MATTHIEU

evanileEn suivant l’Evangile de l’année liturgique

année Matthieu

Depuis la réforme liturgique de Vatican II, nous sommes invités à lire chaque année un des trois Évangiles synoptiques (Mt – Mc – Lc).

Pour ce faire, les Dimanches Ordinaires nous offrent une lecture presque continue de l’Evangile de l’année. Pendant les Temps forts et les fêtes liturgiques (Avent-Noël; Carême-Pâque-Pentecôte), le texte lu comme Évangile est, autant que possible, emprunté à l’Evangéliste de l’année.

L’année liturgique ne commence pas avec l’année civile mais avec le premier Dimanche de l’Avent. Après le premier temps fort (Avent-Noël) viennent une première série de Dimanches du Temps ordinaire. Vient alors le deuxième Temps fort (Carême-Pâques-Pentecôte), et enfin la suite des Dimanches du Temps ordinaire.

Bible et liturgie

Pour chaque dimanche de l’année, trois lectures sont prévues : la première est tirée de l’Ancien Testament; la seconde est un passage d’une lettre apostolique (principalement de Paul); la troisième est l’Evangile du dimanche et c’est ce dernier qui donne la tonalité à la liturgie du jour.

Pendant les dimanches du Temps ordinaire, un Évangile (Mt – Mc – Lc) est pris en lecture continue et chaque fois, la péricope retenue est “préparée” par un texte choisi dans l’Ancien Testament.
La deuxième lecture forme également une lecture continue dans un cycle qui s’étend sur les trois années (A-B-C).

A cause de cette construction de la liturgie, il n’y a donc habituellement pas de lien entre la deuxième lecture et les deux autres. Mais il y a un lien voulu entre le texte de l’Evangile et le passage de l’Ancien Testament qui a été choisi comme première lecture.

Pendant les Temps forts de la liturgie, le choix des textes obéit à d’autres critères. En simplifiant, on dira que pour le Temps de l’Avent et pour les Fêtes, les trois textes des lectures sont choisis autour d’un thème (il est donc possible de trouver une unité entre les trois lectures). Au contraire, pendant le Carême, les textes de l’ Ancien Testament, d’une part, et les Évangiles, d’autres part, forment chacun une catéchèse distincte et complète (en conséquence, il n’y a pas ici de lien évident entre l’Evangile et le texte de l’Ancien Testament).

La démarche proposée

Les pistes de travail de ce dossier concernent directement les textes de l’Evangile selon s. Matthieu. Nous en avons choisi une quinzaine allant de l’Avent à la fin de l’année liturgique. Mais il est évident que l’on peut aussi remettre les textes dans l’ordre de l’Evangile de Mt.
Chaque fois que cela nous a semblé possible, nous avons signalé à la fin de l’étude un regard vers le texte de l’Ancien Testament (et parfois aussi de la deuxième lecture).

Conseils pratiques

Il est important de lire ces textes, non dans votre missel, mais dans votre Bible, où vous trouverez le contexte du passage choisi pour la liturgie, ainsi que des notes et des références marginales qui éclaireront ce texte et vous aideront dans votre étude.
Pour les textes des Évangiles de Mc et Lc (années B et C), n’oubliez pas de consulter le texte de Mt, chaque fois qu’il est parallèle, car c’est en Mt que vous trouverez habituellement les notes et les références marginales qui ne sont pas particulières aux textes de Mc ou et Lc.
Par ailleurs, la comparaison synoptique (entre les textes de Mt-Mc-Lc)), chaque fois qu’elle est possible, est une aide importante pour la lecture d’un texte.

En suivant l’Evangile selon s. Matthieu

Dès l’antiquité, Mt a tenu une place particulière parmi les Évangiles. C’est peut-être sa composition et l’ordonnance qu’il a donnée à son texte qui lui ont valu cette première place qu’il occupe toujours dans l’ordre canonique. En effet, Mt se présente comme une oeuvre bien construite : 5 discours structurent l’Evangile (Mt 5-7; 10; 13; 18; 24-25); ils sont précédés par les récits de l’Enfance (Mt 1-2) et couronnés par ceux de la Passion-Résurrection (Mt 26-28).
Mais Mt n’est pas le plus ancien des Évangiles. Comme Luc, Matthieu écrit après Marc, dont il a sans doute connu et utilisé le livret. De plus, il partage avec Lc une autre source (la Quelle ), et il conserve des traditions qui lui sont propres.
Écrit très probablement vers les années 80 (c’est-à-dire 50 ans après la mort et la Résurrection de Jésus, Mt nous fait connaître une Église déjà bien structurée, possédant une vie liturgique et sacramentaire bien organisée, une doctrine bien formulée, des règles de vie communautaire.
Matthieu écrit dans et pour une communauté de chrétiens venus du judaïsme et qui doit lutter pour conserver sa riche tradition biblique alors même qu’elle est en lutte avec le judaïsme officiel (qui à cette époque a excommunié les chrétiens) et que, par fidélité au Christ, elle se veut largement ouverte aux païens.
C’est donc une Église en « aggiornamento », tournée à la fois vers son passé et vers l’avenir que nous rencontrons dans le premier Évangile.

L’origine de l’Evangile selon s. Matthieu nous explique la place relativement grande qu’il fait à l’Ancien Testament et aux coutumes juives. Pour lui, l’Eglise est le nouvel Israël, né dans le judaïsme mais débordant maintenant les frontières d’Israël pour répondre à la mission que le Ressuscité a donnée à ses disciples (cf. Mt 28, 19).

Les textes proposés voudraient donner un aperçu de la richesse de cet Évangile et faire découvrir quelques caractéristiques qu’il a imprimées au message de Jésus. Mais rien ne remplacera la lecture de l’Evangile tout entier.

Mt 11, 2-11 : Troisième Dimanche de l’Avent

Chaque année la liturgie de l’Avent nous fait rencontrer Jean-Baptiste, le Précurseur. Dans l’Evangile de ce dimanche, nous trouvons deux tableaux déjà réunis dans la tradition évangélique : la question de Jean-Baptiste à Jésus et la parole de Jésus sur Jean-Baptiste.

1) Comment comprenez-vous la question de Jean-Baptiste (v. 3) ? Qu’attend-il de Jésus ?
2) Expliquez la réponse de Jésus : à quels textes fait-il allusion ? La réponse est-elle convaincante ?
3) Qui est Jean-Baptiste d’après les v. 7-11 ? Comment Jésus le présente-t-il ? A qui le compare-t-il ?

Question 1

• Remarquer la place de cette question en Mt (voir la note TOB sur 11, 1).
• Cf. aussi la note BJ sur Mt 11, 3 + : Celui qui doit venir = le Messie; voir encore Dt 18, 15 et la note TOB).
• Relire Mt 3, 10-12 où Jean-Baptiste exprime ce qu’il attendait du Messie qu’il annonce : un plus fort que lui (Mt 3, 11 et Is 40, 10), qui fait le tri entre les justes et les pécheurs; cf. l’image de la séparation entre le grain et la bale.
• Jean-Baptiste est en prison (cf. Mt 4, 12 et 14, 3ss); il a entendu parler des oeuvres du Christ (=Messie), mais ce que fait Jésus, n’entre pas totalement dans l’image qu’il se faisait du Messie.

Question 2

• Noter que Jésus ne répond pas directement à la question qui lui est posée. En rappelant ce qu’il a fait et en renvoyant à l’AT, il invite Jean-Baptiste à répondre lui-même.
• Lire les textes d’Isaïe auxquels nous renvoie la réponse de Jésus.
• Remarquer le sommet de la réponse de Jésus (fin du v. 5); cf. la note de BJ. En Is 61, 1, on trouve aussi parmi les actions annoncées la libération des prisonniers !
• La réponse de Jésus n’est pas une démonstration, mais un appel à croire en lui, (cf. v. 6). Pour Mt, les oeuvres de Jésus sont bien celles du Messie; Jésus invite discrètement Jean-Baptiste à envisager le rôle du Messie autrement qu’il l’a fait jusque-là.

Question 3

• Remarquer la gradation dans la réponse de Jésus : Jean-Baptiste n’est pas un roseau qui va dans la direction du vent : cf. sa prédication courageuse (Mt 3, 7ss; 14, 4).
• Il n’est pas quelqu’un qui recherche le profit et le confort, comme les faux prophètes, mais sa vie est austère (cf. Mt 3, 4 et la note TOB).
• Jean-Baptiste est un prophète (cf. la référence marginale de Mt 16, 14 +) et même un prophète de la taille d’Elie : v. 10 ; cf. Mt 3, 1.
• Voir encore 11, 14 et la note TOB sur 11, 13. Il appartient encore à l’Ancien Testament, mais il est le plus grand, celui qui précède immédiatement le Messie.

Pour poursuivre la réflexion : comparer la difficulté de Jean-Baptiste avec celle de Pierre après sa “confession de Césarée”; il est, lui aussi, scandalisé par la perspective que Jésus lui révèle (Mt 16, 22-23). On se fait toujours “son” idée du Messie !

Mt 1, 1-15 : Quatrième Dimanche de l’Avent

Ce texte de Mt nous paraît assez étrange (surtout dans sa première partie : la généalogie). C’est pourtant ainsi que les premiers chrétiens ont médité sur le mystère du Christ. Essayons de le faire avec eux. Mt 1, 1-15 est repris dans la liturgie de Noël (messe du soir).

1) Comment comprendre Mt 1, 17 ? Quel est le but de l’Evangéliste en citant ces personnages ? A quels événements de l’histoire biblique, le texte fait-il allusion ? Que nous apprend ce texte de Jésus ?
2) D’après Mt 1, 18-25, quel est le rôle de Joseph dans le plan de Dieu ? Comment est-il amené à l’assumer ?
3) Que dit l’Ange du Seigneur au sujet de Jésus ? Comment cela complète-t-il la généalogie ?

Question 1

• Cf. Mt 1, 1 + (bien lire cette note de BJ; voir aussi celle donnée en TOB sur Lc 3, 23.
• Remarquer comment est répartie cette liste des ancêtres : d’Abraham jusqu’à David; de David à l’Exil; de l’Exil à Jésus.
• Il y a trois fois 14 générations (d’après 1, 17) : comptez-les ! Comparez cette généalogie avec celle donnée par Lc en 3, 23-38.
• Relever ce qui est dit de Jésus : il est le Christ, fils de David, fils d’Abraham (1, 1); cf. les références données en marge : Mt 9, 27 +; il est né de Marie (1, 16).
• Quelques femmes sont mentionnées dans cette généalogie : pouvez-vous les identifier ? pourquoi sont-elles citées (voir la note TOB sur Mt 1, 2).

Question 2

• Mt 1, 18-25 est une “note explicative” pour le v. 16 : comment Jésus, né de Marie, peut-il être “fils de David” ?
• Quel est le projet de Joseph (v. 19 ) ? Pourquoi ? Par qui ce projet est-il modifié ? Sur l‘Ange du Seigneur, voir les notes BJ et TOB sur le v. 20.
• Dans les paroles de l’Ange, remarquez le rôle de Marie (elle ) et celui de Joseph (tu ) : v. 21 ; cf. v. 25.
• Comparer l’interpellation de l’Ange à Joseph en 1, 20 avec Mt 2, 13 et 2, 19 : quelle différence ? Pourquoi ? C’est parce que Joseph est lui-même fils de David qu’il peut faire de Jésus, légalement, le fils de David.
• Mt 1, 24 : la réponse de Joseph à la parole de l’Ange; comment est-elle exprimée ?

Question 3

• Par Mt 1, 1-17, Jésus nous est présenté comme celui qui vient au terme de l’histoire commencée avec Abraham (cf. 1, 1).
• La vocation de Joseph, reçue du Seigneur, consiste à insérer Jésus, né de Marie (v. 16) et de l’Esprit (v. 20), dans le peuple de Dieu.
• L’Ange révèle le nom de l’enfant : Jésus : 1, 21 +.
• Jésus est l’Emmanuel (v. 23); il accomplit Is 7, 14 ( cf. la note BJ sur 1, 22 +).

Pour poursuivre la réflexion : comparer l’attitude de Joseph dans ce texte avec celle d’Abraham en Gn 12, 4. Joseph n’est pas simplement un fils d’Abraham par le sang; il l’est aussi par sa foi et son obéissance.

Mt 2, 1-12 : L’ Épiphanie

Malgré les apparences et l’habitude que nous avons d’appeler Mt 1-2 l’Evangile de l’Enfance de Jésus, ce texte est bien davantage : c’est une présentation théologique de sa personne. Essayons de lire ce texte avec des yeux neufs.

1) Qu’est-ce que texte m’apprend sur les Mages ? Qui sont-ils ? Pourquoi viennent-ils ?
2) A qui les Mages sont-ils opposés dans ce récit de Mt ? Quels sont les autres personnages du récit ? Comment réagissent-ils ?
3) Quel est le message de ce texte de Mt ? Que représentent les Mages ? Que représentent ici Hérode et Jérusalem ?

Question 1

• Négativement : rien n’est dit de leur nombre, de leur nom, de leur couleur; il n’est pas dit qu’ils sont rois, comme le veut la tradition populaire.
• Positivement : ce son des mages (le même mot est traduit par magicien en Ac 13, 6.8); cf. note TOB sur 2, 1 . Ils viennent d’Orient (voir la note BJ sur 2, 1).
• Ils sont à la recherche du “roi des Juifs pour lui rendre hommage”; ailleurs dans l’Evangile, Jésus ne reçoit ce titre que lors de sa Passion (Mt 27, 11. 29. 37).
• Ils se réjouissent de le trouver (v. 10; ils le reconnaissent dans l’enfant de Marie et lui offrent leurs présents ( 2, 11 et notes BJ et TOB).
• Ils ont reçu une consigne d’Hérode (v. 7-8), mais ils obéissent à l’avertissement qui leur est donné en songe (v. 12) et rentrent chez eux par un autre chemin.

Question 2

• La nouvelle apportée par les Mages trouble Hérode et tout Jérusalem avec lui .
• Hérode se fait préciser ce qu’ils savent de cet enfant; il se renseigne aussi auprès des grands prêtres et des scribes, mais il ne se rend pas à Bethléem. Cf. aussi sa réaction en Mt 2, 16.
• les grands-prêtres et les scribes connaissent les Écritures, mais ils ne montrent aucune attente particulière par rapport à cette venue du Messie.
• comparer Mt 2, 6 avec Mi 5, 1 et 2 S 5, 2 (cf. note TOB sur Mt 2, 6). Pour Mt, Jésus est bien le fils de David dont on espérait la venue.

Question 3

• le fait de la naissance de Jésus à Bethléem, au temps d’Hérode : voir note TOB ou celle de BJ sur Mt 2, 1.
• les Mages représentent les païens attirés par l’Evangile : noter la répétition du mot “se prosterner” ( en BJ : rendre hommage) aux v. 3. 8. 11.
• remarquer l’opposition entre le trouble d’Hérode et de Jérusalem (v. 3) et la joie des Mages (v. 10).
• Hérode et les grands-prêtres représentent les Juifs : connaissant les Écritures, ils auraient dû reconnaître le Messie, mais ils en ont peur et cherchent à l’éliminer.
• sur le thème de la venue des païens à la foi : voir les références marginales de BJ sur Mt 2, 11.

Pour poursuivre la réflexion : on pourrait lire Rm 9-11 où Paul nous donne sa méditation sur ce mystère : pourquoi les Juifs, préparés par tout l’AT, n’ont-ils pas reconnu le Messie alors que les païens entrent dans l’Eglise ?

Mt 4, 12 – 23 : Troisième Dimanche Ordinaire

Le texte de ce Dimanche entre le début du ministère de Jésus (Baptême et tentation : Mt 3, 13 à 4, 11) et le Sermon sur la montagne (Mt 5 à 7) : pour Mt, c’est le texte-programme où il veut présenter Jésus et sa mission. Lire aussi les v. 24-25 (omis dans la lecture liturgique).

1) Relever dans ce texte toutes les indications des déplacements de Jésus : quelle image de Jésus, Mt nous donne-t-il ?
2) Expliquer Mt 4, 12-17 : d’où vient Jésus ? Pourquoi, selon Mt, Jésus choisit-il la Galilée pour commencer sa mission ?
3) Comment Mt montre-t-il l’efficacité de la mission de Jésus en 4, 18-25 ? Relever les expressions qui vous frappent.

Question 1

• Jésus se retire en Galilée (v. 12); il quitte Nazareth pour Capharnaüm (v. 13); il marche au bord de la mer ( v. 18 cf. v. 21); il parcourt toute la Galilée (v. 23).
• Cf. également les notations sur ceux qui le suivent : 4, 20. 22. 25.
• Voir sur une carte les régions touchées par cette première mission de Jésus : 4, 12-14. 23. 24. 25.
• Jésus nous est présenté en perpétuel déplacement et sa parole met des hommes en mouvement : il les appelle à le suivre ( sur ce mot, voir la note TOB sur Mt 4, 20).

Question 2

• Dans les scènes précédentes, Jésus était en Judée : pour le baptême ( Mt 3, 13; cf. 3, 1) et pour la tentation (Mt 4, 1). Maintenant il se retire en Galilée : voir note TOB sur 4, 12)
• Sur le choix de Jésus, voir notes TOB sur Mt 4, 15 et 16. On peut encore comparer Mt 4, 12-14 avec Mt 2, 22-23 : pour Mt, la Judée est la région qui rejette Jésus.
• L’Evangéliste cite (librement) Is 8, 23 – 9, 1 (qui est la première lecture de Dimanche) : lire ce texte d’Isaïe et la note sur Is 8, 23.
• Comparer la prédication de Jésus en Mt 4, 17 avec celle du Baptiste (Mt 3,2 et note BJ) : ainsi Mt insiste sur la continuité entre Jean-Baptiste et Jésus (cf. aussi 4, 12 et 17). Mais il marque également la nouveauté de Jésus par rapport au Baptiste : cf. 3, 11. 17.

Question 3

• Le premier effet de la parole de Jésus est de rassembler des disciples autour de lui (Mt 4, 18-22). Noter que Mt – comme Mc – nous donne ici deux récits parallèles de vocation (v. 18-20 et 21-22) qui se complètent (en train de jeter les filets – v. 18- ; en train d’arranger leurs filets – v. 21-)
• Comparer cet appel des disciples avec 1 R 19, 9ss : le texte n’insiste pas sur les sentiment de l’appelé, mais sur l’autorité de celui qui appelle.
• En Mt 4, 23ss, remarquer le lien entre proclamer la Bonne Nouvelle et guérir : cf. 4, 23 et les notes TOB et BJ. Remarquer encore la répétition du mot “toute “dans les v. 23-24; c’est le retentissement du ministère de Jésus.

Pour poursuivre la réflexion : Mt nous présente le ministère de Jésus au milieu de la Galilée des nations = des païens) : quelle signification cela peut-il avoir pour nous ?

Mt 5, 38 – 48 : Septième Dimanche Ordinaire

La loi avait été donnée au peuple d’Israël sur la montagne du Sinaï; c’est aussi sur une montagne que Mt situe le discours inaugural de Jésus “qui n’est pas venu abroger la Loi, mais l’accomplir “ (cf. Mt 5, 17). L’Evangile de ce Dimanche nous offre deux exemples de cet accomplissement de la Loi de Moïse.

1) Travailler sur Mt 5, 38-42 : qu’est-ce que la Loi demandait ? Qu’est-ce que demande Jésus ?
2) Quel est le sens de Mt 5, 43-44 ? Une telle attitude est-elle possible ?
3) Comparer Mt 5, 45-48 avec 5, 20 : quels liens voyez-vous entre ces deux passages ?

Question 1

• La loi du talion était une limitation de la vengeance : voir Ex 21, 24 + ; lire la note et comparer avec Gn 4, 23-24 , qui est cité dans cette note.
• Mais Jésus ne se contente pas de limiter la vengeance; il demande d’y renoncer totalement : cf. 5, 39 et les notes de BJ et TOB.
• Les trois exemples donnés (v. 39b-41) veulent indiquer quel doit être l’esprit du disciple de Jésus. Comparer avec Rm 12, 19. 21 (cité en marge).

Question 2

• Sur l’amour du prochain, voir le texte cité du Lv 19, 18 ( lire Lv 19, 11-18); pour la Loi, le prochain était le compatriote, celui qui appartient au même pays, à la même religion.
• Sur la deuxième partie du v. 43, voir la note BJ : cependant c’est bien ainsi que la Loi était interprétée par certains groupes juifs : voir note TOB sur Mt 5, 43.
• La BJ donne en marge la référence à Lc 23, 34 et à Ac 7, 60 : l’exemple de Jésus et celui d’Etienne, qui mettent en pratique jusque dans la mort cette parole du Sermon sur la montagne.

Question 3

• Mt 5, 20 est le début de la série des antithèses (vous avez appris qu’il a été dit… moi je vous dis…); ce verset exprime le thème de tout le développement qui suit.
• Pour appartenir au Royaume, Jésus invite ses disciples à dépasser la “justice” des Pharisiens et des scribes : sur le mot justice , voir la note TOB sur 5, 20.
• En Mt 5, 45-48, Jésus nous indique le modèle du comportement du disciple : c’est le Père céleste et sa miséricorde, cf. 1 P 1, 16 (cité en marge).

Pour poursuive la réflexion : l’amour du prochain demandé en Lv 19 – la première lecture de ce Dimanche – ne se contente pas de bons sentiments; il s’agit d’une vraie solidarité. Mais Jésus va plus loin encore. Où nous situons-nous ?

Mt 26, 14 à 27, 66 : La Passion selon s. Matthieu

L’Eglise aurait pu être tentée d’annoncer la Résurrection et d’oublier les événements si déroutants qui l’avaient précédée : l’échec de la mission de Jésus et sa mort en croix. Les Évangiles montrent qu’il n’en est rien : dans chacun des Évangiles, le récit de la Passion tient une place importante.
Il ne peut être question d’étudier tout le récit de Mt, mais il serait bon de lire en entier, comme un récit suivi.
Nous nous proposons d’étudier deux des épisodes de la Passion de Mt, avec les parallèles de Mc, pour mieux approfondir les perspectives propres à chacun des Évangélistes (questions 1 et 2), puis à découvrir l’insistance de Mt sur l’accomplissement des Écritures.

1) Comparer Mt 27, 11-26 avec Mc 15, 2-15 : Jésus devant Pilate. relever ce qui est propres à Mt : qui intervient dans ce récit ? Comment ?
2) Dans le récit de la mort de Jésus, comparer Mt 27, 39-56 avec Mc 15, 29-41 : quelles différences peut-on relever ? Comment les expliquer ?
3) Dans son récit, Mt fait davantage appel aux Écritures : relever quelques références de l’AT qui lui sont propres ? Quelles significations ?

Question 1

• Parmi les épisodes propres à Mt, intervention de la femme de Pilate (v. 19), le geste de Pilate et la réponse du peuple (v. 24-25).
• Noter comment Mt souligne le choix fait par les Juifs entre Jésus et Barabbas (v. 17 et 21).
• Alors que la femme de Pilate, une païenne, intervient en faveur de Jésus (v. 19), les grands-prêtres et les anciens pressent la foule de le rejeter.
• Sur le geste de Pilate et la réponse du peuple, voir les notes de BJ et TOB.
• Ainsi pour Mt, cette scène devient le rejet solennel du Messie par le peuple juif.

Question 2

• Noter les manifestations extraordinaires qui marquent en Mt la mort de Jésus : ténèbres (v. 45), le voile du Temple (v. 51) comme chez Mc. Mais en plus : séisme et ouverture des tombeaux (v. 51-53).
• Sur ces manifestations, voir les notes de BJ et TOB. “Mt a orchestré de façon grandiose les répercussions de la mort de Jésus” (Vanhoye) ; il met ainsi en évidence la portée eschatologique de l’événement.
• La mort de Jésus marque la fin de l’ère ancienne (rideau du Temple déchiré) et ouvre l’ère nouvelle (ouverture des tombeaux).
• Noter aussi la confession de foi du centurion, étendue à ses compagnons (v. 54); en contraste avec le rejet total du peuple juif (cf. 27, 39. 41. 44), Mt souligne l’accueil fait par les païens.

Question 3

• Plus que les autres, Mt est soucieux d’éclairer la Passion par les Écritures. Il veut montrer à ses lecteurs (chrétiens d’origine juive) comment Jésus accomplit les Écritures.
• Peut-être a-t-il ressenti la nécessité d’apaiser le trouble causé par sa mort infamante cf. Dt 31, 23, que Paul citera aussi en Ga 3, 13.
• Les principales références ou allusions bibliques du récit de Mt , parallèles à celles de Mc, sont Mt 26, 38 (et notes BJ et TOB); 27, 29-31 (et note TOB); 27, 35-39; 27, 46-48; 27, 51.
• Les références propres à Mt : 26, 54. 56; 27, 9. 10, cf. 26, 15 et notes BJ et TOB; 27, 24-25; 27, 34 (fiel : notes BJ et TOB); 27, 43; 27, 51b-54.
Pour prolonger la réflexion : “Un récit destiné à une assemblée de croyants” (X. Léon-Dufour) : comment comprenez-vous cette phrase ?

Mt 28, 1 – 10 : La Nuit pascale

Les trois synoptiques nous rapportent la découverte du tombeau vide, mais le récit de Mt est particulièrement riche, au point de vue théologique, et il fait partie d’un ensemble plus vaste (27, 62 à 28, 15) qu’il est seul à relater.

1) Comparez le texte de Mt avec le récit parallèle de Mc et noter ce que vous trouvez de semblable et de différent : quelles questions cela vous pose–t-il ?
2) Qui est l’Ange du Seigneur ? Que signifie son intervention ici ?
3) Que contient le message de l’Ange ? Pourquoi le rendez-vous en Galilée ?

Question 1

• Ce qui est semblable : les femmes au tombeau, le premier jour de la semaine, la rencontre avec un messager céleste, l’annonce de la Résurrection, l’envoi des femmes vers les apôtres.
• Ce qui est propre à Mt : l’intervention de l’Ange du Seigneur, avec le tremblement de terre (28, 2), la présence des gardes au tombeau (28, 4; cf. 27, 62-66 et 28, 11-15).
• Autres différences : les femmes viennent pour voir le tombeau (28, 1 et note) et non pour oindre le corps; il y a deux femmes, au lieu des trois (chez Mc); la réaction des femmes: comparer Mt 28, 8 avec Mc 16, 8. Cf. aussi l’heure de la visite au tombeau : voir note TOB sur 28, 1.

Question 2

• Voir Mt 1, 20 + (cité en marge, et qui nous renvoie à Gn 16, 7 +.
• C’est donc Dieu lui-même qui intervient dans la Résurrection de Jésus; cf. aussi le tremblement de terre : voir Ex 19, 18; 1 R 19, 18; Ps 114, 7.
• La BJ donne en marge Mt 27, 51 + : la mort et la Résurrection de Jésus marquent l’ouverture des temps nouveaux : c’est “le Jour du Seigneur ”.
• Noter l’opposition entre la démarche des Juifs (sceller le tombeau et le garder : Mt 27, 62. 66) et celle de l’Ange : il descend du ciel, roule la pierre, s’assit dessus . Le tombeau est ouvert et il le reste !

Question 3

• Noter le caractère hiératique de toute la scène, la solennité du récit.
• “ne craignez pas, vous…”: la parole de l’Ange aux femmes, par opposition aux gardes qui veulent maintenir le tombeau scellé. Comparer avec Ez 37, 7 et 12.
• L’Ange du Seigneur domine complètement la situation : je sais… (v. 5)
• Jésus, le crucifié est ressuscité, comme il l’a dit : c’est le kérygme que proclame l’Eglise
• vite, allez dire… : la Résurrection bouleverse les projets des femmes et les lance dans la vie.
• En Galilée : cf. Mt 28, 16 et déjà Mt 4, 12-17 : la Galilée des nations où Jésus avait commencé son ministère.

Pour poursuivre la réflexion : lire Ex 14, 15-31 (un des textes de la vigile pascale). Le Seigneur qui autrefois a ouvert la mer pour sauver son peuple est aussi celui qui ouvre maintenant pour nous le tombeau de Jésus.

Mt 28, 16 – 20 : Fête de l’Ascension

Ce petit texte est une des clés de l’Evangile selon s. Matthieu. Dans ce dernier tableau, l’Evangéliste nous fait découvrir qui est Jésus pour lui (et pour ses lecteurs) et quelle est son Église.

1) Relever ce qui vous paraît le plus significatif dans ce passage (personnages, lieux, actions).
2) Sur quelle image de Jésus, Mt met-il le point final à son Évangile ?
3) Quels éléments de la vie de l’Eglise au premier siècle pouvons-nous découvrir dans ce texte de Mt ?

Question 1

• Les disciples obéissent à l’ordre reçu de Jésus : lire Mt 28, 7 et 10; ils se prosternent devant lui (geste de vénération religieuse, liturgique).
• Sur la montagne : cf. Mt 5, 1; 15, 29-31 . C’est moins un lieu géographique que théologique; la montagne est, pour Mt, l’endroit typique de la révélation de Dieu, comme déjà dans l’AT.
• C’est Galilée, là où Jésus avait commencé son ministère, que le Ressuscité précède maintenant les disciples.
• Le discours de Jésus : remarquer la solennité du ton et sa longueur (plus de la moitié de notre texte); noter aussi l’insistance sur le “tout “ (3 fois).

Question 2

• C’est Jésus qui a convoqué ses disciples à cet endroit.
• C’est lui qui s’approche d’eux : lui seul peut désormais surmonter la distance en allant vers eux.
• Sur Mt 28, 18b, voir les notes de BJ ou de TOB : Jésus est maintenant le Seigneur.
• Faire des disciples (28, 19); comparer avec Mc 16, 15-16; Lc 24, 47. Pour Mt, il ne s’agit pas simplement de communiquer un message, mais d’amener des hommes à une relation étroite et personnelle avec le Christ Ressuscité; et cela concerne “toutes les nations ”(cf. note TOB sur Mt 28, 19).
• Jésus est l’Emmanuel (Dieu -avec-nous) : note TOB sur Mt 28, 20.

Question 3

• L’Eglise est la communauté des disciples de Jésus.
• Cette communauté se constitue par le baptême; noter la formule trinitaire, la plus élaborée que nous trouvions dans le NT. Cf. aussi la note TOB sur Mt 28, 19.
• L’Eglise doit enseigner et garder tout ce que Jésus a prescrit.
• Elle est assurée de la présence de son Seigneur tout au long des siècles : 28, 20 et note TOB.

Pour continuer la réflexion : L’Eglise de Matthieu est une communauté de disciples envoyés à toutes les nations : quelle est notre préoccupation missionnaire ?

Mt 9, 9 – 13 : Dixième Dimanche Ordinaire

Le texte de ce Dimanche appartient à la section où l’Evangéliste a rassemblé dix miracles de Jésus (Mt 8-9). Ainsi pour Mt, Jésus n’est pas seulement le maître qui enseigne (Mt 5 – 7 : le Sermon sur la montagne); il est aussi le Messie de l’action : cf. Mt 4, 23 et 9, 35.
1) Qu’est-ce qui vous frappe dans l’appel de Matthieu ? Connaissez-vous d’autres appels semblables ? Quelle différence avec d’autres appels ?
2) Que reproche-t-on à Jésus au v. 11 ? Comment peut-on comprendre ce reproche ?
3) Comment Mt nous présente-t-il Jésus dans cette scène évangélique ? Comment est-il désigné ? Comment se désigne-t-il lui-même ?

Question 1

• Comparer notre texte avec Mt 4, 18ss : nous avons le même schéma que pour l’appel des 4 premiers disciples, mais il s’agit ici d’un “homme assis à la douane “, d’un publicain : cf. Mt 5, 46 +.
• Sur cet appel : voir la note TOB donnée en Mt 4, 20. C’est Jésus lui-même qui choisit ses disciples et non pas les disciples qui le choisissent comme maître.
• Dans ces appels, on trouve le même schéma : un homme est à son travail; Jésus passe, le voit, l’appelle, et l’homme se lève et le suit. Le schéma souligne à la fois l’autorité de Jésus et l’obéissance des appelés.
• En appelant Matthieu, Jésus invite un publicain, un exclu (pour les juifs pieux) à devenir l’un des Douze (voir note TOB sur Mt 5, 46).

Question 2

• Fréquenter les pécheurs et les publicains, c’était contracter leur impureté ; est impur, tout ce qui rend inapte à la participation au culte; cf. BJ Mt 9, 10 +.
• A plus forte raison, il était, pour un juif, interdit de manger avec quelqu’un d’impur : voir la note TOB sur Mt 9, 11.
• Jésus a frappé ses contemporains par sa liberté à ce sujet, comme en témoignent plusieurs passages des Évangiles : ainsi Lc 15, 1-2; 19, 1-10 (cités en marge de note texte par BJ).
• Contrairement au texte parallèle de Lc, chez Mt on pourrait comprendre que le repas a lieu dans la maison de Jésus : dans l’Eglise, en effet, loin de mépriser les pécheurs, Jésus les accueille à sa table ; cf. Mt 8, 11ss.

Question 3

• Jésus est un maître, même les Pharisiens le reconnaissent (v. 11); il enseigne : allez apprendre… (v. 13) par sa parole et par ses actions; comparer avec Mt 23, 3 (les reproches que Jésus fait aux Pharisiens)
• Il est aussi le médecin qui apporte la guérison à tous ceux qui en ont besoin : cf. le contexte (Mt 8-9 et aussi Mt 9, 35.
• Il accomplit parfaitement la volonté de Dieu, telle qu’elle était déjà manifestée dans l’AT : cf. la citation d’Os 6, 6 (que l’on retrouvera dans la bouche de Jésus en Mt 12, 7). Voir note TOB sur Mt 9, 13.
• Sur la mission de Jésus : je suis venu pour… (v. 13b); cf. 1 Tm 1, 15 (cité en marge par BJ).

Pour poursuivre la réflexion : la première lecture de ce Dimanche nous donne le texte d’Os 6, 3-6 : plutôt que les sacrifices, Osée invite le peuple à la fidélité, à l’attachement sincère à Dieu. Pour Jésus aussi, c’est d’abord par la miséricorde que nous devons traduire notre attachement à Dieu.

Mt 11, 25 – 30 : Quatorzième Dimanche Ordinaire

Trois paroles de Jésus composent l’Evangile de ce Dimanche : v. 25-26; v. 27; v. 28-30. Les deux premières se rencontrent aussi dans l’Evangile de Lc; la troisième est propre à Mt. ces trois paroles se trouvent au coeur de la section narrative consacrée au mystère du Royaume (Mt 11 – 12). Alors que certains ne peuvent accueillir le message du Royaume, à d’autres, il est donné (cf. Mt 11, 25 +).

1) Comment comprendre la première parole (v. 25-26) ? A qui s’adresse ici Jésus ? Quelle est la cause de sa louange ?
2) Chercher à formuler avec vos mots le contenu du v. 27. Expliquer ce v. 27 en vous aidant des références marginales de BJ, spécialement celles qui renvoient à Mt.
3) Comment comprendre l’appel des v. 28-30 ? A qui s’adresse-t-il ? Que propose-t-il ?

Question 1

• Noter l’appellation “Père” dans les v. 25-26 . Cette invocation est inconnue des prières juives et elle traduit la familiarité inouïe de Jésus à l’égard de Dieu : voir la note de BJ sur Mc 14, 36 ou en TOB celle sur Rm 8, 15.
• Celui que Jésus nomme “Père” est en même temps le “Seigneur du ciel et de la terre”.
• Jésus ne loue pas le Père pour l’échec de sa Parole auprès des sages, mais pour l’accueil qui lui est fait par les “petits” : c’est là le signe de la faveur, de la bienveillance de Dieu pour eux. Le fait que les sages ne la découvrent pas, montre qu’elle dépasse les forces humaines : la révélation ne peut être accueillie que comme une grâce.

Question 2

• Au centre de l’affirmation de Jésus, la connaissance mutuelle du Père et du Fils : sur le mot “connaître”, voir Jn 10, 14 +.
• Seul le Père connaît le Fils / seul le Fils connaît le Père : tout ce que Jésus a ou est, vient du Père. Cette connaissance du Père et du Fils ne peut atteindre l’homme que par la révélation donnée par le Fils.
• Voir la note de BJ sur Mt 4, 3 + : ce que les disciples ont pu comprendre avant Pâque et ce qu’ils ont découvert après la Résurrection de Jésus et le don de l’Esprit. Voir aussi la réponse de Jésus à Pierre en Mt 16, 17.

Question 3

• Voir Mt 11, 28 + : la note de BJ nous renvoie à 23, 4 et à 5, 17 +.
• Sur l’image du joug, voir les notes de BJ ou TOB sur le v. 30.
• Remarquer la place que Jésus prend dans ces versets : venez à moi, moi, je vous soulagerai… mon joug, mon école, mon fardeau…
• Voir aussi Mt 11, 29 et la note BJ.

Pour poursuivre la réflexion : la première lecture de ce Dimanche est tirée de Za 9, 9-10. Le prophète annonce que l’envoyé de Dieu, le Messie, sera un roi humble mais juste et victorieux. Comment Jésus a-t-il accompli cette annonce de Zacharie ?

Mt 13, 24 – 43 : Seizième Dimanche Ordinaire

Matthieu consacre tout le chapitre 13 au discours en paraboles. Parmi ces paraboles, certaines se lisent aussi chez les autres Évangélistes, mais d’autres sont propres à Mt : ainsi celle de l’ivraie.

1) Comment comprendre la parabole de l’ivraie ? Que veulent faire les serviteurs ? Pourquoi le refus du maître ? Quel enseignement ?
2) Qu’est-ce qui vous frappe dans l’explication de la parabole ? Est-ce vraiment l’explication de la parabole ou seulement d’une partie de celle-ci ?
3) Expliquer les v. 31-34 : quelle leçon peut-on dégager de ces deux petites paraboles ?

Question 1

• Noter la construction de ce récit : les v. 24-26 donnent la situation de départ; les v. 27-30 sont un dialogue entre le maître et les serviteurs.
• Les serviteurs proposent de faire le tri immédiatement; le maître veut attendre le temps de la moisson; cf. les références marginales à Mt 3, 12 et la note TOB sur ce verset.
• Sur la signification pour Jésus du mélange actuel du blé et de l’ivraie : voir sa réponse à la question de Jean-Baptiste en Mt 11, 3 (et les notes BJ et TOB).

Question 2

• Elle est réservée aux disciples (v. 36); cf. déjà Mt 13, 10ss.
• L’explication se compose de deux parties : les v. 37-39 donnent un petit lexique des correspondances expliquant certains mots de la parabole (cf. aussi les références marginales); les v. 40-43 expliquent seulement la fin du v. 30 : le sort de l’ivraie.
• La leçon de la parabole devait porter sur le temps intermédiaire entre les semailles et la moisson (l’attente jusqu’à la moisson); l’explication, au contraire, est centrée sur le sort de l’ivraie (des impies). Aux v. 40-42, pour adoucir un peu le tableau, il y a l’évocation de la gloire des justes (v. 43).
• Ainsi l’explication de la parabole est un appel adressé aux chrétiens à demeurer dans la fidélité.

Question 3

• La parabole du grain de sénevé oppose la petitesse du grain semé à la grandeur de la plante après sa croissance.
• De même pour la parabole du levain : le peu de levain enfoui dans la pâte fait lever le tout.
• Ces deux paraboles sont adressées aux auditeurs frappés par la petitesse de la présence de Jésus, de son ministère : le résultat, dit Jésus, dépassera de beaucoup ce qui est aujourd’hui visible.
• A la parabole de l’ivraie, qui demande d’attendre, ces deux paraboles ajoutent une note de confiance : la certitude de l’efficacité malgré les débuts modestes du Royaume.
• Mais cette révélation ne peut être comprise que par les disciples, c’est-à-dire par ceux qui écoutent Jésus (v. 34-36); cf. aussi 13, 13 +.

Pour poursuivre la réflexion : La Sagesse au ch. 12 (première lecture de ce Dimanche) nous rappelle la modération de Dieu face à ses ennemis dans l’histoire d’Israël. C’est ce Dieu-là que Jésus vient révéler en plénitude.

Mt 16, 13 – 20 : Vingt-et-unième Dimanche Ordinaire

La question que Jésus pose aux Douze et la réponse que donne Pierre forment la conclusion de la première partie du ministère de Jésus. Désormais Jésus peut commencer à révéler aux siens quel Messie il doit être pour accomplir le dessein de Dieu.
1) Comment comprendre les deux questions posées par Jésus ? Quelle différence trouvez-vous entre les deux ?
2) Expliquer les trois paroles de la réponse de Jésus à Pierre (v. 17. 18. 19).
3) Comparer le texte de Mt avec le parallèle de Mc : quelles questions vous pose cette comparaison ? Quelles conclusions doit-on en tirer ?

Question 1

• Sur le titre “Fils de l’Homme”, voir en BJ la note sur Mt 8, 20 (cité en marge).
• La première question est une enquête d’information : d’où la réponse; pour les gens, Jésus appartient à la lignée des grands personnages religieux qui ont marqué l’histoire d’Israël. Noter les noms donnés : Jésus est un homme envoyé de Dieu; sur le titre de prophète, voir la note de BJ.
• La seconde question (v. 15) appelle une confession et Pierre, au nom des Douze (cf note BJ sur 14, 28 +, cité en marge), reconnaît en Jésus le Messie. Cf. infra question 3.

Question 2

• Le v. 17 est une” béatitude” pour Pierre. La réponse que Pierre a donnée vient d’une révélation du Père et non de l’homme seul (cf. 16, 17 et notes BJ et TOB; ces notes nous renvoient à Mt 11, 25-27.
• V.18, la réponse de Jésus est parallèle à celle de Pierre : tu es le Christ / tu es Pierre.
• Sur le mot “Pierre” voir les notes de BJ et TOB; dans la Bible, la pierre (le roc) est une métaphore pour désigner Dieu, cf. Ps 18, 3 +.
• sur le mot “Église” : voir note BJ; pour la compréhension oecuménique de ce verset, voir la note TOB sur le mot “Église”.
• Les portes de l’Hadès : voir notes BJ et TOB. Jésus est le Fils du Dieu Vivant, aussi les portes de l’Hadès (de la mort) ne peuvent rien contre son Église.
• Le v. 19 donne l’image des clés : cf. Is 22, 22 (voir la note BJ sur ce texte); sur l’expression, “lier / délier, voir les notes BJ et TOB.

Question 3

• Comparer avec Mc 8, 27-30 : même question posée par Jésus; la réponse de Pierre est “Tu es le Messie” et Jésus demande aux Douze de garder le secret sur ce point (cf. Mt 16, 20).
• La confession de Pierre ne porte que sur la messianité ; les trois paroles rapportées par Mt, ne se lisent pas en Mc : voir Mt 16, 16 +, qui nous renvoie à Mt 4, 3 + (lire la fin de cette note). Mais Mt a mis ici dans la bouche de Pierre la confession de foi chrétienne à laquelle les apôtres n’ont pu parvenir qu’après Pâques. Mais les Évangiles ne sont pas un reportage pris sur le vif !

Pour poursuivre la réflexion : par l’investiture d’Elyakim (première lecture de ce Dimanche), Dieu annonce bonheur et sécurité pour Sion. De même, Jésus confie à Pierre – et à ses successeurs – la charge et le pouvoir de veiller sur son Église.

Mt 18, 21 – 35 : Vingt-quatrième Dimanche Ordinaire

L’Evangile de ce Dimanche forme la conclusion du Discours ecclésiastique que l’on appelle “la Règle de vie communautaire” (Mt 18). Le texte de l’Evangile contient deux éléments : la question de Pierre à Jésus (v. 21-22) et la parabole du Débiteur impitoyable (v. 23-35), propre à Mt.

1) Comment comprendre cette question de Pierre ? Et la réponse de Jésus ? Y voyez-vous des allusions à un passage de la Bible ?
2) En Mt 18, 23-35, la parabole met en opposition deux scènes : relever les éléments qui vous paraissent importants.
3) Quelle est la faute du “débiteur impitoyable” ? Quelle obligation avait-il de remettre la dette de son compagnon ?

Question 1

• Il s’agit ici des péchés commis directement contre le “frère” et non d’une faute en général, comme en Mt 18, 15ss.
• Pierre propose généreusement de pardonner 7 fois : sept est un chiffre parfait de plénitude.
• La réponse de Jésus va encore plus loin : elle inverse le Chant de vengeance de Lamek (cf. Gn 4, 24, cité en marge) : de même que Lamek se vantait d’une vengeance illimitée, Jésus demande une volonté illimitée de pardon.

Question 2

• La première scène (v. 23-27) représente le roi et un serviteur lui devant une somme si énorme (cf. les notes de BJ et TOB), qu’il est à jamais insolvable. Selon l’historien juif Flavius Josèphe, les impôts de la Galilée et de la Pérée réunis ne représentaient pas le cinquantième de cette somme. Aussi la demande de ce serviteur (v. 26) est totalement irréaliste.
• Noter le renversement de situation : le maître donnait l’ordre de le vendre (v. 25), puis il lui remet tout (v. 27); la cause de ce renversement n’est pas l’espoir de retrouver son argent, mais la pitié (litt. il est pris aux entrailles : même verbe utilisé pour Jésus en Mt 14, 14 ; 15, 32).
• La deuxième scène (v. 28-30) décrit la rencontre des deux serviteurs. Noter le parallélisme du récit entre 18, 26 et 18, 29.
• Comparée à la première, la dette du serviteur (v. 28) est insignifiante et elle serait remboursable, mais le délai ne lui est pas accordé (v. 30).

Question 3

• Noter qu’en stricte justice, le “débiteur impitoyable” ne serait pas tenu de remettre à son créancier: mais Jésus vient précisément annoncer une autre justice (cf. Mt 5, 20).
• Le roi de la parabole ne juge pas ses serviteurs sur la stricte justice mais sur la miséricorde qu’ils ont les uns pour les autres.
• Voir encore Mt 18, 35 et Mt 6, 12 (en marge); cf. aussi Mt 5, 7.

Pour poursuivre la réflexion : dans le texte du Siracide (première lecture de ce Dimanche), l’auteur, un sage du 2ème siècle avant J.-C. exprime déjà que la conscience de sa propre faiblesse devrait amener l’homme à pardonner à son semblable.

Mt 22, 1 – 14 : Vingt-huitième Dimanche Ordinaire

Dans le ministère de Jésus à Jérusalem, juste avant sa Passion, Mt nous donne trois parabole de Jésus (21, 28ss; 21, 33ss; 22, 1ss) qui témoignent de l’amour et de la patience de Jésus envers ceux qui continuent à refuser son message. La troisième parabole est le texte de l’Evangile de ce Dimanche.

1) Lc 14, 16-24 est un récit parallèle du texte de cette parabole. Comparer le texte de Lc avec celui de Mt : quelles ressemblances et quelles différences ?
2) Quel est la signification de Mt 22, 1-10. Prêtez attention aux particularités du texte de Mt (mises en valeur par la comparaison avec le texte de Lc).
3) Que nous apportent en plus les v. 11-14 de Mt : pourquoi le vêtement de noces ? Est-ce bien juste de l’exiger de cet homme ?

Question 1

• Chez Mt comme chez Lc, il est question d’une invitation à un (grand) repas et du refus de tous ceux qui avaient été invités, alors que “tout est prêt”.
• Dans les deux, le maître tient absolument à remplir sa maison, d’où les différents envois des serviteurs pour inviter (3 fois).
• Comme différences, on remarquera que le récit de Lc n’est parallèle qu’aux 10 premiers versets de Mt; de même, on ne trouve pas de parallèle en Lc pour Mt 22, 6-7.
• Chez Lc, on remarque l’insistance sur les excuses, qui empêchent les invités de répondre à l’invitation.

Question 2

• D’abord le contexte de la parabole en Mt (cf. ci-dessus, introduction).
• Sur la signification du repas : voir Mt 8, 11 + (cité en marge).
• Noter en Mt l’insistance sur le refus des invités (v. 3) : ils ne voulaient pas venir ; v. 5 : le dédain et v. 6 : les mauvais traitements infligés aux serviteurs.
• Remarquer que l’on pourrait enlever les v. 6-6 de Mt sans nuire à la parabole : voir sur ce point la note TOB sur Mt 22, 7.
• Chez Mt, les deux premiers envois (v. 3-4) s’adressent à ceux qui avaient été invités ( = le peuple juif); la troisième invitation est faite à ceux qui sont “au départ des chemin” ( = les païens).

Question 3

• Sur le vêtement de noces, voir Ap 19, 8 (cité en marge).
• Mt 22, 11-13 forme une nouvelle parabole de Jésus. Elle a probablement été ajoutée ici par Mt pour rappeler aux chrétiens (les auditeurs actuels de la parabole) que l’invitation de Dieu est gratuite mais exigeante : voir note TOB sur le v. 11.
• Pour les images utilisées au v. 13 : voir Mt 8, 12 +.
• Le v. 14 de Mt est une (autre) parole de Jésus, qui devient ici un avertissement général : cf. BJ 22, 14 + ainsi que la note de TOB sur ce verset.

Pour poursuivre la réflexion : la première lecture de ce Dimanche (Is 25) présente le bonheur des temps messianiques sous l’image d’un grand festin, préparé par le Seigneur à Jérusalem. Noter les perspectives universalistes contenues déjà en Is 25 (tous les peuples, toutes les nations, tous les visages) ; cf. Is 25, 6 +.

Mt 25, 31 – 46 : Fête du Christ, Roi de l’univers

L’Evangile de cette fête est la conclusion du dernier grand discours de Jésus en Mt. La place, choisie par l’Evangéliste, est significative de l’importance qu’il lui reconnaît. (Cf. les Béatitudes, qui ouvraient le premier des 5 discours).

1) Expliquer les v. 31-33 : que nous apporte la référence à Ez 34, 17, donnée en marge par la BJ ?
2) Comment se fait le jugement en Mt 25, 34ss. ?
3) Quelles différences trouvez-vous entre les demandes de l’AT (auxquelles Jésus fait ici allusion) et le message de Mt 25 ?

Question 1

• Sur le mot “Fils de l’Homme “, voir en BJ la note sur Mt 8, 20 +.
• Les v. 31-33 forment une petite parabole du berger qui sépare les brebis des chèvres : c’est ainsi que le Fils de l’Homme séparera les hommes lors de sa venue dans la gloire.
• Sur l’image du berger, lire la note de BJ sur Ez 34, 1 + . C’est un titre royal : lire Ez 34, 17-22 et voir comment se fait le jugement.
• En Mt 25, le jugement concerne toutes les nations.

Question 2

• Voir la note BJ sur Mt 25, 36 + et lire les textes qui y sont indiqués, comme Is 58, 6-7 (cf. la note sur Is 58, 1 +); Jb 22, 6 (et la note qui nous renvoie à Jb 29, 11-17 et Jb 31, 16ss); Si 7, 35ss.
• Voir également la note TOB sur Mt 25, 36.
• Sur Mt 7, 22 (cité dans la note de BJ sur Mt 25, 36 +), noter que ce passage se trouve à la fin du premier discours de Jésus en Mt et qu’il insiste sur le faire / ne pas faire , comme dans notre texte.

Question 3

• Remarquer comment les oeuvres de miséricorde atteignent directement le Roi : j’ai eu faim… vous m’avez donné à manger…
• Voir Ac 9, 5 (cité en marge) également Mt 10, 40 et 18, 5.
• Noter que le Roi s’identifie aux plus petits : v. 40. 45 : ces plus petits qui sont mes frères . Chez Mt , le terme “petit” désigne toujours un chrétien, presque toujours un disciple (A Duprez).
• Mt 25 – comme les Évangiles, d’ailleurs – est écrit pour des chrétiens : d’où l’appel à savoir reconnaître le Seigneur et le servir dans les petits de la communauté, qui vivent la situation des Béatitudes; spécialement les disciples envoyés en mission : Mt 10, 17; 23, 34 (voir la note).

Pour poursuivre la réflexion : Ez 34 nous présente le Messie comme le vrai berger, qui prend soin de ses brebis, surtout des plus faibles. Dans l’Evangile, Jésus demande à chacun de le reconnaître dans ceux qui souffrent et de faire pour eux ce que nous voudrions faire pour lui.

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MARC

resurrections“Vous savez ce qui s’est passé dans toute la Judée : Jésus de Nazareth, ses débuts en Galilée, après le baptême proclamé par Jean; comment Dieu l’a oint d’Esprit Saint et de puissance, lui qui a passé en faisant le bien et en guérissant tous ceux qui étaient tombés au pouvoir du diable; car Dieu était avec lui. Et nous sommes témoins de tout ce qu’il a fait dans le pays des Juifs et à Jérusalem. Lui qu’ils sont allés jusqu’à le faire mourir en le suspendant au gibet, Dieu l’a ressuscité le troisième jour… (Ac 10, 37-49)

Telle est la première annonce de la foi pascale dans la bouche de Pierre chez le centurion Corneille. C’est cette même annonce que Marc exprime dans son livret , qui inaugure le genre littéraire des Évangiles.
Le premier verset (Mc 1, 1) nous donne, en quelque sorte, le plan de l’oeuvre : Marc veut nous transmettre la Bonne / Joyeuse Nouvelle de Jésus, le Christ, le Fils de Dieu.
C’est d’abord la manifestation en Galilée, après son baptême par Jean-Baptiste, qui nous conduit jusqu’à la confession de Césarée où Pierre le reconnaît comme le Messie (Mc 8, 27-29); commence alors la montée vers Jérusalem. C’est là que se termine le ministère de Jésus, et c’est là, à la croix, que le centurion s’écrie : “Celui-ci était fils de Dieu” Mc 15, 39).

D’après une tradition qui remonte à Papias (vers 150), cet Évangile serait l’oeuvre de Marc (cf. Ac 12, 12 et note TOB) et contiendrait la catéchèse de Pierre à Rome. L’Evangile de Marc (écrit probablement vers 65-70) est le plus ancien des Évangiles et il a été connu et utilisé par Mt et Lc.
En lisant Mc, nous sommes entraînés à la suite de Jésus. Le rythme est rapide (les “aussitôt ” de Mc) et sans cesse le lecteur est amené à se demander: qu’est-ce que c’est ? Qu’est-ce qui se passe ? Et finalement : qui est cet homme ?
Les réponses viendront au fil du récit : celle de Pierre, d’abord (Mc 8, 29), puis celle du centurion (Mc 15, 39); des réponses que le lecteur est invité à faire siennes en proclamant sa foi en Jésus, le Christ, le Fils de Dieu.

Mc 13, 33 – 37 : Premier Dimanche de l’Avent

Le thème du Premier Dimanche de l’Avent est celui de la vigilance, de l’attente. Le texte de l’Evangile, que nous étudierons, forme la conclusion du Discours eschatologique de Marc (cf. Mc 13, 1 +). Par la parabole du figuier (Mc 13, 28-29), Jésus nous redit que ce qu’il annonce est aussi certain que la venue de l’été annoncée par les nouvelles pousses du figuier. Mais Dieu seul connaît le Jour (v.32), d’où l’importance pour les disciples de veiller.

1) Noter comment l’exhortation de veiller est mise en valeur dans ce texte.
2) Comment comprenez-vous cet appel à veiller ( v. 34) ?
3) Que nous apporte en plus le v. 37 ?

Question 1

o Noter dans ce passage la répétition du mot “veiller” ( v. 34. 35. 37); également l’insistance sur l’ignorance “vous ne savez pas…” (v. 33. 35).
o L’exhortation de Jésus est illustrée et appuyée par la parabole du portier (v. 34).
o “veillez” est aussi le dernier mot du passage : v. 37 et note TOB.
o L’appel du v. 33 est repris et précisé dans les v. 35. 36.

Question 2

o Lire 1 Th 5, 1 et la note BJ ; ce texte est signalé en marge de Mt 24, 42, qui est le passage parallèle de Mc 13 que nous étudions.
o 1 Th est la première des Lettres de Paul que nous connaissons; c’est aussi le texte le plus, ancien du Nouveau Testament (écrit au début 51).
o Pour Paul, le chrétien doit être l’homme de l’attente : cf. 1 Th 1, 10; 2, 19; 3, 13.
o On peut également lire les autres appels à veiller que l’on trouve dans la note de BJ sur 1 Th 1, 51 : Rm 13, 11; 1 Co 16, 13; Col 4, 2.

Question 3

o En Mc 13, Jésus parle à ses disciples (cf. 13, 1-5); mais le v. 37 de notre texte étend à tous cet appel à veiller.
o Veiller, c’est vivre par anticipation, dès maintenant, la venue du Jour du Seigneur.
o Le message de ce v. 37 est particulièrement important pendant le temps de l’Avent, qui n’est pas d’abord l’attente de la fête de Noël, mais le rappel, pour nous , du Seigneur qui doit venir.

En lien avec la liturgie

Dans la première lecture, tirée d’Is 63-64 : quelle est l’espérance d’Israël que ce texte AT exprime ? Sur quoi s’appuie-t-elle (cf. 63, 16-17; 64, 6-7).
La deuxième lecture du Dimanche vient de 1 Co 3 – 9 : noter l’écho de l’exhortation de Jésus dans ce que Paul écrit aux chrétiens de Corinthe. Remarquer aussi ce qui fonde l’espérance de Paul (ce que Dieu a déjà fait pour les Corinthiens et sa fidélité : v. 9 et note BJ).

Mc 1, 1 – 8 : Deuxième Dimanche de l’Avent

Jean-Baptiste et la conversion qu’il proclame : tel est le thème du Deuxième Dimanche de l’Avent. L’Evangile nous donne le début de Mc : “Commencement de la Bonne Nouvelle…” Ce n’est pas le titre d’un livre, c’est le cri de l’Evangéliste, la certitude qui l’habite et qu’il veut transmettre. Cette Bonne Nouvelle de Jésus, le Christ, le Fils de Dieu a commencé avec la prédication de Jean-Baptiste. Ce que les prophètes annonçaient se réalise maintenant et il faut l’accueillir dans la foi.

1) Expliquer cette première phrase de l’Evangile de Mc.
2) Comment Jean-Baptiste nous est-il présenté dans les v. 2-6 ?
3) Qu’est-ce que les v. 7-8 nous apprennent de Jésus et du Baptiste ?

Question 1

o commencement de la Bonne Nouvelle… : voir la note de TOB sur ces mots; ce n’est que vers 150 que le mot “Évangile” en vient à désigner un livre. Pour Mc l’Evangile, c’est Jésus, son ministère, sa vie. Mais avec l’annonce de Jean-Baptiste, c’est déjà le commencement.
o Évangile de Jésus (cf. Mc 1, 9 où il précisera que Jésus vient de Nazareth); c’est peu à peu, au fil de son récit, que Mc nous dira qui est Jésus.
o Christ : voir note TOB sur ce mot. Jésus est ainsi celui qu’attendait depuis des siècles l’espérance d’Israël. A noter le mot Christ est le même mot que Messie ou Oint ; il signifie : celui qui a reçu l’onction.
o Fils de Dieu : voir note TOB sur ce mot; en BJ, on peut lire la note sur Mt 4, 3 +.
o Les deux titres donnés à Jésus forment le plan de l’Evangile de Mc : cf. Mc 8, 29 et 15, 39.

Question 2

o Comparer ce texte avec Mt 3, 1ss. Mc cite le témoignage des prophètes avant de parler de Jean-Baptiste; peut-être veut-il ainsi marquer plus solennellement que cette venue a été annoncée par eux : Ml 3, 1 et Is 40, 3.
o Jean-Baptiste est donc le messager , envoyé par Dieu, pour préparer le chemin du Seigneur (dans le texte de l’Evangile, Seigneur = Jésus); cf. Mc 1, 4 et 1, 6.
o Sur le baptême de Jean, voir la note TOB sur Mc 1, 4; en BJ, lire la note sur Mt 3, 6 +.
o Pour la description du Baptiste : cf. 2 R 1, 8 + (cité en marge dans le texte parallèle de Mt).

Question 3

o Noter les oppositions dans ce texte : plus fort que moi… après moi… : voir la note de TOB sur Mc 1, 7. Sur la différence des baptêmes, d’eau et d’Esprit : lire la note de TOB sur Mc 1, 8; en BJ, voir la note donnée sur Ac 1, 5 +.
o Alors qu’extérieurement Jésus pourrait paraître inférieur au Baptiste, vers qui il va et de qui il reçoit le baptême, les v. 7-8 (dans la bouche même de Jean-Baptiste) remettent les choses au point.

En lien avec la liturgie

Is 40, 1-11 : quelle était la Bonne Nouvelle qu’annonçait ce texte d’Isaïe ? En quoi nous aide-t-il à comprendre l’Evangile de ce Deuxième Dimanche de l’Avent ?
2 P 3, 8-14 : Jean-Baptiste annonçait comme immédiate la venue du Seigneur. Dans l’Eglise, le temps passe et les chrétiens attendent toujours. A ceux qui risquent de l’oublier, la Lettre de Pierre rappelle que cette attente est encore actuelle et qu’il faut s’y préparer.

Mc 1, 7 – 11 : Dimanche après l’Epiphanie

Le texte liturgique du Baptême de Jésus reprend la finale de la présentation de Jean-Baptiste (cf. étude 2).
Le fait du baptême de Jésus par le Baptiste a posé un problème aux premières communautés chrétiennes, car ce baptême de Jean était donné “pour la rémission des péchés ” (cf. Mc 1, 4). Pourquoi Jésus a-t-il été baptisé par Jean ? Et d’autre part, n’était-ce pas reconnaître l’infériorité de Jésus par rapport au Baptiste ? Mais malgré ces difficultés, la tradition évangélique maintient fermement le baptême de Jésus.

1) Comment ce texte de Mc met-il en lumière la grandeur de Jésus ?
2) Comparer ce récit de Mc avec le texte parallèle de Mt et utiliser les notes de BJ que
vous trouvez en Mt.
3) Expliquer plus particulièrement les v. 10-11 de notre texte.

Question 1

o Jean-Baptiste reconnaît lui-même que Jésus est plus grand que lui; il affirme aussi que le baptême qu’il donne est seulement un baptême d’eau, alors que Jésus baptisera dans l’Esprit Saint : voir la note de TOB; en BJ, voir les références marginales données sur Mc 1, 7.
o Le baptême de Jésus marque l’ouverture des cieux : cf. note TOB; en BJ, lire la référence à Is 63, 11.19.
o L’Esprit descend sur Jésus : cf. la note TOB sur le mot “colombe “.
o Le baptême de Jésus est encadré par la déclaration du Baptiste et par la voix du Père : note TOB sur 1, 11 ; en BJ, voir la note sur Mt 3, 17 +.

Question 2

o Le récit de Mc est plus simple; il ne comprend que le fait du baptême et la théophanie (la manifestation de Dieu).
o Sur le baptême, comparer Mc 1, 5 et 1, 9 : ici Mc ne parle pas de “confesser ses péchés”.
o Mc n’a pas, comme Mt et Lc, un “Évangile de l’enfance”; il n’a pas encore parlé de Jésus; c’est pourquoi, il le présente ici : Jésus de Nazareth, il vient de Galilée.
o Sur l’Esprit et la voix venue du ciel, voir les notes de BJ sur Mt 3, 16-17.

Question 3

o Noter que la théophanie tient, dans le récit, une place plus importante que le baptême (2 versets contre 1 seul) : c’est manifestement sur la théophanie que le récit évangélique veut insister : cf. la note TOB sur Mc 1, 9.
o La sortie de l’eau fait peut-être (déjà) allusion à la sortie du tombeau, lors de la Résurrection, où le Père manifestera la dignité du Fils : cf. Ac 2, 36.
o Les cieux se déchirent (cf. Is 63, 19). La fermeture des cieux est, pour la Bible, le signe de la colère de Dieu (cf. Dt 11, 17; 1 R 8, 35). Par le baptême de Jésus, qui inaugure son ministère, la communication avec Dieu est rétablie.
o La descente de l’Esprit : don des temps messianiques (cf. Jn 1, 32-33 et la note BJ)
o Pour la signification de la parole venue du ciel, voir la note TOB sur Mc 1, 11.

En lien avec la liturgie

Is 42, 1-7 : ce texte d’Isaïe a été choisi pour préparer la lecture de l’Evangile : comment comprenez-vous ce choix ? Quel liens voyez-vous entre les deux textes ?
En quoi le Serviteur de Dieu, dont parle Is 42, est-il une annonce de Jésus .

Mc 1, 14 – 20 : Troisième Dimanche Ordinaire

Jean-Baptiste annonçait la venue d’un “plus fort que lui” (cf. Mc 1, 7). Maintenant Jésus prend la relève du Baptiste et il inaugure sa mission.
L’Evangile de ce Dimanche comprend deux parties : la présentation du début du ministère de Jésus (Mc 1, 14-15) et l’appel des premiers disciples (Mc 1, 16-20).

1) Relever ce qui vous paraît significatif dans la présentation du ministère de Jésus en
Mc 1, 14-15.
2) Qu’est-ce qui vous frappe dans l’appel des premiers disciples ?
3) Mc place cet appel tout au début du ministère de Jésus : voyez-vous une signification
à cela ?

Question 1

o Jésus prend le relais de Jean-Baptiste et la fin du ministère de celui-ci est déjà un premier regard vers la croix de Jésus : Jean est “livré” : c la note TOB sur Mt 4, 12.
o Remarquer que Jean prêchait au désert et que les foules allaient vers lui; au contraire, le ministère de Jésus se déroule en Galilée (voir la note TOB sur Mt 4, 14); c’est lui qui va vers les gens.
o Sur l’expression “l’Evangile de Dieu ” : voir la note TOB; en BJ, la référence marginale à Rm 1, 1.
o le temps est accompli : voir note TOB; c aussi les notes sur Ga 4, 4 en BJ ou en TOB.
o le Règne de Dieu : voir surtout la note BJ sur Mt 4, 17 +.
o convertissez-vous… croyez… : c Mt 3, 2 + et Mt 8, 10 + (cité en marge dans BJ); voir aussi les notes de TOB sur Mt 3, 2.

Question 2

o Noter les verbes qui marquent l’initiative de Jésus (il vit, dit, appela) alors qu’à l’époque, c’est habituellement le disciple qui choisit son maître.
o Jésus appelle des hommes à leur travail et il les invite à vivre désormais avec lui : voir les notes TOB sur Mc 1, 17 et 18.
o Remarquer comment est décrite la réponse à l’appel de Jésus.
o Comparer ce texte avec 1 R 19, 19-21; voir aussi la note TOB sur Mt 4, 20

Question 3

o Comparer ce texte avec Lc 5, 1-11; chez Lc, l’appel des premiers disciples est placé après un certain temps du ministère de Jésus.
o Mc veut nous présenter dès le début Jésus entouré de disciples (cf. note TOB sur Mc 1, 16) : la parole de Jésus produit son effet, elle rassemble des hommes autour de lui et ils deviennent ses collaborateurs: cf. Mc 3, 13 (pour être avec lui et pour les envoyer prêcher).

En lien avec la liturgie

La liturgie nous donne le texte Jonas 3 pour préparer ce texte d’Evangile . Remarquer les parallèles que l’on peut tirer entre les deux : Jonas prêche à Ninive, la ville païenne, la prédication de Jésus commence en Galilée (cf. supra); dans les deux cas, la parole de l’envoyé de Dieu est efficace; le salut accordé par Dieu aux Ninivites, peut annoncer celui des hommes qui croiront à la Parole de Jésus.

Mc 1, 21 – 39 : Quatrième et Cinquième Dimanches Ordinaires

Après l’appel des premiers disciples (Mc 1, 16-20), Mc nous présente ici une journée-type du ministère de Jésus, ce que l’on appelle communément la”journée de Capharnaüm”. Ce passage de Mc est découpé sur les Évangiles de deux dimanches, mais nous l’étudierons comme un tout.

1) Faites la liste des verbes dont Jésus est ici le sujet. Quelle image de Jésus Mc nous
donne-t-il dans cette page de son Évangile ?
2) Où Mc situe-t-il ce premier ministère de Jésus ? Pourquoi ?
3) Comment comprenez-vous la lutte de Jésus contre les esprits impurs ?

Question 1

o Jésus enseigne (v. 21. 22. cf. v. 27. 38. 39; voir la note TOB sur Mc 1, 22.
o Jésus commande aux esprits impurs, il menace les démons : v. 23 et note TOB ; cf. v. 27. 34. 39; en BJ, voir la note sur Mt 8, 29 (cité en marge de Mc).
o Jésus guérit : v. 31. 34 .
o Jésus prie dans un lieu désert : v. 35; mais il participe aussi à la prière de la synagogue (v. 21. 29).

Question 2

o Le ministère de Jésus est situé à Capharnaüm (v. 21), mais également dans toute la Galilée (v. 39). Ce qu’il fait à Capharnaüm, Jésus le fait partout où il passe.
o Mc nous le montre dans la synagogue ( v. 21 et 29; v. 39) : c’est le lieu de la vie publique religieuse; Jésus est “à la maison” (v. 29), le cadre de la vie privée; il est aussi “à la porte” (v. 33) : ainsi Mc nous le présente dans tout le cadre de la vie humaine.
o Noter encore l’activité de Jésus et son retrait dans la solitude pour prier (v. 35-36).

Question 3

o Lire la note sur Mc 1, 23 en TOB; en BJ, la note se trouve sur Mt 8, 29.
o Dans le langage biblique, la notion du pur / impur est liée à celle de sainteté : cf. Lv 17 1 +. Impur est le contraire du sacré, du consacré; c’est tout ce qui rend incompatible avec le Dieu Saint.
o Les esprits impurs, les démons, font partie des forces qui s’opposent à la sainteté Divine et ils sont dérangés par la présence de Jésus.
o Sur le Saint de Dieu (Mc 1, 24 ) : voir les notes de BJ ou de TOB.

En lien avec la liturgie

Le Quatrième Dimanche, nous lisons Dt 18, 15-20 : Moïse annonce pour l’avenir la venue d’un prophète semblable à lui, que tous devront écouter. Quel éclairage projette ce texte du Dt sur l’Evangile du Dimanche ?

Le Cinquième Dimanche, nous trouvons Jb 7, 1-7 : comme tout homme, Job est scandalisé par la présence du mal, de la maladie. Quelle signification prennent alors les guérisons opérées par Jésus et que Mc nous rapporte ici ?

Mc 9, 2 – 10 : Deuxième Dimanche de Carême

Chaque année, pour le Deuxième Dimanche du Carême, la liturgie nous fait relire le récit de la Transfiguration. Avant de nous inviter à méditer sur la Passion de Jésus, il est bon de nous rappeler qui est celui qui marche ainsi vers la croix et quelle sera l’issue de cette démarche qui a scandalisé les disciples et que nous avons tant de peine à accepter.

1) Plusieurs personnages interviennent dans ce récit : expliquer leur présence et leur
signification .
2) Quels éléments de ce récits vous paraissent les plus importants ?
3) Quelle est la signification de ce texte ?

Question 1

o Sur la présence de Pierre, Jacques et Jean : cf. Mt 5, 37 + (cité en marge de notre texte dans BJ; lire cette note.
o Moïse et Elie : voir les notes de BJ ou TOB sur Mt 17, 3 +. A noter en Mc, l’ordre Elie – Moïse (peut-être parce que le retour d’Elie était attendu comme le signe précurseur de la venue du Messie : cf. Mc 9, 11-12 et Ml 3, 23-24.
o La présence du Père dans la voix qui vient de la nuée : cf. la note TOB sur Mc 9, 7 ainsi que le renvoi à celle sur Mt 17, 5.

Question 2

o La scène se déroule sur une haute montagne : voir note TOB sur Mt 17, 1.
o Jésus est transfiguré (voir la note TOB sur ce mot); à noter l’emploi du passif : il est transfiguré (par Dieu).
o Les vêtements éblouissants (cf. en marge le renvoi à 16, 5 !); Mc souligne bien que cette blancheur n’est pas l’oeuvre de l’homme : 9, 3.
o Nuée et voix du ciel sont des éléments de théophanie : voir la note TOB sur Mc 9, 7 et le renvoi à celle sur Lc 9, 34. Comparer avec la voix de Dieu au baptême. Mais ici cette voix s’adresse aux disciples et les invite à écouter Jésus ( cf. Dt 18, 15-18).

Question 3

o Sur la signification du texte de Mc, voir la note BJ sur le titre.
o Noter la place de ce récit dans la tradition évangélique : après que Pierre a reconnu en Jésus le Messie (8, 29) et après la première annonce de la Passion (8, 31ss)
o Noter la défense faite aux disciples d’en parler : 8, 30; 9, 9-10 et les notes TOB sur ces deux passages; ce n’est qu’après Pâques que les disciples connaîtront qui est Jésus et qu’ils pourront en parler.
o La transfiguration est la manifestation anticipée et fugitive de la gloire du Fils de l’Homme. Tout le récit est tendu vers la Parole du Père : de ce Jésus, qui annonce sa passion (9, 31), le Père atteste ici qu’il est son Fils bien-aimé.

En lien avec la liturgie

Gn 22, 1… 28 : la première lecture nous présente Abraham prêt à offrir son fils unique, Isaac. A la Transfiguration, la voix du Père nous rappelle qui est Jésus, le “propre fils, livré pour nous”, comme le dit s. Paul dans la deuxième lecture (Rm 8, 31-34.)

Mc 14, 43 à 15, 47 : Dimanche des Rameaux : la Passion

La Passion selon Mc comprend les chapitres 14 et 15 de l’Evangile (qu’il serait bien de lire entièrement et à la suite), mais notre étude portera sur la partie qui va de l’arrestation à la mort de Jésus. Cette étude diffère des autres de ce dossier. Ici le texte étudié est beaucoup plus long. Mais c’est une exigence qui provient du genre littéraire de ce passage, car le récit de la Passion forme un tout beaucoup plus naturel que les autres chapitres de l’Evangile. Au sujet de la Passion selon s. Marc, voici trois remarques de J. Delorme :
a) on est frappé ici par l’aspect dramatique, ramassé du récit.
b) l’abondance des références à l’Ecriture : le récit ne veut pas émouvoir, il veut faire réfléchir, faire comprendre comment un Messie crucifié peut entrer dans le plan de Dieu. Elles témoignent le l’effort de réflexion des premiers croyants.
c) Marc souligne combien Jésus est conscient de ce qui est en train de s’accomplir; il domine l’événement.

1) Chercher qui sont les acteurs qui interviennent dans ce récit et comment ils se
situent par rapport à Jésus.
2) Relever les références de l’AT utilisées (parfois elles sont signalées en marge du
texte de Mt) et montrer comment ces références AT aident à comprendre le scandale
d’un Messie crucifié.
3) Quels sont les titres donnés à Jésus dans ce récit et leur importance ?

Question 1

o Il y a le groupe des Douze et, en particulier, Pierre et Judas.
o Il y a le Grand-Prêtre, les grands-prêtres, les scribes et les anciens : cf note TOB sur Mc 14, 43; ils interviennent tout au long du récit.
o Pilate, qui essaie de sauver Jésus (15, 9ss), puis cède (15, 15).
o La foule qui se fait manoeuvrer par les grands-prêtres; les soldats qui se moquent du “roi des Juifs”; les malfaiteurs qui l’injurient (15, 32b).
o Simon de Cyrène (voir note TOB sur 15, 21); enfin les femmes – qu’on n’avait pas encore vu en Mc – que l’on retrouvera comme témoins de la mort et de la Résurrection.

Question 2

o Le Ps 22 est cité 4 fois : le juste souffrant, qui s’en est remis au Seigneur; il est entouré d’ennemis et il crie sa plainte. Mais il dit aussi son espérance d’être sauvé par Dieu.
o Is 52-53 : voir la note BJ sur Is 42, 1 + ainsi que celle sur Is 52, 13 +.
o Le Ps 69 revient 2 fois : Mc 15, 23 et 26 ; voir la note sur le titre de ce Ps en BJ.
o Cf. encore Mc 15, 29-32 : Lm 2, 15; Jr 18, 16; Sg 2, 18-20; sur Mc 14, 62 : Ps 110, 1 et Dn 7, 13.

Question 3

o Roi des Juifs (15, 2) : Jésus est désigné ainsi par Pilate, mais la réponse de Jésus marque une réserve (cf. note TOB sur 15, 2), car cette appellation est ambiguë.
o Messie, Fils du Béni (voir TOB sur 14, 61) : chez Mc, Jésus répond par l’affirmative à la question du Grand-Prêtre (voir la note TOB sur 14, 62).
o Fils de Dieu : le titre est donné à Jésus par le centurion : Mc 15, 39 et les notes TOB sur ce verset.
o Comparer ces titres avec Mc 1, 1 et avec les défenses d’en parler (Mc 1, 34; Mc 8, 30 et les notes TOB sur ces versets). Maintenant que Jésus est mort, sa véritable identité peut être dévoilée : le Messie, le Fils de Dieu, c’est cet homme crucifié.

Mc 16, 1 – 8 : Pâques : Messe de la Nuit

La dernière étude nous a conduit jusqu’à la mort de Jésus et à la découverte de l’identité du Crucifié. Mais il ne faut pas en rester là, comme les femmes qui ont tout préparé pour venir oindre le cadavre. Ce projet humain témoigne de leur attachement à Jésus, mais il va échouer, car le tombeau est ouvert…

1) Qui sont les personnages qui interviennent dans ce récit ? Que font-ils ?
2) Réfléchir plus particulièrement sur le message (v. 6-7).
3) Le récit de Mc s’arrête brusquement au v. 8 : comment comprendre ce verset ?

Question 1

o Il y a les femmes (cf. Mc 15, 40-41 et 15, 47) : elles ont été témoins de la mort de Jésus et de son ensevelissement. Dans le récit de la Passion, elles assurent le lien entre les événements.
o Leur projet est de venir oindre le corps; de grand matin, le premier jour de la semaine (pour les chrétiens, le dimanche), elles viennent à la tombe.
o Sur leur dialogue (16, 3), voir la note de TOB; elles vont aller de surprise en surprise : v. 4 et 5.
o Leur frayeur n’est pas une peur psychologique (cf. la note TOB sur v. 5), mais religieuse : cf. Mc 1, 27; 9, 15; 10, 24 . 32 (voir la note TOB sur Mc 1, 27). Le jeune homme, avec une robe blanche (cf. Mc 9, 3) qui le désigne comme un personnage céleste (note sur 16, 5), apporte un message.
o Elles reçoivent un message (v. 6-7). Sur leur réaction (v. 8), lire la note TOB.

Question 2

o C’est le message de Pâques exprimé dans les termes traditionnels du kérygme (cf. note TOB sur Mc 16, 6) : la Résurrection de Jésus est l’oeuvre de Dieu ( litt. : il a été ressuscité ).
o Ce message est transmis par un personnage céleste, car l’annonce de la Résurrection ne peut pas être déduite de la mort de Jésus et du tombeau vide : elle est une révélation, une Parole de Dieu.
o Ce message concerne Jésus de Nazareth, le crucifié, que Dieu a ressuscité : Mc 16, 5 et note TOB.
o Noter le rendez-vous en Galilée (v. 7 cf. Mc 14, 28) et la place donnée à Pierre.

Question 3

o La fuite des femmes, leur silence mettent en relief la transcendance de l’acte de Dieu. Le projet, soigneusement préparé (oindre le corps du crucifié) est totalement dépassé par ce que Dieu fait et révèle (la Résurrection).
o D’autre part, le silence des femmes fait que le regroupement en Galilée n’est dû qu’à l’initiative du Ressuscité (cf. Mc 14, 28).
o Comme dans tout l’Evangile de Mc, l’homme se trouve dépassé par ce que Dieu fait et révèle dans la vie, la mort et – à plus forte raison – dans la Résurrection de Jésus.

En lien avec la liturgie

Choisir parmi les lectures AT de la Vigile pascale celle qui vous paraît préparer le mieux à la lecture de cet Évangile. Expliquer votre choix.

Mc 14, 12 – 31 : Fête du Saint-Sacrement

La liturgie nous propose en ce jour Mc 14, 12 – 16 et 22 – 26. Dans notre étude nous prendrons le texte complet dans le cadre que Mc nous offre : Mc 14, 12 – 31.

1) Relever dans ce texte les différentes mentions de la Pâque : sur quoi Mc veut-il
insister ?
2) Comment l’Evangéliste nous présente-t-il les convives du repas pascal ?
3) Expliquer les paroles de l’institution eucharistique.

Question 1

o Mc 14, 12 : immoler la Pâque; 14, 13. 14 : manger la Pâque; 14, 16 : préparer la Pâque. Cf. encore le lien en 14, 17-18 et 14, 22 : l’annonce de la trahison de Judas et l’institution de l’Eucharistie ont lieu pendant ce repas pascal.
o Voir également Mc 14, 1 : Mc entend souligner la coïncidence entre la fête juive – fête de la libération d’Egypte et de l’alliance (cf. en TOB la note sur 14, 1) et le sacrifice de Jésus inaugurant la Pâque véritable.
o Noter l’initiative de Jésus : il est maître des événements qui se préparent (cf aussi la note TOB sur le texte parallèle de Mt 26, 26).

Question 2

o L’institution de l’Eucharistie se trouve ainsi placée entre l’annonce de la trahison de Judas ( Mc 14. 17-21) et celle de la fuite des disciples et du reniement de Pierre ( v. 26-31).
o Pour la trahison de Judas, remarquer l’insistance : Judas est l’un des Douze ; cf. aussi la question que chacun pose à Jésus : serait- ce moi ?
o Noter l’allusion au Ps 41 (40), 10.
o Sur l’annonce de la dispersion des disciples, voir Za 13, 7 et la note de BJ sur ce texte.

Question 3

o Voir en BJ la note sur le texte de Mt 26, 26 +.
o Jésus fait les gestes habituels de celui qui préside à un repas de fête : il rompt le pain pour les convives après avoir rendu grâces à Dieu; de même pour la coupe qu’il fait passer.
o Mais Jésus donne, en ce dernier repas, une signification nouvelle à ces gestes par les paroles qu’il prononce et qui font le lien avec sa mort prochaine.
o Pour la parole sur la coupe, voir en BJ ou en TOB , la note sur Mt 26, 28 + .

En lien avec la liturgie

La première lecture de cette Eucharistie est tirée d’Ex 24, 3-8 : ce texte rappelle la célébration de l’alliance du Sinaï et souligne la disponibilité totale du peuple pour accueillir l’alliance que Dieu leur offrait. En lisant le texte de Mt 14 et en célébrant l’Eucharistie, partageons-nous les mêmes sentiments et les mêmes dispositions ?

Mc 4, 26 – 34 : Onzième Dimanche Ordinaire

Nous trouvons dans l’Evangile de ce Dimanche les deux seules paraboles de Marc retenues par la liturgie. La première est propre à Mc (v. 26-29); la seconde se lit aussi en Mt et Lc (v. 30-32). Ceci nous permettra de les aborder dans notre étude d’une manière différente. Enfin, ce passage d’Evangile se termine par une conclusion sur l’enseignement en paraboles (v. 33-34).

1) En Mc 4, 26-29 : qu’est-ce qui est dit de l’homme ? du grain ? Quelle est la
signification de cette parabole ?
2) Mc 4, 30-32 est parallèle à Mt et Lc : comparer les trois textes. Qu’est-ce qui est
commun aux trois ? Qu’est-ce qui est particulier à Mc ?
3) Que nous apprend Mc 4, 33-34 sur l’enseignement en paraboles ?

Question 1

o L’homme a semé; ensuite il n’intervient plus jusqu’au moment de la moisson. Son inactivité (dormir) ou son activité (se lever) n’ont aucun effet sur la croissance du grain.
o Le grain germe, pousse, devient herbe, puis épi, et enfin du blé dans l’épi.
o Noter Jl 4, 13 (cité en marge ) ou la note TOB sur Mc 4, 29 : la moisson est une image du jugement à la fin des temps, mais il faut attendre que le grain ait mûri.
o Comme le grain semé en terre a un dynamisme propre, ainsi en va-t-il de la parole semée par Jésus : elle pousse, même si ce n’est pas toujours apparent, jusqu’au jour du jugement (cf. note TOB sur Mc 4, 26).

Question 2

o Dans les trois Évangiles, la parabole joue sur l’opposition entre la petitesse du grain jeté en terre et son développement, image de la force irrésistible du Règne de Dieu que Jésus annonce ( voir note TOB sur Mc 4, 31).
o Mc dit que le grain est semé sur la terre (Mt : dans un champ; Lc : dans son jardin) : peut-être Mc veut-il donner une perspective plus universaliste : cf. note TOB sur v. 32.
o Chez Mc, le sénevé fait des branches et les oiseaux peuvent s’abriter sous son ombre : en plus de Dn , 4, 12-21 (cité en marge de BJ), on peut lire Ez 17, 23 (première lecture liturgique de ce Dimanche).

Question 3

o Noter la différence entre les v. 33 et 34 : voir la note TOB sur Mc 4, 34.
o En 4, 33 – comme en Mc 4, 2 – Jésus utilise les paraboles pour enseigner les foules; en 4, 34 – comme en 4, 10-11 – il est dit que les paraboles sont pour “ceux du dehors “ alors que l’enseignement proprement dit de Jésus est réservé aux disciples .
o L’insistance sur l’incompréhension des foules entend peut-être répondre à la question : comment se fait-il que le message de Jésus n’ait pas été (plus largement) accueilli , compris par ses contemporains ? Pour Mc, seul celui qui devient disciple, par une adhésion personnelle à Jésus, peut comprendre le mystère du Règne de Dieu.

En lien avec la liturgie

Ez 17, 22-24 : le “petit reste” d’Israël pendant l’Exil est comparé par Ezéchiel à une bouture que Dieu plante et qui va devenir un grand arbre. Et cela aux yeux de toutes les nations (les oiseaux). Même image de la petitesse choisie par Dieu dans son plan de salut que dans la parabole du grain de sénevé.
Mc 4, 35 – 41 : Douzième Dimanche Ordinaire

Après le Discours en parabole (Mc 4, 1-34), Mc donne 4 miracles de Jésus (Mc 4, 35 – 5, 43) : la force du Règne de Dieu en Jésus se manifeste ainsi par sa Parole et par ses actes (voir note TOB sur Mc 4, 35). Le récit de la tempête apaisée se lit également en Mt et Lc : une comparaison avec ces textes parallèles peut être utile pour nous aider à comprendre le récit de Mc et à voir ses particularités.

1) Noter ce que ce texte vous apprend de Jésus : ce qu’il fait, ce qu’il dit.
2) Quelle est l’importance de la mer dans ce récit de Mc ?
3) On pourrait lire ce récit en omettant le v. 40 : quelles conclusions peut-on tirer de
cette constatation ?

Question 1

o C’est Jésus qui prend l’initiative de la traversée (v. 35).
o Il dort au milieu de la tempête (v. 38) : confiance en Dieu, son Père.
o Il menace le vent et la mer (comparer avec Mc 1, 25 ) et il est obéi : voir note TOB sur 4, 39.
o Il reproche à ses disciples leur manque de foi (v. 40).
o Devant le miracle, la question des disciples – et celle du lecteur – sur l’identité de cet homme : cf. Mc 1, 27 (cité en marge) ; voir encore Mc 2, 7; 6, 2.
o Lire aussi Ps 65, 8 + (cité en marge de Mt 8, 27 ).

Question 2

o Mc (et Mt) parle de la mer de Galilée (et non du lac); sur ce mot “mer”, voir en Table des notes de BJ le renvoi à Ap 21, 1 + : lire cette note.
o Chez Mc, Jésus s’adresse à la mer comme s’il se trouvait en face d’une personne ou d’un monstre : v. 39; comparer avec Mc 1, 25.
o Comparer aussi cette “victoire” sur la mer avec celle de l’Exode (Ex 15) : ici c’est l’intervention de Jésus, sa Parole souveraine qui triomphe de la mer. Voir aussi la note TOB sur Mc 4, 41.

Question 3

o Remarquer que sans le v. 40 le récit de Mc se tiendrait parfaitement : nous avons alors un récit de miracle avec la présentation du cas, la demande de l’intervention de Jésus, le résultat et la réaction des assistants.
o En ajoutant le v. 40, Mc met en valeur l’enseignement catéchétique : l’inintelligence des disciples (cf. la note BJ sur Mc 4, 13 +), leur manque de foi (travailler à partir de la note BJ sur Mt 8, 10 +, cité en marge dans votre Bible).
o Dans la tempête, les disciples ont manqué de cette foi en Dieu – exprimée par le sommeil de Jésus -. D’autre part, malgré ce qu’il a déjà dit et fait, ils n’ont pas encore reconnu Celui qui est avec eux.

En lien avec la liturgie

Jb 38, 1…11 : plutôt que de répondre aux questions que Job lui pose, Dieu évoque devant lui sa toute-puissance créatrice. C’est lui qui donne à la terre sa stabilité, lui qui maîtrise les puissances de la mer (cf Jb 7, 12 +). Mêmes les forces les plus redoutables ne lui échappent pas. Marc nous invite à reconnaître cette même maîtrise face au mal en Jésus de Nazareth.

Mc 8, 27 – 35 : Vingt-quatrième Dimanche Ordinaire

Devant les actes et les paroles de Jésus, les assistants se demandaient : qui est cet homme ? Maintenant c’est Jésus lui-même qui invite ses disciples à répondre à cette question. Nous sommes ici au centre de l’Evangile de Mc et une première réponse, à cette question fondamentale, nous est donnée par la bouche de Pierre.

1) Comment comprendre la double question de Jésus ? Et les réponses ?
2) Pourquoi Jésus interdit-il de dire qu’il est le Messie ? Ce mot a-t-il la même
signification pour Jésus et pour Pierre ?
En quoi cette réponse de Pierre est-elle incomplète ? Comparez-la avec Mc 8, 24 :
quel lien voyez-vous entre ces deux textes ?

Question 1

o La première réponse est une information, la seconde une “confession”; à cette deuxième question, on ne peut donner qu’une réponse à la deuxième personne.
o Pour les gens, pour “ceux du dehors “, Jésus est à placer parmi les grandes figures religieuses de l’histoire du salut. Ainsi Jean-Baptiste (cf. Mt 6, 14. 16 et note TOB sur Mc 6, 14); Elie, dont le retour devait précéder la venue du Messie (cf. Ml 3, 23-24); un prophète : cf. la note BJ sur Mt 16, 14 + ou celle de TOB sur Mc 6, 15.
o Pour les disciples, dont Pierre est ici le porte-parole, pour ceux qui l’ont suivi (cf. Mc 3, 14), Jésus n’est pas un relais, si important soit-il, de l’histoire du salut ; il en est le terme, le point culminant; il est le Messie (voir sur ce mot la note BJ sur Lc 2, 26 +).
o Comparer cette réponse de Pierre avec Mc 1, 1 et Mc 15, 39.

Question 2

o Jésus ne rejette pas la confession de Pierre; cette consigne du silence souligne l’importance de ce que Pierre a dit, mais elle marque aussi l’impossibilité de comprendre vraiment qui est Jésus avant sa Passion : cf. en BJ Mc 1, 34 + et en TOB la note sur Mc 8, 30.
o Pour le moment, Pierre ne peut comprendre le titre de Messie que comme un titre de gloire, d’où sa réaction au v. 32.
o Jésus, au contraire, enseigne comment il doit accomplir sa vocation de Messie, selon le plan de Dieu (v. 31). Sur la difficulté des disciples à comprendre, voir les trois annonces de la Passion, suivies chaque fois de leur incompréhension : Mc 8, 32s; 9, 30ss; 10, 32ss.

Question 3

o La confession de Pierre ne donne que la moitié du titre de Jésus que nous lisons en Mc 1, 1.
o Mais surtout l’image que Pierre se fait du Messie est très différente de celle de Jésus.
o La guérison de l’aveugle (8, 22-26 : texte propre à Mc) peut symboliser la démarche de Pierre (et des disciples), mais sa “cécité” n’est pas encore complètement guérie, comme le montre la suite du récit.

En lien avec la liturgie

Is 50, 5-9 : le prophète se présente à nous comme un être humilié, un homme de douleur. Mais il est certain que le Seigneur est avec lui et qu’il le sauvera. C’est en relisant de tels textes de l’Ancien Testament que les apôtres et les premiers chrétiens sont parvenus à dépasser le scandale d’un Messie crucifié.

Mc 10, 46 – 52 : Trentième Dimanche Ordinaire

Le texte de l’Evangile de ce Dimanche est un point charnière de Mc : il termine la série des annonces de la Passion et prépare immédiatement l’entrée de Jésus à Jérusalem.

1) Suivez dans ce texte l’évolution de Bartimée : où le conduit-elle ?
2) Comparer cette évolution avec l’attitude des disciples décrite par l’Evangéliste
depuis Mc 10, 32.
3) Quelle est, pour l’Evangéliste, la signification de cette guérison ?

Question 1

o Bartimée est aveugle; il est au bord du chemin; il mendie.
o Au passage de Jésus, il se met à crier en appelant Jésus “Fils de David”, et cela malgré l’intervention hostile de beaucoup.
o Appelé par Jésus, il se lève et bondit; il court vers lui.
o Sa demande (“que je voie…”) est exaucée à cause de sa foi (v. 52).
o Désormais il voit et se met à suivre (il suivait) Jésus sur le chemin, c’est-à-dire vers Jérusalem : cf. 10, 33.

Question 2

o Les disciples sont en route avec Jésus vers Jérusalem; Jésus marche devant eux; ceux qui le suivent sont effrayés, ils sont dans la stupeur.
o La démarche de Jacques et Jean, pour obtenir les premières places, montrent qu’ils n’ont pas compris ce que Jésus venait de leur dire (10, 33-34).
o La réaction des dix autres (v. 41ss) va dans le même sens : d’où les paroles de Jésus.

Question 3

o En opposition avec cette attitude des disciples, Mc nous montre la démarche de l’aveugle. En Mc 8, 22ss, nous avions aussi une guérison d’aveugle, précédant la confession de Pierre. Ici le cri de l’aveugle et son bond vers Jésus précèdent l’entrée à Jérusalem et la reconnaissance de Jésus comme Messie (Mc 11, 9-11).
o Dans ce texte, Jésus est appelé par deux fois “fils de David” – ce qui est un titre messianique (voir la note TOB sur Mc 10, 47). C’est la première fois que ce titre est donné à Jésus en Mc et Jésus l’accepte, car maintenant il va entrer dans sa Passion. Noter l’insistance sur la proximité de Jérusalem : Mc 10, 32-33; Mc 11, 1ss; cf. Mc 10, 46 (Jéricho, où on ne fait que passer).
o Jésus répond à cette proclamation en faisant un signe messianique : cf. Is 35, 5.
o La démarche de l’aveugle (il demande sa guérison; il court vers Jésus; il le suit sur le chemin de Jérusalem) devient ici le modèle de la démarche du croyant : croire, c’est voir Jésus et c’est le suivre. Cf. tout le développement de Jn 9 sur ce thème.

En lien avec la liturgie

Jr 31, 7-9 est tiré du Livre de la Consolation de Jérémie (cf. BJ, note sur Jr 30, 1 +), Dans cet oracle, le prophète nous montre le Seigneur sauvant son peuple et le ramenant de l’Exil. Même les plus faibles pourront se joindre à la caravane, car c’est le Seigneur qui la conduit.

LUC

routeL’auteur du troisième Évangile est un chrétien de la deuxième génération; c’est un homme cultivé du monde hellénistique, mais c’est avant tout un croyant, un disciple, qui a trouvé le salut dans les paroles et les exemples de Jésus.
Quand Luc se met à écrire (probablement vers l’an 80), il y a déjà cinquante ans que la foi chrétienne a commencé à se répandre. Partie de Jérusalem et du monde juif, elle a atteint tous les grands centres du monde gréco-romain. C’est cette histoire que Luc veut nous raconter en deux livres : l’Evangile et les Actes des apôtres.
Pour écrire son Évangile, Luc a sans doute disposé du texte de Mc (écrit vers 65-70); il a eu également à sa disposition d’autres sources écrites ou orales (dont celle qu’il partage avec Mt : la Quelle ). Dans son Prologue (Lc 1, 1-4), il nous parle du travail de recherche qu’il a entrepris pour s’informer soigneusement sur ce qu’il va nous transmettre. Luc, en effet, travaille en historien, si l’on veut bien donner à ce terme le sens qu’il avait au premier siècle de notre ère et si l’on accepte que Luc entend écrire une histoire sainte, c’est-à-dire qu’il nous propose la signification chrétienne des faits et des paroles qu’il rapporte. Tout son livre est éclairé par sa foi au Christ Ressuscité et il voudrait conduire son lecteur à partager cette foi.

Une partie importante de son Évangile lui est propre (les spécialistes ont calculé que 48 % des versets de Lc ne se lisent pas dans les autres Évangiles). C’est dire la richesse et l’importance de son message. Mais même lorsqu’il rapporte les mêmes épisodes que Mt ou Mc, Luc le fait en introduisant une note bien personnelle. Ainsi sa lecture nous fait découvrir les thèmes qui sont chers à Luc et il nous propose un visage de Jésus qui n’a pas fini de nous émerveiller.

Les pistes de travail proposées ici voudraient donner, au fil de l’année liturgique, un aperçu de la richesse de l’Evangile de Luc, mais elles ne peuvent (ni ne veulent) remplacer la lecture du livre entier que Luc nous a laissé.

Lc 3, 1- 18 : Deuxième et Troisième Dimanches de l’Avent

La liturgie de l’Avent nous met chaque année en présence de Jean-Baptiste, ou mieux, de Jean le Précurseur. L’Evangile du Deuxième Dimanche prend soin de le situer dans son temps, car pour la tradition évangélique, la prédication du Précurseur ouvre les temps messianiques (cf. Ac 1, 21-22). L’Évangile du Troisième Dimanche nous donne le dialogue de Jean avec les foules qui allaient vers lui : un appel à la conversion qui doit se vérifier dans la vie de tous les jours.

1) Qui sont les personnages mentionnés en Lc 3, 1-6 et pourquoi Lc les cite-t-il ?
2) Pour présenter Jean et son message, Lc a recours à une citation d’Isaïe : que nous
apporte ce texte ?
3) Dans Lc 3, 10-18, les v. 10-14 sont propres à Lc : comment les comprenez-vous ?

Question 1

• Faire la liste de ces personnages et essayer de les regrouper, de voir les oppositions, etc…
• Tibère, empereur à Rome et qui gouverne le monde entier (de Luc); Pilate et Hérode sont les représentants locaux du pouvoir romain, le premier en Judée, le second en Galilée (cf. les notes de BJ et TOB), c’est-à-dire dans le pays d’Israël.
• Anne et Caïphe représentent le pouvoir religieux dans le peuple de Dieu (cf. notes BJ et TOB).
• A cette liste de 7 personnages s’oppose la Parole de Dieu, qui est le sujet principal des v. 1-2 et qui met tout en mouvement.
• Jean – dont Lc a déjà abondamment parlé en Lc 1-2 – est présenté ici comme un prophète sur le modèle de Jérémie : cf. Jr 1, 2 (en marge dans BJ).

Question 2

• Le texte cité est le début du Livre de la Consolation d’Isaïe : voir dans l’Introduction à Isaïe ce qui est dit de ce prophète de l’Exil à qui nous devons les chapitres 40-55 du livre d’Isaïe.
• Is 40 annonce la venue du salut pour le peuple qui est alors en Exil; Lc reprend cette annonce pour situer le ministère de Jean-Baptiste qui prépare celui de Jésus.
• Ce texte d’Is 40 se lit également en Mt et Mc : comparer les passages parallèles et remarquer comment Lc prolonge la citation pour souligner l’universalité du salut : cf. note BJ et TOB sur Lc 3, 6.

Question 3

• Voir les notes de BJ et TOB sur Lc 3, 10.
• Noter l’importance du “faire” : Lc 3, 10. 12. 13; comparer avec Ac 2, 37; 16, 30; 22, 10. Se convertir, c’est changer de mentalité, mais cela doit se traduire dans un comportement nouveau.
• Les foules, les publicains, les soldats : les trois catégories qui viennent ici vers Jean sont ceux qui apparemment sont les plus éloignés de l’Evangile et qui pourtant savent l’accueillir.

En lien avec la liturgie

Le texte de Ba 5, 1-9 (Deuxième Dimanche) nous montre combien était vive dans les communautés juives de la Diaspora l’attente du salut : c’est à cette espérance que l’Evangile vient répondre.
So 3, 14-18 (Troisième Dimanche) nous montre le Seigneur au milieu de Jérusalem, apportant la joie au peuple qu’il sauve : Jean révèle au peuple qui vient vers lui la présence de “celui qui vient baptiser dans l’Esprit Saint et le feu”.

Lc 2, 1 – 14 : Évangile de Noël

Qui ne connaît ce récit de Lc ? Pourtant il vaut la peine de mettre de côté les représentations pittoresques que nous nous faisons de la crèche et de relire avec soin cette page d’Evangile. Lc veut moins nous raconter une belle et touchante histoire que nous faire partager sa foi en Jésus Sauveur.

1) Dans la présentation de Lc, cette scène est le pendant de celle de la naissance de Jean-
Baptiste (Lc 1, 57-66) : comparer les deux scènes. Que découvrez-vous ?
2) Que nous apprend de Jésus cette page de Lc ? En particulier, quels noms lui sont donnés
ici ?
3) Quel est l’effet de cette naissance ?

Question 1

• Jean-Baptiste naît dans la maison paternelle, sacerdotale; Elisabeth est bien entourée ; au contraire Jésus, naît au cours d’un voyage imposé à ses parents, dans un abri de fortune,; Marie est seule pour prendre soin de l’enfant.
• Au lieu des voisins et des parents qui partagent la joie de Zacharie et d’Elisabeth (1, 58), à la crèche nous trouvons des bergers, des gens mal vus à cette époque en Israël (voir note TOB sur Lc 2, 8).
• On peut encore noter l’opposition entre César Auguste (2, 1-2) et le petit enfant (2, 7) que l’ange proclame Christ Seigneur (cf. note TOB sur Lc 2, 11).

Question 2

• Jésus, fils de Marie (2, 6), naît dans la ville de David (cf. 1 S 16, 1-13, cité en marge; voir aussi la note TOB sur Lc 2, 4); il est le premier-né (2, 7 : cf. note TOB et BJ).
• Noter spécialement les paroles de l’ange; comme dans les récits d’annonciation, l’intérêt est ici sur l’enfant. Jésus est appelé Sauveur (cf. note TOB sur Lc 2, 11; voir encore Mt 1, 21, cité en marge de BJ).
• Le Christ Seigneur : les deux mots ont une signification bien précise. Le Christ = le Messie, celui qui a reçu l’onction. Le Seigneur : cf. Lc 2, 11 (voir notes BJ et TOB). “L’ange de Bethléem se fait le premier des apôtres chrétiens” (J. Perron); en effet, ce que les apôtres proclament après Pâques, est mis ici dans la bouche du messager céleste.

Question 3

• C’est une Bonne Nouvelle ( = un Évangile) , une grande joie pour tout le peuple (l’universalisme de Lc); voir encore Lc 1, 14 + (cité en marge par BJ).
• C’est une naissance pour vous (v. 11 : un Sauveur vous est né ) et cette parole s’adresse aux bergers (cf. la note TOB sur Lc 2, 8); de même plus tard, Jésus sera attentif aux petits, aux pécheurs.
• Cette naissance apporte la paix : voir note TOB sur 2, 14; en BJ , voir la note sur Is 11, 6 +.

En lien avec la liturgie

En Is 9, 1-6 : la naissance d’un enfant est donnée comme un signe de la bienveillance de Dieu pour son peuple; c’est une lumière dans la nuit. A Noël, en cet enfant, Dieu nous donne son Fils.

Lc 3, 15 – 22 : Temps de Noël : Baptême de Jésus

Jésus, baptisé par Jean-Baptiste : voilà un fait qui s’est imposé à la tradition évangélique et qui nous paraît évident. Et pourtant le Baptiste prêchait un baptême de pénitence pour la rémission des péchés. Comment Jésus, le Messie, le Fils de Dieu, a-t-il pu recevoir ce baptême ? Les Évangélistes veulent nous aider à découvrir la signification de ce geste.

1) Quelle question se posait le peuple au sujet du Baptiste ? Comment ce texte répond-il à
cette question ?
2) Comment comprendre les verset 19-20 ? Par qui Jésus est-il baptisé ?
3) La BJ et La TOB intitulent les v. 21-22 le “Baptême de Jésus” : ce titre convient-il à ces
versets ? En voyez-vous un autre possible ?

Question 1

• Lire Lc 3, 15 : le peuple est dans l’attente du Messie; cette attente est avivée par la prédication du Baptiste.
• Mais celui-ci refuse d’être pris pour le Messie : cf. Jn 1, 19-20 (cité en marge de BJ).
• Noter l’opposition entre : “moi, je vous baptise avec de l’eau…lui il vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu : Lc 3, 16 et 17).
• A la parole de Jean-Baptiste annonçant “celui qui vient “ (v. 16) répond la voix du ciel (v. 22).

Question 2

• Lc raconte l’emprisonnement de Jean-Baptiste avant de parler du baptême de Jésus : cf. Lc 3, 20 (voir les notes de BJ ou TOB). Lc sépare ainsi nettement le temps de Jean-Baptiste et celui de Jésus : cf. Lc 16, 16 et la note TOB sur ce verset.
• A noter également Lc 3, 21 : “tout le peuple a été baptisé avant Jésus dont le baptême met fin à cette période de préparation” (A. George).
• Lc veut peut-être souligner ainsi la solidarité de Jésus avec tout le peuple.

Question 3

• Lc ne raconte pas le baptême de Jésus; il fait une simple allusion (par un participe passé) : comparer avec le récit de Mc 1, 9-10.
• Pour Lc, ce qui est au centre de la scène, c’est la prière de Jésus : c’est à Jésus en prière que s’adresse la voix venue du ciel (v. 21). Sur la place que Lc donne à la prière de Jésus dans son Évangile, voir les notes BJ et TOB sur Lc 3, 21.
• La théophanie n’est pas une description, mais un langage conventionnel pour signaler au lecteur qu’il s’agit d’une révélation divine.
• Au v. 22, les meilleurs manuscrits donnent la citation de Ps 2, 7, comme le font la BJ (édition nouvelle) et la TOB : voir les notes sur ce point.

En lien avec la liturgie

En Is 42, 1-7 (Premier Chant du Serviteur : cf. Is 42, 1 +), Dieu présente le “Serviteur” qu’il a élu pour son peuple; dans le récit de Lc, le Père (la voix céleste) nous présente son Fils.
• Ac 10, 34-38 : dans ce discours des Actes, Pierre souligne clairement les places respectives de Jean-Baptiste et de Jésus dans le plan de Dieu.

Lc 1, 1 – 4 et 4, 1 4 – 30 : Troisième et Quatrième Dimanches Ordinaires

L’Evangile du Troisième Dimanche est composé de deux passages de Lc : l’introduction à l’Evangile (Lc 1, 1-4) et l’introduction au ministère de Jésus (Lc 4, 14-21), Mais cette présentation du ministère se poursuit dans le texte du Quatrième Dimanche. Tout cet ensemble forme le discours-programme de Jésus. C’est la raison pour laquelle nous les étudierons ensemble.

1) Quels renseignements nous apporte Lc 1, 1-4 sur Lc, sur son Église et sur le but de son
travail ?
2) Comment Lc nous présente-t-il la première prédication de Jésus en 4, 16-22 ? Sur quoi
insiste-t-il ?
3) Que se passe-t-il dans les versets 22-30 ? Pourquoi Jésus parle-t-il ici d’Elie et d’Elisée ?

Question 1

• Il faut nous souvenir que Lc écrit vers les années 80, c’est-à-dire 50 ans après Jésus !
• Les témoins de la vie de Jésus, devenus (après Pâques) serviteurs de la Parole (Lc 1, 2 et note TOB) ont presque disparus à cette époque. D’autres prennent le relais et mettent pas écrit ce qui a été transmis : Lc se situe parmi ces derniers (cf. Lc 1, 1 et 3)
• Lc veut nous parler “des événements accomplis (par Dieu) parmi nous “ : cf. la note TOB sur Lc 1, 1 qui explique la signification du passif utilisé par Lc.
• Il entend donner de ces événements un exposé suivi (c’est-à-dire bien présenté) et solide.

Question 2

• Lire les notes de BJ et TOB sur Lc 4, 16.
• Jésus prêche dans les synagogues (cf. 4, 15. 44) comme le feront plus tard les premiers missionnaires chrétiens dont ils nous parle dans les Actes : cf. Ac 13, 5 et la note BJ.
• Comparer le texte d’Is 61 avec la citation qu’en donne ici Lc; remarquer que Lc arrête la citation et omet ainsi la menace contenue dans la finale d’Is 66, 2 : cf. note TOB sur Lc 4, 19.
• Sur la prédication de Jésus, voir les références avec une + données en BJ : ainsi Mt 3, 16 + et So 2, 3 +.
• Aujourd’hui (v. 21) : voir Lc 2, 11; 5, 26; 19, 9; 23, 43; voir aussi la note TOB sur Lc 4, 21.

Question 3

• Comparer le v. 22 de ce texte avec les v. 28-29.
• Lire les épisodes d’Elie et d’Elisée auxquels Jésus fait ici référence : 1 R 17, 9 et 2 R 5, 14.
• Remarquer les oppositions entre Israël (v. 25. 27) et les pays étrangers (Sidon; la Syrie) ; comparer encore avec Ac 13, 46ss.
• Expliquer le v. 30 : cf. en marge de BJ le renvoi à Jn 8, 59; en TOB, voir la note sur Lc 4, 30.

En lien avec la liturgie

Jésus, comme Esdras (Première lecture du Troisième Dimanche) ouvre le Livre et fait la lecture au peuple, mais avec Jésus la Parole de Dieu trouve son plein accomplissement (Lc 4, 21).
Jérémie, appelé par Dieu pour être prophète des nations (Quatrième Dimanche) a été incompris et rejeté par le peuple. Jésus se heurte, lui aussi, à l’incompréhension de ses concitoyens quand il veut leur révéler l’amour universel de Dieu.

Lc 4, 1 – 13 : Premier Dimanche du Carême

Au baptême, la voix venue du ciel avait proclamé Jésus “Fils”; l’ Évangile va nous présenter maintenant celui qui accomplit parfaitement la volonté du Père. Mais pour cela, Jésus doit choisir et refuser les sollicitations qui l’écarteraient du chemin voulu pour lui par le Père.

1) Ce texte n’est pas un reportage sur la tentation de Jésus ; Lc utilise un même schéma
pour les trois tentations : quels en sont les éléments ?
2) Comment les références du Dt éclairent-elles les tentations de Jésus ?
3) Comparer rapidement ce texte de Lc avec le texte parallèle de Mt et relever les
particularités du texte de Lc.

Question 1

• Nous trouvons pour les trois tentations : le cadre de la tentation / la provocation du démon / la réponse de Jésus.
• Ainsi pour le cadre les v. 2. 5. 9a ; pour la provocation : v. 3. v. 6-7. v. 9b-11; pour la réponse de Jésus : v. 4. v 8. v. 12.
• Remarquer que Jésus emprunte toujours sa réponse à la Parole de Dieu; c’est cette Parole qui éclaire le choix à faire.

Question 2

• Les citations du Dt font allusions aux tentations (et aux péchés) d’Israël au désert lors de la sortie d’Egypte. Jésus refait ainsi l’expérience de son peuple, mais lui, il se comporte en fils.
• Dt 8, 3 (lire Dt 8, 1-6) rappelle l’épreuve de la faim et le don de la manne “pour te rendre pauvre “ (trad. de la TOB), c’est-à-dire pour enseigner au peuple la dépendance quotidienne et fondamentale par rapport à Dieu : c’est à ce prix qu’Israël pourrait jouir sans mal de la Terre promise.
• Dt 6, 13 (lire Dt 6, 10-13) : à l’entrée dans la terre, le peuple est tenté par l’idolâtrie et cherche à obtenir la domination, la fertilité, par les dieux de Canaan, au lieu de l’obtenir de sa fidélité à Dieu.
• Dt 6, 16 (cf. Ex 17, 1-7) : au désert, le peuple assoiffé avait tenté Dieu, exigeant un signe visible de sa présence. Jésus refuse de tenter Dieu par un signe-prodige.

Question 3

• Faire cette comparaison en vous aidant des notes de la BJ et de la TOB.
• Lc 4, 1 : Jésus est rempli de l’Esprit Saint : voir la note BJ.
• Lc 4, 6 : voir la note de BJ ou celle de TOB.
• Lc 4, 13 : Luc pense ici à la Passion (cf. Lc 22, 3. 53, cités en marge) où cet affrontement avec le diable atteindra son sommet et où la victoire de Jésus sera totale. C’est sans doute pour cela que Lc place cette troisième tentation (qui est la deuxième de Mt) à Jérusalem.

En lien avec la liturgie

En offrant les prémices de la terre et en récitant le “credo”, le fidèle israélite reconnaissait tout ce que le Seigneur avait fait pour lui et ce qu’il continuait à faire (Dt 26, 4-10)
Au contraire, tenter Dieu, c’est vouloir autre chose que ce qu’il nous donne ou le vouloir par d’autres moyens, au lieu d’adhérer à sa Parole et de se laisser conduire par Dieu.

Lc 15, 1 – 2 et 11- 32 : Quatrième Dimanche de Carême

On a dit de Luc qu’il était l’Evangéliste de la miséricorde de Dieu. Lc 15 est sans aucun doute une des pages qui a contribué à cette réputation. Au coeur de la “montée vers Jérusalem”, au coeur de l’Evangile, cette parabole nous rappelle un des aspects essentiels du message de Jésus.

1) Relever tout ce qui est dit du fils cadet : que fait-il ? Que dit-il ? Qui est-il ?
2) Faire la même démarche pour le fils aîné.
3) Qui sont les deux principaux personnages de cette parabole ? Quelle est la démarche que
la parabole nous invite à imiter ?

Question 1

• Sur le cadet : sa demande de l’héritage, son départ de la maison, sa vie de prodigue, sa misère (faim; chercher du travail; garder des cochons – animaux impurs, par excellence, pour un juif – ; et malgré cela, encore la faim).
• Noter le motif de son retour vers la maison paternelle (v. 17s et la note TOB) ; ce n’est pas le regret de sa conduite ou de la peine causée à son père, mais la faim.
• La phrase qu’il prépare pour son retour (v. 18-19) montre qu’il ne connaît pas son père.

Question 2

• Le fils aîné est resté près du père; il travaille.
• Noter son attitude par rapport au père; dans le récit de Lc, il ne prononce jamais le mot “père”!
• “je te sers depuis tant d’années sans avoir transgressé un seul de tes ordres “: le regrette-t-il ?
• Remarquer son attitude à l’égard du frère : “ton fils que voilà “ (v. 30); sa colère à cause de la fête qui est faite au retour du cadet, son refus d’y participer; il juge et condamne son frère.
• Est-il finalement entré ou non, pour partager la joie du père ? La parabole reste ouverte.

Question 3

• Remarquer le rôle du père tout au long du récit, son attitude à l’égard des deux fils : il leur partage son bien; il sort au devant des deux (v. 20 et 28).
• Pour le second personnage, échanger dans le groupe : est-ce le cadet, qui déclenche toute l’histoire par sa demande, ou bien l’aîné , qui ne comprend pas la miséricorde du père ? Voir Lc 15, 1-2 !
• Le scandale des pharisiens (v. 1) et du fils aîné, ce n’est pas que Dieu (le père de la parabole) pardonne à un pécheur, mais qu’il offre gratuitement ce pardon. L’attitude de Jésus – qui nous révèle celle de Dieu – remet ainsi en cause leur religion. A quoi bon alors, cet effort de fidélité, si Dieu pardonne ainsi ?
• La démarche que nous propose la parabole, ce n’est pas d’abord celle du père – qui est celle de Dieu -, mais celle du frère aîné, invité à entrer dans la joie du père et à redécouvrir sa relation au père.

En lien avec la liturgie

“Si quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle…un monde nouveau est déjà né “ (deuxième lecture) : n’est-ce pas ce message de nouveauté que nous révèle la parabole de Lc ? N’est-ce pas un appel à un regard nouveau sur Dieu et sur le frère ?

Lc 22, 39 à 23, 49 : La Passion selon s, Luc

Le récit de la Passion est la partie la plus ancienne de la tradition évangélique. Pourtant même sur ce donné traditionnel, chaque Évangéliste a laissé son empreinte personnelle.
Voici à titre d’indication, les principaux passages propres à Lc dans le récit de la Passion : Lc 22, 24-38; 22, 42–44; 23, 6-16; 23, 27-32; 23, 39-43.
Mais même lorsqu’il rejoint la tradition commune, le texte de Lc laisse apparaître la personnalité de son auteur et de ses préoccupations. Lc cherche à mieux rendre compte du déroulement des faits (voir les notes TOB sur Lc 22, 54. 56. 66) Mais cette préoccupation d’historien ne fait pas de Lc un spectateur; c’est un disciple qui nous parle de la Passion de son maître. C’est un appel à suivre Jésus sur le chemin de la croix.
Le récit de la Passion forme un tout et il serait bon de le lire en entier (Lc 22, 1 – 23, 56). L’étude portera plus directement sur Lc 22,39 à 23, 49 et nous nous attacherons à trois aspects que Lc met particulièrement en lumière.

1) Relever les passages où Lc nous parle de la prière de Jésus : quel enseignement veut-il
nous donner ?
2) Noter combien Lc souligne l’innocence de Jésus : pourquoi le fait-il ?
3) Remarquer l’attitude de Jésus à l’égard de ceux qui l’entourent.

Question 1

• Comparer Lc 22, 39-46 avec Mc 14, 32.42; noter comment les disciples sont invités à prier avec Jésus (Lc 22, 39-40 . 46); voir aussi Lc 3, 21 + (en marge dans BJ).
• Jésus prie à genoux : Lc 22, 41 et note BJ; sa prière – comme toujours chez Lc – commence par le mot “Père” ; en Lc 22, 42, elle évoque la troisième demande du Pater (cf. TOB sur Lc 22, 42).
• Sur le rôle de l’ange, voir 22, 43 et note TOB; rapprocher Lc 22, 39-43 de Lc 4, 13 : derrière les acteurs de la Passion, Lc nous fait voir l’action de Satan (Lc 22, 3. 53). L’agonie, c’est la dernière tentation de Jésus et sa victoire dans la fidélité au Père.
• En Lc 23, 34 : Jésus prie pour ses bourreaux : voir note BJ; Lc 23, 46 : voir note TOB et comparer avec Mt-Mc.

Question 2

• Jésus n’est pas un chef de bande : Lc 22, 52-53.
• La triple déclaration d’innocence prononcée par Pilate , Lc 23, 4. 14. 22 (note TOB sur 23, 4), qui finit pas par céder à la pression de la foule : Lc 23, 23-25.
• L’innocence est reconnue implicitement par Hérode (Lc 23, 15) ; elle est proclamée par le larron (Lc 23, 41-42). Pour Lc, il est important de souligner l’innocence de Jésus, à une époque où les chrétiens sont accusés de propager dans l’empire romain une religion illicite et perverse.

Question 3

• Lc nous montre Jésus faisant son choix au Jardin des Oliviers .”dans le reste du récit de la Passion, Luc pourra nous montrer Jésus pacifié, tellement maître de lui, qu’il est capable de s’intéresser uniquement aux autres. “ (E. Charpentier). Cf. Lc 22, 51 (et note TOB); comparer avec le parallèle de Mc.
• En Lc 22, 61 : le regard de Jésus sur Pierre qui vient de le renier : voir note TOB.
• La parole de Jésus aux femmes qui le suivent : Lc 23, 28-31.
• Le pardon aux bourreaux : Lc 23, 34; cf. Lc 6, 27-36. Etienne suivra cet exemple de Jésus : Ac 7, 60. Cf. encore la réponse de Jésus au larron : Lc 23, 43.

Lc 24, 1- 12 : Évangile de la Vigile pascale

Alors qu’à cette époque, en milieu juif, le témoignage d’une femme n’était pas accepté en justice, Lc – comme les autres Évangélistes, d’ailleurs, – nous présente des femmes comme premières messagères de la Résurrection. Bel exemple de l’humour de Dieu et de la promotion de la femme grâce à l’Evangile.

1) Qui sont les femmes et pourquoi viennent-elles au tombeau ?
2) Comment le message de Pâques est-il mis en valeur dans les v. 4-8 ?
3) Comparer Lc 24, 7 avec 1 Co 15, 3-5.

Question 1

• Sur l’identité des femmes : Lc 24, 10; cf. 23, 55 . Voir aussi Lc 8, 2-3 (cité en marge dans BJ)
• Elles viennent pour compléter la sépulture de Jésus : cf. Lc 23, 55-56 et 24, 1. Elles cherchent le “corps du Seigneur Jésus “ (voir la note TOB sur 24, 3); cf. 23, 52 et 55. Mais la tombe est ouverte et elle est vide : Lc 24, 2-3.
• Remarquer que l’absence du corps ne les conduit pas à la foi, mais au désarroi (v. 4), comme ce sera aussi le cas pour Pierre (Lc 24, 12).

Question 2

• Elles cherchaient un cadavre, elles trouvent un message.
• Noter le changement de ton à partir de Lc 24, 4b, avec le scénario classique des interventions divines : chez Lc, les messagers célestes (en habits éblouissants) sont deux , comme en Ac 1, 10; ainsi le message est renforcé par l’attestation de deux témoins.
• La crainte de l’homme mis en présence d’une intervention divine; le regard tourné vers le sol : comparer avec Ac 1, 11 , où un reproche semblable est fait aux apôtres.
• Mais l’essentiel est le message : Jésus est le Vivant : Lc 24, 5 et note TOB; cf. 24, 23 et Ac 25, 19.
• Cf. aussi le kérygme traditionnel, avec les différents éléments : Jésus, le Fils de l’homme, livré, crucifié, ressuscité, le troisième jour.

Question 3

• Le texte de Paul est écrit en 57 (ou 56) et il rappelle aux Corinthiens la prédication que l’apôtre avait faite chez eux en 50-52. Ce que Paul avait alors transmis, il l’avait lui-même reçu (cf. les notes BJ et TOB sur 1 Co 15, 3) : tout ceci nous fait remonter, au moins, jusqu’aux années 40 ! Voir la note TOB sur 1 Co 15, 4.
• Les messagers de Lc 24, 4 sont les premiers évangélistes : les apôtres continueront leur mission.
• Dans le texte de 1 Co 15, 3-5, remarquer la formulation rythmée des deux phrases bien équilibrées et où tous les mots sont importants. Pour l’expression “selon les Écritures “, comparer avec le “il faut / il fallait “ de Lc 24, 7 (cf. 24, 26. 44) : voir encore en BJ Lc 9, 22 + (cité en marge).

En lien avec la liturgie

Lire l’épître de la Vigile (Rm 6, 3-11) et remarquer comment Paul nous parle de Jésus le Vivant. Et il nous invite, en tant que baptisés, à être nous aussi des vivants.

Lc 7, 36 – 50 : Onzième Dimanche Ordinaire

Lors du “Discours dans la plaine” (Lc 6, 20-49), Jésus annonce le Règne de Dieu. Mais cette annonce ne se fait pas uniquement en paroles. Dans la section qui va de Lc 7, 1 à 8, 3, Lc nous invite à découvrir Jésus comme un prophète puissant en paroles et en oeuvres, témoignant ainsi de l’irruption du Règne de Dieu qu’il proclame. L’Evangile de ce Dimanche en est un exemple.

1) Comment nous sont présentés les deux personnes que Jésus rencontre ?
2) Quelle est l’importance de la parabole (v. 40-43) ?
3) Qu’est-ce que ce texte nous révèle de Jésus ?

Question 1

• Le pharisien a invité Jésus à sa table (cf. Lc 11, 37 et 14, 11, cités en marge de BJ); voir la note TOB sur Lc 7, 36.
• Il considère Jésus comme un prophète ( = un homme de Dieu) ou , au moins, un maître (un rabbi) : v. 40; son accueil est correct, mais sans plus.
• La femme est une pécheresse, Lc le reconnaît ( v. 37), comme le pharisien (v. 39) et même Jésus ( v. 47-49) : elle est donc “impure”.
• Cette femme a appris la présence de Jésus et elle vient vers lui, comme vers quelqu’un qui peut la sauver : v. 37-38 et 50.
• Elle manifeste pour lui un grand amour (cf. tous les gestes décrits dans les v. 37-38 et notes TOB).

Question 2

• Remarquer que l’on pourrait omettre ces verset 40-43 sans modifier le récit de la rencontre de Jésus avec la femme.
• Une parabole a pour but de faire réfléchir quelqu’un sur la situation qui le concerne sans qu’il en ait conscience ; on pourrait comparer cette situation avec celle de Natân et David en 2 S 12.
• Après la (bonne) réponse du pharisien, Jésus peut en faire l’application (v. 44-47) à l’attitude de Simon et de la femme à son égard. Sur la signification du v. 47, voir la note TOB.

Question 3

• C’est une illustration de la miséricorde de Jésus pour les pécheurs (cf. note TOB sur le titre); Jésus se laisse approcher par eux; il peut – et il veut – leur apporter le pardon de Dieu.
• Le sommet du texte est l’”absolution” qu’il donne à la femme (v. 48) et la question qui en résulte pour les assistants (v. 49).
• Cette attitude de Jésus pose la question de son identité : pour Simon, si Jésus était prophète, il devrait savoir qui est cette femme et, en conséquence, l’éviter. Pour Jésus, son attitude est conforme à sa mission : il et venu pour les pécheurs. Cf. Lc 5, 32 et note TOB.
• A remarquer le lien entre amour et pardon : voir les notes BJ et TOB sur Lc 7, 47 .

En lien avec la liturgie

La première lecture de ce Dimanche (voir le texte complet : 2 S 12, 1-13) introduit bien l’Evangile. Dans les deux textes, nous trouvons une parabole qui permet de juger une situation avec impartialité, puis une annonce du pardon. Mais avec Jésus, le pardon est total : va en paix (voir note TOB sur Lc 7, 50).

Lc 10, 1 – 20 : Quatorzième Dimanche Ordinaire

A partir de Lc 9, 51 et jusqu’à 19, 28, Lc nous présente Jésus en marche vers Jérusalem (voir les notes BJ ou TOB sur Lc 9, 51). Cette ”montée vers Jérusalem” est dominée par la perspective de la Pâque qui doit s’y accomplir et par le souci de Jésus de préparer ses disciples à la mission qui les attend après son départ.

1) De quelle mission Lc veut-il parler : qui envoie ? Vers qui ?
2) Comment comprendre les instructions données pour cette mission ?
3) Expliquer les v. 17-20 en utilisant les références marginales de JB et, particulièrement,
celles qui ont une +.

Question 1

• Noter la place de cette parole de Jésus dans la “montée vers Jérusalem” : voir les notes de BJ ou TOB sur Lc 9, 51. Ainsi une des premières paroles de Jésus que Lc nous donne dans ce cadre est celle de la mission des 72. A noter encore l’importance donnée aux paroles du Seigneur : v. 2-16 et 18-20.
• Sur le passage que nous étudions, voir les notes de BJ et TOB sur Lc 10, 1. C’est le Seigneur (titre de Jésus Ressuscité : cf. Ac 2, 36) qui désigne, qui envoie, qui donne les instructions.
• Le nombre de 72 (ou 70) veut symboliser l’universalité de la mission. Après l’envoi des 12 à Israël (Lc 9, 1), c’est maintenant l’envoi vers tous les peuples : cf. note TOB sur Lc 10, 1.
• deux à deux : non en force, ni tout seul : comparer avec la mission décrite dans les Actes : Ac 11, 25 ; cf. aussi Mt 18, 20.

Question 2

• La première demande de Jésus devant la disproportion de la tâche : priez… : voir note TOB sur Lc 10, 2.
• Sur l’envoi : Allez…, on peut comparer avec Mt 28, 19; Mc 16, 15. C’est la parole du Ressuscité envoyant ses disciples au monde.
• Le v. 4 souligne le détachement nécessaire pour la mission et l’urgence de celle-ci.
• Dans les v. 9 et 11 : l’annonce à faire; c’est la même que celle de Jésus : proximité, présence du Règne de Dieu; cette annonce doit se faire en actes et en paroles (guérissez… dites…); cf. Ac 1, 1 (ce que Jésus a fait et enseigné ).
• Les v. 6b et 10-11 enseignent la liberté que doit avoir l’apôtre devant l’accueil ou le refus du message qu’il apporte.

Question 3

• Voir Lc 1, 14 + : c’est le thème de la joie, un thème cher à Lc.
• Ac 3, 16 + : l’invocation du Nom de Jésus met en oeuvre sa puissance.
• Mt 8, 29 + : à travers la mission des envoyés, c’est la victoire de Jésus sur Satan qui se réalise.
• On peut aussi comparer ces versets avec Is 55, 10-11 : la Parole de Dieu qui ne lui revient pas sans avoir produit son effet.

En lien avec la liturgie

Au retour de l’Exil, un prophète invitait Jérusalem et le peuple à se réjouir parce que le Seigneur allait consoler son peuple (Is 66, 10-14). Par l’envoi des 72, c’est maintenant que la Bonne Nouvelle du Règne de Dieu est annoncée. Et elle ne l’est plus seulement à Jérusalem; désormais elle est adressée à toutes les nations.

Lc 10, 25 – 37 : Quinzième Dimanche Ordinaire

Comment vivre en disciples de Jésus ? Tel pourrait être le titre de la section que Lc consacre à “la montée vers Jérusalem” . L’Evangile de ce Dimanche nous rappel-le un des préceptes essentiels de cette vie. La première partie (Lc 10, 25-28) se lit aussi en Mc et Mt; au contraire, la parabole qui suit est propre à Lc (cf. note TOB sur Lc 10, 25 : titre).

1) Comment nous est présenté dans ce texte le docteur de la Loi ?
2) Qui sont les personnages de la parabole ? Que font-ils ?
3) Montrer comment les v. 30-36 illustrent la réponse du v. 27 ?

Question 1

• Remarquer les motivations qui le poussent à interroger Jésus : v. 25 et 29. Noter que Jésus ne donne pas la réponse : il invite l’homme à répondre lui-même.
• Le docteur de la Loi cherche à avoir en héritage la vie éternelle : v. 25 et note TOB.
• Il répond bien aux questions de Jésus (v. 27-28 et v. 37)
• Sur sa réponse au v. 27, lire la note de TOB sur ce verset

Question 2

• Il y a l’homme sur le chemin : on ne sait rien de son identité, ni pourquoi il se trouvait sur ce chemin; c’est simplement un homme dans une situation de détresse (v. 30)
• Le prêtre et le lévite sont des juifs, et même des membres particuliers de ce peuple (cf. note BJ sur Lc 10, 33). Pour les deux, Jésus décrit leur comportement par les mêmes mots : il voit … et il passe à distance (v. 31. 32).
• Le samaritain, au contraire, voit, fut pris de pitié et s’approche . Sur le samaritain, voir les notes de BJ et TOB sur Lc 10, 33.
• Noter aussi comment la parabole enseigne que cette “pitié” du samaritain se traduit dans des actes concrets : il prend soin du blessé (cf. le nombre de verbes dans le v. 34) et il le fait jusqu’au bout (v. 35).

Question 3

• Au v. 27, il reconnaissait que la Loi (qui conduit à la vie) demande d’aimer le prochain comme soi-même, mais il ne donne pas à ce mot (prochain) la même largeur que Jésus (voir note TOB sur v. 29).
• La parabole explique qui est le prochain : voir les notes TOB sur les v. 29 et 30.
• A noter comment le scribe posait la question et comment Jésus la lui retourne (au v. 36) : quelle différence voyez-vous ? Voir la note TOB sur le v. 37.
• Noter également l’insistance dans ce texte sur le verbe “faire” : v. 25. 28. 37 (bis). Comparer avec ce que Jésus dit en Mt 7, 21-23.

En lien avec la liturgie

Le beau texte de Dt 30, 10-14 nous présente la Loi comme le chemin qui conduit à la vie. C’est un chemin offert et accessible à chacun “pourvu qu’il le mette en pratique”. C’est ce que Jésus, dans l’Evangile, veut faire découvrir au scribe (et à nous) : il faut mettre en pratique la Loi de Dieu qu’il connaît si bien : telle est le chemin pour “recevoir en héritage la vie éternelle”.

Lc 11, 1 – 13 : Dix-septième Dimanche Ordinaire

Nous somme toujours dans “la montée vers Jérusalem” où Jésus s’adresse plus particulièrement à ses disciples pour les former. Aujourd’hui il leur enseigne à prier. Autour du Pater , Lc a regroupé quelques enseignements sur la prière.

1) Que contient ce passage de l’Evangile de Lc ? D’où lui vient son importance ?
2) Lc 11, 1-4 : quelles questions vous pose ce “Notre Père” de Lc ?
3) Quel enseignement Lc nous donne-t-il ici sur la prière ?

Question 1

• Lc a regroupé dans ce passage plusieurs enseignements de Jésus sur la prière : lire la note TOB sur Lc 11, 1 (titre). notre texte comprend une introduction (v. 1), puis l’enseignement du “Pater “, modèle de la prière des disciples de Jésus (v. 2-4); viennent ensuite deux enseignements sur la manière de prier (v. 5-8 et v. 11-13).
• Tout cet enseignement est situé dans le cadre de “la montée vers Jérusalem” (cf. Lc 9, 51 et les notes BJ et TOB) où Jésus prend le temps de former ceux qui veulent le suivre sur ce chemin.

Question 2

• Jésus donne d’abord l’exemple de la prière : cf. Lc 3, 21 + (cité en marge par BJ); cf. aussi Ac 1, 1.
• Le Pater sera la prière caractéristique des disciples de Jésus, comme celle de Jean-Baptiste l’était pour les siens (v. 1).
• Noter les différences entre la forme du Pater en Lc et en Mt (qui est celle que nous utilisons dans la liturgie) : voir Mt 6, 9-13 et les références que la BJ donne à cet endroit.
• Dans la TOB, voir également les nombreuses notes et explications sur le texte de Lc et surtout sur celui de Mt.
• Sur le mot “Père “, voir encore Mc 14, 36; Ga 4, 6 et Rm 8, 15. Chez Lc, toutes les prières de Jésus commencent par cette invocation : Lc 10, 21; 11,2; 22, 42; 23, 34; 23, 36.

Question 3

• Les deux paraboles invitent à la confiance : il faut s’adresser à Dieu, comme un ami s’adresse à son ami et comme un fils demande à son père ce dont il a besoin.
• Sur Lc 11, 5-8 : cf. la note TOB sur Lc 11, 5; voir aussi Lc 18, 1-8 (cité en marge) et en particulier la note BJ sur Lc 18, 1 +.
• Sur Lc 11, 11-13 : comparer ce passage avec le texte parallèle de Mt : voir les notes de BJ et TOB sur Lc 11, 13 .
• La présence de deux formes différentes pour la prière du Seigneur témoigne que les Évangélistes n’entendent pas nous donner une formule (magique) de prière; ils nous montrent un modèle et un esprit de prière : prier comme et avec Jésus.

En lien avec la liturgie

En rendant visite à Abraham et en lui confiant son projet, le Seigneur provoque le patriarche à l’intercession. La prière est essentielle dans notre relation à Dieu. Jésus nous en donne l’exemple dans sa vie et il l’enseigne à ceux qui veulent le suivre.

Lc 16, 19 – 31 : Vingt-sixième Dimanche Ordinaire

L’Evangile de ce Dimanche nous offre une parabole bien connue : celle du riche et de Lazare. Elle se compose de deux tableaux (Lc 16, 19-26 et 27-31 : cf note TOB sur le titre) qui forment un tout. Dans ce texte, Lc met en valeur plusieurs thèmes qui lui sont chers.

1) Quel est le sens de la première partie de la parabole (v. 19-26) ?
2) Comment comprendre la demande du riche et la réponse d’Abraham dans les v. 27-31 ?
3) Quelle est la leçon de la parabole dans son ensemble ? Le contexte dans lequel Lc l’a
placée apporte-t-il des éléments supplémentaires ?

Question 1

• Relever ce qui est dit de l’homme riche et de Lazare, ainsi que de leur sort respectif.
• Remarquer que Lc ne parle pas d’un mauvais riche, mais simplement d’un riche : il mène ici-bas une vie heureuse, dans le luxe; à sa mort, il se retrouve dans la souffrance.
• Au contraire, le pauvre – dont on nous donne le nom (cf note TOB sur Lc 16, 20) est d’abord dans le malheur (la faim, les chiens – cf la note TOB sur le v. 21 -); mais après sa mort, il est emporté dans le sein d’Abraham : Lc 16, 22 et les notes de BJ et TOB).
• La leçon de cette première partie de la parabole, placée dans la bouche d’Abraham, est double : au v. 25 , il s’agit du renversement des situations à la mort; d’après le v. 26 , la mort fixe définitivement le destin de l’homme (voir les notes BJ et TOB sur ce verset).

Question 2

• Le riche demande un signe exceptionnel pour avertir ses frères (v. 28-30).
• La réponse d’Abraham forme la “pointe” du récit : ils ont Moïse et les prophètes, c’est-à-dire , ils ont l’ensemble du message révélé par Dieu comme chemin de vie, qu’ils les écoutent : cf. encore Lc 24, 44 et note TOB; Lc 24, 25-27.
• Comparer la demande du riche à celle que faisaient les juifs à Jésus : Lc 11, 29 et note TOB.

Question 3

• La leçon principale est celle qui est exprimée par les v. 29 et 31 : la première partie de la parabole ne faisait que préparer ce dialogue entre Abraham et le riche.
• Parmi tous les signes offerts pour se convertir, la Parole de Dieu est le plus convaincant. Celui qui refuse d’écouter la Parole, ne sera pas converti par un signe exceptionnel, même par une résurrection des morts. Cf. la Résurrection de Jésus face à l’incrédulité du peuple juif.
• La parabole s’adresse aux auditeurs de Jésus : ils ont Moïse et les prophètes; ils ont donc tout ce qui serait nécessaire pour écouter l’appel que leur adresse Jésus.
• Une leçon complémentaire est donnée par le contexte : cf. Lc 16, 1 + ; Lc 16, 13-14. Voir encore la note sur Lc 12, 33 + (cité ici en marge par la BJ).

En lien avec la liturgie

Au 8ème siècle avant Jésus, Amos dénonce le luxe insolent des riches de Samarie et de Jérusalem : l’invasion assyrienne, qu’il sent toute proche, va renverser cette situation. Jésus, lui aussi, met en garde ses contemporains contre l’aveuglement causé par les richesses qui empêchent d’accueillir la Parole qui peut nous sauver.

Lc 19, 1 – 10 : Trente-et-unième Dimanche Ordinaire

Jéricho, dernière étape avant Jérusalem sur le chemin de Jésus (cf 18, 31). Pour la troisième fois, Jésus vient d’annoncer sa Passion. Ceux qui l’accompagnent ne comprennent pas, mais un aveugle le proclame “fils de David” (18, 38-39) et Zachée, le publicain, se réjouit de l’accueillir chez lui.

1) Rechercher ce que ce texte nous apprend au sujet de Zachée.
2) Qu’est-ce qui est dit de Jésus dans ce passage de Lc ?
3) Quelle est la signification de ce récit ? Comparer ce récit avec Lc 18, 18-23 : que
pouvez-vous constater ?

Question 1

• Il est un publicain, et même un chef de publicains : cf. Mt 5, 46 + ; c’est donc un homme considéré comme “impur” qu’un bon juif doit éviter. Voir la note TOB sur Lc 19, 7.
• Il est riche, de petite taille; les gens le considèrent comme pécheur (v. 7).
• Il est intéressé par Jésus (v. 3) : il court en avant… monte pour voir Jésus (v. 4).
• Il répond immédiatement (vite) et avec joie à l’appel de Jésus.
• Sa rencontre avec Jésus le transforme; il appelle Jésus “Seigneur”; il fait preuve de générosité et de justice (cf. les notes de BJ et TOB).

Question 2

• Jésus traversait Jéricho : il est en route vers Jérusalem, vers sa Passion (18, 31).
• C’est lui qui prend l’initiative de la rencontre (v. 5); il appelle Zachée par son nom et il s’invite chez lui : il me faut demeurer chez toi… (v. 6).
• Sur la parole : aujourd’hui, le salut est entré dans cette maison (v. 9 et les notes de TOB).
• Sa mission : chercher et sauver ce qui était perdu : cf. les références données en BJ sur ce verset.

Question 3

• Comme l’aveugle au bord du chemin et que la foule voulait empêcher (Lc 18, 35ss), Zachée, qui est “archi-publicain “ accueille Jésus et lui permet ainsi d’accomplir sa mission (v. 10).
• Remarquer les thèmes chers à Lc : la joie de Zachée (cf. Lc 1, 14 +); les murmures de ceux qui ne comprennent pas cette préférence de Jésus (cf. les références marginales à Lc 5, 30 et 15, 2); l’aujourd’hui du salut (cf. note TOB sur Lc 19, 9); le détachement des richesses : cf Lc 12, 33 + (en marge de BJ).
• Comparé avec le riche notable – qui paraissait être tout près de Jésus -, Zachée, le publicain , est un exemple de la conversion offerte à tous, même à ceux qui paraissent les plus éloignés du salut.

En lien avec la liturgie

Méditant l’histoire d’Israël, l’auteur de la Sagesse (vers 50 avant Jésus) était frappé par la miséricorde et la patience de Dieu à l’égard de son peuple, mais aussi à l’égard des ennemis de celui-ci. Dans l’Evangile, Jésus traduit dans ses actes cette attitude de Dieu, en offrant largement le salut à tous ceux qui sont prêts à l’accueillir.