait par expérience que ce travail n’est pas aisé. Marc, comme les autres Évangiles synoptiques, est composé de petites unités venant de la tradition et que le rédacteur de l’Évangile – ou déjà ses prédécesseurs – ont groupé d’une manière plus ou moins évidente pour nous.

Cependant malgré les difficultés et les risques de l’entreprise, il me semble que cette manière d’aborder un Évangile, en partant d’un ensemble plus vaste, peut se révéler bénéfique pour plus d’un lecteur qui découvrira ainsi le travail de la communauté chrétienne pour conserver et transmettre l’héritage venu de Jésus.

La meilleure présentation de l’Évangile selon saint Marc est sans aucun doute la lecture globale de cet Évangile. En parcourant à la suite les 16 chapitres de Marc, on a l’impression de courir derrière Jésus avec les disciples en cherchant à ne pas le perdre de vue. Tout se déroule tellement vite et d’une manière qui déroute souvent le lecteur.

À notre connaissance actuelle, Marc est probablement le premier qui ait cherché à présenter un exposé suivi des paroles et des événements de Jésus depuis le baptême de Jean-Baptiste jusqu’à la mort et à la Résurrection. Mais comme l’a dit J. Blinzer ”son livre n’est pas un simple récit historique, bien qu’il parle d’événements de l’histoire, mais il est en somme profession et témoignage de foi, donc en même temps, récit et interprétation ”.

Ce qu’il veut dire de Jésus à ses lecteurs, Marc l’a disposé dans un cadre géographique et chronologique très simple qui reprend la formulation du kérygme primitif. On peut le diviser en quatre parties : le ministère de Jésus en Galilée, la montée vers Jérusalem, la fin du ministère de Jésus à Jérusalem et, enfin, les événements de Pâques.

1. – Mc 1, 1-13 : le prologue de l’Evangile

Par trois petits tableaux, Mc introduit le lecteur auprès de Jésus. Un homme qu’il nous présente dans l’entourage de Jean-Baptiste, mais dont il nous fait déjà deviner quelque chose du mystère.

1) Comment Mc nous présente-t-il Jean-Baptiste ? Et Jésus ?
2) Quelle est la signification des v. 12-13 de ce petit prologue de Mc ?
3) Expliquer plus spécialement le premier verset (Mc 1,1).

Question 1

• Jean-Baptiste nous est présenté le premier; sa venue accomplit les promesses : il est le messager qui vient préparer le chemin (v. 2-3).
• Tous vont vers lui (v. 5); il apparaît comme un nouvel Élie (v. 6); voir les notes en TOB ou en BJ (celles sur le texte parallèle de Mt).
• C’est lui qui baptise, qui parle (v. 6-7).
• Jésus n’est présenté qu’au v. 9 : Jésus de Nazareth en Galilée; Mc n’a pas d’”Évangile de l’enfance”.
• Jésus vient se faire baptiser par Jean mais sa présentation est encadrée par deux déclarations : celle de Jean-Baptiste (v. 7-8 et les notes TOB) et celle de la voix venue du ciel (v. 11 et note TOB).
• Noter aussi l’opposition entre le baptême d’eau et celui d’Esprit (v. 8 et note TOB); cf. encore en BJ le renvoi à Ac 1, 5 +.

Question 2

• Le lien entre le baptême de Jésus et la tentation se lit dans les trois Évangiles synoptiques; il appartient à la tradition évangélique. Mais le récit de Mc est beaucoup plus court : voir la note sur Mc 1, 12 +.
• Sur les allusions à l’AT contenues dans le récit de Mc, voir les références données dans la note de BJ sur Mc 1, 12 ou en TOB, sur le v. 13.
• Sur le mot Satan, voir Jb 1, 6 + (cité en marge en BJ); en TOB, voir la note sur le mot.

Question 3

• Le premier verset de l’Évangile selon Mc condense en quelques mots ce que l’auteur va dire : la Bonne Nouvelle de Jésus, Christ, Fils de Dieu a commencé. Le baptême de Jean en marque le début : cf. Ac 10, 37.
• Sur la signification du mot Évangile, voir les notes de BJ ou TOB.
• Christ : voir la note en TOB; Jésus est ainsi celui qu’attendait depuis des siècles l’espérance d’Israël. Noter que Christ = Messie = Oint, c-à-d. celui qui a reçu l’onction, la mission de Dieu.
• Fils de Dieu : lire la note en TOB; en BJ, voir celle donnée sur Mt 4, 3 +.

2. – Mc 1, 14-45 : la première présentation de Jésus

Mc nous fait entrer dans le ministère de Jésus : la Bonne Nouvelle qu’il apporte se manifeste dans des gestes et dans des paroles qui frappent l’imagination de ceux qui en sont les témoins.

1) Expliquer les v. 14-15 en utilisant les notes et les références marginales données en BJ et en TOB.
2) Qu’est-ce qui vous frappe dans l’appel des premiers disciples de Jésus ?
3) Quelle présentation de Jésus Mc nous donne-t-il dans les v. 21-39 ? Que fait Jésus dans les v. 40-45 ?

Question 1

• Jésus prend le relais du Baptiste qui a été “livré” (ce mot laisse déjà entrevoir le sort de Jésus : voir la TOB qui nous renvoie à la note sur Mt 4, 12.
• Les foules allaient vers Jean-Baptiste; ici au contraire, c’est Jésus qui va vers les gens (1, 14).
• Sur la signification de la Galilée, voir en TOB la note sur Mt 4, 14.
• Sur la notion d’accomplissement, voir les notes BJ ou TOB sur Mc 1, 15.

Question 2

• Noter les verbes qui soulignent l’initiative de Jésus : il passait… il vit… il appela.
• La réponse des hommes : laissant… ils le suivirent.
• Pour ce schéma, voir la note TOB sur 1, 18 et le renvoi à celle de Mt 4, 20.
• On peut comparer ces appels avec celui d’Élisée par Élie : 1 R 19, 19-21.

Question 3

• Sur la composition de ce passage, voir la note TOB sur Mc 1, 40 : Mc nous donne la “journée de Capharnaüm” suivie d’un exemple typique de guérison en Galilée.
• Noter dans ce passage les indications de temps et de lieux (v. 21. 29. 32. 35) ; pour Mc, c’est une journée-type du ministère de Jésus.
• A partir du v. 39, il étend son activité à toute la Galilée et il donne (sans indication de temps ni de lieu) un exemple typique de la mission de Jésus : la purification du lépreux (cf la note TOB).
• Dans ce passage, Jésus enseigne (v. 21. 22; cf. 27. 38. 39)), il commande aux esprits impurs (v. 23. cf. 27. 34. 39), il guérit ( v. 31. 34. 41), il prie (v. 35; cf. v. 21).
• Jésus agit à Capharnaüm mais aussi dans toute la Galilée (v. 39); il agit dans une synagogue (v. 21 et 39), mais aussi à la maison (v. 29-31).
• Jésus est le Saint de Dieu (v. 24); voir les notes de BJ et TOB. En langage biblique, impur est tout ce qui s’oppose à la sainteté de Dieu (voir note BJ sur Lv 17, 1 +) Aussi les démons, les esprits impurs, sont dérangés par la seule présence de Jésus, le Saint de Dieu.

3. – Mc 2, 1 – 3, 6 : Un premier groupement de controverses

La présence et l’action de Jésus ne dérangent pas seulement les démons; elle mettent aussi en question l’autorité et le comportement des scribes et elles font déjà pressentir que Jésus est plus qu’un simple Rabbi.

1) Que contient cette section de l’évangile de Mc ? Quelles sont vos premières constations ? Voyez-vous une progression dans ce groupement ?
2) Sur quoi portent les affrontements et les discussions entre Jésus et ses adversaires ? Pourquoi Mc nous rapporte-t-il ces discussions ?
3) Étudier plus particulièrement la controverse que Mc a placée au centre du groupement (v. 18-22) : quelle est ici la prétention de Jésus ?

Question 1

• Mc groupe ici cinq petits récits (2, 1-12; 2, 13-17; 2, 18-22; 2, 23-28; 3, 1-6) où Jésus se heurte à des adversaires.
• Chaque fois, Jésus prend la parole et justifie sa position : il révèle ainsi sa mission (lire la note de TOB sur Mc 2, 1; cf. aussi celle sur Mc 2, 18).
• Noter les réactions des assistants en Mc 2, 12 et celle des Pharisiens et Hérodiens en Mc 3, 6 (voir la note de TOB).

Question 2

• Relever en chaque cas ce qui est reproché à Jésus : 2, 7. 16. 18. 24; 3, 2.
• Noter l’importance du sabbat (2 fois), celle du jeûne, du comportement à l’égard des pécheurs (publicains : note TOB sur Mc 2, 15) qu’un bon juif devrait éviter : Jésus se démarque ici sur des points importants de la vie juive à son époque.
• Remarquer pourquoi il le fait et comment il justifie sa conduite.

Question 3

• Sur la composition de cette troisième controverse, voir la note de TOB sur Mc 2, 18.
• Expliquer la réponse de Jésus (v. 19); voir la note de BJ sur Mt 9, 15 et le renvoi à Jn 3, 29 +; voir également la note TOB sur Mt 9, 15.
• Multiplier les jeûnes (voir la note de BJ sur Mt 9, 14 +), c’est ne pas comprendre le plan de Dieu : en Jésus, le Royaume est déjà présent. Mais il sera “enlevé” : sur ce mot, voir Is 53, 8.
• Les deux images qui suivent (v. 21 et 22) jouent sur l’opposition vieux / nouveau : Jésus oppose les usages du judaïsme à la nouveauté de l’Évangile qu’il apporte et qu’il est lui-même (Cf. la note sur Mc 1, 1).

4. – Mc 3, 7-35 : La vraie parenté de Jésus

À côté de l’opposition que présentaient les controverses, la première partie du ministère de Jésus rassemble les foules. Mais Jésus sait que tous ne sont pas prêts à le suivre jusqu’au bout. Il nous dit quelle est sa vraie famille.

1) À la lecture de ce passage, quelle image de Jésus percevez-vous ?
2) Quels sont les différents groupes qui interviennent ici ? Comment se situent-ils par rapport à Jésus ?
Expliquer Mc 3, 20-35 : comment est construite cette péricope ? Sur quoi porte le différent ? Comment Jésus répond-il ?

Question 1

• Jésus apparaît comme quelqu’un qui attire les foules (3, 7ss. 20) et en même temps comme quelqu’un de contesté (cf les controverses qui précèdent et ici Mc 3, 20-35; cf. la note TOB sur Mc 3, 7.
• Comparer Mc 3, 7-8 avec Mc 1, 5 : pour Jean-Baptiste, seuls les Juifs de Judée allaient vers lui; au contraire, Jésus rassemble autour de lui toutes sortes d’hommes.
• Une autre image chère à Mc : Jésus est entouré de ses disciples : 3, 7; cf 1, 21. 29; 3, 14 et la note TOB sur ce verset.
• Jésus est reconnu par les esprits impurs (3, 11), mais il est méconnu par les scribes de Jérusalem.

Question 2

• Il y a les disciples qui “sont avec lui” : 3, 14 et notes BJ et TOB.
• Les foules qui recherchent sa présence, spécialement les malades (3, 10).
• Les esprits impurs qui savent qui il est (3, 11 et note TOB).
• Sa parenté pour qui il “a perdu la tête” (3, 20-21 et note TOB sur 3, 20).
• Les scribes de Jérusalem qui le traitent de possédé : 3, 22; cf. note TOB sur 3, 20.

Question 3

• Sur la construction de ce passage, voir la note TOB sur Mc 3, 20.
• La discussion porte sur l’origine du pouvoir de Jésus. Le pouvoir n’est pas nié par les scribes, mais pour eux, il vient du démon (v. 22 et 30).
• Le lecteur de Mc en connaît l’origine : c’est l’Esprit reçu au baptême (Mc 1, 10) qui lui permet d’affronter victorieusement Satan (cf. déjà Mc 1, 12-13).
• Jésus répond à ses contradicteurs par des paraboles (v. 23 et note TOB) : ou bien, Satan est divisé et alors c’en est fait de lui; ou bien, il y a quelqu’un de plus fort que Satan (cf. note TOB sur 3, 27, qui nous renvoie à Mc 1, 7 et à la note).
• Face à cette révélation, la parenté de sang avec Jésus ne suffit plus (v. 33-35); il faut “faire la volonté de Dieu”, c-à-d. ici, il faut accueillir le témoignage de Jésus.

5. – Mc 4, 1-34 : Il parlait en paraboles.

Mc nous donne ici une série de cinq paraboles. Elles sont adressées à la foule mais seuls les disciples recevront – à part – l’explication qui leur permet de comprendre ce que Jésus veut dire.

1) Où se trouve Jésus ? À qui s’adresse-t-il ? Relever les différents groupes mentionnés par l’Évangéliste.
2) Pourquoi, selon Mc, Jésus s’adresse-t-il aux foules en paraboles ? Que fait-il pour les disciples ? Pourquoi ?
3) Expliquer les deux dernières paraboles.

Question 1

• Jésus est au bord de la mer; il est dans la barque (4, 1 et 4, 35); mais en Mc 4, 10ss, il se trouve “à l’écart” : voir la note TOB sur Mc 4, 10.
• Autour de Jésus, il y a une foule nombreuse (Mc 4, 1-2; cf. 1, 37; 2, 2. 13. 15; 3, 7. 8. 20. 32); il y a aussi les Douze et un groupe plus large de disciples (Mc 4, 10 et la note TOB sur le mot “Douze”); il y a enfin “ceux du dehors” : Mc 4, 11 et note TOB.
• D’après Mc, Jésus s’adresse à tous en 4, 1-9 et 4, 26-33, mais il réserve son enseignement aux disciples en 4, 10-25 et 4, 34.

Question 2

• Jésus veut enseigner la foule (4, 1-2. 33) : voir les notes TOB sur Mc 4, 2 et 4, 34. Mais la majorité des auditeurs sont incapables de comprendre le mystère du Royaume (v. 11 et les notes TOB).
• Le mystère de la personne de Jésus dépasse les possibilités de la raison humaine, il ne peut être reçu que comme un don.
• Selon Mc, cette situation accomplit Is 6, 9-10 : voir la note BJ sur Is 6, 10 + et celle de TOB sur Mc 4, 12.
• Aux Douze et aux disciples (ceux de son entourage : 4, 10), la connaissance du mystère est donnée : 4, 11.
• Mais même pour eux, cette connaissance ne va pas de soi : 4, 13 et notes BJ et TOB.
• Les v. 22-25 soulignent la responsabilité de ceux qui ont reçu cette connaissance du mystère : voir en BJ les notes sur Mc 4, 21 + (ancienne édition : sur 4, 25 +) et en TOB sur Mc 4, 21 et 22.

Question 3

• Sur la parabole de la semence (v. 26-29), voir la note TOB sur 4, 26 et en BJ sur Mc 4, 29 +.
• Pour la parabole du grain de sénevé : voir TOB sur Mc 4, 31.
• Ces deux paraboles nous apprennent quelque chose sur le Royaume annoncé par Jésus : chercher à le préciser (cf. les notes de BJ et TOB).

6. – Mc 4, 35 – 5, 43 : Quatre miracles de Jésus

Jésus n’est pas simplement quelqu’un qui enseigne, même si Mc souligne souvent cet aspect. Il agit aussi avec puissance. L’Évangéliste groupe ici quatre miracles de Jésus qui nous font découvrir l’autre face de sa mission.

1) Pourquoi Mc groupe-t-il ici ces quatre miracles ? Où sont-ils situés ? Qui en sont les
témoins ?
2) Comment Jésus nous est-il présenté en Mc 5, 1-20 ?
3) Quels liens voyez-vous entre les deux miracles racontés en Mc 5, 21-43 ?

Question 1

• Noter le lien que l’Évangéliste fait avec le discours en paraboles (cf. Mc 4, 35) : Jésus se révèle non seulement par son enseignement, mais aussi par ce qu’il fait (cf. la note TOB sur Mc 4, 35).
• Chercher à suivre sur une carte l’itinéraire de Jésus : il quitte la Galilée et passe dans la Décapole (en pays païen) où il délivre le démoniaque; il retourne en Galilée (cf. note TOB sur Mc 5, 1) : Jésus manifeste ainsi sa puissance sur la mer, en pays païen et en pays juif.
• Ces miracles – comme les paraboles – sont d’abord destinés aux disciples (cf. 4, 11. 34) qui sont avec lui dans la barque (4, 36); qui l’accompagnent sur l’autre rive (5, 1), puis chez Jaïre (5, 31. 40). Mc note aussi leurs réactions : 4, 41 et 5, 42. Ces miracles soulèvent le voile de l’identité de Jésus : voir note TOB sur Mc 4, 41.

Question 2

• Jésus a l’initiative de ce voyage (4, 35 et 5, 1); sa présence sur la terre païenne provoque le démon. Comparer cette scène avec Mc 1, 23ss et relever les points communs; le démon connaît Jésus (v.7). Sur l’expression “Fils de Dieu”, voir la note TOB sur Mc 5, 7 ou celle de BJ sur Mt 4, 3 +.
• Le récit souligne la puissance de Jésus qui dépasse de beaucoup celle, pourtant redoutable, du démon (cf. Mc 5, 3-5. 9) : le possédé se prosterne devant Jésus (v. 6); le démon doit dire son nom (v. 9 et note TOB) et sortir de l’homme (v. 13).
• Remarquer l’attitude des gens devant l’action de Jésus : v. 15. 17. 20.
• Comparer ce récit avec Mc 3, 23-27.

Question 3

• Sur la construction de Mc, voir la note TOB sur Mc 5, 25 : l’insertion des v. 25-34 permet l’évolution du premier récit (des v. 22-25 à v. 35ss).
• Dans les deux récits, Jésus intervient en faveur de personnes qui ont épuisé tout ce que l’on peut faire humainement (v. 22 et 26).
• Le contact de Jésus apporte la vie : v. 27-32 (4 fois “toucher”) et v. 41.
• Noter l’appel à une foi plus grande : la femme est invitée à passer d’une attitude un peu magique (v. 28) à une vraie rencontre avec Jésus : cf. v. 32-35 et note TOB sur 5, 28; Jaïre passe de la foi qu’il exprime en 5, 23 à celle que Jésus lui demande au v. 36 (cf. note TOB sur le v. 35).
• Remarquer en BJ, par deux fois sur ce récit, la référence marginale à Mt 8, 10 +.

7. – Mc 6, 1-29 : La mission de Jésus et celle de Jean-Baptiste

Toujours revient la question de l’identité de Jésus : qui est cet homme ? C’est ce qui échappe aussi bien à ceux qui l’ont connu depuis longtemps qu’à Hérode. Mais le récit de la passion de Jean-Baptiste annonce déjà quelque chose du parcours de Jésus.

1) Quels liens voyez-vous entre cette section (Mc 6, 1-29) et ce qui précédait ?
2) Relever dans ce passage tout ce qui est dit de Jésus et réfléchir sur ces affirmations.
3) Comment comprendre le long récit que Mc consacre ici à Jean-Baptiste ?

Question 1

• Voir la note de TOB sur Mc 6, 1. Mais on pourrait sentir également l’opposition entre la foi de Jaïre et de la femme (Mc 5, 21-43) et l’incrédulité des compatriotes de Jésus (Mc 6, 1-6; cf. la note TOB sur 6, 5).
• Jésus pourtant continue sa mission, comme le semeur (cf. Mc 4, 3ss) : Mc 6, 1. 6b.
• La mission des Douze (Mc 6, 7ss) peut être mise en lien avec Mc 3, 14-15, où Jésus établissait les Douze “pour être avec lui et pour les envoyer prêcher avec pouvoir de chasser les démons.”
• En Mc 6, 17ss, la “passion” de Jean-Baptiste, déjà annoncée en Mc 1, 14, laisse pressentir au lecteur ce que sera le sort de Jésus : voir note TOB sur Mc 6, 17.

Question 2

• Jésus a une “patrie” (v. 1); il et connu comme le charpentier (v. 3), le fils de Marie (voir note TOB sur 6, 3); on connaît aussi sa famille (v. 3); cf. en BJ la note sur Mt 12, 46 + et en TOB, celle sur Mc 6, 3.
• Jésus donne mission et pouvoir aux Douze : 6, 6-13.
• Hérode et d’autres se posent la question de l’identité de cet homme; Hérode le compare à Jean-Baptiste, à Élie ou à un des prophètes du passé (v. 14-15); cf. les notes de BJ sur Mt 16, 14+; en TOB, voir les notes sur Mc 6, 15.

Question 3

• Sur l’insertion faite par Mc, voir la note TOB sur Mc 6, 14. Mc a placé ce récit consacré à Jean-Baptiste entre le départ en mission des Douze et leur retour.
• C’est le seul récit de Mc qui ne soit pas consacré à Jésus : voir la note TOB sur 6, 17.
• La manière dont Mc parle de la “passion” de Jean-Baptiste annonce déjà celle de Jésus (arrêté, enchaîné, tué, mis au tombeau).
• Pour Mc (cf. Mc 9, 11-13 et note TOB sur 9, 13), avec Jean-Baptiste s’est accompli le retour d’Élie, le précurseur du Messie : cf. Ml 3, 23-24.

8. – Mc 6, 30-56 : Autour de la première multiplication des pains

Ici commence ce que l’on appelle “la section des pains” (qui se continue jusqu’à Mc 8, 26). Au retour de la mission des Douze, Jésus se retrouve avec eux face à une foule qui le cherche. Jésus se révèle alors comme le pasteur qui prend soin de ses brebis.

1) Suivre l’itinéraire de Jésus. Quel est le rapport entre Jésus et ses disciples ? Et quelle est la place de la foule ?
2) Repérer dans ces passages les nombreuses allusions à l’Ancien Testament : quel éclairage ces allusions apportent-elles ?
3) À quoi devaient penser les lecteurs de Mc en lisant Mc 6, 41-43 et 6, 45-50 ? Quel enseignement y voyez-vous ?

Question 1

• L’itinéraire est difficile à suivre sur une carte : Jésus part avec les apôtres dans “un lieu désert” (v. 31. 32; cf. v. 35); il reste à terre (v. 45) après les avoir fait embarquer et il va dans la montagne pour prier (v. 46); il rejoint les apôtres sur la mer (v. 48ss) et arrive avec eux à Gennésareth (v. 53 – comparer avec v. 45) et il parcourt la région (v. 56).
• On peut aussi relever les verbes où Jésus est avec les apôtres (v. 32. 52-53) et ceux qui concernent seulement Jésus : v. 34. 37. 38. 41. 45. 46. 48. 50-51.
• La foule recherche Jésus (v. 31. 33-34) surtout pour son pouvoir de guérison (v. 54-56); Jésus l’accueille, l’enseigne (v. 34); il la nourrit et invite ses disciples à faire de même (v. 37 et note TOB).

Question 2

• L’image du berger : en BJ voir Mt 9, 36 (donné en marge); en TOB, voir les notes sur les v. 34 et 39
• Le miracle d’Élisée : en BJ, voir les références et notes sur Mt 14, 13; en TOB, lire les notes sur les v. 35 et 43.
• La manne : en BJ, cf. Mt 14, 13; en TOB, voir la note sur le v. 40.
• La maîtrise de la mer : voir note TOB sur le v. 48.
• Les contacts avec Moïse : voir notes TOB sur les v. 48 et 50.
• Une telle accumulation d’allusions AT n’est pas fortuite : l’Évangéliste veut présenter cette action de Jésus comme un moment important de l’histoire du salut.

Question 3

• En Mc 6, 41-43 : référence à l’Eucharistie : cf. note TOB sur le v. 41.
• En Mc 6, 45-50 : la barque est au milieu de la mer, le vent est contraire : c’est probablement une allusion à la situation difficile de l’Église de Mc; le Seigneur paraît absent, mais pourtant il voit (v. 48) et il viendra à la quatrième veille : cf. Mc 13, 35 et la note TOB sur Mc 6, 48.
• En rappelant ce que Jésus a fait et dit, Mc l’inscrit dans l’histoire du peuple de Dieu (de l’AT et d’aujourd’hui); il nous invite à découvrir la présence salvatrice de Jésus dans le culte et la vie de l’Église.

9. – Mc 7, 1-37 : Face au pur et à l’impur

Jésus n’a pas craint de s’écarter des traditions pharisiennes concernant le pur et l’impur. Les disciples, et en particulier ceux venus du monde païen, se rappelleront volontiers cet enseignement du Maître.

1) Comment est construit ce passage de Mc ? Relever les oppositions qu’il contient. Quelle
est la phrase la plus importante ?
2) Quels liens peut-on voir entre Mc 7, 1-23 et 7, 24-37 ?
3) Quelle signification prend ici la guérison du sourd-muet (v. 31-37) ?

Question 1

• Un fait divers (v. 2) que Mc explique pour ses lecteurs (v. 3-4); puis vient la question posée à Jésus (v. 5) et sa réponse (v. 6-13). Jésus donne ensuite un enseignement à la foule (v. 14-23), puis aux disciples.
• La tradition des anciens (v. 3. 4. 5. cf. v. 8. 9. 13) est opposée, selon Jésus, au commandement de Dieu (v. 8. 9. 13)
• Noter aussi : extérieur à l’homme (v. 15. 18) et intérieur (= le “coeur” aux v. 21-23); impur (v. 2. 5. 15. 18. 20. 23) et pur (v. 19).
• Le centre du passage est dans les v. 14-15; il sera explicité dans les v. 18-19, puis dans les v. 20-23.

Question 2

• Jésus se trouve d’abord dans le pays des juifs où il s’oppose aux Pharisiens et scribes; de là, il passe dans le territoire des païens : voir les notes TOB sur les v. 24 et 31.
• Contesté par les Pharisiens et les scribes, Jésus est recherché par la femme païenne (v. 25-26) et par les gens de la Décapole (v. 32).
• Les paroles de Jésus concernant le pur et l’impur devaient avoir une grande importance pour la vie dans les communautés primitives : voir la note TOB sur le v. 19.

Question 3

• Sur la place donnée à ce récit en Mc et plus précisément dans la “section des pains”, voir la note TOB sur le v. 32.
• Mc nous montre ainsi Jésus accomplissant Is 35, 5-6 : voir les références de BJ sur ce texte.
• Mais la guérison du sourd-muet est aussi symbolique : alors que les Pharisiens et les scribes – et même les disciples – ne comprennent pas l’enseignement de Jésus sur le pur et l’impur (cf. 7, 18), Jésus ouvre les oreilles d’un sourd !
• Comparer Mc 7, 37 avec Gn 1, 31 : quelle “image” de Jésus ce rapprochement nous donne-t-il ?

10. – Mc 8, 1-26 : Le deuxième miracle des pains

Dans l’Évangile de Mc – comme dans celui de Mt – nous rencontrons deux récits de la multiplication des pains. Et ces récits sont très proches par la structure et les thèmes. Quelle signification Mc veut-il donner à cette répétition ?

1) Comparer Mc 8, 1-26 avec Mc 6, 30 – 7, 37 et relever ce qui vous paraît semblable et ce qui est différent ? Comment comprendre cette composition ?
2) Comparer plus spécialement les deux récits du miracle des pains en Mc 6, 30-44 et Mc 8, 1-10 : qu’est-ce qui est particulier au second récit ?
3) Quelle signification Mc reconnaît-il à la guérison de l’aveugle en 8, 22-26 ?

Question 1

• Sur la construction de tout ce passage, voir la note de TOB sur Mc 6, 30 : Jésus nourrit les foules (Mc 6, 30-44 / 8, 1-9); la traversée du lac (Mc 6, 45-56 / 8, 10); la controverse avec les Pharisiens (Mc 7, 1-23 / 8, 11-13); la discussion sur le pain (Mc 7, 24-30 / 8, 14-21); une guérison ( Mc 7, 31-37 / 8, 22-26).
• On appelle habituellement ce passage “la section des pains “ : le mot “pain”revient 17 fois (Mc 6, 38. 41. 44. 51; 7, 2. 5. 27.; 8, 6, 14, 17. 19); le texte contient deux récits du miracle des pains et des paroles de Jésus sur le pain.
• Jésus nourrit les foules dans le désert (Mc 6, 35 et 8, 4); il se révèle ainsi à ses disciples comme le pasteur donné par Dieu (voir la note de TOB sur Mc 6, 34), mais ceux-ci ne comprennent pas encore.

Question 2

• Sur ces textes, voir la note BJ sur Mt 14, 13 +; en TOB, lire les notes sur Mc 6, 35 et Mc 8, 1.
• pour les particularités du second récit : noter en 8, 3 “certains sont venus de loin” (voir la note TOB sur Mc 8, 3); “rendre grâces” (Mc 8, 6 et la note TOB); “sept corbeilles” (Mc 8, 8 et la note TOB).
• Sur l’intérêt que pouvait avoir ce récit pour les communautés primitives, voir la note de TOB sur Mc 6, 35.
• A noter également toute l’importance que l’Évangéliste accorde à cette “section des pains” : Mc 6, 30 – 8, 21.

Question 3

• Remarquer l’insistance au cours de cette “section des pains” sur l’incompréhension des disciples : Mc 6, 52; 7, 18; 8, 17-18. 21.
• En BJ, nous trouvons 4 fois dans la marge la référence à Mc 4, 13 +.
• La guérison de l’aveugle montre que Jésus seul peut ouvrir les yeux des disciples et encore, cela se fait difficilement et progressivement : voir la note TOB sur Mc 8, 22.

11. – Mc 8, 27 – 9, 13 : Jésus, le Messie souffrant

La reconnaissance de Jésus comme Messie marque un tournant important dans le cheminement des disciples. Mais Pierre et les Douze n’imaginent pas le Messie comme celui qui doit monter à Jérusalem pour y mourir.

1) On a pu dire que ce passage est le centre de tout l’Évangile de Mc : rechercher quels sont
les liens de Mc 8, 27 – 9, 13 avec ce qui précède.
2) Comparer Mc 8, 27-30 avec les deux péricopes qui l’encadrent : quel éclairage en reçoit la
confession de Pierre ?
3) Comment Mc 8, 34 – 9, 1 tire-t-il les conséquences de la révélation que Jésus vient de faire
sur lui-même ?

Question 1

• La question de l’identité de Jésus est posée tout au long de l’Évangile de Mc : comparer en particulier les différentes opinions exprimées sur Jésus en Mc 6, 14-16 avec Mc 8, 27-28. Jésus commence ici à révéler plus profondément aux disciples sa véritable identité : Mc 8, 31; cf. 9, 31 et 10, 33.
• La place donnée à Jean-Baptiste : Mc 8, 27 et 9, 11-13 (cf. en BJ Mt 17, 13; en TOB, lire la note sur Mc 9, 13) à comparer avec Mc 6, 17-29; cf. encore Mc 1, 14.
• La proclamation de Dieu à la Transfiguration : Mc 9, 7 : lire la note sur Mc 9, 2 + ; en BJ, voir aussi le récit parallèle en Mt, qui nous renvoie à Mt 3, 17; en TOB, lire la note sur Mc 9, 7.
• Le choix de Pierre, Jacques et Jean : Mc 9, 7; cf. Mc 5, 37 +; voir encore Mc 14, 33.

Question 2

• Sur le sens de la déclaration de Pierre (Mc 8, 29), voir la note TOB ainsi que le renvoi à Mc 1, 1.
• En Mc 8, 22-26, Jésus ouvrait les yeux d’un aveugle; c’est une guérison difficile et progressive : Pierre, comme les autres disciples, n’est pas encore complètement guéri de sa “cécité”; il commence seulement à percevoir quelque chose du mystère de Jésus (cf. Mc 8, 24).
• En Mc 8, 31-33, Jésus doit compléter et corriger la confession de Pierre (note TOB sur le v. 30); il révèle quel Messie il doit être (note TOB sur le v. 31).
• La réaction de Pierre (Mc 8, 32) montre comment il comprenait le titre qu’il vient de donner à Jésus (lire les notes TOB sur 8, 32 et 33)

Question 3

• Remarquer le lien entre l’annonce de la Passion et les paroles sur le sort du disciple (cf note TOB sur 8, 34, qui nous renvoie à Lc 9, 23).
• Pour Mc, Jésus s’adresse ici non seulement à ses disciples (cf. 8, 27), mais aussi à la foule (8, 34; cf. Lc 9, 23).
• Etre disciple, c’est suivre Jésus, et plus précisément suivre le Messie crucifié (v. 34 et la note TOB sur le mot “croix”). Quand Mc écrit, il pense peut-être à la mort de Pierre (et des autres chrétiens) pour l’Évangile.
• Sur le “Fils de l’Homme” (8, 38), cf. Mc 8, 31 et la note TOB.

12. – Mc 9, 2-29 : Le Fils bien-aimé plus fort que le mal

L’épisode de la Transfiguration est comme une lumière dans ce contexte sombre des annonces de la Passion. Le Fils bien-aimé du Père est plus fort que le mal comme le montrera la guérison du démoniaque.

1) Sur quoi Mc met-il l’accent dans le récit de la Transfiguration ?
2) Quelle est la difficulté des disciples au sujet du retour d’Élie ? Quelle était leur attente ?
Que leur annonce Jésus ?
Relever dans le récit de Mc 9, 14-19 tout ce qui est dit de Jésus ? Quelle image de Jésus Mc
veut-il nous donner dans ce passage ?

Question 1

• Sur la Transfiguration, voir la note de BJ et TOB.
• Remarquer comment Mc souligne le lien entre Jésus et les trois privilégiés : ils sont seuls avec lui (v. 2); Jésus est avec eux (v. 8).
• La scène de la Transfiguration fait le pendant de la confession de Pierre à Césarée : dans les deux cas, il y a une déclaration sur Jésus (par Pierre, en Mc 8, 29; par “la voix” en Mc 9, 7) suivie chaque fois de l’incompréhension des disciples.

Question 2

• Sur l’attente du retour d’Élie : voir Ml 3, 23-24 et Si 48, 10
• Voir aussi la note de TOB sur Mc 9, 11.
• La pensée de Jésus est exprimée dans les v. 12-13 : il demande aux disciples comment ils concilient l’attente juive d’Élie (voir note TOB sur le v. 12) avec le fait que le Fils de l’homme doit souffrir. Pour Mc, ceci appartient au plan de Dieu révélé dans les Écritures (v. 12; cf. les notes TOB sur 9, 12 et 13).
• Ainsi pour Jésus – et pour l’Évangéliste – le sort de Jean-Baptiste préfigurait celui de Jésus (cf. Mc 1, 14 et la note sur “livré”; Mc 6, 17ss et la note TOB sur le v. 17).

Question 3

• C’est le quatrième exorcisme que Mc rapporte : cf. 1, 23ss; 5, 2ss; 7, 24ss.
• la foule accourt vers Jésus; elle est remuée (le même mot se lit en Mc 14, 33 et Mc 16, 5-6).
• L’homme avait amené son fils à Jésus : v. 17 : “je t’ai amené…”
• C’est Jésus qui conduit le dialogue : v. 16 et 21s.
• Jésus menace et expulse l’esprit muet que les disciples n’avaient pu chasser ; voir la note TOB sur le v. 18, qui nous renvoie à Mc 3, 27 : le démon est “le fort”, mais Jésus est “le plus fort”, cf. note TOB sur Mc 3, 27.
• A noter encore les v. 26-27 : l’enfant est comme mort, mais Jésus le relève ( = le “ressuscite”).

13. – Mc 9, 30-50 : la deuxième annonce de la Passion

Jésus est en route vers Jérusalem. Pour la deuxième fois, il annonce à ceux qui le suivent le destin qui l’attend dans la ville sainte. Mais l’esprit des disciples reste fermé à cette perspective.

1) Comparer cette deuxième annonce de la Passion avec la première: quelles différences voyez-vous ? Quels éléments retrouvez-vous ?
2) Après l’annonce de la Passion et l’incompréhension des disciples, Mc place un enseignement de Jésus aux Douze : quelle est la signification des v. 35-37 ?
La question de Jean (v. 38) fait rebondir le dialogue : que retenir des v. 38-50 ?

Question 1

• La première annonce avait lieu à Césarée de Philippe (cf. 8, 27), au nord de la Galilée; ici Jésus traverse la Galilée (v. 30) : il est sur le chemin de Jérusalem.
• La seconde annonce est plus concise, moins détaillée; elle est probablement plus proche des paroles de Jésus.
• La première disait “il faut que le Fils de l’Homme soit livré…”; ici Jésus dit : “Le Fils de l’Homme est livré… (comparer avec Rm 8, 32; cf. Jn 3, 16). On pourrait sans doute traduire : Dieu a livré le Fils de l’Homme aux mains des hommes; tel est le dessein de Dieu pour triompher du mal par des moyens étonnants.
• Comme lors de la première, ici non plus les disciples ne comprennent pas : v. 32 et v. 33-34.

Question 2

• Noter le début du v. 35 qui souligne l’importance : Jésus s’arrête, il appelle les Douze.
• Le v. 34 parlait du “plus grand ”; le v. 35 oppose le premier au dernier ; au v. 37 il est question de l’accueil d’un enfant au nom de Jésus. Il y a donc une certaine incohérence dans ce passage, mais toutes ces paroles de Jésus soulignent le changement de comportement qu’il propose à ceux qui veulent suivre le Fils de l’Homme (cf. v. 31).
• Sur la notion de l’enfant, voir la note TOB sur le v. 37, qui nous renvoie à celle sur Mt 18, 3.

Question 3

• La BJ nous donne en marge de Mc 9, 38 la référence de Nb 11, 28 : comme Moïse, Jésus dénonce l’étroitesse de vue des disciples.
• Sur l’invocation du nom de Jésus : voir Ac 3, 16 + (cité en marge dans BJ).
• Les v. 42-50 regroupent plusieurs paroles sur le scandale; sur ce mot, voir la note de TOB sur Mt 5, 29.
• Le scandale peut mettre en danger un “petit”, c-à-d. un chrétien faible dans sa foi (v. 42) ou être une occasion de péché pour soi-même (v. 43-48)
• Noter l’opposition entre : entrer dans la vie / être jeté dans la géhenne (v. 43. 45. 47) qui marque l’enjeu.
• Sur la géhenne: voir Is 66, 24 (en marge dans BJ) et en TOB la note sur Mt 5, 22.

14. – Mc 10, 1-31 : Sur le chemin de Jérusalem : trois paroles de Jésus

C’est sur le chemin vers Jérusalem que Mc place ces paroles de Jésus qui témoignent de la réflexion de l’Église primitive : comment suivre concrètement le chemin ouvert par le Fils de l’Homme.

1) Dans la parole sur le divorce, relever ce qui est particulier à Mc (en faisant une comparaison rapide avec le texte parallèle de Mt) et expliquer.
2) Quel est l’enseignement des v. 13-16 ? Expliquer l’attitude des disciples.
3) Comment est construit l’enseignement sur la richesse (v. 17-31) ? Que faire pour avoir la vie éternelle ?

Question 1

• Selon Mc la demande des Pharisiens est un piège (v. 2 et la note de TOB).
• Chez Mt, la question est différente : à quelle condition peut-on répudier (cf Mt 19, 3 et note TOB sur ce verset); chez Mc, comme chez Lc (cf. Lc 16, 18 et note TOB), la question porte sur le fait même de la répudiation.
• Remarquer que les Pharisiens demandent à Jésus s’il est permis (v. 3-4) alors que Jésus leur demande ce que Moïse a prescrit : voir note TOB sur Mc 10, 4.
• Jésus justifie son point de vue par la Loi de Moïse : Gn 1, 27 et 2, 24.
• Noter l’enseignement particulier donné aux disciples “à la maison “: la BJ donne en marge la référence à Mc 7, 24 +; sur le v. 12, voir la note BJ.

Question 2

• La pensée de Jésus nous est transmise ici non seulement par ses paroles mais aussi par son comportement.
• Pour comprendre l’attitude des disciples (v. 13), voir la note TOB sur le v. 15 et spécialement la fin de cette note.
• Comparer Mc 10, 14 avec Mt 5, 3 !
• A noter au v. 15 : “qui accueille…” (au présent)… entrera (futur) ; le Royaume est une réalité à accueillir maintenant afin d’y entrer à l’avenir.

Question 3

• Le texte oppose la démarche de l’homme riche (v. 17-22) à celle de Pierre et des disciples (v. 28-30) : remarquer l’inclusion “vie éternelle” dans les v. 17 et 31.
• Le riche observe la Loi, mais il ne se sent pas capable de “suivre Jésus” (v. 21) à cause de ses richesses. Au contraire, Pierre – et les disciples – ont suivi Jésus (v. 28; cf. v. 29), “à cause de moi et de l’Évangile “.
• Noter comment Jésus élargit la question (comparer les deux paroles de Jésus dans les v. 23 et 24) : il n’y a pas que les richesses qui peuvent être un obstacle pour répondre à l’appel de Dieu; cf. la parabole de la semence : Mc 4, 1ss et 4, 14-19.
• A noter encore la mention de la persécution au v. 30 : voir la note de TOB.

15. – Mc 10, 32-52 : La troisième annonce de la Passion

Pour la troisième fois Jésus annonce sa Passion et pour la troisième fois l’Évangéliste souligne l’incompréhension des disciples. C’est qu’il n’est pas facile de se faire à l’idée d’un Messie qui doit souffrir.

1) Que retenir de cette troisième annonce de la Passion ?
2) Qu’est-ce que le passage de Mc 10, 35-45 nous apprend sur Jésus et sur les disciples ?
3) Montrer comment la guérison de l’aveugle est à la fois la conclusion de cette section de
l’Évangile et l’ouverture de celle qui va suivre.

Question 1

• Noter la progression géographique : on approche de Jérusalem, mentionnée ici pour la première fois (10, 32; comparer avec 8, 27ss et 9, 30ss).
• sur l’attitude des disciples (v. 32), voir la note TOB; comparer avec Mt et Lc.
• Chez Mc le schéma est toujours le même : annonce de la Passion par Jésus / incompréhension des disciples / enseignement sur la manière de suivre le Christ : ici les v. 33- 34 / 35-37 / 38-45.
• La troisième annonce est plus précise : voir la note TOB sur Mt 20, 19; cette annonce résume en quelques mots le récit de la Passion (voir Mc 14, 43-44. 64; 15, 1-2. 16ss. 25; 16, 1ss) . Cette description détaillée du sort du Fils de l’Homme donne encore plus de relief à la demande de Jacques et de Jean (v. 36).

Question 2

• Ce sont Jacques et Jean qui font preuve d’incompréhension (cf. en BJ Mc 4, 13 +, cité en marge), comme le faisait Pierre en Mc 8, 32-33. Ainsi ceux qui sont les plus proches de Jésus (cf. Mc 5, 37 et 9,2) sont eux aussi incapables d’entrer dans le mystère de Jésus.
• Sur l’attitude des autres du groupe : cf. 10, 41 et déjà 9, 33s.
• Jésus ne rejette pas la demande de Jacques et Jean; il cherche à leur faire comprendre ce que veut dire “être avec lui “(v. 38-40); même attitude à l’égard des Douze (v. 42ss) : la seule hiérarchie à désirer est celle du service, à la suite du Fils de l’Homme serviteur (v. 45), soumis entièrement au Père (v. 40 et notes TOB).
• Sur l’image de la coupe et du baptême, voir les notes de BJ et TOB.
• Sur l’importance de cette parole de Jésus (v. 45) voir note TOB; en donnant sa vie, Jésus se présente comme le “go’el” de tous les hommes (Is 41, 14 +; Mt 20, 28 +).

Question 3

• Jéricho, dernière étape vers Jérusalem (cf. 11, 1); pour la première fois, Jésus accepte le titre messianique de “Fils de David” (note TOB sur v. 47); comparer avec Mc 8, 30 et note TOB.
• En Mc ce récit est le parallèle de celui de Mc 8, 22-26 (propre à Mc); ainsi les trois annonces de la Passion sont encadrées par deux guérisons d’aveugles. Conscient de sa cécité, l’aveugle demande la guérison et peut ainsi “suivre Jésus” : il devient ainsi un exemple pour les disciples.

16. – Mc 11, 1-26 : L’entrée à Jérusalem et la purification du Temple

Jésus arrive au terme de son chemin vers Jérusalem; c’est là que se fera l’accomplissement de son destin. L’entrée dans la ville prend une dimension solennelle par les références à l’Ancien Testament.

1) Comment Mc nous présente-t-il Jésus dans son entrée à Jérusalem ?
2) Pourquoi Jésus purifie-t-il le Temple ? Qu’est-ce qui est propre à Mc dans ce passage ?
3) Comment comprendre l’histoire du figuier ? Et les autres paroles (v. 23-25) ?

Question 1

• C’est Jésus qui prend l’initiative de cette entrée; Mc souligne que tout se passe bien comme Jésus l’avait annoncé.
• Le mont des Oliviers : c’est là, selon Za 14, 4, qu’arrive le Seigneur.
• L’entrée sur un ânon – et non sur un cheval, monture de guerre et de prestige – nous renvoie à Za 9, 9s; cf. les notes de BJ et TOB sur Mt 21, 5 +; voir aussi Gn 49, 11.
• Ici Jésus est appelé “Seigneur” (v. 3 et note TOB).
• Sur le sens de l’acclamation : Jésus est présenté comme le Messie qui entre dans sa ville (note TOB sur v. 10); comparer encore Mc 11, 8 avec 1 R 1, 33 et 2 R 9, 13 .
• Selon Mc, la purification du Temple n’a pas lieu immédiatement : Jésus regarde (v. 11 et note TOB) autour de lui et sort de la ville.

Question 2

• Sur le sens du geste de Jésus (v. 15 et note TOB, avec le renvoi à Za 14, 21 où il est question de la fête des Tentes qui deviendra universelle dans un Temple purifié.
• Jésus veut empêcher le trafic dans le Temple – plus exactement dans le parvis des païens -; de plus, il interdit d’utiliser le Temple comme lieu de passage (v. 16 et note TOB).
• Mc seul ajoute “maison de prières pour toutes les nations “ comme le disait Is 56,7.
• A noter encore les deux mentions de l’enseignement de Jésus (v. 17 et 18) et son effet sur la foule.

Question 3

• L’histoire du figuier encadre la purification du Temple : Mc utilise plusieurs fois ce genre de construction : voir note TOB sur Mc 3, 20.
• Le sort du figuier laisse deviner ce qui adviendra du Temple où le Messie ne trouve pas les fruits qu’il cherche. Sur ce passage, voir la note de TOB : c’est un geste symbolique, un “signe” que les disciples (qui écoutaient : v. 14) ne comprendront que plus tard.
• Le figuier, comme la vigne, (cf. Mc 12, 1-12) est le symbole du peuple de l’alliance : cf. Jr 8, 13.
• A la suite de la remarque de Pierre (v. 21), Mc ajoute ici trois paroles de Jésus sur la foi, la prière et le pardon : voir en TOB les notes sur les v. 23. 24. 25.

17. – Mc 11, 27 – 12, 44 : Les disputes théologiques à Jérusalem

Suite à l’”affaire du Temple”, la question se pose plus que jamais sur l’autorité de Jésus. D’où une série de trois controverses qui font le pendant de celles du début du ministère (Mc 2, 1 – 3, 6).

1) Comment peut-on voir l’importance de ce passage pour l’Évangéliste ? Où place-t-il l’action ? Qui sont les acteurs ? Quel est l’enjeu ?
2) La parabole de Mc 12, 1-12 : à qui Jésus s’adresse-t-il ? Que veut-il dire ? Comment la communauté chrétienne a-t-elle compris cette parabole ?
3) montrer comment dans les trois controverses (Mc 12, 13-34), la réponse de Jésus dépasse chaque fois la question qui lui était posée.

Question 1

• Toute cette scène est placée par Mc à Jérusalem, dans le Temple (11, 27; cf. 13, 1) : c’est là qu’a lieu la confrontation de Jésus avec les autorités religieuses.
• Face à Jésus interviennent tour à tour les Grands-Prêtres, les scribes et les anciens (11, 28 et note TOB), puis les Pharisiens et les Hérodiens (12, 13 en note TOB; en BJ, voir Mt 22, 16 +), enfin des Sadducéens (12, 18 et note TOB; en BJ, voir Mt 22, 23 +). Mais on trouve aussi la foule ( 11, 32; 12, 12. 37) et les disciples (12, 43).
• L’enjeu du débat est l’autorité de Jésus (11, 28 et note TOB; en BJ voir Mt 21, 23 +).
• Pour l’Évangéliste, c’est le début du procès de Jésus; comparer cet affrontement de Jésus avec ses adversaires avec celui du début du ministère (Mc 2, 1 – 3, 6).

Question 2

• Chez Mc (cf. Lc) la parabole des Vignerons suit immédiatement la question sur l’autorité de Jésus : elle s’adresse donc aux personnages mentionnés en Mc 11, 27.
• Sur le sens de cette parabole, voir les notes sur Mt 21, 33-46 en BJ et en TOB.
• Pour l’image de la vigne dans la Bible, cf. Is 5, 1 + ; la vigne est une désignation du peuple élu : cf. la note de TOB sur Mc 12, 1.
• En Is 5, le prophète reprochait à la vigne de ne pas produire les fruits que Dieu attendait; ici Jésus reproche aux responsables du peuple de ne pas donner à Dieu les fruits auxquels il a droit (v. 2). C’est pourquoi la vigne leur sera enlevée et donnée à d’autres (v. 9).
• Sur l’identité du fils bien-aimé, voir la note TOB sur Mc 12, 6; la BJ donne en marge un renvoi à Jn 3, 16-17. Dans l’église primitive, la parabole s’est enrichie à la lumière de l’AT : cf. les notes de TOB sur Mt 21, 33 et 42.

Question 3

• Sur les trois controverses, voir la note de TOB sur Mc 12, 13.
• Par leur question sur l’impôt, les adversaires voudraient rendre Jésus suspect au peuple ou à l’autorité romaine. Sur la réponse de Jésus, voir TOB sur Mc 12, 17.
• Aux Sadducéens, Jésus reproche d’imaginer le monde futur sur le modèle du présent (v. 24-25); de plus, pour lui cette foi en la résurrection rend pleinement compte de la révélation de Dieu (note TOB sur Mc 12, 26; en BJ sur Mt 22, 32 +).
• En Mc 12, 28-34 Jésus répond à la question posée, mais il ajoute le v. 31.

18. – Mc 13, 1-37 : “Prenez garde… veillez !”

C’est maintenant un discours adressé aux disciples : Jésus parle de la ruine du Temple et des bouleversements qu’elle représente pour le monde juif.

1) Comment est composée la première partie de ce chapitre (v. 1-23) ? Sur quoi insiste le
texte ?
2) Expliquer les références à l’Ancien Testament en Mc 13, 24-27.
3) Quel est le message des deux paraboles qui concluent Mc 13 : pour les auditeurs de
l’Évangéliste ? Et pour nous, aujourd’hui ?

Question 1

• Après l’introduction qui répond à la question d’un des disciples (v. 1), vient la double question des quatre premiers disciples (voir les notes TOB sur Mc 13, 3 et 4). Dans le discours de Jésus(v. 5ss) noter l’appel répété à prendre garde : v. 5. 9. 23; cf. 33.
• D’abord les disciples sont exhortés à prendre garde à ce qui peut désorienter leur foi (v. 5 et 22 et note TOB sur 13, 22). Une autre épreuve sera la persécution (v. 9-13) que les chrétiens contemporains de Mc connaissent.
• Sur la grande détresse (cf. note TOB sur Mc 13, 14). Noter que tout ceci n’est pas le signe de la fin des temps (cf. v. 7 et 13), mais le début de l’enfantement (v. 8 et note TOB) d’un monde nouveau.

Question 2

• Sur cet emploi des textes de l’AT, voir en BJ la note sur Mc 13, 24 +; cf. aussi les notes sur Mt 24, 29 +; 24, 30 +; lire aussi en TOB la note sur Mt 24, 29.
• Sur le Fils de l’Homme, voir en BJ Mt 8, 20 +; en TOB, voir la note sur Mc 13, 26.
• Pour le rassemblement des élus, voir les notes BJ et TOB sur Mt 24, 31 +.

Question 3

• La parabole du figuier répond en partie à la question de Mc 13, 4 : comme les pousses du figuier annoncent l’été, ainsi certains signes annoncent la venue du Fils de l’Homme : cf la note TOB sur Mc 13, 29 et le renvoi au parallèle de Mt.
• La génération du v. 30 peut être celle de Jésus, mais cela reste imprécis (note TOB).
• Dans le v. 31, Jésus compare sa parole à celle de Dieu (cf. Is 40, 8 et 51, 6, citée en marge de BJ sur le texte parallèle de Mt).
• Sur le v. 32, voir la note TOB ou celle de BJ sur Mt 24, 36.
• La parabole du portier n’envisage le retour du maître que de nuit, (cf. la note BJ sur 13, 35), peut-être parce que la venue du maître, c’est le “Jour du Seigneur”.
• Remarquer l’insistance sur l’impossibilité de savoir quand (v. 33 et 36) et sur l’invitation à veiller (v. 33. 35. 37).
• Pour les premiers lecteurs de Mc, ce texte peut être comparé à ce qu’écrivait Paul en 1 Th 5, 1ss ( cf. les notes de BJ ou TOB sur ce passage).

19. – Mc 14, 1-42 : Jésus devant sa mort

Le récit de la Passion tient une grande place dans la tradition évangélique : il témoigne de la réflexion des croyants sur cette étape bien mystérieuse.

1) Quels sont les projets des différents personnages qui interviennent en Mc 14, 1-16 ?
2) Comment Mc nous présente-t-il les convives du repas pascal (v. 17-31) ?
3) Mc nous invite à contempler Jésus à Gethsémani : que découvrons-nous ?

Question 1

• Les grands-prêtres et les scribes préparent la mort de Jésus (14, 1-2; cf. déjà 12, 12); ils veulent éviter que la fête soit troublée.
• La femme offre à Jésus ce parfum de grand prix (14, 8-9 et notes TOB) : par là, elle parfume d’avance le corps de Jésus pour l’ensevelissement.
• Judas, l’un des Douze (cf. 3, 19) se prépare à livrer Jésus (v. 10-11).
• Jésus prépare sa Pâque : il envoie deux disciples pour les préparatifs (14, 12ss) et il donnera à cette Pâque une signification nouvelle : cf. 14, 22ss et la note TOB sur Mt 26, 26. Sur l’importance de la Pâque : Mc 14, 1. 2. 12. 14. 16; cf. notes TOB sur 14, 1 et les deux notes sur 14, 12.

Question 2

• L’institution de l’Eucharistie se trouve entre l’annonce de la trahison de Judas (v. 17-21) et celle de la fuite des disciples et du reniement de Pierre (v. 26-31).
• Pour la trahison, noter l’insistance sur “Judas, l’un des Douze”; cf. aussi la question posée par chacun à Jésus : ”serait-ce moi ?”
• L’allusion au Ps 41(40), 10 nous rappelle que ce qui va arriver entre dans le dessein de Dieu. Sur l’annonce de la dispersion des disciples : cf. Za 13, 7 et la note BJ.
• Au cours du repas, Jésus fait les gestes habituels de celui qui préside (rompre le pain après avoir rendu grâces…), mais il donne à ces gestes une signification nouvelle par les paroles qui font le lien avec sa mort prochaine; cf. en BJ et en TOB les notes sur Mt 26, 28 +.

Question 3

• Jésus est avec ses disciples, spécialement Pierre, Jacques et Jean (cf. Mc 5, 37) et pourtant il est seul : voir note TOB sur Mc 14, 33.
• Comme à la Transfiguration, les disciples sont déroutés par ce qu’ils découvrent de Jésus (comparer 14, 40 avec 9, 6; cf. la note TOB sur Mc 14, 37)
• Jésus est saisi d’effroi (v. 33); il tombait à terre (v. 35) parce que son “heure” est venue (note TOB sur v. 35); noter les allées et venues vers les disciples (v. 37. 40. 41) comme à la recherche d’un peu d’aide et de soutien.
• Sa prière est celle du Psalmiste moqué par ses ennemis : lire le Ps 42, spécialement les v. 4-6 et 11-12.
• C’est aussi la prière du Fils : v. 36 et notes TOB et BJ : la prière de l’enfant qui se remet entre les mains de son père.

20. – Mc 14, 43 – 15, 47 : L’arrestation et la mort de Jésus

La deuxième séquence de la Passion nous mène au coeur du drame : Jésus est jugé par les autorités religieuses de son peuple; il est condamné et mis à mort par le pouvoir romain.

1) Qui sont les acteurs dans ce récit ? Comment se situent-ils par rapport à Jésus ?
2) Relever les références AT utilisées (signalées surtout en marge de Mt) et montrer comment
elles aident à comprendre le scandale d’un Messie crucifié.
3) Quels sont les titres donnés à Jésus dans ce récit ? Et leur importance ?

Question 1

• Le groupe des Douze et en particulier Judas et Pierre.
• Le Grand-Prêtre, les grands-prêtres, scribes et anciens (cf. note TOB sur v. 43)
• Pilate qui tente de sauver Jésus (15, 9ss), puis cède (v. 15)
• La foule qui se laisse manoeuvrer par les grands-prêtres; les soldats qui se moquent du “roi des Juifs”, les malfaiteurs qui l’injurient (15, 32).
• Simon de Cyrène (cf. note TOB sur Mc 15, 21); les femmes – qui n’apparaissent pas avant en Mc – sont là comme témoins de la mort et de l’ensevelissement de Jésus; on les retrouvera à la Résurrection.

Question 2

• Noter l’abondance des références scripturaires :”ce récit ne veut pas émouvoir, il veut faire réfléchir, faire comprendre comment un Messie crucifié peut entrer dans le plan de Dieu.” (J. Delorme)
• Le Ps 22 est cité 4 fois . le juste souffrant qui s’est remis au Seigneur; entouré d’ennemis, il crie sa plainte et dit son espérance d’être sauvé par Dieu..
• Is 52-53 : voir la note de BJ sur Is 42, 1 + et celle sur Is 52, 13 +.
• Le Ps 69 revient deux fois : Mc 15, 23. 36 (voir en BJ la note sur le titre du Ps).
• Cf . encore Mc 15, 29-32 : Lm 2, 15; Jr 18, 16; Sg 2, 18-20; sur Mc 14, 62 : Ps 110, 1 et Dn 7, 13.
• Toutes ces citations témoignent de l’effort et de la réflexion des premiers croyants pour entrer dans le mystère de la croix à la lumière de la Parole de Dieu.

Question 3

• Roi des Juifs (15, 2) : il est appelé ainsi par Pilate, mais la réponse de Jésus marque une réserve (cf. note TOB sur Mc 15, 2), car cette expression est ambiguë.
• Messie, Fils du Béni (cf. TOB sur Mc 14, 61) : Jésus répond par l’affirmative à la question du Grand-Prêtre (Mc 14, 62 et note TOB).
• Fils de Dieu (Mc 15, 39) : le titre est donné par le centurion païen : voir la note TOB.
• Comparer ces titres avec Mc 1, 1 et avec les défenses faites au cours de l’Évangile de dire qui est Jésus (cf. Mc 1, 34; 8, 30 et les notes TOB sur ces versets). Maintenant que Jésus est mort, sa véritable identité peut être dévoilée : le Messie, le Fils de Dieu, c’est le Crucifié.

21. – Mc 16, 1-8 : Le tombeau ouvert et le message de Pâques

Quelques lignes suffisent à Mc pour nous mettre devant le message de Pâques. Une fois de plus, le dessein de Dieu est déroutant et il ne peut être reçu que dans la foi.

1) Qui sont les personnages qui interviennent ? Que font-ils ?
2) Réfléchir sur le message des v. 6-7.
3) Le récit de Mc s’arrête brusquement au v. 8 : comment comprendre ce verset ?

Question 1

• Il y a les femmes (cf. Mc 15, 40-41 et 47 où elles sont les témoins de la mort et de la mise au tombeau). Dans le récit, elles assurent le lien entre les événements.
• Leur projet est de venir oindre le corps : de grand matin, le premier jour de la semaine ( = notre dimanche), elles viennent à la tombe.
• Sur leur dialogue, voir la note TOB sur Mc 16, 3.
• Elles vont de surprise en surprise (v. 4; puis v. 5). Leur frayeur (note TOB sur le v. 5) n’est pas une peur psychologique mais religieuse : cf. Mc 1, 27; 9, 15; 10, 24. 32; cf. encore la note TOB sur Mc 1, 27.
• Elles reçoivent ici un message (v. 6-7); sur leur réaction : (v. 8 et note TOB).
• D’autre part, il y a le jeune homme ; la robe blanche le qualifie comme personnage céleste (voir note TOB sur v. 5); il apporte un message.

Question 2

• C’est le message de Pâques exprimé dans les termes traditionnels du kérygme (cf. note TOB sur v. 6) : la Résurrection de Jésus est l’oeuvre de Dieu : il est ressuscité (sous-entendu : par Dieu).
• Ce message est donné par un personnage céleste, car l’annonce de la Résurrection nous est donnée comme une Parole de Dieu; elle ne peut être déduite de la mort de Jésus et du tombeau vide.
• Ce message concerne Jésus de Nazareth, le crucifié que Dieu a ressuscité (cf. note TOB sur v. 6).
• A noter le rendez-vous en Galilée (v. 7; cf. Mc 14, 28) et la place donnée à Pierre.

Question 3

• La fuite des femmes, leur effroi, leur silence mettent en relief la transcendance de l’action de Dieu. Le projet, soigneusement préparé (venir oindre le corps), est dépassé par ce que Dieu fait et révèle dans la Résurrection de Jésus.
• D’autre part, le silence des femmes fait que le regroupement en Galilée n’est dû qu’à l’action du Ressuscité (cf. Mc 14, 28).
• Comme tout au long de l’Évangile de Mc, l’homme est ici dépassé par ce que Dieu fait et révèle dans la vie, la mort et la Résurrection de Jésus.

A L’ECOUTE DE L’EVANGILE SELON SAINT JEAN

bergerEn parcourant successivement les Évangiles de Matthieu, Marc et Luc, le lecteur peut avoir l’impression de relire trois fois la même histoire. Mais en abordant le Quatrième Évangile, il sentira dès les premières pages, qu’il se trouve dans un monde différent.
Ce n’est pas que Jean veuille faire autre chose que ceux qui l’ont précédé. Comme eux, il entend bien nous parler de Jésus de Nazareth, de sa vie et de sa mort pour nous, de sa Résurrection. Comme eux, il n’écrit pas simplement pour rapporter des faits intéressants qui concerneraient Jésus. S’il écrit, c’est pour amener son lecteur à reconnaître en cet homme, le Christ, le Fils de Dieu, comme il le dit expressément à la fin de son livret (cf. Jn 20, 31).

Mais sa démarche porte la marque de la forte personnalité de l’auteur. Alors que les Synoptiques nous racontent la vie de Jésus dans un cadre très simplifié, venu de la première prédication (le baptême de Jean-Baptiste – le ministère en Galilée – la montée à Jérusalem – la mort et la Résurrection), le Quatrième Évangile nous offre une présentation bien différente.

Tout d’abord, la vie publique de Jésus s’étend pour lui sur deux à trois ans (Jn nous parle de trois “Pâque” dans la vie de Jésus : Jn 2.13; 6, 4 et 11, 55).
Ensuite, contrairement aux Synoptiques, pour Jn la vie de Jésus en Judée tient une place beaucoup plus importante : souvent Jésus est à Jérusalem et même dans le Temple.
Enfin, au lieu de rassembler, comme les trois premiers évangiles, une quantité de paroles et de faits concernant Jésus, cet Évangéliste n’en a retenu que quelques uns sur lesquels il a longuement médité et dont il voudrait nous faire percevoir toute la richesse.
C’est dire que, plus que tous les autres Évangiles, celui de Jean doit se lire comme un tout ou, au moins, par grandes tranches sous peine de perdre une bonne partie de sa saveur et de son message.

Pour nous parler de ce Jésus qu’il a connu comme un ami et en qui il reconnaît main-tenant le Verbe, la Parole de Dieu, l’Évangéliste utilise un vocabulaire très simple et même pauvre. Et pourtant sa lecture n’est pas aisée : nous sommes déconcertés par cette pensée qui progresse en spirale, revenant sans cesse sur les mêmes thèmes pour les approfondir, les prolonger. Nous sommes surpris par l’usage fréquent que l’auteur fait du quiproquo (cf. Jn 2, 19 et la note BJ), et notre pensée, souvent cartésienne, peut se sentir mal à l’aise devant les allusions et le symbolisme de certaines pages.

À la fin du deuxième siècle, Clément d’Alexandrie avait parfaitement exprimé le carac-tère particulier de cet Évangile en l’appelant l’Évangile spirituel. Et c’est bien d’Esprit qu’il s’agit. Moins encore que ces prédécesseurs, Jean ne se contente pas d’une reproduction littérale des paroles de Jésus, qui nous serait d’ailleurs de peu d’utilité. Comme l’écrivait W. THÜSING, c’est “d’une mémoire de l’Esprit saint qu’il s’agit, c’est-à-dire d’une interprétation du message du Christ par l’Église vivant dans l’Esprit.”

Une telle compréhension, Jean le souligne à plusieurs reprises, n’était possible qu’après Pâques, par le don de l’Esprit et grâce à l’expérience ecclésiale.

Quelques remarques pour l’étude

Le texte de l’évangile selon s. Jean se prête mieux que les Synoptiques à un découpage par grands ensembles. Pourtant il reste bien des points où les spécialistes ne s’accordent pas. La logique de l’évangéliste n’est pas la nôtre et il ne nous est pas toujours facile de la suivre et de savoir avec précision où commence et où finit son développement. Il faut également compter avec un certain désordre dans la composition dont témoignent certains passages, sans qu’il nous soit possible aujourd’hui d’y remédier. C’est donc dire que le découpage proposé dans les études qui suivent peut être parfois discutable.

Si l’on se sert de la Bible de Jérusalem, il faudra se souvenir que pour les passages où Jn se rapproche des Synoptiques, les notes et les références marginales peuvent se trouver sur le texte de Mt.

La traduction Oecuménique de la Bible (TOB, édition intégrale) nous offre habi-tuellement des notes plus riches que celles que nous pouvions trouver dans la Bible de Jérusalem. Le travail proposé ici y fait souvent référence. Comme la pagination de la TOB a varié selon les éditions, nous indiquerons toujours les notes par le verset sur lequel elles sont placées (et non par la lettre et par la page).

Ces quelques pistes de réflexion ne peuvent – et ne prétendent pas – mettre en valeur toutes les richesses des passages proposés par l’étude. Elles auront pourtant atteint leur but si elles permettent d’attirer l’attention sur l’un ou l’autre aspect du texte et si elles aident à lire l’Évangile d’une manière plus précise et plus profonde.

1. – Jn 1, 1-18 : Le Verbe s’est fait chair…

Le prologue n’est pas le commencent de l’Évangile selon s. Jean; il en est un raccourci saisissant. En quelques lignes, cette hymne au Christ évoque tous les principaux thèmes du Quatrième Évangile.

1) Qu’est-ce que ce texte m’apprend sur Jésus ? Relever les mots utilisés pour parler de lui et chercher à les expliquer.
2) D’après ce passage de Jn quel est le rôle du Verbe avant et après l’Incarnation ?
3) Quelle place le prologue fait-il au Baptiste ?

Question 1

 Il est le Verbe ( = Parole) : sur ce mot, voir la note BJ sur Jn 1, 1 ainsi que les notes TOB sur Jn 1, 1 et 1, 3.
 Le Verbe était tourné vers Dieu : cf la note TOB sur cette expression (Jn 1, 1).
 Il est la vie : cf. Jn 3, 35 + (cité en marge par BJ), la lumière (cf. en BJ Jn 8, 12 + et en TOB les notes sur Jn 1, 4 et 1, 9.
 Il s’est fait chair : voir en BJ et en TOB les notes sur cette expression.
 Il est le Fils unique (v. 14 et 18), le seul qui a vu Dieu (cf. en BJ la référence marginale à Ex 33, 20 +; en TOB, voir la note sur Jn 1, 18); il peut donc nous le révéler.
 Comparé à Moïse, le plus grand personnage de l’AT, Jésus le dépasse : v. 17-18.

Question 2

 Son activité dans la création (Jn 1, 3 et note TOB) est déjà une manifestation de Dieu (note TOB sur Jn 1, 5), pour tout homme (notes TOB sur Jn 1, 9 et 10).
 Cette révélation n’est reçue ni par le monde (Jn 1, 10 et note BJ), ni par les siens (Israël ? : note TOB sur Jn 1, 11). Mais ceux qui l’accueillent ( = ceux qui croient en son nom : v. 12 et note TOB), deviennent enfants de Dieu (cf. note TOB sur la fin du v. 12; voir aussi les références indiquées).
 Devenu “chair”, il a planté sa tente parmi les hommes : Jn 1, 14 et notes de TOB; il est devenu le lieu de la Présence de Dieu, le révélant comme Père (v. 14; par là, il amène la révélation donnée jadis par Moïse à son accomplissement : v. 16-18.

Question 3

 Voir Jn 1, 6-8 et 1, 15 : comme chez les Synoptiques, Jn souligne la place de Jean-Baptiste. Cf. Mt 3, 1 et les parallèles.
 Pour Jn, le Baptiste est avant tout un témoin : voir note TOB sur Jn 1, 7.
 Remarquer l’opposition entre Jn 1, 9 et 1, 9; cf. encore Jn 5, 35.
 Sur les places respectives de Jean et de Jésus : cf. Jn 1, 15 et la note TOB.

Pour continuer la réflexion :
Qu’est-ce qui interroge ma foi dans ce texte : le fait que Dieu s’est fait “chair” (v. 14) ? La possibilité que nous avons de l’accueillir ou de le refuser (v. 5. 10-11) ? Notre vocation d’enfants de Dieu (v. 12) ?

2. – Jn 1, 19 – 51 : De Jean-Baptiste à l’Agneau de Dieu

Dès la première scène de l’Évangile, nous sommes invités à découvrir l’originalité de Jn par rapport aux autres Évangiles : dans sa présentation du Baptiste, dans les titres qu’il donne à Jésus, dans la manière dont il relate la vocation des premiers disciples.

1) Relever ce que ce texte nous apprend du Baptiste : comment se définit-il ? Quel est son rôle ?
2) Qui est Jésus ? Que fait-il ? Relever et expliquer les différents titres qui lui sont donnés.
3) Comment est présentée ici la vocation des disciples ? D’après ce texte, que signifie être disciple ?

Question 1

 Son témoignage comprend deux parties : ce qu’il n’est pas (v. 20-21) et ce qu’il est (v. 23); cf. aussi Jn 1, 7-8.
 Il baptise dans l’eau (v. 26) et il est très inférieur à “celui qui vient après lui “ (v. 26-27).
 Il identifie “celui qui vient après lui “ avec Jésus (v. 29-30) et il lui rend témoignage (v. 32-34) devant ses disciples (v. 35).
 A partir de ce moment, Jean n’est plus mentionné dans cette scène.
 Alors que dans les Synoptiques, Jean-Baptiste apparaît comme le prophète du jugement et de la conversion (cf. Mt 3, 7-10 et //), chez Jn son rôle est uniquement de rendre témoignage à Jésus.

Question 2

 “celui qui se tient au milieu de vous “ (v. 26-27), mais “qui est avant moi “ cf. Jn 1, 15.
 Il est l’Agneau de Dieu : v. 29. 36 et les notes BJ et TOB sur Jn 1, 29.
 Il est celui sur qui l’Esprit est descendu et demeure : v. 32-33 et note TOB; celui qui baptise dans l’Esprit Saint : v. 33 et note BJ.
 Il est le Fils de Dieu : v. 34 et 49 et la note BJ sur Jn 1, 49, nous renvoyant à Mt 4, 3 +. Il est le Messie ( = le Christ : v. 41); celui dont il est écrit dans la Loi de Moïse (v. 45); Jésus, fils de Joseph de Nazareth (v. 49); le Fils de l’homme (v. 49) et la note de TOB; en BJ voir la note sur Mt 8, 20 +.

Question 3

 Les deux premiers disciples suivaient Jean avant de suivre Jésus.
 Noter l’importance donnée aux liens humains : André amène son frère Simon à Jésus (v. 41-42); Philippe est de la même ville qu’André et Pierre et il amène à Jésus Nathanaël (v. 45).
 Parmi les 4 premiers disciples, 2 ont un nom sémitique (Simon et Nathanaël) et 2 un non grec (Philippe et André) : peut-être Jn veut-il ainsi signifier l’universalité de l’appel à suivre Jésus ?
 Noter l’importance des verbes chercher / trouver (v. 38. 41. 45), suivre (v. 37. 41. 43), demeurer (v. 38-39). Toutes ces démarches aboutissent à une rencontre personnelle avec Jésus (v. 39. 42. 46ss).

Pour continuer la réflexion :
Lire le Ps 27 (26) et la note de BJ sur 27, 8 + ; prier ce Psaume.

3. – Jn 2, 1 – 25 : Le vin des noces et le Temple véritable

Les deux premiers épisodes du ministère de Jésus, tels que nous les présente Jn, font appel à deux thème bibliques importants : celui des noces et celui du Temple. À tous deux, la présence de Jésus apporte quelque chose de nouveau.

1) Lire Jn 2, 1-12 et relever ce qui vous paraît significatif.
2) Comparer le récit de la purification du Temple en Jn avec celui de Mc 11, 15-17 : qu’est-ce qui est propre à Jn ? Sur quoi l’Évangéliste insiste-t-il ?
3) Dans la perspective de Jn, le signe de Cana et la purification du Temple sont déjà des annonces du signe par excellence que sera l’exaltation de Jésus : pouvez-vous en relever les indices ?

Question 1

 Jn nous montre Jésus prenant part à une noce. Sur ce thème des noces comme image de la joie messianique, cf. Jn 3, 29 et notes BJ et TOB . Comparer aussi cette présentation de Jésus avec celle de Jean-Baptiste en Mt 11, 18.
 Noter la place importante donnée à la mère de Jésus (v. 1. 3. 5. 12); dans Jn, elle n’apparaît qu’ici et à la croix (Jn 19, 25): voir la note BJ sur Jn 2, 1.
 Le thème de l’Heure : Jn 2, 4 et les notes BJ et TOB.
 L’eau des purifications (rite juif) est remplacée par un vin nouveau et meilleur. Noter au v. 3 : “ils n’ont pas de vin : ce n’est qu’avec Jésus que le vin de la joie messianique est donné.
 Ce premier signe (Jn 2, 11 et notes BJ et TOB) commence à révéler la gloire de Jésus : cf. aussi Jn 1, 14 (cité en marge).

Question 2

 Chez Mc – comme chez Mt et Lc – , la scène se passe à la fin du ministère de Jésus; chez Jn, elle a lieu lors de la première Pâque : Jn 2, 13 (cf. 6, 4 et 11, 55).
 Jn réunit la purification du Temple (v. 13-17) , la question sur l’autorité de Jésus (v. 18) la déclaration de Jésus (v. 19) que les Synoptiques placent ailleurs : comparer les références marginales !
 Sur la parole de Jésus (Jn 2, 16), comparer avec celle donnée en Mc 11, 17 : pour Jn, Jésus se présente comme le Fils (la maison de mon Père ).
 Jésus chasse du Temple les brebis et les boeufs (victimes pascales selon Dt 16, 2), marquent ainsi la fin de la Pâque des Juifs.
 Noter aussi l’utilisation de la “méprise johannique” : cf. Jn 2, 19 et la note BJ)

Question 3

 La mention du “troisième jour “ : Jn 2, 1; cf. aussi le thème de l’Heure : Jn 2, 4.
 Le souvenir des disciples : Jn 2, 17 et 2, 22 et les notes TOB.
 L’opposition entre “détruire / relever “(v. 19 et note TOB) et la mention du corps de Jésus que l’on retrouvera en Jn 19, 38. 40 (cf. Jn 2, 21 et note BJ).
 Noter également la présence de “la mère de Jésus “ à Cana et au Calvaire : Jn 19, 25; cf. Jn 2, 1 +.

Pour continuer la réflexion

Jn 2, 22 : les disciples crurent à l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite “ : qu’est-ce que cela signifie ? Quelle interpellation pour nous ?

4. – Jn 3, 1 – 36 : Renaître d’en-haut

La rencontre de Nicodème avec Jésus et la discussion sur la nouvelle naissance occupent toute la première partie du chapitre (v. 1-21): elle se prolonge même en Jn 31-36, par-dessus le témoignage que Jean-Baptiste rend à Jésus (Jn 3. 22-30).

1) D’après Jn, qui est Nicodème ? Que savons-nous de lui ? Qui représente-t-il ?
2) De quelle naissance parle Jésus ? Qu’est-ce qui est nouveau ?
3) En Jn 3, 11-21, quel est le don que Dieu a fait au monde ? Pourquoi ? Que signifient ici salut et jugement ?

Question 1

 Nicodème est un Pharisien, un notable (note TOB sur Jn 3, 1), un maître en Israël (v. 10). On le retrouvera en Jn : voir les références données en marge de Jn 3, 1 par BJ; en TOB, dans la note sur 3, 1.
 En Jn 3, Nicodème vient de nuit trouver Jésus; il reconnaît les signes accomplis par Jésus (v. 2) mais sans pouvoir adhérer entièrement à sa personne (comparer Jn 2, 23-25; cf. aussi Jn 12, 42-43 et la note TOB sur ce texte).
 Remarquer que Nicodème n’apparaît que dans la première partie du discours (v. 1-10); ensuite il n’est plus nommé ; cf. les nous/vous des v. 11-12 au lieu des je/tu des v. 1-10.

Question 2

 Remarquer les introductions solennelles de Jésus aux v. 3. 5. 11 et l’incompréhension de Nicodème : cf. Jn 2, 19 + (cité en marge par BJ).
 Sur “naître d’en-haut “ : v. 3. 7.; voir la note TOB sur le v. 3. Cette nouvelle naissance est indispensable pour “voir le Royaume “ (v. 3), pour y entrer (v. 5). Cette naissance d’eau et d’Esprit est, pour l’Évangéliste, une allusion au baptême chrétien : voir la note BJ sur Jn 3, 5, qui nous renvoie à Jn 1, 33 +.
 Entre la naissance dont parle Nicodème (au v. 4) et celle dont parle Jésus (v. 3, 5, 7), il y a la même différence qu’entre “la chair et l’Esprit “ : voir note TOB sur Jn 3, 6.
 L’image du vent (v. 8) souligne encore le caractère mystérieux de l’Esprit. Sur ce mot, voir les notes BJ et TOB sur Jn 3, 8.
 Nicodème, bien que maître en Israël, ne parvient pas à cette connaissance. Les annonces de l’AT, spécialement Ez 36, 25-26, pouvaient pourtant préparer le chemin, mais seule la foi en Jésus y introduit : voir note TOB sur Jn 3, 10.

Question 3

 Remarquer l’introduction particulièrement solennelle(v. 11-12); cf. aussi la note TOB sur Jn 3, 12; en BJ , voir les notes sur Jn 3, 11 et 3, 12.
 Pour comprendre l’allusion au serpent : lire Nb 21, 8-9 et Sg 16, 5-7.
 sur l’élévation du Fils de l’Homme (v. 14), voir les notes de BJ et de TOB. C’est ici, en Jn, La première des trois annonces de l’élévation : cf. Jn 8, 28 et 12, 32-34.
 Sur Jn 3, 16, lire Gn 22, 16 et Rm 8, 32. Dieu a envoyé son Fils pour sauver le monde (v. 17); le jugement est le résultat du refus de la lumière (v. 19-20).

Pour continuer la réflexion
Relire Jn 3, 13-17 : savons-nous reconnaître et accueillir dans le Crucifié le témoignage de l’amour de Dieu pour le monde et pour chaque homme ?

5. – Jn 4, 1 – 42 : Jésus et la femme de Samarie

Après avoir consacré le chapitre 3 à la rencontre de Jésus avec Nicodème, Jésus se révèle ici à une femme de Samarie (v. 1-42) avant de guérir le fils de l’officier royal, un païen de Capharnaüm. Notre étude se limitera à Jn 4, 1-42.

1) Où est située cette scène de Jn ? Comment progresse le dialogue aux v. 7- 26 ? Quelle révélation Jésus fait-il à cette femme ?
2) Expliquer les v. 27-38 : que font les différents personnages ? Quel est le thème dominant du dialogue de Jésus avec les disciples ?
3) Comment les v. 39-42 sont-ils reliés aux deux scènes précédentes ?

Question 1

 Jésus est en route de la Judée vers la Galilée; il lui faut traverser la Samarie (voir Lc 9, 52-55, cité en marge par BJ), où il va demeurer deux jours (v. 40).
 Fatigué de la route (v. 6), il demande à boire à une femme (les notes de BJ et TOB sur Jn 4, 9).
 Noter l’incompréhension de la femme : v. 9 et 15 ; cf. Jn 2, 19 +.
 Dans les v. 7-15, le verbe “donner” revient 7 fois : on passe de l’eau du puits (cf. en TOB la note sur Jn 4, 14; en BJ, voir la note sur Jn 4, 1 +) à l”l’eau que je donnerai “ (v. 10. 13. 14).
 V.16-18 : la femme reconnaît en Jésus un prophète; elle en profite pour lui poser la question qui divise Juifs et Samaritains (v. 19-20 et les notes TOB).
 Dans la déclaration de Jésus (v. 21ss), noter la solennité du ton et relever ce qui vous paraît le plus important : voir les notes TOB sur Jn 4, 24 et 26; cf. aussi Jn 8, 24 + (cité en marge par BJ).

Question 2

 Il y a passage du dialogue Jésus / Samaritaine à celui de Jésus / disciples
 Les v. 28-30 préparent déjà la finale des v. 39-42. Remarquer que la femme n’affirme pas que Jésus est le Christ; mais elle se pose la question (v. 29).
 Aux v. 31-34 : l’incompréhension des disciples; pour Jésus, la volonté du Père est plus importante que la nourriture du corps : cf. Jn 6, 38-40 et la note BJ sur Jn 4, 34 +.
 Sur la moisson (v. 35-38), voir les notes de BJ ou TOB sur Jn 4, 35; la même image de la moisson se trouve également en Mt 9, 37-38; Lc 10, 2.

Question 3

 La révélation de Jésus à la femme a été transmise aux Samaritains (v. 28-29 et 39); d’autre part, la venue des Samaritains vers Jésus est l’accomplissement de sa parole (v. 35-38). Noter le progrès de Jn 4, 39 à Jn 4, 41-42.
 Sur la confession de foi des Samaritains en Jn 4, 42, voir les notes de BJ ou de TOB. C’est le sommet de la révélation de Jésus, après les v. 12. 19. 25-26 et 29.
 Sur la mission de Jésus en Samarie, cf. Mt 10, 5; mais Ac 8, 5, 17 raconte une mission chez les Samaritains dès les premiers temps de l’Église. Pour l’Évangéliste, cette mission de Jésus en Samarie après celle de Judée (Jn 3), veut exprimer que la mission chrétienne, telle que la conçoit l’Église primitive, correspond bien à la volonté de Jésus et du Père (v. 34).

Pour continuer la réflexion

Que signifie pour nous l’eau vive que Jésus donne ? En avons-nous soif ?

6. – Jn 5, 1- 47 : La révélation du Fils

Avec ce chapitre de l’Évangile commence l’affrontement de Jésus avec les Juifs, le “procès de Jésus” qui s’étend sur Jn 5 – 12. Jn rapporte ici une guérison faite un jour de sabbat et la discussion qui s’ensuit et permet à Jésus de donner un enseignement sur sa mission et sur sa personne.

1) Dans ce récit de guérison relever ce qui vous paraît significatif : où a lieu cette guérison ? Quand ? Comment ? etc…
2) D’après les v. 19-30, qui est Jésus ? Quelle est sa mission ?
3) Relever en Jn 5, 31-47 les différents témoignages qui devraient conduire à Jésus ? Quelle est la cause de l’incroyance ?

Question 1

 Jésus est de nouveau à Jérusalem (v. 11); il est au milieu de malades cherchant leur guérison dans un sanctuaire suspect (v. 2-3); cf aussi les notes de BJ et de TOB.
 Sur le v. 5 (38 ans de maladie), la BJ nous renvoie en marge à Dt 2, 14 : symbolisme voulu par l’Évangéliste ?
 Jésus se révèle comme celui qui apporte la guérison, mais il la donne par sa seule parole (v. 8); et cette guérison n’est pas seulement corporelle (v. 14).
 Sur le miracle lui-même, comparer avec Mc 2, 1-12 et //. Mais ici le récit de miracle se con-tinue par une discussion sur le sabbat (v. 10ss). Au v. 17, noter la réponse “provocante “ de Jésus et la réaction des Juifs : cf. la note BJ sur Jn 5, 17 et celles de TOB sur Jn 5, 17 et 18.

Question 2

 Sur ce discours, voir les notes de BJ sur le v. 19 ( dans l’ancienne édition, note sur Jn 5, 6 +).
 La première partie (v. 19-30) souligne l’unité d’action du Père et du Fils, cf. note TOB sur Jn 5, 19 et en BJ , voir Jn 3, 35 +.
 Jésus est le Fils (ce titre revient 8 fois), le Fils de Dieu (v. 25), le Fils de l’Homme (v. 27). Il est envoyé par le Père (v. 23. 24. 30); il ne peut rien faire par lui-même ( v. 19 et 30).
 Il fait vivre (v. 21), cf. la guérison de l’infirme, mais cette guérison est aussi le signe d’un don supérieur (v. 24-29).
 Il exerce le jugement (v. 22. 27. 30); voir la note BJ sur Jn 5, 22. Comparer avec Jn 3, 17-18.

Question 3

 Le témoignage de Jean (v. 33 et note TOB ; cf. Jn 1, 19-28. Mais Jean était la lampe (cf. Si 48, 1); il n’était pas la Lumière (cf. Jn 1, 8-9).
 Le témoignage des oeuvres (v. 36) est plus grand que celui de Jean, car à travers elles, c’est le témoignage du Père (v. 36-37 et la note TOB sur Jn 5, 37: en BJ, voir Jn 2, 11 + (cité en marge).
 Le témoignage des Écritures (v. 39 et les notes BJ et TOB) : c’est le témoignage de Moïse (v. 45-46).
 Sur la cause profonde de l’incroyance : v. 44 et note TOB.

Pour continuer la réflexion

Jésus accomplit-il encore aujourd’hui ces oeuvres qui rendent témoignage à la vérité de sa mission (cf. Jn 5, 36) ? Lesquelles ?

7. – Jn 6, 1 – 71 : La Pâque du Pain de Vie

L’Évangile selon Jean nous rapporte ici deux miracles que nous rencontrons aussi chez les Synoptiques. Mais l’évangéliste le fait à sa manière et surtout il fait suivre le miracle des pains d’un long discours de Jésus à Capharnaüm.

1) Lire Jn 6, 1-21 : comment Jn rapporte-t-il les deux miracles de Jésus ? Quelle signification leur donne-t-il ? Quelles allusions à l’AT pouvez-vous relever ?
2) Comment comprendre “Je suis le pain de vie” en Jn 6, 26-48 ? Que faut-il faire pour recevoir ce pain de vie ?
3) Quelle signification prend en Jn 6, 49-58 l’expression “pain de vie” ? Quels sont les mots-clés du passage ? Comment les auditeurs réagissent-ils ?

Question 1

 Pour la comparaison de ces deux miracles de Jn avec les Synoptiques, lire les références marginales données dans votre Bible.
 En Jn, où il n’y a que 7 miracles (signes), celui de la multiplication des pains est le quatrième (au milieu des signes) et sa signification est longuement développée par le discours de Capharnaüm.
 La multiplication des pains est faite en présence d’une foule très grande (v. 2. 5. 10); au contraire, seuls les disciples sont témoins de la marche sur la mer.
 Le miracle des pains est mis en relation avec la Pâque (Jn 6, 4 et les notes de BJ et de TOB); chez Jn, c’est Jésus qui a l’initiative ( v. 5-6 : comparer avec Mc 6, 35-36 !). Jésus “sait” : Jn 6, 6 et note TOB; cf. aussi Jn 6, 15). La mention des pains d’orge nous renvoie à 2 R 4, 42-44 et prépare la réaction de la foule (v. 14 et note TOB; en BJ, voir la note sur Jn 1, 21 +).
 La marche de Jésus sur la mer est peut-être une allusion à l’Exode (v. 19 et 21 et notes TOB) noter encore la parole de Jésus en Jn 6, 20 .

Question 2

 Sur cette partie du discours, voir en BJ la note sur Jn 6, 22. Pour les Juifs, ce miracle rappelle celui de la manne (Jn 6, 31 et note BJ et en TOB; cf. Jn 1, 21 +), mais Jésus apporte des corrections à leur interprétation (v. 31-33).
 Le vrai pain donné par le Père, ce n’est pas la manne (d’autrefois), c’est Jésus, fils de Joseph (v. 42) et c’est vers lui qu’il faut aller; en lui, qu’il faut croire : cf. Jn 6, 35 +.
 face à la déclaration de Jésus, les Juifs murmurent (v. 41 et 43; voir notes BJ et TOB sur v. 41.

Question 3

 Noter l’insistance sur les mots manger / boire; chair / sang; nourriture / boisson dans les v. 48-58. Ici “pain de vie” = Eucharistie : cf. les notes BJ sur Jn 6, 54 et 57; en TOB, celles sur Jn 6, 51 et 57.
 En face de cette révélation, deux attitudes sont possibles : celle du refus (v. 60-66) ou celle de la foi (v. 67-69) ; voir les notes TOB sur Jn 6, 69 et 70.
 Les contemporains de Jésus se sont scandalisés à cause de son humanité, Jésus, le fils de Joseph; dans l’Église de l’Évangéliste, une difficulté semblable se vérifie face à l’Eucharistie, où il faut reconnaître “la chair et le sang “ du Fils de l’Homme.

Pour continuer la réflexion
“Je suis le pain de vie… “ dit Jésus : Jésus est-il vraiment pour nous le pain qui nous fait vivre ? Comment ?

8. – Jn 7, 1 – 57 : ”Jamais homme n’a parlé comme cet homme !

“Avec le chapitre 7 commence dans l’Évangile de Jn la grande discussion sur l’identité de Jésus qui se poursuivra dans les chapitres suivants. Située à Jérusalem, dans le Temple, en pleine Fête des Tentes, cette révélation de Jésus prend toute sa signification.

1) Quels sont les thèmes abordés en Jn 7, 1-13 ? Dans quel contexte ? Quelle est l’attitude des gens face à Jésus ?
2) Sur quoi portent les controverses des v. 14-36 ? Quelles sont les principales affirmations de Jésus ?
3) Quelle importance Jn veut-il donner à la déclaration de Jésus dans les v. 37-38 ? Quel est le résultat de cette affirmation ?

Question 1

 Noter le passage de la Galilée à la Judée (v. 1-2).
 Sur la Fête des Tentes, voir en BJ la note sur Ex 23, 14 + et Za 14, 16-19; lire aussi la note de TOB sur Jn 7, 2. La liturgie de cette fête comportait deux rites importants, que nous retrouvons dans ce texte : un rite d’eau (cf. Jn 7, 37ss) et un rite de lumière (cf. Jn 8, 12 +).
 Noter aussi le thème de l’Heure : v. 6 et Jn 2, 4 avec les notes de BJ et TOB.
 Face à Jésus, les positions se précisent : Les Juifs sont hostiles (Jn 7, 1 et note TOB); l’attitude des “frères” est ambiguë : v. 2-5 et note BJ et TOB sur 7, 2; la foule est encore divisée (v. 12) et elle a peur des Juifs : cf. Jn 9, 22; 12, 42 et 19, 38.

Question 2

 Sur tout ce passage, voir la note BJ sur Jn 7, 14 +.
 Il est question de l’autorité de Jésus et de son enseignement (v. 15 et les notes TOB); en BJ, on peut voir Mt 7, 28 (cité en marge).
 Les v. 21-24 font allusion à la guérison qui était racontée en Jn 5, 1-15.
 A partir du v. 25, on trouve les objections au caractère messianique de Jésus : on sait d’où il vient (v. 27 et notes BJ et TOB); cf. aussi la question de son départ (v. 33ss; cf. Jn 2, 19 +).
 Noter les nombreuses références de Jésus à sa mission : “Celui qui m’a envoyé…” : v. 16. 28. 29. 33 et les notes TOB sur ces versets.

Question 3

 Sur l’importance que veut donner l’évangéliste à cette déclaration : noter le moment (v. 37, après les v. 2. 11. 14), le lieu (dans le Temple, en pleine fête), l’attitude de Jésus.
 Sur la parole dite par Jésus, comparer avec Is 55, 1-3 (voir en BJ sur note sur 55, 1 +; cf. aussi Jn 4, 1 +. Pour le rattachement à la Fête des Tentes, voir Jn 7, 38 et la note BJ.
 Jn fait le passage de l’eau à l’Esprit (v. 39) et il souligne le lien avec la mort de Jésus, sa “glorification” (voir note TOB sur Jn 7, 39); voir encore Jn 1, 33 + (cité en marge de BJ).
 La foule est divisée (v. 43 et note TOB); les Pharisiens, eux, ont déjà pris position (v. 45-52; cf. v. 32); cependant l’un d’eux, Nicodème, reste disponible à la vérité.

Pour continuer la réflexion

Réfléchir sur cette division des hommes face à Jésus et à son message : est-ce une réalité toujours actuelle ? Donner des exemples .

9. – Jn 8, 12 – 59 : Jésus, la lumière du monde

Jn 8, 12-59 est la suite de la controverse commencée au chapitre 7 : (sur Jn 8, 1-11, voir la note BJ ou TOB sur Jn 8, 1 +). La discussion est coupée en trois dialogues (cf. v. 12. 21. et 31) développant chacun un thème.

1) Expliquer l’affirmation de Jésus en Jn 8, 12 : qu’est-ce qui donne poids à cette affirmation de Jésus ?
2) Le deuxième dialogue porte sur le départ du Fils de l’Homme : comment Jésus parle-t-il de son départ ? Quelles sont les déclarations les plus fortes de ce passage ?
3) Sur quoi porte le troisième dialogue ? Comment procède-t-il ? À quoi mène-t-il ?

Question 1

 La liturgie de la Fête des Tentes comprenait un rite de lumière.
 Sur la signification de la déclaration de Jésus, voir Jn 8, 12 et les notes de BJ et TOB.
 Jésus revendique pour lui un titre que les Juifs donnaient à la Loi. Alors que pour les Juifs, Moïse a donné à Israël la Loi ( = la Lumière), Jésus se présente comme étant lui-même La Lumière du monde. Comparer cette affirmation avec celle de Jn 6, 32-35.
 Jésus se rend témoignage à lui-même (v. 13-14) car seul, il peut témoigner sur lui-même (Jn 8, 14 et note TOB). Mais en fait, il n’est pas seul à témoigner : Jn 8, 16 (et 10, 30 , en marge); Jn 8, 18-19 (référence au Père).

Question 2

 Sur la recherche de Jésus, comparer Jn 8, 21-22 avec Jn 7, 34 (et les notes BJ et TOB sur ce passage).
 Noter les deux expressions particulièrement fortes en Jn 8, 24 et 28; sur la signification du “JE SUIS”, voir les notes de BJ et TOB sur Jn 8, 24; lire aussi les références marginales données sur ce verset.
 Pour le lien entre le “JE SUIS” et l’”élévation” de Jésus, voir Jn 8, 28 et les notes BJ et TOB.

Question 3

 Remarquer comment l’Évangéliste lie les deux derniers dialogues : le v. 31 renvoyant au v. 30.
 Sur la place importante tenue par Abraham : il est cité 11 fois entre les v. 31 et 59. Être “fils d’Abraham” : cf. Jn 8, 39 et la note de BJ ; en TOB, les notes sur 8, 36. 37. 40.
 Sur les prétentions de Jésus : Jn 8, 31-32; 8, 53; 8, 56 et les notes de BJ et TOB.
 La discussion procède par mots-crochets : libre/esclave; esclave/fils…
 Les interlocuteurs passent de “ceux qui avaient cru” (8, 31) à ceux qui traitent Jésus de Samaritain (8, 48) , de possédé, ( 52) avant de vouloir le lapider (8, 59).

Pour continuer la réflexion

Comment comprendre aujourd’hui la parole de Jésus : Je suis la Lumière du monde ? Sa parole nous rend-elle plus libre ? À quelles conditions ?

10. – Jn 9, 1 – 41 : la guérison de l’aveugle

“Je suis la Lumière du monde” disait Jésus en Jn 8, 12. Le chapitre 9 de l’Évangile est comme une illustration de cette parole et il nous montre en même temps comment cette révélation peut être accueillie ou refusée.

1) Comment est construit ce chapitre de Jn ? Quelle place y tient le récit du miracle ? Sur quoi l’Évangéliste insiste-t-il ?
2) Qui sont les personnages de ce drame ? Comment réagissent-ils ?
3) Relever tout ce que ce texte nous apprend de Jésus; suivre le cheminement de l’aveugle face à Jésus.

Question 1

 Noter la grande sobriété de l’Évangéliste par rapport au miracle lui-même; il est raconté en deux versets (6-7); cf. aussi les v. 11. 14. 15: comme en d’autres miracles de Jn, c’est Jésus qui prend l’initiative (il voit l’aveugle (v. 1); il crache, fait de la boue, il dit…(v. 6-7).
 Sur la signification de Siloé : voir la note BJ ou TOB sur Jn 9, 7.
 l’Évangéliste ne veut pas s’arrêter su miracle, mais à la question qu’il pose (qui est Jésus ?) et à la signification (illumination pour celui qui croit en Jésus).
 Sur Jn 9, 7, la TOB nous donne en marge 2 R 5, 10 : quel éclairage pour notre texte ?

Question 2

 Le drame comprend plusieurs scènes : v. 8-12 : l’aveugle face aux voisins; v. 13-17 : l’aveugle et les Pharisiens, leurs questions (comment… ? que dis-tu de lui ?) et les réponse de l’homme guéri; v. 18-23 : les parents devant les Pharisiens, leur refus de répondre et le motif de cette attitude; v. 24-34 : le deuxième interrogatoire de l’aveugle (disciple de Moïse ou disciple de Jésus; exclusion de l’aveugle); v. 35-38 : l’aveugle en face de Jésus (Crois-tu…? Je crois, Seigneur.)
 Au début, l’aveugle est purement passif (v. 1ss); il obéit à l’ordre de Jésus (v. 6); puis face aux attaques, il découvre peu à peu qui est celui qui l’a guéri.
 Les Pharisiens voient une violation du sabbat (v. 14 et les notes de BJ et TOB); ils sont divisés (v. 16). Sur le sens du mot “Juifs”, voir Jn 9, 18; cf. aussi les notes de BJ et TOB sur Jn 1, 19.

Question 3

 Jésus n’apparaît qu’au début (Jn 9, 1-6) et à la fin du chapitre (Jn 9, 35-41).
 Jésus voit l’aveugle; il donne un enseignement aux disciples (voir la note TOB sur Jn 9, 2); il se présente comme la Lumière du monde (Jn 9, 5; cf. Jn 8, 12 et les notes de BJ et TOB); il est venu pour un discernement (v. 39 et note TOB).
 Mais c’est surtout dans la bouche de l’aveugle que l’évangéliste place les déclarations sur Jésus : v. 11; v. 17 (et la note TOB; en BJ, voir Mt 16, 14 +) ; v. 31. 33. 35. 38 (voir la note TOB sur Jn 9, 35).

Pour continuer la réflexion

En quoi l’aveugle-né est-il un exemple de foi ? Dans quel personnage (ou groupe de personnages) de ce récit, nous retrouvons-nous ?

11. – Jn 10, 1 – 42 : “Je suis le vrai pasteur”

En Jn 10, Jésus se révèle comme le Pasteur des brebis. Le discours est d’abord situé dans le cadre de la Fête des Tentes, dans le prolongement de Jn 7. Mais à partir de Jn 10, 22, la discussion se poursuit lors de la Fête de la Dédicace du Temple. C’est toujours l’identité de Jésus qui est en cause.
1) Qu’évoque pour nous l’image du Bon Pasteur ? Notre image correspond-elle à celle de l’Évangéliste ? Et à celle de la Bible ?
2) Comment est composé le discours de Jn 10, 1-18 ? Comment Jn met-il en valeur les déclarations de Jésus (v. 7 et 11) ?
3) Quel lien voyez-vous entre Jn 10, 1-18 et Jn 10, 22ss ? Comment comprendre le sommet de la déclaration de Jésus ?

Question 1

 Echanger sur l’image du Bon Pasteur : pour vous, que représente-t-elle ? Quels sentiments cette image évoque-t-elle en vous ?
 Sur le sens biblique de cette image, voir la note-clé de BJ sur Ez 34, 1 +; en TOB, lire la note sur Jn 10, 11.
 Ici c’est Jésus qui se présente comme le vrai Berger (v. 11 et 14), revendiquant ainsi un titre messianique : cf. Jn 10, 11 et la note de BJ.
 C’est une des formulations caractéristiques de Jn : JE SUIS + un terme qualificatif (cf. Jn 6, 35 et les notes en BJ et TOB sur ce passage).

Question 2

 Le discours comprend deux parties, introduites chacune par la formule :”amen, amen, je vous le dis…”: v. 1-6 et v. 7-18.
 Les v. 1-6 sont une parabole (voir la note TOB sur le v. 6); Jésus évoque par là deux manières d’entrer en relation avec les brebis (v. 1-2 et la note TOB sur le v. 1); il parle ensuite du rôle du berger (v. 3-5) : il appelle les brebis par leur nom, il les fait sortir, il marche devant elles…
 La BJ donne en marge la référence à Mi 2, 13 : lire ce texte.
 dans les v. 7-18, nous trouvons deux déclarations de Jésus sur la base des deux mots de la parabole: d’abord, “Je suis la porte “ (cf. note TOB sur le v. 9), c-à-d. le passage obligé pour être sauvé (v. 9); telle est sa mission (v. 10 et notes de BJ et de TOB).
 Dans les v. 11-18, le vrai pasteur est opposé au mercenaire; le vrai pasteur donne sa vie (v. 11. 15. 17. 18; cf. Ez 34, 3-8.
 Voir encore les notes de BJ sur Jn 10, 4 et 10, 18; lire également les notes TOB sur Jn 10, 11. 15. 16. Remarquer comment le discours se termine (v. 19-21).

Question 3

 Sur le lien entre la Fête des Tentes et celle de la Dédicace, voir la note TOB sur Jn 10, 22; en BJ, voir les notes sur 1 M 4, 36 + et 1 M 4, 59 +.
 Il s’agit toujours de savoir qui est Jésus : les Juifs demandent une déclaration ouverte (Jn 10, 24 et note BJ) et non plus un discours mystérieux (cf. la note TOB sur Jn 10, 24); voir encore Lc 22, 67 (cité en marge par BJ et TOB).
 Jésus explique qui sont les brebis (Jn 10, 26 et notes BJ); sur le v. 30, voir les notes BJ et TOB.
 en Jn 10, 40-42, Jésus est accueilli en dehors de Jérusalem : une annonce de la mission chrétienne !

Pour continuer la réflexion
Quel enseignement nous donne ce chapitre de Jn sur l’exercice de l’autorité dans l’Église ?

12. – Jn 11, 1 – 57 : la résurrection de Lazare

La résurrection de Lazare est selon l’Évangéliste la cause immédiate de la condamnation à mort de Jésus. Mais elle est aussi pour Jésus l’occasion de se révéler : IL EST LA RÉSURRECTION ET LA VIE.

1) Quelles ressemblances trouvez-vous entre Jn 9 et Jn 11 ? Quelle est la place de la résurrection de Lazare dans l’Évangile de Jn ?
2) Étudier le comportement de Jésus en Jn 11 : comment le comprendre ? Quel est le “sommet” de ce récit ?
3) Quelles sont les réactions face à la résurrection de Lazare ? Comment l’Évangéliste explique-t-il la réaction des autorités juives ?

Question 1

 Dans les deux cas, nous avons une action de Jésus, racontée en quelques mots, mais suivie d’un long développement. En Jn 9, le miracle illustre la parole : Je suis la Lumière du monde (cf. Jn 9, 5); en Jn 11, c’est la parole : Je suis la Résurrection et la Vie : Jn 11, 25; cf. 11, 37.
 La résurrection de Lazare est le septième signe rapporté par l’Évangéliste. Jésus revient en Judée et cette fois, ce sera pour y mourir (11, 53 ; cf. 11, 16)
 La venue de Jésus chez Lazare amorce ainsi la dernière semaine de la Passion (cf. Jn 12, 1ss); cette venue est aussi pour Jn la cause immédiate de la mort de Jésus : cf. Jn 11, 4 et notes BJ et TOB.

Question 2

 Jésus est informé par les soeurs de la maladie de Lazare “qu’il aime “ “ (v. 3. 5. 36); pourtant il reste encore deux jours là où il se trouve (v. 6-7); il attend que Lazare soit mort pour se mettre en route (Jn 11, 11. 13 ; cf. Jn 11, 17).
 Jn souligne ainsi fortement la liberté de Jésus (v. 8-10).
 Noter aussi l’emploi de la “méprise johannique” (v. 11 et 23), signalée en BJ par la référence à Jn 2, 19 + (dans la marge); en TOB, voir la note sur Jn 11, 11.
 Remarquer surtout l’importance que l’Évangéliste donne au dialogue avec Marthe (v. 21-27); le v. 24 exprime la foi juive en la résurrection (cf. la note TOB); puis vient la déclaration solennelle de Jésus (v. 25-26) et enfin la confession de foi de Marthe (v. 27 et note TOB).
 Le miracle lui-même tient très peu de place; mais noter l’importance donnée au mot “croire” : v. 15. 25. 26. 27. 40. 42; cf. encore v. 45 et 48.
 Pour la signification de ce texte, comparer encore Jn 11, 21 et 32 avec 1 Th 4, 13-14.

Question 3

 Il y a tout d’abord la division face au miracle accompli : v. 45 et 46 et note TOB.
 Dans les v. 47-53, Jn nous donne le “procès juif” : cf. la note BJ sur Jn 18, 24.
 Pour la signification de Jn 11, 51-52, voir les références données par BJ : Jn 4, 42 + et Jn 10, 16; cf. aussi les notes de TOB sur Jn 11, 50 et 51.
 Comparer Jn 11, 53-57 avec Jn 7, 1-13 : ces versets marquent le début et la fin de la longue section johannique des controverses à Jérusalem.

Pour continuer la réflexion
Quelle est la signification pour nous de la résurrection de Lazare ? Pouvons-nous reprendre devant Jésus la confession de foi de Marthe ?

13. – Jn 12, 1 – 50 : La venue de l’ “HEURE”

Maintenant que la mort de Jésus est décidée, l’Évangéliste nous donne deux récits significatifs : l’onction de Béthanie (Jn 12, 1-8) et l’entrée triomphale à Jérusalem (Jn 12, 12-19). Puis Jésus annonce son “exaltation” : pour la dernière fois, la lumière est offerte (Jn 12, 35-36).

1) Les deux premiers épisodes (Jn 1, 1-19) se lisent également en Mt et Mc : comparer ces récits avec celui de Jn et relever ce qui est particulier au récit de Jn.
2) Lire Jn 12, 20-36 : quels sont les éléments que l’on peut retrouver chez les Synoptiques ? Lesquels sont propres à Jn ?
3) En Jn 12, 37-50, quelles sont les causes de l’incrédulité ? Quel est l’enjeu de ce refus ?

Question 1

 Tout d’abord, l’ordre des deux épisodes est différent : cf. les références marginales.
 Jn souligne très fortement le lien avec la Pâque : Jn 12, 1; cf. 11, 55; 12, 12; voir encore la note BJ sur Jn 12, 1 et celle de TOB sur Jn 11, 55.
 Il y a aussi chez Jn un lien avec la résurrection de Lazare (Jn 12, 1. 2. 9. 10) ainsi que la présence même de Lazare, de Marthe et de Marie.
 L’onction du parfum sur les pieds : cf. Jn 12, 7 et la note BJ; sur la réaction de Judas, voir Jn 12, 4 et 6.
 Dans l’entrée de Jésus à Jérusalem, on peut noter chez Jn le rôle plus important de la foule (v. 12-13 et 17-18) ainsi que le lien avec Jn 11; également dans l’acclamation de la foule, la mention de “roi” (voir la note TOB sur le v. 13). Pour la réaction des disciples (v. 16 et note TOB; en BJ, voir Jn 14, 26 + (cité en marge); sur la réaction des Pharisiens, au v. 19 : voir note TOB.

Question 2

 Parmi les éléments propres à Jn , il y a le désir des Grecs de voir Jésus : voir la note BJ sur Jn 12, 20 + ainsi que les références marginales renvoyant à Jn 7, 34 + et Jn 12, 32 +; voir aussi la note TOB sur Jn 12, 20.
 Le thème de l’ Heure : v. 23 et la note TOB; en BJ, cf. Jn 2, 4 +; voir encore Jn 12, 27. 31.
 L’”élévation” (Jn 12, 32 +) et le jugement du monde : Jn 12, 31 et les notes TOB sur ce verset.
 Parmi les éléments communs avec la tradition synoptique : l’image du grain de blé (v. 24 et note TOB), la référence à l’agonie (v. 27-28 : cf. les notes de BJ et TOB sur Jn 12, 27).

Question 3

 Le dessein de Dieu est toujours déroutant pour l’homme : v. 37 et note TOB.
 L’aveuglement du peuple que dénonçaient déjà les prophètes : v. 39-40; cf. la note TOB sur Jn 12, 40; en BJ, voir les références marginales qui nous renvoient à Mt 13, 13 +.
 Il y a enfin une raison plus particulière à Jn : v. 42-43 et les notes de TOB; en BJ, voir les références à Jn 7, 13 et 9, 22.
 Sur les v. 44-50, voir les notes de TOB ainsi que les nombreuses références marginales de la BJ qui nous renvoient à la première partie de l’Évangile.

Pour continuer la réflexion
Reprendre les v. 37-50 et réfléchir sur l’actualité de ces paroles de Jésus

14. – Jn 13, 1 – 30 : La passage de ce monde au Père

Le chapitre 13 ouvre la seconde partie de l’Évangile selon Jean, le Livre de l’Exaltation (Jn 13-20), et plus directement les ch. 13-17 (voir la note TOB sur le titre de Jn 13). Notre étude comprend la scène du lavement des pieds et celle de l‘annonce de la trahison de Judas.

1) Lire les v. 1-3 : noter le ton de cette introduction. Sur quoi l’Évangéliste veut-il insister ?
2) Quelle est la signification du lavement des pieds ? Quelle(s) interprétation(s) en donne ici l’Évangéliste ?
3) Comparer l’annonce de la trahison de Judas en Jn avec un des Évangiles synoptiques (par ex. Mc 14, 18-21) : qu’est-ce qui est particulier à Jn ?

Question 1

 Noter la solennité de ces versets; pour lien avec la Pâque, voir Jn 11, 55 : maintenant c’est La Pâque (de Jésus) , son passage vers le Père : Jn 13, 1 et notes BJ et TOB.
 nous retrouvons le thème de l’Heure : cf. Jn 2, 4 +; noter aussi la mention de l’amour de Jésus pour les siens : Jn 13, 1 et les notes BJ et TOB sur la fin de ce verset.
 Jn souligne encore la parfaite maîtrise de Jésus face aux événements qui arrivent : Jn 13, 1 et 3; cf. Jn 1, 48 + et Jn 10, 18 + (cités en marge de BJ) ; en TOB, voir la note sur “son heure était venue ”.
 La véritable dimension de la mort de Jésus : v. 2 et les notes de BJ et TOB.

Question 2

 Noter la construction fréquente chez Jn : un geste de Jésus est raconté en quelques mots, puis il est suivi d’une longue explication.
 Sur le geste lui-même : voir les notes de BJ et de TOB sur Jn 13, 4. Comme Jésus a “joué” le texte de Za 9, 9 en Jn 12, 14, ici il “joue” celui d’ Is 52, 13 – 53, 12.
 Comparer la réaction de Pierre dans les v. 6-8 avec celle qu’il a en Mt 16, 21ss : voir les notes de TOB sur Jn 13, 6 et 8. Sur la “méprise” de Pierre : cf. Jn 2, 19 + (en marge dans BJ) et en TOB la note sur Jn 13, 10. Refuser l’abaissement de Jésus (sa mort), c’est refuser le salut que Dieu nous offre en Jésus. Mais la purification n’est pas automatique (v. 10-11 et note TOB).
 Les v. 12ss donnent une autre interprétation (morale) du geste de Jésus : voir la note TOB sur Jn 13, 15. Remarquer encore la “béatitude” qui l’accompagne (v. 17).

Question 3

 Cette trahison est mentionnée en Jn 13, 2. 10-11. 18. 21ss. En face du disciple qui trahit, nous trouvons ici, pour la première fois, la mention du “disciple que Jésus aimait “ : v. 23 et note TOB.
 Il est penché sur la poitrine de Jésus (v. 25); c’est la même expression que celle utilisée en Jn 1, 18 pour parler du Fils unique intimement uni au Père (voir note TOB sur Jn 1, 18).
 Sur le trouble de Jésus (v. 21), voir Jn 11, 33; 12, 27 et la note de TOB sur ce dernier texte.
 Jésus donne la bouchée à Judas (v. 26) : par ce geste d’amitié, il force Judas à choisir. Jn aime à souligner l’initiative de Jésus tout au long de la Passion : cf. Jn 11, 7-10.
 La mention de la nuit, au v. 30 : voir la note TOB; en BJ, cf. Jn 8, 12 +.

Pour continuer la réflexion

Lire l’hymne de Ph 2, 5-11 et rechercher les points de contact entre cette hymne de l’Église primitive et cette page de l’Évangile de Jn.

15. – Jn 13, 31 à 14, 31 : Le départ de Jésus et la promesse de l’Esprit

Après le départ de Judas, la Passion est maintenant (v. 31) commencée. Mais pour le moment, les disciples ne peuvent encore suivre Jésus : leur incompréhension devant le chemin de Jésus amène le développement de ce discours. Nous étudierons plus spécialement le ch. 14.

1) Comment comprendre la question de Thomas (14, 5) et la réponse de Jésus ?
2) En réponse à Philippe, de quoi parle Jésus ? Que promet-il ?
3) Quelle est la difficulté de Jude (14, 22) ? Que voudrait-il ? Que lui répond Jésus ?

Question 1

 Cette question fait suite à l’affirmation de Jésus dans les versets précédents (Jn 13, 36 – 14, 4). On pourrait lire les différentes mentions du départ de Jésus : Jn 13, 1. 3. 33. 36. 37; 14, 2. 3. 4. La Passion est le chemin vers la gloire, parce qu’il conduit ” vers le Père” et que Jésus y va pour les siens.
 Préciser la significations des affirmations : “Je suis le chemin “ en Jn 14, 6 ; cf. Jn 3, 15 +.

Question 2

 La connaissance de Dieu passe par Jésus (v. 9 et note TOB). Ce que Moïse demandait autrefois comme un privilège (cf. Ex 33, 18 + , cité en marge par BJ) est désormais donné à celui qui croit (cf. Jn 14, 10 et la note de BJ).
 Le Dieu que Jésus révèle, c’est le Père : ce mot est répété 14 fois en Jn 14, 7-21.
 sur le don du Paraclet (v. 16) et sur son importance, voir les notes de BJ et de TOB.
 Dans les v. 18-20, Jésus parle de sa présence aux disciples au-delà de la mort : voir les notes de BJ et de TOB sur Jn 14, 19. Sur l’importance de la résurrection, voir Jn 14, 20 ainsi que Les notes de BJ et de TOB.

Question 3

 Pour la difficulté de Jude, voir Jn 7, 4 (cité en marge) ainsi que la note de TOB sur Jn 14, 21.
 la question de Jude représente la mentalité des disciples, leur rêve d’un messianisme terrestre (cf. Ac 1, 6). Mais c’est aussi un des problème de l‘Église du premier siècle, confrontée au “retard” de la Parousie. En réponse, Jésus promet ici sa venue, toute intérieure mais durable : nous ferons une demeure chez lui (v. 23 et note TOB).
 Mais cette venue de Jésus n’est possible que pour celui qui aime et garde sa parole (v. 24) ; d’où l’insistance des v. 15. 21. 23.
 Noter encore la formule trinitaire du v. 26 : voir les notes de BJ et de TOB.

Pour continuer la réflexion

Comment Jésus nous est-il présent aujourd’hui ? Est-il pour nous le Chemin, la Vérité. la Vie ?

16. – Jn 15, 1 à 16, 4 : L’union de Jésus avec les siens

Cette section de l’Évangile forme comme un deuxième discours dans l’ensemble de Jn 13 – 17. Partant de l’allégorie de la vigne, Jésus explique le lien qui l’unit aux croyants et qui les unit entre eux (Jn 15, 1-17). Mais cette communion avec Jésus provoque la haine du monde (Jn 15, 18 – 16, 4).
1) Que signifie la vigne dans la Bible ? Comment Jésus utilise-t-il cette image ? Quelles applications en fait-il ?
2) En Jn 15, 7-17, de quoi parle Jésus ? Quels liens voyez-vous avec l’allégorie de la vigne ? D’après ces versets, quel est le portrait du croyant ?
3) Quelle est la situation des disciples en Jn 15, 18 – 16, 4 ? Que leur apporte la promesse du Paraclet ?

Question 1

 Sur l’image de la vigne dans la Bible, voir les notes de BJ et TOB sur Jn 15, 1. En français, il vaudrait mieux parler de la vigne ( = toute la plante) plutôt que du cep (le tronc).
 Pour l’Évangéliste, Jésus est la Vigne véritable, celle qui ne décevra pas le vigneron, comme ce fut le cas avec Israël : cf. Is 5, 1-7 (voir la note sur Is 5, 1 + en BJ).
 Mais Jésus se sert ici de cette image pour décrire les relations qui l’unissent à ses disciples : ils doivent demeurer en lui (sur l’emploi de ce terme, voir la note TOB sur Jn 15, 4) pour pouvoir porter du fruit.
 L’image situe aussi Jésus et les disciples dans leur relation au Père (v. 1) qui en est glorifié (v. 8 et les notes e BJ et TOB sur ce verset).

Question 2

 Noter que l’union des disciples avec Jésus est vue ici dans la perspective de son départ : comment en l’absence de Jésus demeurer en lui ? Le lien avec l’allégorie de la vigne est assuré par les mots demeurer et porter du fruit.
 Mais ce passage fait aussi appel à d’autres thèmes des ch. 13-17 : lire les références marginales signalées par la BJ ou la TOB et qui nous renvoient à Jn 13-17.
 Le croyant est celui qui a la joie (v. 11 et la note TOB); il possède la présence de Jésus (sa parole – commandement – : v. 7. 10. 12. 17 et les notes TOB sur les v. 7 et 10); il est appelé à aimer (v. 12 cf. v. 17; voir aussi les notes BJ et TOB sur Jn 13, 34) et à aimer d’un amour véritable (v. 12ss).

Question 3

 Remarquer dans ce passage l’insistance sur la haine : (v. 18. 19. 23. 24. 25; cf. les notes BJ et TOB sur Jn 15, 18).
 Cette opposition du monde (cf. Jn 1, 10 +) face aux disciples est la continuation de la haine qu’il portait à Jésus, désormais inaccessible : voir la note TOB sur Jn 15, 21.
 Cette haine du monde, en réponse à l’amour de Dieu, est le mystère du péché : v. 24-25 et la note TOB sur Jn 15, 23. Il arrive même qu’elle soit exprimée au nom de Dieu : Jn 16, 2-3 et les références marginales données sur ce passage.
 Une telle opposition pourrait scandaliser les disciples (Jn 16, 1 et notes BJ et TOB); c’est pourquoi Jésus l’annonce d’avance (v. 4) et promet aux disciples la venue du Paraclet (Jn 15, 26; voir aussi Jn 14, 26 +).

Pour continuer la réflexion
Comment se vérifie pour nous le “demeurer en Jésus” ? Et le “porter du fruit” ? Quel accueil rencontrons-nous en tant que croyants ?

17. – Jn 16, 5 – 32 : La venue de l’Esprit et la nouvelle présence de Jésus

Dans ce discours d’adieux, Jésus aborde deux thèmes principaux : en Jn 16, 5-15 , il nous parle de la venue du Paraclet et de son rôle: en Jn 16, 16-33, Jésus annonce son départ prochain et l’annonce d’une présence nouvelle auprès des siens.

1) En Jn 16, 5-15 quelle est la principale raison donnée pour la venue du Paraclet ? Expliquer ce que sera sa mission (voir les notes de BJ et de TOB).
2) Les v. 12-15 parlent d’un autre rôle de l’Esprit : quel est-il ?
3) Quels liens voyez-vous entre Jn 16, 16-33 et Jn 14 ? De quoi parle ici Jésus ? Relever ce qui paraît le plus important.

Question 1

 Pour l’importance de l’envoi du Paraclet, voir les notes de BJ et TOB sur Jn 16, 8. La présence de l’Esprit dans les croyants établira la véritable signification de la mort de Jésus.
 Le Paraclet établit la culpabilité du monde (cf. Jn 1, 10 +) en matière de péché (c’est-à-dire son refus de croire : Jn 16, 9 et notes BJ et TOB), en matière de justice (cf. Jn 16, 10 et les notes BJ et TOB), car le passage de Jésus auprès du Père est la preuve de son bon droit, en matière de jugement (Jn 16, 11 (voir la note BJ et celle de TOB; cf. aussi Jn 12, 31 +), car l’innocence de Jésus est reconnue et c’est le jugement de ceux qui semblaient avoir triomphé (cf. Jn 14, 31).

Question 2

 Le don de l’Esprit est également nécessaire aux croyants pour entrer dans la vérité toute entière (v. 13 et la note de TOB; en BJ, voir Jn 14, 26 +).
 C’est ainsi l’accomplissement de la prière du Psalmiste : Ps 25, 5; 86, 11.
 Jn a souligné plusieurs fois dans son Évangile que la compréhension des disciples ne peut être que le fruit de Pâque : cf. Jn 2, 19-22; 12, 14-16.
 C’est grâce au don de l’Esprit que les disciples découvrent enfin qui est Jésus : v. 14 et la note TOB.

Question 3

 La BJ nous donne 6 références de Jn en marge de Jn 16, 16-33 : on pense reconnaître dans ce passage de Jn une première élaboration du discours d’adieux que Jn 14 nous donne dans une forme plus construite.
 En Jn 16, 16-22, Jésus nous parle de son départ et de son retour : cf. Jn 16, 16 , cf. Jn 14, 19 (cité en marge) ; voir aussi les notes BJ et TOB sur ces versets.
 Jn 16, 21 conserve un langage plus proche de celui des Synoptiques : cf. Jn 16, 21 et les notes de BJ et TOB sur ce verset.
 Sur l’expression “ce jour-là “(v. 23. 36 ; cf. voir la note TOB sur Jn 16, 23) et sur ce qu’il apportera (la certitude d’être exaucé au nom de Jésus), voir en TOB la note sur Jn 16, 24 et en BJ celle sur Jn 14, 13 + ; cf. aussi Ac 3, 16 +.
 Les v. 31-33 évoquent la situation des disciples à la veille de la Passion et celle de l’Église dans laquelle écrit l’Évangéliste : cf. les notes TOB sur ces versets.

Pour continuer la réflexion

Pourquoi, d’après ce texte de Jn, l’Esprit est-il donné aux croyants ? Cela vaut-il encore pour nous aujourd’hui ? En avez-vous des exemples ?

18. – Jn 17, 1 – 26 : La grande prière de Jésus

Appelée souvent la “Prière sacerdotale”, cette prière de Jésus s’inspire peut-être de la liturgie du Yom Kippour (cf. Lv 16) : comme le Grand-Prêtre, Jésus prie d’abord pour lui-même, puis pour ses disciples et enfin pour tout le peuple des croyants.

1) Dans les v. 1-9 qu’est-ce qui nous est dit de Dieu ? Et de Jésus ?
2) Qui sont ceux pour qui Jésus prie dans les v. 9-19 ? Que demande-t-il pour eux ?
3) De qui parlent les v- 20-26 ? Qui sont les disciples de Jésus ? Quelle est leur vocation ?

Question 1

 Dieu est invoqué comme Père (v. 1 et 5); cette invocation sera reprise dans les v. 11. 21. 24 et 25.
 Dieu donne : noter les répétions du verbes “donner” : il a donné son Fils aux hommes (v. 2. 6; cf. v. 9); il lui a donné le pouvoir sur toute chair (v. 2), l’oeuvre à accomplir (v. 4), les paroles (v. 8).
 Jésus est le Fils (v. 1), l’Envoyé (v. 3); il donne la vie éternelle (v. 2-3); c’est maintenant son “Heure” (v. 1 et note TOB; en BJ voir le renvoi à Jn 2, 4 +), celle de la glorification : v. 1 et les notes de BJ et de TOB.
 Jésus a manifesté aux hommes le nom du Père (v. 6 et les notes de BJ et TOB); sa mission dépasse de beaucoup celle de Moïse (cf. Ex 3, 13).

Question 2

 Dans le cadre de ce Discours, Jésus prie pour les Onze (après le départ de Judas);voir le v. 12.
 Jésus prie pour ceux que le Père lui a donnés (v. 9), pour ceux qu’il a lui-même gardés (v. 12), à qui il a donné la Parole (v. 14) et qu’il a envoyés dans le monde (v. 18) pour continuer sa mission.
 iI prie pour ceux qui sont encore dans le monde (v. 1. 15. 18), mais qui ne sont pas du monde ( v. 14. 16).
 Jésus demande pour eux l’unité (voir les notes TOB sur le v. 11), la joie (v. 13 et la note TOB; en BJ, voir le renvoi à Jn 15, 11 +); Jésus demande au Père de les préserver du Mauvais (v. 15; cf. Mt 6, 13 et 1 Jn 2, 13-14) et de les sanctifier dans la vérité (v. 17 et les notes de TOB sur ce verset).

Question 3

 Jn n’utilise pas le mot Église, mais il en donne ici une définition au v. 20 (voir les notes de BJ et TOB) : “ceux qui croient en Jésus comme en l’Envoyé du Père “.
 Dans les v. 21-23, Jésus parle de la situation des croyants, spécialement de leur unité (v. 21 et la note TOB) qui s’enracine dans l’unité du Père et du Fils, témoignant ainsi de la vie de la trinité (v. 23). Pour Jn, le péché, c’est la division, qui s’oppose à la mission de Jésus : Jn 11, 52.
 Les v. 24-26 parlent du sort définitif du croyant : être avec Jésus (v. 24 et note TOB) et pénétrer toujours davantage dans la connaissance du mystère du Christ (v. 24-26).

Pour continuer la réflexion
Rechercher dans cette prière de Jésus les points de contacts avec celle du Notre Père que nous rapportent Mt et Lc.
19. – Jn 18, 1 – 27 : L’arrestation de Jésus et la comparution devant Hanne

Dans le récit de la Passion, Jn se rapproche davantage des Synoptiques que pour le reste de son Évangile. Pourtant il marque de son empreinte particulière les scènes qu’il rapporte, ici l’arrestation de Jésus et la comparution devant le Grand-Prêtre Hanne.

1) Comparer Jn 18, 1-27 avec le début de la Passion en Mc 14, 26-72 : quelles sont les différences les plus significatives que vous pouvez relever ?
2) Qu’est-ce qui est particulier à Jn dans la scène de l’arrestation ? Quelle image de Jésus Jn nous donne-t-il ainsi ?
3) Comment Jn nous présente-t-il la comparution devant les autorités juives ? Qu’en a-t-il retenu ?

Question 1

 Jn estompe certains aspects du récit (par ex. l’agonie) pour souligner davantage la liberté et la majesté souveraine de Jésus.
 Il omet la prière de Jésus à Gethsémani (cf. Mc 14, 32-42).
 Selon Jn, Jésus comparaît devant Hanne (18, 12-22) et Caïphe (18, 24), mais il n’y a pas de véritable comparution devant le Sanhédrin (cf. Mc 14, 53-64), ni de véritable procès juif de Jésus : sur ce point, voir la note BJ sur Jn 18, 24 +.

Question 2

 Le rôle de Judas est très souligné : v. 2. 3. 5; mais Jn ne parle pas du baiser du traître.
 Selon Jn, il semble que ceux qui arrêtent Jésus sont, à la fois, des soldats romains (la cohorte) et des Juifs (v. 3) : ainsi toutes les forces hostiles se liguent contre Jésus.
 Jn souligne aussi la parfaite maîtrise que Jésus garde de la situation : Jn 18, 4 (voir la note TOB et en BJ, cf. Jn 1, 48 +); comparer encore Jn 18, 11 avec Mt 26, 39 (cité en marge) et Noter que Jésus n’est arrêté qu’en Jn 18, 12.
 Sur la réponse de Jésus (v. 5-6) et les réactions de ceux qui viennent pour l’arrêter : voir la note TOB sur Jn 18, 5; en BJ, cf. le renvoi à Jn 8, 24 +.
 La parole de Jésus au v. 8 est commentée par l’Évangéliste au verset suivant (v. 9); cf. aussi Jn 10, 28 (cité en marge par BJ).

Question 3

 Remarquer la construction de tout le passage : le transfert chez Hanne (v. 13) et celui chez Caïphe (v. 28; cf. v. 24) encadrent la scène. Entre les deux, nous avons le témoignage de Jésus (v. 19-21), encadré lui-même par les reniements de Pierre (v. 17 et v. 25-27).
 Pierre nie être disciple (v. 17 et 25): dans les Évangiles synoptiques, il dit simplement ne pas connaître Jésus. Chez Jn, l’interrogatoire de Jésus portait justement sur sa doctrine et Sur le fait qu’il a réuni des disciples : voir les notes TOB sur Jn 18, 19. 20. 21.
 Pour Jn, le procès juif de Jésus a déjà eu lieu : cf. v. 14 qui renvoie à Jn 11, 50.
 Cette scène appartient aux ténèbres : c’est la nuit (v. 18) avant le chant du coq (v. 27).

Pour continuer la réflexion

Quels sont les différents traits du portrait de Jésus dans ces deux scènes qui vous frappent le plus ?

20. – Jn 18, 28 à 19, 16 : Jésus devant Pilate

La comparution de Jésus devant Pilate est pour l’Évangéliste la scène centrale de la Passion. Le soin avec lequel, Jn a construit cette scène nous indique bien l’importance qu’il lui reconnaît.

1) Comment cette scène est-elle construite ? Quelle est la place des différents personnages ?, Leurs mouvements ? Qu’est-ce qui est au centre ?
2) Combien de fois Jn utilise-t-il ici le mot “roi” et “royaume” ? Quelle signification donne-t-il à ces termes ?
3) Comment met-il en lumière l’innocence de Jésus ? Et son mystère ?

Question 1

 Jésus est emmené chez Pilate à l’intérieur du Prétoire (18, 28); il en ressortira (19, 13) pour être livré aux Juifs ( 19, 15).
 Les Juifs restent dehors (18, 28) : voir la raison donnée par l’Évangéliste et les notes de BJ et TOB sur ce point. Pilate fait donc la navette entre Jésus et les Juifs : il sort vers eux (18, 29. 38; 19, 4. 13) et il rentre pour parler avec Jésus (18, 33; 19, 9).
 Ces déplacements de Pilate découpent cette scène en deux groupes de trois tableaux, autour du tableau central (19, 1-3) où Jésus est présenté comme Roi.
 Comparer la scène du couronnement d’épines avec celle des Synoptiques : Jn ne conserve que la couronne d’épines et le manteau pourpre; il omet les crachats, les coups sur la tête, les moqueries . Jésus est vraiment Roi, même si sa royauté n’est pas à la manière de celle des hommes : Jn 19, 13-14 et les notes de TOB.

Question 2

 Le mot “Roi” ( 9 fois ) et celui de “Royaume” (3 fois ) marquent cette scène.
 on peut s’interroger sur le sens que Pilate donne à ces termes (18, 33. 39) et celui que leur donne Jésus (v. 36. 37; cf. Jn 10, 26, cité en marge) ; voir aussi les notes de TOB sur Jn 18, 36-37.
 Sur Barabbas qui est préféré à Jésus, voir Jn 18, 39-40 et la note de TOB.
 Le rejet définitif de Jésus est exprimé en Jn 19, 12-15 (voir la note TOB sur le v. 15) ; Comparer ce passage avec Jn 3, 18.

Question 3

 L’innocence de Jésus est affirmée par trois fois par Pilate (Jn 18, 18; 19, 4. 6); cf. en BJ le renvoi à Lc 23, 22 + : pour les chrétiens du premier siècle dans le monde gréco-romain, il était important de souligner que l’innocence de Jésus avait été reconnue par les autorités en place.
 Sur le mystère de Jésus, remarquer dans les deux scènes “à l’intérieur” : Pilate se trouve face au mystère de cet homme qu’on lui a livré: il n’est plus le juge, il interroge (18, 33ss et 19, 9ss). Et comme tout homme, il doit prendre position, même s’il pense pouvoir y échapper.
 Sur la question de Pilate en Jn 19, 9 , voir les notes de BJ et de TOB : cette question est particulièrement importante pour Jn.

Pour continuer la réflexion

Réfléchir sur cette phrase de I. de la Potterie à propos de Jn 19, 14-15 : “Il (Jésus) devient leur juge au moment où ils le refusent comme roi. ”

21. – Jn 19, 16b – 42 : L’Élévation de Jésus

Jn raconte en quelques mots la crucifixion de Jésus, mais il dégage la signification de cet événement par une succession de cinq petites scènes : Jn 19, 19 – 22; 23 – 24; 25 – 27; 28 – 30 et 31 – 37.

1) Comparer Jn 19, 16b-24 avec une des Évangiles synoptiques : quels sont les éléments particuliers au récit de Jn ?
2) Comment Jn rapporte-t-il la mort de Jésus dans les v. 25-30 ? Sur quoi met-il l’accent ?
3) Les deux dernières scènes ont trait au corps de Jésus (v. 31-37) : quel est ici le message de Jn ?

Question 1

 Jn ne parle pas de Simon de Cyrène; Jésus porte lui-même sa croix : cf. la référence à Gn 22, 6 donnée en marge de ce verset.
 Remarquer l’importance donnée au titre de la croix (4 versets au lieu d’une simple mention chez les autres); il est rédigé en trois langues (perspective d’universalité : cf. la note TOB). La protestation des Juifs et le refus de Pilate marquent que pour l’Évangéliste, la croix est bel et bien l’intronisation royale de Jésus (cf. les trois emplois du mot “roi” dans les v. 20-21).
 Jn développe aussi la scène du partage des vêtements (un seul verset chez les Synoptiques); il distingue entre les vêtements et la tunique (cf. Ps 22, 19 LXX). Jn y voit une signification symbolique : dans les 4 parts des vêtements ( = universalité) et dans la tunique qui n’est pas déchirée ( = unité; cf. 1 R 11, 30, où le manteau déchiré annonçait la division du royaume de Salomon).

Question 2

 Les v. 25-27 sont propres à Jn : lui seul parle ici de la mère de Jésus (voir la note de BJ sur Jn 19, 25) et du disciple. Marie est appelée “Femme”, comme à Cana (cf. Jn 2, 4 +); pour l’Évangéliste, elle personnifie l’Église et le disciple est le type du croyant; cf. la note TOB sur Jn 19, 27.
 En Jn, c’est encore Jésus qui a l’initiative pour le vinaigre (v. 28 et notes TOB; en BJ voir Jn voir la note sur Jn 19, 30 +; cf. aussi Jn 4, 34 + et 10, 18 (cités en marge par BJ)
 noter le lien entre la mort de Jésus et le don de l’Esprit : Jn 19, 30 ; voir les notes de BJ et TOB.

Question 3

 En Jn 19, 31-37, remarquer l’opposition entre le projet des Juifs (v. 31) et leur préoccupation rituelle pour la Pâque et ce qui arrive en fait; pour l’Évangéliste, c’est là l’accomplissement du dessein de Dieu (v. 36-37) : Jésus est le véritable agneau pascal.
 Sur le sang et l’eau, voir les notes BJ et TOB; cf. les références marginales données en BJ.
 L’importance du passage est soulignée par les deux citations de l’AT (v. 36 et 37) : lire les notes de BJ et TOB ainsi que les références signalées.
 Selon Jn, Jésus est enseveli par deux notables juifs (cf. Jn 3, 1 et 7, 50). La quantité et la qualité des aromates marquent le caractère royal de la sépulture de Jésus.

Pour continuer la réflexion

Comment ce récit de Jn nous aide-t-il à contempler le Crucifié

22. – Jn 20, 1 – 31 : “Il vit et il crut”

Comment les disciples sont-ils passés de la tristesse causée par la mort de Jésus à la joie de Pâques ? D’une manière bien personnelle, l’Évangéliste nous présente ici la tradition de son Église sur la foi au Christ Ressuscité.

1) Lire ce chapitre de Jn et rechercher comment il est composé : indications de lieu, de temps, les personnages qui interviennent, etc.
2) Dans Jn 20, 1-18, quels sont les éléments parallèles à ceux des Synoptiques ? Qu’est-ce qui est particulier à Jn ?
3) Comparer Jn 20, 19-23 avec Lc 24, 36-49 : que remarquez-vous ? Pourquoi Jn nous donne-t-il deux scènes symétriques (Jn 20, 19-23 et 24-29 ) ?

Question 1

 Les indications de temps : v. 1, puis v. 19 et enfin v. 26. Peut-être l’auteur donne-t-il un sens symbolique à la mention de l’obscurité (v. 1 et 19); sur le “premier jour de la semaine”, voir les notes de BJ et de TOB.
 Le chapitre est bien divisé entre v. 1-18 (auprès du tombeau, avec Marie de Magdala, Pierre et l’autre disciple) et v. 19-29 (dans un lieu où les disciples sont réunis, sans Thomas, puis avec lui. On trouve enfin une conclusion du chapitre et, en même temps, de tout l’Évangile.

Question 2

 Pour les éléments parallèles, voir les références indiquées en BJ ou TOB. La tradition évangélique connaît la démarche des femme au tombeau, le premier jour de la semaine; elle connaît aussi une visite de Pierre et une apparition de Jésus à Marie de Magdala et à d’autres femmes.
 Jn reprend ces éléments; il les combine et “individualise” les expériences : ainsi Marie de Magdala, Pierre, l’autre disciple deviennent des types.
 Il semble nous présenter deux expériences de la foi pascale : celle de Pierre et de l’autre disciple (voir la note TOB sur Jn 13, 23). Pierre est le témoin que le corps de Jésus n’a pas été volé (v. 5-7); l’autre disciple va plus loin : ce signe le conduit à la foi en la Résurrection de Jésus (cf. les notes de TOB sur les v. 8-9).
 L’épisode avec Marie est également très riche : sa recherche du corps de Jésus fait penser au Ct (voir les deux références indiquées en BJ), la reconnaissance (v. 16) nous renvoie à Jn 10, 3-4. Jésus invite alors Marie à entrer encore plus dans la foi de Pâques (v. 17 et les notes de TOB).

Question 3

 Jn 20, 19-23 commence comme Lc 24 par une apparition de Jésus aux apôtres réunis; noter l’initiative de Jésus, qui vient vers eux, leur donne la paix : Jn 20, 19. 21. 26: il se fait reconnaître, d’où leur joie; puis il les envoie en mission (v. 21 et note TOB).
 Mais la première apparition en Jn omet le thème de l’incrédulité des disciples et les signes que Jésus donne : comparer Lc 24, 37-42.
 Sur le don de l’Esprit (v. 22) : voir les notes de BJ et TOB. Comparer avec Lc 24, 49 !
 ce thème de l’incrédulité et de la reconnaissance est développé dans la deuxième scène de Jn Avec Thomas (type de celui qui doute); Jésus montre alors ses mains et son côté (v. 20. 27; cf. Jn 19, 34).
 La confession de Thomas est le sommet de toute cette page (cf. les notes de TOB).

Pour continuer la réflexion
“Mon seigneur et mon Dieu “ : que signifient pour nous ces mots de Thomas ?

23. – Jn 21, 1 – 25 : “Simon, fils de Jean, m’aimes-tu… “

Dans le chapitre 20, nous avions déjà la conclusion de l’Évangile. Pourquoi alors ce dernier chapitre et les deux épisodes qu’il consacre à Pierre ?

1) Quelle est la signification de Jn 21, 1-14 ? Où se situe cette scène ? Quand ? Quelle place y tient Jésus ?
2) À quelles scènes des Évangiles nous fait penser Jn 21, 15-19 ? Quelles allusions pouvons-nous percevoir ?
3) Comment comprendre tout ce chapitre ? En particulier, quel est le rapport entre Pierre et le “disciple que Jésus aimait ” ?

Question 1

 La scène est placée en Galilée (et non plus à Jérusalem, comme en Jn 20; cf. Lc 24), comme pour les apparitions du Ressuscité rapportées par Mc et Mt.
 Noter la pêche infructueuse durant la nuit (v. 3), puis le succès surprenant au matin (v. 6), sur la parole de Jésus.
 Jn parle d’un groupe de sept disciples, de 153 gros poissons (cf. 21, 6 et 21, 11 : voir les notes de BJ et TOB). Jésus est présent, mais il n’est pas reconnu (21, 4; cf. Lc 24, 16 +); il le sera ensuite ( v. 7 et note TOB); il leur a préparé un repas ( v. 9. 12. et les notes de TOB).

Question 2

 Pour la triple demande de Jésus à Pierre aux v. 15ss, voir les notes de BJ et TOB. Remarquer que dans sa réponse, Pierre en appelle à la connaissance de Jésus (cf. la note TOB sur le v. 15).
 Voir encore en BJ, la note sur 21, 17 + ainsi que celle de la TOB.
 sur la place donnée à Pierre par Jésus, comparer avec Mt 16, 17-17 et Lc 22, 31-32 (cités en marge).
 On peut encore comparer Jn 21, 19 avec Jn 12, 33.

Question 3

 Voir Jn 21, 20-23 et la note TOB sur le v. 22.
 parmi les disciples, deux occupent une place particulière : Pierre et le “disciple que Jésus aimait”.
 Mais tout ce chapitre met surtout en valeur Pierre : c’est lui qui est cité le premier (v. 2), lui qui a l’initiative de la pêche (v. 3; cf. encore v. 7 et 11); de même c’est de lui seul qu’il est question dans les v. 15-19; enfin en Jn 21, 20-23 (sa manière de suivre Jésus jusqu’à la mort), Pierre est avec Jésus et il est suivi par le “disciple que Jésus aimait”.
 Cette dernière page de l’Évangile selon Jn veut peut-être rappeler la place de Pierre (et de ses successeurs) dans l’Église à certains membres de la communauté johannique. Cf. aussi l’unité de l’Église, symbolisée par le filet qui n’est pas déchiré ( v. 11 et note TOB).

Pour continuer la réflexion

Quelle signification peut avoir cette page de l’Évangile de Jn dans l’Église d’aujourd’hui ? Quel appel ?

ÉVANGILE SELON JEAN

prosternation 

Ce qui frappe immédiatement celui qui ouvre cet Évangile après avoir parcouru les trois autres, c’est aussi bien la différence de contenu et de ton :
– de contenu : Jn ne parle que de quelques actions de Jésus – dont plusieurs lui sont propres – mais habituellement, il développe longuement celles qu’il a retenues. En comparaison avec les Synoptiques, nous trouvons en Jn plusieurs fois de véritables compositions remplissant tout un chapitre (ex. Jn 3; 4; 6; 9; 11; 17).
– de ton : Jn utilise un vocabulaire très simple, pauvre même, mais comme le notait Luther, Jn est à la fois enfantin et insaisissable. C’est aussi l’avis des modernes :

“… il n’a rien d’une oeuvre facile. Si le style s’offre simple et limpide au lecteur, l’abondance des symboles et des allusions à l’Ancien Testament exerce sa sagacité. Plus d’une fois, il pourrait reprendre à son compte la parole de Thomas :”Seigneur, nous ne savons même pas où tu vas…” (14,5) ou plutôt, nous ne savons pas où tu veux en venir avec tes déclarations abruptes qui confondent l’intelligence… Plus on lit un tel texte, plus on acquiert la conviction qu’il garde jalousement ses secrets… L’enfermer dans nos catégories littéraires, historiques et religieuses, c’est le mutiler car il n’appartient à aucun de nos genres définis et limités, mais il utilise tour à tour les ressources de la méditation théologique, du drame historique, de la discussion rabbinique, etc. pour étoffer un témoignage rendu à Jésus, Messie et Fils de Dieu (20,31) “ (E. COTHENET, Int. Bib, NT III, 4. p. 95-6)

Pourtant, encore une fois, son vocabulaire est simple : 1011 mots contre 1691 (Mt), 1345 (Mc), 2055 (Lc); il est beaucoup moins concret et pittoresque que Mc, moins littéraire que Lc.
Une lecture plus attentive nous fait découvrir que cette oeuvre si puissante n’est pas d’un seul jet. Même une lecture rapide ne peut manquer de noter la présence de
– ruptures, comme 14,31 et 20,21
– doublets : le ch. 16 reprend plus ou moins les thèmes du ch. 14
– morceaux sans attaches : par ex. 12,44-50, mais aussi Jn 5 entre Jn 4,54 et 6,1.

Mais comme ses prédécesseurs, Jn veut écrire un évangile : il parle de Jésus de Nazareth, de sa vie publique (paroles et actions) et surtout de sa mort et sa Résurrection (c’est même dans cette partie que Jn est le plus proche des Synoptiques).
En Jn 20,31, l’auteur précise de manière explicite ce qu’il a entrepris de faire : témoigner de Jésus de Nazareth pour conduire le lecteur à reconnaître en lui le Christ et le Fils de Dieu.

Nous voulons donc lire cet Évangile (ou, au moins, certaines pages). Mais lire, c’est entrer dedans, c’est reconnaître et faire sien le témoignage de l’Évangéliste.
Lire, ce n’est pas d’abord poser nos questions au texte que l’Église met entre nos mains. C’est bien plutôt nous laisser étonner, questionner par lui; c’est accepter de ne pas tout comprendre d’un coup.
Lire c’est rencontrer Jésus vivant aujourd’hui dans sa Parole et une telle rencontre ne peut se faire que dans la foi.
Et comme le faisait remarquer un spécialiste de Jn, dans cet Évangile, les personnes sont rarement en relation les unes avec les autres, mais elles entrent en relation avec Jésus.

“ L’Évangile est écrit de telle façon qu’il oblige nécessairement à une réponse… Celui qui lit L’Évangile (de Jn) en pensant qu’il peut le parcourir sans répondre d’une manière ou d’une autre à la révélation de Dieu en Jésus, finira pas se rendre compte qu’il suit le chemin de Pilate. (…)
L’Évangile conduit ses lecteurs à envisager les diverses réponses possibles, mais il les conduit aussi à répéter souvent la réponse de la foi jusqu’à ce qu’il soit devenu naturel pour eux d’accepter le point de vue mis en valeur par l’Évangéliste, jusqu’à ce qu’ils confessent avec lui que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu (Jn 20,31) (A. CULPEPPER)

Le plan : toujours difficile à préciser quand on ne veut pas imposer notre logique à un texte ancien. On peut cependant donner quelques points de repères :

– le prologue, comme une “ouverture” Jn 1, 1-18
– 1ère partie : Le livre des signes Jn 1,19 – 12,50
– 2ème partie : Le livre de la Passion /Gloire / Heure : Jn 13 – 20
– épilogue : Jn 21

(pour plus de détails, cf les Introd. à Jn en BJ ou TOB, ou encore le plan détaillé de E COTHENET dans Int. Bib. NT III, 4. p. 136-137)

Le témoignage de Jean et les premiers disciples : Jn 1, 19-51

Faut-il voir dans cette partie de L’Évangile de Jn (continuée jusqu’en 2,11) la “semaine inaugurale du ministère de Jésus” ? C’est possible. Mais l’intérêt de ce passage est de nous permettre de comprendre comment Jn décompose un épisode en plusieurs scènes – comme des séquences d’un film – qui mettent chacune en valeur un point de son message.
Comme Mc et les Synoptiques, Jn commence son Évangile par une référence au Baptême de Jésus (cf Ac 10,37ss). Mais moins encore qu’eux, il ne centre son regard sur le baptême lui-même.
Pour lui, Jean-Baptiste – qu’il appelle simplement Jean – est avant tout le héraut de Jésus, celui qui est là pour lui rendre témoignage . Le lecteur apprend incidemment que Jean baptise (1,26ss) et le récit laisse entendre que Jésus a été baptisé par Jean (1,32-33). Mais tout l’intérêt est mis, non sur le baptême, mais sur le témoignage que Jean rend à Jésus : Jean est ainsi le premier témoin de ce grand procès qui sous-tend tout l’Évangile (et non seulement les dernières pages). Face à Jésus, Parole de Dieu, les hommes se partagent en deux groupes : les uns accueillent le témoignage et croient; les autres refusent de croire et restent dans la nuit.

Le témoignage que Jean rend à Jésus est réparti sur trois “jours” : v. 19; 29; 35. Cf Jn 1,6-8 : Jean n’est pas la lumière, mais il rend témoignage à la Lumière pour que tous croient en lui. Cf Jn 1,39.41

1) le témoignage de Jean sur lui-même : Jn 1, 19-28

– ce qu’il n’est pas : v. 19-21

– voici quel fut le témoignage de Jean (v. 19-21); à noter la redondance du v. 20 et les trois réponses négatives des v.20-21 (ouk eimi o christos / ouk eimi / ou)
– les Juifs : comme souvent chez Jn, ils représentent les autorités religieuses juives hostiles à Jésus, spécialement celles de Jérusalem (cf note TOB sur 1,19).
– les questions posées à Jean mettent en lumière la diversité des attentes juives à l’époque de Jésus : cf Mc 6,15; Mt 16,14.
– Je ne suis pas le Christ (= le Messie) : titre que Jésus n’a pas revendiqué et qu’il n’a accepté qu’avec des réserves mais qui qui est devenu (après Pâques) le titre par excellence de Jésus —> chrétiens (= ceux qui reconnaissent en Jésus le Christ attendu).
– il n’est pas Élie : sur l’attente d’Élie, cf 2 R 2,11 et 2 Ch 21,12. Après l’Exil, on attend le retour d’Élie, avant la venue du “Jour du Seigneur” (pas nécessairement avant le Messie) : cf Ml 3,1. 23. Pour cette attente, au temps de Jésus, cf Mc 8,28; 9,11; Mt 17,12; cf aussi Lc 1,17; (mais dans le reste du troisième Évangile, c’est Jésus qui est le nouvel Élie : Lc 4,14-16; 7,11-17; 9,51; 12,49).
– il n’est pas le prophète : cf Dt 18,15.18 +; voir aussi en BJ Jn 1,21 + .

– ce qu’il est : v. 22-28

Maintenant Jean se définit de deux manières :

par le texte d’ Is 40,3 : même référence chez les Synoptiques, qui appliquent ce texte à Jean-Baptiste (cf Mt 3,3 et note TOB); en Jn, c’est le Précurseur qui se définit lui-même comme “une voix” (comparer Jn 1,1 : Jésus est la Parole !).
Le même texte était utilisé par les gens de Qumrân pour justifier leur implantation au désert; ils voulaient préparer le chemin du Seigneur par leur étude et leur observance fidèle de la Loi.

– par le baptême d’eau (v. 24-27) : Jean ne baptise que d’un baptême d’eau , alors qu’au v. 33, il présentera Jésus comme celui qui doit baptiser dans l’Esprit Saint.
Dans la pensée biblique, baptême d’eau et baptême d’Esprit vont ensemble (cf Ez 36,25-26; Za 13,1-3; cf I QS 4,20-23). La distinction faite en Jn 1,26 et 33 est une distinction chrétienne; elle veut expliciter la relation et la différence entre le baptême de Jean-Baptiste et le baptême chrétien (cf Ac 19, 1-6).
– mais vous ne connaissez pas : (v.26) Ce n’est pas un reproche que Jean ferait à ceux qui viennent l’interroger, puisqu’il était lui-même dans une situation identique (v. 31); c’est une allusion à l’idée du Messie caché, inconnu de tous jusqu’au moment de sa manifestation (cf Jn 7,27).
Peut-être avons-nous dans ce passage de Jn – et aussi dans la suite – un écho des prétentions chrétiennes du 1er siècle face aux groupes baptistes. Cf aussi les récits du baptême de Jésus en Mc-Lc-Mt.

2) le témoignage de Jean sur Jésus : Jn 1,29-35

De nouveau, il est divisé en deux parties : v. 29-31 et 32-34.

– v. 29-31 : l’agneau de DIEU

Alors qu’il se montrait très réservé sur lui-même (v.19-28), Jean va rendre témoignage à Jésus par une série de titres qui en font une christologie. Il est évident qu’un tel témoignage présuppose Pâques. Mais est-ce simplement la christologie de l’Évangéliste mise sur les lèvres du Baptiste, ou bien l’Évangliste reprend-il des expressions du Baptiste, tout en leur donnant une signification plus profonde à la lumière de la Résurrection ?
– v. 29 est une formule de révélation (un messager de Dieu voit une personne et dit “voici “ + la révélation du rôle mystérieux de cette personne : cf 1 S 9,17). Cette formule est johannique dans le NT : Jn 1,35.37.47; 19, 24-27.
– l’agneau de Dieu : sur la signification de ce terme pour Jn, cf note TOB (référence à Is 53,7 et à l’agneau pascal : cf Jn 19,31; Ap 5,6; 15,3)
Mais l’image de l’agneau était aussi utilisé par divers milieux pour désigner le futur chef d’Israël : Dieu ferait pousser des cornes au frêle agneau pour le transformer en bélier vainqueur. (Cf A. JAUBERT, CE 17, p. 32)
On serait alors assez proche de la présentation du Messie faite par Jean-Baptiste dans les Synoptiques : cf Lc 3,11-12.
– qui enlève le péché du monde : le verbe peut se comprendre de deux manières (voir note TOB) : prendre sur soi ou faire disparaître, emporter; le sens du verbe dépendra de la signification donnée à l’ ”agneau”.
– un homme qui m’a devancé : l’idée de préexistence se lit aussi en Jn 1,15 et 8,58.
Dans la polémique entre baptistes et chrétiens, Jean Baptiste, qui est venu avant Jésus pouvait paraître supérieur à Jésus !
Dans la bouche de Jean “celui qui est avant moi ” pourrait être une allusion à Élie (cf Ml 3,1) qui devait venir pour manifester le Messie caché ou encore, étant lui-même le Messie.
Pour l’Évangéliste et pour le lecteur chrétien, ces paroles prennent une signification plus forte : à noter “il était” (verbe “être” quand il s’agit de l’existence de Jésus; idem en 8,58; comparer avec le prologue “fut un homme ” (v. 6 et note TOB) pour le Baptiste, mais “il était dans le monde ” (v.10) pour Jésus.
– je suis venu pour qu’il soit manifesté à Israël (v.31) : pour Jn, le rôle du Baptiste n’est pas d’abord de baptiser, mais de révéler à Israël “celui qui vient ”.

– v. 32-34 : celui qui baptise dans l’Esprit Saint

– celui sur qui l’Esprit Saint descend et demeure : déjà chez les Synoptiques, au récit du baptême l’accent était mis sur la manifestation céleste qui avait lieu à cette occasion (descente de l’Esprit et voix du Père). Jn est assez proche d’eux, mais il insiste sur le don total et permanent de l’Esprit qui est fait à Jésus.
– descendre et demeurer : cf note TOB. En Is 11,2; 42,1; 61,1, le don de l’Esprit est promis au Messie. Jn utilise souvent ce verbe “demeurer” : 40 x dans l’Évangile; 27 x en 1 Jn; 1 x en Ap (chez les Synoptiques, ce verbe revient 12 x).
Plusieurs textes AT parlaient de l’effusion de l’Esprit comme la marque des temps messianiques : Is 32,15; Ez 36,25-29; Jl 3,1ss…
Mais pour Jn, l’Esprit descend et demeure sur Jésus; c’est lui qui baptise dans l’Esprit Saint (v. 33); il le reçoit sans mesure (3,34); il le promet (Jn 3; 4; 14-16) et il l’enverra, une fois glorifié (7,39 et 20,22ss).
– j’ai vu… et j’atteste (ces verbes sont au parfait) que c’est lui le Fils de Dieu ou l’Élu de Dieu (selon S, Vulg, Syr) : cette deuxième leçon pourrait être originale, car on explique plus facilement le passage de “Élu” à “Fils” que l’inverse; ce serait alors une référence à Is 42, 1.

3) Les premiers disciples : Jn 1, 35-51

Le lien avec ce qui précède est fait par la reprise de la parole de Jean (v.36), mais cette fois, la déclaration de Jean reçoit un auditoire (v.35) et elle va déclencher une réaction en chaîne.
De nouveau, la scène peut se diviser en deux parties : v. 35-39 et 40-42

– la rencontre avec Jésus : v. 35-39

L’appel des disciples diffère ici du récit synoptique; selon Jn, les premiers disciples de Jésus viennent du Baptiste et c’est sur sa parole qu’ils se mettent à la suite de Jésus.

Pour Mc 1,16-20 // Mt, voir le modèle AT de 1 R 19,19-21 :

– Jésus rencontre le futur disciple à son métier;
– il l’appelle “suis-moi” ;
– l’homme se lève, laisse tout et le suit.

Chez Jn, nous trouvons un autre modèle d’appel :

– un témoin qualifié proclame sa foi en Jésus : cf v. 36.41.45;
– le futur disciple se trouve mis en contact avec Jésus;
– il atteste sa foi en la messianité de Jésus : v. 41.45.49.

Jn 1,35-51 (et 2, 1-11) nous présente une vue de la vocation chrétienne; c’est une découverte de plus en plus profonde de la personne de Jésus. Le climax est atteint ici en 2,11 (“il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui” ). À noter, comment Jn réunit dans ce passage les différents titres de Jésus : Rabbi et Messie (v.35-42); celui dont il est écrit dans la Loi et les Prophètes , le Fils de Dieu , le Roi d’Israël (v.43-50); le Fils de l’Homme (v.51).
Jn dira plusieurs fois (cf 2,22; 12,16; 13,7) que la connaissance des disciples n’a été complète qu’après la Résurrection. Il a donc réuni, dans cette scène d’appel, des titres qui supposent une connaissance qui s’est développée durant la vie publique de Jésus et après Pâques.
– ils suivirent Jésus : v. 37. 38. 40. 43; sur ce verbe, voir note TOB sur Mt 4,20.
– Jésus se retourna … dit : Jn souligne souvent l’initiative de Jésus
– que cherchez-vous ? : c’est la première parole de Jésus en Jn; elle pourrait être banale, comme la réponse (où demeures-tu ?), mais pour l’Évangéliste, elle se lit sur un autre plan (“double sens” : chercher Dieu, se tourner vers lui, est un besoin fondamental de l’homme ; (cf encore Am 5,4 +).
– où demeures-tu ? : l’homme désire demeurer en Dieu, échappant ainsi à tout ce qui est changeant, caduque.
– venez et voyez : en Jn, les deux verbes sont souvent synonymes de croire;

– aller à Jésus = croire en lui : 3,21; 5,40; 6,35.37.45; 7,37
– voir Jésus = croire en lui : 6, 40

Par cette invitation, Jésus se présente aussi comme la Sagesse qui invite les hommes à venir à elle : cf Pr 1,20-28; 8,35; Sg 6, 12.13.16.

– le partage de la découverte : v. 40-42

Après avoir suivi Jésus, André peut dire qu’il a trouvé le Messie / Christ (cf note TOB); Jn explique les termes araméens ou hébreux : quand il écrit, ces termes sont devenus des noms propres. André va trouver son frère et l’amène à Jésus : c’est la démarche de l’apôtre.
– Jésus regarde … change le nom : (cf note TOB sur v. 42; cf aussi en BJ Jn 1,48 +); changer le nom = la prise de possession de la personne en fixant son destin, en l’appelant à une existence nouvelle : cf Gn 17, 5.15; 2 R 23,24; 24, 17.

4) L’appel de Philippe et de Nathanaël : 1, 43-51

Comme en 1, 40-42, un premier appelé amène un autre homme à Jésus. Mais le récit insiste ici sur l’appel de Nathanaël.
– celui dont il est parlé dans la Loi de Moïse … : Jésus est l’accomplissement de l’AT (Loi et Prophètes, cf Lc 24,27); il y a peut-être une référence à Moïse, cf Dt 18,15.18 (la Loi) et à Élie, qui doit revenir (les Prophètes). Au début du récit, Jean refusait d’être pris pour le Prophète ou pour Élie (cf 1,21)
– Jésus, le fils de Joseph, de Nazareth : la venue de Jésus, telle qu’elle s’est réalisée, fait problème : cf 6,42; 7,41.52.

Nathanaël doute – une réaction que Jésus rencontrera souvent – mais il accepte de venir voir : ainsi il représente le “véritable Israël” (v. 47), dérouté par la venue de Jésus, mais qui se laisse conduire à la foi. Selon l’étymologie populaire, Israël = celui qui a vu Dieu (Gn 32,27-30). Avec la venue de Nathanaël vers Jésus, le rôle de Jean a atteint son but : (“pour qu’il soit manifesté à Israël “: v. 31).
– le Fils de Dieu, le roi d’Israël = le Messie, (cf les références données en marge de TOB sur ce verset).
– tu crois, tu verras des choses plus grandes : la foi est un processus de connaissance qui grandit, qui s’approfondit.
– amen, amen : cette formule double (25 x) est propre à Jn et elle introduit toujours une parole importante. Chez les Synoptiques, on trouve la formule avec un seul “amen” :

“c’est une formule par laquelle Jésus engage son autorité. Il semble bien qu’il ait créé ce type inhabituel d’expression pour signifier justement le caractère exceptionnel de cette autorité. C’est donc une façon de parler propre à Jésus, que l’Évangile ne rapporte que dans sa bouche et qui est significative de son caractère unique.” (Le Quatrième Témoin, Évangile selon saint Jean, (Écouter la Bible, 18), p. 279)

– le ciel ouvert : cf les Synoptiques au baptême, par ex. Lc 3,21; allusion à l’histoire de Jacob-Israël : Gn 28, 10-17. Jésus, le Fils de l’Homme, est devenu le lieu où se manifeste désormais la Gloire de Dieu, le point de contact entre le ciel et la terre.

Sur “Fils de l’Homme ”, voir aussi TOB ou BJ sur Mt 8,20 +; ici c’est le seul titre dans la bouche de Jésus . Il semble que Jésus ait utilisé lui-même cette expression ambiguë, qui disparaîtra après la Résurrection pour laisser la place à des titres plus aisément compréhensibles.

EF -021-002

“Je suis le Pain de Vie : Jn 6

La composition de ce chapitre de Jn

– introduction : 6, 1-4
– le miracle des pains : 6, 5-15 (les foules)
– la marche sur la mer : 6, 16-21 (les disciples)
– le discours du “pain de vie” : 6, 22-59 (les foules–> les Juifs)
– la question aux disciples : 6, 60-71 (les disciples—>les Douze)

Le miracle des pains : Jn 6, 1-15

La comparaison avec les Synoptiques : le miracle des pains est le seul miracle de Jésus qui soit rapporté par les quatre Évangélistes (Mt et Mc le rapportent deux fois; Lc et Jn une seule fois).
Le texte de Jn a des contacts avec les deux récits de Mc-Mt, mais il ne dépend pas directement d’eux; il provient, probablement, d’une source parallèle à celle des récits synoptiques.
Cependant chez Jn, comme chez les synoptiques, le miracle des pains
– est suivi de la marche sur la mer
– est placé au coeur de l’Évangile et à la fin du ministère galiléen : TOB 6, 1 +
– est l’occasion d’une prise de position des foules et des disciples par rapport à
Jésus.

Mais il faut souligner ce qui est propre au récit de Jn :

– le lien très vague avec ce qui précède (après cela … : or en Jn 5, Jésus est à Jérusalem
– la mer de Galilée : comparer avec Jn 2, 11 : Cana de Galilée, où Jésus donnait du vin en abondance; ici il donne le pain.
– la foule suit Jésus à cause des signes sur les malades : alors que Jn n’en a rapporté qu’un seul en Galilée (Jn 4, 46-54).
– Jésus gravit la montagne, s’assit avec les disciples (cf Mt 5, 1) : il ne faut pas chercher à localiser, dans les Évangiles, cette montagne, qui est le lieu du Sermon (Mt 5, 1), du choix des Douze (Mc 3, 13), de la rencontre avec le Ressuscité (Mt 28, 16). Cf aussi le thème Jésus/Moïse.
– la Pâque : la deuxième Pâque pour Jn, cf Jn 2, 13 et 11, 55. Mais il se peut que le miracle ait eu lieu au temps de la Pâque (au printemps): cf Mc 6, 39 (l’herbe verte) et Mc 8, 14-21 (les discussions sur le levain des Pharisiens ; les pains sans levain).
– les foules : chez les Synoptiques, Jésus voit la foule; il en a pitié (Mc/Mt), il se met à lui enseigner beaucoup de choses (Mc), lui parle du Royaume de Dieu (Lc). Puis ce sont les disciples qui interviennent (Mc 6, 35 et p.) Chez Jn, c’est Jésus qui a toujours l’initiative : il voit la foule et veut la rassasier (aucune mention des trois jours, des distances, … ). Il sait ce qu’il va faire (cf Jn 6, 6 et note TOB; en BJ Jn 1, 48 +).
– cinq pains d’orge : cf 2 R 4, 42-44 où Élisée nourrit 100 personnes avec 20 pains d’orge; tous mangent et il a des restes.
-faites-les s’étendre : ce verbe dans LXX signifie se mettre à table pour un banquet : ce n’est donc pas un pique-nique, mais un festin (cf l’abondance, le surplus).
-il rendit grâces (eucharistein ) : cf la”bénédiction” juive habituelle pour le pain : “béni sois-tu, Seigneur, Dieu de l’univers, toi qui fais sortir ce pain de la terre.”
– Jésus le distribue (lui-même), comme il le fera à la Cène. Mais ici ce serait difficile, à 5000 convives ! Les Synoptiques sont plus proches de l’événement, mais Jn veut souligner le don personnel de Jésus à chacun.
– rassembler … pour que rien ne soit perdu : la manne ne pouvait se conserver (Ex 16, 20), mais le pain que donne Jésus est un aliment inépuisable.
– à la vue du signe : la foule reconnaît le signe, mais elle ne sait pas le “lire”; cf Jn 6, 26 : elle voudrait le faire roi, d’où la fuite de Jésus (v. 15).

La marche sur les eaux : Jn 6, 16-21

Comme chez Mt et Mc (non chez Lc), le miracle des pains est suivi de la marche sur la mer. Le récit de Jn est plus simple (peut-être plus primitif) que celui de Mc et surtout de Mt. Jn en fait une “épiphanie divine”, centrée sur le JE SUIS (v. 20 et note TOB).
Mais l’Évangéliste ne s’attarde pas sur cet épisode : dans le discours qui suit – et qui lui est particulier – il revient au miracle des pains.

Le discours du Pain de Vie : Jn 6, 26-71

Jn n’a pas rapporté comme les Synoptiques un long ministère de Jésus en Galilée avant sa montée vers Jérusalem; il a concentré cela dans le chapitre 6 où Jésus se révèle aux foules (ce qu’il est et ce qu’il veut leur donner). Mais il provoque ainsi étonnement, murmures et, finalement, refus de la majorité de ses auditeurs.
Après une petite transition (v. 22-25), nous arrivons au discours proprement dit. L’introduction (v. 26-31) pose les données du problème : les foules qui ont été rassasies cherchent Jésus pour qu’il continue à les nourrir (v. 26). Jésus les invite à chercher quelque chose de meilleur (v. 27) : le pain multiplié était un “signe”, mais il n’était qu’une nourriture périssable; il faut rechercher la “nourriture qui demeure en vie éternelle” (v. 27 et note TOB). Pour cela, il ne faut pas faire des oeuvres (v. 28), mais faire l’oeuvre de Dieu, c-à-d. croire en celui que Dieu a envoyé (v. 29). “Croire ce n’est pas tant une oeuvre faite par l’homme que sa soumission à l’oeuvre que Dieu fait en Jésus ” (Bultmann). Pour Jn, croire est un acte vital, nécessaire au salut : il faut croire en Jésus, croire que Jésus est le Fils de Dieu. Croire comporte deux degrés : il y a l’admiration, la reconnaissance devant un miracle. Mais en rester là, c’est méconnaître le “signe”. On ne parvient à croire vraiment et durablement que si l’on passe du “signe” à la réalité qu’il signifie et qui est la “gloire”, c-à-d. la divinité de Jésus.
Les foules demandent alors à Jésus un signe, comparable à celui que Moïse avait fait autrefois pour les pères (v. 31). Sur ce point, voir en BJ Jn 1, 21 +.

– la première partie du discours : Jn 6, 32-51a

Voir le plan concentrique proposée par A. JAUBERT, en CE 17, p. 47.
La réponse de Jésus apporte d’abord deux correctifs à l’affirmation de la foule :
– ce n’est pas Moïse qui a donné la manne : voir notes TOB sur les v. 31-32.
– c’est mon Père qui donne : l’AT trouve maintenant s son accomplissement en Jésus. Le véritable pain du ciel (pour les rabbins, le pain était aussi le symbole de la Loi), ce n’est pas celui que Moïse a donné autrefois, mais celui que le Père donne maintenant (cf Jn 1, 18), et qu’il offre au monde (v. 33; cf Jn 1, 10 et note TOB).
Comme en Jn 4, 9-15, le dialogue avance ici par le procédé de la “méprise johannique”.

– JE SUIS le Pain de Vie : JE SUIS + une précision qui dit ce que Jésus est par rapport aux hommes (v. 35 et note TOB). C’est lui qui fait vivre, qui peut apaiser toute faim, toute soif. Mais pour cela, il faut aller vers lui, croire en lui, voir en lui le Fils envoyé par le Père.
– la volonté du Père (cf déjà en Jn 3, 16-17) est que je ne perde aucun … mais que les ressuscite au dernier jour (v. 39 et notes TOB).
– murmurer : c’était l’attitude du peuple au désert (cf note TOB sur v. 41), le contraire de la foi. Noter ici le passage de la “foule” aux “Juifs” ainsi que la construction soignée des v. 41-43 : on lit deux fois le mot “murmurer” entourant ce qui est la cause du murmure :”Jésus, fils de Joseph”. C’est la connaissance sur Jésus (cf note TOB sur v. 42) qui ne peut pas dépasser les apparences humaines. Cf dans les Synoptiques le rejet de Jésus à Nazareth : Lc 4, 22 cf Mc 6, 3 ; Mt 13, 55.
Les v. 44-46 forment la réponse de Jésus : si les Juifs cessent leurs “murmures”, c-à-d. leur refus de croire et s’ouvrent ainsi à l’action de Dieu, le Père les attirera vers Jésus (v. 44 et note TOB) comme l’annonçaient les prophètes (v. 45) pour la nouvelle alliance. Jésus seul a vu le Père (cf note TOB sur v. 46); il est, lui, le pain qui peut faire vivre, bien autrement que la manne donnée autrefois aux pères (v. 47-51a).

la deuxième partie du discours : Jn 6, 51b-58

Dès le début du Discours (et même de tout le chapitre 6), les consonances eucharistiques étaient perceptibles, mais seulement en sourdine. A partir de Jn 6, 51b, la référence à l’Eucharistie devient tout à fait explicite (cf note TOB sur 51b; en BJ, la note sur Jn 6, 54 +).
L’insistance sur manger la chair / boire le sang est si forte que ces versets semblent avoir été dirigés contre des adversaires : cf 1 Jn 2, 18-23; 4, 1-3.
– le pain … ma chair : jusqu’ici le Pain du ciel pouvait être compris comme une image pour la Parole (que l’on peut manger : cf Ez 3, 3). Mais ici, il s’agit de la chair (voir note TOB sur ce mot; en BJ voir Jn 1, 14 +) donnée pour la vie du monde (note TOB sur la fin du verset 51). On peut comparer cette expression avec Lc 22, 19 (mon corps donné pour vous); à noter aussi l’emploi du futur : … que je donnerai.
– la chair … le sang : les deux termes réunis expriment pour un Sémite le composé humain. Mais ici la séparation des éléments invite à voir le sens sacramentaire.
– manger la chair / boire le sang : s’unir par l’acte de manger et de boire à Celui qui fait le lien entre le ciel et la terre : cf les notes TOB sur v. 54.
– pour avoir la vie : la formulation du v. 53 est si absolue que certains y ont vu une nécessité comparable au baptême : d’où la tradition orthodoxe de donner l’Eucharistie aux petits enfants.
– la vie : noter la progression: la vie (v. 53), – la vie éternelle, de la Résurrection (v. 54), – celle du Père, que Jésus reçoit et donne (v. 56-57 et note TOB sur v. 57).
– comme le Père, ainsi (v. 57) : le “comme” johannique n’est pas simplement comparaison, mais partage véritable : cf Jn 10, 15; 17, 21-23.
– tel est le pain … pas comme la manne (v. 58) : c’est la conclusion du discours avec le renvoi à l’épisode de la manne (cf v. 31), mais pour souligner une fois de plus et avec force, que la manne dont parlent les auditeurs de Jésus, n’était qu’une figure, pas du tout comparable au don que Jésus fait par sa personne et par l’Eucharistie.

– La décision de la foi : Jn 6, 60-71

La première partie du discours soulevait les “murmures” des Juifs (v. 41); ici ce sont les disciples qui “murmurent” (v. 61).
– cette parole est rude : la révélation apportée par Jésus dépasse les possibilités de l’homme laissé à lui-même (cf déjà v. 44ss). Comme Jésus le dit à Nicodème (Jn 3, 10), il faut le don de l’Esprit pour accueillir le témoignage (cf Jn 3, 11-12; Jn 6, 63 et note TOB). Comparer encore Mt 16, 17 où Jésus affirme que “la chair et le sang” ne peuvent expliquer la parole de Pierre sur l’identité de Jésus. Cf encore Mt 11, 27.
– ceux qui ne croient pas (v. 64 et note TOB) : comme chez les Synoptiques, le ministère de Galilée se termine dans un climat d’incroyance. A partir de Jn 7, Jésus sera à Jérusalem et là, non plus, son enseignement ne sera pas reçu, sinon par une petite minorité d’auditeurs (Jn 12, 37ss).

La réponse des Douze est – comme chez les Synoptiques – placée dans la bouche de Pierre.
– à qui irions-nous ? cf Jn 6, 35.37. 45 : c’est la démarche vers Jésus, mais aussi l’ouverture à la Parole qui donne vie (v. 68 ; v. 69 et note TOB).
– nous avons cru et connu : ( deux fois le parfait) : les deux mots sont souvent utilisés ensemble chez Jn et presque identiques quant à leur signification. Cependant le second peut exprimer l’épanouissement du premier : le croire devient connaître.
– le Saint de Dieu : une titre de la christologie primitive (Mc 1, 24; Lc 1, 35; 4, 34; Ac 3, 14; 4, 27-30; cf la note TOB sur Mc 1, 24). Il s’agit ici de la reconnaissance de Jésus comme Messie; à la fin de l’Évangile, Jn nous donnera une confession plus complète dans la bouche de Thomas (Jn 20, 28)
– l’un de vous est un diable (v. 70 et note TOB); Jn anticipe ici l’annonce de la trahison de Judas, que les Synoptiques nous donnent en lien avec le récit de l’institution eucharistique.

Le Discours du Pain de Vie marque le sommet du ministère galiléen. Jn condense dans ce chapitre la révélation de Jésus et le choix qui en découle : reconnaître en Jésus celui qui vient du ciel et recevoir la vie ou bien le refuser et se fermer au don de Dieu.
Le discours actuel est composé de deux tableaux
– Jésus est Pain de Vie dans sa Personne, sa Parole (v. 32-51a), mais cette présentation se heurte au scandale de l’Incarnation (v. 42).
– Jésus est Pain de Vie parce qu’il donnera sa chair et son sang, ce qui évoque les textes synoptiques de l’institution eucharistique : ici, nous avons l’écho des difficultés de la communauté chrétienne face à l’Eucharistie (cf 1 Jn).
Ainsi ce texte réunit le scandale des contemporains de Jésus et celui qui restera toujours, pour tout homme, face à Jésus, à moins d’accueillir dans la foi Sa parole. Pour Jn, ce scandale se vit d’une manière exemplaire face à l’Eucharistie.

“Incarnation et Eucharistie se compénètrent et s’appuient mutuellement tout au long du chapitre (…) L’Incarnation tend au don eucharistique et s’achève en lui; l’Eucharistie, de son côté, prend son sens que dans la foi au Christ, descendu du ciel pour donner la vie au monde. L’Incarnation se prolonge et nous atteint par le sacrement; le sacrement n’est Pain de Vie pour l’homme que si celui-ci adhère par la foi, à la révélation et au don du Verbe Incarné. “ (D. MOLLAT, Initiation à la lecture de Jean, p. 44).

Jn 9, 1-41 : L’aveugle-né

Ce récit de Jn est un des plus beaux dialogues du NT. Tous les commentateurs relèvent les qualités littéraires du texte. La manière avec laquelle l’Évangéliste conduit la montée de l’aveugle vers la lumière et l’enfoncement de ses adversaires, est magistrale.
– 3 x l’aveugle avoue son ignorance : v. 12.25.36
– 3 x les pharisiens affirment hautement leur savoir : v. 16.24.29
– 7 x l’expression “ouvrir les yeux” : v. 10. 14. 17. 21. 26. 30. 32

Situation du récit

Y a-t-il un lien avec ce qui précède ? Comparer 9,1 avec 8,59 ! Cependant on notera la reprise de Jn 8,12 en 9,3-5 !
Où ce texte se termine-t-il : en 9,41 ou en 10,21 ? (Certains commentateurs retiennent au moins les v. 19-21 du ch. 10.)
Jn 9 fait-il partie de la Fête des tentes ?
– en Jn 9, nous n’avons aucune indication de temps; la fête des Tentes était mentionnée en 7,2.11.14.37; cf aussi les allusions possibles en 8, 12 et 9,5.
La prochaine indication de temps se lit en 10,22 (la Dédicace); mais cette fête a lieu vers la fin décembre (cf 10,22 et note TOB) alors que la fête des Tentes était célébrée en septembre (Jn 7,2 et note TOB).

– Notre récit a plusieurs points de contacts avec Jn 5, 1-18 :
. deux miracles, deux guérisons à Jérusalem, en lien avec une piscine;
. le jour du sabbat (5,9a et 9,14), d’où l’opposition des Juifs;
. dans les deux cas, le récit du miracle est bref et il est suivi d’une longue discus-
sion ; il s’agit des oeuvres accomplies par Jésus (5,17.20; 9,3ss) et du jugement
(5,22-30 et 9,39)
. dans les deux cas, Jésus guérit sans qu’on le lui demande; il disparaît, puis ré-
apparaît à la fin du récit.

Division du texte : deux parties

– la première partie (9, 1-7) le miracle : (I)
. v. 1-5 donnent le cadre et préparent la discussion;
. v. 6-7 donnent le récit du miracle lui-même; très bref, tout l’intérêt étant sur
les dialogues qui vont suivre.
– la deuxième partie (9, 8-41) : développement et dialogues. (II-VI)

On peut voir, dans ce chapitre de Jn, 6 tableaux successifs (selon les personnages)

I : Jésus, les disciples et l’aveugles 9, 1-9
II : l’aveugle guéri et son entourage 9, 8-12
III : les pharisiens et l’aveugle 9, 13-17
IV : les pharisiens et les parents 9, 18-23
V : les pharisiens et l’aveugle 9, 24-34
VI : Jésus, l’aveugle et les pharisiens 9, 35-41

I . Jn 9, 1-7 : Jésus, l’aveugle et les disciples

– en passant, Jésus vit… : une introduction vague et sans lien immédiat (cf Mc 1,16).
– un aveugle de naissance : le seul cas dans la Bible.
– la question des disciples et la réponse de Jésus nous indiquent la perspective de Jn (v.3) : le miracle que Jésus va faire est une oeuvre de Dieu; il a valeur de “signe” pour conduire à reconnaître l’identité de Jésus. Sur la question des disciples, voir la note TOB sur 9,2.; les disciples n’étaient plus mentionnés dans le récit depuis Jn 6; ici, il s’agit probablement de Douze.
– il nous faut travailler : voir note TOB.
– celui qui m’a envoyé : voir BJ Jn 4,34 +.
– Je suis la lumière du monde : Jn 1,4-5.9; 3,19-21; 9,5; 11,9-10; 12, 35-36.46; cf aussi en BJ, Jn 8,12 + : tout le récit qui suivra devient donc comme l’illustration de cette parole de Jésus.
– les v. 6-7 rapportent le miracle; sur l’emploi de la salive, cf TOB sur 9,6;
– il fit de la boue : ce mot revient 5 x (v. 6 (bis).11.14.15; Irénée (Adv. haer. ) fait le rapprochement avec la création.
– va te laver : cf 2 R 5,10; sur Siloé, voir note TOB.
Après cette entrée en matière, le récit de Jn est entièrement consacré aux réactions que va susciter le miracle de Jésus.

II. Jn 9,8-12 : l’aveugle guéri et son entourage

– celui qui était assis à mendier : cf Mc 10,46, pour Bartimée
– l’homme que l’on appelle Jésus : la première déclaration de l’aveugle.

III. Jn 9,13-17 : les pharisiens et l’aveugle

– les pharisiens : v. 13.15.16 et 40; les Juifs : 9,18.22.
– un jour de sabbat : c’est là que se situe pour eux le conflit; on ne pouvait guérir que si l’homme était directement en danger (cf Lc 13,14); de plus, Jésus a pétri (de la boue) et il en oint les yeux de l’aveugle (les deux actions font partie des 39 interdites le jour du sabbat). Les pharisiens voient donc l’enjeu de l’acte posé par Jésus, mais ils sont divisés (schisma) , comme la foule en Jn 7,43 et note TOB.
– et toi, que dis-tu…? C’est un prophète : 2ème déclaration de l’aveugle sur Jésus (v. 17 et note TOB).

IV. Jn 9, 18-23 : les pharisiens et les parents

– v. 19 : les pharisiens / Juifs essaient de nier le fait
– v. 20-21: les parents reconnaissent leur fils et qu’il est né aveugle (v.20); mais ils refusent de répondre à la deuxième partie de la question (v. 21)
– il a l’âge = l’âge légal pour donner un témoignage; donc au moins 13 ans et un jour.
– la peur de des Juifs : cf v. 22 et note TOB

V. Jn 9,24-34 : les pharisiens et l’aveugle

-rends grâce à Dieu : voir note TOB; cf aussi Jos 7,19
-nous savons…: le verbe savoir revient 7 x dans ce passage (v. 24. 25 (bis).29 (bis).30.31) Ce savoir porte sur ce qu’est Jésus et ce qu’est Moïse. Noter les oppositions (TOB note sur v. 29) entredisciple de Moïse et disciple de cet homme; Dieu a parlé à Moïse et lui nous ne savons d’où il est (v. 29); sur ce point, voir Jn 7,27ss et les notes de TOB.
– Dieu n’exauce pas les pécheurs : l’aveugle leur rappelle ici une des deux alternatives qu’ils avaient d’abord envisagées, au v. 16.
– un homme pieux, qui fait sa volonté : voir note TOB sur v. 31.
– … de Dieu : la 3ème affirmation de l’aveugle; voir notes TOB sur v. 32 et 33.
– ils le jetèrent dehors : ce n’est pas une excommunication (v. 22), mais la fin brusque de l’interrogatoire.

VI. Jn 9,35-41 : Jésus, l’aveugle et les pharisiens

– Jésus réapparaît ici; sur son attitude, opposée à celle des pharisiens, voir Jn 6,37.
– crois-tu au Fils de l’Homme ? Voir la note TOB ou celle de BJ sur Mt 8,20 +. Dans les v. 35-38 : 3 x le verbe “croire ”
– les v. 39-41 sont marqués par le contexte du “jugement ” (krima), cf la note TOB sur v.39; le péché = voir et ne pas croire ( v. 41). Cf en BJ Jn 3,12 +.

Le but de ce récit de Jn

Ce récit de Jn nous donne une typologie des réactions face à Jésus; on peut y découvrir 4 réactions-types face au “signe”qu’il a fait :

1) ceux qui ne s’interrogent pas : ce sont les voisins et ceux qui connaissaient l’aveugle (v.8); leur question est simplement : y a-t-il eu guérison ou non (v. 8s) ? Comment cela s’est-il passé (v.10s) ? Où est l’auteur de ce miracle (v.12) ?
Mais ce n’est pas une question sur l’identité de Jésus , sur sa relation à Dieu. Ils veulent seulement voir ce faiseur de miracle. Cf l’attitude dénoncée par Jésus en Jn 6,26.
En bref, ici le miracle n’est pas parvenu à soulever la question de la foi.

2) ceux qui s’interrogent mais ne croient pas : c’est l’attitude des pharisiens / Juifs. Ils envisagent tout d’abord deux interprétations possibles (v.16) :
. cet homme viole le sabbat; il ne peut venir de Dieu
. mais c’est un “signe” tel qu’un pécheur ne saurait l’opérer.
Ici on passe du fait à des questions sur l’identité de celui qui a agi . Mais après un premier temps d’hésitation (v.16-17), ils refusent de s’ouvrir au “signe”. Pour cela, ils tentent d’abord de mettre en doute l’existence du fait (v.18-19); après l’échec de cette première démarche (v.18-23), ils reviennent à l’interprétation, mais en éliminant la seconde alternative (cf v. 24 : “nous savons que cet homme est un pécheur …”
Aux v. 31-33, l’aveugle tente bien de leur rappeler la seconde interprétation qu’ils avaient eux-mêmes formulée, mais ils n’en veulent pas. Ils refusent de s’ouvrir à la lumière et deviennent aveugles.
Pour Jn 9, les pharisiens / Juifs sont le type de ceux qui refusent de croître malgré les “signes” : cf Jn 12, 37-40.

3) ceux qui croient mais ne témoignent pas : c’est l’attitude des parents ( v.18-23). Ils reconnaissent le fait (la guérison de leur fils), mais ils refusent de dire que c’est Jésus qui l’a accomplie et comment il l’a accomplie (v.21).
Ils refusent donc de proclamer le miracle comme “signe”, c-à-d. comme un geste à travers lequel se révèlent Dieu et son envoyé.
Pourtant d’après le v. 22, ils étaient disposés à croire et à reconnaître Jésus, mais ils ne le font pas par crainte d’être exclus de la synagogue (aposunagôgos ) : cf Jn 12,42; 16,2
Les parents pourraient représenter (comme en Jn 12,42ss) ceux qui ont reconnu en Jésus, le Christ, mais qui n’osent pas témoigner ouvertement de leur foi : écho des difficultés et des tensions dans les communautés chrétiennes face au judaïsme à la fin du premier siècle.

4) Ceux qui s’interrogent, croient et témoignent : telle est la démarche de l’aveugle et elle fait contraste avec les trois autres attitudes :
– peu à peu, sa guérison lui apparaît comme un “signe”;
– au contraire des pharisiens, il pense que l’auteur de ce “signe” peut venir de Dieu;
– enfin, contrairement à ses parents, malgré les conséquences, il va jusqu’au témoi-
gnage.

Il y a chez l’aveugle un cheminement progressif, qui se manifeste, comme chez la Samaritaine, dans la manière dont il parle de Jésus :
– l’homme qu’on appelle Jésus (v.11);
– c’est un prophète (v.17);
– il vient de Dieu (v.33);
– “Je crois, Seigneur ” et il se prosterne (v.38).
Le cheminement vers la foi est occasionné, provoqué même, par le fait de devoir se compromettre. On a l’impression, au début, que sans les questions qui lui sont posées, l’aveugle resterait dans une perception très vague de Jésus et de ce qui lui est arrivé.
Mais pressé par les questions, il refuse de déformer les faits, de dissimuler ce qu’il croit et par là, il est amené à s’ouvrir de plus en plus à la lumière.

Au yeux de l’Évangéliste, l’aveugle paraît être le modèle du disciple : cf v. 28 “toi, sois son disciple….” Un disciple à la démarche lente mais sincère, qui a le courage d’aller jusqu’au bout de sa foi en Jésus, le Christ.

A l’origine du récit

Jn 9 témoigne d’un grand travail de rédaction, mais l’Évangéliste n’a pas créé ce miracle pour illustrer la parole de Jésus en Jn 8,12.

Plusieurs guérisons d’aveugles se lisent dans les Synoptiques, ainsi en Mc 10,46-52 (Bartimée qui était assis et mendiait ), Mt 9,27-31 (deux aveugles en Galilée); Mt 12,22-23 // Lc (un aveugle muet); Mc 8,22-26 (aveugle guéri avec de la salive ); Mt 21,14 (sommaire : Jésus guérit des aveugles dans le Temple).
Pourtant, on ne trouve pas de guérisons d’aveugles dans l’AT (sauf en Tb) ; par contre, on trouve des annonces de guérisons d’aveugles spirituels en Is 29,18; 35,5; 42,7.
Chez les Synoptiques, les guérisons d’aveugles peuvent aussi prendre une signification symbolique (cf Mc 8,22ss).

Le récit de Jn 9 ne fait donc pas particulièrement problème, mais il faut reconnaître qu’il présente plusieurs traits qui lui sont propres : aveugle de naissance, l’usage de la boue, la guérison par l’eau de Siloé (que l’Évangéliste prend soin de traduire), la question aux parents et surtout la longue interrogation sur le miracle. On peut penser qu’on a ici une tradition particulière exploitée par Jn.

Jn 11 : le ‘signe’ de Lazare

Le cadre local et temporel

En Jn 10, 40, Jésus se trouve “au-delà du Jourdain ”; à la demande des deux soeurs, il vient en Judée (11,7ss); après le miracle de Lazare, il évite à nouveau les Juifs (11,54). Il reviendra à Béthanie (en 12,1), en route vers Jérusalem.

Jn 10,22 mentionnait la Fête de la Dédicace (fin décembre); en Jn 11,55, nous lisons : “la Pâque, la fête des Juifs était proche ”, cf 12,1. Dans la perspective de Jn, le miracle de Lazare est donc lié à la troisième Pâque, comme le premier signe (Cana) l’était à la première, (cf Jn 2,13). Il y a, semble-t-il, chez Jn la volonté de rapprocher le premier “signe” et le dernier : comparer Jn 2,11 et 11,4.15 (la gloire / croire). En répondant à la demande de sa mère, Jésus inaugurait son “Heure” (2,4); en retournant en Judée, pour rendre la vie à Lazare, il signe maintenant son arrêt de mort (cf 11,47-53).

On pourrait également voir un lien entre le 6e et le 7e “signe”. Les deux parlent d’un fait inouï : rendre la vue à une aveugle de naissance et ramener à la vie un homme mort depuis quatre jours. Les deux récits illustrent d’une certaine manière deux déclarations de Jésus :”Je suis la lumière du monde” et “Je suis la Résurrection et la Vie”. Dans les deux encore, l’insistance n’est pas sur le fait miraculeux mais sur sa signification.

Les personnages

Dans ce récit, nous rencontrons Lazare, Marthe et Marie et, bien sûr, Jésus .
Au début, nous trouvons encore les disciples (11, 7-16) et aux v. 19.31.33.36-37.45ss, il sera question des Juifs .

Les disciples sont avec Jésus “au-delà du Jourdain ”, parce que les Juifs veulent le tuer (10,40; 11,8.16); l’objection des disciples permet à Jésus d’affirmer sa parfaite liberté face à la mort (v. 9-10, cf Jn 10,17-18); leur ‘méprise’ (cf Jn 2,19 +) aux v. 11-13 donne à Jésus l’occasion d’annoncer la mort de Lazare et sa fonction dans le récit (11,15, cf 11,4).

Les Juifs, venus pour témoigner leur sympathie aux deux soeurs (v.18-19), donnent à la scène un caractère public : ils sont nombreux (polloi); ils viennent de Jérusalem ; ils seront témoins des sentiments de Jésus pour Lazare et de la puissance de sa Parole.
A la fin du récit, l’Évangéliste les présente encore une fois divisés (v.45-46) : certains croient en Jésus; d’autres vont rapporter l’affaire aux Pharisiens et provoquent ainsi la décision de mettre à mort Jésus (v.47ss).

Les trois autres personnages forment la famille de Béthanie (une famille composée de frère-soeurs : l’Église ?), très liée à Jésus.

Contrairement à ce que l’on pourrait attendre, Lazare n’est pas le personnage principal du récit et le miracle dont il est l’objet n’occupe qu’un seul verset (v.44).
Lazare est présenté comme le frère de Marthe et Marie, “celui que Jésus aimait ” (v.3.5.11.36). Or quand il apprend sa maladie, Jésus attend encore deux jours (v.6); il attend qu’il soit mort (v.14) et il se réjouit de n’avoir pas été là (v.15).

La rencontre avec Marthe et avec Marie (v. 17-27 et 28-37)

– Dès que Marthe apprend l’arrivée de Jésus, elle va à sa rencontre (v. 20). Sa demande voilée fait penser à celle de la “mère de Jésus” à Cana (cf Jn 2,3.5); elle comprend la réponse de Jésus “ton frère ressuscitera ” (v.23) comme une allusion à la foi juive en la résurrection au dernier jour (méprise johannique , cf Jn 2,19 +).
Cete “méprise” de Marthe permet ainsi la déclaration solennelle de Jésus :”Je suis la Résurrection et la Vie ”. C’est la 11e des 14 déclarations : Je suis + un attribut (disant ce que Jésus est pour les hommes) que l’Évangéliste met dans la bouche de Jésus, (cf le tableau dans CE 31, p. 37).
La question posée à Marthe : “crois-tu cela ? ” et sa réponse aux v. 26-27 forment le sommet du texte (après les “je sais” des v. 22 et 24, le “je crois” du v. 27). Jésus invite ainsi Marthe à passer de la foi juive en la résurrection (v.24 et note TOB) à la foi chrétienne : en lui, Jésus, la Résurrection est déjà présente et elle est active pour le croyant (v. 25-26).
L’Évangéliste met ici dans la bouche de Marthe la foi chrétienne en la victoire de Jésus sur la mort, telle que la proclame l’Église du premier siècle.

La rencontre avec Marie n’apporte pas d’éléments nouveaux; elle fait le lien entre la confession de Marthe et la scène de Jésus au tombeau de Lazare. Il est possible que pour l’Évangéliste Marie représente ici le type de la foi incomplète en Jésus (croire en lui seulement pour cette vie) : comparer sa remarque à Jésus (v. 32) avec celle de Martthe (v. 21-22).

La scène du tombeau (v. 34-44)

Les v. 33-38 insistent sur les sentiments de Jésus : il frémit et se troubla (v. 33 et TOB); il pleura (v. 35) il frémit (v. 38) .
Suit le dialogue avec Marthe (v. 39-40) : “Marthe, la croyante, retrouve des accents d’incrédulité” (A. Marchadour).
Vient alors la prière de Jésus (v. 41-42), suivie de l’appel lancé à Lazare (v. 43) et de l’effet de cette parole (v. 44).
Et le récit se termine sur la mention des Juifs divisés : ceux qui croient (v. 45) et ceux qui refusent de croire (v. 46ss).

Avant d’en venir à la signification de Jn 11, soulignons encore tout ce que ce texte nous apporte au sujet de Jésus. Jn nous montre ici un Jésus très proche de nous, partageant la peine des hommes (v.3.5.11 et surtout 33-38); Jésus frémit (v.33 et 38) comme en Jn 13, 21, il se trouble (v. 33, cf 12, 27) : la mort de Lazare est pour Jésus l’annonce de sa propre mort et de la victoire momentanée des ténèbres.

Mais immédiatement après cette insistance sur l’humanité de Jésus, Jn souligne son intimité avec la Père, sa certitude d’être exaucé (v. 41-42) et la puissance de sa Parole (v.43) qui accomplit ici ce qu’il disait en Jn 5,19-21.25.

La signification de Jn 11

La place que l’Évangéliste a donné à ce récit dans son oeuvre (le 7ème et dernier ‘signe’) et le rôle qu’il lui fait jouer (le ‘signe’ de Lazare est la cause immédiate de la mort de Jésus), nous montrent bien que pour Jn il ne s’agit pas d’une anecdote.

Plusieurs traits de ce récit confirment cette vue :

– le retard de Jésus quand il sait son ami malade; Jésus est “au-delà du Jourdain ”.
un au-delà qui n’est pas simplement géographique; il aime Lazare et pourtant il at-
tend sa mort avant de se mettre en route… ; même davantage, cf v. 15 : “je me ré
jouis de ne pas avoir été là …
– l’effacement de Lazare dans le récit, le peu d’intérêt pour le miracle lui-même et
pour le miraculé (v.44) : pour Jn l’essentiel a déjà été dit.
– la place donnée à la révélation dans l’entretien avec Marthe (v. 20-27 et 39-40)

Ces éléments seraient illogiques dans une lecture purement anecdotique, mais ils prennent sens dans une lecture symbolique . Parler de lecture symbolique ne signifie pas nier l’historicité des faits, mais rappeler que pour les Évangélistes – et pour Jn en particulier – il n’y a pas de faits “bruts” rapportés simplement pour eux-mêmes.

Le récit de Lazare est un enseignement : à des chrétiens qui comprennent mal que Jésus laisse mourir ceux qu’il aime (cf le problème des chrétiens de Thessalonique auquel Paul répond en 1 Th 4,13ss), Jn répond qu’en Jésus, la mort n’est plus ce qu’elle était. La révélation centrale est donnée dans le dialogue entre Jésus et Marthe.
Jésus amène d’abord Marthe à confesser la foi juive en la résurrection (v.24), mais cela n’est pas encore suffisant; il faut accueillir la révélation que lui-même apporte :”Je suis la Résurrection et la Vie; celui qui croit en moi, même s’il meurt vivra. Et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais .” (v. 25-26).
Cette parole de Jésus dépasse donc le cas de Lazare; elle est valable pour tous ceux qui croient que “Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, celui qui vient dans ce monde ” (v.27).

Pour tout homme qui reprend la réponse de Marthe à Jésus “il n’y a plus de mort au sens définitif. Mourir pour lui est devenu une chimère. Vie et mort, au sens biologique – pourtant le plus grand bien et l’horreur la plus profonde – sont devenues irréelles. dans la mesure où par la foi, il voit le Révélateur, il voit Dieu lui-même.” (R. Bultmann)

Comme le dit ici Jésus, la maladie (et la mort) de Lazare “servira à la gloire de Dieu; c’est par elle que le Fils de Dieu doit être glorifié ” (v. 4 et note TOB).

La “réamination” de Lazare devient le “signe” de la plénitude de vie que Jésus reçoit de son Père et qu’il communique à ceux qui croient en lui (cf Jn 6,57).

La glorification annoncée par le “signe” de Lazare sera bientôt accomplie sur la croix (cf Jn 12,28; 13,31-32; 17,1-2 et les notes TOB sur ces versets).

Mais c’est par la foi que l’homme peut participer à cette vie; on remarquera les emplois du verbes “croire ” en Jn 11,25.26.27.40.42 ! Le miracle n’est pas une preuve; il reste un “signe”, un appel à croire en Celui que Dieu a envoyé. Et cela se joue dans la liberté de l’homme : aussi le récit se termine-t-il par la mention des Juifs divisés (v.45-46 et la note TOB).

Le Discours après la Cène : Jn 13-17

En Jn 13,31, après le départ de Judas, s’ouvre un long discours de Jésus qui se prolonge jusqu’en Jn 17,26 (cf TOB, note sur Jn 13, 1 et BJ note sur Jn 13, 31).

Ce discours de Jn appartient au genre littéraire des “discours d’adieux ” que l’on trouve souvent dans la Bible (Gn 49; Dt 31; 1 S 12; 1 R 2,1-9; 1 M 2, 49-68; Ac 20, 18-35; 2 Tm 4, 6-18) et dans la littérature juive (cf les Testaments des Douze Patriarches).
Ces discours d’adieux contiennent habituellement :

– le rappel des merveilles de Dieu et de l’oeuvre du héros;
– l’annonce des événements à venir, spécialement des dangers qui menacent ceux
qui restent;
– avertissement et encouragement à la fidélité.

Dans Jn, le Discours d’adieux de Jésus forme un ensemble important, original (5 chapitres sur 20), avec une réflexion sur
– la personne de Jésus et sa relation au Père :
– le sens de sa mission et de la Passion :
– les conditions de vie de la communauté des disciples.

Ce texte de Jn est le fruit d’une longue méditation à la lumière de Pâques et de la vie de l’Eglise. L’ensemble porte, par ailleurs, les marques d’une longue histoire de rédaction.
Parmi les nombreuses divisions possibles de ce Discours, voici celle donnée par R.E. BROWN, The Gospel according to John, II :

I. Le départ de Jésus et l’avenir des disciples (Jn 13, 31 – 14, 31)

Introduction 13, 31-38

1) Jésus est le chemin vers le Père pour ceux qui croient en lui : 14, 1-14
2) Le Paraclet, Jésus et le Père viendront chez ceux qui aiment Jésus : 14, 15-24
3) les dernières pensées de Jésus avant son départ : 14, 25-31

II. La vie des disciples et le monde après le départ de Jésus (Jn 15, 1 – 16, 33)

1) Le cep et les sarments : 15, 1-17
2) la haine du monde pour Jésus et les siens : 15, 18-16,4a
3) a) le départ de Jésus et la venue du Paraclet : 16, 4b-15
b) les dernières pensées de Jésus avant son départ : 16,16-33

III. La prière de Jésus (Jn 17, 1 – 26)

1) Jésus au terme de son oeuvre prie pour la gloire : 17, 1-8
2) Jésus prie pour ceux que le Père lui a donnés : 17, 8-19
3) Jésus prie pour ceux qui croiront sur la parole des disciples : 17, 20-26

Dans la première partie de l’Évangile de Jean (Jn 1-12), on trouve plusieurs fois le récit d’un “signe” suivi d’un discours explicatif. Ici nous trouvons un long discours avant le “Signe”, c-à-d. l’“élévation”, l’”Heure de Jésus”.

Les discours de la première partie (Jn 1-12) sont habituellement adressés à des auditeurs plus ou moins hostiles (les “Juifs”); désormais Jésus parle aux “siens” (cf Jn 13,1).
Mais le Jésus qui parle ici transcende le temps :

– il parle à la Cène mais en réalité il parle du ciel;
– il parle à ses disciples, mais ses paroles s’adressent aux chrétiens de tous les temps.
Ce discours est le testament de Jésus, mais c’est un vivant qui parle et ses paroles sont éclairées par le mystère de Pâques et la venue du Paraclet.

A l’origine de ce discours

La tradition synoptique nous offre aussi un discours de Jésus après la Cène en Lc 22,21-38. La célébration de l’Eucharistie, mémorial de la Cène, donnait l’occasion de prêcher et d’enseigner, et donc de regrouper les paroles de Jésus. Le caractère artificiel de ce discours peut être démontré par

– la finale de Jn 14,30-31;
– l’opposition entre Jn 13,36 et 16,5;
– les répétitions entre Jn 13,31-14,31 et 16, 4b-33;
– par les éléments du discours que l’on retrouve chez les Synoptiques dans le mi-
nistère public de Jésus : ainsi Jn 15,18-16,4 comparé avec Mt 10,17-25;
– par les parties de ce discours sans lien nécessaire avec le thème du départ de
Jésus (ainsi Jn 15, 1-6);
– par le fait que le discours présente des points de vue théologiques différents, ce
qui suppose une élaboration progressive de l’ensemble.

Nous nous attarderons un peu plus à la comparaison du “premier” discours (Jn 13,31-14,31) avec celui de Jn 16,4b-33. Les deux

– commencent par le thème du départ imminent de Jésus, les mêmes questions
(où va-t-il ?): 13, 33 et 16, 5; le chagrin des disciples : 14, 1.27 et 16, 5;
– parlent du Paraclet (deux passages) : 14, 16.26; de la promesse que les disciples vont
revoir bientôt Jésus : 14, 28 et 16, 16; que le Père les aime: 14, 21 et 16, 27; de l’as-
surance que ce qu’ils demanderont en son nom leur sera donné: 14, 14 et 16, 24.26;
– font intervenir les questions des disciples : 14, 5. 8. 22 et 16, 17;
– abordent le thème de l’infidélité des disciples lors la Passion: 13, 37-38 et 16, 32-33.

Il semble donc bien que ces textes représentent deux étapes différentes de la prédication de ces thèmes dans les cercles johanniques. On peut imaginer une édition de Jn ne comprenant que le “premier” discours, suivi immédiatement de la Passion. À cette édition, on aurait ajouté plus tard Jn 16,4b-33 (ainsi que le reste de Jn 15-17). Mais ceci ne signifie pas que Jn 16,4b-33 soit nécessairement plus tardif; au contraire, plusieurs exégètes considèrent ce passage comme moins élaboré que le “premier” discours.

Jn 13, 31 – 14, 31 : le Discours d’adieux (cf note BJ sur 13, 31)

Jn 13, 31-38 : ces versets forment l’introduction à Jn 14, 1-31, plutôt qu’à l’ensemble de Jn 13-17 ; ils se composent de trois unités :

1) Jn 13,31-33 : l’annonce du départ. C’est l’Heure de la glorification de Jésus et du Père (cf TOB notes sur 13,31 avec renvoi à Jn 1,14 et 11,4); voir aussi Jn 12, 23-33.
– mes petits enfants : ce terme de tendresse qui convient à la situation ne se lit qu’ ici en Jn, mais on le retrouve 7 fois en 1 Jn : 2,1.12.28…
– comme je l’ai dit aux Juifs : cf Jn 7,33 et 8,21. Pour les Juifs, qui refusent de croire, la séparation sera définitive, mais non pas pour les disciples (cf 13,36; 14,23).

2) Jn 13,34-35 : le commandement. D’une certaine manière, ces versets coupent le développement de la pensée entre les paroles de Jésus et la question de Pierre (36-38).
Ce commandement se lit encore en 15,12.17; cf 1 Jn 2,9; 3,23; 4,21; 5,2-3. Un commandement d’aimer peut surprendre, mais c’est une référence à l’alliance.
– comme je vous ai aimés : aimer n’est pas seulement un commandement, c’est un don : Jésus est la source de cet amour. Jn parle d’amour entre chrétiens (cf 1 Jn 3,14).
– un commandement nouveau , car il appartient à l’alliance nouvelle (cf Jr 31,1-34); cet amour, continuant celui de Jésus, sera pour le monde une question et un signe de la mission de Jésus (cf 17,23). Sur la signification denouveau, cf note TOB sur Ap 2, 17.

3) Jn 13,36-38 : le reniement de Pierre. Comparer avec Lc 22,31-34, dans le même cadre; cf aussi les // de Mc-Mt (en chemin vers le mont des Oliviers). En Jn, Pierre utilise la même expression que Jésus en Jn 10, 11, mais pour que le disciple puisse ainsi imiter le maître, il faut d’abord que Jésus ouvre la voie (cf TOB sur 13,36) en défaisant le Prince de ce monde (cf 14,30).

Le discours (Jn 14, 1-31) aborde les problèmes qui viennent du fait du départ de Jésus, le problème des disciples qui restent. Ils ne doivent pas craindre . Ils ne seront pas séparés de Jésus, car il reviendra. Leurs demandes seront reçues par le Père et par lui (v.12-13); le Paraclet sera pour eux comme une présence continuée de Jésus (v.16.17.26). Le discours se conclut par l’invitation à ne pas craindre (v.27-29) qui fait inclusion avec 14,1. Le dialogue progresse par les questions des disciples (méprise johannique).

1) Jn 14, 1-14 : Jésus, chemin pour ceux qui croient en lui.

– vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi : voir TOB 14,1; cf Jn 6,29.
– beaucoup de demeures ne signifie pas des demeures / vocations différentes, mais signifie qu’il y a de la place pour tous. Les demeures célestes font partie de la terminologie traditionnelle; comparer avec la promesse de Lc 22,29-30 (à ma table).
– aller préparer une place : typologie de l’Exode (?), cf Dt 1,33; sur le v. 3, voir note TOB.
La méprise des v. 4-5 permet l’affirmation du v. 6 :
– le Chemin : sur cette image, voir notes TOB et BJ sur le verset; la déclaration porte principalement sur le Chemin, qui seul est repris au v. 6b. Sur ces formules de Jn, voir en CE 31, p. 38-40.
– le v. 7 fait la transition et introduit le thème “connaître le Père “; il prépare ainsi la “méprise “ de Philippe (v.8).
– sur le v. 8, voir Ex 33,18 et la note TOB en Jn 14,8 : Philippe et tous les croyants sont invités à renoncer à une expérience directe de Dieu. “ C’est dans la foi, dans l’écoute de sa Parole que le Père se rencontre “(X. Léon-Dufour). Philippe est invité à croire (v.10) que Jésus dans son humanité est la manifestation de Dieu pour nous (cf Mt 11,27 et Lc 10,22). Jésus dit (cf Jn 12,49) et fait (Jn 10,37) ce que le Père lui a dit de dire et de faire; ses oeuvres en témoignent (cf Jn 2,11 +) et elles se continuent dans le croyant (v.12); elles sont même plus grandes (cf notes TOB et BJ sur Jn 14,12).

2) Jn 14, 15-24 : Le Paraclet, Jésus et le Père

Ce passage est structuré par la répétition aimer /garder les commandements (v. 15.21.23-24); ce couple vient de la tradition deutéronomiste (cf Dt 5,10; 6,5s; 10,12s; 11, 13.22). Chaque passage contient une mention d’une présence du Christ à ses disciples :
– le don du Paraclet (v. 16-17a) : il vous donnera un autre Paraclet
– la présence de Jésus (v.18-19) : je viendrai vers vous
– une manifestation de Jésus et du Père (v.23) : nous viendrons à lui

Noter le passage du “vous” (v. 15-20 et 25-31) à “celui qui” (v-21-24) ainsi que l’emploi des temps (présent, passé, futur).

Après le thème de la foi (croire en Jésus : Jn 14,1.10-12), c’est ici le thème de l’amour (aimer Jésus : un thème exceptionnel dans le NT !); aimer se traduit par la fidélité aux commandements.
Les v. 15-17 parlent du Paraclet . Le mot n’apparaît que dans les discours d’adieux de Jn (14,16s; 14,26; 16,7-11. 13-15) et son rôle est présenté sous des aspects différents : cf note TOB sur Jn 14,16; cf en BJ 14, 26 +. Il est donné aux disciples et non au monde pour
– enseigner, faire souvenir (Jn 14,26),
– témoigner en faveur de Jésus (Jn 15,26),
– triompher du monde (Jn 16,8-11).

Ici, en Jn 14,16, il est donné pour “être avec “, cf les “Je serai avec vous “ de la tradition biblique.
Les v. 18-24 traitent du retour de Jésus : il va disparaître aux yeux du monde, mais les disciples le verront, non seulement dans les apparitions pascales, mais dans son action au coeur de l’Église, cf note TOB sur 14,19.
– en ce jour-là : cf note TOB sur 14, 20.

Le critère de cette présence est indiqué au v. 21 et déclenche la question de Jude (v.22) qui exprime la conception juive d’une manifestation glorieuse de Dieu et de son Messie (cf Ac 10,40ss et aussi Origène, Contre Celse II , 63-67). La question permet à Jésus de préciser que cette venue est d’ordre spirituel et qu’elle se réalise dans le présent de la foi.
– nous établirons notre demeure : voir note TOB et particulièrement le renvoi à Ez 37,26-28, cf aussi 1 R 8,27; Za 2,14.

3) Jn 14, 25-31 : Jésus avant son départ

Les v. 25-26 parlent du rôle du Paraclet; ils sont “une clé pour lire le IVème Évangile, écrit selon la compréhension profonde du mystère du Fils que l’évangéliste sait avoir reçu de l’Esprit. “ (X. Léon-Dufour). Voir aussi la note TOB sur 14, 26.

– enseigner et faire se souvenir : le “et” est explicatif : le Paraclet réalise ainsi ce qui était promis pour la Nouvelle Alliance, cf Jn 6,45. Le thème de la mémoire est aussi très souligné en Dt où il s’agissait de faire mémoire des hauts faits de l’Exode; il s’agit ici de la révélation du Fils qui, jusque-là, était restée incomprise. L’Évangéliste insiste plusieurs fois sur ce point : Jn 2,21-22; 12,16.

– la paix : salutation habituelle chez les Sémites, mais qui n’est pas une formule banale, cf note TOB sur 14,27. Jésus nous donne “sa” paix, celle qui était promise pour les temps messianiques (cf Ps 72,7; Is 66,12); il anticipe sur Jn 20, 19.21.26.

– je m’en vais et je viens : les deux pôles d’un même événement.

– vous vous réjouiriez (v. 28) : c’est la joie du salut qui s’accomplit totalement par ce passage vers le Père; cf Jn 3,29; 8,56.

– le Père est plus grand que moi : sur le sens de cette phrase qui a causé des ennuis lors des controverses doctrinales du IVème siècle, voir notes BJ et TOB.

– afin que… vous croyiez ( v. 29) : la Passion peut apparaître aux disciples comme une rupture tragique et comme le désaveu de Dieu. Par ses paroles – qui seront rappelées par le Paraclet – les disciples pourront découvrir le vrai sens de l’événement.

– j’aime mon Père et j’agis … (v. 31) : cf X. Léon-Dufour : “amour et obéissance … sont le dedans et le dehors de son attitude; ici pour la première et unique fois, il est dit que Jésus aime le Père comme pour souligner que son comportement est l’expression même de son amour. “

La Passion selon s. Jean : Jn 18 -19

Le récit de la Passion est la partie du IVème Évangile qui se rapproche le plus des Synoptiques. Ce qui s’explique par le fait que la Passion est la partie de la tradition primitive qui a été fixée la première.
Pourtant, même dans cette partie, Jn conserve son originalité : il omet certains faits; au contraire, il est seul à rapporter d’autres; enfin dans la matière qui lui est commune avec les Synoptiques, il a souvent une manière très caractéristique de relater les faits en mettant en lumière la portée profonde des événements.

– parmi les omissions de Jn, on peut noter l’absence de l’agonie (mais Jn 12,27), du baiser de Judas, de la fuite des disciples; il n’y a plus, chez lui, de procès juif (cf Jn 7-8) devant le Sanhédrin, plus de scène d’outrage chez le Grand-Prêtre ou chez Hérode, ni les moqueries des spectateurs à la Croix. On ne trouve pas non plus, le cri de déréliction de Jésus, ni les ténèbres, ni l’épisode des larrons, ni la mort de Judas.

– par contre, Jn seul rapporte plusieurs épisodes : ainsi le dialogue chez Hanne sur la doctrine de Jésus; il donne une place autrement importante au procès romain avec le “Ecce Homo ” et le “Ecce rex vester ”; au Calvaire, il a la discussion sur l’écriteau de la croix, l’explication sur le partage des vêtements par le Ps 21, la mention de la mère de Jésus et du disciple au pied de la croix, le coup de lance avec le sang et l’eau.

– de plus le ton reste très particulier, comme le notait A. LOISY : “La Passion est racontée, dans le quatrième Évangile, au point de vue de la gloire du Christ : c’est Jésus glorifié dans la mort.”

Quelques thèmes johanniques de la Passion

l’Heure : le thème de l’Heure vient de l’apocalyptique juive; c’est l’heure de la victoire définitive sur les ennemis du peuple : cf Dn (LXX) 8,17.19; 11,35.
Ce sens eschatologique se retrouve dans l’apocalyptique synoptique : Mt 24,36 // Mc et en 1 Jn 2,18.
Dans les Évangiles, l’Heure est celle de la Passion, cf Mc 14,35.41.
Jn reprend ce sens et il lui donne beaucoup d’importance : Jésus parle de son Heure, celle où il accomplira définitivement son oeuvre de salut. Cette Heure n’est pas encore venue en 2,4; 7,30; 8,20; elle est venue en 12,23; 13,1; 17,1, “l’Heure où le Fils de l’homme doit être glorifié “. Mais c’est par sa Passion (cf 12,23-32 – le grain de blé- 13,1ss – le lavement des pieds : poser et reprendre ses vêtements) que s’accomplit l’oeuvre du salut. “La glorification de Jésus au moment de l’Heure consiste dans la fécondité de son sacrifice, dans l’efficacité de son oeuvre, qui sera précisément rendue par son entrée dans la gloire. “ (I. de la POTTERIE)

l’exaltation du Fils de l’homme : chez les Synoptiques, nous lisons trois annonces de la Passion (Mt 16,21; 17,22; 20,18 et //)
En Jn, nous avons trois mentions de l’exaltation : Jn 3,14; 8,28 et 12,32-34.
L’origine du thème est à chercher en Is 53,12; il est repris en Ph 2,9-10; Ac 2,33; 5,31. Ce qui est original chez Jn, c’est que pour lui, l’exaltation ne fait pas suite à la croix; elle a lieu à la croix : la crucifixion est l’exaltation de Jésus. Jn anticipe donc : Jésus, élevé de la terre, attire à lui tous les hommes, il devient le roi de ceux qui croient en lui (perspective royale et sotériologique).
Comme le serpent au désert, (Jn 3,14-15 et note TOB; Sg 16,6) le Fils de l’Homme doit être élevé / exalté pour devenir le signe du salut et triompher de Satan (12,31 et note TOB)

Le Jugement : dans l’eschatologie classique, le jugement est placé à la fin des temps. De plus, chez s. Paul ou chez les Synoptiques, le jugement est une sentence de condamnation prononcée au jugement final.
Chez Jn, le jugement est la décision que les hommes prennent devant Jésus.. Devant lui, devant sa Parole, les hommes se scindent en deux groupes : le jugement s’accomplit quand on rejette la lumière (cf 12,47-48 et la note TOB).
Cette confrontation entre les hommes et le Christ a lieu pendant la vie de Jésus (spécialement Jn 7-8) et elle se poursuit jusqu’à la fin du monde. Mais pour Jn, ce jugement se concentre à la Croix : 12,31; d’où l’importance de ce thème dans la Passion.

Le rassemblement du peuple dans l’unité : le thème appartient aussi aux promesses eschatologiques traditionnelles : cf dans AT des textes comme Jr 31,10; Is 2,2-4. Dans le NT, selon les Ac, le rassemblement se fait à la Pentecôte (Ac 2,5-11 cf 2,39); chez Jn, le nouveau peuple se constitue autour de Jésus élevé sur la croix : cf Jn 11,51-52; 12,32.

Cette concentration et cette anticipation des thèmes à la Croix donnent une note très particulière à la Passion johannique. La croix de Jésus est la révélation suprême de l’amour du Père (3,16; 13,1) et Jésus accomplit cette oeuvre, non comme une victime impuissante et résignée, mais dans l’attitude de celui qui connaît le sens des événements et qui les accepte librement : cf 13,1-4; 18,4; 19,28.

Division : le récit de la Passion est soigneusement construit . Certains veulent y voir un triptyque, dont chaque élément comprend 7 parties. Nous verrons que cela se justifie pour la partie du procès devant Pilate; il est moins facile de retrouver une telle division dans la première partie (Jn 18,1-27).

D’autres divisent en 5 scènes, en subdivisant le premier et le troisième tableau :

1) la scène du jardin 18, 1-11
2) Jésus chez Hanne 18, 11-27
3) Jésus devant Pilate 18, 28 – 19,16a
4) la scène du Calvaire 19 ,16b-37
5) l’ensevelissement dans le jardin 19, 38-42

1) La scène du jardin : Jn 18, 1-11.

Il suffit de lire en parallèle la scène d’arrestation de Jésus en Mc par exemple, pour être frappé par les particularités du récit johannique. Il n’est plus question chez lui de l’agonie et de la prière de Jésus (noter cependant 18,11) ; Jn fait intervenir une cohorte (romaine) pour l’arrestation et ils soulignent plusieurs autres points comme

– le jardin : ce mot (kêpos) encadre tout le récit de la Passion : Jn 183.26; 19,41 (bis).
– avec des torches et des lampes : cf 13,30 ; ce détail de Jn a probablement une signification symbolique : ceux qui ont refusé la Lumière du monde doivent se guider dans la nuit avec des lumières artificielles.
– Judas qui le livrait : Jn ne parle pas des raisons pour lesquelles Judas trahit (argent); Judas représente ceux qui sont contre Jésus; c’est lui qui prend l’initiative (il prit avec lui , v.3); il est mentionné aux v. 2.3.5, puis il disparaît.
– la cohorte et les gardes envoyés par les chefs des prêtres : juifs et païens sont unis contre Jésus : v. 3 et 12. Cf Ac 4, 27-28.
– Jésus sachant… : voir note TOB; il s’avance (librement) : cf Jn 10,17-18).
– Qui cherchez-vous ? : la même question en Jn 1,38 et 20,15; mais il y a différentes recherches de Jésus : cf encore Jn 7,34; 8,21.
– c’est moi = JE SUIS : cf note TOB. C’est la révélation du Nom divin; l’Évangéliste y voit plus qu’une simple réponse de Jésus; c’est une forme de théophanie qui laisse les hommes prostrés d’effroi devant Dieu (BROWN).
– ils tombèrent … : la réaction normale devant la révélation de Dieu. Jn souligne ainsi que les hommes ne peuvent mettre la main sur Jésus que lorsqu’il le veut (cf 7,30.44; 8,20.59; 10,39; 12,36). Quand l’Heure est venue, Jésus accepte librement. Pour lui, la Passion n’est pas un destin inévitable; Jésus est parfaitement maître de son sort. C’est peut-être une réponse aux objections juives dont témoigne Origène dans Contre Celse: “Si Jésus est Dieu, comment les hommes auraient-ils pu mettre la main sur lui ? ”
– la chute des ennemis : comme dans le Ps 27,2; 35,4; 56,10; il y a peut-être aussi une allusion à la légende de Moïse devant la pharaon.
– laissez partir ceux-ci : cf note TOB
– la coupe que le Père m’a donnée : sur la coupe, voir note TOB; Jésus n’use pas de la protection divine pour lui, mais pour les siens, cf Jn 17,12

2) Jésus devant Hanne : Jn 18,12-27

Comme dans la scène précédente, Jn souligne le contraste entre le comportement de Jésus et celui de Pierre (18,10-11) opposé à la libre arrestation de Jésus; ici Jésus rend témoignage à sa mission alors que Pierre nie être de ses disciples.
– v. 13-14 : transition. Sur le procès juif, cf note TOB. Cet épisode permet de rappeler Jn 11, 49-51.
– les v. 17-27 nous donnent le témoignage de Jésus encadré par les reniements de Pierre(v.17-18 et 25-27) : or l’interrogatoire porte sur les disciples et la doctrine; cf note TOB sur 18,19.
– Pierre nie être disciple (ouk eimi ) : v. 17 et 25
– les v. 19-24 : en construction concentrique : Hanne (19), Jésus (20-21), la gifle (22); Jésus (23); Hanne (24).
– j’ai parlé (lalein : 3 fois dans les v. 20-21) : l’activité essentielle de Jésus, lui qui est La Parole : cf Jn 12,48-50 et TOB notes sur les v. 20 et 21.
– la gifle , au centre du développement concentrique “comme la réponse brutale du judaïsme et du monde à cet enseignement. ” (I. de la POTTERIE)

3) Jésus devant Pilate : Jn 18,28 – 19, 16a

Ce passage est très soigneusement construit; on y a reconnu une construction concentrique en 7 scènes, qui se répondent deux à deux avec, au centre, la proclamation de la royauté de Jésus (19,1-3).
Les différences que nous pouvons relever avec les récits synoptiques nous posent question : Jn est-il ici témoin de traditions historiques solides ou bien a-t-il organisé son récit en fonction de thèmes théologiques et de préoccupations dramatiques ? Sans doute, y a-t-il des deux.
Au lieu de la comparution devant Pilate, telle qu’on la lit dans les Synoptiques, Jn nous donne une présentation beaucoup plus compliquée : les scènes se déroulent alternativement à l’intérieur et à l’extérieur du prétoire.

L’ambiance est très différente : à l’intérieur, dialogue entre Pilate et Jésus dans une atmosphère calme; l’innocence de Jésus est reconnue; au dehors, Pilate fait face aux Juifs, qui par leurs cris demandent que Jésus soit déclaré coupable.

dehors : les Juifs demandent dehors : si tu le relâches…; Pilate
la mort de Jésus : 18, 29-32 livre Jésus : 19, 13-16

dedans premier dialogue: dedans : deuxième dialogue : es- tu roi ? d’où es-tu ?
Je suis venu rendre témoi- Pas de pouvoir sur moi, s’il
gnage à la vérité. ne t’était donné d’en-haut.
18,33-38a 19,9-12

dehors : aucun délit dehors : aucun délit
Barabbas ou Jésus ? “ Ecce homo” “à mort !”
18,38b-40 19,4-8

flagellation et couronnement
d’épines par les soldats
19,1-3

a) Dehors : les Juifs demandent la mort de Jésus (Jn 18,29-32)

– le point du jour : symbolisme (?) ou simple repère chronologique, comme 11,55; 12,1.12; 13,1 et maintenant pour la grande journée : cf 19,14.
– ils n’entrèrent pas : ironie johannique (cf note TOB); les Juifs qui ont décidé la mort de Jésus, parce que c’était plus avantageux pour eux (cf 11,50), veulent observer scrupuleusement la règle de la pureté rituelle pour pouvoir manger la Pâque; en même temps, ils livrent l’”agneau de Dieu ” (cf 1,29), dont le sacrifice va rendre caduque “la Pâque des Juifs ”.
– il ne nous est pas permis… : cf note TOB sur v.31. Pour Jn (v.32), c’est l’accomplissement de la parole de Jésus (Jn 12,32-33); ici encore on sent l’ironie : les Juifs livrent Jésus à Pilate pour empêcher que tous croient en lui (cf 11,48) et, justement par cette mort, Jésus va attirer tous les hommes à lui (12,32).

b) Dedans : “es-tu roi ? “ (Jn 18,33-38a)

Cette scène est dominée par l’idée de la royauté (3 x le mot roi et 3 x royauté) et la signification qu’elle prend pour Jésus.
– dis-tu cela de toi-même : Jésus distingue entre ‘ roi’ au sens politique, comme Pilate peut le comprendre, et au sens juif, avec les implications religieuses, cf note sur v.33.
– ma royauté : (basileia : le même mot chez les Synoptiques pour royaume / règne); la royauté de Jésus (au lieu du royaume de Dieu, mais Jn 17,10. Jésus précise encore que son règne n’est pas de ce monde, cf note TOB sur v.36.
Dans la première partie du v.37, Jésus se présente comme le témoin par excellence de la révélation, de la vérité, qu’il est lui-même (cf 14,6).
Dans la seconde partie, il explique comment il devient effectivement roi : roi sur tous ceux qui écoutent sa voix. Jésus a moins des sujets que des disciples (ceux qui accueillent sa Parole avec foi : cf note TOB sur v. 37).

Pour Pilate, cette réponse de Jésus est ambivalente :
– d’un côté, elle le rassure : Jésus n’est pas un danger pour Rome;
– d’un autre côté, elle dérange : Jésus le met au défi de reconnaître la vérité (v.37) “quiconque est de la vérité écoute ma voix “ Pilate, ne voulant ni céder aux Juifs, ni écouter la voix de Jésus, s’en tire, pour le moment , par une dérobade (v.38).

c) Dehors : Jésus ou Barabbas ? (Jn 18,38b-40)

Pilate proclame l’innocence de Jésus (v.38); il le fera encore aux v. 19,4.6 cf Lc 23, 4.14.22; il propose aux Juifs de leur relâcher Jésus (privilegium paschale), mais les Juifs lui préfèrent Barabbas.
– un brigand (lestès ) cf Jn 10,8; En Jn 18,30, les Juifs livraient Jésus à Pilate comme un malfaiteur (politique); ici ils choisissent la grâce de Barabbas (voir TOB sur v.40).

d) Dedans : le couronnement (Jn 19, 1-3)

– Pilate le fit flageller : après avoir proclamé son innocence ! Chez les Synoptiques, la flagellation a lieu après la condamnation : cf Mt 27,26 et note TOB.
Chez Jn, elle apparaît comme une cruauté gratuite de Pilate; peut-être veut-il par là apitoyer la foule en lui montrant un roi dérisoire ? En tout cas, si tel était le but, cette manoeuvre va échouer et désormais tout s’enchaîne : cf TOB sur 19,5.
Dans cette scène centrale, Jésus est couronné (d’épines), revêtu de pourpre et salué comme le “roi des Juifs ” : moquerie, mais Jn y voit un geste prophétique : Jésus est vraiment roi en ce moment.

La comparaison de cette scène avec Mc 15,16-20 met en évidence l’intention de Jn; chez lui, il n’est pas question de crachats; il omet également de dire que la couronne et la pourpre lui sont ensuite enlevées, cf Mt 27,31 p.

e) Dehors : “Voici l’ homme ” (Jn 19,4-8)

– la deuxième déclaration d’innocence;
– voici l’homme : cf note TOB; cette parole peut être comprise à un double niveau : pour Pilate, voici l’accusé dérisoire que vous m’avez livré; mais pour Jn, Jésus est l’HOMME, le Juste reconnu comme innocent, l’UNIQUE, le Fils de l’Homme à qui sont données souveraineté, gloire royauté, cf Dn 7, 13-14.
– crucifie-le : c’est le rejet des Juifs; malgré la troisième déclaration d’innocence, qui contraint les Juifs à exprimer la véritable cause de leur opposition à Jésus : v. 7 et TOB.
– la crainte de Pilate (v.8 et note TOB) amène le deuxième face à face avec Jésus.

f) Dedans : “D’où es-tu ? “ (Jn 19,9-12)

– d’où es-tu ? une des questions centrales de Jn : celle de Nicodème (Jn 3), de la Samaritaine (Jn 4), des Juifs (Jn 7,27; 8,14; 9,29.30).
– le silence de Jésus : voir note TOB.
– le pouvoir d’en-haut : ce n’est pas une discussion sur l’origine (divine) du pouvoir politique (cf Rm 13); ici, Jésus affirme que le pouvoir que Pilate a maintenant sur lui, fait partie du dessein de Dieu. Le Mal est à l’oeuvre (trahison de Judas, fermeture des Juifs; lâcheté de Pilate, cf TOB sur v.11), mais Dieu est capable d’intégrer même cela dans son plan de salut.
Pilate est encore davantage convaincu de l’innocence de Jésus (v.12), il voudrait le relâcher, mais il est pris au piège : relâcher le “roi des Juifs ” serait dangereux pour lui, pour sa carrière (v. 12 et note TOB).

g) Dehors : “Voici votre roi ! ” (Jn 19, 13-16a)

– Pilate fit mener Jésus dehors et le fit asseoir : voir note TOB; c’est une scène d’intronisation, (cf 2 R 11,12). Noter ici les précisions de lieu, de temps, qui soulignent l’importance que l’Évangéliste donne à la scène (cf note TOB sur les v. 13 et 14); Jésus est assis au tribunal, sur un lieu élevé, à midi (v.14)
– voici votre roi ! – à mort ! C’est l’ultime confrontation avec les Juifs; Jésus est leur roi (3 x en 19,14-15), mais ils le rejettent et ce rejet les juge (cf v. 15 et note TOB). “Il devient leur juge au moment où ils le refusent comme roi. ” cf Jn 3,18 (I. de la POTTERIE)
Les soldats avaient mis en scène l’investiture de Jésus (v.1-3); maintenant son intronisation se réalise et, sur le Golgotha (v.17), on aura la proclamation universelle de cette royauté (v.20).
– il leur livra : il n’y a pas de sentence; Pilate capitule devant la haine des Juifs : son attitude jusque-là a préparé cette dernière étape.

La figure de Pilate dans la Passion de Jn

Dans ce récit de Jn, Pilate devient la figure de l’honnête homme, bien disposé, mais qui voudrait garder une position neutre face à Jésus.
En Jn 4, nous trouvions une femme, qui malgré ses tentatives de “fuite” était finalement amenée à croire en Jésus (cf BROWN p. 176-178).
Pilate est l’autre face de la médaille : en refusant de prendre parti, il est conduit à la tragédie :
– en 18,36 : le dialogue avec Jésus le convainc de la fausseté de l’accusation juive : Jésus n’est pas dangereux pour le pouvoir romain. En 19,37, Jésus l’invite à reconnaître la “vérité”; Pilate se dérobe (v.38). Il pense qu’il réussira à faire accepter aux Juifs la libération de Jésus et à se décharger ainsi de cet encombrant dossier.

Pour cela, Pilate propose le choix Jésus / Barabbas (18,39-40), mais son projet échoue. Il fait alors flageller Jésus (19,1 et la scène de dérision) : il pense que cela suffira aux Juifs, mais il essuie un nouvel échec.
En 19,5ss, il offre Jésus aux Juifs, mais à une condition qui lui paraît impossible à accepter pour ceux-ci : s’ils veulent le crucifier, ils doivent renoncer à leurs espérances messianiques et proclamer que l’empereur est leur seul roi (v.14-15). Mais là encore, sa tentative échoue.

Ainsi Pilate apparaît comme l’homme qui veut rester neutre face à Jésus et à sa révélation. Malgré ses tentatives pour se débarrasser de ce cas, en ne voulant pas prendre parti, il finit par être contraint à prendre parti contre lui.
“Il va falloir plusieurs scènes absurdes (et cruelles) pour que Pilate comprenne que ne pas se décider pour la vérité, c’est se décider contre elle.” (H. SCHLIER).

4) la scène du Calvaire (Jn 19, 16b-37)

Dans le Quatrième Évangile la mort de Jésus se déroule d’une manière solennelle. Nous l’avons dit, Jn omet plusieurs détails douloureux que l’on trouve chez les Synoptiques (cris, mépris de la foule, des bandits; le cri de Jésus, les ténèbres, le voile du Temple…)
Chez lui, après un bref passage sur la crucifixion (19,16b-18), nous avons un récit de 5 scènes bien délimitées, suivies de la mise au tombeau (19,38-42)

– 16b-18 : la crucifixion
a) 19-22 : l’écriteau
b) 23-24 : le partage des vêtements
c) 25-27 : la mère et le disciple
d) 28-30 : “j’ai soif “ – le don de l’Esprit.
e) 31-37 : le coup de lance
– 38-42 : la mise au tombeau

La crucifixion (Jn 19,16b-18) : ces versets font une transition (très brève) entre le jugement et les scènes du Calvaire proprement dites.

– portant lui-même sa croix : Jn ne connaît pas l’épisode de Simon de Cyrène; Jésus est seul : face à la mort, avec majesté, il dit “oui” à la volonté du Père (cf 10,18); c’est la même attitude que face à Judas et à ceux qui viennent l’arrêter (13,27 et 18,6), ou encore devant Hanne (18,20-23) ou Pilate (19,9-11). Cf aussi note TOB sur v.17.
Une interprétation fréquente chez les Pères fait le lien avec Isaac, portant le bois de son sacrifice (Gn 22,6) : voir LE DÉAUT, La nuit pascale, p. 198-207.

– Jésus sortit : cf He 13,12
– Golgotha : voir la note TOB
– et ils le crucifièrent… au milieu : cf note TOB. Jn ne s’attarde pas ici, mais il va consacrer quatre versets à l’écriteau.

a) L’écriteau (Jn 19,19-22)

Cet épisode fait suite à celui de Gabbatha (19,13-15) : on retrouve ici 3 x le mot “roi ”.
– l’inscription : v, 19 et note TOB; sur Nazoréen, voir note TOB sur Mt 2, 23 (fin).
– la perspective publique : beaucoup de Juifs lurent / proche de la ville / écrit en hébreu, en romain et en grec
– la protestation des Juifs et la réponse de Pilate : v. 22 et la note TOB; cf 2 x “ j’ai écrit”, au parfait (gegrapha ).

b) Le partage des vêtements (Jn 19, 23-24)

Comparer avec Mc 15,24 et note de TOB. Jn seul distingue entre les vêtements et la tunique : v. 23 et note TOB.
– quatre parts : propre à Jn; une dimension symbolique : universalisme du sacrifice de Jésus.
– la tunique : insistance de Jn; d’une seule pièce (v.23) ; “ne la déchirons pas “ (v.24); cf 1 R 11, 30. Jn utilise le même verbe pour parler de la division des Juifs en 7,43; 9,16; 10,16 et du filet “qui ne se déchire pas ” en 20,11.
La tunique non déchirée symbolise l’unité de l’Église réalisée par la mort de Jésus, cf Jn 11,52. Peut-être est-ce aussi une allusion à la tunique de Joseph (Gn 37,3.27), le fils bien-aimé du père, vendu par ses frères et qui devient leur sauveur.
– pour accomplir l’Écriture (plérôo ) : Ps 22,19.

c) la mère et le disciple (Jn 19,25-27)

Cette scène est au centre du développement du Calvaire. C’est la seule fois avec Cana où nous trouvons “la mère de Jésus ”; dans les deux cas, elle est appelée “ Femme “; à Cana l’ Heure n’est pas encore venue; désormais elle est là.
– près de la Croix : note TOB sur v. 25; selon les Synoptiques, les femmes regardent de loin (cf Mc 15,40) et les disciples ont fui.
– la mère de Jésus : le mot “mère “ est répété 5 x en 25-27; cf aussi la note TOB.
– voyant sa mère, il dit : une formule de révélation (cf 1,29).
– Femme : comme en 2,4; cf 16,21. Marie, comme la première femme, Ève, devient la mère de tous les vivants (cf Gn 3,20).
– le disciple qu’il aimait : cf Jn 13,23 et note TOB; il est la personnification du croyant : cf Jn 14, 20. 23-24.
– il la prit chez lui : voir note TOB; Jésus confie le croyant à l’Église et l’Église au croyant.

d) J’ai soif – le don de l’Esprit (Jn 19,28-30)

Noter l’inclusion “tout est achevé ” en 28 et 30; cf note TOB sur v. 28; l’importance de la parole de Jésus à la mère et au disciple est encore soulignée par l’introduction de cette scène (v.28).
– sachant : Jn souligne toujours l’initiative de Jésus, cf en BJ note sur Jn 1, 48.
– j’ai soif : Ps 69,22; 22,16; sur le vinaigre, cf Mt 27,48 et la note TOB.
– une branche d’hysope : voir la note TOB.
– et inclinant la tête, il remit l’esprit / l’Esprit : voir note TOB; noter la différence avec les Synoptiques : il expira en Mc / Lc; ici il remet l’Esprit (parédôken ) : cf Jn 7,39; 16,5-7. C’est l’accomplissement de l’heure annoncée à la Samaritaine : on peut comparer

. Jn 4,6 (la sixième heure) avec 19,4.27
. Jn 4,7 (donne-moi à boire) avec 19,28
. Jn 4, 21-24 (en esprit et en vérité) avec 19,30
. Jn 4,10 (il t’aurait donné l’eau vive) avec 19,34

e) Le coup de lance (Jn 19, 31-37)

– la Préparation (v.31 cf v.42) : Jn avait déjà noté la Préparation en 19,14 (cf note BJ sur ce verset ).
– la démarche des Juifs : cf Dt 21,22-23; voir encore sur ce point, Ga 3,13.
– arrivés à Jésus : deux gestes dont la signification sera explicitée aux v. 35-37 : ils ne lui brisèrent pas les jambes et le coup de lance, d’où le jaillissement du sang et de l’eau, cf note TOB sur 19,34. Voir aussi la prophétie de Jésus en Jn 7, 38-39 : le thème du rocher (Ex 17), de la source (Za 14,8) et le rapport eau / Esprit : cf 1 Jn 5,6-8 et note TOB.
– le témoignage du disciple et du Christ (notes TOB sur 19,35) et l’appel à la foi du
lecteur.
– deux passages de l’Écriture, en lien avec les gestes de 32-34 :
. pas un os ne sera brisé : cf note TOB; référence à Ps 34,21 et Ex 12,46
. ils verront… le transpercé : note TOB; cf Za 12,10; voir aussi Jn 3, 14-15.

5) La mise au tombeau : Jn 19, 38-42

L’épisode commence par une autre démarche auprès de Pilate : comme chez les Synoptiques, c’est Joseph d’Arimathée, disciple de Jésus (cf Mt 27,57) qui en a l’initiative. Mais Jn souligne qu’il est un crypto-chrétien : cf Jn 7,13; 9,22; 12,42-43.
– Nicodème vint aussi : cf Jn 3,1ss; 7,50 : Jn veut-il montrer par ces deux personnages la venue des Juifs à la foi après l’ “élévation ” de Jésus et le don de l’Esprit ?
– myrrhe et aloès : contrairement aux Synoptiques, Jésus reçoit ici un ensevelissement complet (embaumement, v. 40; 100 livres = plus de 30 kg).
– il y avait un jardin (kèpos) : cf 18,1
– un tombeau tout neuf…. : cf Mt 27,60; il semble que Jn voit une signification royale, (dans la ligne de la Passion) dans cet ensevelissement du Christ. Cf LOISY : “le Christ est enseveli comme les grands de ce monde et par les grands de ce monde : c’est une manière de signifier sa royauté.”

On perçoit sans peine que ce récit de la Passion, dans le Quatrième Évangile n’a rien d’un reportage ou d’un compte-rendu des événements (comme d’ailleurs les autres pages des Évangiles !). Ce texte de Jn témoigne d’une longue méditation sur le mystère de l’amour de Dieu révélé dans la mort de Jésus (Dieu a tant aimé le monde… ), sur la victoire et la fécondité de cette mort (le grain jeté en terre et qui porte, par sa mort, beaucoup de fruit ).
Ce récit johannique est à l’origine de la représentation “”byzantine” de la croix , qui réunit en une seule image mort et résurrection, et qui fait de l’instrument du supplice le trône de Jésus.

Jn 18-19 : structure du passage

I. L’arrestation de Jésus

18, 1 -11 : la scène du jardin
18, 11-27 : Jésus devant Hanne

II. Jésus devant Pilate

18, 29 -32 : (dehors) Les Juifs demandent la mort de Jésus
18, 33-38a : (dedans) Es-tu roi ?
18, 38b-40 : (dehors) Barrabas ou Jésus ?
19, 1 – 3 : (dedans) couronnement (d’épines)
19, 4 – 8 : (dehors) Ecce homo – à mort
19, 9 – 12 : (dedans) D’où es- tu ?
19, 13-16a : (dehors) Pilate livre Jésus

III. Jésus au Calvaire

19, 16b-18 : la crucifixion

19, 19 – 22 : l’écriteau
19, 23 – 25 : la tunique et les vêtements
19, 25 -27 : la mère et le disciple
19, 28 – 30 : “J’ai soif “
19, 31-37 : le coup de lance

19, 38- 42 : la mise au tombeau dans le jardin

LETTRE AUX THESSALONICIENS

st paul 

1 . – 1 Th 1, 1 – 10 : LA JOIE DES THESSALONICIENS ET CELLE DE PAUL

Cette Lettre de Paul est le premier document du NT. Adressée à une toute jeune communauté, où Paul avait juste eu le temps de semer la Parole, cette Lettre est la seule de Paul où nous trouvons deux actions de grâces.

1) Que savons-nous de cette jeune communauté ? Voir dans l’Introduction
aux Lettres de Paul ce qui concerne cette Lettre; cf. aussi Ac 17, 1-9 et 1 Th 3, 1-10.
2) Comment s’exprime ici la joie de Paul et quels en sont les motifs ?
3) Expliquer plus particulièrement les v. 9-10 de notre texte.

Question 1

• Thessalonique était une cité importante; c’était la capitale de la province romaine de Macédoine.
• D’après Ac 17, 2 Paul y a fait un bref séjour; il s’est adressé aux Juifs “trois sabbats de suite”. La durée de son séjour ne devrait pas dépasser 5-6 semaines.
• Parmi ceux qui ont accueilli le message de Paul, il y a quelques Juifs, des “adorateurs de Dieu” et des Grecs (=païens) : Ac 17, 4 et notes BJ et TOB.
• L’animosité des Juifs ne s’est pas seulement déchaînée à l’égard de Paul et de ses compagnons, mais également contre les nouveaux convertis (1 Th 1, 6; cf. 2, 14; 3, 3-5).

Question 2

• Paul rend grâces à Dieu pour eux, pour leur fidélité (v. 2); cf. aussi 3, 6ss.
• Il y voit un signe de l’amour et de l’élection de Dieu pour eux (v. 4 et note TOB).
• Noter la triade des vertus théologales (v. 3); cf aussi la référence marginale à 1 Co 13, 13 + en BJ et TOB.
• Paul leur a apporté “son Évangile”, la bonne/joyeuse Nouvelle, (v. 5 et note BJ; voir aussi Ga 1, 6 +), non seulement en paroles, mais avec la puissance de l’Esprit (cf. Ac 1, 8 +).
• Sur l’accueil fait par les Thessaloniciens (v. 6-8; cf. 2, 13), comparer avec Mt 13, 20-21 (cité en marge par BJ).
• Non seulement les Thessaloniciens ne se sont pas laissé ébranler par les persécutions, mais ils sont devenus des modèles pour d’autres (v. 7-8 et note BJ sur v. 8)

Question 3

• En parlant de la conversion des Thessaloniciens, Paul reprend ici une formule du kérygme adressé aux païens : lire les notes BJ et TOB sur v. 10.
• Les païens doivent se détourner des idoles pour se tourner vers le Dieu vivant et véritable (cf. notes BJ sur Ac 3, 19 +et 14, 15 +).
• Mais ce Dieu vivant est le Dieu de Jésus Christ, qui est son Fils, qu’il a ressuscité et qui viendra pour nous délivrer (v.10)
• Sur la signification de la “colère”, cf. Mt 3, 7 + qui nous renvoie à Nb 11, 1 +.
2. – Tit 1, 1 – 2, 10 : Une Eglise à la fin du premier siècle

Adressée à un proche collaborateur de Paul, cette Lettre est généralement regardée comme pseudépigraphique, mais elle nous permet de mieux connaître la situation de certaines communautés à la fin du premier siècle.

1) Comment nous apparaît dans cette Lettre l’organisation de l’Eglise ?
2) Que peut-on penser des qualités requises pour les presbytres et les épiscopes ?
Qu’est-ce que cela nous révèle des besoins de l’Eglise ?
3) Qui fait partie de ces communautés selon 2, 1-10 ? Que leur demande l’auteur de
cette Lettre ? Est-ce toujours actuel ?

Question 1)

• On trouve d’abord Paul, serviteur de Dieu, apôtre (= envoyé) de Jésus Christ.
• Ensuite Tite : collaborateur de Paul, laissé en Crête pour achever l’organisation des communautés : v. 5 et note BJ.
• Un groupe de presbytres (= anciens) dans chaque vile (v. 5 et note BJ).
• Le v. 7 parle d’épiscope (au singulier) : lire ce qui le concerne dans la note BJ sur le v. 5; est-ce l’équivalent de presbytre ou une charge différente ? Voir aussi 1 Tim 5, 17.
• Lire la fin de la note BJ sur le v. 5 : d’autres termes sont utilisés dans le NT pour les différentes fonctions dans l’Eglise; donc diversité selon les lieux et développement qui aboutira au 2e siècle au modèle : évêque, entouré d’un presbytérium (groupes de prêtres) et assisté de diacres.

Question 2

• Relever ce qui est demandé pour les presbytres / épiscope (v. 6-9); chercher à les classer : qualités générales (cf. 1 Tm 3, 2-7 et note BJ sur 3, 2); des qualités en lien avec la charge de gouvernement : leur comportement dans le cadre familial est une garantie pour leur service en Eglise (cf. v. 6-7), comme intendant (oikonomos : cf. 1 Tm 3, 15).
• Pour leur tâche d’enseignement (v. 9) : attachement à la doctrine (cf 1 Tm 1, 10 et la note BJ); capacité d’enseigner et de répondre aux contradicteurs.
• Les problèmes sont évoqués dans les v. 10-16 : cf. la référence marginale à 1 Tm 4, 1 (lire les v. 1-5 et la note BJ) et celle à 1 Tm 1, 4 +.

Question 3

• Ces versets peuvent être comparés avec les “codes de morale domestique” comme Col 3, 18 – 4, 1 ; cf. la note BJ sur Col 3, 18, mais ici les relations sont vues à l’intérieur de la communauté (et non de la famille).
• L’auteur s’adresse d’abord aux aînés (v. 2-3); ensuite aux jeunes femmes (v. 4-5) et aux jeunes gens (v. 6-8); enfin aux esclaves (v. 9-10).
• Sur le v. 2, voir le renvoi à 1 Co 13, 13; cf. aussi la note TOB sur ce verset 2.
• Pour ce qui concerne les femmes, lire la note de TOB sur 2, 5.
• Au sujet des esclaves, cf.1 Tm 6, 1 (cité en marge).