Dieu dans notre histoire. La marche vers l’Incarnation

 

Deux éléments importants distinguent notre foi chrétienne de toutes les autres croyances religieuses : la révélation trinitaire : un Dieu Unique mais communion de Personnes, d’une part et, d‘autre part, l’Incarnation : l’affirmation de la présence de Dieu dans la personne de Jésus de Nazareth. C’est la place et l’importance dans la Bible de ce deuxième élément de notre foi que ce dossier voudrait nous aider à (re)découvrir en parcourant quelques textes de l’Ancien et du Nouveau Testament.

« Livre de la genèse de Jésus, fils de David, fils d’Abraham » écrit saint Matthieu au début de son Evangile. L’enfant, dont Gabriel dans l’Evangile selon Luc annonce à Marie la naissance n’a rien d’un « météorite » qui aurait brillé et traversé notre nuit pendant quelques dizaines d’années il y a maintenant deux millénaires. Bien au contraire, la naissance de Jésus s’inscrit dans l’histoire d’une famille ; Jésus appartient à un peuple. Et plus précisément à ce peuple dont nous parle la Bible.

Trois mots du Credo le situent avec précision dans notre histoire : « sub Pontio Pilato » ; Jésus a été crucifié et est mort sous Ponce Pilate, c’est-à-dire entre 26 à 36 de notre ère, en Judée, aux frontières de la province romaine de Syrie, où Ponce Pilate était alors le représentant de l’empire.

Comme pour les autres peuples, les origines d’Israël se perdent dans les brumes des temps passés. Les origines de sa pensée religieuse aussi. Mais ce petit peuple nous a conservé des traces de la présence de Dieu dans son histoire, commencée depuis bien des siècles et qui continue encore aujourd’hui.

Les récits des Patriarches nous parlent du Dieu des pères, le « Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob » qui accompagne et protège un petit clan de semi-nomades en voie de sédentarisation. Mais c’est surtout avec Moïse que ce Dieu entre dans l’histoire du peuple : il devient le « Dieu qui l’a fait sortir d’Egypte » et qui lui a donné la terre de Canaan.

Dans les récits de cette libération, Israël témoigne de la présence de Dieu dans son histoire et de son élection : le Seigneur a fait une alliance avec lui (Ex 19).

Quelques siècles plus tard, une autre étape de cette histoire est marquée par la personnalité de David : un berger choisi par Dieu pour diriger son peuple : (2 S 7).

Dans les siècles qui suivent, c’est à travers les événements qui l’ont marqué le plus durement que le peuple d’Israël va découvrir qui est le Dieu qui l’a choisi et quelle est la mission qu’il lui a confiée. Rappelons brièvement ces événements : le schisme (931), la destruction du Royaume du nord par les Assyriens (721), puis celle du Royaume de Juda et du Temple de Jérusalem (587) et la déportation à Babylone d’une partie importante de la population.

Avant la catastrophe, Jérémie, et d’autres prophètes, avaient averti le peuple que la présence de Dieu pour eux n’avait rien de magique ; cette présence ne protège le peuple que s’il entend la voix du Seigneur et lui obéit : (Jr 7).

Un peu plus tard, le message d’Ezéchiel, au milieu des exilés à Babylone, rappelle au peuple la sainteté de son Dieu (Ez 36).

Un autre prophète anonyme, dont nous lisons les oracles en Is 40-55, donnera bientôt un message de consolation (cf. Is 40, 1) : la destruction de Jérusalem et de son Temple ne signifie pas l’impuissance du Seigneur. Bien au contraire, c’est lui qui avait annoncé ces événements, et maintenant, c’est lui qui annonce le salut que, dans sa miséricorde et sa fidélité, il prépare pour son peuple, car lui seul est Dieu (Is 48).

Dans les siècles qui suivent le retour de l’exil, après l’Édit de Cyrus (538), certains pensent surtout à reconstruire le Temple et son culte sacrificiel. D’autres ont pris davantage conscience de la place de la Parole de Dieu, comme la présence du Seigneur qui rassemble les croyants, qu’ils soient en Judée ou dans la diaspora. (Ne 8)

Dans les derniers siècles de l’Ancien Testament, les sages d’Israël, méditant sur le chemin qui conduit au bonheur, prennent alors conscience de la grandeur du don que le Seigneur leur a fait. Depuis la création du monde, Lui qui seul est Sage, appelle tous les hommes à choisir un chemin de vie (Pr 8). Et ce chemin, nous dit le Siracide, est particulièrement révélé dans la LOI de Moïse (Si 24).

 

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Mais le dessein de Dieu dépasse toujours et de beaucoup les attentes les plus folles des hommes. La présence de Dieu dans notre humanité, une vie partagée de la naissance à la mort, va ouvrir des perspectives que les Evangélistes chercheront à exprimer à la lumière des événements de Pâques.

Pour une communauté composée surtout de Juifs, qui se sont ouverts au message chrétien, Matthieu nous montre comment Jésus accomplit les promesses messianiques (Mt 1). Dans une vision davantage marquée par l’universalité du salut, Luc nous présente Jésus comme le Messie d’Israël et Fils de Dieu (Lc 1). Enfin le regard méditatif de Jean nous invite à replacer ce don inouï de Dieu dans le dessein éternel du Dieu Trinitaire. (Jn 1)

Parce que Jésus était un homme véritable, la présence de Dieu sur notre terre était nécessairement limitée à un temps et un lieu. Mais le Christ Ressuscité a fait éclater ces limites liées à son Incarnation. Sa Présence parmi nous continue aujourd’hui à travers la vie sacramentelle de l’Eglise et tout spécialement dans l’Eucharistie (Jn 6) ; elle nous est aussi donnée par son Esprit qui, tout au long de l’histoire, nous « rappelle et nous enseigne ce que Jésus a dit » (Jn 14).

Enfin, témoigner de cette présence de Dieu dans notre humanité : telle est maintenant la mission de l’Eglise, ce Corps dont le Christ est la Tête (Ep 1).

Bien d’autres passages de l’Ancien et du Nouveau Testament pourraient compléter ce choix de textes et ouvrir encore d’autres horizons. Puisse ce choix limité nous faire découvrir quelques facettes de l’histoire de Dieu avec nous.

 

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Ex 19, 3-24 : « Vous avez vu ce que j’ai fait… maintenant si … C’est dans son histoire qu’Israël a découvert son Dieu. Fidèle aux promesses faites aux ancêtres, le Seigneur a libéré son peuple opprimé. Mais ce n’est là qu’un début si, maintenant, le peuple écoute sa voix … 

 

  1. Situer ce passage de l’Exode et proposer un découpage. Que contient ce texte ?
  2. Travailler plus particulièrement sur les v. 3-8 et sur v. 16-21. Relever les expressions qui vous paraissent les plus significatives.
  3. Qu’est-ce que ce texte apporte pour notre thème ?

Question 1

  • Lire les notes de BJ et de TOB sur Ex 19, 1.
  • Selon la BJ, ici commence la 3ème partie de l’Exode : L’Alliance au Sinaï. Après La délivrance d’Egypte (1, 1 – 15, 21) et La marche au désert (15, 22 – 18, 27), le peuple est arrivé au Sinaï (19, 1) et là, Dieu offre à Israël de faire alliance avec lui.
  • Toute la fin du livre (Ex 19 – 40) est consacrée à cette alliance, mais particulièrement les ch. 19-24 (l’alliance et le Décalogue ; le Code de l’alliance ; la conclusion de l’alliance).
  • Pour notre texte, comparer les découpages de la BJ avec ceux de la TOB. Voir aussi les alinéas. Proposer éventuellement d’autres sous-titres.

Question 2

  • Dans les v. 3-8, relever ce que Dieu a fait pour Israël (verbes au passé) : son parti pris, l’image de l’aigle et de ses ailes (cf. Dt 32, 11 ; Is 46,4 ; 63,9, cités en marge dans BJ), et ce qu’il fera (v. 5) si le peuple écoute sa voix : voir les notes de BJ et TOB sur Ex 19, 3 (titre) ; en TOB, voir aussi les notes sur v. 5 (alliance ; part personnelle).
  • Noter les v. 7-8 : Moïse convoque et parle aux anciens (v. 7), mais c’est le peuple tout entier et unanime qui donne son accord (v. 8) : quelle signification voyez-vous ?
  • Dans les v. 16-21 relever ce qui exprime la sainteté de Dieu (feu, nuée, bruit) ; voir notes BJ et TOB. Aussi pour aller à la rencontre de Dieu (v. 17), le peuple doit d’abord se sanctifier (v. 10 et note TOB) et il doit respecter les limites (v. 12-13 et 21-24).

Question 3

  • Israël a découvert un Dieu présent dans son histoire ; qui est intervenu pour lui gratuitement (v. 4), et qui maintenant lui offre encore davantage : faire alliance.
  • Dieu à qui toute la terre appartient et qui choisit un peuple particulier (v. 5), un peuple faible et opprimé.
  • Ce Dieu intervient et parle : il révèle ce qu’il est, sa sainteté ; il exprime également ce qu’il attend de la part d’Israël (cf. Les Dix Paroles et le Code d’alliance).
  • Noter encore l’expression « le troisième jour » (cf. TOB et la traduction liturgique) dans les v. 11. 15. 16.   

2 S 7, 1 – 17 : Le Seigneur t’annonce qu’il te fera une maisonEn décidant de bâtir un Temple pour abriter l’arche du Seigneur, David veut se placer sous la protection divine. Mais dans la réponse qu’il lui donne par le prophète Natân, le Seigneur, ouvre des perspectives bien plus larges.

  • Situer cet épisode dans le récit biblique de l’histoire de David.
  • Comment comprendre le projet de David ? et la réponse du Seigneur ?
  • Relever les versets de ce récit qui éclairent particulièrement notre thème. 

Question 1

  • L’histoire de David commence par le récit de son choix par le Seigneur (1 S 16)
  • Depuis 1 S 16 jusqu’en 2 S 1, le récit nous parle Saül et de David ; à partir de 2 S 2, le récit se concentre sur David.
  • Les chapitres 2 S 2 – 6 nous racontent « la montée de David » : roi sur Juda (2 S 2), puis sur Israël (2 S 5), il s’empare de Jérusalem (2 S 5, 6ss) ; il en fait sa capitale (2 S 5, 9ss) et il organise le transfert de l’Arche du Seigneur (2 S 6).
  • Sur la deuxième partie de l’histoire de David, voir la note de BJ sur 2 S 9 (titre).Question 2
  • Bien installé à Jérusalem (2 S 5, 11), David veut construire un Temple pour abriter l’Arche du Seigneur qu’il a fait entrer dans sa ville (2 S 6)
  • Comparer la première réponse de Natân (2 S 7, 3) avec la deuxième (2 S 7, 5) : pourquoi cette différence ?
  • Dans les versets qui suivent, relever tous les verbes qui indiquent ce que le Seigneur a fait pour son peuple (v. 5-6) et plus particulièrement pour David (v. 8 et suivants).
  • Sur les v. 6-7 (voir la note de BJ) : le Seigneur a habité sous une tente, non dans un lieu fixe. Il est le Dieu d’un peuple en marche.

Question 3

  • Remarquer le jeu de mot sur le terme « maison » (v. 11) : lire les notes de BJ et TOB sur le titre.
  • Construire un temple pour la divinité est un des devoirs du roi ; c’est aussi une manière d’assurer à la ville la présence et la protection de la divinité.
  • Sur la promesse de Dieu à David, lire les v. 11-12 et v. 14-16 ; lire aussi les notes de vos Bibles sur ces versets.
  • Noter le v. 14 : « Je serai pour lui un père et il sera pour moi un fils » ; cf. la note de BJ sur ce verset.
  • Pour l’importance de cette prophétie de Natân, lire la fin de la note de BJ sur 2 S 7, 1 (titre) qui nous donne plusieurs textes bibliques qui feront référence à cette promesse divine dans la suite de l’histoire du peuple.

Jr 7, 1 – 15 : Le Temple, présence du Seigneur : à quelles conditions ?A l’époque d’Isaïe, Jérusalem et son Temple avaient échappé à la destruction (Is 37, 33-35) lors de la campagne de Sennachérib de 701. Pour Jérémie, cette protection du Seigneur ne doit pas être considérée comme une « garantie tout-risque » mais un appel à la fidélité. 

  1. Que savons-nous sur Jérémie ? Quels sont les événements qui ont marqué sa vie et son ministère ?
  2. Situer notre passage dans le livre de Jérémie ; pourquoi Jérémie prend-il la parole ? Quel est son message ?
  3. Comment les Judéens conçoivent-ils la présence de Dieu dans le Temple ? Que leur dit le prophète ?Question 1
  • Lire l’introduction à Jérémie dans votre Bible ; lire aussi le résumé qui nous est donné en Jr 1, 1-3 ; cf. aussi le récit de sa vocation (Jr 1, 4ss).
  • Son ministère commence sous Josias (640-609) ; il se déroule durant les évènements qui vont aboutir à la destruction de Jérusalem et du Temple et de la déportation à Babylone (cf. Jr 1, 3 et note BJ).
  • Appartenant à une famille sacerdotale établie à Anatôt (cf. Jr 1, 1), il a vécu la réforme de Josias (cf. 2 R 23, 8ss ; Dt 12, 2 et note de BJ sur le titre) ; voir encore Jr 11, 18ss et la note BJ sur Jr 11, 18 (titre).
  • Appelé très jeune comme prophète (Jr 1, 6.7), Jérémie se sent peu fait pour cette mission dans cette époque particulièrement troublée : voir Jr 15, 10 et la note BJ sur le titre.

Question 2

  • Notre texte peut être situé sous Joaqim (609-598) durant les toutes dernières années du royaume de Juda : voir notes BJ et TOB sur Jr 7, 1 (titre).
  • Sur cette intervention de Jérémie et les réactions qu’elle a suscitées, lire Jr 26, 1-19 (cité en marge dans BJ).
  • Noter les références au Décalogue (v. 6 – et référence marginale à Ex 20, 2-3 – et v. 9) et au code deutéronomique (v. 5-6 et référence marginale à Jr 22, 3).
  • Jérémie ne rejette pas le culte du Temple, mais dans la ligne des prophètes qui l’ont précédé, il place le culte du Temple après l’observation de la Loi (cf. Jr 7, 21ss et la note BJ sur v. 22).

Question 3

  • Le Temple est, avec Jérusalem, le lieu choisi par le Seigneur pour faire habiter son Nom (Dt 12, 5  et note TOB; cf. Jr 7, 2. 4. 10.11.14).
  • Il contient l’Arche de l’alliance : cf. Ex 25, 10 et note TOB ; Ex 25, 22. Mais Dieu n’est pas lié au Temple : cf. Ez 10, 18ss.
  • Noter que cette parole de Jérémie sur le Temple est différente de celle qu’Isaïe donnait un siècle plus tôt : Is 37, 33-35. D’où la question : Jérémie parle-t-il au nom du Seigneur ?
  • Mais cette présence protectrice n’est pas magique (Jr 7, 4) ; Dieu est avec le peuple quand celui-ci écoute sa voix en vivant selon les conditions de l’alliance.ils

Ez 36, 16 – 38 : « Je sanctifierai mon grand Nom … »   

 

  • Le Seigneur et Israël sont liés par une alliance : aussi les malheurs qui ont frappé le peuple (la destruction de Jérusalem et du Temple, la déportation à Babylone) rejaillissent-ils sur le Seigneur et profanent son Nom, comme le dit Ezéchiel. 
  • Présenter Ezéchiel et son ministère. Situer ce chapitre 36.
  • Relever les mots et les expressions qui reviennent plusieurs fois et les expliquer.
  • Que peut nous apporter le message d’Ezéchiel pour notre thème ?

Question 1

  • Ezéchiel est prêtre et prophète ; il appartient à une famille sacerdotale du Temple de Jérusalem et, à ce titre, il a fait partie de la première déportation (sélective) de 598 : voir 2 R 24, 13-16.
  • Son ministère prophétique commence la 5ème année de la déportation (593-2) : cf. Ez 1, 2-3 et note BJ sur v. 3. La dernière date indiquée dans son livre est 571 (cf. Ez 29, 17 et note BJ).
  • Son langage et les thèmes traités soulignent son origine sacerdotale (pureté/impureté ; importance du Temple ; la Gloire de Dieu liée au peuple…) : cf. introduction à Ez.
  • Face à la Gloire du Seigneur, Ezéchiel n’est qu’un « fils d’homme » (Ez 2, 1 et note BJ).
  • Pour situer notre chapitre, lire la note BJ sur Ez 33 (titre)

Question 2 

  • Noter la répétition de la formule : « ainsi parle le Seigneur » aux v. 22, 33 et 37 qui donne une division de notre texte (16-21 : histoire du peuple ; 22-32 : la première partie de l’action du Seigneur ; v. 33-36 et 37-38 : les conséquences de cette action).
  • La situation du peuple (exil) a des conséquences : le Nom du Seigneur est profané ; il apparait comme sans valeur.
  • Sur le mot « profaner » (v. 20-21.22. 23), lire la note TOB sur v.20. « mon saint Nom » (v. 20.21.22 ; cf. 23). Cf. encore les mots « souiller », «  purifier »
  • Noter l’inclusion : «  ce n’est pas à cause de vous … » (v. 22 et 32).

Question 3

  • Par l’alliance, le Nom du Seigneur : « mon saint Nom » (v. 21.22), « mon grand Nom » (v. 23) est attaché au peuple d’Israël. Ce que fait le peuple peut le profaner, mais le Seigneur va montrer la sainteté de son Nom (v. 23), en sauvant son peuple, en rassemblant les dispersés et surtout en « recréant » son peuple (v. 25.26.27).
  • Ce renouveau se fera par le don de l’Esprit (v. 27 et note BJ) ; cf. aussi les références marginales données en marge de ce verset en BJ.
  • L’exil et les événements qui l’ont accompagné ont fait découvrir cette présence de Dieu dans l’histoire de son peuple.

Is 41, 21 – 29 : « Je l’ai dit … et j’ai fait… »C’est dans les événements de son histoire qu’Israël a découvert la présence de Dieu : la ruine de Jérusalem et du Temple avaient été annoncé par les prophètes. En annonçant le retour et la reconstruction de la ville et du peuple, le prophète anonyme, à qui nous devons les chapitres 40-55 du livre d’Isaïe, s’inscrit dans le même mouvement. 

  • Situer ce texte dans Is 40 – 55. Que savez-vous sur le contexte historique de ces oracles ?
  • Que contient notre passage ? Quelle est l’argumentation du prophète : de quoi, de qui parle-t-il ?
  • Quel enseignement sur Dieu et sur sa présence dans l’histoire ?

Question 1

  • Sur l’ensemble Is 40-55, voir la note BJ sur Is 40, 1 (titre) ; consulter également les introductions BJ et TOB. Ces oracles, placés dans le livre d’Isaïe, s’adressent au peuple en exil à Babylone au 6ème siècle.
  • Le prophète annonce le retour à Jérusalem : comme autrefois, le Seigneur va intervenir dans un nouvel exode, il conduira le peuple dans son pays. Cf. la note BJ sur Is 40, 3.
  • On situe généralement le ministère de ce prophète entre les années 550 et 538, qui marquent le début de la campagne de Cyrus et son entrée victorieuse à Babylone suivie de l’édit permettant le retour des déportés.

Question 2

  • Lire la note de BJ sur Is 41, 21 (titre) ; note nous renvoie aussi à celle sur Is 42, 8.
  • Les destructions de Jérusalem et du Temple en 587 pouvaient être perçues comme signe de l’infériorité du Seigneur face aux divinités babyloniennes, dont les temples et le culte frappaient les Israélites déportés.
  • L’argumentation du prophète (v. 22) : qui avait annoncés les « choses passées » ? Et qui annonce maintenant les « choses à venir » ?
  • Par ses prophètes (comme Jérémie), le Seigneur avait annoncé que le peuple courait à la catastrophe ; maintenant le prophète (des oracles d’Is 40-55) annonce la libération et le retour dans la terre (cf. Is 40, 1-11).
  • Noter les mentions de Cyrus : Is 44, 28 ; 44, 28 – 45,7… que le prophète présente même comme l’envoyé, le « messie » du Seigneur.

Question 3

  • Voir en TOB (édition intégrale) l’introduction à Esaïe, et spécialement : le Visage de Dieu.
  • Pour ce prophète de l’exil, le Seigneur n’est pas seulement le Dieu d’Israël ; il est le Dieu unique, le créateur de l’univers. Mais il s’est particulièrement lié à Israël ; il est le roi de Jacob (v. 21) ; il s’adresse à Sion / Jérusalem. Il est le Saint d’Israël, son rédempteur (goël) ; Is 41, 14 et la note BJ.
  • Il annonce les événements et les fait advenir (v. 22-23. 26) ; sur l’efficacité de sa Parole, voir encore Is 40, 6-8 et 55, 10-11.
  • Dans les événements, Israël ne découvre pas seulement la présence de Dieu, mais son pardon. qui marque ce nouvel exode, plus grand que le premier !

Ne 8, 1 – 18 : Esdras ouvrit le livre au regard de tout le peupleC’est en exil et au retour qu’Israël a découvert la place de la Parole de Dieu. Alors que certains se préoccupent surtout de rebâtir le Temple, de restaurer le culte, d’autres, comme Esdras, comprennent la place de la Parole de Dieu pour unifier le peuple.

  • Situer notre texte : que savez-vous sur cette époque de la vie du peuple et sur le rôle d’Esdras ?
  • Que contient ce chapitre de la Bible ? Proposer une division et relever ce qui vous parait le plus significatif, surtout dans les v. 1-12.
  • Quel est l’apport de ce texte pour notre thème ?

Question 1

  • Lire les Introductions à Esdras-Néhémie dans BJ ou TOB ; voir aussi le Tableau chronologique. En 538, l’édit de Cyrus permet le retour des déportés ; dans les années qui suivent, on assiste d’abord à la reconstruction du Temple (520-515).
  • Néhémie et Esdras vont marquer la période suivante ; le premier en obtenant le droit de rebâtir les murailles de Jérusalem ; le second par la promulgation de la Loi de Dieu – qui devient la loi des Juifs dans l’empire perse (cf. Esd 7, 26).
  • Néhémie est un laïc, fonctionnaire à la cour perse (cf. Ne 2) ; Esdras est prêtre (Ne 8, 9 ; cf. aussi 7, 6ss) : ce qui explique probablement l’ordre dans lequel les deux livres ont été placés dans la Bible.
  • Le passage que nous étudions devait faire suite à Esd 8, 36 (cf. la note BJ sur Ne 8, 1 – sur le titre).

Question 2

  • Notre texte comprend deux parties : v. 1-12 : la proclamation de la Loi et v. 13-18 : la fête des Tentes.
  • L’assemblée est datée (v. 2 ; c’est le début de l’année ; cf. note BJ) ; deux mois après l’arrivée d’Esdras à Jérusalem : cf. Esd 7, 8-9.
  • Dans les v. 1-12, on peut relever plusieurs éléments que l’on retrouvera dans le culte juif dans les synagogues (estrade servant de chaire ; bénédiction au moment où l’on ouvre le livre ; lecture, commentaire ; les gestes et les attitudes de la foule.
  • Noter que ce rassemblement n’a pas lieu au Temple, mais sur la place devant la Porte des Eaux (v. 1 et note BJ).
  • Sur ce qui est lu par Esdras, voir Esd 7, 25-26 : la Loi de Dieu (et du roi) est proclamée, traduite, commentée et expliquée ; ainsi elle est comprise par le peuple.
  • Noter aussi les réactions des auditeurs : unanimité pour écouter la Parole (v. 2-3) ; la joie (v. 9-11) et le partage (v. 12).

Question 3

  • La place de la TORA / LOI dans le judaïsme, un peuple qu’elle réunit.
  • On peut comparer la liturgie qui entoure la LOI et sa lecture à celle que sous donnons à l’Eucharistie : estrade, voile, solennité, attitude du peuple.
  • Cf. aussi Vatican II : « C’est lui (le Christ) qui parle lorsqu’on lit dans l’Eglise les saintes Ecritures. » (Sacra Liturgia, no. 7).

Pr 8, 22 – 31 : « Le Seigneur m’a créée prémices de son œuvre » Selon la Bible, le sage est celui qui connait le chemin de la vie et du bonheur. Grâce aux nombreuses expériences, il a acquis peu à peu cette sagesse, mais il sait aussi qu’elle est surtout un don du Seigneur. C’est cette réflexion sur la sagesse que nous offrent des sages qui s’expriment dans les derniers siècles de l’Ancien Testament. 

  • Situer notre passage dans le livre des Proverbes, et plus particulièrement dans les chapitres 8 et 9.
  • Travailler sur les v. 22-31 : que contiennent ces versets ? Relever ce qui vous parait le plus nouveau. Que peut-on retenir pour notre recherche sur la révélation de Dieu dans l’histoire ?

Question 1

  • Voir dans l’introduction BJ au Livre des Proverbes : le premier paragraphe nous donne des indications sur le contenu de ce Livre ; voir aussi ce qui est dit sur Pr 1-9, que l’on situe au 5ème siècle. Voir aussi l’introduction de la TOB et la note TOB sur Pr 8, 1 ; en BJ lire la note sur 8, 1 (titre).
  • Pour Pr 8, après une introduction (v. 1-11), la Sagesse se présente avec ses titres (v. 12-21) ; nous avons ensuite les v. 22-31 (cf. la Question 2), suivis d’un nouvel appel de la Sagesse (v. 32-36).
  • Pr 9 oppose l’invitation de la Sagesse (v. 1-6) à celle de la Folie (v. 13-18) ; les deux sont ici « personnifiées ».

Question 2

  • Des commentateurs voient dans les v. 22-31 quatre strophes : v. 22-23 ; 24-26 ; 27-29 ; 30-31 : proposer des sous-titres pour ces strophes.
  • Les v. 22-23 soulignent la place de la Sagesse – prémices – dans l’œuvre de Dieu ; les v. 24-26 évoquent les éléments de ce qui fait le cadre de la vie de l’homme : la Sagesse leur est antérieure.
  • De même, elle assiste à la mise en place de ces éléments (v. 27-29) ; cf. aussi les références marginales données en BJ. Voir encore la note TOB sur le v. 29. Sur la dernière strophe (v. 30-31), et le nom donné à la Sagesse, voir note BJ sur v. 30. La Sagesse fait le lien entre le Seigneur et les « enfants des hommes ».
  • Sur cette présentation de la Sagesse, relever particulièrement les verbes dans les v. 22.23. 24-25 et 30. Question 3
  • La Sagesse prend les traits de la révélation de Dieu aux hommes, et pas seulement à Israël !
  • Elle est une « Présence » venue de Dieu et qui habite parmi eux. Pour l’auteur de ce texte, la Sagesse n’est pas une « Personne ».  Dans la représentation du Dieu Unique qu’Israël a découvert à travers les événements de l’Exil et du retour, le Tout-Autre dont on n’ose même plus prononcer le Nom, cela n’est pas possible.
  • Mais les formulations sont « ouvertes » et elles préparent la révélation du Nouveau Testament.

Si 24, 1-34 : « Il m’a dit : Installe-toi en Jacob, en Israël reçois ton héritage. »L’éloge de la Sagesse en Si 24 fait partie des grands textes consacrés à la Sagesse (avec Pr 1 – 8 et 9, 1-6 ; Sg 7 – 9). Dans ce texte, placé au centre de l’écrit du Siracide, la Sagesse s’adresse longuement à ceux qui la recherchent. 

  • Que savons-nous sur le Siracide (par ex. le temps et le milieu dans lequel il est écrit) ? Situer notre texte dans le livre et proposer un découpage.
  • Que contient ce chapitre ? relever les phrases qui vous paraissent intéressantes ou qui posent question.
  • Qu’est-ce que ce texte apporte pour notre étude ?

Question 1

  • Le Siracide est le seul texte AT (à part des Prophètes) où l’auteur nous est présenté (Si 50, 27 ; cf. le Prologue v. 7ss) ; on sait que le texte hébreu a été traduit en grec à partir de 132 av. J.-C. (cf. v. 27) par le petit-fils de l’auteur, qui devait écrire vers 190-180.
  • A cette époque, la Palestine faisait partie de l’empire grec ; vers 200, elle a passé sous le contrôle des Séleucides. On ne sent pas encore les tensions qui vont bientôt surgir lors de la crise des Maccabées (167-164).
  • L’auteur est un Juif fidèle, fier de son héritage culturel : cf. Si 51, 13ss ; la LOI, le Temple  tiennent une grande place : Si 50 ; cf. Si 45, 6ss et note TOB.

Question 2

  • Lire les notes de BJ et TOB sur Si 24, 1 (titre), qui font les liens avec d’autres textes sapientiaux. Si 24 se place entre Pr 8 – 9 et Sg 7-9 ; cf. aussi Jb 28 ; Ba 3, 9-4, 4.
  • BJ et TOB découpent notre texte en deux parties : la Sagesse fait son éloge (v. 1-22) ; puis l’auteur nous parle de la LOI et de son travail pour la faire connaitre (v. 23-34).
  • Autre découpage possible : introduction (v. 1-2), puis v. 3-9 ; 10-17 ; 19-22 : proposer des sous-titres.
  • Quelques expressions : issue de la bouche du Très-Haut (v. 3) ; installe-toi en Jacob /Israël (v. 8) ; dans la Tente sainte j’ai officié / en Sion / Jérusalem (v. 10-11).
  • Les v. 13-14 donnent les limites du pays ; sur le v. 15 : voir les références marginales (Ex 39, 7 et 34s) ; dans les v. 25-27 : les 4 fleuves du récit du Paradis (Gn 2, 11) et les deux fleuves liés à l’Exode et à l’entrée dans la terre : le Nil et Jourdain.

Question 3

  • Les événements de la ruine de Jérusalem et du Temple et de l’Exil qui suivit ont profondément marqué la foi juive : le Seigneur n’est pas vaincu ; c’est lui qui est derrière ces événements, il a dit et il a fait (Is 41, 21-29 et note BJ sur 41, 21).
  • Il a sanctionné les infidélités, mais il reste fidèle à son alliance. (Is 54, 15-16).
  • Lui seul est Dieu, les autres divinités ne sont rien : le Seigneur est l’Unique, et donc il est aussi le Dieu des autres peuples (monothéisme) ; il est bien plus grand que ce qu’Israël pensait jusque-là. La présence de Dieu est évoquée par la Parole (cf. Is 55, 10-11), par l’Esprit, par la Sagesse.
  • Dans le judaïsme, elle est surtout la Loi promulguée par Moïse (v, 23ss) qui réunit tous les croyants juifs. Ces textes où la Sagesse est présentée personnifiée (cf. note BJ sur Pr 8, 27 – titre) préparent la révélation du NT.

Mt 1, 1 – 25 : « … Jésus, Fils de David, fils d’Abraham… »Pour la communauté dans laquelle écrit l’Evangéliste Matthieu, l’appartenance de Jésus à la lignée de David et d’Abraham est particulièrement importante : c’est par elle que les promesses de l’Ancien Testament prennent leur vraie dimension.

  • Que contient ce premier chapitre de l’Evangile selon Matthieu ? Que retenir des versets 1-17 ?
  • Travailler sur Mt 1, 18-25 : comment peut-on le diviser ? Sur quoi l’Evangéliste insiste-t-il ?
  • Que nous apporte ce texte de Matthieu pour notre thème ?

Question 1

  • Deux parties assez différentes : la généalogie (v. 1-16) de 3 fois 14 noms (cf. v. 17 et ensuite les v. 18-25 qui « expliquent » la particularité du v. 16.
  • Sur la généalogie, voir les notes de BJ et TOB : l’importance de cette forme dans le judaïsme postexilique.
  • Ici l’Evangéliste souligne : Jésus, fils de David, fils d’Abraham ; cf. aussi les trois périodes de l’histoire d’Israël (patriarcale – royale – postexilique).
  • Matthieu présente Jésus comme le descendant de David et d’Abraham, et donc, comme le dépositaire des promesses faites aux patriarches.

Après le 3 x 14 (ou 6 x 7), Jésus inaugure la 7ème série, (plénitude des temps). A noter aussi la mention des 4 femmes, par lesquelles passe – d’une manière non prévue – le dessein de Dieu. Ce qui prépare ce qui est dit de Marie (v. 16)

Question 2

  • Les v. 18-19 : la situation ; Marie et Joseph, légalement mariés mais ne cohabitant pas encore ; Marie « enceinte par le fait de l’Eprit-Saint » comme dit Mt.
  • L’intervention de l’Ange du Seigneur auprès de Joseph, fils de David, lui révélant sa mission dans ce dessein de Dieu (v. 20-21).
  • Dans les v. 22-23, Mt donne le sens de cette intervention ; accomplir une promesse de l’AT ; cf. note en BJ.
  • Les v. 24-25 : Joseph, à son réveil, fait ce que le Seigneur lui a demandé (cf. Gn 12, 1 et 4) : il donne le nom à cet enfant que Marie enfante et, par là, il insère Jésus dans le peuple de Dieu « fils de David, fils d’Abraham » (Mt 1, 1).

Question 3

  • Ce passage de Mt distingue bien la complémentarité des vocations de Joseph et de Marie ; « elle enfantera » et « tu l’appelleras » (v. 21 et 23).
  • Par Joseph, cet enfant appartient à la lignée messianique ; par la conception virginale, il est Dieu-avec- nous : Emmanuel (v. 23).
  • Ainsi la naissance de Jésus accomplit la promesse d’Is 7, 14, qui était déjà une actualisation de la promesse faite à David en 2 S 7, 11-16.

Lc 1, 26 – 38 : « Fils du Très-Haut … et Fils de Dieu… »L’annonce de la naissance de Jésus que nous lisons dans ce texte exprime bien la foi de la communauté chrétienne : Jésus, né de Marie, l’épouse de Joseph de la maison de David accomplit l’espérance messianique, mais dépasse de beaucoup les attentes d’Israël. 

  • Situer notre texte dans l’Evangile de Luc et le comparer avec l’annonce de la naissance de Jean-Baptiste.
  • Travailler sur notre texte, et particulièrement sur les v. 31-35.
  • Quel est l’apport de ce texte de Luc pour notre thème ?

Question 1

  • Lc 1 – 2 contient une présentation parallèle de Jean-Baptiste et de Jésus : les deux annonces de naissance (Lc 1, 5-25 et 1, 26-38), suivies des récits de naissance et circoncision (Lc 1, 57-80 ; 2, 1-21). A cela s’ajoutent: la Visitation (Lc 1, 39-56) et, pour Jésus, la Présentation au Temple (Lc 2, 22-38), puis l’épisode de Jésus dans le Temple avec les docteurs (Lc 2, 41-50).
  • Pour Jean-Baptiste, l’annonce de naissance est située dans le Temple, en pleine action sacerdotale ; pour Jésus, l’ange s’adresse à Marie, à Nazareth (un lieu qui n’est jamais cité dans AT), dans un cadre tout à fait quotidien. Mais pour les deux, le porteur du message est Gabriel : cf. Lc 1, 19 et note BJ et TOB ; voir aussi les références marginales à Dn 8, 16 et 9, 11.

Question 2

  • Après la présentation de la scène (v.. 26-27) : le temps, le lieu, les intervenants : Gabriel et Marie, fiancée à Joseph, de la maison de David, vient la salutation (v. 28 ; cf. So 3, 14-15).
  • Le message de l’ange est coupé en deux par la question de Marie : v. 34 et note TOB.
  • La première partie du message (v. 31-33) annonce la naissance du Messie (2 S 7, 1 + : la note BJ) ; cf. aussi les autres références données en BJ à Is 7, 14 et Mt 1, 21.
  • Dans la deuxième partie de son message (v. 35-37), l’ange précise l’identité de l’enfant qui va naitre : il sera appelé Fils de Dieu : cf. aussi les références marginales données en BJ.

Question 3

  • Mt 1,21-22 annonçait cette naissance comme l’accomplissement de la promesse d’Is 7, 14 : Dieu-avec-nous ; Lc précise : il sera appelé Fils de Dieu. La parole de Gabriel (v. 35) « n’est pas une description, mais une image qui ménage le mystère » (NTC). Ce qui est annoncé à Marie dépasse de beaucoup l’annonce faite à Elisabeth (une naissance dans un âge avancé, comme en Gn 18, 11) ; mais rien n’est impossible à Dieu (Gn 18, 14).

 

  • Sur la réponse de Marie (v. 38), voir note TOB. « Elle accepte d’être en son corps même le lieu où se vérifiera que rien n’est impossible à Dieu. » (NTC)  

 

Jn 1, 1-18 : « … et le Verbe s’est fait chair … »Le Prologue de l’Evangile selon saint Jean n’est pas seulement le commencement de cet Evangile : en quelques lignes, ce texte évoque les principaux thèmes et résume la vision de Jn sur le mystère de Jésus.

  • Comparer ce texte de Jn avec celui de Pr 8, 22-30 et Si 24, 1-34 : que pouvez- vous constater ?
  • Etudier le texte de Jn : comment est-il construit ? Que reprend-il de l’AT ? Qu’apporte-t-il de nouveau ?
  • Quel est l’apport de ce texte pour notre thème ?

Question 1

  • Sur les liens entre ce texte de Jn et les textes de Sagesse, voir les notes de BJ sur Jn 1, 1 et TOB sur Jn 1, 3.
  • Comme la Sagesse qui est sortie de la bouche de Dieu (Si 24,3), le VERBE, la Parole vient de Dieu : Jn 1, 1-2.
  • Il est créé avant toutes les créatures (v. 1-2) comme Si 24, 9 ; Pr 8, 22-23 ; il est venu dans le monde (v. 10), où il a dressé sa tente (v. 14 et notes BJ et TOB).
  • Sur l’envoi particulier à Israël (Si 24, 8), le texte de Jn semble être plus ouvert (v. 9-12 et les notes TOB sur ces versets) ; cf. aussi Pr 8, 4ss.

Question 2

  • Le texte a peut-être une construction concentrique : A – v. 1-5 ; B – vv.9-11 ; C – v. 12-13 ; B’ v. 14 ; A’ v. 16-18 ; avec deux ajouts sur Jean-Baptiste : v. 6-8 et v. 15.
  • A l’origine de ce texte, certains voient une hymne, peut-être même une hymne juive sur le Logos (v. 1-5 et 11-12), complétée et christianisée par l’ajout des v. 4 et 16 : cf. les notes sur Jn 1, 1, de BJ 1999 et de TOB. Dans l’état actuel, ce texte parle du Verbe dans son rôle créateur (cf. Gn 1, 3. 6 ss ; Ps 33, 6-9 ; Sg 9, 1), envoyé par Dieu dans le monde et faisant retour à Dieu (cf. Is 55, 10-11).
  • Mais ici le VERBE est devenu chair, alors qu’il est le FILS Unique-Engendré (monogenès : v. 14 et 18 et les notes BJ et TOB) ; lui seul peut nous révéler le Père ; et ce VERBE appartient à notre humanité : Jésus-Christ (v. 17).

Question 3

  • Dans l’AT, la Sagesse / la Parole / l’Esprit était une présence aux hommes du Dieu unique (cf. monothéisme juif) ; En Jn, Jésus Christ, par son incarnation (v. 14 et notes) est désormais la Présence de Dieu (Jn 2, 19-21), la révélation du Dieu Père (cf.; 14, 6).
  • Jn 1, 14 : le VERBE est devenu chair : noter l’opposition entre ces deux termes.
  • Lui qui est Dieu, qui est tourné vers Dieu (v. 1 et note TOB) connait Dieu et lui seul peut nous le révéler (v. 18).
  • Comparé à Moïse (et à ce qu’il représente dans le judaïsme), Jésus lui est infiniment supérieur /v. 16-18) ; lui seul peut nous faire connaitre le mystère de Dieu : grâce et vérité (v. 14 et 17 et les notes BJ et TOB sur v. 14).

Jn 6, 26 -58 : « Je suis le pain de vie »Dans l’Evangile de Jean le miracle des pains est suivi par un long discours de Jésus à Capharnaüm. A ceux qui le recherchent, parce qu’il les a nourris de pain, Jésus voudrait offrir bien davantage. 

  • Situer ce passage dans son contexte. De quoi parle ici l’Evangéliste ?
  • Qu’est-ce que le « pain de vie » dans les versets 35-50 ? Que faut-il faire pour le recevoir ? Et dans les v. 51- 58 ?
  • Quel lien voyez-vous entre ce texte de Jn et notre thème ?

Question 1

  • Le miracle des pains est le 4ème « signe » dans la première partie de l’Evangile de Jean (Jn 1-12) où Jésus se révèle au monde ; à partir de Jn 13, il parlera « aux siens ».
  • Après le miracle des pains (Jn 6, 1-15), nous avons le miracle sur la mer (6. 16-21), puis le discours à Capharnaüm (6, 22-66) et enfin la confession de Pierre (6, 67-71).
  • Seul le discours (v. 22-66) est propre à Jn ; pour les autres éléments, voir les références marginales renvoyant aux autres Evangiles.
  • Noter la mention de la Pâque (6,4) ; c’est la 2ème pour Jn : cf. Jn 2, 13 et 11, 55.
  • En Mc et Mt on trouve aussi le lien entre le (premier) miracle des pains et un miracle sur la mer ; d’autre part, les trois Synoptiques placent également la confession de Pierre, en lien avec le miracle des pains, à la fin du ministère en Galilée.

Question 2

  • Dans le discours, Jésus se présente lui-même comme le don de Dieu (cf. les notes de BJ et TOB sur Jn 6, 35), capable d’apaiser toute faim et toute soif, comme la Sagesse dans l’AT.
  • Pour nous ouvrir à ce don, Jésus nous demande de venir à lui, (6, 35 et 37) de croire en lui (6, 35 et 40).
  • Dans les v. 40-42 l’Evangéliste note la réaction des auditeurs : ils murmurent (v. 41) ; pour connaitre qui est le « fils de Joseph », il faut être « attiré par le Père » (v. 44), et être « enseignés par Dieu » (v. 45).
  • Dans la suite, Jésus parle de manger sa chair et de boire son sang (v. 51-58) ; cf. les notes de BJ et TOB sur Jn 6, 51. A noter ici les verbes au futur : qui mangera le pain que je donnerai, vivra (v. 51) ; je le ressusciterai (v. 54) ; il vivra… (v. 57-58).
  • Devant ces paroles de Jésus, deux réactions : certains disciples murmurent et le quittent (v. 66) ; Pierre, au nom des Douze, dit sa foi en Jésus (v. 67. 69 et les notes BJ et TOB).

Question 3

  • Jésus est le Pain venu du ciel par son Incarnation et dans le sacrement de l’Eucharistie. Déjà dans l’AT, l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui sort (en LXX : de toute parole qui sort) de la bouche de Dieu (Dt 8, 3 et note BJ).
  • Chez Jn, le mot « chair » est utilisé pour l’Incarnation (Jn 1, 14) et pour l’Eucharistie (Jn 6). L’Eucharistie, sacrement de l’Incarnation, Présence de Dieu pour nous durant le temps de l’Eglise.

Jn 14, 15 – 26 : Un autre Paraclet, avec vous à jamais.Aux disciples bouleversés par l’annonce de son départ, Jésus adresse un discours d’adieux. Il part vers le Père, mais il ne les laissera pas orphelins. Il leur promet une présence différente de celle qu’ils ont expérimentée jusque-là, mais une présence bien réelle.

  • Replacer notre texte dans son contexte et dans l’Evangile de Jn.
  • Que contiennent les v. 15 – 26 ? Comment Jésus parle-t-il ici du Paraclet ?
  • Qu’est-ce que ce texte de Jn apporte pour notre thème ?

Question 1

  • Nous sommes dans la seconde partie de l’Evangile de Jn ; dans les chapitres 13 – 20 (21), Jésus se révèle aux « siens » (cf. 13, 1), à ceux qui ont cru en lui.
  • En Jn 13-16, nous avons le récit du dernier repas de Jésus avec eux (13, 1-30), suivi des paroles concernant son départ (13, 31 – 14, 31). Après les ch. 15-16, nous trouvons la grande prière de Jésus (Jn 17) ; puis vient la Passion (Jn 18-19) et la Résurrection (Jn 20).
  • La TOB divise le (premier) discours d’adieux en 3 parties : 13, 31-38 ; 14, 1-14 ; 14, 15-31. Voir les notes de NBJ et TOB sur ces versets.

Question 2

  • Repérer dans notre passage les deux paroles sur le Paraclet (Jn 14, 15-17 et 14, 25-26)
  • Sur le mot Paraclet, – propre à la littérature johannique -, voir les notes BJ et TOB sur Jn 14, 16 et renvoi à 14, 26 et 1 Jn 2,1. Cf. aussi Jn 14, 17 : l’Esprit de vérité, et les notes BJ et TOB.
  • La 1ère parole sur le Paraclet est introduite par les v. 12-14 : Jésus continue son œuvre à travers les disciples ; la 2ème par les v. 18-24 : la Résurrection de Jésus et le temps postpascal va permettre aux disciples de découvrir qui était Celui qu’ils avaient suivi jusque-là (cf. v. 20 et note BJ et TOB)
  • Relever les affirmations les plus fortes des deux paroles sur le Paraclet. Voir aussi ce que Jn nous dit encore sur le Paraclet en 15, 26-27 ; 16, 7-15.

Question 3

  • La présence de Dieu en Jésus était limitée, dans le temps et l’espace, par son humanité véritable. L’Esprit de Vérité sera « un autre Paraclet pour être avec vous à jamais » ; il accompagnera les disciples partout et toujours.
  • Par le don du Paraclet, les disciples pourront entrer dans le mystère de Jésus ; il leur rappellera ce que Jésus a fait et dit et leur révélera la signification. Le Paraclet est donné par le Père à la prière de Jésus (v. 16) ; il fera se souvenir de tout ce que Jésus a fait et dit (v. 26). Cf. encore 16, 12-15 et notes TOB.
  • Les écrits du NT témoignent de cette compréhension postpascale  du mystère du Christ : cf., Jn 2, 12 ; 12, 16 ; voir aussi 1 Co 2, 7-12.

Ep 1, 1-23 : Le « mystère » de sa volontéPar sa vocation particulière et dans les événements qui ont marqué sa vie missionnaire, Paul a découvert peu à peu ce qu’il appelle le « mystère », un thème fondamental des Lettres aux Colossiens et Éphésiens.

  • Présenter la Lettre aux Ephésiens dans les écrits pauliniens. Situer notre passage dans la 1ère partie de cette Lettre.
  • Que contient notre texte ? Que nous dit-il sur le Christ ? sur Dieu ? sur l’Eglise ?
  • Pour notre thème : quel est l’apport de ce texte paulinien ?

Question 1

  • Ephésiens : une lettre de Paul en prison (cf. Ep 3, 1 ; 4, 1), « aux saints et fidèles de Jésus Christ » (Ep 1, 1) ; sur l’adresse « aux Ephésiens », lire note BJ et TOB sur Ep 1, 1 ; Ephèse, une communauté bien connue de Paul (cf. Ac 19, 10 et note BJ).
  • La lettre aux Ephésiens a beaucoup de relations avec celle aux Colossiens (cf. les introductions à ces Lettres) ; elle pourrait être l’œuvre d’un disciple de Paul écrivant dans la génération postapostolique (cf. TOB, Introduction), reprenant des thèmes de Paul, mais apportant des idées nouvelles sur le rapports des Juifs et des païens, le « mystère », le dessein de Dieu révélé dans l’Eglise.
  • Deux parties : Ep 1-3 : le mystère du salut et de l’Eglise ; Ep. 4-6 : parénèse. Dans la 1ère partie : Ep 1 : bénédiction (v. 3-14) et prière (v. 15-23) ; Ep 2 : salut dans le Christ : la réconciliation des Juifs et des païens ; Ep 3 : le « mystère » révélé à Paul.

Question 2

  • Après l’adresse (v. 1-2), la grande bénédiction (v. 3-14 : cf. les notes BJ et TOB sur v. 3) ; puis la prière d’action de grâces (v. 15-23), que l’on trouve dans les autres Lettres de Paul immédiatement après l’adresse, mais qui est ici précédée de la bénédiction.
  • Sur les divers aspects de la bénédiction, voir note TOB sur v. 3 ; en BJ les notes sur les versets 4ss. Sur les v. 11-12 (nous / vous), lire note TOB sur v. 12. ; dans le v. 14, le don de l’Esprit est présenté comme les arrhes (cf. note TOB) du don final (cf. les notes BJ et TOB).
  • Dans les v 15-23 : la prière de Paul ; comparer avec les passages cités en marge. Sur l’espérance (v. 18), lire la note TOB et le renvoi à Col 1, 5.
  • Dans les v. 21-23  l’auteur évoque le problème des Colossiens et la place du Christ dans l’univers : lire les notes de BJ et de TOB.

Question 3

  • La place du Christ dans le dessein de Dieu, le « mystère » : il est le Fils bien-aimé (v 6 et notes) du Père (v. 2. 3 et 17).
  • Le Christ  (v. 1.2.3.5.10.12.20), ressuscité et assis à la droite de Dieu (v. 20), au-dessus de toutes les puissances qui peuvent exister (v. 21 et note TOB sur Col 1, 16) ; il récapitule tout l’univers (v- 9-10) Il est la Tête de l’Eglise qui est son Corps (v.22-23). Pour l’image du Corps chez Paul, lire la note BJ sur 1 Co 12, 12 (titre).
  • Les croyants : élus en lui avant la création (v. 4-5), prédestinés à être des fils adoptifs. Ils ont entendu la Parole de vérité et ont cru et ils ont reçu les arrhes de l’héritage (v. 14-15). Ils forment le Corps dont le Christ est la Tête.
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LA SYMBOLIQUE DANS L’EVANGILE DE JEAN

jarresSous ce titre « la symbolique dans l’Evangile de Jean », se cache souvent la question de l’historicité de ce que rapporte cet Evangéliste au sujet de Jésus : est-ce que c’est « vrai » ? En effet, quand il lit l’Evangile de Jean, le lecteur note immédiatement une différence avec les Evangiles synoptiques. Alors que les trois premiers Evangiles nous présentent un parcours de Jésus, de Galilée à Jérusalem, après le baptême prêché par Jean-Baptiste jusqu’à la Pâque où il meurt (cf. Ac 10, 37ss), Jean nous parle d’un ministère de Jésus s’étendant sur plus de deux années (cf. les 3 fêtes de la Pâque juive : Jn 2, 13 ; 6, 4 ; 11, 55) et qui se déroule principalement à Jérusalem (Jn 5. 7-12 ; 13-20). Mais ce qui frappe encore davantage le lecteur, c’est la manière dont s’exprime Jésus dans cet Evangile. Le langage est différent et surtout les dialogues prennent ici une place beaucoup plus importante : l’entretien avec Nicodème (Jn 3), avec la femme de Samarie (Jn 4),  le discours sur l’œuvre du Fils (Jn 5) ; le discours du Pain de vie (Jn 6), les enseignements durant la fête des Tentes (Jn 7-8), puis le (ou les) discours après la Cène (Jn 13-17). D’autre part, le lecteur remarque que les « miracles » de Jésus sont bien moins nombreux que dans les Synoptiques, mais ils prennent une autre dimension. Jean n’en garde que 7 – même s’il nous dit qu’il y en a bien d’autres : cf. Jn 20, 30 et 21, 25 – et plutôt que de les présenter comme des manifestations de puissance (dynameis), il parle de « signes » (sémeia) qui révèlent la personne du Fils. C’est aussi du Fils, de la personne de Jésus, que traitent directement les controverses, même si elles sont parfois suscitées par le problème du sabbat (Jn 5, 16 ; cf. 9, 18). En effet, chez Jean l’identité de Jésus est dévoilée au lecteur dès le Prologue (Jn 1, 1-18) et elle prend une grande place dans la suite du récit. Comme l’écrit E. COTHENET « Dans Jn, les disciples reconnaissent d’emblée Jésus comme Messie (1, 41.45.49) et lui, de son côté, multiplie les déclarations sur sa personne (ainsi 4, 25 ; 8, 58 ; 10, 36-38). A la pédagogie progressive que Mc a systématisée par l’ordre du « secret » s’oppose la révélation en clair de la personne du Maitre, selon le but que Jn s’est assigné. (20, 30s) ». (dans Introduction à la Bible, Nouvelle Edition, sous la direction de A. GEORGE et P. GRELOT, Tome III, Volume IV : La Tradition johannique, Paris 1977, p. 225)

Ecrire un Evangile

Pour essayer de comprendre ce problème, il faut d’abord donner toute sa signification à ce que l’auteur nous dit, au terme de son Evangile : « Jésus a opéré sous les yeux des disciples, bien d’autres signes qui ne sont pas consignés dans ce livre. Ceux-ci l’ont été pour que vous croyez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et que, en croyant, vous ayez la vie en son nom. » (Jn 20, 30-31) Jean ne veut pas simplement nous raconter la vie de Jésus, comme le ferait un auteur qui s’intéresse à un personnage du passé ; il veut partager sa foi avec ceux qui le liront. Il entend, certes, nous parler de Jésus de Nazareth (cf. 1 Jn 1, 1), mais il nous en parle à la lumière de la foi pascale, comme il le dit explicitement (2, 17.22 ; 12, 16 ; 13, 7 ; 20, 9). Ce travail d’anamnèse est l’œuvre du Paraclet (14, 15 ; 15, 26 ; 16, 7-11.13.15) : « Seule la rétrospective pascale agie par l’Esprit permet de découvrir le sens achevé de l’incarnation, du ministère terrestre, de la Passion et de l’élévation du Fils. L’évangile est donc par excellence un témoignage rendu au Christ incarné, dans la force de l’Esprit, lequel à la fois conserve le souvenir du Christ terrestre et en dit l’actualité pour l’aujourd’hui de la foi. » (J. ZUMSTEIN, dans Introduction au Nouveau Testament, sous la direction de D. MARGUERAT, Genève 2004, p. 364 Cette relecture porte, tout naturellement, la marque de son auteur : elle est « johannique » et elle veut répondre aux besoins de la communauté dans laquelle et pour laquelle elle est faite. Comme le disait le Document de la Commission Biblique Pontificale (1964), sur la Vérité des Evangiles, Sancta Mater Ecclesia : « (Les auteurs sacrés) choisirent certains éléments parmi ceux qui avaient été transmis, ils en résumèrent quelques uns, ils en développèrent d’autres, eu égard à l’état des églises. Ils s’efforcèrent de faire connaitre à leurs lecteurs la solidité des paroles dont ils avaient été instruits. En effet, les auteurs sacrés choisirent de préférence parmi tout ce qu’ils avaient reçu ce qui était le plus utile à leur propos et aux différentes conditions des fidèles et ils le racontèrent de la façon qui correspondait à ces conditions comme aussi au but qu’ils s’étaient fixé. » Avant d’aborder la symbolique de l’Evangile de Jean, je voudrais encore ajouter quelques clarifications sur les deux notions d’histoire et de symbole.

L’histoire

Quand on parle de l’histoire des Evangiles (ou de la Bible), on ressent souvent un malaise. On entend souvent la question : est-ce que c’est vrai ? sous-entendu : est-ce que les choses se sont bien passées ainsi ? est-ce « historique » ? Beaucoup restent encore marqués par la conception positiviste de l’histoire du 19ème siècle, et par l’apologétique déployée par les croyants contre ceux qui, à partir de cette conception de l’histoire, s’attaquaient à la foi biblique et chrétienne. Selon cette conception positiviste de l’histoire, certains auraient voulu décaper les Evangiles de tous les apports dus aux premiers chrétiens pour accéder à des faits bruts du ministère de Jésus et atteindre un noyau historique incontestable. Mais on ne peut pas faire de l’histoire comme on fait des sciences naturelles ! Voici ce qu’écrivait H.-I. MARROU dans son livre De la connaissance historique, (1954), où, après avoir souligné que l’histoire est notre connaissance du passé, basée sur les documents qui nous sont parvenus et à travers le regard d’un historien, il faisait une application au sujet qui nous intéresse plus directement : « Prenons comme exemple l’interprétation des Evangiles canoniques. Que de temps perdu par la « critique » à rechercher la crédibilité du témoignage qu’ils portent sur les événements de la vie de Jésus. Nous commençons seulement (…) à nous rendre compte qu’il fallait d’abord comprendre ce qu’était un Evangile : ce n’est pas un recueil de procès-verbaux, de constats d’évènements, plus ou moins exacts ou tendancieux, plus ou moins fidèlement transmis ; l’auteur ne se proposait pas de fournir un jour une documentation à l’histoire historicisante, mais bien autre chose : il voulait, dans la perspective existentielle de la catéchèse ecclésiastique, transmettre à ses lecteurs la connaissance du Christ, nécessaire au salut ; pour élaborer cette image de Jésus, il a pu être amené à toute une manipulation de ses sources qui nous déconcerte peut-être (par son indifférence, par exemple à la chronologie), mais qu’il serait naïf de qualifier de falsification ou de mensonge. » (op. cit. p. 107-108) En effet, comme il le dit plus loin : « Connaissance de l’homme par l’homme, l’histoire est une saisie du passé par, et dans, une pensée humaine, vivante, engagée. Elle est un complexe, un mixte indissoluble de sujet et d’objet. (…) Qu’il entre, et de façon irréductible, quelque chose de l’historien dans la composition de l’histoire n’empêche pas qu’elle puisse être aussi, du même coup et en même temps, une appréhension authentique du passé. » (op .cit. 232)

Le symbole

Abordons maintenant le problème que pose le symbole à notre culture moderne marquée par une pensée rationnelle et scientifique. Le terme nous vient du grec, à travers le latin. Symbole, (sumbolon, de sunballein = jeter/ mettre ensemble) : un symbole est une figure ou une image qui sert à désigner une chose le plus souvent abstraite, une idée ou un concept. Le symbole nous renvoie à autre chose que nous ne pouvons atteindre directement. Comme l’écrit X. LÉON-DUFOUR « pour le comprendre, il faut avant tout admettre que mot « symbolique » ne s’oppose aucunement à « réel » en dépit des mentalités habituées à une présentation ontologique du monde Il faut faire une véritable conversion mentale en saisissant ce qui différentie le symbole du signe. (…) La fumée est signe du feu ; fumée et feu sont deux réalités du même ordre, existant indépendamment de l’esprit qui les perçoit ; c’est pourquoi, on ne peut pas dire que la fumée « symbolise » le feu. « En d’autres cas, le signifiant évoque d’emblée autre chose, une réalité qui appartient à un autre ordre et ne peut être saisie que par l’esprit de l’homme. (…) Selon la « performance » du locuteur ou la « compétence » de l’interlocuteur, le « signifiant « eau », par exemple, peut symboliser la fraicheur, la fécondité, la destruction…(…) ; l’eau n’est pas un « symbole » en soi ; c’est l’esprit de l’homme qui, à partir de sa culture ou de son inconscient, entre en communion avec tel ou tel aspect d’un signifiant qui est déjà lourd de ce que l’esprit peut y mettre ou y découvre. Ainsi il en détermine ou en perçoit la valeur symbolique. » (Le Partage du Pain Eucharistique, p. 151-152). Je reviendrai encore sur ce point en parlant de la symbolique johannique. Or, comme l’écrivait P. GRELOT : « Aucune religion ne peut se passer de symboles, soit pour exprimer en mots humains sa conception de Dieu et du monde surnaturel, soit pour assurer par des rites sensibles l’union de l’homme avec le divin. » (Sens chrétien de l’Ancien Testament, p. 210) Si la Bible recourt aux symboles, ce n’est donc pas d’abord par souci esthétique. Les symboles sont essentiels, porteurs d’un contenu inépuisable, qui ne pourrait pas être exprimé autrement. « Le langage humain y recourt nécessairement dès qu’il veut parler des choses de Dieu. Entre l’expérience sensible et celle des choses de Dieu, il suppose reconnus mille jeux de correspondances, qu’il exploite pour évoquer les secondes à partir des premières. » (op. cit. p. 364) C’est ainsi que l’Ancien Testament reprend – en les rectifiant si nécessaire à partir de la foi biblique – les mêmes représentations que l’on peut trouver dans les paganismes environnants (par ex. l’image de Dieu, roi avec sa cour divine ou de Dieu, berger de son peuple). Le Nouveau Testament apporte un fait nouveau qui bouleverse la perspective : l’Incarnation. « Il en découle deux conséquences. En premier lieu, le contact historique des hommes avec le Verbe fait chair (cf. 1 Jn 1, 1) fournit une base nouvelle de la connaissance de Dieu ; les vieux symboles, fondés sur des analogies humaines et déjà rectifiés par l’Ancien Testament, sont à réinterpréter en fonction d’elle. En second lieu, l’union des hommes avec Dieu, se trouve effectivement réalisée, non plus à travers des rites symboliques, mais dans la personne même de Jésus, Verbe fait chair. » (op. cit. p. 212-213) Sans la symbolique nous ne pourrions pas exprimer le contenu de notre foi chrétienne qui ne relève pas du domaine historique, si ce n’est pour l’historicité de la personne de Jésus de Nazareth.

La symbolique dans l’Evangile de Jean

L’écriture johannique de l’Evangile met davantage en valeur le symbolisme, même si cela ne lui pas réservé ; les Synoptiques le font également. « Aucun évangéliste ne prétend raconter les événements du passé sans les interpréter selon leur signification pour l’aujourd’hui du lecteur ; chacun livre le témoignage de sa communauté ecclésiale sur les faits qui en fondent l’existence et la foi » écrit X. LÉON-DUFOUR, Lecture de l’Evangile selon Jean, tome I. p. 13) Mais Jean nous en donne clairement la raison : durant sa vie terrestre, « Jésus n’a pas pu révéler en toute clarté le mystère qui le concernait et nous concernait (…) mais il a pu déposer dans le cœur des disciples des paroles au caractère « séminal. » C’est pourquoi, après le départ de Jésus, cette révélation s’est poursuivie ou plutôt a été rendue présente sous un autre mode grâce au don de l’Esprit (Jn 14, 16. 26). (Cf. op. cit. p. 14) En effet, « au fondement de l‘ « opération symbolique » pratiquée par l’évangéliste Jean il y a son affirmation que « le Logos est devenu chair » et donc que les réalités sensibles (lumière, eau, pain, porte…), tout comme les personnages qui gravitent autour de Jésus, sont, chacun à sa manière, porteurs de la Parole de Dieu pour moi aujourd’hui. » (X. LÉON-DUFOUR, Le Partage du Pain Eucharistique, p. 301) Comme je l’ai mentionné ci-dessus, la place donnée au symbolisme a parfois jeté le doute sur la valeur historique du Quatrième Evangile. Mais sur bien des points, les historiens donnent aujourd’hui raison à Jean sur les différences relevées entre son Evangile et les Synoptiques : ainsi pour ne citer que quelques-unes : la durée du ministère de Jésus avec la triple mention de Pâque, la date du dernier repas et celle de la crucifixion le Jour de la Préparation de la Pâque (Jn 19, 14); la mention du Lithostrôtos – dallage – (Jn 19, 13 et note TOB). Comme le notait aussi A. JAUBERT, « il faut pénétrer lentement dans l’univers des signes où se meut le IVe évangile (…) A une longue fréquentation de l’évangile, doit se joindre la connaissance du contexte culturel, du symbolisme biblique et oriental pour que soient saisies correspondances, évocations, suggestions. » (Approches de l’Evangile de Jean, p. 54) En désignant les miracles de Jésus par le mot sèmeion (signe), plutôt que par dunamis (puissance), l’auteur nous invite à voir dans les œuvres étonnantes de Jésus, non l’acception de puissance mais celle de signification. Ainsi pour le miracle de Cana, le début des « signes » de Jésus (Jn 2, 11). « L’auditeur est orienté vers une compréhension qui dépasse le sens immédiat du texte et l’amène à saisir un sens caché, christologique. Jésus donne un vin excellent (meilleur que le précédent : 2, 10), un vin de noces, surabondant qui évoque la prodigalité attendue pour les temps messianiques (…) L’emploi du terme sèmeion n’est qu’un des points où le langage de Jean relève d’une symbolique qui est diffuse dans tout l’évangile. Si tout est « signe » pour Jean, c’est que tout acte de Jésus – toute attitude, tout geste – est lourd de signification ; c’est une « parole » que le Logos fait chair adresse à l’homme. La vie de Jésus, aux yeux de l’auteur, a été pour ceux qui ont su la déchiffrer une épiphanie permanente (Nous avons vu sa gloire : 1, 14). C’est pourquoi, chez Jean, il est rare qu’une scène ne comporte pas de double sens, ou même plusieurs sens qui n’apparaissent pas immédiatement.» (op. cit. p. 54-55) Pour cela, l’évangéliste met à l’œuvre différents procédés : – La symbolique des chiffres : les 6 jarres (Jn 2, 6), les 153 poissons (21, 11) ; le nombre 7 (pour les « signes » et pour les « Je suis » suivis d’une précision…) – Les mots à double sens : naître anôthen : de nouveau / d’en haut (3, 3) ; le Fils de l’Homme qui doit être élevé, comme le serpent (3, 14), mais aussi élevé en gloire (8, 28 ; 12, 32.34) ; notre ami Lazare s’est endormi, mais je vais aller le réveiller (11, 11). – Le quiproquo : une parole de Jésus, qui n’est pas immédiatement compréhensible par son interlocuteur et provoque une demande d’explication : ainsi dans les dialogues avec Nicodème, avec la Samaritaine. (cf. sur ces points, op. cit. 55-62). Ce symbolisme johannique est un langage au service d’une catéchèse ; par ces images, l’auteur essaie de traduire ce que représente le Christ pour la communauté croyante. Grâce au don du Paraclet (Jn 14, 26 ; 16, 13), le croyant peut maintenant entrer peu à peu dans le mystère du Fils, comme l’Evangéliste nous le dit expressément en Jn 2, 22 et 12, 16. Mais comme l’Evangéliste le dit explicitement, cette démarche se fait en deux temps : le temps des auditeurs contemporains de Jésus et celui des lecteurs de l’Evangile à la lumière des événements de Pâques : ainsi pour la parole sur le Temple (Jn 2, 19-22). Ainsi en Jésus s’accomplit toute l’Ecriture (cf. Jn 19, 28-30) : « c’est pourquoi sur le Christ johannique s’achèvent les grands symboles de l’histoire d’Israël, dont beaucoup s’étaient enrichis de nouvelles harmoniques dans le judaïsme tardif : l’image de l’eau et du puits, le thème de l’Epoux, de l’Agneau, du Pasteur, de la Vigne, de la Manne… » (op. cit. p. 111) Voici quelques exemples bien connus où Jean fait usage du symbolisme pour nous exposer le mystère de Jésus.

Jn 2, 1-12 : Le commencement des signes

Dans le Quatrième Evangile les premiers disciples de Jésus lui viennent directement de Jean-Baptiste. (Jn 1, 35ss). Or leur première expérience avec Jésus est la participation à des noces (2, 1-2). Cette mention de noces nous renvoie à un thème bien connu de la Bible, depuis Osée (Os 2. 4ss), Jérémie (Jr 2, 2ss), le Deuxième Isaïe (Is 54, 1-10 et note BJ sur le titre), pour parler de l’alliance que Dieu avait conclue avec Israël (cf. Ex 19, 3-8 ; 24, 1-11). Mais la fête, à laquelle Jésus et ses disciples sont invités (v. 2), risque de tourner court car le vin vient à manquer. A la demande de sa mère, Jésus va faire « le commencement des signes » (v. 11) en donnant abondamment du vin, meilleur que celui servi jusque-là (v. 10). Ce récit n’est pas pour l’Evangéliste un récit biographique ou celui d’un prodige merveilleux. Il s’agit d’une noce, et pourtant on ne parle pas de la mariée ; le marié est à peine évoqué (v. 9). On remarque, par contre, l‘importance donné au dialogue entre Jésus et sa mère (v. 2-5), les détails sur les jarres (nombre : 6 ; la matière : de pierre ; leur usage : pour les purifications des Juifs) ; également l’insistance sur le rôle et l’obéissance des serviteurs (v. 5. 7. 8). La parole de la mère de Jésus aux serviteurs (v. 5) peut faire référence à Ex 19, 8 et 24, 3. 7 ainsi qu’à Gn 41, 55. A noter encore la mention du temps : « le troisième jour… » (v. 1) où certains voient l’achèvement de la « semaine inaugurale » (cf. les notes de BJ et TOB sur v. 1).Mais l’expression « le troisième jour » peut aussi nous nous renvoyer aux grandes manifestations de Dieu pour son peuple (Ex 19, 11 et 16 ; Gn 22, 4 ; Os 6, 2). On peut encore signaler le titre de « Femme » que Jésus donne ici à sa mère (ce qu’il  fera encore en Jn 19, 26) : comme l’écrit, X. LÉON-DUFOUR « il ne se rapporte sans doute pas à la première Femme, ce qui ferait de Marie une nouvelle Eve ; il évoque la Sion idéale, elle-même représentée dans la Bible sous les traits d’une femme et plus précisément ceux d’une mère. Marie personnifie la Sion messianique qui rassemble autour d’elle ses enfants lors de la fin des temps. En toute vérité, elle est d’abord la personnification d’Israël. « Dans le cadre d’une noce au cours de laquelle la mariée n’apparait pas, c’est la mère de Jésus qui tient lieu de Sion, qui est l’épouse Israël. (…) Dans les servants, on pourrait voir Israël soucieux d’obéir à l’Envoyé de Dieu ; ils expriment le désir actif des croyants de l’ancienne Alliance. Tout ce qu’ils peuvent faire, ils le font : remplir les jarres de purification avec de l’eau à ras bord. » (Lecture de l’Evangile selon Jean, tome I, p. 223-224). Les Pères de l’Eglise aimaient à souligner que Jésus s’était servi de l’eau (mise dans les jarres) pour donner ce vin merveilleux ; pour eux cela signifiait que l’alliance de Dieu avec Israël est devenue, par Jésus, l’alliance nouvelle, de même qu’à Cana, l’eau était devenue du vin (v. 9). A la fin du premier chapitre, Jésus disait à Nathanaël : « tu verras des choses bien plus grandes… (1, 50). Dans notre récit, il dit aux serviteurs : « Puisez maintenant et portez-en au maitre du repas. ». Je cite encore X. LÉON-DUFOUR : « par la présence de Jésus (…) l’Alliance de Dieu avec les hommes va s’accomplir. Le moment est inaugural et il s’actualisera au long de la vie de l’Eglise, où sera puisé et goûté de jour en jour le produit de l’eau et de la parole. Ce « maintenant » ouvre une présence qui ne cessera plus. (…) « L’eau de la création est devenue l’eau de la purification ; ensuite c’est à travers les jarres que cette eau peut, à la parole de Jésus, devenir du vin. L’alliance noachique, qui signifie la présence de Dieu à toute la création, a été recueillie par Israël, et c’est à travers Israël que Jésus la reprend pour être consommée dans l’alliance définitive. » (id. p. 238- 239).

Jn 3, 11-18 : Comme le serpent dressé au désert …

On ne peut comprendre ce que Jean veut nous dire dans ce passage de son Evangile sans faire référence à l’épisode des serpents brûlants, que l’on trouve en Nb 21, 4-9 et à sa relecture en Sg 16, 6, 10. Comme nous le dit la note TOB sur Nb 21, 8 : « Le symbole du dieu guérisseur (un serpent enroulé autour d’une perche) était souvent représenté dans l’Antiquité. Notre récit pourrait être une tentative d’assimilation d’un culte païen rendu à un tel dieu. Les éléments étrangers à la foi d’Israël sont éliminés, et c’est le Seigneur lui-même qui offre à son peuple ce moyen de guérison. » Au 1er siècle avant notre ère, l’auteur de la Sagesse relit ainsi cet épisode lié aux évènements du désert lors de la sortie d’Egypte ; il écrit : « En effet, quiconque regardait (le serpent) était sauvé, non par l’objet regardé, mais par toi, le Sauveur de tous (…) car ta miséricorde vint à leur rencontre et les guérit, (…) Ni herbe ni pommade ne vint les soulager, mais ta Parole, elle qui guérit tout » (Sg 16, 7. 10. 12). Ainsi pour l’auteur de la Sagesse, la guérison provenait du Dieu unique et universel et de sa Parole, (la LOI de Moïse). En Jean, cette Parole qui sauve a pris un visage, celui de Jésus et cette guérison annonce le mystère pascal : « Comme Moïse a élevé le serpent au désert, il faut que le Fils de l’Homme soit élevé, afin que quiconque croit, ait en lui la vie éternelle. Dieu, en effet, a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils, son unique, afin que tout homme qui croit ne périsse pas mais ait la vie éternelle. » (Jn 3, 14-16)

Jn 6 : Jésus, le Pain de Vie

Le miracle des pains est le seul miracle de Jésus que nous lisons dans les quatre Evangélistes ; tous soulignent son importance (cf. la note de BJ sur Mt 14, 13 et celle de TOB sur Jn 6, 1) en le mettant en relation avec le don de la manne, où Dieu avait autrefois nourri son peuple, et surtout avec le récit de l’institution de l’Eucharistie. Ce signe marque aussi le sommet et le terme de l’activité de Jésus en Galilée ; il prépare la « confession » de Pierre et des apôtres. (Mt 16, 16ss et par ; Jn 6, 68-69). Le texte de Jean (comme celui de Lc) est apparenté au premier récit du miracle des pains que rapportent Mc et Mt : il faudrait 200 deniers pour faire face au besoin de cette foule de plus de 5000 convives ; or on ne dispose que 5 pains et 2 poissons ; pourtant après le repas, on pourra remplir 12 paniers avec les morceaux des cinq pains d’orge qui étaient restés à ceux qui avaient mangé. Et ce miracle des pains est suivi, chez Jean comme en Mc et Mt, d’un miracle sur la mer (Jn 6, 16-21). Le texte de Jean contient plusieurs notations qui lui sont particulières : la mention de la Pâque (6, 4), des 5 pains d’orge (6, 9 ; 2 R 4, 42-44), de l’abondance de l’herbe à cet endroit (v. 10 ; cf. Mc 6, 39 et note TOB : cf. Ps 23 ?). En Jean, c’est Jésus lui-même qui distribue le pain et les poissons aux nombreux convives (6, 11). A noter encore la remarque de l’Evangéliste sur la connaissance de Jésus (6, 6 et note TOB). Mais ce qui frappe le lecteur de Jn, c’est surtout le grand discours qui fait suite au miracle des pains (Jn 6, 26ss). Comme le dit Jésus à ceux qui, le lendemain, sont à sa recherche, ils auraient dû voir dans ce miracle des pains le « signe » d’un don plus grand que Dieu leur offrait en sa personne : « vous me cherchez, non parce que nous avez vu des signes mais parce que vous avez mangé du pain et avez été rassasiés. Travaillez non pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui donne la vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’Homme.» (6, 26-27) Ce miracle des pains aurait dû d’abord leur rappeler le don de la manne, qui tient une si grande place dans l’Ancien Testament. En Ex 16, 1-36, la manne révélait le soin que Dieu prend pour nourrir son peuple, en lui donnant abondamment chaque jour ce qui lui est nécessaire. Selon Dt 8, 2-3 Dieu préparait ainsi son peuple à pouvoir jouir sans danger des richesses de la terre promise : « il t’a mis dans la pauvreté, afin de t’éprouver pour connaitre ce qu’il y avait dans ton cœur, et savoir si tu allais, oui ou non garder ses commandements. Il t’a mis dans la pauvreté, il t’a fait avoir faim et il t’a donné à manger la manne que ni toi ni tes pères ne connaissiez, pour te faire reconnaitre que l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui sort de la bouche de Dieu. » (trad. TOB) Cf. encore Dt 8, 16. Plusieurs Psaumes chantent ce don de Dieu : ainsi Ps 78, 24-35 : « Pour les nourrir, il leur donna la manne, il leur donna le froment des cieux ; du pain des Forts l’homme se nourrit, il leur envoya des vivres à satiété. » Et la Sagesse ajoute : « C’est une nourriture d’anges que tu as donné à ton peuple et c’est un pain tout préparé que, du ciel, tu leur as fourni inlassablement. Un pain capable de procurer toutes les délices et de satisfaire tous les goûts. Et la substance que tu donnais manifestait ta douceur envers tes enfants et, s’accommodant au goût de celui qui la prenait, elle se changeait en ce que chacun voulait. » (Sg 16, 20-21) Il faut avoir présent à l’esprit ces textes de l’Ancien Testament et les traditions développées dans le judaïsme pour saisir le message de Jn 6 et les affirmations de Jésus où il se présente comme la nourriture que le Père nous donne : « Ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain qui vient du ciel, c’est mon Père qui vous le donne, le pain qui vient du ciel, le vrai. Car le pain de Dieu est celui qui descend du ciel et qui donne la vie au monde. » (6, 32-33) Ce pain que Jésus est lui-même dans sa Parole (celui qui vient à moi, qui croit en moi : v. 34) et dans son corps livré, dans l’Eucharistie (qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle : v. 54ss). Vraiment comme le disait Dt 8, 3 « l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui sort de la bouche de Dieu. »

Jn 9, 1 41 : Et toi, que dis-tu de celui qui t’a ouvert les yeux ?

Ce récit bien connu fait partie d’un ensemble plus large qu’on peut faire commencer à Jn 8, 12 : « Je suis le lumière du monde. Qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres mais il aura la lumière de la vie » et qui se poursuit, au-delà de la confession de foi de l’aveugle, au ch. 10 avec les brebis qui connaissent la voix du pasteur (10, 1-21), pour se terminer dans l’échange de Jésus et des Juifs dans le Temple, lors de la fête de la Dédicace (10, 22-39). Les Synoptiques nous rapportent aussi plusieurs guérisons d’aveugles, qui sont des signes de l’accomplissement messianique (cf. la réponse de Jésus à la question de Jean-Baptiste : Mt 11, 5 ; Lc 7, 22). Chez Mc, nous lisons un autre récit assez particulier où Jésus guérit un aveugle en deux temps (Mc 8, 22-26) et cette « guérison difficile et progressive », est placée juste avant la confession de Pierre à Césarée (cf. note TOB sur 8, 22). Mais chez Jean seul, il s’agit de la guérison d’un aveugle de naissance. De plus, la place que l’Evangéliste a choisie pour nous la raconter (après la déclaration de Jésus en Jn 8, 12), l’ampleur qu’il consacre à ce récit, ainsi que la signification donnée par Jésus de cette cécité (9, 2-3) : autant d’éléments qui témoignent de l’importance de ce geste de Jésus. Comme pour la guérison du paralytique de Bethesda (Jn 5), celle-ci a lieu un jour de sabbat (v. 14) et elle est suivie d’un long passage où il est question de l’identité de Jésus (v. 9-34) avant que Jésus ne retrouve l’homme qu’il a guéri. Mais tout au long du chapitre, la symbolique de la lumière est présente : dans le dialogue de Jésus avec les disciples (v. 4-5), dans le parcours de l’aveugle qui « revient voyant », avant d’être reprise par Jésus (voir / ne pas voir) dans les v. 39-41. (cf. X. LÉON-DUFOUR, Lecture de l’Evangile de Jean, tome II, p. 330-331) Mais en Jn 9, l’Evangéliste met surtout en relief le cheminement de l’aveugle, son obéissance à l’ordre donné (v. 7), puis sa découverte, par étapes, de Jésus dans les confrontations avec ceux qui lui demandent compte de sa guérison (v. 11. 17. 25. 29-33) jusqu’à la rencontre finale où il proclame sa foi au Fils de l’Homme (v. 35-38). Comme l’écrit X. LÉON-DUFOUR : « L’homme du récit est aveugle de naissance, et sa cécité ne provient pas du péché. Il ne peut donc être une figure de la condition pécheresse de l’humanité ; son état symbolise une autre ténèbre, native, celle où tout homme se trouve avant d’être éclairé par la révélation du Fils. Dans le Prologue, Jn a défini le Logos comme la lumière qui luit dans la ténèbre (1, 5) ; ici, en présentant l’aveugle-né, il semble remonter à cette origine, car l’illumination des hommes se fait au cours de l’histoire et en chacun d’eux. » (op. cit. 335-336) Ce cheminement de l’aveugle est aussi celui des croyants pour qui l’Evangile a été écrit. Par sa controverse sur le sabbat (v. 14ss), ce texte se situe au temps du ministère de Jésus (dans les années 28-30), mais la mention de l’exclusion de la synagogue (v. 22) ne peut pas être placée avant la fin du premier siècle, dans les années 90, après la réunion de Jamnia et les mesures contre les « hérétiques » (cf. note TOB sur le v. 22). Dans les v. 22-34, l’Evangéliste évoque la situation des Juifs qui croient Jésus et qui sont sommés de choisir : être disciples de Moïse ou de Jésus (v. 27-29), avec les conséquences que cela entraine très concrètement pour eux. Je voudrais citer encore une fois X. LÉON-DUFOUR : « Au terme (du récit), le miraculé ne découvre pas qui est son sauveur sans le dialogue où Jésus se révèle à lui comme le Fils de l’homme. C’est la Parole qui est le don par excellence, permettant à l’homme de passer de la ténèbre originelle à la lumière divine. Et pourtant ! si en 9, 37, « voir » a bien le sens de vision spirituelle, il garde – et même en premier lieu – le sens concret. On peut donc reconnaitre là, en même temps, un rappel de l’incarnation du Logos. » (op. cit. 347-348)

Jn 11, 1 -44 : Je suis la Résurrection et la Vie

La résurrection de Lazare est le 7ème « signe » retenu par l’Evangéliste. Les Synoptiques nous relatent d’autres résurrections opérées par Jésus : celle de la petite fille de Jaïre (Mc 5, 35-43 et par. en Mt et Lc) et celle du fils unique de la veuve de Naïm (Lc 7, 11-17). Mais Jean est seul à nous parler de la résurrection de Lazare, au tombeau depuis 4 jours (Jn 11, 17). Celui qui lit ce récit de Jean est intrigué par le comportement de Jésus : Jésus, nous dit l’Evangéliste, aime Lazare et ses sœurs mais quand il apprend que Lazare est malade, il attend deux jours avant de se mettre en marche (cf. 11, 5-6). Le lecteur remarque aussi les paroles que Jésus adresse aux disciples : « cette maladie n’aboutira pas à la mort, elle servira à a gloire de Dieu, car c’est par elle que le Fils de Dieu doit être glorifié. » (11, 4) et plus loin, les v. 11-15 : « Notre ami Lazare s’est endormi, mais je vais aller le réveiller. » – Les disciples lui dirent donc : « Seigneur, s’il s’est endormi, il sera sauvé. » – Et le narrateur ajoute : En fait, Jésus avait voulu parler de la mort de Lazare, alors qu’ils se figuraient, eux, qu’il parlait de l’assoupissement du sommeil. Jésus leur dit alors ouvertement : « Lazare est mort, et je suis heureux pour vous de ne pas avoir été là, afin que vous croyiez. » Le lecteur note aussi le peu de place donné au miracle lui-même ; l’intérêt du narrateur est davantage centré sur la rencontre de Jésus avec les sœurs du mort, et spécialement sur le dialogue avec Marthe : « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort. Mais maintenant encore, je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te le donnera. » – Jésus lui dit : » Ton frère ressuscitera. » – « Je sais, répondit-elle qu’il ressuscitera au dernier jour.» – Jésus lui dit : « Je suis la Résurrection et la Vie, celui qui croit en moi, même s’il meurt vivra ; et quiconque vit et croit en moi, ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » – « Oui, Seigneur, répondit-elle, je crois que tu es le Fils de Dieu, Celui qui vient dans le monde. » (11, 21-27) Pour l’Evangéliste, c’est là le cœur de son message : Jésus invite Marthe – et lecteur – à passer de sa foi juive en la résurrection à la foi chrétienne : la réanimation de Lazare devient ainsi le « signe » symbolique de la résurrection et de la vie que Jésus offre aux croyants et qu’il est dans sa personne.

Deux remarques pour conclure

Histoire ou / et symbole ?

Comme on peut le voir par ces exemples, le symbolisme tient une grand place dans Jean et il est au mis au service du message de foi que l’Evangéliste veut nous offrir. Un message qui concerne « Jésus, le fils de Joseph » (cf. Jn 6, 42), celui que les disciples ont « vu,… entendu,… ont touché de leurs mains » (cf. 1 Jn 1, 1) et en qui ils ont reconnu le Fils de Dieu. A partir de ce qu’ils avaient vu et entendu, ils ont perçu, à la lumière des évènements de Pâques, une autre réalité dont ils témoignent. Mais cette distance est aussi le fait de tout historien. Il y a toujours une distance entre un évènement et la perception qu’en a celui qui le rapporte. Aussi ce qui est le fait de tout événement de l’histoire se vérifie, d’une manière encore bien évidente, dans la révélation du mystère de Dieu en Jésus Christ. Il ne faut donc pas opposer symbole et histoire. Sans doute comme le reconnaît E. COTHENET « Jean est plus difficile à utiliser par les historiens modernes que les synoptiques » mais il ajoute : « dans l’ordre des miracles, des signes, le vraisemblable est-il la mesure nécessaire du vrai ? » (op. cit. p. 224). Et encore : « La christologie de Jean est le résultat d’une élaboration qui dépasse de beaucoup celle des synoptiques. Mais il n’y a pas un fossé infranchissable entre les deux. » (id. p. 227) Avec d’autres commentateurs, cet auteur reconnaît derrière l’Evangile de Jean une ancienne tradition indépendante, judéenne et antérieure à 66, qui mérite d’être prise en considération pour la connaissance historique de Jésus. Comme je le disais plus haut, (p.3, en citant P. GRELOT), le langage humain a besoin du symbole pour parler des choses de Dieu. Si nous nous posons la question de l’origine de cette écriture johannique, c’est vers la Bible qu’il fait d’abord nous tourner. Comme on peut le lire dans l’Introduction à Jean de la TOB : c’est avant tout « l’enracinement juif et vétérotestamentaire. (…) Si Jean cite rarement l’AT de façon explicite, (…) il utilise néanmoins de nombreuses formules de l’AT et en particulier des thèmes de la littérature sapientiale : l’eau, la nourriture céleste et la manne, le berger, la vigne, le Temple. » (La Bible, TOB, édition 2010, p. 2292). Dans son livre L’Evangile johannique et l’histoire du salut. Etudes de théologie biblique, 1968, O. CULLMANN pouvait écrire : « Avoir compris, grâce à l’Esprit de vérité que, dans les événements rapportés (par Jean), toute l’histoire passée est récapitulée et accomplie et que tout ce qui viendra en sera le déploiement, c’est là ce qui constitue la ‘conscience d’évangéliste’ de notre auteur, que nous ne trouvons avec cette intensité chez aucun autre évangéliste. » (cité par E. COTHENET, dans op. cit. p. 233)

Lire la Bible à la lumière de Vatican II

Les différences que le lecteur peut relever entre l’Evangile de Jean et les autres Evangiles ne sont plus pour lui un obstacle, mais au contraire, peuvent devenir l’occasion de découvrir la richesse de ce témoignage « tétramorphe », pour reprendre une expression que s. Irénée utilisait pour désigner les quatre Evangiles, s’il tient compte de l’enseignement de l’Eglise. En effet, comme nous l’a rappelé le concile Vatican II dans la Constitution sur la Parole de Dieu : « Puisque Dieu dans la sainte Ecriture a parlé aux hommes à la manière des hommes, il faut que l’interprète de la sainte Ecriture, pour voir clairement ce que Dieu lui-même a voulu nous communiquer, cherche avec attention ce que les hagiographes ont vraiment voulu dire et ce qu’il a plu à Dieu de faire passer par leurs paroles. » (DV no. 12) Ce passage de Dei Verbum exprime clairement ce qu’est la Parole de Dieu : elle n’est pas un message tombé du ciel ; elle n’est pas non plus le rapport neutre et sec des événements du passé. Elle une Parole de Dieu, qui nous est donnée dans une parole humaine véritable, celle de l’auteur humain avec ses mots, ses images, sa compréhension. Et le document de la Commission Biblique Pontificale de 1964, Sancta Mater Ecclesia, que j’ai cité plus haut (en p. 2), précisait encore davantage tout le travail de ceux qui ont rédigé les Evangiles, en soulignant leur souci de transmettre fidèlement le message de la manière qui correspondait le mieux aux conditions des auditeurs et au but qu’il s’était fixé. Ce document (Sancta Mater Ecclesia) ajoutait : « Puisque le sens d’un énoncé dépend du contexte, les Evangélistes, livrant les paroles et les gestes du Sauveur, les interprétèrent pour l’utilité des lecteurs, l’un dans tel contexte, l’autre dans tel autre. C’est pourquoi l’exégète (le lecteur) doit rechercher quelle est l’intention de l’Evangéliste quand il rapporte une parole ou un fait d’une certaine manière et les place dans un certain contexte. Il n’est pas contraire à la vérité d’un récit que les Evangélistes rapportent les paroles et les actes du Seigneur de façons diverses et qu’ils expriment ses déclarations non ad litteram, mais tout en conservant leur signification, de manière variées. » C’est en prenant au sérieux ces textes de l’Eglise que nous pourrons mieux comprendre le message des Evangiles et particulièrement celui du Quatrième Evangéliste.

UN AUTRE PARCOURS SUR L’EVANGILE DE SAINT LUC

Il y a plusieurs années déjà, j’avais préparé un dossier d’étude  de textes de saint Luc tirés du Lectionnaire dominical de l’Année C. Ce dossier est toujours disponible et peut encore servir  à qui désire se plonger dans cet Evangile en suivant le rythme de l’année liturgique.

Mais l’Evangile selon saint Luc est tellement riche qu’il vaut la peine de lui consacrer un autre dossier. Au début de son Evangile, l’auteur nous dit en quelques lignes ce qu’il entend nous proposer :  «Puisque beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements  accomplis parmi nous d’après ce que nous ont transmis ceux qui furent dès le début témoins oculaires et qui sont devenus serviteurs de la Parole,  il m’a paru bon, après m’être soigneusement informé de tout, d’en écrire pour toi un récit ordonné, très honorable Théophile, afin que tu puisses constater la solidité des enseignements que tu as reçus. » (Lc 1, 1-4)

L’auteur nous indique ici clairement la démarche à suivre quand nous voulons lire les Evangiles : à la base, il y a les témoins oculaires des événements accomplis (par Dieu), des témoins devenus (à la lumière de Pâques) des serviteurs de la Parole. C’est à partir de ce message, dont une partie, au moins,  avait été ensuite assez rapidement mise par écrit, que Luc s‘est mis au travail pour écrire son Evangile. Nous  retrouvons donc ici « les trois étapes de la transmission par lesquelles l’enseignement et la vie de Jésus sont parvenus jusqu’à nous » dont parlait le document de la Commission biblique Sancta Mater Ecclessia (avril 1964) : la prédication de Jésus et les premiers témoins ; la prédication apostolique et la formation des écrits,  et enfin la rédaction des Evangiles.

Les sources de Luc

Luc n’a pas connu Jésus. Pour composer son Evangile, il a eu recours à différentes sources. D’abord, il  suit – comme Matthieu –  l’Evangile de Marc ; de plus, il partage avec Mt une autre source (non-marcienne), contenant des paroles de Jésus (la fameuse Quelle, que nous pouvons reconstituer en partie grâce à Mt et à Lc) ; enfin, il a disposé de sources qui lui sont propres et qui représentent presque la moitié de son Evangile (48%,  selon les spécialistes).

Dans son projet,  Luc ne se contente pas – comme le font des autres trois autres Evangélistes –  de nous présenter Jésus depuis son baptême par Jean-Baptiste jusqu’aux  événements de Pâques (cf. Ac 1, 1-2 ; cf. 10, 37-43), il compose un deuxième livre – les Actes des Apôtres – où il montre comment le message chrétien passe de Jérusalem à Rome, du monde juif jusqu’au cœur du monde. La dimension de son ouvrage (Lc-Ac) lui permet de mieux situer le temps de Jésus dans un unique dessein de Dieu : après le temps de la préparation, l’Ancien Testament, auquel  appartient encore Jean-Baptiste (Lc 16, 16 et note TOB) vient le temps de Jésus, le temps de l’accomplissement, centré sur Jérusalem ; enfin les Actes des Apôtres ouvrent le temps de l’Eglise, dans l’attente de la Venue du Seigneur.

Quand il rapporte des paroles de Jésus ou des récits qui lui viennent de la tradition primitive, Luc reste très proche de Mc, se contentant souvent de quelques  corrections littéraires. Au contraire, dans les parties qui lui sont propres, et tout particulièrement dans les récits de l’enfance (Lc 1-2), il utilise volontiers des expressions de sa Bible grecque – la LXX – pour bien marquer que les événements accomplis  qu’il rapporte dans son Evangile s’inscrivent dans la continuité du dessein de Dieu dont témoignent les Ecritures. Un bon connaisseur de Lc disait que celui qui veut bien lire cet Evangile devrait avoir toujours, ouverts  à ses côtés,  l’Ancien Testament et les Actes des Apôtres.

La place donnée à Jérusalem 

Dans son Evangile, Luc donne une place toute particulière à Jérusalem. C’est à Jérusalem, dans le Temple, que son récit commence (Lc 1, 5)  et qu’il se termine (Lc 24, 53). Trois fois dans son Evangile, Luc nous montre Jésus à Jérusalem (en Lc 2, 22-29 ; 2, 40-51 et en 20-24). C’est surtout la place que l’auteur donne à la « montée vers Jérusalem »  (cf. Lc 9, 51 et les notes de vos Bibles) qui s’impose au lecteur. Alors que Marc raconte cette « montée » en 1 chapitre (Mc 10) et Matthieu en 2 (Mt 19 – 20), Luc lui consacre plus de 10 chapitres (Lc 9, 51 – 19, 28). Et c’est sur ce chemin vers Jérusalem que Luc place la plus grande partie des paroles de Jésus pour ses disciples : suivre Jésus, c’est prendre avec lui le chemin de Jérusalem.

Si Jérusalem est  la ville qui refuse de reconnaitre la visite du Seigneur (Lc 19, 44 ; cf. 13, 34), c’est aussi à Jérusalem que Luc  situe tous les événements de Pâques. C’est de là aussi que partira la mission vers les nations (Lc 24, 47 ; Ac 1, 8).  Car ce sont bien des Juifs, comme Marie, Zacharie et Elisabeth, Syméon et Anne et ceux qui,  comme eux, attendaient la délivrance de Jérusalem (Lc 2, 38) qui ont les premiers accueilli le message du salut et qui l’ont ensuite offert au monde.

1)    – Lc 1, 5 – 15 : l’annonce de la naissance de Jean-Baptiste

L’Evangile selon saint Luc commence par une mise en parallèle de Jean-Baptiste et de Jésus. Comme des écrivains de son temps, Luc aime cette présentation qui lui permet de mettre en lumière son message sur Jésus.

1)     Relever ce qui est dit ici de Zacharie et d’Elisabeth (spécialement dans les v. 5-9 et 22-25)

2)     Qu’est-ce que le message de l’ange nous apprend au sujet de l’enfant à naitre ?

3)     Cette annonce de la naissance de Jean-Baptiste est le tableau parallèle de l’annonce  de celle de Jésus : que vous apporte une rapide comparaison ?

Question 1

  • Luc situe l’événement : en Judée, au temps d’Hérode (v. 5 et note TOB) ; il souligne que Zacharie et sa femme appartiennent à des lignées sacerdotales.
  • Les deux sont justes et irréprochables selon la Loi (v. 6 et note TOB).
  • Mais ils n’ont pas d’enfant : tous deux sont âgés et Elisabeth est stérile (v. 7 et notes TOB). Cf. aussi v. 18 et v. 25 et  les notes BJ et TOB.
  • Zacharie est en service au Temple et il a été désigné par le sort pour offrir l’encens (v8-9 et note TOB sur v. 9).

Question 2

  • L’ange annonce à Zacharie la naissance d’un fils ; c’est l’exaucement de la prière qu’il est en train d’accomplir au nom du  peuple (v. 13 et la note TOB).
  • Dans les v. 14-17  l’ange décrit ce que sera la mission de cet enfant (voir les notes de BJ et surtout de TOB sur ces versets).
  • Sur le nom que l’ange donne à l’enfant, voir v. 13 et notes BJ et TOB.
  • Cet enfant est comparé à Elie, la grande figure prophétique de l’AT dont Malachie annonçait le retour pour préparer les temps messianiques (v. 17 et notes de TOB ; en BJ voir les références marginales).
  • En donnant son nom, l’ange annonce clairement l’accomplissement des temps messianiques : sur Gabriel (v. 19), voir note TOB ; c’est la Bonne Nouvelle, voir la note de BJ.

Question 3 

  • Comparé avec Lc 1, 26-38, le cadre de l’annonce de la naissance est, on ne peut plus,  solennel : à Jérusalem, dans le Temple, en pleine action liturgique ; au contraire l’annonce à Marie est située dans un cadre très sobre  à Nazareth (une ville inconnue jusque-là de la Bible), en Galilée ; l’ange s’adresse à une jeune femme ( !) dont Lc ne dit rien au sujet de la Loi, mais que l’ange proclame « comblée de grâce » (v. 28 et note TOB)
  • Dans les deux cas, il s’agit d’une annonce de naissance imprévue : pour un couple âgée dont la femme est stérile, dans le 1er cas ; Marie, elle, est légalement mariée (v. 27 et notes TOB), mais elle ne cohabite pas encore avec son mari (v. 34).
  • Mais ce qui est dit des deux enfants à naître : on peut comparer v. 15-17 et 32-35 !

 

2)     – Lc 2, 22 – 40 : La présentation de Jésus au Temple

 L’annonce de la naissance de Jean-Baptiste avait eu lieu dans le Temple, mais jamais Luc ne nous le montrera dans le Temple. Au contraire l’Evangéliste nous donne un long récit de la Présentation de Jésus au Temple.

1)     Que contient cette page de l’Evangile de Lc ? Proposer une division.

2)     Comment Lc nous  présente-t-il cette rencontre avec Syméon et Anne ?

3)     Expliquer les v. 29 – 35.

Question 1

  • Lc nous montre ici les parents de Jésus accomplissant deux rites juifs : la purification de la mère après une naissance (v. 22 et notes BJ et TOB) et le rachat du premier-né (v. 23-24 et notes BJ et TOB).
  • L’Evangéliste note comment Marie et Joseph observent fidèlement les prescriptions de la Loi (v. 22. 27. et 39).
  • A cette occasion, deux vieillards rencontrent et accueillent Jésus ; Lc souligne que Syméon et Anne sont des Juifs fidèles (v. 23-24 et v. 39).
  • Dans cette  page de Lc, il y a la démarche des parents de Jésus (v. 22-24 et v. 39-40), la rencontre de Syméon (v. 25-27) et d’Anne (v. 36-38),  avec au centre le cantique de Syméon (v. 29-32) et un oracle (v. 34-35).

 

Question 2

  • Les deux personnages sont très âgés (Syméon : v. 29 et Anne : v. 36-37; ils attendent la Consolation d’Israël (v. 25 et note TOB ; en BJ la référence à Is 40, 1 +), la délivrance de Jérusalem (v. 38 et note TOB).
  • Pour Lc, Syméon et Anne représentent l’AT dans ce qu’il a de meilleur : fidélité à la Loi et attente de l’accomplissement des promesses de Dieu.
  • Noter l’image symbolique du nouveau-né dans les bras du vieillard (v. 28).
  • Lc note aussi la place de l’Esprit Saint dans leur démarche (v. 25-26  et note TOB ;  v. 36)

Question 3

  • Syméon bénit Dieu pour l’accomplissement des promesses (v. 30-32). Par l’entrée de Jésus dans le Temple, les temps messianiques s’ouvrent.
  • Pour Lc, c’est l’accomplissement de la prophétie des « 70 semaines » (cf. Dn 8, 16-17 et 9, 21-27) : les 15 mois (6 + 9) des grossesses d’Elisabeth et de Marie, à quoi s’ajoutent les 40 jours prévus par Lv 12, 1-8 pour le rite de purification, donnent un total de 490 ou 70 semaines.
  • Mais Syméon annonce aussi que le salut concerne toutes les nations (v. 30-32) ; Jésus est ainsi le Serviteur dont parlait Is 49, 6 ; cf. aussi note TOB sur v. 29. Cf. encore Ac 13, 46-47.
  • Dans les v. 34-35, Syméon exprime ce que sera le parcours de Jésus et de son message : accueil par les uns, refus par beaucoup en Israël (cf. notes TOB sur v. 34). A la fin des Actes, l’auteur reviendra sur ce refus (Ac 28, 24-29)
  • Sur le v. 35, voir les notes de TOB

 

3)     – Lc 5, 1-11 : Désormais ce sont des hommes que tu prendras …

La manière dont Luc nous raconte l’appel de Pierre et des premiers apôtres nous montre la liberté des Evangélistes et nous  invite à rechercher avec plus d’attention le message qu’ils ont voulu nous transmettre.

1)     Situer ce passage dans l’Evangile. De quoi nous parlent ces versets de Luc ?

2)     Suivre le parcours de Simon : qu’est-ce que Lc met ici en lumière ?

3)     Quel est le message que l’Evangéliste veut nous transmettre dans ce récit ?

Question 1

  • Contrairement à Mc 1 16-20 et à Mt 4, 18-22 Luc place l’appel des premiers disciples après un certain temps de  ministère de Jésus. Cf. note de BJ et TOB sur Lc 5, 1 (titre).
  • La composition de Lc réunit différents éléments : l’enseignement de Jésus au bord du lac (cf. Mc 4, 1-2, cité en marge dans BJ), l’appel des premiers disciples (Mc 1, 16-20 et Mt 4, 18-22).
  • Lc parle aussi d’une pêche miraculeuse : comparer avec Jn 21, 1-6 (en marge dans BJ ; cf. aussi les notes BJ et TOB sur  le titre.

Question 2

  • Selon Lc, Jésus a déjà rencontré Simon (4, 38 et note TOB) ; ici il le retrouve, avec ses compagnons, sur son lieu de travail.
  • La réponse de Simon à la demande de Jésus (v. 5) souligne sa docilité à la parole du Maitre (cf. note de TOB) et elle prépare la mise en lumière du miracle qui va suivre (v. 6-7).
  • Remarquer au v. 8  l’appellation Simon-Pierre (cf. note BJ et TOB).
  • La réaction de Simon est celle d’un homme découvrant la présence de Dieu : cf. note TOB et dans BJ la référence marginale à Ex 33, 20 + et à Lc 1, 12 +.
  • Au v. 10 pour l’appel, noter que seul Simon est mentionné.
  • Enfin Lc souligne le détachement (et quittant tout) de ceux qui sont appelés à suivre Jésus (v. 11 et note TOB ; en BJ, référence marginale à Lc 12, 33 +).

Question 3

  • En comparant cette scène de Lc avec Mc 1, 16-20 et Mt 4, 18-22 on remarque comment Lc met ici en lumière l’appel de Simon (perspective ecclésiale). Sur l’anticipation du nom de Pierre, lire la note BJ sur v. 5.
  • Pourtant dans son Evangile, Lc rapportera le reniement de Pierre (cf. Lc 22, 33-34 et 56-62) : Jésus appelle des pécheurs à le suivre  (cf. Lc 22, 31-32).
  • Nous trouvons aussi ici la mention de Jacques et de Jean, qui forment avec Simon un « trio » dans deux autres scènes (Lc 8, 51 et note TOB ; 9, 28).
  • Lc a également modifié l’expression « pécheurs d’hommes » de Mc et Mt ; il faudrait traduire ici : désormais ce sont des hommes vivants que tu prendras.

4) – Lc 5, 27 – 39 : Un comportement qui dérange

Dans un groupe de controverses, la tradition évangélique a réuni plusieurs paroles et actions de Jésus qui ont étonné et même choqué certains de ses contemporains.

1)     Situer le  passage à étudier dans son contexte. Que contiennent ces versets ?

2)     Que nous apprend l’appel de Lévi ? Sur quoi l’Evangéliste insiste-t-il ?

3)     Quels liens voyez-vous entre les v.27-32 et 33-39 ? Que nous apprennent sur Jésus les v. 33-39 ?

Question 1

  • Notre passage appartient à un groupe de controverses que l’on trouve chez Mc 2, 1 – 3, 6 (cf. la note TOB sur Mc 2, 1) et en Mt 9, 9-17 et 12, 1-14. Notre étude porte sur la 2ème et 3ème controverse.
  • Dans Lc 5, 27-32 il s’agit de l’appel de Lévi et du repas que Jésus et les disciples partagent avec des publicains (ou collecteurs d’impôts : cf. note TOB sur Lc 3, 12) à cette occasion.
  • En 5, 33-39, Lc relie (plus directement que Mc et Mt) l’épisode de Lévi avec la question sur le jeûne (cf. v. 33 et note TOB).

Question 2

  • Jésus appelle un collecteur d’impôts à le suivre : remarquer que cet appel est rapporté comme l’appel des 4 premiers disciples : Jésus qui passe, voit un homme à son travail et l’appelle à le suivre ;  (encore plus net en Mc 2, 1 et note TOB).
  • Sur la réponse de Lévi à cet appel,  (immédiate et totale comme celle de Simon et des ses compagnons : 5, 11), voir v. 28 et note TOB.
  • Pour le repas qui suit l’appel, Lc précise plus clairement que c’est Lévi qui fait un grand festin pour marquer l’événement (cf. v. 29 et note TOB).
  • La remarque des Pharisiens est faite aux disciples, mais c’est Jésus qui répond. Sur le repas avec des publicains, cf. note TOB sur Mt 9, 11 ; en BJ note sur Mt 9, 10.
  • Jésus répond d’abord  par une parole de sagesse (v. 31 et note TOB), puis par une parole qui fait référence à sa mission (je suis venu pour…). Noter l’ajout de Lc à la fin du v. 32 et note TOB.

Question 3

  • Dans ces deux épisodes, le comportement de Jésus (et des disciples) heurte les Pharisiens et les disciples de Jean-Baptiste qui ont tendance à multiplier les pratiques dans la vie quotidienne. Sur la liberté de Jésus, cf. encore Lc 7, 33-35.
  • Dans sa réponse, Jésus annonce la nouveauté qu’il apporte et qu’il est ; il se présente comme l’Epoux : cf. en TOB la note sur Mt 9, 15.
  • Dans les deux petites paraboles qui suivent (v. 36-39), noter la répétition des mots  neuf et de vieux. Voir les notes TOB sur v. 36.
  • Sur la signification du v. 39, on peut lire les notes de BJ et TOB.

5)     –  Lc 6, 20-26 : « Heureux vous … malheureux vous … »

 On lit – on chante même – plus  volontiers les Béatitudes de l’Evangile de Matthieu que celles de Luc ! Pourtant ces paroles font aussi partie des Ecritures et du message de Jésus.

1)     Situer ces paroles dans l’Evangile de Lc : à qui Jésus s’adresse-t-il ? Que dit-il ?

2)     Comparer (rapidement) le texte de Lc avec le parallèle de Mt 5, 1-12 : quelles ressemblances voyez-vous ? Quelles différences ?

3)     Quel est le message de Jésus que Lc veut nous donner dans ces paroles ?

Question 1

  • Le passage de Lc 6, 12-49 forme un ensemble ; il commence par le choix des Douze (v. 12-16), suivi d’un sommaire sur l’activité de Jésus (v. 17-19) ; puis vient le Discours dans la plaine (cf. note TOB sur v. 20 – sur le titre) qui s’étend jusqu’au v. 49 (cf. Lc 7, 1). Les paroles : Heureux vous… malheureux vous… ouvrent le discours comme les Béatitudes au début du Sermon sur la montagne de Mt 5 – 7.
  • Jésus s’adresse à ses disciples (v. 20) ; lire aussi Lc 6, 13 et la note TOB.
  • Sur la signification de malheureux vous … : lire la note TOB sur v. 24 ; voir aussi Is 65, 13-14 (cité en marge dans BJ et TOB).

Question 2

  • La comparaison fait apparaitre : chez Mt un nombre plus grand de « béatitudes » que chez Lc ; mais celui-ci donne, en parallèle aux heureux vous… 4 malheureux vous
  • Sur les « béatitudes », voir la note de TOB sur Lc 6, 20 ; cf. aussi  BJ (sur le titre).
  • Par la forme de ces formules (cf. note TOB sur Mt 5, 3), on peut voir deux sortes de béatitudes : la pauvreté et le comportement de l’homme ; puis la persécution (heureux … lorsque …).  Toutes les béatitudes de Lc se trouvent aussi en Mt (Mt 5, 3.5.6.11), mais alors que Mt écrit Heureux ceux qui … ils, (sauf pour la dernière : Mt 5, 11), Lc a toujours Heureux vous

Question 3

  • En Lc  dans les trois premiers heureux – malheureux nous trouvons une opposition systématique entre deux groupes d’hommes : pauvres (qui ont faim, qui pleurent) et riches (rassasiés, rieurs) ; également entre maintenant (v.21 et 25) et une situation qui vient / viendra.
  • le 4ème couple est plus développé oppose ceux qui sont éprouvés mais qui sont dans la joie parce que comparés aux prophètes et ceux dont tous disent du bien comme on le faisait pour les faux prophètes.
  • Jésus annonce ici un renversement eschatologique (cf. Lc 1, 51-53 ; 16, 19-31), mais ce renversement a déjà commencé par la présence et l’action de Jésus (cf. Lc 6, 18-19) « c’est pourquoi Luc n’est probablement pas plus à l’aise que nous devant les Béatitudes du Seigneur ! Si le problème des richesses en Lc-Ac, c’est que, au sein de l’Eglise, il y a des indigents et des riches. » (H. COUSIN). Ne pas isoler ce texte de l’ensemble Lc-Ac. Lc nous montre ici une Eglise idéale. Mais Lc insiste sur ce rapport aux richesses : certains sont appelés à tout quitter (Lc 5, 11.28 ; 18, 18ss), mais le partage s’impose à tous les croyants (cf. Lc 3, 10-11 ; 19, 8).

6)     – Lc 7, 18 – 35 : Jésus et Jean-Baptiste

En lisant ce passage que nous rapportent Mt et Lc nous découvrons mieux combien le message et le comportement de Jésus dans son  ministère a pu poser question à des Juifs qui attendaient le salut de Dieu.

1)     Quelle place Lc donne-t-il à ce récit ? Que contient cette page d’Evangile ?

2)     Qu’est-ce que ce texte nous apprend sur Jésus ? et sur Jean-Baptiste ?

3)     Quel est le message des v. 29-35 ?

Question 1

  • Après le Discours dans la plaine (Lc 6, 20-49), l’Evangéliste a placé le récit de la guérison du serviteur du centurion (cf. 7, 1 et note TOB), puis celui d’une résurrection – qui lui est propre -(7, 11 et note TOB) : selon Lc ce sont ces deux miracles qui sont rapportés à Jean-Baptiste (7, 18). Après notre texte, Lc place un autre épisode – qui lui est propre – (7, 36-50 ; cf. note TOB sur v. 34 – titre).
  • Noter aussi le v. 21 de Lc : lire la note TOB.
  • Cette page de Lc comprend ainsi 3 parties : la question des envoyés et la réponde de Jésus (v. 20-27) ; les paroles de Jésus sur Jean-Baptiste (v. 24-28), puis celles sur les contemporains (v. 29-35).

Question 2

  • La question que Jean-Baptiste pose à Jésus nous montre combien Jésus se révèle différent du Messie attendu (cf. v. 19 et note TOB ; en BJ voir note sur Mt 11, 2).
  • Dans sa réponse, Jésus fait référence aux textes prophétiques (v. 22 et note TOB ; en BJ, voir les références marginales à Is)
  • Mais ici, comme en Lc 4, 18, Jésus fait de l’annonce de la Bonne Nouvelle aux pauvres le sommet de sa mission (v. 22 et note TOB ; en BJ, voir la note sur Mt 11, 5).
  • Pour la béatitude du v. 23, lire la note TOB ; en BJ, la référence marginale à Lc 2, 34 +.
  • Au sujet des paroles que Jésus dit sur Jean-Baptiste (v. 24-28), noter l’opposition entre les deux premières questions (v. 24-25) et la déclaration des v. 26-28 : lire les notes TOB ; en BJ, celles sur Mt 11, 5-15. Cf. aussi la référence marginale à Ml 3, 1.

Question 3

  • Le message de Jésus, comme déjà celui de Jean-Baptiste, trouve un meilleur accueil auprès du peuple et des collecteurs d’impôts (v. 29 et note TOB) qu’auprès des responsables  religieux (v. 30 et note TOB).
  • La parabole des enfants capricieux illustre l’attitude de ceux qui s’opposent aussi bien aux appels ascétiques de Jean-Baptiste qu’à la miséricorde révélée par Jésus (v. 34 et note TOB ; en BJ, note sur Mt 11, 19).
  • Sur v. 34, lire note TOB.

7)   – Lc 9, 10- 22 :  A l’écart avec Jésus

Notre étude comprend deux épisodes que l’on retrouve ans les autres Evangiles. Mais Lc les réunit plus étroitement pour marquer la fin du ministère de Jésus en Galilée.

1)     Situer ce passage de Lc dans son contexte.

2)     Comment Lc nous raconte-t-il le miracle des pains  dans les v. 10-17 ?

3)     En Lc 9, 18-22 quel est le message de l’Evangéliste sur Jésus et sur le chemin qui sera le sien ?

Question 1

  • Comme chez Mc, le miracle des pains est placé au retour de la mission des Douze, mais Lc omet le récit du meurtre de Jean-Baptiste ; cf. la note de BJ sur Lc 9, 7 (titre).
  • Lc ne retient que le premier récit du miracle des pains (cf. note BJ sur v. 10 sur le titre), celui qui  pour Lc l’ouverture de la table aux païens se fera après Pâques (cf. les Ac 10, 1 – 11, 18 et note TOB sur Ac 11, 3).
  • Enfin chez Lc, ce miracle des pains  précède immédiatement la question posée aux Douze et la confession de Pierre.

Question 2

  • Sur le récit de Lc, lire la note de BJ sur le titre.
  • Jésus accueille les foules qui le cherchent en leur parlant du Royaume et en guérissant les malades : v. 11 et note TOB.
  • Au v. 12 comparer la mention du jour qui baisse avec Lc 24 29 !
  • Pour le récit du miracle, voir aussi en BJ les notes et références dans le texte parallèle de Mt 14, 13-21 ; cf. spécialement la référence à 2 R 4, 42.
  • Sur les dispositions précisées au v. 14 : lire les notes de TOB et les renvois aux notes sur Lc 7, 36 et à Mc 6, 40.
  • Voir aussi la note TOB sur v. 16. Comme dans les récits parallèles, à la fin du repas, il reste une corbeille pleine pour chacun des Douze (v. 17 ; cf. v. 13).

Question 3

  • Lc passe immédiatement du miracle des pains à cette scène, mais sans la situer comme Mc et Mt (cf. note TOB sur v. 18).
  • Sur l’importance de cette scène, cf. aussi la note BJ sur v. 18 (titre) ; de plus Lc souligne la prière de Jésus (cf. les notes  BJ  et TOB sur Lc 3, 21).
  • Pour la réponse de Pierre (v. 20), voir la note TOB ; ainsi Pierre est le premier des disciples à donner ce titre à Jésus ; mais ce titre doit rester caché pour le moment (v. 21) ; il le redonnera en Ac 2, 36 (v. 22 note TOB).
  • Lire aussi la note TOB sur la fin du  v. 22 ; en BJ : note sur v. 22 (titre).

8)   – Lc 9, 51 – 62 : La montée vers Jérusalem

Alors que Mc raconte en un chapitre (Mc 10) à la montée vers Jérusalem, Lc lui consacre plus de dix chapitres : Lc 9, 51 à 19, 28.  C’est dire l’importance que l’Evangéliste accorde à cette partie de son récit.

1)     Situer ce passage dans l’Evangile de Lc. Proposer une divisions de ces versets.

2)     Que nous dit Lc sur Jésus dans le v. 51 ?  Et dans les v. 52-56 ?

3)     Quelles sont les conditions pour suivre Jésus (v. 57-62) ?

Question 1

 

  • Ici commence en Lc la montée de Jésus vers Jérusalem. Pour Lc, être chrétien, c’est suivre Jésus sur le chemin de Jérusalem.
  • Sur ce passage de Lc, bien lire les notes de BJ et TOB (sur les titres) et repérer les informations données.
  • Pour une division de notre texte : après une introduction (v. 51), Lc raconte un incident en Samarie (v. 52-56), puis 3 paroles sur la « suite » de Jésus (v. 57-62).
  • Noter aussi le récit qui suit notre texte : l’envoi des 72 disciples : en TOB note sur Lc 10, 1 et 2 ; en BJ sur Lc 10, 1 (titre).

Question 2

  • Tous les mots du v. 51 sont importants : cf. les notes TOB.
  • Lc parle de l’accomplissement des jours (cf. note TOB) ; il marque par là une étape importante dans le plan de Dieu (même expression en Ac 2, 1). Les jours de son enlèvement : cf. note BJ et TOB et citation marginale à 2 R 2, 1. Jésus durcit sa face (v. 51 et note TOB), comme le Serviteur  de Dieu en Is 50, 7.  Le chemin de Jérusalem : pour Lc, Jérusalem (mort et Résurrection) domine toute la vie de Jésus ; son Evangile commence et se termine dans le Temple de Jérusalem (Lc 1, 5 et 24, 33.
  • Dans les v. 52-53, le refus des Samaritains, comme celui des gens de Nazareth au début du  ministère en Galilée (Lc 4, 16-30) ; sur les Samaritains (en TOB note sur v. 52 ; en BJ sur v. 53)
  • Jacques et Jean  seraient prêts à agir comme Elie (v. 54 et notes TOB et BJ),  mais Jésus les reprend vivement, car il pratique ce qu’il demandait aux Douze en Lc 9, 4-5.

Question 3

  • Sur le groupement (v. 57-62) : les deux premiers dialogues se lisent aussi en Mt ; le 3ème est propre à Lc ; cf. note TOB sur le titre.
  • Au premier qui se propose pour le suivre (v. 57), Jésus rappelle les exigences de ce choix.
  • Comparer ce que Jésus dit dans  le 2ème dialogue (59-60) avec Lc 14, 26 et 33 (cité en marge en BJ) ; en TOB   renvoi à  la note sur Mt 8, 22..
  • Sur le 3ème dialogue, cf.  1 R 19, 19-21 et note TOB : Jésus est plus exigeant qu’Elie.
  • Mais à noter que l’Evangéliste omet complètement les réponses des trois : il laisse ainsi le texte ouvert au lecteur.

9)  – Lc 12, 13 – 34 : Un enseignement sur les richesses

Comme le fait Mt dans le Sermon sur la Montagne, Lc regroupe dans la Montée vers Jérusalem,  par petits dossiers les enseignements de Jésus pour ses disciples ; des enseignements qu’il tire du fonds qu’il partage avec Mt (la Quelle) et de sa source propre.

1)     Situer ce texte de Lc. Quel est ici le thème de l’enseignement de Jésus ?

2)     Pourquoi Jésus refuse-t-il la demande qui lui est faite (v. 19) ? Quel éclairage donne la parabole (v. 16-21) ?

3)     Comparer les v 22-34 avec les parallèles de Mt : sur quoi Lc veut-il insister ?

Question 1

  • Nous sommes dans la Montée vers Jérusalem (cf. notes BJ et TOB sur Lc 9, 51) ; pour Lc, cette Montée est le temps de la formation des disciples.
  • Jésus donne ici un enseignement sur l’attitude à avoir face aux biens terrestres : cf. note TOB sur v. 13 (titre).
  • Ce passage comprend une demande au sujet d’un héritage (v. 13-15), puis une parabole (v. 16-21), suivie de paroles sur la confiance au Père (v. 22-32), et enfin une exhortation à l’aumône (v. 33-34).
  • Remarquer ce qui est propre à Lc et ce que nous trouvons aussi en Mt (dans le Sermon sur la montagne).

Question 2

  • Pour la demande faite à Jésus (cf. v. 13 et note TOB) ; dans la réponse de Jésus, il y a peut-être une allusion à Moïse (voir note TOB sur v. 14).
  • Le v. 15 conclut l’épisode (cf. note TOB) mais introduit aussi la parabole qui va suivre en dégageant déjà la leçon (v. 15b).
  • Sur la parabole, cf. note TOB sur le titre. Cet homme est insensé, dit Jésus, parce qu’il fait des projets comme si tout dépendait de lui seul (v. 20) ; cf. aussi Jc 4, 13-15 (en marge dans BJ) ; voir aussi Qo 2, 17-23 et 6, 1-2 (cités en marge de BJ ; lire la note BJ sur Qo 5, 5). Cf. encore sur notre thème Si 11, 19 : noter ces contacts avec la littérature sapientielle !

Question 3

 

  • Lc 13, 22-34 est très proche de Mt 6, 25-33 ; Jésus s’adresse aux disciples (v. 22) comme dans le Sermon sur la montagne. Lc ajoute quelques paroles de sa source propre.
  • Quelques particularités de Lc : il  parle des corbeaux (v. 24) cf. Ps 147, 9 ; Jb 38, 41).
  • Le v. 16 est propre à Lc (cf. note TOB) ; également le v. 32 (note TOB).
  • Pour la comparaison avec la richesse de Salomon : cf. 1 R 4ss. 21.23.
  • Les v 33-34 se lisent aussi en Mt 6, 19-21 (cf. note TOB sur Lc 13, 33), mais Lc insiste davantage sur l’aumône : en BJ lire la note Lc 33 (titre).

10)   – Lc 18, 1-8 et 9-14 : Comment faut-il prier ? 

 

Dans son récit, Luc nous montre souvent Jésus en prière. Ici il rapporte deux paraboles sur ce sujet que l’on ne trouve pas dans les autres Evangélistes.

1)   Qui sont les deux personnages face à face en Lc 18, 2-5 ? Pourquoi le juge cède-t-il ?  Quelle leçon Jésus en tire-t-il ? Comparer cette parabole avec Lc 11, 5-8.

2)   Lire Lc 18, 9-14 : que savons-nous de ces deux hommes qui montent au Temple ? Comment prient-ils ?  Que nous dit Jésus ?

3)   Quels enseignements sur la prière pouvons-nous tirer de ces paraboles ?

Question 1

  • Nous sommes ici dans la « montée vers Jérusalem » (cf. Lc 9, 51 +) ; signalée pour la 3ème fois (cf. Lc 17, 11). Dans notre passage, Lc donne deux paraboles sur la prière.
  • Pour Lc 18, 1-8, Lc introduit (v. 1), puis rapporte la parabole (v. 2-5), puis en tire une application (v. 6-7) ; sur le v. 8 voir la note TOB.
  • Se rappeler la place d’une veuve dans le monde de Palestine à l’époque biblique ; et cette femme se trouve face à un juge inique (v. 2) ; sa seule arme est  la persévérance (cf. v. 3-5).
  • En Lc 11, 5-8, on trouve une parabole parallèle (au masculin).

Question 2

  • Sur la parabole de Lc 18, 9-14,  voir note de TOB en Lc 10, 30. Cf. aussi note TOB sur v. 9.
  • Noter que les deux montent au Temple pour prier. La prière du pharisien est  une action de grâce pour ce qu’il fait réellement (cf. note TOB sur v. 12).
  • La prière du publicain est une confession (note TOB sur v. 13)
  • Sur le v. 14a, voir note TOB et le renvoi à Ph 3, 9 ; cf. aussi la note sur 14b.
  • Comparer ce publicain avec Zachée : Lc 19, 8 ! Ici Jésus nous montre au pécheur accueilli pour avoir seulement fait retour à Dieu (cf. Lc 15, 1-2).

Question 3

 

  • Jésus nous demande de persévérer dans la prière : Lc 18, 1 et notes de BJ et TOB qui nous renvoient à l’enseignement de Paul.
  • La 2ème parabole insiste sur l’humilité ; mais elle nous redit aussi la gratuité totale du pardon de Dieu que Jésus annonce : Dieu ne nous pardonne pas parce que nous nous convertissons, mais pour que nous puissions nous convertir.

11)  –  Lc 19, 24 – 44 : La fin de la Montée vers Jérusalem

Ce texte  est la dernière étape de cette longue route vers Jérusalem (cf. Lc 9, 51 et notes BJ et TOB). Jésus est maintenant en vue de la ville et il va entrer dans le Temple (Lc 19, 45).

1)     Situer notre passage dans l’œuvre de Lc. Que contiennent ces versets ?

2)     Etudier les v. 29-38 en  les comparant aux textes parallèles.

3)     La partie finale (v. 39-44) est propre à Lc : sur quoi l’Evangéliste insiste-t-il ?

Question 1

  • Sur cette partie consacrée à la Montée vers Jérusalem, cf.  notes de BJ et TOB sur Lc 9, 51 ; ici Jésus franchit la dernière étape (v. 41) ; au. v. 45 il entrera dans le Temple.
  • Notre texte fait la transition entre ce long voyage et le temps du ministère de Jésus à Jérusalem (Lc 19, 45 – 21, 38).
  • La 1ère partie (v. 29-38) raconte l’entrée messianique (cf. aussi en Mc-Mt et Jn) ; dans  les v. 39-44 Lc nous parle de la réaction de certains Pharisiens et des pleurs de Jésus sur la ville.

Question 2

  • Comparer les v. 29-35 avec Lc 22, 8-13 : dans les deux cas, on trouve l’ordre de Jésus et les précisions qui mettent en lumière la connaissance de Jésus. Cf. aussi le lien avec Za 9, 9.
  • Sur la monture choisie (un ânon) : cf. la note TOB (titre) ; cf. aussi 1 R 1, 33. 38-40 et 2 R 9, 13. Cf. la précision : que personne n’a jamais monté : cf. 1 S 6, 7 et note BJ.
  • Sur la parole du v. 31 : cf. note TOB et le renvoi à Lc 7, 13.
  • Chez Lc ce sont les disciples (et ceux qui les accompagnent) qui expriment leur joie (v. 37) ; il n’y a pas de participation des gens de Jérusalem comme en Jn 12, 12-13.
  • Comparer l’acclamation avec Mc 11, 10 et note TOB ; Lc ne parle pas du règne de David : cf. Lc 19, 11 et note TOB. Cf. encore v. 38b et note TOB (spécialement la fin de cette note)

Question 3

  • Sur la réaction des Pharisiens (v. 39), lire la note TOB.
  • Pour les v. 41-44 : comparer avec Lc 13, 34ss ; sur la réponse de Jésus et le lien avec Ha 2, 11 cf. aussi note TOB.
  • Lc nous montre Jésus pleurant sur Jérusalem ; vient ensuite un oracle sur la ruine de la ville (v. 43-44) ; deux autres suivront : d’abord Lc 21, 20-24 et note TOB sur v. 20 ; puis Lc 23, 28-31.
  • Pour la signification de la visite  au v. 44 : cf. note BJ et TOB. Pour le thème de la visite de Dieu à son peuple, voir encore en BJ la note.sur Ex 3, 16.

12)  – Lc 20, 9 – 19 : La parabole des vignerons homicides

Les trois Synoptiques nous rapportent cette parabole et la placent dans les derniers entretiens que Jésus a eus à Jérusalem avec ses adversaires. C’est dire l’importance de ces paroles pour Jésus et pour les premières communautés.

1)     Dans quel contexte Lc place-t-il cette parabole de Jésus ?

2)     Etudier la parabole (v. 9-16) : qu’est-ce que Lc met particulièrement en lumière ? Quel message Jésus veut-il donner à ses adversaires ?

3)     Comment comprendre les v. 17-18 ? Qu’apportent-ils en plus ?

Question 1

  • Lc a mentionné  l’arrivée de Jésus à Jérusalem (19, 41), puis il nous montre Jésus entrant dans le Temple et chassant les marchands (19, 45 et note TOB).
  • Selon Lc, Jésus prend alors possession du Temple pour son enseignement (19, 47 et note TOB), ce qui provoque la réaction de ses adversaires (19, 47 et note TOB.
  • Vient alors la question concernant l’autorité de Jésus (Lc 20, 1-8) et la contre question de Jésus au sujet de Jean-Baptiste (cf. note TOB sur 20, 1 – titre). La parabole des Vignerons fait suite à ce débat (20, 9).

Question 2

  • Sur cette parabole, voir les notes de BJ et TOB sur le texte parallèle en Mt 21, 33.
  • Même si Lc raccourcit la citation (v. 9 et note TOB), le thème de la vigne nous renvoie à Is 5, 1-7 ; lire ce texte et voir les notes de vos Bibles.
  • Sur l’écriture de Lc, voir la note TOB sur v. 12 ; noter aussi que Lc met davantage en relief le rejet de plus en plus violent des envoyés du maitre (v. 10. 11. 12), puis su fils (v. 15).
  • Lire la note TOB sur le fils bien-aimé (v. 13). La parabole souligne bien l’importance de Jésus comparé aux autres envoyés de Dieu (le maitre de la vigne) qui l’avaient précédé.
  • Noter aussi que la parabole est dite au peuple (v. 9), même si elle s’adresse plus directement aux responsables du peuple (v. 19)

Question 3

  • Sur la citation du Ps 118, 22, voir note TOB sur v. 17. En BJ, cf. les références marginales données en Mt 21, 42. Lire  particulièrement 1 P 2, 4-8 (et la note BJ sur v. 4).
  • Ici, Lc, comme les premiers chrétiens réunit  différents textes sur le thème du rocher : Ps 118, 22 ; Is 8, 14.15 ; Dn 2, 44 ; cf. note TOB sur Lc 20, 18.
  • En ajoutant à la parabole ce texte sur la pierre angulaire / pierre de faite, la tradition évangélique proclame la Résurrection qui a suivi la mort du Fils.

13)  – Lc 22, 14 – 38 : Le dernier repas avec les disciples

Tout en suivant la tradition évangélique, dans ce récit du dernier repas de Jésus avec les disciples, Luc nous donne plusieurs notations intéressantes qui lui sont propres.

1)     Comment est construit ce passage de Luc ? Que contient-il de particulier ?

2)     Etudier plus précisément l’institution de l’Eucharistie : quel est l’apport de Lc ?

3)     Relever les points  les plus importants du Discours après la Cène.

Question 1

  • Remarquer comment Lc situe ce passage par rapport à la Pâque juive (22, 1) ; alors que Judas et les chefs religieux préparent l’arrestation de Jésus (22, 2-6), c’est Jésus qui prend l’initiative de célébrer la Pâque (22, 8 et note TOB). Cf. encore la parole de Jésus en 22, 15.
  • Sur la composition de Lc qui juxtapose la Pâque juive (v. 15-18) et le rite nouveau (v. 19-20), voir les note de BJ sur Lc 22, 16 et 17 ; en TOB, cf. note sur le titre (22, 14).
  • Lc place l’annonce de la trahison de Judas après l’institution de l’Eucharistie (v. 21 et note TOB). Sur la référence à la mort de Jésus, lire la note de TOB sur la fin du v. 15.

Question 2

  • Sur le lien entre Pâque juive et la Pâque chrétienne, cf. 22, 16 et note TOB. A la fin du repas pascal (v. 14-16), Jésus reçoit la coupe de bénédiction qui le clôturait (v. 17-18).
  • Dans le récit de l’institution de l’Eucharistie, Lc se rapproche de Paul (1 Co 11, 23-27) ; comparer spécialement la parole sur la coupe qui, en Mc-Mt renvoie à Ex 24, 8, alors que Paul et Lc citent Jr 31, 33-34 : cf. note TOB sur 22, 20 ;  en BJ voir la note sur Mt 26, 28 + (cité en marge).
  • Sur la différence concernant la parole sur le pain (pour vous, au v. 19), cf. note TOB.
  • Noter au v. 19 (formule de réitération) : célébrer l’Eucharistie, c’est faire mémoire du salut accompli par Dieu en Jésus comme les Juifs faisaient / font mémoire du salut de la délivrance d’Egypte. Voir note TOB sur v. 19 ; lire aussi Ex 12, 14.

Question 3

  • Comme les autres Evangélistes, Lc donne dans le cadre de l’institution eucharistique l’annonce de la trahison de Judas et du reniement de Pierre (v. 34).
  • Et comme Jn, Lc place ici un Discours d’adieux : voir les notes de BJ et  TOB sur le titre : 22, 24. Comparer Lc 22, 24ss avec Mc 9, 34 ; 10, 42-45 et Mt 18, 1 ; 20, 25-27.
  • Sur les paroles concernant Pierre (v. 31-32, comparer avec Mt 16, 15-19 et Jn 21, 15-17) ; voir encore les notes TOB sur v. 32.
  • Dans la finale (v. 35-38), Jésus annonce un changement de situation (v. 36 et note TOB ; cf. aussi v. 37 et note TOB), mais les disciples ne comprennent  pas (v. 38)

14)  – Lc 24, 13 – 35 : Le chemin d’Emmaüs

Qui ne connait pas ce merveilleux récit de Luc ? Mais chaque fois que l’on prend le temps de le relire, on découvre des aspects nouveaux de cette page d’Evangile.

1)     Situer notre texte. Diviser ce récit et proposer des sous-titres.

2)     Suivre le parcours de Jérusalem à Emmaüs : que nous apprend ce parcours ?

3)     Quelle signification Lc donne-t-il à la fraction du pain et au retour vers Jérusalem ?

Question 1

  • Lc 24 nous donne 3 récits du premier jour de la semaine ; le 1er et le 3ème nous racontent des épisodes que nous trouvons aussi chez les autres Evangélistes (Mt-Mc et Jn : pour le 1er ; Jn 20, 19ss pour le 2ème) ; au contraire le récit d’Emmaüs est propre à Lc.
  • La moitié de l’Evangile de Lc était une montée vers Jérusalem (cf. Lc 9, 51 et notes BJ et TOB), ici deux disciples tournent le dos à la ville et au groupe des disciples de Jésus. Cf. aussi note TOB sur 24, 13.
  • Présentation des personnages (v. 13-16) ; le récit des deux disciples sur les derniers événements (v. 17-24) ; leur signification dans les paroles de Jésus (v. 25-27). La reconnaissance (v. 31) et le retour vers Jérusalem et la communauté (v. 28-35).

Question 2

  • Deux disciples, dont l’un est nommé (Cléophas) ; le nom de l’autre reste libre (pour le lecteur !). Ils partagent leur déception (v. 14-15 et 17) ; rejoints  par Jésus, ils sont empêchés de le reconnaitre (v. 16 : le verbe au passif ; cf. note TOB ; cf. aussi note BJ).
  • Les v. 18-24 : tout ce qu’ils savent concernant Jésus (v. 19), sa mort (v. 20) et leur espérance déçue (v. 21 et note TOB ; en BJ les références marginales à Lc 1, 54. 68 ; 2, 38). Ils connaissent aussi la démarche des femmes et le message (v. 22-23), ainsi que celle des hommes (v. 24). Noter le passage du v. 24 à 25 : …  mais lui, ils ne l’ont pas vu. Et lui leur dit …
  • Sur les paroles de Jésus (v. 25-27) : pour v. 26 voir Lc 9, 22 mais aussi Lc 24, 7. 44 ; comparer aussi avec les discours des Actes cités dans la note TOB sur v. 27 ; en BJ : les références marginales sur v. 26-27.

Question 3

  • Sur l’attitude de Jésus (v. 28) : il ne s’impose pas, mais, invité, il entre pour rester avec… (v. 29 : 2x). A table, il prend la place du maitre du repas ; remarquer les paroles (v. 30 et note TOB). Comparer les v. 16 et 31 (les yeux) et v. 25 et 32 (le cœur).
  • La rapidité du retour (33a) vers la communauté (v. 33b) les Onze et leurs compagnons réunis… Noter la priorité donnée au témoignage apostolique de Simon (v. 34 et note TOB). Préparée par l’Ecriture la fraction du pain : le lieu de la présence du Ressuscité.

15)   – Lc 24, 36 – 53 : C’est vous qui en êtes les témoins.

Les apparitions du Seigneur Ressuscité font partie  de la tradition pascale, mais chacun des Evangélistes a sa manière de nous raconter cette rencontre et son importance.

1)     Quelle place prend ce récit dans l’œuvre de Luc (Lc-Ac) ?  Que contient cette page ?

2)     Qu’est-ce que Lc veut mettre en lumière dans cette rencontre avec le Ressuscité ?

3)     Que retenir des v. 46-53 qui concluent cette  page et tout l’Evangile ?

Question 1

  • C’est le troisième épisode du premier jour de la semaine :  après le message aux femmes (v. 1-12), puis celui des disciples en route vers Emmaüs (v. 13-35). Mais c’est également la conclusion du 1er livre de Lc (cf. Ac 1, 1-2).
  • Selon Lc, – contrairement à Mc – Mt et Jn 21 – tout se passe à Jérusalem : l’Evangile se termine là où il avait commencé (cf. Lc 1, 5). C’est ici que le Ressuscité rencontre les Onze (et leurs compagnons : cf. Lc 24, 33-36).
  • Sur le contenu de ce passage, cf. note TOB sur le v. 36. Noter la différence d’attitude entre 24, 34 et la situation évoquée dans les v. 37-43.

Question 2

  • Les v. 36-45 se rapprochent de Jn 20, 19ss (cf. la note TOB sur Lc 24, 36). Notre texte se comprendrait bien comme la suite de Lc 24, 12.
  • Remarquer l’insistance de Lc sur la résurrection corporelle : cf. note BJ sur Lc 24, 40 ; en TOB sur v. 43.
  • Dans les v. 44-49 Jésus renvoie les disciples aux Ecritures (cf. 24, 7 et 25-27) ; à noter ici la mention des Psaumes (cf. note TOB sur le v. 44).
  • Dans les v. 46-48 (cf. note TOB), Lc souligne la place de Jérusalem (v. 47 et Ac 1, 8) et le rôle de l’Esprit (v. 48-49 et notes TOB).

Question 3

  • On peut comparer les v. 50-53 avec Ac 1, 2-11 : l’auteur se contente pas d’un récit anecdotique,  ni dans l’Evangile, ni dans les Actes ! Cf. note BJ sur Lc 24, 44. Dans notre texte, la scène se passe le jour de Pâques, dans les Actes, 40 jours plus tard ; en Lc 24, 52-53 les disciples retournent à Jérusalem et au Temple ; en Actes, ils se rassemblent dans la chambre haute (Ac 1, 13) ; dans les Actes, la mission est davantage précisée (Ac 1, 8) et elle est destinée à toutes les nations (v.47).
  • Jésus bénit les disciples (v. 50) comme le grand-prêtre de Si 50, 20-23 ; ce que Zacharie ne pouvait faire en Lc 1, 21-22, Jésus ressuscité le réalise pleinement.
  • Sur ces v. 50-53 : lire la note TOB sur 24, 50 ; en BJ lire les références marginales à Lv 9, 22 ; Si 50, 20 ; cf. aussi Lc 1, 14 + et 2, 20 +.

POUR QUE LES ECRITURES S’ACCOMPLISSENT

Ce dossier nous invite à un travail un  peu différent de celui auquel nous sommes habitués. Au lieu d’étudier un passage de l’Écriture, nous proposons chaque fois deux textes : un tiré de l’Ancien Testament et un autre du Nouveau Testament. Par cette démarche, nous voudrions mettre en lumière l’unité de la révélation biblique et montrer comment l’Ancien Testament prépare la révélation du Nouveau et comment le Nouveau Testament prolonge et « accomplit » ce que Dieu disait et faisait dans l’Ancien.

Voici sur ce point ce que nous dit le document de la Commission Biblique Pontificale  (2001) intitulé : Le peuple juif et les Saintes Écritures dans la Bible chrétienne.

Les rapports entre l’Ancien et le Nouveau Testament

« En les nommant « Ancien Testament », l’Église chrétienne n’a aucunement voulu suggérer que les Écritures du peuple juif étaient périmées et qu’on pouvait désormais s’en passer. Elle a toujours affirmé, au contraire, qu’Ancien et Nouveau Testament sont inséparables. […] C’est à la lumière de l’Ancien Testament que le Nouveau comprend la vie, la mort et la résurrection de Jésus (cf. 1 Co 15, 3-4).

Mais le rapport est réciproque : d’une part, le Nouveau Testament demande à être lu à la lumière de l’Ancien, mais il invite aussi, d’autre part, à « relire » l’Ancien Testament à la lumière du Christ (cf. Lc 24, 45). » (op. cit.  n° 19)

L’unité du dessein de Dieu et la notion d’accomplissement

« Le présupposé théologique de base (d’une lecture chrétienne et christologique de l’AT) est que le dessein salvifique de Dieu, qui culmine dans le Christ (cf. Ep 1,3-14), est unitaire, mais s’est réalisé progressivement à travers le temps.[…] Dès le début, l’agir de Dieu dans ses rapports avec les hommes est tendu vers sa plénitude finale et en conséquence, certains aspects qui seront constants commencent à se manifester: Dieu se révèle, appelle, confie des missions, promet, libère, fait alliance. Les premières réalisations, si provisoires et imparfaites qu’elles soient, laissent déjà entrevoir quelque chose de la plénitude définitive. […] 

En procédant à une continuelle relecture des événements et des textes, l’Ancien Testament lui-même s’ouvre progressivement à une perspective d’accomplissement ultime et définitif. […] 

La notion d’accomplissement est une notion extrêmement complexe, qui peut facilement être faussée, si on insiste unilatéralement soit sur la continuité, soit sur la discontinuité. La foi chrétienne reconnaît l’accomplissement, dans le Christ, des Écritures et des attentes d’Israël, mais elle ne comprend pas l’accomplissement comme la simple réalisation de ce qui était écrit. Une telle conception serait réductrice. En réalité, dans le mystère du Christ crucifié et ressuscité, l’accomplissement s’effectue d’une manière imprévisible. Il comporte un dépassement. Jésus ne se limite pas à jouer un rôle déjà fixé — le rôle de Messie — mais il confère aux notions de Messie et de salut une plénitude qu’on ne pouvait pas imaginer à l’avance; il les remplit d’une réalité nouvelle; on peut même parler, à ce sujet, d’une « nouvelle création ». On aurait tort, en effet, de considérer les prophéties de l’Ancien Testament comme des sortes de photographies anticipées d’événements futurs. Tous les textes, y compris ceux qui, par la suite, ont été lus comme des prophéties messianiques, ont eu une valeur et une signification immédiates pour les contemporains, avant d’avoir une signification plus pleine pour les auditeurs futurs. Le messianisme de Jésus a un sens nouveau et inédit. […]

Mais la constatation d’une discontinuité entre l’un et l’autre Testament et d’un dépassement des perspectives anciennes ne doit pas porter à une spiritualisation unilatérale. Ce qui est déjà accompli dans le Christ doit encore s’accomplir en nous et dans le monde. L’accomplissement définitif sera celui de la fin, avec la résurrection des morts, les cieux nouveaux et la terre nouvelle. L’attente juive messianique n’est pas vaine. Elle peut devenir pour nous chrétiens un puissant stimulant à maintenir vivante la dimension eschatologique de notre foi. Nous comme eux, nous vivons dans l’attente. La différence est que pour nous Celui qui viendra aura les traits de ce Jésus qui est déjà venu et est déjà présent et agissant parmi nous. (op. cit. n° 21)

 Le Christ, « révélateur » de l’Ancien Testament

« Les lecteurs chrétiens sont convaincus que leur herméneutique de l’Ancien Testament, fort différente, assurément, de celle du judaïsme, correspond cependant à une potentialité de sens effectivement présente dans ces textes. A la manière d’un « révélateur » au cours du développement d’une pellicule photographique, la personne de Jésus et les événements qui le concernent ont fait apparaitre dans les Écritures une plénitude de sens qui, auparavant, ne pouvait pas être perçue. » (op. cit. n° 64)

La nécessité de l’Ancien Testament pour les chrétiens

« Au terme de cet exposé, forcément sommaire, la première conclusion qui s’impose est que le peuple juif et ses Saintes Écritures occupent dans la Bible chrétienne une place d’extrême importance, En effet, les Saintes Écritures du peuple juif constituent une part essentielle de la Bible chrétienne et sont présentes, de multiples façons, dans l’autre partie. Sans l’Ancien Testament, le Nouveau Testament serait un livre indéchiffrable, une plante privée de ses racines et destinée à se dessécher. » (op. cit. n° 84)

Malgré les difficultés de l’Ancien Testament

On comprend mieux ainsi pourquoi l’Église chrétienne n’a jamais voulu renoncer à l’Ancien Testament. Même aujourd’hui, pour beaucoup de lecteurs chrétiens, l’Ancien Testament fait (encore) difficulté : il est moins connu ; il est (trop) lié à l’histoire d’Israël ; il contient des passages qui s’opposent au message du Nouveau Testament… Comme l’écrit Benoit XVI, dans  Verbum Domini, on y trouve des pages « qui se révèlent obscures et difficiles en raison de la violence et de l’immoralité qu’elles contiennent parfois », mais il ajoute que cet aspect de l’Ancien Testament se comprend mieux si on tient compte que la révélation est profondément enracinée dans l’histoire. Le dessein de Dieu n’apparait que lentement, progressivement. En effet « la Révélation s’adapte au niveau culturel et moral d’époques lointaines et rapporte par conséquent des faits et des usages,  par exemple des manœuvres frauduleuses, des interventions violentes, l’extermination de population, sans en dénoncer explicitement l’immoralité. Cela s’explique par le contexte historique, mais peut surprendre le lecteur moderne, surtout lorsqu’on oublie les nombreux comportements « obscurs » que les hommes ont toujours eus au long des siècles, et cela jusqu’à nos jours. » (n° 42)

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Les limites de  notre approche

En choisissant d’étudier deux textes à la fois, on doit accepter de limiter la lecture de ces textes à ce qui parait le plus important et le plus en lien avec leur relation.

D’autre part, il faut reconnaitre que sur chaque sujet étudié, il y aurait souvent plus d’un texte de l’Ancien et du Nouveau Testament qu’il faudrait lire pour voir toute la richesse du thème abordé.

Ainsi dans l’Ancien Testament, il n’est pas rare que plusieurs passages préparent la révélation d’un même aspect du mystère du Christ : comme en témoignent les relectures à l’intérieur même des Écritures, mais aussi la traduction grecque (LXX au 3-2èmes.) ou encore les interprétations juives conservées dans les Targums et dans la littérature  intertestamentaire.

De même, le Nouveau Testament nous montre comment les premiers croyants n’ont pris que peu à peu conscience de l’accomplissement des Écritures dans le Christ : dans les textes du kérygme, dans les développements plus élaborés dus à la pensée de Paul, puis dans les Évangiles ou d’autres auteurs encore.

La démarche proposée ici est donc (bien) incomplète, mais elle voudrait nous rendre davantage attentifs à l’unité du dessein de Dieu et à l’importance de ce regard global pour découvrir toute la richesse de la Révélation.

 

1)     2 S 7, 1-17 et Rm 5, 1-7 : « Je serai pour lui un père, il sera pour moi un fils. »

« Je serai pour lui un père et il sera pour moi un fils » : telle est la promesse que Dieu fait à David par l’intermédiaire du prophète Natan. Une promesse qui ne révélera tout son contenu que dans le Christ.

1)     Lire 2 S 7, 1-17 et situer ce texte dans l’histoire de David. Que veut faire David pour Dieu ? Quelle est la réponse de Dieu ? Qui est le fils dont parle l’oracle de Natan ?

2)     Lire Rm 1, 1-4 : comment Paul parle-t-il de ce qu’il a vocation d’annoncer ?

3)     Quels liens voyez-vous entre ces deux textes bibliques ? Que signifie « fils de Dieu » en 2 S 7 ?  Quelle signification prend cette expression en Rm 1 ?

Question 1.

  • Lire la note de BJ sur  2 S 7, 1 et spécialement la fin de cette note qui nous renvoie à 1 S 16 (le début de l’ascension de David) et à 2 S 9 (l’histoire de la succession).
  • David a été reconnu comme roi par les gens de sa tribu (2 S 2, 4) et par les tribus du Nord (2 S 5, 1-3) ; il a conquis Jérusalem (2 S 5, 6-12) ; il en a fait sa ville ; il a introduit l’arche du Seigneur (2 S6, 1 et note BJ). Il a fait bâtir sa maison (2 S 5, 11-12) et il voudrait bâtir une maison pour le Seigneur (2 S 7).
  • Comment comprendre les deux réponses de Natan : 2 S 7, 2-3 et  2 S 7, 5ss. ?
  • Sur la promesse de Dieu, comparer 2 S 7, 5 et 2 S 7, 11b ; cf. aussi la note sur 2 S 7, 1(titre).
  • Pour les v. 13-14 : voir les notes de BJ et TOB.
  • Comparer 2 S 7, 14 avec la citation de 1 Ch 17, 13 : que pouvez-vous noter ?

Question 2

  • Sa vocation est d’annoncer l’Évangile de Dieu (cf. note BJ sur Mc 1, 1)
  • Cet Évangile a été promis d’avance par les prophètes ; il est dans les Écritures (v. 2).
  • Cette Bonne Nouvelle concerne le Fils de Dieu ; selon la « chair », il est de la lignée de David (v. 3).
  • Par sa Résurrection (cf. note BJ sur v. 4 ; en TOB sur v. 3), il est établi Fils de Dieu.

Question 3

  • Les deux textes parlent d’un « fils de David » que Dieu reconnait comme son fils.
  • Sur l’expression « fils de Dieu », voir la note BJ sur Mt 4, 3.
  • Dans 2 S 7 : Dieu promet au roi (Salomon et ses successeurs) un lien particulier avec lui.
  • Dans 1 Ch 17 : ce don de Dieu concerne plus spécialement le Messie attendu.
  • En Rm 1 : Paul présente le Christ Jésus comme Fils de Dieu, issu de la lignée de David, par son incarnation (selon la chair) et manifesté dans toute sa gloire et sa mission par la Résurrection (v. 4).

2)     Is 7, 10-17 et Mt 1, 18-25 : La naissance de l’EMMANU-EL.

Dans la liturgie, nous entendons souvent cette expression « le Seigneur est avec vous ». Mais que signifie-t-elle pour nous ?  Quelle signification a-t-elle pour Mt ?

1)     Situer ce passage d’Isaïe dans son contexte. Pourquoi Isaïe s’adresse-t-il ici à Achaz ? Que lui demande-t-il ? Comment comprendre le v. 14 ? Quelle garantie est offerte à Achaz ?

2)     Lire Mt 1, 18-25 et proposer une division de ce texte. Comment Mt présente-t-il l’intervention de Dieu ? Que dit-il de Marie ? et de Joseph ?

3)     Comment ce récit de Mt accomplit-il la promesse faite autrefois à Achaz ?

Question 1.

  • Le début du v. 10 (Le Seigneur parla encore à Achaz) nous invite à lire ce qui précède : cf. la note BJ sur Is 7, 1 (fin du verset).
  • Achaz est menacé par les royaumes de Samarie (Éphraïm) et de Damas (Aram) qui voudraient entrainer Jérusalem dans la coalition anti-assyrienne. Isaïe demande au roi de se confier entièrement dans le Seigneur (cf. Is 7, 7-9).
  • Il offre au roi la possibilité de demander à Dieu un signe (v. 10-11) de sa fidélité pour la « maison de David » (cf. 2 S 7), mais Achaz refuse (v. 12-13).
  • Sur la signification du v. 14 pour Achaz, cf. les notes BJ et TOB : en annonçant la naissance d’un fils  et en donnant ce nom symbolique, le prophète invite le roi à croire que le Seigneur-est-avec la « maison de David, dans cette situation difficile.
  • Sur le v. 14 la BJ donne en marge Mt 1, 23 (avec une flèche !).

Question 2.

  • Sur le lien avec ce qui précède : la généalogie qui présente Jésus : lire particulièrement le v. 1 et le v. 16. Notre texte est une « explication » de ce v. 16.
  • Les v. 18-19 décrivent la situation : Joseph et Marie sont mariés mais ne cohabitent pas encore ; devant la grossesse de Marie, Joseph – qui est juste –  veut la répudier sans bruit.
  • Dans les v. 20-21 : intervention de Dieu qui éclaire Joseph, fils de David et lui révèle sa vocation : donner le nom à cet enfant que Marie va enfanter (elle enfantera un fils … tu l’appelleras du nom).
  • Les v. 22-23 font le lien avec l’AT ; les v. 24-25 disent comment Joseph réalise ce qui lui a été demandé par l’Ange du Seigneur. Comparer avec Gn 12, 1 et 4.

Question 3

  • Accomplissement = continuité, rupture et plénitude. Sur le v. 22, lire note BJ.
  • Continuité : un enfant va naître ; par Joseph, il sera un (lointain) descendant de David (cf. v.20 et la généalogie (v. 1-16) ; son nom : Emmanu-El.
  • Rupture : la naissance virginale (v. 20) de Jésus qui, par la foi de Joseph à sa vocation, peut entrer dans la lignée de David.
  • Dépassement : Emmanu-El prend ici une signification inouïe ; cf. aussi Mt 28, 20.

3)     Is 52, 13 – 53, 12 et Ac 8, 26-40 : « Comprends-tu ce que tu lis ? »

Cette question que pose Philippe à l’eunuque nous est parfois venue à la lecture de certains passages des Écritures. Seule une vraie familiarité avec la Bible peut nous révéler la richesse de cette Parole.

1)     De quoi, de qui, parle ce texte d’Isaïe ?

2)     Comment l’auteur des Actes nous présente-t-il l’eunuque ? Pourquoi Philippe peut-il l’aider à comprendre ce qu’il lit.

3)     Quelles conclusions peut-on tirer de la lecture de ces deux textes bibliques ?

 

Question 1.

  • Sur ce texte, voir les notes BJ  et TOB (sur le titre) qui proposent une division en 4 parties : 52, 13-15 : Dieu parle ; 53, 1-6 : les foules (nous) ; 53, 7-10 : le prophète ; 53, 11-12 : Dieu.
  • Ce texte parle d’un homme humilié, rejeté, souffrant, alors qu’il est innocent, mis à mort (cf. v. 4.6).
  • Mais Dieu le nomme : mon serviteur (52, 13 ; 53, 11) et il annonce son exaltation (52, 13 ; 53, 11-12)
  • Pourquoi la souffrance d’un juste ?  Quelle peut être sa signification ?

Question 2.

  • Cet eunuque, haut dignitaire de la reine d’Éthiopie, est un craignant-Dieu (v. 27 et note TOB) ; voir aussi note BJ sur Ac 10, 2.
  • Il lit – à haute voix – un passage du rouleau d’Isaïe (v. 32- 33 et note TOB), mais ce texte lui reste fermé.
  • Philippe va lui en donner la clé, en lui annonçant la Bonne Nouvelle de Jésus : voir Ac 3, 18 et note TOB sur la fin de ce verset ; en BJ, voir Ac 5, 42 et la note.
  • Baptisé, l’eunuque continue sa route dans la joie (v. 39 et note TOB). Cf. aussi Lc 24, 31-32.

Question 3.

  • Ce texte AT  reste « fermé » pour l’eunuque sans la lumière du mystère pascal que lui apporte Philippe.
  • Jésus dans son mystère pascal est la clé de l’AT ; mais d’autre part, l’AT est nécessaire pour reconnaitre le don que Dieu nous a fait dans le Christ.
  • On peut comparer notre récit avec celui de Lc 24, 13-35 : une démarche inverse, mais fondamentalement identique.
  • D’où l’unité de la Bible : Ancien et Nouveau Testament pour entrer dans le mystère chrétien et comprendre le dessein salvifique de Dieu.

4)     Si 24, 1-34 et Jn 1, 1-18 : La Sagesse et le Verbe

Comment  Dieu, Créateur de tout, peut-il être présent à sa création ? Les Sages de l’AT se sont posé cette question. L’Évangéliste apporte une réponse qui dépasse de beaucoup l’attente des hommes.

1)     Lire Si 24, 1-2 et 19-23 : qu’est-ce que ce texte nous dit de la Sagesse ? D’où provient-elle ? Comment est-elle venue en Israël ?

2)     Lire Jn 1, 1-18 : qui est le Verbe ? Relever tout ce que l’Évangéliste nous dit de lui, de son rôle dans notre histoire ?

3)     Comment l’Évangéliste s’inspire-t-il du texte du Siracide ? Qu’apporte-t-il de nouveau ? Qu’est-ce qui est tout à fait inouï ?

Question 1

 

  • Lire la note en BJ sur Si 24 (titre) ; lire (éventuellement) Pr 8, 22-31 et note BJ sur 8, 22 (titre).
  • Relever ce que la Sagesse dit d’elle-même en Si 24, 1-7 (noter les verbes).
  • Sur sa présence en Israël : v. 7-8 ; v. 10-11 et note BJ sur v. 10.
  • Comment comprendre le v. 23 ? Cf. la référence à Ex 19, 1 + (la fin de cette note).

Question 2

 

  • Il est le Verbe (= la Parole), sur ce mot, voir la note de BJ ; cf. aussi les notes de TOB sur les v. 1 et 3.
  • Il est tourné vers Dieu : voir la note TOB sur cette expression (v. 1) et  le renvoi à Jn 5, 17-30.
  • Il est la Vie : cf. Jn 3, 35 + (cité en marge par BJ), la Lumière (Jn 8, 12 +) ; cf. aussi les notes de TOB.
  • Il était au commencement, antérieur à toute création (v. 2) ; son activité dans la création (v.3 et note TOB) est déjà manifestation de Dieu (note TOB sur v. 5), pour tout homme (notes TOB sur v. 9-10).
  • Révélation reçue ni par le monde (v. 10), ni par les siens (Israël ?  note TOB sur v. 11). Mais ceux qui l’accueillent (v. 12) deviennent enfants de Dieu (note TOB sur v. 12).
  • Devenu chair, il a planté sa tente parmi les hommes (v. 14 et notes BJ-TOB) ; il est le lieu de la Présence de Dieu, la révélation du Père (v. 14 et 17-18).

Question 3

  • Remarquer comment ce que le Siracide disait de la Sagesse, l’Évangéliste le dit ici du Verbe, de la Parole de Dieu (au commencement avec Dieu, rôle dans la création, venue dans le monde …)
  • Sur l’accomplissement : il s’est fait Chair (v. 14 et notes) ; il est le Fils, Unique-Engendré (monogénès) : v. 14 et 18 et note de BJ sur v. 18 ; le seul qui a vu Dieu et qui peut nous le révéler.
  • Ce n’est plus la Loi (de Moïse comme en Si 24, 23) mais le Fils Unique de Dieu devenu chair ; il est réellement entré dans notre histoire.

5)     Gn 18, 9-15 et Lc 1, 26-38 : « Rien n’est impossible à Dieu »

Pour l’homme biblique, c’est Dieu qui « ouvre le sein d’une femme ou le ferme », c’est Lui qui donne la vie. Cela apparait encore davantage lorsque des couples sont marqués par l’âge ou/et la stérilité. D’où la place que prennent les récits d’annonce de naissances  miraculeuses.

1)     Comment est présentée en Gn 18, 9-15 l’annonce de la naissance d’un fils ?

2)     Lire Lc 1, 26-38 : comment Luc présente-t-il l’annonce de la naissance de Jésus ?

3)     Comment le récit de Luc « accomplit-il » ce texte de Genèse ?

Question 1

  • Situer les v. 9-15 dans leur contexte : l’histoire d’Abraham est marquée par le problème de la descendance (Gn 12, 2 ; ainsi que 15, 2-5 ; 17, 16-19, cités en marge de Gn 18, 9).
  • Dans notre texte, le lien avec l’hospitalité d’Abraham (18, 1-8), mais à partir du v. 9, il est surtout question de Sara (9 fois).
  • Le texte insiste sur l’âge de Sara et d’Abraham (v. 11-12) ; sur le rire de Sara, comparer avec celui d’Abraham en Gn 17, 17 (et note BJ). La connaissance de son rire et de sa réflexion par le visiteur (v. 13) révèle à Sara quelque chose de son identité, d’où sa crainte (v. 15)
  • Sur le v. 14 : lire Jr 32, 17. 27.

Question 2

  • Luc présente l’annonce à Marie en parallèle avec celle faite à Zacharie (Lc 1, 5ss).
  • Comparer les deux passages et relever ce qui est semblable et ce qui est différent : Zacharie (cf. Dn 8, 16 et 9, 21 cités en marge de Lc 1, 19) annonce dans les deux cas la naissance d’un fils, inattendue : cf. Lc 1, 18, d’une part, et Lc 1, 34, d’autre  part.
  • Sur l’annonce de la naissance de Jean-Baptiste, Luc souligne le cadre (Jérusalem, le Temple, en pleine action liturgique : cf. Lc 1, 5 et note TOB) et la fidélité de Zacharie et Élisabeth (1, 6 et note TOB).
  • Dans l’annonce à Marie, la scène est à Nazareth (jamais mentionné dans la Bible jusque-là !) ; Marie est une jeune fille, mariée selon la loi mais qui ne cohabite pas encore (Lc 1, 26-27 et notes TOB) ; Luc ne dit rien des mérites de Marie.
  • Noter la salutation de l’ange (v. 28 et notes TOB) et le message délivré (v. 31-33 et v. 35) ; ce message est coupé par la question de Marie (v. 34 et note TOB).

Question 3

 

  • Dans le texte de Gn 18 – comme dans Lc 1, 5-25 – il s’agit d’une naissance miraculeuse ; en Lc 1,26-38  il est question d’une  naissance virginale.
  • L’enfant qui va naitre de Marie sera le Messie attendu (1, 32-33 et notes), mais il sera encore bien davantage (1, 35 et notes).
  • La parole de Gabriel en 1, 37 s’applique à la conception d’Élisabeth, mais prend toute sa signification dans celle de Marie.

6)     Is 5, 1-7 et Jn 15, 1-8 : Le bien-aimé et sa vigne

 

Ce titre que la TOB a choisi pour le texte d’Isaïe que nous étudions prend toute sa dimension à la lecture de Jn 15, 1-8. Sous l’image de la vigne, c’est bien l’amour de Dieu pour son peuple qui nous est ici révélé.

1)     Lire Is 5, 1-7 : Dans ce texte, qui parle ? à qui ?  de quoi ? Quelle est la signification de ce passage d’Isaïe ?

2)     Dans Jn 15, 1-8 qu’est-ce que Jésus nous dit de lui ? de Dieu ? et de nous ?

3)     Comment les paroles de Jésus en Jn 15 « accomplissent-elles » ce que l’AT avait commencé à nous révéler ?

 

Question 1

  • Lire les notes de BJ et TOB sur  Is 5, 1.
  • Dans les v. 1b-2 relever les termes qui expriment l’amour du bien-aimé pour sa vigne.
  • En Is 5, 3-6, Dieu interpelle les auditeurs et les invite à juger (v. 3-4), puis il exprime ce qu’il va faire de cette vigne (v.5-6). Sur le v. 6b, lire les références que la TOB nous donne en marge : Dt 11, 14 ; Am 4, 7. Enfin le v. 7 fait l’application de la parabole : les ‘juges’ se retrouvent dans le box des accusés !
  • Sur l’image de la vigne pour désigner Israël, voir les références données en note et en marge ; cf. aussi Jg 9, 12-13 : avec l’olivier et le figuier, la vigne est un des arbres appréciés en Israël.

Question 2

  • Relever les deux affirmations de Jésus en JE SUIS (v. 1 et v. 5) ; expliquer ces affirmations.
  • Sur JE SUIS, voir en BJ et TOB la note sur Jn 6, 35. Lire aussi la note de TOB sur Jn 15, 1.
  • Au v. 1, Jésus exprime sa relation à Dieu, au Père. ; au v. 5 les disciples sont invités à entrer dans cette intimité (être les sarments de cette vigne), cf. note TOB sur v. 2.  Voir aussi 1 Co 12, 12. 27 (cités en marge en TOB). Noter le rôle de l’écoute de la parole (v. 3 et note TOB).
  • Relever les termes qui reviennent plusieurs fois dans les v. 2-7.
  • Quel est, selon vous, le sommet de l’affirmation de Jésus dans ce texte?

Question 3

  • En Is 5 Israël est présenté comme la vigne choisie et choyée par Dieu, mais qui n’a jamais pu répondre vraiment à cet amour (cf. aussi Jr 2, 21).
  • Au contraire, Jésus est la Vigne VERITABLE, celle qui répond totalement à l’amour du Père. Jésus, à lui  seul comble le désir du Père. Voir une affirmation équivalente en Jn 10, 11 (le BON Berger).
  • Mais Jésus veut nous associer à ce qu’il est (v. 5), pour la gloire du Père (v. 8) : pour cela il faut demeurer en lui comme le sarment sur le cep. (cf. encore les notes de TOB).

7)     Ez 37, 1-14 et Mt 27, 51-54 : Les tombeaux s’ouvrent…

La vision des ossements desséchés (Ez 37) est bien connue ; les versets que Matthieu ajoute au récit de Marc dans le récit de la mort de Jésus le sont moins. Pourtant le rapprochement de ces deux textes donne un éclairage au récit évangélique.

1)     Que contient ce passage d’Ézéchiel ? Que voit le prophète ? Qu’entend-il ? Que doit-il faire ? Quelle est la signification de cette vision ?

2)      Comparer ces versets de Mt 27, 51-54 avec le parallèle de Mc 15, 37-40 et relever ce qui est particulier à Mt. Que veut dire l’Évangéliste ?

3)     Quels liens voyez-vous entre ces deux textes ? Comment le texte d’Ézéchiel éclaire-t-il le récit de Mt ?

Question 1

  • Ce texte d’Ez contient deux parties : la vision (v.1-10) et son explication (v. 11-14) ; le v. 11 forme  le pivot. Noter aussi le v. 3 (la question de Dieu et la réponse du prophète).
  • Ez voit une vallée de la mort (v. 2-6 ; cf. v. 11) ; humainement, il n’y a plus d’espoir (cf. v. 3). Mais il est invité à prophétiser (v. 4 et 9) et la parole transmise par le prophète va redonner la vie à ces ossements. Cela se fait en 2 temps : les corps se reforment (v. 7-8), puis ils reprennent vie (v. 9-10). Cf.  la création en Gn 2, 7 !
  • Sur la signification de cette vision, cf. la note BJ sur v. 10. Par cette vision, Ez doit annoncer au peuple en exil le pardon du Seigneur et le retour sur leur terre. C’est aussi la révélation de Dieu : « vous saurez que je suis le Seigneur… » (v. 13 et 14).

Question 2

  • Notre passage est à la fin du récit de la mort de Jésus. Dans le texte de Mc on trouve les mêmes éléments (le cri de Jésus – la boisson vinaigrée – le grand cri et la mort – la parole du centurion – la présence des femmes.)
  • Mais après la déchirure du voile du temple (v. 51), Mt ajoute le séisme, l’ouverture des tombeaux et la résurrection de nombreux morts (v. 52), qui sortent de leurs tombeaux et se font voir dans la Ville sainte (v. 53).
  • De plus Mt fait le lien entre ces événements et la confession du centurion ; une confession qui est ici partagée par « ceux qui avec lui gardaient Jésus » (v. 54).
  • Sur le tremblement de terre, cf. les notes de BJ ou TOB ; voir aussi Mt 28, 2 !
  • En BJ voir encore la note sur v. 53.

Question 3

  • Ézéchiel parlait de la « résurrection » du peuple à la suite de la destruction de Jérusalem et de l’exil. La foi en la résurrection des morts n’apparait qu’au 2ème  s. (voir 2 M 7 et Dn 12, 3). A l’époque du NT, elle était partagée par beaucoup de Juifs (à l’exception des Sadducéens : cf. Mt 22, 23 et note BJ).
  • Mais dans la foi juive, la résurrection marquera le début du « monde à venir ». Par l’ajout de ces versets (Mt 27, 51b-53) et par le lien qu’il fait avec la confession du centurion. L’Évangéliste nous montre la mort de Jésus comme inaugurant ce monde nouveau (cf. les notes de BJ et TOB sur v. 53). Voir aussi 1 P 3, 19 (cité en marge).

8)     Ex 24, 1-11  et Mt 26, 26-29 : Le sang de l’alliance

Dans la Bible, comme dans beaucoup de religions anciennes, le sang a un caractère sacré ; il est le symbole de la vie. C’est ce qui explique l’interdit alimentaire (cf. Lv 17, 10-12), mais aussi la place que tient le rite du sang dans la célébration de l’alliance au Sinaï.

1)     Situer ce texte dans le livre de l’Exode. Que contient ce passage ?  Comment l’alliance est-elle conclue dans les v. 3-8 ? Quel est ici le rôle de Moïse ?

2)     Replacer Mt 26, 26-28 dans son contexte. Que fait ici Jésus ? Qu’est-ce qui est habituel ? Qu’est-ce qui est nouveau ?

3)     Quel est le rapport entre ce texte d’Ex 24 et celui de Mt ? Comment Mt montre-t-il que Jésus « accomplit» ce passage de l’Écriture ?

Question 1

  • A partir d’Ex 19 commence le 2ème grand thème de l’Exode : l’alliance du Sinaï (cf. note sur Ex 19, 1 et introd. à Exode).
  • Voir plus spécialement les ch. 19 à 24 : en Ex 19, 3-8 Dieu propose une alliance que le peuple accepte (19, 8) ; alors a lieu une rencontre entre Dieu et le  peuple (19, 9ss) ; Dieu donne les clauses de l’alliance (Ex 20 – les Dix Parole – cf. aussi le Code de l’alliance : 20, 23ss). Ex 24 raconte la conclusion, la célébration de l’alliance.
  • Deux traditions de cette célébration (voir notes) : Ex 24, 1-2 et 9-11 et Ex 24, 3-8.
  • En Ex 24, 3-8 : relever tout ce que fait Moïse ; mais noter aussi l’importance donnée au peuple (v. 3 et 7) ; cf. aussi la place des jeunes Israélites.
  • Dans ce récit, le rite du sang est souligné (v. 6 et v. 8 – avec la note BJ). Sur ce texte, voir aussi les notes de BJ et TOB sur 24, 1.

Question 2

  • Relever les indications de temps données dans Mt 26 : v. 2 ; v. 17-18 ; v. 20 ; v. 26 ; cf. v. 30 et 36 : ces indications placent ce dernier repas dans le cadre de la Pâque.
  • Remarquer que le repas lui-même est juste évoqué (v. 26) : c’est déjà un « texte liturgique ». Ce qui est mis en lumière est le double geste de Jésus et les paroles qui les accompagnent. Dire la bénédiction et rompre le pain est le geste que fait celui qui préside un repas juif ; mais les paroles qui suivent (fin du v. 26) sont inhabituelles.
  • Rendre grâces pour la coupe, dans les banquets festifs, comme la Pâque ; mais Jésus ajoute une parole qui renvoie à Ex 24, 8.
  • Sur le v. 29 : voir la note TOB ; la BJ nous renvoie à Mt 8, 11 + (cité en marge).
  • Sur ce texte, voir les notes BJ/TOB ; comparer aussi avec Mc ;  Lc et 1 Co 11, 23-27.

Question 3

 

  • Comparer la parole de Moïse en Ex 24, 8 avec celle dite ici par Jésus.  Moïse a partagé le sang (Ex 24, 6) des sacrifices : c’est ainsi un même sang qui lie désormais Dieu (autel) et le peuple. En Mt, Jésus dit mon sang versé pour beaucoup/pour la multitude (cf. Mt 20, 28 et note BJ) ; c’est un renvoi à Is 53, 11-12). Dimension universelle !
  • Le sang de Jésus est versé « en rémission des péchés », ce qui est aussi la réalisation de la promesse faite par Dieu en Jr 31, 34 (cf. note sur Jr 31, 31 +).
  • Jésus est médiateur de l’alliance, mais il est aussi celui qui donne son sang / sa vie.

9)     Jr 31, 31-34 et 1 Co 11, 23-27 : La nouvelle alliance

Alors que tout semblait définitivement perdu à cause du péché du peuple, Jérémie annonce de la part du Seigneur une alliance nouvelle. Un jour, Dieu fera cette alliance et l’offrira à tous les hommes.

1)     Situer cette promesse de Jérémie dans son contexte. Montrer quelle est la nouveauté annoncée ici par le prophète.

2)     Lire 1 Co 11, 17-34 : quel est le problème de la communauté de Corinthe ? Comment Paul répond-il ? Quelle est l’importance de ce texte ?

3)     Quels liens voyez-vous entre le texte de Jérémie et les paroles de l’institution eucharistique dans ce texte de 1 Co ? Relever ce qui vous parait le plus significatif.

 

Question1

 

  • Situer Jérémie ; rappeler les événements les plus marquants de son temps (réforme de Josias, cf. 2 R 22-23, destruction de Jérusalem et du Temple, déportation à Babylone).
  • Pour Jérémie, comme pour les autres prophètes, ces événements sont la conséquence du péché du peuple, de sa rupture d’alliance. De  la part du peuple, la situation est sans issue.
  • Dans cette promesse, Jérémie exprime sa foi en Dieu ; il a fait alliance avec Israël ; il mènera à bien son projet. Jérémie est le seul, dans l’AT, à parler d’alliance nouvelle.
  • Sur la nouveauté de cette alliance, voir note BJ et TOB sur le titre : pardon des péchés, responsabilité personnelle, intériorisation de la religion.

Question 2

  • Sur les problèmes des Corinthiens, voir 1 Co 7 – 14 ; parmi ces problèmes, celui du « Repas du Seigneur » nous vaut le plus ancien témoignage sur l’Eucharistie.
  • Dans notre texte, Paul présente d’abord le problème (v. 17—22), puis il rappelle « ce qu’il a reçu et transmis » (sur ces mots, cf. 15, 3 + cité en marge) dans les v. 23-27, avant de tirer des applications pour la communauté.
  • Étudier particulièrement les v. 23 et 25-26. Célébrer le Repas du Seigneur, c’est faire mémoire  de l’amour infini de Dieu pour nous (la nuit où il était livré – par le Père ; cf. Rm 8, 32) ; c’est aussi accueillir la réalisation de la promesse de Jr 31, 31-34 (v. 25 : la nouvelle alliance) ; c’est vivre dans l’attente de la venue du Seigneur (v. 26 ; cf. 1 Co 16, 22).

Question 3

  • Ce texte de Paul est le premier texte du NT qui reprend l’expression de Jérémie : la nouvelle alliance : ainsi il déclare réalisée l’alliance que Dieu promettait en Jr 31.
  • Célébrer l’Eucharistie, c’est faire mémoire (rendre présent pour nous / nous rendre présents à) ce don de Dieu.
  • L’Eucharistie est le sacrement du pardon des péchés : en Jésus, le pardon de nos péchés est déjà donné par Dieu, si nous l’accueillons.
  • Mais le don de Dieu est aussi encore à venir (v. 26) ; nous avons toute la dimension sacramentaire : un acte de Dieu en Jésus – rendu présent pour nous dans un signe – dont nous attendons la réalisation plénière.

10)  Ez 34, 1-31 et Jn 10, 1-18 : Le bon berger

L’image du roi berger appartenait au patrimoine de l’Ancien Orient. Jérémie l’applique aux rois et aux responsables du peuple ; elle sera reprise par Ézéchiel et d’autres prophètes avant d’être appliquée à Jésus.

1)     Pourquoi Ézéchiel a-t-il recours à cette image ? Qui veut-il dénoncer ? Que veut-il annoncer ?

2)     Situer Jn 10 dans le ministère de Jésus selon Jn. Comment Jésus se présente-t-il dans les v. 1-10 ? et dans les v. 11-18 ?

3)     Comment Jn 10 accomplit-il ce que Dieu  promettait en Ez 34 ?

Question 1

  • Lire la note de BJ sur Ez, 34 (titre) qui nous résume l’importance de ce titre.
  • Comme Jr, Ez voit dans les rois et les chefs du peuple les responsables de la situation présente du peuple (malheur, destruction, dispersion, exil).
  • Relever dans les v. 2-6 les verbes qui expriment le comportement des mauvais bergers ; puis dans les v. 11-16 l’annonce de ce que le Seigneur fera pour son troupeau (mon troupeau : plus de 10 fois).
  • Les v. 17-22 parlent des malheurs dus au comportement égoïste des plus forts.
  • L’intervention du Seigneur va mettre fin à ces situations (v. 11-16 ; v. v. 22).
  • En Ez 34, 11 le Seigneur prend lui-même soin de son troupeau ; en Ez 34, 23ss, il promet de susciter un pasteur qui les fera paître, mon serviteur David.

 

Question 2

  • Jn 1- 12 présente le ministère de Jésus, sa révélation de plus en plus claire : Jn 5 ; puis Jn 7-8 ; et ici Jn 10.
  • Jn 10, 1-10 : l’image de la porte – Jésus parle de sa manière d’entrer en relation avec les brebis comparée à celle de ceux qui ne passent pas par la porte ; sur les affirmations : Je suis la porte (v. 7 et 9), voir les notes TOB.
  • A partir du v. 11, Jésus se présente comme le bon (= celui qui mérite ce nom) berger : voir note TOB sur v. 11. Cf. aussi les JE  SUIS  +  en Jn : voir Jn 6, 35 et note TOB.  Le bon berger est opposé au voleur (v. 8 et 10) puis au mercenaire (v. 11. 12.13).
  • Noter ce qui caractérise le bon berger (v. 11 et notes TOB et BJ) : la connaissance réciproque (v. 14 et note BJ et TOB) et surtout l’engagement total : donner sa vie (v. 15. 17. 18).

Question 3

  • En Ez 34, Dieu faisait deux  promesses : l’une au v. 11 : C’est moi qui prendrai soin  11) ; cf. Ps 23 ; l’autre au. v. 23-24, Dieu promet un pasteur comparable à David (cf. note TOB sur v. 23). En Jésus, ces deux promesses s’unissent : Le Verbe s’est fait chair (Jn 1, 1-3. 14. 17-18).
  • Jésus peut dire JE SUIS LE BON BERGER, à la fois présence de Dieu et accomplissant totalement la promesse de Dieu.
  • Sur ce thème du berger, cf. encore Mt 18 et Lc 15 ; voir aussi Mt 25, 32-34 pour Ez 34, 17-22.

11)  Ps 16, 1-11 et Ac 13, 16-43 : Dieu n’abandonne pas celui qui l’a choisi

La confiance qui s’exprimait dans la prière du Ps 16 a trouvé son « accomplissement » dans la Résurrection de Jésus : telle est la Bonne Nouvelle que Paul veut annoncer aux Juifs et à tous les hommes.

1)     Lire le Ps 16 : qui est  le Dieu à qui s’adresse ici le psalmiste ? Qu’a-t-il déjà fait pour lui ? Qu’attend-il encore de lui ? Étudier spécialement les v. 9-11.

2)     Lire Ac 16-43 : que contient ce discours de Paul ? De quoi parle-t-il dans les v. 17-25 ? Et dans les v. 26-37 ?

3)     Comment ce que Paul annonce au sujet de Jésus « accomplit » ce que dit Ps 16, 10 ?

Question 1

  • C’est le Seigneur, YHWH (4 x) ; c’est le NOM  révélé à Moïse (cf. Ex 3, 14) et dans l’histoire du peuple. Le Psalmiste l’a choisi (v. 2-4) à l’exclusion de toutes les autres divinités.
  • Pour le psalmiste, il est son refuge (v. 1), sa part d’héritage (v. 5-6 et note BJ), celui qui le  conseille (v. 7), celui sur qui il compte maintenant et pour l’avenir (v. 8-11). Cf. aussi Ps 121, 5 (cité en marge dans BJ).
  • Sur les v. 9-11, voir note BJ : celui qui prie exprime la certitude d’être préservé d’une mort prématurée, d’échapper à la mort dans une circonstance précise.
  • Sa foi et son expérience de Dieu lui font désirer une intimité indissoluble avec Dieu.

Question 2

  • Lire les notes de BJ et TOB sur Ac 13, 16.
  • Deux parties : v.16-25 (aboutissement de l’histoire d’Israël) et 26-37 (les Écritures)
  • Dans Ac 13, 17-25 : relever tous les verbes dont Dieu est le sujet. Noter spécialement ce qui est dit de David (v. 22-23 et les notes TOB) ; sur le lien qui unit Jésus à David (v. 23). La prédication de Paul suit la lecture de la Loi et des Prophètes (Ac 13, 15).
  • Noter ce que Paul dit de Jésus dans les v. 27-31 (cf. aussi la note TOB sur v. 27 qui explique les v. 27-29); remarquer l’opposition (fréquente dans le kérygme) entre ce que lui ont fait les habitants de Jérusalem et ce que Dieu a fait (il l’a ressuscité ; il l’a fait voir – apparitions pascales).

Question 3

  • En Jésus, Dieu accomplit les promesses faites aux pères (v. 32-33).
  • Il accomplit ce qui était écrit dans les Psaumes (traditionnellement attribués à David).
  • Paul donne 3 citations de l’AT : 2 tirées des Ps et Is 55, 3 (qui parle de David).
  • Sur Is 55, 3 (v. 34), voir les notes de BJ et TOB.
  • Pour le Ps 2, 7, voir la note TOB sur v. 33 ; pour Ps 16, 10, lire note TOB sur v. 35.
  • Voir encore en BJ la note sur Ac 2, 36 + (cité en marge) ; sur le parallèle fait entre David et Jésus (13, 36-37), comparer avec le discours de Pierre en Ac 2, 26-36).
  • Les deux discours se terminent par un appel à accueillir le salut offert par Dieu en Jésus (cf. Ac 2, 37-41 et Ac 13, 38-43 – et  notes TOB sur v. 38 et 42).

12)  Nb 21, 4-9 et Jn 3, 9-18 : Du « serpent d’airain » à la Croix de Jésus

Pour Jn, le « serpent d’airain » que Moïse éleva autrefois au désert était déjà une lointaine préfiguration du salut que Dieu nous a offert dans la mort et la résurrection de Jésus.

1)     Nb 21, 4-9 : situer ce récit dans son contexte. Qu’est-ce que ce texte nous apprend sur le peuple d’Israël ? sur Dieu ? sur Moïse ?

2)     Lire Jn 3, 9-18 : quelle place l’Évangéliste donne-t-il à ce texte ? Sur quoi veut-il insister ? Travailler plus particulièrement les v. 13-17.

3)     Comment ce texte de Jn « accomplit-il » celui que nous lisons en Nb 21 ?

Question 1

  • Nb 21, 4-9 est un des épisodes de l’histoire du peuple au désert. Depuis Nb 10, 35 Israël a quitté la montagne du Seigneur et est en marche vers la Terre promise, mais toutes les étapes sont marquées par les murmures du peuple, le refus de faire confiance au Seigneur : voir Ex 14, 11 + (cité en marge) où la BJ donne en marge d’autres passages de ces refus.
  • Ici le peuple rejette la manne, la nourriture que Dieu lui donne chaque jour (v. 5).
  • Comme lors des récriminations précédentes, Dieu punit le peuple (ici par les serpents : v. 6), puis suite à la prière de Moïse, il accorde son pardon (v. 7-8).
  • Pour cela, Moïse doit faire un serpent d’airain, vers lequel on doit se tourner pour être guéri (v. 8). Sur ce serpent d’airain, voir encore 2 R 18, 4 + (cité en marge).

Question 2

  • Jn 3 nous montre en Nicodème la difficulté que représente la révélation chrétienne, même pour un Juif ouvert : cf. les notes de TOB sur Jn 3, 1 et 3, 10.
  • Les déclarations de Jésus commencent 3 fois par « en vérité, en vérité, je vous le dis – Amen, amen, je vous le dis »: aux v. 3. 5. 11, une expression qui introduit chez Jn une révélation solennelle. A partir du v. 10, Nicodème disparait du récit ; noter aussi le « nous » qui introduit les v. 11-21 (voir note TOB sur v. 11).
  • Pour les v. 14-17, voir l’introduction : les v. 12-13 et note TOB sur v. 12.
  • Noter le parallélisme fait entre Nb 21 et ce texte de Jn : comme Moïse éleva le serpent au désert / il faut que le Fils de l’homme soit élevé (passif théologique ?), cf. v. 16.
  • L’insistance sur « croire » (v. 15.16.17) pour avoir « la vie éternelle » (v. 15.16).

Question 3

  • En Nb 21, le serpent élevé est la réponse de Dieu à la prière de Moïse pour le peuple pécheur ; en Jn 3, la croix du Christ est la révélation de l’amour total et gratuit de Dieu pour tous ceux qui (quiconque) croiraient (v. 15-16).
  • La croix du Christ n’est pas un « dérapage » de l’histoire, mais révèle le dessein de Dieu : ainsi faut-il … (v. 14 et note BJ) ; cf. aussi Rm 8, 32 (cité en marge).
  • Son Fils unique (v. 16)  nous renvoie aussi à Gn 22 : ce que Dieu n’a pas demandé à Abraham, il l’a fait pour nous.
  • Noter le parallélisme entre ce qui est dit de Moïse et ce que Jn dit ici de Jésus ; sur ce parallélisme, voir encore Jn 1, 17.
  • Lire encore Sg 16, 5-14 et spécialement les v. 6-7 et note BJ sur v. 7.

13)  Dt 18, 13 – 20 et Ac 3, 13 – 24 : Un prophète semblable à Moïse

Dans l’Ancien Testament, Moïse était le prophète par excellence, celui à qui Dieu a parlé face à face (cf. Nb 12, 8) et par qui il a donné la Loi à son peuple. Mais le don de Dieu ne s’arrête pas à lui.

1)     Présenter le Dt et situer notre passage. Quel est le rôle du prophète dont parle ce texte ?

2)     Lire le discours de Pierre (spécialement les v. 17-24) et relever les principales affirmations de Pierre.

3)     Réfléchir sur la place que tenait Moïse dans la foi juive et expliquer l’affirmation de Pierre concernant Jésus.

Questions 1

 

  • Le Dt se présente comme les dernières paroles de Moïse  au peuple qui va entrer dans la Terre : Dt 1, 1.5 ; 4, 44 ; 28, 69.
  • Ce(s) discours de Moïse entoure(nt) le Code deutéronomique : Dt 12 – 26 (cf. note BJ sur Dt 12, 1). Dans le contexte proche, Moïse parle des juges (17, 8), des rois (17, 14), du sacerdoce (18) et des prophètes (18, 9).
  • Sur ce qui est dit des prophètes, voir particulièrement Dt 18, 15-18 et la note BJ sur v. 18.
  • Lire aussi Dt 5, 23-29 : le prophète est un don du Seigneur pour que le peuple puisse écouter la Parole ; le prophétisme prolonge dans l’histoire du peuple la mission de Moïse.

Question 2

  • Tous les prophètes parlaient des souffrances du Messie (v. 18), mais ils n’ont pas été entendu (v. 19).
  • Il faut donc se convertir (v. 19 et note BJ) ; cf. aussi Mt 3, 2 +  et Ac 2, 38 + (cités en marge).
  • Moïse avait annoncé la venue d’un prophète tel que lui (v. 22) et souligné l’importance de son accueil (v. 23).
  • Cf. aussi la note BJ sur v. 24.

Question 3

  • Pour la place donnée à Moïse dans le monde juif, lire Nb 12, 6  et la note de BJ ; ce texte est cité en marge de Dt 18, 15.
  • Relire aussi la note sur Dt 18, 18, spécialement la fin de cette note (le parallélisme qui est fait entre Jésus et Moïse en Jn 1, 17-18 ! Moïse était le révélateur de l’Ancien Testament ; Jésus nous introduit dans le mystère même de Dieu (cf. notes TOB sur Jn 1, 16-18).
  • Voir encore note TOB sur Ac 3, 22 qui nous renvoie à Ac 7, 25. 37 et é Jn 1, 21. L’ « accomplissement » de la parole de Moïse s’est réalisée en Jésus Ressuscité (Ac 326 et note TOB), dont le Nom (Ac 3, 16 et note TOB) vient de guérir cet homme.

14)  Is 40. 1 – 11 et Lc 1, 1 – 6. 15 – 18 : « Préparez le chemin du Seigneur… »

 

Cette parole du prophète de l’Exil annonçant le salut que Dieu va donner à son peuple est reprise par les quatre Évangélistes pour introduire le récit du ministère de Jésus.

1)     Situer et présenter ce texte du livre d’Isaïe. Comment le prophète parle-t-il ici du salut que Dieu va donner à son peuple ?

2)     Comment Luc  présente-t-il le ministère de Jean-Baptiste ?  Comparez sa présentation avec celle des autres Évangélistes.

3)     Comment ce passage de l’AT « s’accomplit-il » en Jésus ?

Question 1

 

  • Les chapitres d’Is 40 – 55 nous donnent le message d’un prophète anonyme  qui s’adresse au   peuple en exil (entre 550 et 539) et annonce le retour.
  • Sur notre texte, voir les notes BJ sur Is 40, 1 (sur les titres) ; voir aussi la note  de TOB (sur v. 40, 1) qui présente une division possible de ce passage.
  • Le salut est annoncé comme un nouvel Exode (40, 3 et note BJ). Se rappeler la place que tenait la sortie d’Égypte, dans la foi d’Israël : le Seigneur est Celui-qui-a-fait-sortir-d’Egypte.
  • Pour le prophète, ce que Dieu a fait autrefois, il va le refaire maintenant pour son peuple. Dieu va ouvrir une route dans le désert (40, 3-4; Is 43, 16-21) et il conduira son peuple, comme un berger, vers Jérusalem (40, 9-11)
  • Sur la compréhension de ce texte dans la tradition (dans AT, à Qumrân, dans NT), lire la note TOB sur 40, 3.

Question 2

  • Sur l’importance que Lc donne aux v. 1-2 : cf. les notes TOB et BJ sur v. 1.
  • Sur le v. 3 : lire les notes de TOB qui éclairent plusieurs termes utilisés pas Luc (Jourdain ; conversion ; pardon des péchés).
  • Pour la citation d’Isaïe, voir la note TOB en Mt 3, 3 ; noter comment la tradition chrétienne (dans les Évangiles) adapte le v. 4 d’Isaïe.
  • Mais seul Luc prolonge la citation du prophète (cf. note TOB et BJ sur v. 6).

Question 3

  • Pour la continuité : il faut préparer dans le désert une route pour le Seigneur. Pour Isaïe, c’est une voix (la Parole du Seigneur) qui va ouvrir cette voie de salut dans le désert (Is 40, 6-8).
  • Dans la LXX, reprise par les Évangélistes, la voix crie dans le désert, (surtout en Mc et Mt), ce qui s’applique à Jean-Baptiste (cf. aussi l’interprétation de Qumrân), qui appelle le peuple à accueillir la venue du Seigneur.
  • Isaïe parlait du chemin du Seigneur / de notre Dieu : pour les Évangélistes, le Seigneur qui vient, c’est Jésus, situé dans notre histoire (cf. Lc 3, 1-2 en notes BJ et TOB). Jean-Baptiste proclame un baptême de conversion et prépare la voie pour Jésus (Lc 3, 16-17). A noter également la dimension universelle de ce salut (Lc 3, 6 et note TOB).

UNE PRESENTATION DE LA LETTRE AUX ROMAINS (1-11)

La Lettre aux Romains est la première et la dernière lettre de Paul : la première dans toutes nos éditions du NT, parce qu’elle est la plus longue ; la dernière, car elle est l’ultime lettre parmi les lettres authentiques écrites par l’apôtre.

Les circonstances
Paul écrit cette Lettre à Corinthe, probablement au printemps 57 ou 58, alors qu’il est sur le point de partir pour Jérusalem où il veut apporter le fruit de la collecte qu’il a organisée dans les Eglises de Macédoine et de Grèce, au profit des chrétiens de Judée (Rm 15, 25-26).
Paul estime avoir terminé son travail missionnaire dans cette partie du monde méditerranéen : « depuis Jérusalem jusqu’à l’Illyrie, j’ai pleinement assuré l’annonce de l’Evangile du Christ » écrit-il (Rm 15, 19 ; cf. 15, 23). Une mission qui l’a amené d’Antioche de Syrie jusqu’en Grèce, en passant par la Turquie actuelle ; il désire maintenant porter son effort plus à l’ouest. C’est pourquoi, il veut aller à Rome et il espère trouver dans cette communauté – qu’il n’a pas fondée – l’aide nécessaire pour continuer sa mission vers l’Espagne (15, 24 et note TOB). Paul n’a pas l’habitude de bâtir « sur des fondations qu’un autre a posées » (15, 20), mais il est conscient que la mission qu’il a reçue du Ressuscité concerne tous les peuples païens (15, 14-16) ; c’est pourquoi, il désire aller à Rome (Rm 1,5 ; cf. Ga 2, 7-9).
Paul se trouve alors à un carrefour de sa vie missionnaire. D’une part, il a proclamé « son Evangile » dans une partie importante du monde méditerranéen, et il veut porter ce message encore plus loin. Sa vocation est de répandre la Bonne Nouvelle. Comme il le dit aux Corinthiens, il plante, d’autres peuvent arroser, mais c’est Dieu qui donne la croissance (cf. 1 Co 3, 6-9). Mais d’autre part, Paul sent aussi les tensions dans les communautés chrétiennes issues du judaïsme et celles qu’il a lui-même fondées dans le monde païen (cf. en particulier la crise galate). Que peut-il faire pour maintenir l’unité de tous les croyants en Jésus Christ et en même temps sauvegarder la liberté des païens convertis, face à la Loi juive ? Par la collecte qu’il a organisé dans ses communautés, une œuvre à laquelle il attache une grande importance (1 Co 16, 1 ; 2 Co 8-9 ; Ga 2, 10 ; Rm 15, 25-26), Paul veut marquer l’unité profonde des Eglises, malgré leurs traditions différentes. Une unité, une communion qui n’est pas acquise d’avance : c’est pourquoi, il demande aux Romains de prier « pour que j’échappe aux incrédules de Judée et que le secours que j’apporte à Jérusalem soit bien accueilli par les saints » (Rm 15, 31 et note TOB).
Ces préoccupations de l’apôtre expliquent, au moins en partie, la Lettre aux Romains, où il présente le dessein de Dieu par rapport aux Juifs et aux païens, tel qu’il le conçoit.

La communauté chrétienne de Rome
Nous ne savons pas qui a apporté la foi chrétienne à Rome, mais il est certain que dès les années 40, on trouve des disciples du Christ dans la capitale de l’Empire (cf. la mention de Suétone parlant de l’expulsion des Juifs de Rome à la suite de troubles dus à un certain « Chrestus » ; une expulsion dont nous trouvons confirmation en Ac 18, 2 (voir la note sur ce verset). Si nous suivons l’indication de Suétone, on pourrait penser à une communauté née parmi les Juifs, nombreux à Rome à cette époque, mais qui, par la suite, devait comprendre également de nombreux païens convertis (cf. des difficultés entre judéo-chrétiens et helléno-chrétiens, judaïsants ou pauliniens, évoquées en Rm 15, 1-13).

Le plan de la Lettre aux Romains
Il est toujours hasardeux de vouloir présenter le plan d’un écrit alors qu’il n’est pas clairement indiqué par l’auteur du texte. Pourtant il est évident que la Lettre aux Romains est un texte très bien construit et on peut, au moins, tenter de donner certaines indications.
D’abord, tout en suivant le modèle épistolaire des lettres de Paul (adresse, action de grâce, contenu dogmatique puis parénétique, salutations), la Lettre aux Romains se présente comme un texte fortement charpenté sur le salut chrétien, une réflexion plus élaborée qu’aucune autre Lettre de l’apôtre.
Tous les commentateurs s’accordent sur une division en deux parties : la première doctrinale (1 – 11) et la seconde exhortative (12 – 16). Pour une division un peu plus développée, voici celle proposée par Ch. PERROT dans CE 65.

Après l’adresse (1, 1-7) et l’action de grâce (1, 8-17)
– 1) De la condamnation de tous au salut des croyants : 1, 18 – 4, 25
– 2) De la mort à la vie. De la Loi à l’Esprit : 5, 1 – 8, 39
– 3) Le mystère d’Israël : 9, 1 – 11, 36
– 4) L’exhortation sur les rapports avec autrui : 12, 1 – 15, 13
Suit la conclusion de la lettre : 15, 14-33 avec peut-être (dans certains manuscrits) la doxologie de 16, 25-27.
Vient enfin le chapitre 16, 1-23, avec les nombreuses salutations ; un chapitre que certains regardent comme une (autre) lettre (de recommandation pour Phoebé ?).

Le message de la Lettre aux Romains

La Lettre aux Romains est une réflexion profonde sur le salut chrétien, ce que Paul appelle « son Evangile » (Rm 1, 1.2.9.15.16) et qui est la proclamation de ce que Dieu a accompli dans le Christ pour tous les croyants (Rm 5, 6-11 ; cf. 2 Co 5, 14-21).
Je ne parlerai ici que des chapitres 1 – 11. Pour bien suivre la pensée de Paul, il peut être utile de préciser la signification de certains termes que l’apôtre utilise dans sa Lettre.
Tout d’abord, dans les chapitres 1-5, les mots colère et justice. Paul parle de la « colère de Dieu » (Rm 1, 18 ; 2, 5. 8 ; 3, 5 ; 4, 15 ; 5, 9) pour exprimer l’incompatibilité radicale entre la sainteté et le péché. « ‘La colère de Dieu en action consiste à laisser la nature humaine pécheresse macérer dans son propre jus, (C.H. Dodd) quand l’homme choisit délibérément d’ignorer Dieu. Elle exprime le tragique de l’amour de Dieu, quand l’homme refuse sa miséricorde. Au cours de l’histoire d’Israël, la colère de Dieu et les châtiments qui la suivent sont fréquemment invoqués, […] ils expriment comme en creux la sainteté à laquelle l’homme est appelé et la confiance que Dieu lui fait ; ils constituent aussi un appel à la conversion. » (J.- P. LEMONON , Les Epitres de Paul II, p. 28)
A la colère de Dieu Paul oppose sa justice ; mais la « justice de Dieu» a dans la Bible une signification beaucoup plus large que dans notre usage : quand Dieu justifie (15 fois en Rm), il déclare quelqu’un juste et le mot justice appelle souvent l’idée de salut. « La justice de Dieu est éminemment une justice de salut. Au point qu’on pourrait presque conseiller au lecteur qui aborde Rm pour la première fois de substituer le plus souvent le mot salut à la mention de cette justice divine. » (Ch. PERROT, CE 65, p. 20)

Deux autres termes reviennent fréquemment dans le chapitre 8 : la chair et l’esprit.
Pour Paul, le mot « chair » désigne l’homme dans sa fragilité, son caractère provisoire, son humanité. « Toute chair » désigne la condition humaine à laquelle personne n’échappe. Mais souvent par ce mot « chair », Paul veut exprimer « l’homme dominé, asservi par le péché qui, par ses passions s’est installé en lui (Rm 7, 5). La chair n’est pas le péché mais la voie par laquelle le péché s’introduit dans l’homme. » (cf. J. –P. LEMONON, op. cit. p. 219)
Et concernant le mot « esprit » : « Le terme grec pneuma peut signifier souffle ou esprit ; le sens concret ne doit jamais être perdu de vue. Dans les lettres pauliniennes, et en particulier dans Rm 8, il est souvent difficile de distinguer entre l’Esprit de Dieu et l’esprit de l’homme, d’où parfois dans les traductions un emploi désordonné de la majuscule et de la minuscule (cf. 8, 4-5). Cette difficulté d’orthographe n’est pas sans intérêt, car Paul distingue avec soin l’Esprit de Dieu et l’esprit de l’homme (8, 16), mais en même temps ces deux réalités ne font pas nombre ; l’Esprit de Dieu dirige et anime l’esprit de l’homme, il prend possession du chrétien dans son ensemble, car il habite en lui (8, 9). » (J.-P. LEMONON, op. cit. p. 91)

De la Lettre aux Galates à la Lettre aux Romains
Dans la Lettre aux Romains, Paul reprend d’une manière plus ample ce qu’il avait exprimé en Ga : le salut est un don totalement gratuit de Dieu et il est offert à tout homme, Grec ou Juif, qui croit en Jésus Christ, c’est-à-dire qui s’ouvre à la révélation de l’amour de Dieu manifestée pour nous dans la vie, la mort et la résurrection de Jésus.
Dans la Lettre aux Romains, Paul commence par montrer comment tous les hommes sont sous la « colère » de Dieu, parce que tous sont pécheurs : les païens, parce qu’ils n’obéissent pas à la loi de Dieu qui est inscrite en tout homme ; les Juifs, qui ont reçu une révélation particulière, la Loi de Moïse, mais qui sont incapables de l’observer entièrement. (Rm 1-3)

La justification ne peut donc venir que comme un acte gratuit de Dieu. Paul trouve l’annonce d’une telle justification dans ce que la Bible nous dit d’Abraham. (Rm 4)
« Abraham, notre père », disaient les Juifs et ils mettaient surtout en lumière les œuvres du patriarche (cf. la note BJ sur Rm 4, 2). Paul relit les textes concernant Abraham (spécialement Gn 15, 6 et 17, 9-14) en soulignant deux points :
– tout d’abord, Abraham est déclaré juste par Dieu, à cause de sa foi (Gn 15, 6), indépendamment de la circoncision et de la Loi : il était encore incirconcis (Rm 4, 10-11) et il a reçu les promesses de Dieu bien des siècles avant que vienne la Loi de Moïse (Rm 4, 13-16).
– ainsi Abraham peut être le père des incirconcis aussi bien que des circoncis (Rm 4, 10-12) et les promesses qui lui ont été faites sont valables pour toute sa descendance, c’est-à-dire pour tous ceux qui, comme lui, croient : « pour nous qui croyons en Celui qui a ressuscité d’entre les morts Jésus notre Seigneur, livré pour nos fautes et ressuscité pour notre justification. » (Rm 4, 24-25)

Dans les chapitres 5-11, Paul va maintenant parler du salut. Ce salut exprimé en Rm 5, 6-11 qui nous est acquis par la foi, grâce à la solidarité du Christ, bien plus forte que celle que nous avons, par nature, avec Adam (Rm 5, 12-21). C’est par le baptême que le croyant participe à la mort et à la Résurrection du Christ et est ainsi appelé à une vie nouvelle (Rm 6, 4).

Libéré alors de la Loi (Rm 7), le croyant peut vivre dans l’Esprit ; dès maintenant, il peut dire « Abba, Père » (8, 15), mais il est encore dans l’attente – comme d’ailleurs toute la création – de l’accomplissement de ce salut dont il a reçu les prémices (Rm 8, 19-25). Mais il est sûr de ce salut : « Nous savons que tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu. Ceux que d’avance, il a connus, il les a aussi prédestinés à être conformes à l’image de son Fils, afin qu’il soit le premier-né d’une multitude de frères ; ceux qu’il a prédestinés, il les a aussi appelés ; ceux qu’il a appelés, il les aussi justifiés ; et ceux qu’il a justifiés, il les a aussi glorifiés. » (Rm 8, 28-30)

Rm 9 – 11 : Le mystère d’Israël
Quand on arrive à la fin de Rm 8, on pourrait assez facilement passer à Rm 12 (la partie parénétique de la lettre). Pourtant les chapitres 9-11 ne sont pas une insertion postérieure. Le problème que Paul aborde ici est bien dans la ligne de tout son développement (cf. la note TOB sur Rm 9, 2).
« S’il est vrai que le salut par la foi en Jésus Christ est conforme aux oracles de l’Ancien Testament et qu’il en réalise les promesses (cf. 1, 2 ; 3, 21.30), le peuple juif, qui est le peuple des promesses, aurait dû croire en Jésus et ainsi se trouver dans l’assurance du salut. Or ce peuple, dans son ensemble, n’a pas cru en Jésus. Il semble donc que le salut par la foi en Jésus, c’est-à-dire toute la thèse de Paul, ne cadre pas avec les promesses de l’Ancien Testament, car Dieu ne peut pas manquer d’être véridique (cf. 3,3). » (J. CANTINAT, Les Epitres de saint Paul expliquées, p. 140)
Pourquoi ce peuple préparé, par Dieu depuis des siècles, n’a-t-il pas reconnu Jésus comme son Messie ? C’est à cette question que Paul veut répondre ici. Il va procéder en trois étapes, où il passe de la désolation à l’espoir, puis de l’espoir à la certitude du salut : d’où trois parties
– le constat et les questions : Rm 9, 1-33
– de l’espoir à la possibilité du salut : Rm 10, 1 – 11, 24
– le mystère du salut d’Israël : Rm 11, 25-36
Son argumentation, est serrée et fait appel à de nombreux passages bibliques, parmi lesquels on peut relever l’histoire de Jacob-Esaü (le thème des deux frères ou du cadet préféré à l’aîné) que l’on trouve en Gn 25, 19ss et surtout dans l’interprétation qu’en donne Ml 1, 2-3 : « Esaü n’était-il pas le frère de Jacob ? – oracle du Seigneur. Pourtant j’ai aimé Jacob et j’ai haï Esaü », soulignant ainsi la totale liberté des choix de Dieu.

Dans ces chapitres, Paul réfléchit à la situation éclatée qu’il connaît : les Juifs qui ont cru au Christ et ceux qui le refusent ; les communautés helléno-chrétiennes qui s’écartent du judaïsme et même de certains judéo-chrétiens. Il y a donc une double, même une triple, rupture. Et la mission de Paul, sa vocation auprès des païens, est pour une bonne part à l’origine de cette situation.
C’est aussi, semble-t-il, la situation de l’Eglise de Rome que l’apôtre a en vue. A la fin des années 50, il y a à Rome une montée de l’hostilité des païens contre les Juifs (à cause des troubles en Palestine qui conduiront à la Guerre juive en 66-70) ; d’autre part, à la suite de l’expulsion des Juifs de Rome (édit de Claude en 49), dans la communauté chrétienne, les judéo-chrétiens sont minoritaires et les rapports entre les croyants venus du monde juif et ceux issus du monde païen suscitent des tensions (cf. Rm 14, 1-15, 13).

« Dans un contexte communautaire et religieux profondément « éclaté », à Rome comme dans la Diaspora d’alors, Rm 9-11 est d’une grande importance, tant il est le juste reflet d’une pratique communautaire que l’Apôtre veut mettre en place. […] Le texte de Paul est prophétique, non point d’abord parce qu’il découvrirait un pan nouveau du scénario de l’avenir, mais parce qu’il déclare notre situation d’aujourd’hui à l’endroit d’Israël, et réciproquement. » (Ch. PERROT, CE 65, p. 52)

Dans ce texte, Paul dit son espérance dans le dessein de Dieu concernant Israël. Il reconnaît que seul un « reste » d’Israël a cru à l’Evangile (11, 1-5), mais ce « reste » représente les « prémices » (11, 16 et note TOB sur ce verset) qui annoncent la réalisation plénière du dessein de Dieu, « et ainsi tout Israël sera sauvé, comme il est écrit : De Sion viendra le libérateur ; il écartera de Jacob les impiétés. Et voilà quelle sera mon alliance avec eux, quand j’enlèverai leurs péchés. » (11, 26-27). Un dessein où Dieu est totalement libre, mais aussi où il reste fidèle aux promesses faites aux pères (11, 28).
Paul met donc en garde les helléno-chrétiens contre une certaine autosuffisance : si Dieu a retranché des branches de l’olivier franc et a greffé sur le tronc des branches d’oliviers sauvages, ne pourrait-il pas également retrancher de telles branches, si elles étaient infidèles, comme il peut, à nouveau, greffer les branches qu’il avait coupées (11, 17-24).

Comme on le voit, Paul « ne donne pas de solution théologique visant à réduire la rupture entre la Synagogue et l’Eglise. Paul n’en appelle pas à une conversion finale pour dire son mépris d’un Israël qui n’a pas encore reçu son Seigneur. Il invite plutôt à reconnaître des situations respectives, non seulement sans réduire l’autre, mais en lui ouvrant aussi un avenir de salut, dans un salut qui pour l’Eglise ne peut pas ne pas engager de quelque manière le Christ d’Israël. Au fait n’est-ce pas là le véritable œcuménisme ? En lisant ces textes, le chrétien d’aujourd’hui est invité à reconnaître son exacte situation communautaire à l’endroit d’Israël et à crier sa joie dans le salut de Dieu. Quant au reste, tout est grâce ! » (Ch. PERROT , CE 65, p. 53)

LA PERIODE PARTIARCALE : Gn 12 – 50


Le livre de la Genèse comprend deux parties bien différentes : Gn 1-11 est consacré aux origines du monde et de l’humanité, alors que les chapitres 12-50 nous parlent des ancêtres de l’histoire d’Israël.

Qui dit ancêtres d’Israël pense aussitôt à la formule, souvent reprise dans le Deutéronome, « Abraham, Isaac et Jacob ». Mais les chapitres 12-50 de la Genèse ne font qu’une petite place à Isaac (en Gn 26). En effet, après avoir parlé d’Abraham (Gn 12-25), la Bible nous parle de Jacob, l’ancêtre des douze tribus (Gn 27-36), puis de Joseph, un des fils de Jacob (Gn 37-50). Comme nous le dit l’introduction à la Genèse : « Si l’on fait abstraction d’Isaac, on constate que la Genèse met en place trois types d’ancêtres : Abraham, l’ancêtre commun par excellence, puisque sa descendance consiste également en de nombreuses tribus arabes ; Jacob, l’ancêtre d’Israël, le père des douze tribus ; Joseph enfin, l’ancêtre de la diaspora, c’est-à-dire du judaïsme de la dispersion. » (Le Pentateuque. Traduction œcuménique de la Bible, Cerf – SBF 2003, p. 26)

Les traditions liées à la figure d’Abraham sont localisées dans le sud du pays (Hébron, Mamré) ; celles où intervient Jacob nous conduisent dans le centre du pays (Béthel, Sichem) et jusque vers Aram ; enfin les chapitres consacrés à Joseph nous emmènent en Egypte.
En dehors du Pentateuque, les traditions sur Jacob sont celles qui semblent les mieux attestées dans la Bible : un passage du prophète Osée (au 8ème siècle) les suppose connues de ses auditeurs (cf. Os 12, 4-9.13-14).

Le première référence à Abraham, en dehors du Pentateuque, se trouve en Ez 33, 24. De plus dans l’AT, en dehors de la Genèse, le nom d’Abraham seul, ne se lit que 14 fois, alors que celui de Jacob seul, se rencontre 141 fois ; dans le NT, au contraire, Abraham est cité 72 fois et Jacob 23 fois : voir D. NOEL, dans CE 99, Les origines d’Israël, p. 60-65.

Quant à l’histoire de Joseph, en dehors de la Genèse, elle ne se retrouve que dans le Ps 105, 16-23. C’est pourquoi, on pense pouvoir situer « l’origine du roman de Joseph dans la communauté juive d’Egypte à l’époque perse. Joseph devient un exemple pour montrer aux lecteurs comment on peut être vraiment juif tout en vivant parmi les païens. » (Le Pentateuque, op. ci. p. 27)

Comme on le voit, les derniers rédacteurs du Pentateuque ont réunis dans les chapitres 12-50 de la Genèse des traditions d’origines et d’époques bien différentes. Il est donc difficile de tirer de ces textes des données sûres pour un historien : Israël parle ici de ses ancêtres comme les autres nations. Mais en plaçant les patriarches entre les récits racontant la création du monde et celle de l’humanité et ceux qui sont rattachés à la tradition de Moïse et de l’Exode, la Bible fait le lien entre l’histoire d’Israël et celle de toute l’humanité. Et par là, elle donne à ces textes, sur les ancêtres d’Israël, une dimension universelle : ils racontent aussi notre histoire et nous préparent à mieux comprendre l’histoire du salut. Il vaut donc la peine de prendre le temps de les lire et les (re)découvrir.

Pour les textes appartenant au cycle d’Abraham :voir ceux présentés dans le dossier Les Ancêtres de Jésus I. Pour ceux qui nous parlent de Jacob et de Joseph, voici une proposition :

1) Gn 25, 19 – 34 : Jacob et Esaü

1) Que contient ce passage de Gn ?
2) Qu’est-ce qui est dit de ces deux enfants dans les v. 19 – 28 ?
3) Comment l’auteur nous présente-t-il Jacob et Esaü dans les v. 29-34 ? Quelle leçon en tire-t-il ?

Question 1 Sur tout ce texte, lire la note de BJ sur le titre.
• La BJ divise ce passage en deux : la naissance des enfants (v. 19-28) et l’histoire du droit d’aînesse (v. 29-34). La TOB donne un seul titre : Esaü et Jacob.
• Noter la mention de la stérilité de Rébecca (comme Sara, en Gn 16, 1, ou Rachel, en Gn 29, 31).
• La naissance de ces deux enfants nous apparaît ainsi encore davantage comme un don de Dieu.

Question 2
• Ils sont jumeaux (v. 22), mais ils sont très différents. Ils se heurtent (déjà) dans le sein de leur mère (cf. la note BJ sur v. 23).
• Esaü est le premier à voir le jour (v. 25), mais Jacob lui tient le talon (v. 26).
• Sur les noms donnés aux deux enfants, lire les notes de BJ et TOB ; ce sont des étymologies populaires (voir la note sur le v. 26). Pour une autre explication du nom d’Esaü, voir le v. 30.
• Noter encore les différences entre ces deux enfants et les préférences des parents : v. 27-28.

Question 3
• Jacob nous est présenté comme un pasteur au campement, un Bédouin habile à tirer profit de toute situation rencontrée.
• Esaü est un homme qui court le désert ; affamé, il est prêt à tout sacrifier pour avoir à manger ; remarquer les 5 verbes dont Esaü est le sujet, au v. 34.
• Sur le droit d’aînesse, voir Dt 21, 17 (cité en marge dans BJ).

Que retenir de ce texte ?

• Dans ce texte, le peuple d’Israël veut nous donner une présentation de son histoire passée. L’auteur ne cache pas le caractère rusé de l’ancêtre du peuple (Jacob-Israël) ; il s’en glorifie plutôt. Ce qu’il raconte veut expliquer les tensions qui en résultent avec les peuples voisins, au cours de l’histoire, ici plus particulièrement avec les Edomites (Esaü = Edom).
• L’histoire présente cette situation comme voulue par Dieu (v. 23) qui, librement, donne sa préférence au cadet (cf. la note BJ sur Gn 4, 5).

2) Gn 26, 16 – 33 : Autour des puits

1) Situer notre texte ? A quel cycle appartient-il ?
2) Sur quoi le récit veut-il insister dans les v. 15-25 ?
3) De quoi s’agit-il dans les v. 26-33 ? Quelle était la situation au début du récit ? A quoi est-on parvenu à la fin ?

Question 1
• Pour ce texte, lire la note de BJ sur Gn 26 (titre).
• Après le cycle consacré à Abraham (Gn 12, 1 – 25, 18) commence un cycle consacré à Isaac et Jacob (Gn 25, 19 – 37, 1). En fait, ce cycle parle surtout de Jacob, le grand patriarche père des douze tribus. Gn 26 est un des seuls récits où Isaac est le personnage principal.
• Gn 26 commence par un autre récit concernant Isaac (parallèle à Gn 12, 10 et Gn 20, avec Abraham) ; notre passage forme la suite de cet épisode.
• Le texte comprend deux parties selon la BJ (v. 15-25 et 26-33), mais elles sont toutes les deux en rapport avec les droits sur les puits. La TOB place tous ces versets sous un seul titre. Il s’agit des relations d’Isaac avec ses voisins, ici Abimélek et les gens de Gérar.

Question 2
• Dans les v. 15-25, noter la répétition du mot « puits » : les droits d’eau dans le désert sont une question vitale pour les nomades éleveurs de petit bétail ; d’où les fréquentes contestations entre les différents groupes (cf. Gn 21, 25-31, cité en marge dans BJ). Isaac a hérité des puits d’Abraham, mais il rencontre des oppositions. Remarquer le caractère pacifique d’Isaac (v. 17s ; v. 20s).
• Dans les v. 23-24, nous retrouvons les promesses faites jadis à Abraham : cf. la note BJ sur le v. 23 ; dans le Pentateuque de la TOB 2003, on pourrait lire la note sur le v. 24.

Question 3
• Dans cette situation conflictuelle, Abimélek vient demander une alliance / un serment à Isaac, qu’il reconnaît comme un homme béni par le Seigneur (v. 28).
• Le rite de l’alliance sera un repas partagé (v. 30 – comparer avec Ex 24, 11 et la note TOB) et par un engagement solennel entre les partenaires (v. 31).
• Ce qui est recherché par une telle démarche, c’est la paix entre les deux groupes humain, entre Abimélek et ses gens et Isaac et les siens. Pour la signification biblique du mot « paix », lire la note de BJ en Jr 6, 15 ; dans la TOB, voir la note donnée sur 1 R 5, 26.

Que retenir de ce texte ?
• Nous avons ici un exemple de ces alliances qui permettaient à des groupes humains différents de dépasser leurs conflits d’une manière pacifique. Grâce à un rite d’alliance, ils se considéraient comme des « frères » et s’engageaient à se traiter en conséquence.
• Ce texte nous rappelle aussi l’importance de l’eau dans la Bible et, par là, la signification de l’eau dans des textes comme Jn 4 !

3) Gn 27, 1 – 45 : La bénédiction volée.
1) Qui sont les personnages de ce récit ? Que font-ils ? Que disent-ils ?
2) Relever dans ce texte les expressions qui reviennent plusieurs fois. Quelle est pour vous
la signification de ce récit ?
3) Que pouvons-nous en retenir ?

Question 1
• Isaac : il est vieux, se sent proche de la mort (v. 1-2. 4. 7. 10) ; il est presque aveugle ; il veut bénir son fils aîné avant de mourir. Il découvre trop tard la ruse de Jacob (v. 33) et il reconnaît alors qu’il ne peut changer la bénédiction qu’il lui a accordée (v. 37-38).
• Rebecca : elle surprend la conversation entre Isaac et Esaü (v. 5) ; à cause de sa préférence pour Jacob (cf. Gn 25, 28, cité en marge dans BJ), elle veut que la bénédiction soit donnée à celui-ci et elle en prend les moyens (v. 11-17) ; de même, un peu plus tard, elle apprend le projet d’Esaü (v. 42-45) et elle envoie Jacob chez son frère Laban.
• Jacob : invité à prendre le rôle de son frère, il craint la malédiction (v. 12), mais rassuré par sa mère (v. 13), il fait ce qu’elle lui demande (v. 14-17). Face à son père, il ment (v. 18-21. 24) et reçoit ainsi la bénédiction réservée à l’aîné (v. 27-29). Il doit fuir la colère de son frère (v. 43-44).
• Esaü : il reçoit l’ordre de son père (v. 1-4) et il part pour l’accomplir (v. 5b). Revenu de sa chasse, il prépare le repas pour son père, mais c’est trop tard (v. 30-33) ; il a perdu la bénédiction, comme autrefois son droit d’aînesse (v. 36). Sur la signification des paroles que son père prononce sur lui (v. 39-40), lire la note BJ. Il décide alors de tuer son frère après la mort de son père (v. 41).

Question 2
• Lire les notes de BJ et TOB sur le titre de ce chapitre.
• Noter les répétitions du verbe « bénir » (15 fois) ; cf. aussi « bénédiction » (5 fois).
• Pour la signification de ces termes, lire en BJ les notes sur les v. 27 et 33 ; en TOB, voir les notes sur le v. 29 et 33 ; on peut encore consulter en BJ les notes sur Gn 9, 25 et 14, 19.
• Selon la Bible, Jacob est l’ancêtre des douze tribus qui formeront le peuple d’Israël, alors qu’Esaü est l’ancêtre des Edomites (Esaü = Edom), un peuple voisin et souvent ennemi d’Israël.
• Sur les relations entre ces deux peuples, cf. les paroles d’Isaac dans les v. 22- 29 et 39-40. Pour l’auteur du texte, la bénédiction du patriarche avant sa mort, annonce le destin futur des deux nations : cf. les notes de BJ sur les v. 27 et 40.

Question 3
• Ce récit biblique rappelle l’importance de la bénédiction. Etre béni (de Dieu) est source de vie, de prospérité.
• Le récit marque aussi la liberté de Dieu, qui peut passer même à travers le péché des hommes (cf. la fin de la note BJ sur le titre de Gn 27 ; lire aussi les références que vous trouvez à cet endroit).

4) Gn 28, 10 -22 : Le songe de Jacob

1) Replacer notre texte dans son contexte.
2) Ce texte porte les marques d’une longue histoire, mais quel est le contenu du
texte tel que nous le lisons aujourd’hui ?
3) Que pouvons-nous retenir de ce récit sur Dieu ? et sur Jacob ?

Question 1
• Ce texte peut être la suite de Gn 27, 45 (une tradition sacerdotale), mais dans le contexte actuel, il fait également suite à Gn 27, 46 – 28, 5.
• Ce texte marque le début du récit du voyage de Jacob qui s’étend jusqu’en Gn 35.

Question 2
• On remarque facilement dans ce texte des « aspérités » : ainsi la vision des anges (v. 12) et celle de Dieu (v. 13a) ; la promesse magnifique de Dieu (v. 13b-15) à comparer avec ce que dit Jacob dans les v. 16-17 et 20.
• Dans le texte tel que nous le lisons aujourd’hui, on peut distinguer 3 parties : le songe de Jacob (v. 11-12), la promesse de Dieu (v. 13-15) et la réaction de Jacob à son réveil (v. 16-22).
• Sur les v. 11-12 : noter la triple répétition du mot « lieu » au v. 11 ; ce même terme reviendra 3 fois dans les v. 16.17 et 19.
• La vision de « l’escalier » (cf. la note TOB sur v. 12) : il s’agit de la rampe d’accès à une tour à étage comme on en voyait en Mésopotamie ; les anges qui montent et descendent symbolisent le lien entre le ciel et la terre.
• Pour les v. 13b-15, lire les textes indiqués dans la marge de BJ. Comparer aussi avec la bénédiction paternelle de Gn 27, 27-29 : quelles remarques pouvez-vous faire ?
• Dans la réaction de Jacob (v. 16-22) : étonnement et peur ; cf. Ex 19, 12 + (cité en marge dans BJ) ; sur le rite que Jacob accomplit, cf. la note BJ et TOB sur v. 18 ainsi que le renvoi à Ex 23, 24 +.
• Les v. 20-22 contiennent une double promesse : construire un temple et payer la dîme (cf. note TOB sur v. 22) ; voir encore Am 4, 4 et la note de BJ sur ce verset.

Question 3
• Le Dieu des patriarches est le Dieu du clan (v. 13) ; il protège ses fidèles dans leurs migrations.
• Il est au ciel (au sommet de « l’escalier »), mais il s’intéresse à ce qui se passe sur la terre. Dieu se manifeste en un lieu (ici à Béthel), mais il n’est pas lié à un lieu.
• Ce récit attribue à Jacob la fondation du sanctuaire (cf. Gn 12, 8-9) qui deviendra le sanctuaire le plus important du Royaume du Nord (cf. 1 R 12, 29 et note BJ).

5) Gn 32, 23 – 33 : Le combat de Jacob

1) Situer ce texte dans le cycle de Jacob : quelle place tient ce récit ?
2) Que contient notre texte ? Comment est-il construit ?
3) Que pouvons-nous retenir de ce récit biblique ?

Question 1
• Après l’histoire de la naissance des deux enfants (Gn 25, 19ss), après le vol de la bénédiction paternelle (27, 1ss), qui l’oblige à partir chez Laban (28, 1ss), Jacob s’est marié (29, 15ss), il est devenu chef de famille et s’est enrichi. Maintenant il veut retourner dans son pays (30, 25ss).
• Devant l’attitude de Laban, Jacob prend la fuite avec ses femmes, ses enfants et tout ce qui lui appartient (31, 17ss).
• Rattrapé par Laban, il conclut avec lui un traité (31, 43ss) et continue son chemin vers son pays (32, 1ss) où il craint la rencontre avec son frère Esaü (32, 4ss).
• Jacob se trouve maintenant au bord du Yabboq qu’il doit franchir pour entrer dans la terre ; il va passer le gué et affronter son frère Esaü (33, 1ss).

Question 2
• Ce récit contient également des éléments anciens (cf. la note BJ sur 32, 23 – titre-) qui ont été retravaillés au cours des siècles de tradition (peut-être une vieille légende liée au danger que représente le passage du Yabboq).
• Notre texte comprend trois parties : une introduction (v. 23-24), le combat nocturne (v. 25-30) et les conséquences de cette lutte pour Jacob (v. 31-32).
• Jacob est resté seul sur la rive nord du Yabboq (v. 23-25)
• Le récit nous dévoile progressivement l’identité de l’inconnu que Jacob doit affronter : c’est tout d’abord un homme (v. 25b), mais qui a des pouvoirs mystérieux (v. 26). Jacob refuse de le lâcher avant qu’il ne l’ait béni (v. 27)
• L’inconnu change le nom de Jacob (sur la signification de ce fait, lire note TOB sur v. 28 ; en BJ voir Gn 17, 5 et la note) ; il lui accorde la bénédiction, mais il refuse de lui dévoiler son nom (cf. note TOB sur v. 30 ; en BJ voir le renvoi indiqué en marge à Jg 13, 17 +).
• Le v. 31 souligne le caractère exceptionnel de cette rencontre : cf. la note BJ sur ce verset et le renvoi (en marge) à Ex 33, 20 +.
• Sur le v. 33, lire la note BJ : c’est sans doute un tabou dont on ne connaît plus l’origine.

Question 3
• Ce combat de Jacob est déjà connu du prophète Osée : Os 12, 4 – 6 (vers 750) ; ce récit aura un grand retentissement dans la tradition (spirituelle et artistique) ; cf. la note TOB sur le titre.
• Ici Jacob lutte pour obtenir la bénédiction : une longue lutte jusqu’au lever de l’aurore (v. 25 ; cf. note sur v. 30). Le patriarche reste marqué par cette rencontre avec Dieu (v. 32 et note TOB).
• Sur le changement de nom (Jacob-Israël), cf. la fin de la note de BJ sur v. 29).

6) Gn 35, 1 – 15 : Jacob à Béthel

1) Situer ce passage dans son contexte.
2) De quoi parlent les v. 1-15 de ce chapitre ?
3) Que pouvons-nous retenir ?

Question 1
• Ce récit est en lien avec Gn 28, 10-22 et le voeu que Jacob avait fait quand il fuyait son frère Esaü.
• Mais il est également – et encore plus directement – relié à Gn 34 : après la vengeance de Siméon et Lévi, suite au viol de Dina (Gn 34, 25-28), Jacob doit prendre la fuite (Gn 34, 30 ; cf. 35, 5).
• Après les versets que nous étudions, le chapitre de Gn 35 contient encore quelques éléments de l’histoire de Jacob : la naissance de Benjamin et la mort de Rachel (v. 16-20), la liste des douze fils, qui deviendront les douze tribus (v. 22b-26) et enfin l’arrivée à Mambré et la mort d’Isaac, enseveli par Jacob et Esaü (réconciliés ?).

Question 2
• Sur ce passage, voir la note de TOB sur Gn 35, 1.
• Il y a d’abord un ordre de Dieu à Jacob : il doit monter de Sichem à Béthel et accomplir le voeu qu’il avait fait (en Gn 28, 22).
• Pour les v. 2-5 : lire la note de BJ sur v. 2 ; on peut comparer ce que Jacob demande ici à sa famille avec ce que Josué demandera au peuple entré dans la terre (cf. les références données ici en marge par la TOB) ; voir spécialement Jos 24).
• Sur la purification demandée (v.2), lire la note BJ ; mais il est surtout question d’abandonner tous les dieux étrangers (v. 4 et note TOB), ce qui leur vaut la protection divine (v. 5 et note TOB).
• Les v. 6-7 racontent l’exécution de l’ordre de Dieu reçu au v. 1.
• Le v. 8 mentionne la mort de Débora, la nourrice de Rebecca (cf. Gn 24, 59) et explique ainsi le nom d’un lieu.
• Les v. 9-10 forment un doublet avec Gn 32, 29.
• De même dans les v. 11-13 nous retrouvons une bénédiction concernant la postérité et le don de la terre. Cf. encore la note TOB sur le v. 13 et le renvoi à Gn 17, 22.
• Pour les v. 14-15 : comparer avec Gn 28, 18-19 ; cf. la note TOB sur Gn 35, 14.

Question 3

• Ce chapitre montre, une fois de plus, l’importance accordée à Béthel et à son sanctuaire par son rattachement à Jacob.
• La tradition de Sichem comme le lieu du choix exclusif de Dieu et le rejet de toutes les idoles.
• Sur la signification du nom El-Shaddaï, lire la note signalée en BJ sur Gn 17, 1 +

7) Gn 37, 2 – 36 : Joseph et ses frères

1) De quoi parle ce chapitre ? Comment peut-on diviser ces versets ? Qui intervient dans ce récit ? Où se passe cette scène ?
2) Qu’est-ce que récit nous apprend sur Joseph ? et sur ses frères ?
3) Que nous apporte ce texte biblique ?

Question 1

• Il est question de Joseph et de ses frères, de leurs relations et des conséquences. Sur ce récit, voir les notes BJ sur le titre et sur 37, 12). Voir aussi la note TOB sur Gn 37 (titre).
• On peut y voir trois parties : les causes du drame (v. 2-11) ; Joseph vendu par ses frères (v. 12 – 29) ; la nouvelle rapportée au père (v. 31 – 35).
• Le personnage principal est évidemment Joseph : en face de lui, nous trouvons ses frères (ce terme revient presque 20 fois dans ces versets) et leur père, appelé Israël (v. 3 et 13) et Jacob (v. 34).
• Les Madianites / Ismaélites (v. 25. 28 et 36) ont un rôle très secondaire.
• Parmi les frères, deux ont une place particulière : Ruben, l’aîné dans les v. 21-22 et 2 (cf. Gn 35, 23) et Juda dans le v. 26.
• La scène commence et se termine « à la maison » où se trouvent réunis Israël et ses fils (v. 2-11 ; v. 32-35) ; mais elle se déroule surtout dans la campagne où paissent les troupeaux : deux noms sont cités : Sichem (v. 12.13.14) et Dotân (v. 17 et note TOB).

Question 2

• Joseph est le préféré de son père (v. 3) ; celui-ci lui a fait faire une tunique ornée (v. 3. 23. 32) ; à cause de cette préférence, il est haï par ses frères (v. 4).
• Joseph a des songes (v. 5 ; cf. note BJ ; v. 9) dont le récit et l’interprétation aggravent encore l’inimitié que lui vouent ses frères (v. 8 et 11 ; cf. v. 19-20).
• Envoyé vers ses frères pour prendre de leurs nouvelles, il obéit (v. 13). Mais il sera mal accueilli par ses frères (v. 18-19), dépouillé de sa tunique et jeté dans une citerne asséchée (v. 23-24), puis finalement vendu pour vingt sicles d’argent et emmené en Egypte ( v. 28).
• Les frères sont jaloux de Joseph (v. 3 – 7) ; leur haine grandit encore à cause des songes (v. 8. 10-11) ; ils sont prêts à le tuer (v. 20), mais décident finalement de le vendre (v. 27-28 ; ils donnent enfin un rapport mensonger à leur père (v. 31-32).
• Noter plus particulièrement le v. 25a (après ce qui vient d’être raconté !) ainsi que la fin du v. 32 : « regarde si ce ne serait pas la tunique de ton fils ».

Question 3
• Relire les premières phrases de la note BJ donnée sur le titre (Histoire de Joseph).
• Remarquer la tension entre la haine que les frères ont pour Joseph et la force des liens du sang (v. 21. 26-27 ; cf. la note TOB sur v. 26).

8) Gn 42, 1 38 : La première rencontre de Joseph avec ses frères

1) Situer ce texte dans l’histoire de Joseph.
2) Que contient ce passage ? Suivre le fil du récit.
3) Que penser du comportement de Joseph ? et de celui des frères ?

Question 1• Après Gn 37, l’histoire de Joseph continue en Gn 39 (cf. la note de BJ sur le titre).
• Emmené en Egypte, Joseph est vendu à Potiphar ; mais « il est assisté par le Seigneur » ; il devient ainsi majordome de Potiphar (39, 4) et il lui apporte la bénédiction de Dieu. Faussement accusé par la femme de Potiphar (39, 7-18), il est jeté en prison (39, 19-20).
• Mais Dieu l’assiste toujours (39, 21) ; il gagne la confiance du geôlier chef (39, 22-23).
• Gn 40 nous raconte les songes de deux officiers de Pharaon et l’interprétation qu’en donne Joseph et qui se réalise. En Gn 41, c’est le Pharaon qui a des songes qui le troublent ; devant l’incapacité des magiciens à donner une interprétation, l’officier – à qui Joseph avait indiqué la signification de son rêve – se souvient de cet « Hébreu » (41, 9-13).
• Joseph interprète alors les songes (41, 25-32) et invite Pharaon à choisir « un homme sage et intelligent » pour faire face à la situation (41, 33-36). Pharaon choisit alors Joseph, qui devient le second sur tout le pays d’Egypte (41, 37-45). Il prend des mesures adéquates pour affronter les années de disette annoncées par les songes (41, 46-49). La famine concerne également les pays voisins (41, 56-57), ce qui va provoquer la rencontre de Joseph avec ses frères (Gn 42).

Question 2• Deux parties : le voyage des frères en Egypte (v. 1-24) et leur retour en Canaan (v. 25-38).
• Jacob envoie les dix frères pour acheter du grain (v. 1-4) ; ils sont reconnus par Joseph (v. 5-7) et accusés d’être des espions (v. 8-12). Ils parlent alors de leur famille, ce qui permet à Joseph de les mettre à l’épreuve (v. 13-17 ; cf. encore note TOB sur v. 16 et le v. 18.
• Il les renvoie, retenant Siméon et exigeant qu’ils lui amènent le plus jeune frère (v. 18-20).
• Dans leur situation difficile, ils se souviennent de leur crime d’autrefois (v. 21-22).
• Au retour, à la première halte, ils découvrent l’argent remis dans un sac et prennent peur (v. 25-28 et notes BJ et TOB sur v. 28). Revenus chez leur père, ils racontent leur rencontre avec « l’homme qui est seigneur du pays » (v. 29-34) ; ouvrant alors leurs sacs, ils trouvent chacun leur bourse d’argent, ce qui provoque encore leur peur et celle de leur père (v. 35-36), qui cependant refuse de laisser partir Benjamin, malgré les paroles de Ruben (v. 37-38 et note TOB sur v. 38).

Question 3
• Joseph les reconnaît mais il feint de leur être étranger ; il les traite durement (v. 7. 9-12).
• Il exige la présence de Benjamin pour vérifier leurs paroles (v. 16) et les met en prison pour trois jours (v. 17). Parce qu’il « craint Dieu » (v. 18), il leur permet de rentrer chez eux, mais garde un d’eux en otage (v. 18-19). Devant leur début de repentir, il s’écarte et pleure (v. 24). En remettant l’argent dans leurs sacs, Joseph les met à l’épreuve (cf. v. 28).
• Les frères se prosternent devant Joseph (v. 6 ; cf. le renvoi à Gn 37, 5-11 en marge du v. 8).
• Dans les v. 21-22, les frères parlent de leur faute passée et y reconnaissent la cause de leur malheur actuel.

9) Gn 43, 1 à 45, 15 : La seconde rencontre et la reconnaissance

1) Lire ce (long) texte) et repérer les étapes du récit,
2) Qui sont les personnages mis en valeur dans ce texte ? Qu’apprenons-nous d’eux ?
3) Que pouvons-nous retenir de ce texte, en particulier, sur Dieu ?

Question 1• Sur tout ce récit, lire la note de TOB sur Gn 43, 1 (titre). Les provisions du premier voyage sont épuisées, il faut retourner en Egypte (43, 1-2), mais il ne peut être question d’y aller sans emmener Benjamin (43, 3-10) ; le père finit par céder (43, 11-14).
• A leur arrivée, les onze frères sont conduits à la maison de Joseph (43, 15-17) ; ils ont peur mais sont rassurés (43, 18-23) ; ils sont invités à un repas en présence de Joseph et Benjamin est particulièrement honoré (43, 24-34 ; cf. note TOB sur v. 34).
• Avant leur départ, Joseph fait placer sa coupe dans le sac de Benjamin ; rattrapés et accusés de vol, ils protestent de leur innocence mais la coupe est retrouvée dans le sac de Benjamin qui doit ainsi devenir l’esclave de Joseph (44, 1-17). Juda – qui s’était porté garant de son jeune frère, cf. 43, 8-9, – demande de pouvoir rester à sa place (44, 18-34)
• Joseph se fait alors reconnaître (45, 1-4), les rassurent (45, 5-8) et les envoient porter la bonne nouvelle à leur père en l’invitant à descendre en Egypte (45, 9-15).

Question 2• Dans ce récit, c’est Juda qui tient un rôle particulier (et non Ruben) : 43, 3. 8 ; 44, 14. 18. C’est lui qui intervient auprès du père pour qu’il laisse partir Benjamin (43, 1-10) ; c’est lui qui plaide auprès de Joseph et s’offre pour prendre la place de Benjamin (44, 18ss).
• Les frères – mentionnés en groupe – obéissent à leur père (43, 15) ; ils se présentent devant Joseph (43, 16) ; ils ont peur (43, 18) et veulent se justifier (43, 19-22) ; ils offrent à Joseph le présent qu’ils ont apporté (43, 26) et se prosternent devant lui (v. 26 et 28), puis ils participent au festin (43, 34).
• Dans le ch. 44, ils se montrent coopératifs (v. 7-11), puis solidaires dans leur malheur (v. 13 ; cf. v. 16). Au ch. 45, ils sont bouleversés quand Joseph se fait reconnaître (v. 3 et note BJ).
• Joseph fait préparer pour ses frères un grand repas (cf. la note TOB sur 43, 15 – titre-) ; il les salue amicalement et s’informe de la santé de leur vieux père (43, 27) ; il marque sa préférence pour Benjamin (43, 3. 29-30. 34 ; cf. encore 45, 14). En Gn 44, Joseph met ses frères à l’épreuve : vont-ils se montrer solidaires de Benjamin ? A la suite de cette épreuve, il se fait reconnaître (54, 3-4 et 14-15). Noter tout particulièrement Gn 45, 4-8 (cf. note BJ sur v. 5 et le renvoi à Gn 50, 20).
• Sur le père – appelé ici Israël : Gn 43, 6. 8. 11 ; cf. 45, 21) – le texte souligne l’attachement particulier pour Benjamin : 43, 6 ; cf. 44, 20-31).

Question 3• L’humble soumission du vieux père en Gn 43, 13-14.
• Ce que dit Juda en Gn 44, 16 ; cf. les notes BJ et TOB sur v. 16.
• Noter tout particulièrement la place de Dieu dans ce qui est arrivé à Joseph : Gn 45, 5-8 (trois fois, Joseph reconnaît : Dieu m’a envoyé …).Lire la note BJ sur Gn 45, 5.

UN PARCOURS A TRAVERS LA BIBLE

dans la dynamique du Synode sur La Parole de Dieu (oct.2008)

Dans les Propositions transmises au Pape à la fin du Synode (octobre 2008) sur La Parole de Dieu dans la vie et la mission de l’Eglise, les Pères du Synodes souhaitaient que la Parole de Dieu retrouve dans l’Eglise la place qui lui revient. Comme ils le disaient, dans ces années qui ont suivi la promulgation de la Constitution sur la Parole de Dieu du Concile Vatican II (1965),

« a grandi de manière incontestable la conscience ecclésiale que Jésus-Christ, Parole de Dieu incarnée […] donne à la révélation son dernier achèvement et la confirme par le témoignage divin : Jésus-Christ, c’est Dieu avec nous, pour que nous soyons délivrés du péché et de la mort, et que nous soyons ressuscités pour la vie éternelle» (cf. DV. no. 4). Aussi forment-ils le vœu « que tous les fidèles grandissent dans la conscience du mystère du Christ, unique sauveur et médiateur entre Dieu et les hommes, et que l’Eglise, renouvelée par l’écoute religieuse de la Parole de Dieu puisse entreprendre une nouvelle saison missionnaire, annonçant la Bonne Nouvelle à tous les hommes. » (Proposition 2)

 C’est pourquoi, « ce Synode propose avec force à tous les fidèles la rencontre avec Jésus, Parole de Dieu faite chair comme un événement de grâce qui se reproduit dans la lecture et dans l’écoute des Ecritures Saintes » et il cite s. Cyprien : « Quand tu pries, tu parles avec Dieu, quand tu lis, Dieu te parle. » (Proposition 9)

Ces paroles, bien des chrétiens pourraient les comprendre comme une invitation à lire le Nouveau Testament ou même simplement les Evangiles. Mais la Parole que Dieu a donnée à l’Eglise, c’est toute la Bible, l’Ancien et le Nouveau Testament. Sans une certaine familiarité avec l’Ancien Testament, le Nouveau – et même les Evangiles – nous restent en partie fermés.

 En effet « Jésus a prié les Psaumes et il a lu la Loi et les prophètes ; il les cite dans sa prédication et se présente comme l’accomplissement des Ecritures. Le Nouveau Testament a sans cesse puisé dans l’Ancien Testament les paroles et les expressions qui lui permettent de raconter et d’expliquer la vie, la mort et la résurrection de Jésus. […] En conséquence, la foi apostolique est proclamée « selon les Ecritures » et présente Jésus comme le « oui » de Dieu à toutes les promesses. Pour ces raisons, la connaissance de l’Ancien Testament est indispensable à qui croit dans l’Evangile de Jésus Christ, parce que selon saint Augustin, le Nouveau Testament est caché dans l’Ancien et l’Ancien est présent dans le Nouveau. » (Proposition 10)

Lire la Bible seul est sans doute profitable. Mais la lire en groupe, en « église » assure certainement une meilleure compréhension, une lecture plus riche. Et c’est aussi une garantie de persévérance dans cette redécouverte de la Parole de Dieu.

« Le synode recommande la création de petites communautés ecclésiales d’écoute et d’étude de la Parole de Dieu. Dans de nombreux pays, il y a déjà des petites communautés composées de familles, enracinées dans les paroisses ou liées aux divers mouvements ecclésiaux et nouvelles communautés. Celles-ci se réunissent régulièrement autour de la Parole de Dieu pour la partager, et ils en reçoivent de la force. Certaines n’ont que rarement la possibilité de célébrer l’Eucharistie ; ils font l’expérience de la communauté et rencontrent la Parole de Dieu personnellement. A travers la lecture de la Bible, ils font l’expérience d’être aimés personnellement par Dieu. » (Proposition 21)

* * *
Voici un parcours en huit étapes qui pourrait servir pour une première approche de la Bible. Partant d’Abraham et contemplant quelques grandes figures qui marquent l’Ancien Testament, il nous conduit jusqu’à Jésus et à son mystère pascal.

1. – Gn 12, 1-9 : Abraham, l’homme qui écoute et accueille la Parole

A l’origine du peuple de Dieu, la Bible nous présente Abraham, un homme que Dieu appelle et qui répond; cet homme qui engage toute sa vie sur la parole de Dieu et qui se met en route vers l’inconnu. “Père des croyants”, Abraham est pour nous le modèle de l’homme qui écoute la Parole et la fait passer dans sa vie.

 Le travail pourrait commencer par un échange sur Abraham : qui est cet homme ? que savons-nous de lui ? Et sur sa foi : qu’est-ce que croire ? quelle différence faites-vous entre savoir et croire ? etc.

1) Dans Gn 12, 1-5 qu’est-ce que le Seigneur demande à Abraham ? Pourquoi ?
Quelle est la réponse d’Abraham ?
2) Qu’est-ce qui est nouveau dans les versets 8-9 ?
3) Qu’est-ce que ce texte m’apprend sur Dieu ? Et sur l’attitude de l’homme face à la Parole de Dieu ?

Question 1

• Dieu demande à Abraham de partir, de se mettre en route vers un pays inconnu (le pays que je te montrerai) .
• Abraham doit se séparer de son clan, de ses sécurités humaines.
• Le pourquoi de l’ordre de Dieu est donné dans les v. 2-3 : Dieu a un projet pour Abraham et, à travers lui, pour tous les clans de la terre.
• Abraham ne discute pas; il ne pose aucune question; il ne répond pas par des paroles : il obéit à l’ordre de Dieu : comparer les v. 1 et v. 4.

Question 2

• Dans les v. 1-5 Dieu parlait à Abraham; maintenant il se fait voir (v. 7).
• Au v. 1 Dieu lui demandait de partir pour un pays inconnu; ici il désigne le pays (v.7) et le promet à sa postérité.
• Noter la réponse d’Abraham à la promesse de la terre : il bâtit un autel (v. 7-8) et ainsi il consacre au Seigneur une partie de la terre qu’il vient de recevoir en promesse.

Question 3

• Dieu parle; il apparaît, c.-à-d. il entre en relation avec le patriarche; il se révèle à lui.
• Dieu promet (v. 2-3. 7) : remarquer l’emploi du futur dans ces verbes.
• En Abraham, nous trouvons l’attitude de l’homme qui accueille la Parole, qui obéit à cette Parole; qui accepte de se laisser déranger et mettre en marche.

Vers le Nouveau Testament

Lire Lc 1, 26-38 : comment la vocation de Marie et sa réponse complètent-elles ce que le “oui” d’Abraham avait permis de commencer ?

2. – Ex 3, 1-15 : Moïse, l’intercesseur et l’ami de Dieu

Abraham, notre père”, “Moïse, notre maître” disent les Juifs. Comme Abraham, Moïse est un personnage-clé de l’Ancien Testament. Son nom est lié à la sortie d’Egypte, élément fondateur d’Israël et de sa foi au Dieu qui se révèle dans l’histoire des hommes. La scène du Buisson est un des grands textes de la Bible.

1) Comment Dieu nous est-il présenté dans ces versets ? Relevez quelques traits qui vous paraissent significatifs ?
2) Qu’est-ce que ce passage nous apprend de Moïse : qui est-il ? Que fait-il ?
3) Quelle est la mission que Dieu donne ici à Moïse ? Quelle garantie Dieu lui
promet-il pour cette mission ?

Question 1

• Dieu a l’initiative; il intervient au milieu de l’activité de Moïse. Il voit la réaction de Moïse et la connaît (v. 3) comme il le connaît par son nom (v. 4).
• Le symbole du feu révèle l’aspect mystérieux de Dieu : attirant et insaisissable; de plus, c’est un feu qui brûle sans consumer le buisson (v. 2).
• Ce n’est pas un Dieu “nouveau” qui se révèle à lui : Ex 3, 6. 13. 15. 16.
• C’est un Dieu vivant qui voit, entend, connaît… (Ex 3, 7ss).
• C’est un Dieu qui est présent à la misère des opprimés : il prend fait et cause pour eux : “mon peuple” (v. 7).
• C’est un Dieu qui veut avoir besoin des hommes (v. 10).

Question 2

• Sur Moïse, voir le contexte immédiat : Ex 2 nous le présentait en 2 flashes : un bébé dans sa corbeille (2, 1-10), puis un homme qui voudrait faire justice mais qui échoue (2, 11ss).
• Moïse est berger; devant la manifestation de la sainteté de Dieu (cf. les notes de BJ et TOB sur Ex 3, 6), il est, à la fois, attiré et il a peur.
• Il ôte ses sandales et se voile la face (v. 5-6); cf. Jos 5, 15, cité en marge.
• Comme d’autres appelés de Dieu, Moïse se sent dépassé par la mission que Dieu lui confie et il voudrait se dérober : Ex 3, 13; cf. 4, 10; voir encore Jg 6, 15.

Question 3

• La mission de Moïse est de délivrer le peuple de la servitude pour l’amener au service de Dieu (v. 10. 12), à faire alliance avec Dieu.
• Remarquer que cette mission reprend (en partie) ce que Moïse avait voulu faire en Ex 2, 11-15. Moïse, qui a fait l’expérience de son impuissance à libérer ses frères par sa seule force; désormais, c’est avec le Seigneur et en son nom, qu’il accomplira cette mission.
• La garantie que Dieu lui donne : Je SUIS (SERAI) avec toi (v. 12); comparer ce passage avec Jg 6, 12-16; Jr 1, 8; Lc 1, 28. Dieu s’engage toujours avec celui qu’il appelle.

Vers le Nouveau Testament

Comparer cette vocation de Moïse avec Mt 4, 18-22 : pouvez-vous découvrir certaines constantes de l’action de Dieu ?

3. – Rt 1 à 4 : L’étrangère qui entre dans le peuple de Dieu

Le livre de Ruth est un des “Cinq rouleaux” de la Bible hébraïque et les Juifs le lisent chaque année pour la fête de Pentecôte. Un petit récit, mais rempli de symboles et d’enseignements !

1) Qui est Ruth ? Qu’est-ce que les chapitres 1-2 nous apprennent sur elle ? Relever ce qui vous parait le plus significatif ?
2) Quelle est la signification de sa démarche au chapitre 3 ? Comment comprendre la parole de Booz au verset 10 ?
3) Au chapitre 4, comment Booz agit-il ? Fait-il une bonne affaire, oui ou non ?
Justifier votre position.

Question 1

• Ruth est une Moabite (v. 4), devenue la femme de Mahlôn (cf. 4, 10), un fils de Noémi. Elle est veuve et sans enfant. Lire aussi la note BJ sur Rt 1, 16.
• Avec sa belle-sœur Orpa, elle accompagne Noémi qui revient au pays de Juda, mais contrairement à Orpa, elle ne veut pas se séparer de Noémi (v. 14ss).
• Au chapitre 2, elle demande la permission d’aller glaner (cf. la note sur 2, 2 : c’est le droit des pauvres) et elle va se trouver dans les champs de Booz : (2, 3).
• Elle travaille avec courage (v. 7); elle se dit “étrangère” (v. 10).
• Sur sa rencontre avec Booz, noter les v. 10-11 et les notes BJ.
• Booz lui donne (largement) à manger: v. 14 et 18 ; il donne aussi des ordres pour la protéger.

Question 2

• Sur le conseil de sa belle-mère, Ruth va demander à Booz d’user de son droit de rachat (3, 2; cf. 2, 20 +).
• Sur le sens de la démarche de Ruth (v. 9), cf. la note de BJ et les références indiquées.
• Pour le sens du v. 10, lire la note BJ : Ruth a fait preuve de piété (hèsèd) envers sa belle-mère en revenant avec elle (2, 11); maintenant, elle montre sa piété (hèsèd) envers sa famille d’adoption en demandant à Booz de l’épouser (v. 11)
• Sur le sens du mot hèsèd, voir la note de BJ sur Os 2, 22 +.

Question 3

• Booz s’est engagé envers Ruth à régler l’affaire le jour même (3, 11-13), mais il respecte le droit et la justice, n’étant pas le premier “go’el” (4, 1-4).
• C’est lui qui a pris l’initiative (v. 1), mais il indique clairement son désir (v. 4); puis il lie droit de rachat et lévirat (v. 5 et note BJ).
• Sur les raisons pour lesquelles le premier go’el renonce à son droit (v. 6 et note BJ); Booz peut alors acquérir le champ et épouser Ruth (v.9-10).
• En épousant Ruth et en lui donnant un fils, Booz comble le désir de Noémi (v. 13-17) : il assure la maintien du nom d’Elimélek (cf. Rt 1, 2-3)
• Mais les v. 18-21 insèrent Booz dans la généalogie de David et, par là, dans celle du Messie (cf. v. 18 et note BJ). Cf. aussi Mt 1, 5.

4. – 1 S 16, 1-13 : David choisi au milieu de ses frères

Devant le danger que représentaient pour Israël les Philistins, les Israélites cherchent à renforcer leur cohésion et ils se donnent un roi, comme les peuples qui les entourent. Mais un tel choix n’est-il pas un rejet du Seigneur, qui seul est le souverain d’Israël (cf. Jg 8,23) ?
Après l’expérience malheureuse de Saül, c’est le Seigneur lui-même qui va donner à son peuple « un roi selon son cœur ».

1) Comment ce récit met-il en évidence que c’est le Seigneur qui choisit ?
2) Quels sont les critères du choix de Dieu ? Comparez-les avec les références données en marge de BJ sur le v. 7.

3) Comment comprenez-vous le don de l’Esprit donné à David ?

Question 1

• Noter comment le choix de David est mis en évidence par le rédacteur, qui fait défiler avant lui tous les autres fils de Jessé.
• Relever tous les verbes dont Dieu est le sujet : c’est Dieu qui a rejeté Saül, qui envoie Samuel, qui donne les ordres, qui choisit celui que Samuel doit oindre…
• Remarquer aussi la différence entre le choix de Dieu et celui des hommes : v. 6-7.

Question 2

• Comparer avec les références marginales : 1 S 9, 2 et 10, 23 où, pour le choix de Saül, la grandeur, la force, etc. semblaient être les éléments décisifs. Voir aussi la note TOB sur 1 S 16, 6.
• Les citations de Jr concernent le Seigneur “qui connaît le cœur des hommes” : voir ce que signifie le “cœur” dans la Bible, cf. Table analytique de BJ ou en TOB la note sur 1 S 16, 7.
• Remarquer que Dieu choisit ici le plus jeune : thème du cadet, cf. Gn 4, 5 + ; qu’est-ce que cela veut dire ?

Question 3

• Sur la signification de l’Esprit dans la Bible, cf. la note sur Ez 36, 27 +.
• Suivez la référence donnée à Jg 3, 10 + (en marge); ainsi David est relié au “Juges”, aux sauveurs choisis (auparavant) par Dieu pour libérer son peuple.
• En lisant 1 S 10,5 (cité en marge), comparer le don de l’Esprit qui avait été fait à Saül; David le reçoit immédiatement et de façon durable : “à partir de ce jour-là…”

Vers le Nouveau Testament

Lire Lc 10, 21-24 ou 1 Co 1, 26-30 : le cas de David n’est pas exceptionnel; les choix de Dieu sont toujours déroutants pour la raison humaine.

Prière : Prier le Magnificat (Lc 1 46-55) en remerciant Dieu pour notre vocation chrétienne.

5. – Jr 18, 1-12 : « Comme l’argile dans la main du potier. »

Le contexte de cette Parole de Dieu paraît être la prière de Jérémie en 17, 14-18 : le prophète doit annoncer à ses compatriotes des paroles de malheur. Mais comment Dieu, qui a choisi ce peuple et qui l’a conduit jusque-là, peut-il vouloir sa destruction ? En réponse, le Seigneur invite Jérémie à descendre chez le potier.

1) En quoi l’action du potier révèle-t-elle à Jérémie l’action de Dieu ?
2) Comparer Jr 18, 7-10 avec Jr 1,10 (cité en marge) : quelles constatations pouvez-vous faire ? Quelles remarques ?

3) Comment comprenez-vous le rapprochement avec Ez 18, 21-24 (en marge) ?

Question 1

• Le potier connaît le modèle du vase qu’il veut tirer de la glaise, mais parfois son projet rate à cause de l’argile, pas assez malléable ou contenant des impuretés.
• Le potier ne se décourage pas, il recommence jusqu’à ce que le vase corresponde à au modèle qu’il désire réaliser; il est plus patient que Jérémie (Jr 17,18).
• L’image du potier marque, à la fois, la puissance de Dieu sur son peuple et, en même temps, son amour pour lui.

Question 2

• On retrouve ici les mêmes verbes qu’en Jr 1,10 où ils exprimaient la mission de Jérémie. Comme tous les prophètes, Jérémie a dû annoncer davantage le malheur que le bonheur.
• Noter que cette annonce de bonheur ou de malheur n’est pas indépendante de la réaction des auditeurs (v. 8.10).
• L’annonce d’un malheur n’est pas un oukase; c’est encore une dernière invitation pressante à l’éviter (v. 11); cf. Jr 26,3; 36, 3. Cf. l’exemple de Jon 3, 10 !

Question 3

• Dans les deux cas, l’attitude du Seigneur peut changer selon le comportement de l’homme, selon qu’il écoute ou non la Parole de Dieu : cf. Ez 18,21 +.
• Mais Jérémie parle encore dans l’optique de la responsabilité / rétribution collective, alors qu’Ezéchiel se place sur le plan de la responsabilité personnelle : voir la note importante donnée en BJ sur Ez 14, 12 + (cité en marge d’Ez 18, 1).

Vers le Nouveau Testament

Lire Mc 10, 28-31 ou encore Rm 9,19-24 : réfléchissant sur la situation d’Israël, saint Paul se souvient de la réponse donnée jadis par Dieu à Jérémie.

Prière : que le Seigneur nous aide à garder toujours confiance en lui, même lorsque nous ne comprenons plus. Prions le Ps 130 (129).

6. – Lc 10, 25 – 37 : « Et qui est mon prochain ? »

Apprendre à vivre en disciples de Jésus, tel pourrait être le titre de la section que Luc consacre à “la montée vers Jérusalem” (Lc 9, 51 – 19, 28). Le passage étudié nous rappelle un des préceptes essentiels de la vie du disciple de Jésus.

1) Que contient ce passage de Luc ? Que recherche le docteur de la Loi ? Quelle est la réponse de Jésus ?
2) Étudier les personnages de la parabole ? Que font-ils ?
3) Montrer comment les v. 30-36 illustrent la réponse du v. 27 ?

Question 1

• Le texte comprend deux parties : la question sur le commandement (v. 25-28) et celle sur le prochain (v. 29-37); cette deuxième question est propre à Luc.
• Remarquer les motivations qui le poussent à interroger Jésus : v. 25 et 29. Noter que Jésus ne donne pas la réponse : il invite l’homme à répondre lui-même (v. 26 et 36). Le docteur de la Loi cherche à avoir en héritage la vie éternelle : v. 25 et note TOB. Il répond bien aux questions de Jésus (v. 27-28 et v. 37). Sur sa réponse au v. 27, lire la note de TOB sur ce verset.

Question 2

• Il y a l’homme sur le chemin : on ne sait rien de son identité, ni pourquoi il se trouvait sur ce chemin; c’est simplement un homme dans une situation de détresse (v. 30).
• Le prêtre et le lévite sont des juifs, et même des membres particuliers de ce peuple (cf. note BJ sur Lc 10, 33). Pour les deux, Jésus décrit leur comportement par les mêmes mots : il voit … et il passe à distance (v. 31. 32).
• Le samaritain, au contraire, voit, fut pris de pitié et s’approche. Sur le samaritain, voir les notes de BJ et TOB sur Lc 10, 33.
• Noter aussi comment la parabole enseigne que cette “pitié” du samaritain se traduit dans des actes concrets : il prend soin du blessé (cf. les nombreux verbes du v. 34) ; et il le fait jusqu’au bout (v. 35).

Question 3

• Au v. 27, l’homme reconnaissait que la Loi (qui conduit à la vie) demande d’aimer le prochain comme soi-même, mais il ne donnait pas à ce mot (prochain) la même largeur que Jésus (voir note TOB sur v. 29).
• La parabole explique qui est le prochain : voir les notes TOB sur les v. 29 et 30.
• A noter comment le scribe posait la question et comment Jésus la lui retourne (au v. 36) : quelle différence voyez-vous ? Voir la note TOB sur le v. 37.
• Noter également l’insistance dans ce texte sur le verbe “faire” : v. 25. 28. 37 (bis). Comparer avec ce que Jésus dit en Mt 7, 21-23.

En lien avec la liturgie

Le beau texte de Dt 30, 10-14 nous présente la Loi comme le chemin qui conduit à la vie. C’est un chemin offert et accessible à chacun “pourvu qu’il le mette en pratique”.

7. – Lc 24, 13-35 : Rencontrer aujourd’hui le Ressuscité.

Le merveilleux récit d’Emmaüs est bien davantage qu’une belle anecdote. Ce texte de Luc nous fait découvrir ce qui a permis aux premiers chrétiens de dépasser le scandale de la mort de Jésus. Il nous montre aussi comment nous pouvons aujourd’hui, sur nos chemins, rencontrer le Christ Ressuscité.

1) Quelle est la situation des deux disciples au début du récit ? Et à la fin ?
2) Comment le changement s’est-il produit pour eux ?
3) Qu’est-ce que ce texte nous apprend sur Jésus ? Comment pouvons-nous le
rencontrer aujourd’hui ?

Question 1

• Au début : deux hommes en marche vers Emmaüs, tournant le dos à Jérusalem (et à tout ce qui vient de s’y dérouler); ils parlent de leur expérience (14. 18ss); ils sont sombres (v. 17) et déçus (v. 21).
• À la fin : les deux hommes de retour à Jérusalem, ouverts au message pascal (33-34) et partageant leur propre découverte.
• Les v. 13-24 donnent les événements de Pâques vus par un sympathisant; à partir du v. 25, ce sont les mêmes faits pour le croyant, éclairés désormais par l’Ecriture et la parole de Jésus : voir la note TOB sur le v. 13.

Question 2

• Le changement se fait par la présence de Jésus (v. 15), par ses questions (v. 17 et 19) qui permettent d’abord aux disciples d’exprimer leur déception.
• Par la “leçon” donnée par Jésus (v. 25; cf. v. 32) : “il fallait…” : sur ce point, voir la note TOB sur le v. 27; voir aussi en BJ Lc 18, 31 + (cité en marge).
• Sur l’invitation à entrer (v. 29) et la “fraction du pain “ (v. 30; cf. v. 35) : voir la note TOB sur le v. 30 et celle de BJ sur le v. 35.
• Noter le cœur qui devient brûlant (cf. v. 32) et les yeux qui s’ouvrent (v. 31 à comparer avec le v. 16).

Question 3

• Jésus de Nazareth, prophète puissant en œuvres et en paroles (cf. Mt 16, 14 +) et le renvoi à Dt 18, 15. 18.
• Jésus livré, condamné à mort, crucifié (v. 20); noter qu’ils connaissaient déjà tous les événements de Pâques (v. 22-23) mais sans y adhérer encore.
• Jésus, le Messie souffrant : cf. Lc 9, 22 + et 18, 31 +.
• Jésus qui rompt le pain : v. 30 et Lc 24, 35 +; c’est par l’écoute de la Parole (AT et NT) que les événements de Jésus prennent leur signification. Moïse et les prophètes, d’une part, et la parole de Jésus, d’autre part, s’éclairent réciproquement.
• C’est dans l’Eucharistie, la “fraction du pain” que Jésus se laisse rencontrer.

Aujourd’hui…

La liturgie nous offre régulièrement ce contact avec l’AT et le NT : avons-nous compris que seule une écoute attentive et persévérante de la Parole peut nous ouvrir les yeux sur le mystère de Jésus et nous le faire rencontrer dans l’Eucharistie et dans les événements de notre vie ?

8. – Jn 20, 1 – 18 : “Va dire à mes frères …”

La mission chrétienne consiste avant tout dans l’annonce du message pascal. Comme les Évangiles synoptiques, Jn connaît la venue des femmes au tombeau au matin de Pâques et le message qui leur fut confiée. Mais ici l’Évangéliste concentre son récit sur Marie de Magdala.

1) Comment peut-on diviser ce texte ? Qu’est-ce qui est commun à la tradition
évangélique ? Qu’est-ce qui est propre à Jn ?
2) Étudier plus particulièrement Jn 20, 11- 18. Suivre la démarche de Marie de
Magdala.
3) Dans les v. 17-18, vers qui Marie est-elle envoyée ? Quelle est sa mission ?

Question 1

• Une division possible : Marie au tombeau (v. 1-2); les deux disciples au tombeau (v. 3-10); Marie rencontre le Ressuscité (v. 11-18).
• Les quatre Évangiles parlent de la visite des femmes au tombeau, le premier jour de la semaine et du tombeau ouvert et vide; Lc 24, 24 connaît la démarche des apôtres au tombeau et note leur difficulté à croire à la Résurrection; Mc 16, 9 parle de l’apparition de Jésus à Marie de Magdala; Mt 28, 9 rapporte une apparition aux femmes.
• Jn note qu’il faisait sombre (v. 1) : symbolisme ? Il parle de “l’autre disciple” (v. 2. 3. 4. 8) qu’il identifie avec “celui que Jésus aimait” (v. 2 et note TOB sur Jn 13, 23).
• Jn seul raconte la démarche des deux disciples (v. 3-10) et l’apparition de Jésus à Marie de Magdala (v. 13-18).

Question 2

• Elle va au tombeau pour pleurer (v. 11. 13. 15), cf. l’attitude de Marie, la sœur de Lazare, en Jn 11, 31ss. Elle a une vision d’anges (v. 12 et note TOB).
• Pour sa réponse au v. 13 : cf. v. 2 et v. 15.
• Elle voit Jésus mais ne le reconnaît pas (v. 14-15); cf. en marge de BJ le renvoi à Lc 24, 16 et à la note de BJ. Elle reconnaît Jésus quand il l’appelle par son nom : cf. Jn 10, 3-4; voir aussi Lc 24, 30-31 et 35.
• Mais sa connaissance de Jésus n’est pas encore complète : comparer “Rabbouni” (v. 16 et note TOB sur Mc 10, 51) avec “Seigneur” (v. 18).

Question 3

• (v. 17) : “mes frères … mon Père et votre Père “ ; voir la note TOB qui nous renvoie à Jn 1, 12 et à 1 Jn 3, 1-2. Voir encore les références marginales de TOB sur le v. 17.
• Sur la signification des v. 17-18. cf. la note TOB. L’importance porte sur “monter vers le Père” : c’est la Résurrection en langage johannique (cf. Jn 13, 1-2).
• Marie est invitée à passer de son attachement à Jésus (“ne me retiens pas” : cf. la note TOB) à la connaissance du Seigneur Ressuscité, notre frère.
• Ce passage au Père ouvre le temps de l’absence, dont parle Jésus en Jn 14 dans le discours d’adieux. Mais le retour vers le Père est aussi la véritable révélation de Jésus et de Dieu (cf. Jn 14, 1-3 …. 28ss.
• Marie de Magdala est ainsi présentée comme la première messagère de la foi pascale.

DE JERUSALEM A ROME. Etude des Actes des Apôtres

Jésus et après…

Les deux premiers Evangiles (Mc et Mt) se terminent par le rendez-vous en Galilée (cf. Mc 16, 7) et avec la parole du Ressuscité envoyant les disciples à toutes les nations (cf. Mt 28, 19).
Par sa composition en deux livres (cf. Ac 1, 1), Luc va mettre davantage en lumière la dimension du dessein du salut de Dieu. Après son 1er livre (Lc) qui nous montrait Jésus annonçant la Bonne Nouvelle depuis Nazareth (Lc 4, 16-21) jusqu’à Jérusalem (cf. Lc 9, 51 et note BJ/TOB sur ce verset). Dans son 2ème livre (Ac), il nous raconte comment, les apôtres animés par l’Esprit Saint, vont faire résonner cette Bonne Nouvelle jusqu’au bout du monde.
En raison de son incarnation, le ministère de Jésus était nécessairement limité dans les lieux et le temps : il s’est déroulé en Palestine, à partir du baptême prêché par Jean (cf. Ac 10, 37) jusqu’au moment de son enlèvement au ciel (Ac 1, 2). Mais plusieurs fois dans son Evangile, Luc soulignait déjà la dimension universelle du salut (cf. Lc 3, 6 et note BJ/TOB) : c’est ce qu’il veut montrer en composant les Actes des apôtres.

Luc historien

Les Evangiles, nous le savons, ne sont pas des biographies de Jésus, même s’ils contiennent des renseignements historiques importants sur Jésus et sur les événements qui ont marqué sa vie. De même en écrivant son second livre, Luc ne prétend pas faire une histoire des premières décennies du christianisme et de l’expansion de la foi chrétienne. Il continue dans les Actes, ce qu’il annonce dans le prologue de l’Evangile (cf. Lc 1, 1-4) : il écrit pour l’instruction et l’édification de Théophile (et de ses lecteurs futurs). Luc est un croyant qui veut partager sa foi au Christ et l’espérance qui l’anime.

Lorsque nous lisons l’Evangile de Luc, nous avons la possibilité de comparer sa présentation du ministère de Jésus avec celle des autres Evangélistes. Il nous est ainsi plus aisé de découvrir ce qu’il partage avec eux et ce qui lui est particulier. Dans les Actes des apôtres, nous nous trouvons devant un seul récit : celui de Luc. Cependant tout en reconnaissant que Luc « n’a pas été le témoin oculaire de ce qu’il raconte et qu’il est hautement sélectif », R. E. BROWN voit en lui « un parfait candidat pour la confrérie des historiens hellénistiques. […] son récit a pour objectif premier de confirmer aux croyants la sûreté de l’enseignement reçu (Lc 1 4) et de les affermir par une compréhension théologique. » (Que sait-on du Nouveau Testament, Bayard 2000, p. 363)

Comme le dit Lc 16, 16, la Loi et les Prophètes étaient le temps de la préparation ; avec Jésus, avec sa mort et sa résurrection, les promesses contenues dans l’Ancien Testament commencent à se réaliser ; avec l’expansion de l’Eglise, le salut de Dieu peut prendre toute sa dimension : c’est l’ordre du Ressuscité : « Vous serez mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre. » (Ac 1, 8)
Le plan de Luc

On reconnaît dans cette parole (Ac 1, 8) un des plans (possibles) des Actes : l’annonce à Jérusalem (Ac 1-7), puis dans le monde juif et samaritain (Ac 8-12) et enfin jusqu’au centre du monde, tel que le voient Luc et ses lecteurs (Ac 13-28).

En commençant son 1er livre, l’Evangéliste nous présentait en parallèle (en Lc 1-2) Jean-Baptiste et Jésus, comme on aimait à le faire dans le monde gréco-romain. On pourrait voir un schéma semblable dans les Actes : dans la 1ère partie (Ac 1-12), nous rencontrons surtout Pierre, alors que la 2ème partie (Ac 13-18) est dominée par la figure de Paul. Voici ce qu’écrit Ch. L’EPLATTENIER : « Comme Jn 21 l’a fait pour Pierre et le « disciple bien-aimé », on a le sentiment que Luc veille à établir un équilibre presque parfait entre ces deux personnages dominants (Pierre et Paul), pour que le lecteur perçoive l’égale importance de leurs rôles respectifs dans l’histoire de l’Eglise primitive. Cela est révélé par les nombreux rapprochements dans l’expression comme dans la thématique que l’on peut repérer tout au long du livre. » (Le Livre des Actes. Commentaire pastoral, Centurion 1994, p. 166)

Actualité des Actes

Le début des Actes, spécialement la présentation de la première communauté chrétienne a profondément marqué, au long des siècles, la vie de l’Eglise, accompagnant tous les mouvements de renouveau. Luc nous présente dans ces chapitres une vision idéalisée, mais il ne cache pas que des tensions, parfois fortes, ont également marqué ces premiers temps de l’Eglise : des tensions que l’écoute mutuelle et l’obéissance à l’Esprit ont permis de résoudre.

Mais les Actes témoignent surtout de l’engagement missionnaire de Pierre, de Paul et celui d’autres croyants. Sans doute le monde a beaucoup changé depuis cette époque et les méthodes d’évangélisation doivent en tenir compte, mais le récit de Luc nous rappelle l’urgence et l’importance de l’Evangile pour le salut du monde.

1- Ac 1, 1-26 : Témoins à Jérusalem … et jusqu’aux extrémités de la terre

Un lecteur de l’œuvre de Luc pourrait être surpris : au début de son second livre, Luc reprend ce qu’il écrivait à la fin de son Evangile. Il entend ainsi exprimer que la mission de Jésus continue, grâce à l’Esprit qui va être donné.

1) Que contient ce premier chapitre des Actes ? Proposer une division.
2) Lire Ac 1, 1-5 : que nous apprennent ces versets ?
3) Qu’est-ce que l’auteur veut mettre ici en lumière ? Comparer avec Lc 24, 50-52.
4) Pourquoi et comment se fait l’élection de Matthias ?

Question 1

• Selon la BJ, on pourrait diviser en deux parties : Ac 1, 1-11 (jusqu’à l’Ascension) et 1, 12-26 (après l’Ascension).
• Autre possibilité : 1, 1-5 (le prologue) ; v. 6-14 (le jour de l’Ascension) ; v. 15-26 (une première décision importante).

Question 2

• Luc fait le lien avec le 1er livre (Lc) où il parlait de Jésus (cf. note TOB sur v. 1) et les Actes, où l’Esprit Saint prend désormais une place importante : cf. note BJ sur v. 2).
• Sur la durée des apparitions pascales : comparer les 40 jours avec ce que dit Lc 24, 51, voir note TOB.
• Pour la promesse de l’Esprit : v. 4-5 et note BJ ; cf. aussi Lc 24, 49.

Question 3

• Sur la question des apôtres (v. 6 et notes BJ/TOB) et la réponse de Jésus (v. 7 et note TOB)
• Le v. 8 reprend la promesse de l’Esprit (cf. note BJ) et nous donne un plan des Actes (v. 8b et notes BJ/TOB) : l’histoire commence à Jérusalem, elle s’achèvera à Rome.
• Comparer Ac 1, 9-11 (cf. notes BJ et TOB) avec Lc 24, 4-6.
• Dans les v. 12-14, noter que les disciples ne vont plus au Temple (cf. Lc 24, 55), mais dans la « chambre haute » (v. 12) et ils sont là en prière avec Marie et les frères de Jésus (cf. v. 14 et note BJ et TOB).
• La liste des apôtres (v. 13) prépare les v. 15-26.

Question 4

• Noter la place de Pierre parmi les « frères » (sur ce mot, voir la note TOB).
• L’importance du nombre 12 (v. 17) et la condition pour appartenir à ce premier maillon des témoins de Jésus : cf. note TOB sur v. 22.
• La place de l’Ecriture, spécialement des Ps pour relire les événements de la Passion (cf. Lc 24, 44).
• Le choix est demandé au Seigneur dans la prière (cf. les références marginales) et ensuite par le tirage au sort (v. 26 et note BJ). Cf. Lc 6, 12-13 et notes TOB.

2– Ac 2, 1 – 41 : La naissance de l’Eglise

C’est par le don de l’Esprit Saint que commence la mission de l’Eglise : tous ceux qui reconnaissent l’action de Dieu dans les événements qui ont marqué la vie de Jésus, peuvent obtenir le pardon de Dieu.

1) Diviser ce texte. Pourquoi le jour de la Pentecôte ?
2) Etudier plus particulièrement le discours de Pierre (v. 14-36)
3) Comment l’auteur nous montre-t-il le résultat de l’annonce faite par Pierre ?

Question 1

• On peut y voir trois parties : le don de l’Esprit (v. 1-13) ; le discours de Pierre (v. 14-26) ; la première communauté des croyants (v. 27-47).
• Sur la Pentecôte, le 50ème Jour, lire les notes BJ et TOB. Voir aussi le calendrier donné en Ex 23, 14 et la note de BJ : la Pentecôte, à l’origine une fête de la moisson, était devenue la célébration de l’alliance du Sinaï et du don de la Loi.
• Pour l’auteur des Actes, la Pentecôte marque la naissance de l’Eglise, grâce au don de l’Esprit.
• Sur le phénomène évoqué, voir les notes BJ/TOB sur les v. 1-4 ; cf. aussi les références marginales.
• Noter aussi les réactions de la foule (v. 6-7) et la mention de sa diversité (v. 9-11 et notes BJ/TOB). Sur le v. 8, lire la note de BJ.

Question 2

• Lire la note TOB sur le v. 14 : quels sont les points importants de la prédication apostolique adressée aux Juifs ?
• Dans les v. 17-21, Pierre cite le texte de Joël Jl 3, 1-5 : le don de l’Esprit comme accomplissement des promesses messianiques. La TOB nous signale que Pierre cite le texte selon la LXX (le texte grec de la Bible) : qu’est-ce que cela nous apprend ?
• Relever les affirmations des v. 22-24 ; cf. note BJ sur v. 22. Cela est advenu selon la prescience de Dieu (v. 23 et note TOB).
• La citation du Ps 16 (Ac 2, 25-28) : lire les notes BJ et TOB sur v. 25.
• Dans les v. 29-31, Pierre applique à Jésus la parole de David et il conclut en reliant Résurrection et le don de l’Esprit (v. 32 et note BJ sur v. 33).
• Le v. 36 résume le discours de Pierre : cf. les notes BJ et TOB.

Question 3

• Luc nous montre ici la réceptivité des auditeurs (v. 37 ; cf. Lc 3, 10 cité en marge).
• Suit l’appel à la conversion (v. 38 ; cf. la note BJ et la référence marginale à Mt 3, 2) et au baptême au nom de Jésus (v. 38 et note BJ). Exigence et promesse !
• Noter l’ouverture de la promesse, pour les Juifs (v. 39a et la note) et pour les païens (v. 39 et note) : universalisme que Luc aime à souligner.
• Sur le nombre des croyants (v. 41), lire la note BJ.

3 – Ac 2, 42-47 ; 4, 32-35 ; 5, 12-16 : L’idéal de la première communauté

L’auteur entrecoupe son récit de plusieurs petits « sommaires » où il exprime une vision idéale de la première communauté des croyants. Un idéal toujours à rechercher !

1) Lire le premier « sommaire » et relever les éléments que l’auteur met en lumière
2) Sur quoi veut insister le deuxième « sommaire » ?
3) Quelle image de la communauté se dégage du troisième « sommaire » ?

Question 1

• Lire les notes TOB et BJ sur Ac 2, 42 (titre).
• Dans le premier « sommaire », noter la quadruple persévérance ; (Luc écrit littéralement : ils étaient persévérants dans…)
• L’enseignement des apôtres se distingue du kérygme (la première annonce de la foi) ; c’est une catéchèse qui doit faire découvrir qui est Jésus et ce que représente le salut : cf. la note BJ sur ce terme.
• Pour la communion fraternelle, lire la TOB sur v. 44 ; cf. aussi note BJ sur v. 42. La « koinônia » est l’esprit qui unit les croyants entre eux.
• La fraction du pain (cf. note BJ) ; les prières (au pluriel) : notes BJ et TOB.
• Dans ce premier « sommaire », on trouve l’annonce des thèmes du 2ème et 3ème « sommaire ».
• Le v. 46 nous montre les premiers chrétiens encore très liés au Temple, mais formant déjà aussi une communauté de table (cf. 1 Co 11, 17ss).

Question 2

• Lire les notes BJ et TOB sur 4, 32 (titre).
• L’auteur insiste ici sur l’unanimité des croyants (un même cœur, une même âme), mais cette unanimité doit se traduire dans le concret (v. 32b) ; voir aussi la référence marginale de TOB à Lc 18, 28 et note ; en BJ, lire la note sur Lc 12, 33.
• L’auteur nous donne ici l’exemple de Barnabé (4, 36-37) ; ce qui lui permet aussi d’introduire ce personnage que l’on retrouvera comme compagnon de Paul.
• Le passage qui suit (Ac 5, 1ss) montre que ce partage des biens n’est pas imposé : cf. Ac 5, 4 et la fin de la note TOB sur 4, 32.

Question 3

• Lire les notes BJ et TOB sur le titre.
• Ce thème sera développé plus loin en Ac 6, 12. 15-16.
• Voir aussi la référence à Lc 4, 40-41 en BJ et à Lc 6, 19 donnée en TOB : que vous apportent ces références ?
• Remarquer aussi le v. 14 : un thème cher à Luc : cf. Ac 2, 47 ; 6, 7.

4 – Ac 4, 1-22 : Le discours devant le Sanhédrin

En condamnant et en faisant exécuter Jésus, les autorités juives pensaient mettre fin à une activité qui remettait en question leur tradition. Mais la Résurrection de Jésus et la puissance de son Nom ne permettent pas de fermer si aisément ce dossier.

1) Situer ce passage dans le récit des Actes et proposer une division.
2) Comment l’auteur nous présente-t-il ici l’opposition des autorités juives ?
3) Etudier plus particulièrement la réponse de Pierre.

Question 1

• Ce chapitre parle de la réaction du Sanhédrin (le Grand Conseil juif) à la suite du miracle raconté en Ac 3 et de la prédication de Pierre qui a suivi.
• Pour l’auteur des Actes, c’est le début de l’opposition juive à l’annonce chrétienne : comme Jésus, les disciples rencontrent l’opposition.
• En Ac 5, 17ss, la position juive se durcira contre les apôtres ; avec Etienne (Ac 6, 8ss) elle franchira encore un autre pas.
• Notre texte peut se diviser en 3 parties : l’arrestation des apôtres (v. 1-4) ; la question du Sanhédrin et la réponse de Pierre (v. 5-14) ; l’embarras du Sanhédrin et la ‘relaxe’ (v. 15-21).

Question 2

• Il s’agit des autorités du Temple : des Sadducéens (4, 1) et des grands-prêtres (4, 6) ; cf. Lc 22, 66 + (cité en marge de BJ sur Ac 4, 5) ; cf. encore Lc 3, 2 + (sur Ac 4, 6)
• Sur l’opposition des Sadducéens, lire la note BJ sur Ac 4, 1 et celle de TOB sur Ac 4, 2. Cf. aussi Lc 20, 27-39.
• Ne pouvant nier le signe accompli par Pierre et Jean (v. 14 1t 16), ils voudraient en limiter les effets (v. 17-18. 21).
• Noter l’importance donnée au Nom (de Jésus) : v. 7. 10.12. 17. 18. Lire la note TOB sur Ac 4, 7 qui nous renvoie à celle sur 3, 16.

Question 3

• Sur le rôle de Pierre, voir la note sur Ac 2, 14 (cité en marge dans BJ sur Ac 4, 8).
• Noter l’humour de Pierre au v. 9 : nous sommes ici pour avoir fait du bien à un infirme !
• Pierre s’adresse ici à ceux qui sont plus directement responsables de la mort de Jésus (crucifié par vous) : lire la note TOB sur Lc 23, 35.
• Comme dans les autres discours, on trouve l’opposition entre ce que les hommes ont fait (ici : vous) et ce que Dieu a fait pour Jésus.
• Sur l’usage du Ps 118 pour éclairer le mystère pascal, cf. la note TOB sur le v. 11 et le renvoi à Lc 20, 17.
• Luc souligne l’assurance de Pierre et de Jean (v. 13 et note TOB) ainsi que leur courage (v. 19-20 et note TOB). Cf. la promesse faite par Jésus en Lc 22, 31-32.

5– Ac 7, 1 – 53 : Le discours d’Etienne

Aussitôt après avoir parlé de l’institution du groupe des Sept (Ac 6), l’auteur focalise son attention sur Etienne : son discours nous fait découvrir la position des Hellénistes chrétiens qui va bien plus loin que celle de Pierre dans les premiers discours.

1) Situer le discours d’Etienne dans le contexte ; qui est Etienne ? que lui reproche-ton ?
2) Quel est le contenu de son discours : de qui, de quoi parle-t-il ? Comment cela est-il relié aux accusations portées contre lui ?
3) Expliciter l’argumentation d’Etienne : relever ce qui se rapporte à Jésus et à la foi qui vient de lui.
Question 1
• Etienne fait partie du groupe des Sept (cf. Ac 6, 3 et note BJ) ; il est présenté en Ac 6, 8 ; puis Ac 6, 11-14 parle de son arrestation et de l’accusation portée contre lui.
• Ce discours interrompt le récit de Luc au v. 15 ; il reprendra en Ac 7, 55 (cf. la note BJ sur Ac 6, 15) pour raconter la mort d’Etienne (Ac 7, 55-60).
• Luc introduit ici Saül (Ac 7, 58) et il montre comment la persécution lance la mission de l’Eglise au-dehors de Jérusalem (Ac 8, 1 et les deux notes de BJ).

Question 2

• Sur ce long discours, lire la note de BJ sur Ac 7, 2 ; en TOB sur 7, 1.
• Selon un modèle connu de la Bible, Etienne évoque l’histoire du peuple de Dieu ; il cite les grandes figures de l’Histoire sainte : Abraham (v. 2-8), Joseph (v. 9-16) et Moïse (v. 17-43).
• A partir du v. 44, il parle de la Tente du Témoignage (cf. les références marginales de BJ à Ex 25, 40 et He 8, 5), ce qui le rapproche de l’accusation qui sera porté contre lui (cf. Ac 6, 14 et note BJ).
• Remarquer la citation d’Is 66, 1-2 (voir la note de BJ sur le titre d’Is 66).
• Les v. 51-53 forment la péroraison : noter le changement de ton, en comparant Ac 7, 2 et 7, 51. Etienne rappelle l’attitude d’Israël face au dessein de Dieu : cf. les références marginales à Dt 9, 13 + ; Jr 4, 4 + ; Is 63, 10 (et la note sur le titre d’Is 63, 7).

Question 3

• Les débuts de l’Histoire sainte ne se situent pas en Israël, mais en Mésopotamie (7, 2), en Egypte (7, 9ss), puis en Madian (7, 29).
• La figure de Joseph, rejeté par ses frères, et qui devient leur sauveur (7, 9-16).
• Moïse qu’ils avaient renié et que Dieu leur envoie comme chef et rédempteur (Ac 7, 35 et note BJ). Moïse qui les a fait sortir d’Egypte et prit soin d’eux au désert (v. 36).
• Sur le v. 37 noter la citation de Dt 18, 15 : cf. la note de BJ sur ce verset et sur Dt 18, 15 ; ce texte du Dt revient plusieurs fois dans le NT.
• Etienne mentionne aussi les infidélités du culte, au désert et dans les siècles suivants (v. 40-43) ; noter la référence à Am 5, 25-27.
• De plus, en montrant que le Temple ne peut pas véritablement correspondre au projet de Dieu (v. 44ss), Etienne répond à l’accusation portée contre lui (cf. Ac 6, 13).

6– Ac 8, 26 – 40 : Philippe sur la route de Gaza

La rencontre de Philippe avec un Ethiopien sur la route de Jérusalem à Gaza marque la volonté de l’Esprit de faire sortir l’Evangile du monde juif et de le porter à tout homme, quelles que soient sa race ou sa couleur.

1) Qui sont les personnages qui interviennent dans ce récit : que font-ils et quel est le résultat ?
2) Ce récit des Actes ressemble à celui d’Emmaüs (Lc 24, 13-35) : comparer les deux récits et noter les ressemblances et les différences.
3) Quelle est la signification de ce récit ? Quelle place tient-il dans les Actes ?

Question 1

• Il y a Philippe (v. 5 et note TOB) ; il est conduit par l’Ange du Seigneur (cf. v. 26 et note BJ et TOB) ou par l’Esprit (v. 29 ; v. 39-40). L’Ethiopien (v. 27 ; voir note de BJ et les références marginales) est un haut fonctionnaire. Il est aussi prosélyte ou craignant Dieu (sur ces termes, cf. en BJ la note sur Ac 2, 11) ; il est venu à Jérusalem pour adorer. Assis sur son char, il lit un passage du livre d’Isaïe (v. 27-28).
• Sur ordre de l’Ange du Seigneur, Philippe rejoint l’eunuque ; il entend ce qu’il lit (à haute voix) et lui pose la question (v. 30). Invité à monter sur le char, il annonce Jésus (v. 35 et note TOB). Voir aussi la note BJ sur Ac 5, 42 (cité en marge).
• Cette catéchèse conduit au baptême (v. 36ss) : le rite d’immersion : ils descendirent… ils furent remontés (cf. la note TOB sur v. 38) ; cf. aussi la joie du salut : Ac 2, 46 +.

Question 2

• Les deux scènes se passent sur une route quittant Jérusalem ; quelqu’un rejoint celui/ceux qui s’en éloigne(nt) ; il pose une question, puis annonce la Bonne Nouvelle. La scène se termine par un sacrement (Eucharistie / baptême) et la joie, malgré la disparition de Jésus / Philippe.
• Les deux disciples de Lc 24 connaissent bien tout ce qui concerne Jésus (Lc 24, 19-24), mais ils ne comprennent pas le sens des événements ; l’Ethiopien a le rouleau d’Isaïe, mais ce texte leur demeure fermé parce qu’il ignore Jésus.
• En Lc 24, Jésus explique les liens entre sa vie et les Ecritures (AT) ; ici, Philippe part des Ecritures (ici, Isaïe 52-53) et il annonce Jésus.

Question 3

• Luc met en lumière le rapport qui existe entre les Ecritures (AT) et la vie de Jésus. Les Ecritures ne livrent tout leur sens qu’à la lumière de Jésus.
• C’est aussi un rappel de l’importance de ce texte d’Isaïe (le 4ème Chant du Serviteur : cf. Is 52, 13 et la note BJ) pour la compréhension du mystère pascal. Cf. les notes BJ et TOB sur v. 32.
• Luc a placé cet épisode entre l’évangélisation de la Samarie (cf. Ac 8, 1 +) et l’ouverture de l’Eglise aux païens (Ac 10-11). Le baptême de l’Ethiopien par Philippe annonce un tournant capital (cf. Ac 1, 8 +).
• Désormais il n’est plus nécessaire de revenir à Jérusalem : comparer Lc 24, 33 avec Ac 8, 39.

7 Ac 9, 1 – 30 : Paul sur le chemin de Damas

Dans les Actes, l’auteur nous raconte par trois fois la conversion de Paul. C’est dire l’importance qu’il attache à cet événement. Un événement qui marque un tournant dans la diffusion de la foi chrétienne, dans l’ouverture de l’Evangile.

1) Qu’est-ce que ce texte nous apprend sur Paul et sur son passé ?
2) Comment nous est racontée ici l’expérience de Paul sur le chemin de Damas ?
3) Qu’est-ce que Paul a découvert dans cette expérience qui a changé sa vie ?

Question 1

• Lire Ac 9, 1-2 et les notes BJ/TOB ; cf. aussi Ga 1, 12-17. Voir aussi les références marginales qui nous indiquent les deux autres mentions de cet événement.
• Nous apprenons que la foi chrétienne est sortie de la Judée et la Samarie (cf. Ac 8, 1) et qu’il y a à Damas des adeptes de la Voie (v. 2 et note BJ et TOB).
• Nous apprenons aussi que Paul est originaire de Tarse (v. 11) ; voir aussi le récit parallèle en Ac 22, 2-5 et la note BJ sur 22, 4.
• Sur les motifs qui opposaient Paul aux chrétiens, voir Ac 26, 9 et Ga 1, 13-15.

Question 2

• Dans les v. 1-2 : l’attitude et le projet de Paul face aux chrétiens ; cf. Ac 8, 1-3.
• Les v. 3-6 donnent l’essentiel de la révélation : la lumière qui l’éblouit et le terrasse ; la voix qui lui parle et lui ordonne ; et surtout le dialogue (v. 4-6). Paul ne voit pas Jésus, mais il entend sa voix.
• « Je suis Jésus que tu persécutes » : comparer avec Ex 3, 14 ; cf. aussi les présentations de Jésus dans les Evangiles et spécialement en Jn (cf. Mc 6, 50 et note TOB ; Jn 6, 35 et note BJ).
• Dans les v. 10-16 : les visions parallèles d’Ananie et de Paul (cf. notes BJ et TOB sur v. 12). La réticence d’Ananie se comprend par le passé de Paul, mais Dieu a son plan (v. 15).
• Les v. 17-19 : exécution de l’ordre ; Paul est guéri de sa cécité ; il est baptisé. Noter au v. 17 : Saul, mon frère… Dans les v. 20-22 : Paul commence sa mission.
• Les v. 26-30 : Paul à Jérusalem ; difficile insertion, mais possible grâce à Barnabé.
• Noter l’inclusion : au début Paul voulait la mort des croyants (9, 1) ; à la fin du récit, Paul est menacé de mort à Damas (v. 23), puis à Jérusalem (v. 29-30).

Question 3

• Noter l’importance du dialogue (v. 4-5) – pratiquement identique dans les trois récits.
• Sur l’identification de Jésus avec ceux qui sont persécutés en son nom (v. 5 et note BJ et TOB). Sur le nom donné aux chrétiens au v. 2 : cf. notes BJ et TOB.
• Sur Jésus : Ac 9, 17 et 20 ; cf. les notes BJ et TOB sur le v. 20.
• Pour le lien entre l’expérience de Paul sur le chemin de Damas et sa doctrine de l’Eglise comme Corps du Christ : lire la note BJ sur 1 Co 12, 12.

8 Ac 10, 1 – 11, 18 : l’ouverture de l’Eglise aux païens

Ce récit est le plus long des Actes des apôtres. L’auteur prend soin de raconter plusieurs fois ces événements qui ont conduit Pierre à ouvrir au centurion Corneille et à sa famille les portes de l’Eglise.

1) Situer ce récit dans les Actes et montrer la place que lui donne Luc.
2) Sur quoi veut insister l’auteur dans cette première partie (10, 1-23) ?
3) Dans la 2ème partie, étudier particulièrement le discours de Pierre chez Corneille.
4) Quel problème pose cette entrée des païens dans l’Eglise ?

Question 1

• Lire les notes de BJ et TOB sur 10,1 (titre). Après les débuts de l’Eglise à Jérusalem (Ac 1-5), l’Evangile commence à déborder les frontières du judaïsme (Ac 6-8) ; la conversion de Paul et la mission qu’il reçoit annoncent ce que l’auteur racontera en Ac 13-28.
• En Ac 10, 1 – 11, 18 Pierre est conduit par l’Esprit à admettre un païen : ce qui prépare la mission de l’Eglise d’Antioche (Ac 11, 19ss) et celle de Paul (Ac 13-28).
• Les trois parties de ce récit : la double vision (10, 1-23a) ; Pierre chez Corneille (10, 23b-48) ; les réactions à Jérusalem et la réponse de Pierre (11, 1-18).

Question 2

• Avec des termes différents, l’auteur insiste sur l’œuvre de Dieu : (ange/ vision/ voix/ Esprit : cf. la note BJ sur le v. 19 ; en TOB, note sur 10, 1.
• Noter comment Luc nous présente Corneille (v. 1-2 et notes BJ et TOB sur v. 2) ; cf. aussi les références marginales en BJ.
• Pour la vision de Pierre (v. 11-16 et note sur v. 15). Pierre doit passer de sa notion sur le pur et l’impur à un autre regard sur tout homme : cf. note TOB sur 10, 5 et 10, 28 : ce qu’il fait en donnant l’hospitalité (v. 23) à ces païens, puis en acceptant d’aller chez Corneille (v. 28-29).

Question 3

• Le début du discours de Pierre tient compte du changement d’auditoire (v. 34-35) ; il rappelle la priorité d’Israël (v. 36), mais il annonce la Bonne Nouvelle de Jésus (cf. la note TOB sur v. 36 ; en BJ celle sur v. 40).
• L’Evangile de Mc mettra en récit ce que Pierre dit ici dans les v. 37ss : le baptême de Jean-Baptiste, le ministère en Galilée, puis à Jérusalem, enfin la Passion : cf. notes BJ et TOB sur v.36-37.
• Pierre est interrompu par l’Esprit (v. 44 et note BJ et TOB) ; il tire les conséquences du don que Dieu vient de faire à ces hommes encore païens (v. 47-48).

Question 4

• Les réactions des croyants de Jérusalem montrent les difficultés pour des Juifs, devenus chrétiens, d’accueillir des païens dans l’Eglise : cf. notes BJ et TOB sur v. 48 ; et celle sur 11,3 en TOB.
• Remarquer la réponse de Pierre : il n’argumente pas, il raconte ce que Dieu vient de faire (v. 14-15 et note BJ sur v. 17). Les frères qui l’ont accompagné depuis Joppé à Césarée, puis à Jérusalem, témoignent avec lui (note TOB sur 10, 23 et 11, 12).
• Voir aussi la note sur le v. 18 ; mais le problème sera de nouveau soulevé en Ac 15.

9– Ac 11, 19 – 30 : la fondation de l’Eglise d’Antioche

Dans le livre des Actes, la communauté d’Antioche tient une grande place, tant par son dynamisme que par sa situation géographique.

1) Situer ce passage dans le livre des Actes et relever ce que Luc veut mettre en valeur.
2) Qui sont les fondateurs de cette Eglise ? Qu’annoncent-ils ? Quel résultat ?
3) Quels sont les liens avec Jérusalem que l’auteur veut mettre en lumière ?

Question 1

• Antioche était la 3ème ville de l’empire romain (500.000 habitants) ; par son port (Séleucie) et par le réseau routier, elle était un carrefour important (cf. note TOB sur le titre : 11, 19).
• Les Actes présenteront cette communauté comme la base de la mission de Paul.
• La fondation de cette communauté est la conséquence de la persécution (v. 19 et note BJ) qui a fait sortir la foi chrétienne de Jérusalem, d’abord en Judée et Samarie (Ac 8, 1), puis en Phénicie, et enfin jusqu’à Chypre et Antioche.
• Mais ce n’est pas simplement une extension géographique : certains des dispersés commencent à annoncer l’Evangile aux Grecs (v. 20 et note BJ).

Question 2

• Dans Ac 6 – 10 Luc avait parlé des grandes figures : Etienne, Philippe, Barnabé et Paul, et Pierre. Ici il souligne le rôle des croyants ordinaires touchés par la persécution (v. 19) et qui deviennent porteurs de l’Evangile.
• Il relève les initiatives des Chypriotes et des Cyrénéens : des Juifs de la Diaspora davantage ouverts à leurs concitoyens (cf. la note TOB sur v. 20).
• Remarquer leur annonce : la Bonne Nouvelle de Jésus Seigneur (v. 20 et note BJ). Mais cette annonce est d’abord l’œuvre de Dieu : la main du Seigneur les secondait (v. 21).
• Cette première annonce (kérygme) doit être complétée par un enseignement (prolongé) : ce sera l’œuvre de Barnabé et de Paul (v. 26) ; cf. Ac 2, 42 : note enseignement des apôtres.
• Dans le v. 26, noter deux termes importants : l’Eglise pour la communauté (cf. note TOB) et la désignation, les chrétiens, pour les membres (cf. notes BJ et TOB).

Question 3

• La communauté de Jérusalem se soucie de ces extensions (v. 22 et notes BJ et TOB).
• Ici c’est l’envoi de Barnabé (cf. Ac 4, 36 + dans la marge de BJ ; en TOB, voir note sur v. 24), et non plus de Pierre, comme en Ac 9, 32ss.
• Sur la participation de Paul, que Barnabé va chercher à Tarse, lire la note TOB sur v. 25 : un rappel que tout cela ne s’est pas fait en un jour !
• Les v. 27-30 mettent en lumière un autre lien entre Jérusalem et cette communauté : le passage des prophètes (sur ce terme, voir la note de BJ sur v. 27) et surtout le partage décidé en faveur des croyants de Judée touchés par la famine (v. 29 et note TOB).
• Cf. encore la mention des anciens (v. 30 et notes de BJ et TOB sur ce terme).

10.– Ac 13, 1 – 52 : Dans la synagogue d’Antioche de Pisidie

Avec Ac 13 commence la seconde partie du récit des Actes : la mission de Paul. Dans ce chapitre l’auteur nous donne un exemple de cette annonce, adressée d’abord à des Juifs.

1) Parcourir ce chapitre des Actes et relever les principaux éléments.
2) Lire Ac 13, 16-43 et étudier plus particulièrement ce discours de Paul
3) Que peut-on retenir des v. 43 – 52 ?

Question 1

• On pourrait commencer ce récit en Ac 12, 24 (le retour de Jérusalem pour Barnabé et Paul et la présentation de Jean-Marc). Sur notre texte, lire note TOB sur le titre.
• En Ac 13, 1-3, l’auteur nous présente la communauté d’Antioche avec son groupe de responsables, (cf. notes BJ/TOB sur v. 1) et son souci missionnaire (v. 2-3 et notes BJ/TOB. Sur le choix de Chypre : cf. BJ note sur v. 4.
• L’épisode avec Elymas, un Juif (cf. v. 6) et l’ouverture manifestée par le proconsul (un païen), cf. les v. 7 et 12 laissent déjà augurer quelque chose de la suite.
• Mais l’intérêt de Luc se porte sur la prédication de Paul aux Juifs (cf. Question 2). Il veut aussi nous expliquer pourquoi la mission de Paul s’adressera surtout aux païens (v. 44-48) et ce qui est la cause du rejet, de la part des Juifs (v. 49-51).

Question 2

• Rien n’est dit sur le choix d’Antioche de Pisidie : une ville à 500 km à l’intérieur !
• Sur le cadre de la prédication de Paul : v. 14-16 et notes BJ/TOB sur v. 15.
• Sur la prédication, lire la note TOB sur v. 16 et de BJ sur le titre : les deux relèvent ce qui appartient à la prédication chrétienne commune et ce qui est particulier à Paul.
• Paul commence par un rappel de l’Histoire sainte (v. 16-23) qu’il conduit de l’élection jusqu’à David (TOB note sur v. 22) ; il introduit ensuite l’annonce chrétienne, par le rappel de Jean-Baptiste (v. 24-25 et note TOB) ; puis vient l’annonce de la mort et de la Résurrection (sur ce terme, voir en BJ la note sur le v. 23) de Jésus (v. 26-33).
• Lire les notes de TOB sur les v. 27 et 31 et celles de BJ sur v. 28 et 31.
• Dans les v. 33-39 Paul montre comment Jésus accomplit les Ecritures : ainsi le Ps 2, 7 (notes BJ/TOB sur v. 33) et Ps 16, 10 (note TOB sur v. 35).
• Remarquer le ton paulinien des v. 38-39 (note TOB) ; en BJ, note sur v. 41.
• Après la mise en garde des v. 40-41 (note TOB sur v. 40), Luc note l’invitation à continuer cette annonce (v. 42) et l’accueil favorable des Juifs et des prosélytes (v. 43 et note TOB).

Question 3

• C’est le succès de l’annonce chrétienne auprès des païens qui provoque le rejet des Juifs (v. 44-45).
• Paul reconnait la priorité des Juifs, mais il prend acte du refus (v. 46 et note TOB).
• Au v. 47, la parole dite autrefois à Israël (Is 49, 6), et que Lc 2, 32 appliquait à Jésus, est maintenant appliquée aux porteurs de la mission chrétienne.
• Sur le v. 48 : voir les notes TOB ; de même sur les v. 49-52

11- Ac 15, 1 – 35 : L’assemblée de Jérusalem

L’assemblée de Jérusalem tient une place capitale dans le récit des Actes : après l’histoire de Pierre chez Corneille et après les débuts prometteurs de la mission de Paul, elle ouvre véritablement la mission universelle.

1) Que contient ce chapitre des Actes ? Qui sont ceux qui interviennent ?
2) Etudier plus particulièrement les deux interventions de Pierre (v. 7-11) et de Jacques (v. 13-21) : à quel titre interviennent-ils ?
3) Comparer notre récit avec Ga 2, 1-10. Quelles questions cela pose-t-il ? Quel message l’auteur des Actes veut-il transmettre ici ?

Question 1

• L’affaire commence à Antioche (v. 1ss) ; elle continue à Jérusalem (v. 4-29) et trouve sa conclusion à Antioche (v. 30-35).
• Parmi les personnes mentionnées, il y a d’un côté : des gens descendus de Judée (v. 1 et notes BJ/TOB), et, à Jérusalem, des gens du parti des Pharisiens (v.5 ; de l’autre : Paul et Barnabé (v. 2). A Jérusalem, on verra intervenir Pierre (v. 7) et Jacques (v. 13) ; enfin nous trouvons les porteurs de la lettre : Jude et Silas (v. 22).
• Sur ce texte, lire les notes BJ/TOB sur Ac 15, 1. Il s’agit d’une question fondamentale pour l’avenir de l’Eglise : cf. la note TOB sur la fin du v. 1.

Question 2

• Luc donne une place importance et centrale à ces deux interventions ; mais noter qu’ils prennent la parole après une longue discussion (v. 7).
• Sur la place tenue par Pierre dans les Actes, cf. la note BJ sur Ac 2, 14 +.
• Pour Jacques, lire la note BJ sur Ac 12, 17 + (citée en marge dans BJ).
• Les deux interviennent pour trancher le débat, en faisant référence à l’affaire de Corneille (Ac 10, 1 – 11, 18). Pour Pierre (cf. note TOB sur v. 7), il faut reconnaître dans le don de l’Esprit Saint fait à des païens, « un signe des temps » (v. 8-9) ; agir autrement serait tenter Dieu (v. 10 et note BJ). Sur ce que Pierre ajoute dans les v. 10-11 : cf. notes BJ/TOB.
• Pour Jacques, ce qui arrive est un accomplissement des paroles des prophètes (v. 15-18 et notes BJ sur les v. 15 et 17 ; en TOB, lire la note sur v. 13.
• Sur le v. 19-20 : cf. notes BJ/TOB : les interdits mentionnés au v. 20 sont pratiquement les mêmes que celles qu’on demandait aux étrangers résidant en Israël (cf. Lv 17, 8.10.13).

Question 3

• En Ga 2 nous avons le témoignage direct de Paul, un des acteurs de cette rencontre. Pour lui, il s’agit de sauvegarder l’unité de l’Eglise et la vérité de l’Evangile (Ga 2, 5). A Jérusalem, on a reconnu sa vocation (Ga 2, 8-9) et la possibilité de devenir chrétien sans être soumis à la Loi (cf. Ga 3, 2-4).
• Dans Ac 15, Luc – qui écrit bien des années plus tard – mêle peut-être deux débats (cf. les notes BJ/TOB sur v. 1). Le 1er : la circoncision et la Loi sont-elles indispensables pour être sauvé, comme le demandaient certains (cf. Ac 15, 1. 5) ou peut-on reconnaitre une voie différente pour les non-juifs (cf. Ac 15, 19-21) ? Le 2ème concerne la commensalité : comment faire table commune (cf. Eucharistie) dans les communautés où se rencontrent Juifs et païens convertis ?
• Comment concilier unité et diversité ? Comment rechercher des solutions, pas toujours évidentes (cf. v. 7), pour garder la communion ?

12– Ac 17, 16 – 34 : Le Discours de Paul devant l’Aréopage

Ce discours de Paul à Athènes est bien connu. Mais quelle signification faut-il lui donner ? Pourquoi l’auteur des Actes lui donne-t-il une telle importance (après le grand discours de Paul aux Juifs d’Antioche en Ac 13, 13ss) ?

1) Quelle place tient ce discours de Paul dans le récit des Actes ?
2) Que dit Paul dans les v. 22-31 ? Sur quoi met-il ici l’accent ? Est-ce une annonce chrétienne ?
3) Quelle est le résultat de cette annonce ? Que pouvons-nous en tirer ?

Question 1

• Sur ce discours de Paul, lire les notes BJ/TOB sur le titre.
• L’importance d’Athènes dans le monde de l’époque : cf. notes BJ/TOB.
• Jusqu’ici Paul s’était surtout adressé à des Juifs et à des païens attirés par le judaïsme (craignant-Dieu et prosélytes). Ici comme en Ac 14, 15 (cf. BJ/TOB), la prédication vise directement des païens.
• Ce discours est situé dans le 2ème voyage missionnaire (Ac 15, 36) et la vision de Troas (Ac 16, 9-10). Paul a fondé les premières communautés à Philippe (16, 11ss), à Thessalonique (17, 1ss), et Bérée (17, 1ss) et il arrive à Athènes (17, 16ss). D’Athènes, Paul ira à Corinthe (Ac 18) où il restera presque deux années.

Question 2

• Lire la note TOB sur Ac 17, 19, et surtout celle sur Ac 17, 22.
• Les v. 22-23 forment l’exorde et la captatio benevolentiae. Au sujet de l’autel au dieu inconnu, cf. note BJ /TOB sur v. 23.
• Dans les v. 24-25, Paul parle du Dieu créateur de l’univers : il ne peut donc pas habiter un temple bâti par des hommes ; cf. en BJ les références marginales à Is 42, 5 et Ac 14, 15 et la note sur ce verset ; voir encore 1 R 8, 27 et Ac 7, 48-50.
• Dieu ne dépend pas non plus des hommes (v. 25 et notes BJ/TOB), mais c’est lui qui donne à tous la vie et le souffle.
• Sur le v. 26, cf. les notes BJ/TOB ; il est tout proche et pourtant mystérieux : v. 27 et note TOB.
• Paul critique ensuite les idoles : v. 28-29 et notes BJ/TOB sur ces deux versets.
• Enfin dans les v. 30-31, Paul introduit l’annonce chrétienne adaptée à un auditoire païen (cf. notes BJ/TOB). Comparer avec 1 Th 1, 9-10 : lire les notes BJ/TOB sur ces versets.

Question 3

• Sur la réaction de l’auditoire aux paroles de Paul, lire note BJ sur v. 32 ; cf. aussi en TOB les notes sur v. 33 et 34 (qui nous renvoie à celle sur 17, 4).
• Mais Luc parle aussi de ceux qui accueillent le message (v. 34). D’autre part, la place et l’importance qu’il donne à ce discours montrent assez que pour lui ce n’est pas négatif.
• Cependant il mentionne une difficulté particulière des Grecs face à l’annonce chrétienne : cf. note BJ sur v. 32 (cf. déjà la note TOB sur v. 18) et le renvoi à 1 Co 15, 12ss.
• Ce discours est un exemple d’inculturation : Paul recherche dans la culture des auditeurs des « pierres d’attente » pour le message chrétien qu’il veut leur apporter (v. 30-31).

13– Ac 20, 17 – 38 : A Milet, le discours d’adieu aux anciens d’Ephèse

Pour l’auteur des Actes, ce discours de Paul aux anciens d’Ephèse marque une étape importante de la mission de l’apôtre. C’est la fin de son travail apostolique : Paul est maintenant en route vers Jérusalem où il serra arrêté (cf. Ac 20, 23).

1) Parcourir Ac 19 et repérer ce qui prépare cette rencontre avec les anciens de l’Eglise d’Ephèse.
2) Etudier ce discours de Paul : comment parle-t-il de son ministère ? Quelles sont ses recommandations ?
3) Qu’est-ce que ce discours nous apprend sur la vie des communautés ?

Question 1

• Nous sommes dans le 3ème voyage missionnaire de Paul : voir Ac 19 1 et note BJ ; lire aussi Ac 19, 8-10 et la note BJ sur v. 8 (titre) et celle sur le v. 10.
• Voir aussi Ac 19, 20-21 ; la BJ donne ici en marge la référence à Ac 6, 7 +.
• Sur les projets de l’apôtre : Ac 19, 21-22. Lire la note sur l’émeute des orfèvres (en BJ sur v. 23 (titre). Cf. aussi Ac 20, 1 et la note BJ.
• Suivre sur une carte le voyage de Paul jusqu’à Troas (Ac 20, 1-6), puis de Troas à Milet (20, 13-17) où a lieu la rencontre avec les anciens d’Ephèse.

Question 2

• C’est le 3ème grand discours de Paul dans les Actes : cf. notes BJ et TOB sur 20, 18.
• Ce passage contient un discours d’adieu, comme on en trouve dans l’AT et dans le judaïsme et une exhortation aux responsables (anciens) qui rappelle des passages des Pastorale et de 1 P 5, 1- 4.
• Pour ce discours, voir la division proposée dans ces notes (BJ/TOB) : v. 18-21 – rappel de son ministère en Asie ; v. 22-27 – où Paul parle de son avenir ; v. 28-32 – les recommandations aux anciens, avec v. 33-35, le rappel de son désintéressement.
• Sur le comportement missionnaire de Paul, voir spécialement les v. 19-21 et les références marginales en BJ ainsi que la note sur le v. 21 ; cf. encore les v. 31-34 et note TOB ; en BJ, voir la note indiquée en marge : Ac 18, 3 +.
• Sur le sens de l’expression utilisée au v. 26, voir note TOB.
• Pour les recommandations des v. 28-31, voir les nombreuses références marginales données en BJ ; voir spécialement celle à 1 P 5, 1-3 et 2 P 2, 1-2.

Question 3

• Sur la notions des « anciens » : voir en BJ Ac 14, 23 et la note qui renvoie à la note sur Tt 1, 5 ; en TOB, lire les notes sur Ac 11, 30 et 14, 23.
• A noter l’image pastorale : v. 28 et les 2 notes TOB ; en BJ : lire les références marginales à 1 P 5, 1-3 et à Jn 21, 15-17. Mais le troupeau est le troupeau de Dieu !
• Cf. aussi l’image de la construction (v. 32) et référence à 1 P 2, 4-10.
• Les dangers peuvent venir du dehors (v. 29 et note TOB) mais aussi du dedans (v. 30) ; cf. en marge la référence à Mt 7, 15.
• Le v. 35 nous conserve peut-être une parole du Seigneur (agrapha) ; cf. note TOB.

14– Ac 24, 1 – 27 : Le procès de Paul à Césarée devant le procurateur Félix

Dans son Evangile, Luc soulignait l’innocence de Jésus, reconnue par trois fois par Pilate (cf. Lc 23, 4 et note TOB). Dans les Actes, il tient à marquer clairement le même jugement des autorités romaines à l’égard de Paul (cf. note TOB sur le titre de notre passage).

1) Parcourir Ac 21-23 et repérer les événements qui conduisent à ce procès à Césarée.
2) Quelles accusations sont portées ici contre Paul (24, 1-9) ?
3) Comment Paul présente-t-il sa défense ? Sur quoi insiste-t-il ?
4) Quel est le résultat de ce procès ?

Question 1

• En Ac 24, 15 Paul arrive à Jérusalem ; Jacques et les anciens (24, 17ss) lui demandent de donner un signe de sa fidélité à la Loi (21, 20 et note BJ/TOB).
• Presqu’au terme d’un rite de purification (21, 27), Paul est reconnu dans le Temple par des Juifs d’Asie et il est accusé d’avoir profané le Temple (21, 28).
• Sauvé d’un lynchage par la garnison romaine (21, 31 et note BJ), il s’adresse à la foule (22, 1 et note BJ/TOB) qui l’écoute jusqu’au moment où il parle de sa mission aux païens.
• Le lendemain, le tribun le fait comparaitre devant le Sanhédrin (22, 30ss) que Paul divise en proclamant sa foi en la résurrection (23, 8 et notes BJ/TOB).
• Suite à un complot juif pour l’éliminer (23, 12ss), il est transféré à Césarée (23, 23ss).

Question 2

• Le grand prêtre a fait le déplacement avec des anciens ; ils ont un avocat (romain ?) : 24, 1 ; sur le déroulement, cf. note TOB sur v. 2.
• Après son introduction (v. 2-4) l’avocat mentionne deux griefs contre Paul : il est un leader des Nazôréens (cf. note TOB sur v. 5) et il a suscité des désordres chez les Juifs du monde entier (v. 5) ; de plus, il a tenté de profané le Temple (v. 6), un délit qui relève de l’autorité du Temple : lire les notes BJ/TOB sur les v. 7-8.

Question 3

• Sur la plaidoirie de Paul, cf. notes BJ/TOB sur v. 10.
• Paul ne répond pas à la 1ère accusation (trouble dans le monde) ; il concentre son discours sur ce qui vient de se passer, qui est immédiatement contrôlable (v. 12-13 et note TOB sur v. 13) : ses accusateurs ne peuvent apporter aucune preuve de ce qu’ils avancent.
• Il reconnait son appartenance aux Nazôréens, mais la « Voie » (v. 14 et note TOB) est une des forme authentique du judaïsme (v. 14 et note BJ). Il est ainsi fidèle à la foi : la Loi et les Prophètes : v. 14) et à l’espérance (v. 15) d’Israël, la résurrection : cf. note TOB sur v. 15).
• Au v. 17, il explique sa présence à Jérusalem et dans le Temple : cf. notes BJ/TOB sur les v. 17-18. Au sujet de la collecte, Paul précise qu’il apportait des aumônes à sa nation. En BJ, voir encore sur cette collecte : Rm 15, 25 + et 1 Co 16, 1 +.
• Paul fait enfin référence au procès devant le Sanhédrin (v. 20-21 ; cf. en BJ, marge 23, 16 +).

Question 4

• Le procès est ajourné (v. 22) ; Paul demeure prisonnier mais jouit d’un régime libéral.
• Sur ses contacts avec Félix et Drusille (v. 24-26 et notes BJ).
• Au v. 27, Luc donne des raisons différentes de son maintien en prison.

15– Ac 26, 1 – 32 : Le discours de Paul devant Agrippa

Refusant d’aller à Jérusalem pour y être jugé, Paul a fait appel à l’empereur. Mais que mettre dans le dossier de ce prisonnier ? La visite d’Agrippas et de Bérénice donne au procurateur Festus l’occasion d’entendre encore une fois le récit de Paul.

1) Situer ce plaidoyer de Paul dans les Actes. Qui est Agrippa ? Que représente pour l’auteur des Actes cette comparution de Paul ?
2) Que contient l’apologie de Paul ? Comment Paul parle-t-il ici de sa vocation (comparer avec Ac 9 et 22) ? Sur quoi insiste-t-il ?
3) Quels sont les réactions de Festus et d’Agrippa ?

Question 1

• Toujours gardé captif à Césarée, Paul se voit contraint d’en appeler à l’empereur : cf. Ac 25, 2-3. 7-12. Voir note TOB sur 25, 9.
• Festus a compris qu’il ne s’agit pas de crimes relevant de sa compétence, mais de question touchant leur religion à eux et un certain Jésus, qui est mort et que Paul affirme être en vie (Ac 25, 19). Comme Paul a fait appel à l’empereur, il est tenu de l’envoyer à Rome, mais il ne sait que mettre dans son dossier (Ac 15, 25-27). Pour lui, la visite d’Agrippa est une aubaine.
• Sur Agrippa, voir les notes BJ/TOB sur Ac 25, 13.
• Lire la note BJ sur 25, 22 ; en TOB sur 25, 23. Cf. encore la note TOB sur 25, 25.

Question 2

• Sur ce discours de Paul, lire les notes BJ/TOB sur 26, 2. En BJ, la note se termine par le renvoi à 24, 14 + (importance de montrer que le christianisme n’est pas une religion différente du judaïsme, que le pouvoir romain reconnait.)
• Après l’exorde (v. 2-3), Paul rappelle ce qu’a été sa vie avant la rencontre avec le Christ (v. 4-11) : un pharisien fidèle (v. 5) et il ajoute (v. 6-7) qu’il est maintenant un pharisien comblé (cf. note BJ sur v. 7 et TOB sur v. 6).
• Sur les v. 9-11 : voir les notes TOB ; la BJ donne plusieurs références marginales.
• Pour la rencontre sur le chemin de Damas (v. 12-18), comparer avec les 2 premiers récits (Ac 9 et 22) : on retrouve l’invariant (voir cependant les notes TOB). Mais ici Paul reçoit directement sa mission pour les païens (voir note TOB sur Ac 22, 21).
• Noter dans les v. 17-18 les références données en marge dans BJ à Jr 1, 5-8 et à Is 42, 7.16 ; cf. aussi la fin de note TOB sur 26, 16. Cf. aussi Ga 1, 15-16.
• Dans les v. 19-23 Paul évoque son apostolat et donne un résumé de l’annonce chrétienne (v. 20-22-23) : remarquer l’insistance sur l’accomplissement de l’AT (note TOB sur v. 23).

Question 3

• Sur la réaction de Festus (v. 24 et note BJ) ; cf. aussi 1 Co 1, 22-25 et notes BJ/TOB).
• Pour la réponse de Paul (v. 25-26) et notes BJ/TOB sur v. 26.
• Pour celle d’Agrippa (v. 28), lire la note TOB.
• Dans l’échange qui suit (v. 31-32), nous trouvons une fois de plus l’affirmation de l’innocence de Paul (cf. en marge de BJ : 23, 29 +).

16– Ac 28, 17 – 31 : La rencontre de Paul avec les Juifs de Rome

Au terme d’un voyage mouvementé – c’est bien le mot ! – (Ac 27, 1 – 28, 16), Paul est enfin arrivé à Rome. Profitant du régime qui lui est accordé (cf. Ac 28, 18 et note), il continue sa mission.

1) Qu’est-ce que Luc veut souligner dans les v. 17-28 ?
2) Sur quoi porte le différent entre Paul et les Juifs ? Quelle signification prend ici la citation d’Isaïe 6 ?
3) Comment comprendre les v. 28 – 31 ?

Question 1

• Tout au long de son ministère, Paul a reconnu la priorité des Juifs (cf. note TOB sur v. 17). Au cours de son ministère, il allait dans les synagogues ; maintenant, prisonnier, il les invite les Juifs à venir chez lui.
• Paul s’explique sur son recours à la justice impériale (v. 17-19) ; en BJ lire les références marginales (et les notes) sur ces versets.
• Les Juifs de Rome n’ont aucun grief contre Paul, mais ils disent leur opposition « à ce parti-là » (v. 22 et note TOB ; en BJ, cf. les références marginales).
• Mais l’annonce chrétienne divise toujours les Juifs : v. 24 et note TOB ; en BJ : Ac 13, 46-47 (cité en marge).

Question 2

• Il s’agit du Royaume/Règne de Dieu : sur ce mot, BJ et TOB nous renvoient à Ac 1, 3 et à la note sur ce verset. Plus exactement, il s’agit de la place qu’y tient Jésus (cf. v. 23 et note TOB sur Ac 17, 3 ; en BJ, voir la note sur Ac 2, 23 +).
• A la fin de son Evangile, Lc soulignait déjà l’importance de la Loi et des Prophètes : Lc 24, 7. 26-27. 44-47. Seules les Ecriture peuvent éclairer le mystère d’un Messie crucifié.
• Sur la division des auditeurs face à cette annonce, cf. 1 Co 1, 22-25.
• Sur la citation d’Is 6, 9-10 : lire les notes TOB sur les v. 25 et 27.
• Ce texte d’Is 6, 9-10 est cité plusieurs fois dans le NT ; en Mt 13, 14-15, il explique pourquoi les Juifs se ferment à la prédication de Jésus sur le Royaume ; cf. aussi Jn 12, 40-41.
• Sur l’annonce de l’accueil de l’Evangile par les païens : cf. la note TOB sur v. 28 ; voir aussi la réflexion de Paul en Rm 11, 11-12.

Question 3

• Sur ces derniers versets, lire la note de BJ sur v. 30 (titre) : c’est moins une conclusion qu’une ouverture.
• Lire les notes BJ/TOB sur le v. 30. Luc ne nous dit rien sur l’issue du procès et sur ce qui en résulta pour Paul ; il n’écrit pas une biographie de Paul, ni une histoire des premières années du mouvement chrétien. Il continue ce qu’il annonçait dans le prologue de son premier livre (Lc 1, 1-4) : donner l’interprétation des événements que Dieu a accomplis (cf. les notes TOB sur Lc 1, 1 et 4) à travers Jésus et qu’il continue à accomplir grâce à l’Esprit.
• Sur la pleine assurance de Paul (v. 31), voir note TOB ; en BJ, voir note sur Ac 13, 46 (cité en marge). Noter aussi les deux termes : proclamer (kérygme, la 1ère annonce) et enseigner (catéchèse, un enseignement plus développé sur le mystère chrétien).

DU SACERDOCE LEVITIQUE A CELUI DE JESUS


Dans toutes les cultures et sociétés, on rencontre depuis les temps immémoriaux, sous des formes diverses, des hommes qui remplissent une fonction de médiateurs entre leurs semblables et les forces qui les dépassent. En effet, parmi les relations constitutives de la personne humaine, il y en a une qui est fondamentale, même si on n’en a pas toujours conscience, c’est la relation à Dieu, la relation à la transcendance.

Par son élection, le peuple de la Bible a sans doute connu sur ce point un parcours un peu particulier. Cependant on retrouve dans la Bible bien des éléments qu’Israël partage avec le reste de l’humanité. Ainsi dans les textes les plus anciens, nous voyons les chefs de famille ou de clan offrir eux-mêmes des sacrifices à leur divinité : c’est ce que font Noé (Gn 8, 20), Abraham (Gn 12, 7), Jacob (Gn 28, 18), puis plus tard, au temps des « juges », Gédéon (Jg 6, 25ss), Manoah (Jg 13, 16) et bien d’autres. Plus tard encore ce seront les rois : David (2 S 6, 13), Salomon (1 R 8, 62) qui offrent des sacrifices avant que le sacerdoce soit confié à des spécialistes du culte.

Mais d’autres textes font mention des Lévites, les « fils de Lévi », un groupe qui semble prendre une place particulière dans le culte. Et de fait, dans les bénédictions que nous lisons en Dt 33, Moïse avant de mourir, précise les droits et responsabilités de cette tribu. Mais l’histoire du sacerdoce biblique n’est pas facile à reconstruire ; en effet les textes qui nous connaissons sont presque tous tardifs : même s’ils nous parlent de Moïse et d’Aaron, ils conservent souvent un état du sacerdoce tel qu’il a existé en Israël après l’Exil.

Notre parcours

Dans ce dossier nous tenterons de poser quelques jalons de cette histoire du sacerdoce ancien, préparant ainsi la révélation du sacerdoce nouveau inauguré par Jésus.

Nous commençons par Dt 33, la bénédiction de Moïse pour la tribu de Lévi (1). Bien des siècles plus tard, la centralisation du culte, à l’époque de Josias (622) va conférer aux prêtres établis à Jérusalem une place privilégiée (2) ; une place qu’Ezéchiel, lui-même prêtre du Temple, soulignera encore davantage dans sa vision du Temple à rebâtir (3).

Et de fait, dans le culte qui se réorganise au retour de l’Exil, le Grand Prêtre apparaît peu à peu comme le chef religieux et politique du peuple ; c’est lors du Yom Kippour que son rôle se manifeste dans toute sa grandeur (4), comme en témoignera encore le Siracide au 2ème siècle (5).

Mais si le Temple et le culte qui s’y déroule prennent de plus en plus de place, un autre courant se manifeste également dans la période postexilique : d’autres voient dans l’alliance que Dieu avait conclue avec le peuple le fondement d’un sacerdoce plus large que celui de Lévi, un sacerdoce qui concerne tous les membres du peuple (6).

Dans le NT, lorsque nous trouvons les mots « prêtre » ou « grand prêtre », il s’agit presque toujours du sacerdoce et des prêtres juifs (une fois en Ac 14,13 de prêtres païens). Les seules exceptions se lisent en 1 P 2, 9 et en Ap 1, 6 ; 5, 10 ; 20, 6) et surtout dans la Lettre aux Hébreux où l’auteur donne à Jésus le titre de Prêtre et de Grand Prêtre.
En exploitant largement les textes de l’AT, la Lettre aux Hébreux montre comment Jésus, inaugure un sacerdoce nouveau qui renouvelle et remplace celui de l’AT. A première vue, rien dans la vie de Jésus ni dans son ministère ne laissait apparaitre une telle dimension. En Israël, on ne devient pas prêtre, on naît prêtre. Or Jésus est issu de la tribu de Juda et non de celle Lévi.

Cependant si Jésus accomplit l’AT, comme la foi chrétienne l’affirme dès l’origine, comment pourrait-il laisser de côté cet aspect si important que représente le sacerdoce dans la Loi de Moïse et dans l’histoire d’Israël ?

Il y avait déjà dans la tradition évangélique quelques paroles de Jésus qui préparaient la réflexion qu’entreprendra l’auteur de la Lettre aux Hébreux : ainsi la parole que Jésus avait prononcée sur la coupe lors de la Cène (7) et les paroles concernant le Temple (8).

Dans la Lettre aux Hébreux, le sacerdoce de Jésus devient le thème central. L’auteur commence par rappeler que le rôle du prêtre est celui d’un médiateur ; c’est pourquoi il souligne le lien qui rapproche Jésus de notre humanité (9) et qui fait de lui un « grand Prêtre agréé par Dieu et miséricordieux » (10). Mais comme il va le montrer, il s’agit d’un sacerdoce bien différent de celui d’Aaron et des Lévites (11), un sacerdoce « selon l’ordre de Melchisédech » qu’annonçait le Ps 110, 4. D’autre part, dans le cas de Jésus, cette médiation s’est faite une fois pour toutes, par une unique oblation, celle de toute sa vie (12), ouvrant par là, à tout homme qui croit en lui le chemin qui conduit jusqu’à Dieu (13).

Poursuivant la réflexion commencée dans le judaïsme à partir du texte d’Ex 19, 6 qui rattachait à l’alliance du Sinaï une dimension sacerdotale pour le peuple juif, la Première Lettre de Pierre voit dans l’alliance nouvelle le fondement du sacerdoce de tous les baptisés (14) appelés à devenir ainsi les témoins du dessein de Dieu pour tous les hommes.

Pour les participants

1) Dt 33, 8 – 11 : « il dit sur Lévi… »
Comme le faisait Jacob avant de mourir (Gn 49 et note BJ), Moïse, lui aussi, à la veille de sa mort, prononce des bénédictions qui annoncent le destin des différentes tribus. Ce qu’il dit ici de Lévi intéresse notre recherche.
1) Situer ce passage dans le Deutéronome.
2) Que contient ce chapitre 33 du Deutéronome ?
3) Etudier les v. 8-11 de ce chapitre : qu’est-ce que cela nous apprend sur la tribu de Lévi ?

2) 2 R 23, 4 – 14 : Le sacerdoce lévitique
Aux origines, les prêtres étaient les hommes d’un sanctuaire où l’on peut venir consulter le Seigneur et offrir des sacrifices. La réforme entreprise par Josias (2 R 22-23) va modifier profondément cette situation et donner au clergé du Temple une place privilégiée.
1) Parcourir 2 R 22-23 et repérer quels sont les événements qui ont marqué le règne de Josias.
2) Travailler plus particulièrement sur 2 R 23, 8-10.
3) Quelles seront, pour les prêtres, les conséquences de la réforme de Josias ?

3) Ez 44, 15 – 31 : Les prêtres, fils de Sadoq
Appartenant lui-même au clergé de Jérusalem, Ezéchiel est un témoin de la tradition sacerdotale. Dans sa Torah (Ez 40 – 48), il nous livre ses visions sur le Temple futur et sur ceux qui y ont le droit d’y remplir les fonctions sacerdotales.

1) Situer Ezéchiel : son temps, son livre.
2) Comment Ezéchiel parle-t-il ici des lévites et des prêtres ?
3) Selon notre texte quelles sont leurs fonctions ?

4) Lv 16, 1 – 34 : Le Jour du Grand Pardon

La fête des Expiations tenait une place particulière dans la liturgie juive du Second Temple. Aujourd’hui, même en l’absence du Temple, cette fête marque la piété juive.

1) Situer ce texte du Lévitique : de quoi parle-t-il ? Proposer une division.
2) Relever tout ce que ce texte nous dit concernant le rite du « bouc pour Azazel » ?
3) Qu’est-ce qui vous paraît le plus significatif dans les autres rites mentionnés lors de la
fête des Expiations ?

5) Si 50, 1 – 21 : Le Grand-Prêtre Simon
Après avoir fait mention des grandes figures qui ont marqué l’histoire de son peuple, Ben Sirach, le sage, nous parle du grand-prêtre Simon. Il nous le présente dans l’exercice de la plus haute de ses fonctions : au Jour du Grand Pardon.
1) Que savez-vous au sujet du Siracide et des événements qui ont marqué son époque ?
2) Situer notre texte dans le livre : quelle est la place de notre texte ?
3) Quelle image du grand-prêtre Simon l’auteur veut-il nous donner dans les v. 5-21 ? Qu’est-ce qui vous paraît le plus significatif ?

6) Is 61, 1- 6 : « Vous serez appelés prêtres du Seigneur. »
Au retour de l’exil, beaucoup de Juifs étaient déçus de ne pas voir se réaliser immédiatement les belles promesses du prophète qui s’exprime en Is 40-55. Mais d’autres voix s’élèvent pour encourager le peuple : le Seigneur est fidèle ; il réalisera tout ce qu’il a promis.

1) Situer notre passage dans le livre d’Isaïe ; diviser ce texte.
2) Travailler plus particulièrement sur les v. 4-9.
3) Pour notre thème, comparer Is 61, 5-6 avec Is 56, 6-8.

7) 1 Co, 11, 23-27 et Mt 26, 26-29 : Le sang de l’alliance
Sans développer encore le thème du sacerdoce du Christ, comme le fera la Lettre aux Hébreux, plusieurs textes du NT préparent une réflexion dans ce sens, C’est ce que nous trouvons par exemple dans les récits de l’institution eucharistique.

1) Comparer les deux textes et relever ce qui est semblable dans les deux.
2) Chercher ce qui est particulier au texte de Mt et expliquer.
3) Faire la même démarche à partir du texte de s. Paul.
4) Quels liens voyez-vous entre ces deux textes et le sacerdoce de Jésus ?

8) Jn 2, 13 – 22 : « Il parlait du sanctuaire de son corps. »
L’épisode de la purification du Temple par Jésus se lit dans les quatre Evangiles, mais Jean veut lui donner une place et une importance particulières dans son récit.

1) Situer ce texte dans l’Evangile de Jn et le comparer avec les Synoptiques.
2) Qu’est-ce qui est ici plus particulier à Jn dans cet épisode des vendeurs chassés du Temple ?
3) Sur quoi insiste l’Evangéliste dans les v. 17-22 ?
4) Pourquoi peut-on rapprocher ce texte de Jn de notre thème ?

9) He 1, 5 – 2, 18 : « Le sanctificateur et les sanctifiés ont la même origine »
Dans le NT, seul l’auteur de la Lettre aux Hébreux donne à Jésus le titre de prêtre et parle du sacerdoce chrétien. Mais pour le faire, il doit reprendre toute la réflexion sur le rôle du sacerdoce dans les rapports des hommes avec Dieu.

1) Que savez-vous sur la Lettre aux Hébreux ? Situer notre passage et en proposer une division.
2) Travailler sur He 1, 5-14 à quels textes AT l’auteur de la Lettre fait-il ici appel ? Que peut-on en déduire ?
3) Relever les citations de He 2, 5-18. Chercher à suivre la pensée de l’auteur.

10) He 3, 1 – 5, 10 : Un grand-prêtre digne de confiance et miséricordieux
En introduisant le thème du sacerdoce du Christ en He 2, 17, l’auteur donnait au grand-prêtre deux qualificatifs : miséricordieux et digne de confiance. C’est ce qu’il va développer dans notre texte.

1) Comment peut-on diviser ce (long) texte ? A quels personnages et à quels épisodes de l’AT l’auteur fait-il ici référence ?
2) He 3, 1-6 compare Jésus avec Moïse : quelle ressemblance l’auteur met-il en lumière ?
3) A quels épisodes du désert l’auteur fait-il référence en He 3, 7 – 4, 14 ? Pourquoi en parle-t-il ici ?
4) Pour comparer le sacerdoce lévitique à celui du Christ (He 4, 14 – 5, 10) sur quoi l’auteur insiste-t-il ?

11) He 7, 1 – 28 : Prêtre selon l’ordre de Melchisédech

A partir de He 5, 11 nous entrons dans la partie centrale du sermon (cf. le v. 11). Cette partie commence par une longue exhortation (5, 11 – 6, 20), puis l’auteur développe le sommet de sa pensée en trois étapes : 7, 1-28 ; 8, 1 – 9, 28 ; 10, 1-18. Il conclut par une exhortation en 10, 19-39. Pour notre thème, nous ne prendrons que les trois étapes mentionnées ci-dessus. Et d’abord la première qui parle d’un sacerdoce nouveau.

1) Qu’est-ce que la Bible nous apprend concernant Melchisédech ?
2) Comparer He 7, 1-14 avec Gn 14, 17-20: qu’est-ce que l’auteur retient du texte de Gn 14 ?
Qu’en tire-t-il ?
3) Que nous apportent en plus les v. 17-28 sur le sacerdoce du Christ ?

12) He 8, 1 – 9, 28 : « le point capital de notre exposé »

Comment le Christ est-il devenu le Grand-prêtre agréé par Dieu en notre faveur ? Comment son offrande dépasse-t-elle et accomplit-elle le culte ancien prévu par la Loi ? C’est ce que l’auteur de la Lettre veut nous exposer.

1) Comment peut-on diviser ce long développement ? Comparer vos Bibles.
2) Etudier He 8, 1 – 9, 10 : quels sont les points les plus importants ?
3) Comment l’auteur souligne-t-il la supériorité du culte chrétien en He 9, 11-28 ?

13) He 10, 1 – 18 : « dans cette volonté nous avons été sanctifiés »
Prêtre selon l’ordre de Melchisédech (cf. He 8, 1-28), le Christ a offert un sacrifice unique d’un genre nouveau (He 8 – 9), et par là il est devenu cause de salut éternel pour tous ceux qui croient en lui.

1) Relever dans notre passage les expressions qui marquent l’opposition.
2) Comment l’auteur de la Lettre prolonge-t-il le message du Ps 40 qu’il cite dans ce passage ?
3) L’auteur reprend dans les v. 15-18 la promesse de Jr 31, 31-34 : sur quoi veut-il
insister ?

14) 1 P 2, 4 – 10 : « … constituer une sainte communauté sacerdotale… »
Ce passage est regardé comme un des sommets doctrinaux de la Première Lettre de Pierre. Sa difficulté provient de la densité du texte et de l’accumulation des images et des références qui nous renvoient à l’AT.

1) Notre texte fait partie d’une première exhortation (1, 3 – 2, 10) : que contient cette
exhortation ? Quelle est la place de notre passage ?
2) Travailler sur 1 P 2, 4-10 : comment ce passage est-il construit ? A quels textes de
3) l’AT fait-il appel ?
4) Qu’est-ce que les versets 5 et 9-10 nous apprennent sur l’Eglise et sa mission ?

Animateur

1) Dt 33, 8 – 11 : « il dit sur Lévi… »

Comme le faisait Jacob avant de mourir (Gn 49 et note BJ), Moïse, lui aussi, à la veille de sa mort, prononce des bénédictions qui annoncent le destin des différentes tribus. Ce qu’il dit ici de Lévi intéresse notre recherche.
1) Situer ce passage dans le Deutéronome.
2) Que contient ce chapitre 33 du Deutéronome ?
3) Etudier les v. 8-11 de ce chapitre : qu’est-ce que cela nous apprend sur la tribu de Lévi ?

Question 1

• Le Deutéronome est composé de trois discours de Moïse (1, 1 – 4,43 ; 4, 44 – 28, 68 ; 28, 69 – 30, 20) prononcés au terme du temps du désert (Dt 1, 1-5), juste avant que le peuple franchisse le Jourdain pour entrer dans la Terre.
• Sur les chapitres 31-34, lire la note BJ sur 31, 1 (titre).
• Le deuxième discours encadre la Loi deutéronomique (Dt 12 – 26.
• Notre texte est placé de manière à donner les toutes dernières paroles de Moïse adressées à Israël avant sa mort.

Question 2

• Lire la note de BJ (ou de TOB) sur Dt 33, 1 (titre) ; nous trouvons ici une liste de 12 bénédictions encadrées dans une hymne (v. 2-5 et 26-29).
• Remarquer l’importance donnée à la tribu de Joseph (Manassé et Ephraïm) dans les versets 13-17.
• Noter aussi la place accordée ici à Lévi : v. 8 et note BJ.

Question 3

• Sur les « Urim et Tummim » du v. 8, voir 1 S 14, 41 et la note de BJ sur ce verset. Cf. aussi Gn 25, 22 : sur les consultations faites dans les sanctuaires.
• L’hymne explique la place accordée aux Lévites par leur zèle pour le Seigneur : lire Ex 32, 25-29 ; Nb 25, 7ss ; cf. aussi le renvoi marginal à Mt 12, 46-50.
• Le v. 10 mentionne les autres prérogatives des Lévites : enseigner les coutumes et la Loi ainsi que le service de l’autel (encens et holocauste).
• Remarquer que le service de l’autel vient en finale (après les oracles et l’enseignement de la loi de Dieu).

2) 2 R 23, 4 – 14 : Le sacerdoce lévitique

Aux origines, les prêtres étaient les hommes d’un sanctuaire où l’on peut venir consulter le Seigneur et offrir des sacrifices. La réforme entreprise par Josias (2 R 22-23) va modifier profondément cette situation et donner au clergé du Temple une place privilégiée.

1) Parcourir 2 R 22-23 et repérer quels sont les événements qui ont marqué le règne de Josias.
2) Travailler plus particulièrement sur 2 R 23, 8-10.
3) Quelles seront, pour les prêtres, les conséquences de la réforme de Josias ?

Question 1

• Il y a la découverte dans le Temple du livre de la Loi : 2 R 22, 8 et note BJ.
• Après la consultation auprès de la prophétesse Houlda (v.11), le roi renouvelle l’alliance avec le Seigneur (2 R 23, 1-3)
• Il décide d’entreprendre une réforme religieuse (2 R 23, 4ss) ; ce qu’il fait dans le Temple de Jérusalem (v. 4-7) et dans les environs (v. 10-14) ; dans les v. 8-9 où il est question de la réforme dans les villes de Juda.
• Dans les v. 15ss, la réforme est étendue aux sanctuaires du Royaume du nord.

Question 2

• Lire aussi la note BJ sur 2 R 23, 8 : il s’agit de la centralisation du culte à Jérusalem. Cf. le renvoi à Dt 12 : voir la note BJ sur Dt 12, 3 (titre).
• Noter ce que dit 2 R 23, 9 pour les prêtres sanctuaires en dehors de Jérusalem : lire aussi la note BJ sur ce verset.

Question 3

• Sur ce que prévoyait la réforme voulue par le Deutéronome, voir Dt 18, 1-8.
• Désormais le culte ne pourra plus être célébré en dehors de Jérusalem, mais les prêtres gardent leurs droits.
• Lire aussi la note sur Dt 18, 1 (titre), qui explique ce qui adviendra pour les prêtres des sanctuaires supprimés par la réforme ; voir spécialement la fin de cette note.
• La distinction entre prêtres et lévites, en deux classes bien séparées, apparaît clairement dans le texte de Nb 3, 1- 4 et 3, 5-9 (tradition sacerdotale).

3) Ez 44, 15 – 31 : Les prêtres, fils de Sadoq

Appartenant lui-même au clergé de Jérusalem, Ezéchiel est un témoin de la tradition sacerdotale. Dans sa Torah (Ez 40 – 48), il nous livre ses visions sur le Temple futur et sur ceux qui y ont le droit d’y remplir les fonctions sacerdotales.

1) Situer Ezéchiel : son temps, son livre.
2) Comment Ezéchiel parle-t-il ici des lévites et des prêtres ?
3) Selon notre texte quelles sont leurs fonctions ?

Question 1

• Sur Ezéchiel, voir l’introduction : il appartient au clergé de Jérusalem emmené en exil lors de la première déportation (2 R 24, 10ss ; Ez 1, 1-2).
• Son ministère se déroule entre les années 593 et 571 (cf. la note BJ sur Ez 2, 3) : il couvre donc le temps de la destruction de Jérusalem et du Temple (597) et de la première partie de la déportation qui suivit.
• Sur Ez 40-48 : voir la note de BJ (ou TOB) sur 40, 1.
• Après la présentation du Temple futur (Ez 40 – 43), il parle de ceux qui y ont accès (Ez 44) ; cf. la note BJ sur Ez 44, 6.

Question 2

• Pour les lévites : Ez 44, 10-14 et la note BJ sur v. 10. Cf. aussi la note TOB.
• Pour Ezéchiel, les lévites remplacent désormais les étrangers qui travaillaient dans le Temple (Ez 44, 7 et notes BJ et TOB).
• Pour les prêtres, lire la note TOB sur Ez 44, 15.
• Ezéchiel parle de leur fidélité au Seigneur (44, 15), qui leur vaut de pouvoir s’approcher de l’autel (v. 15-16) ; il parle ensuite de leurs droits sur les offrandes (v. 29-30).
• Il mentionne leur habillement (v. 17-18 ; sur l’interdiction de la laine, cf. note TOB sur v. 18) ; sur le v. 19, voir notes BJ et TOB.
• Ezéchiel parle aussi des restrictions concernant leur mariage (v. 22) et les rites de deuil (v. 25-27).

Question 3

• Ezéchiel mentionne en premier le droit de s’approcher du Seigneur pour offrir les sacrifices (v. 15-16).
• Au v. 23, il parle de leur enseignement du pur et de l’impur (du sacré et du profane).
• Ils ont également la charge de juges : v. 24.
• Dans les v. 28 et 29-30, il est question de leur patrimoine et des droits qui en découlent.

4) Lv 16, 1 – 34 : Le Jour du Grand Pardon

La fête des Expiations tenait une place particulière dans la liturgie juive du Second Temple. Aujourd’hui, même en l’absence du Temple, cette fête marque la piété juive.

1) Situer ce texte du Lévitique : de quoi parle-t-il ? Proposer une division.
2) Relever tout ce que le texte nous dit concernant le rite du « bouc pour Azazel » ?
3) Qu’est-ce qui vous paraît le plus significatif dans les autres rites mentionnés lors de la fête des Expiations ?

Question 1

• Lire les notes de BJ et TOB sur Lv 16, 1 (titre).
• Notre texte fait partie de Lv 11-16 ; voir la note BJ sur Lv 11, 1 (titre).
• Lv 16 combine deux cérémonies : un rite de purification conforme aux idées du Lv et un rite archaïque du « bouc pour Azazel » dans les v. 8-10 et 20-22. 26.
• Pour la division de ce chapitre : après le rappel de Lv 10, 1, nous avons dans les v. 3-10 comme un résumé de ce qui va suivre. Puis les v. 11-19 décrivent les rites d’expiation ; ensuite les v. 20-22 parlent du « bouc pour Azazel » et les v. 23-25 de l’holocauste.
• Suivent quelques rubriques (v. 26-28) ; enfin les v. 29-34 soulignent l’importance de cette célébration.

Question 2

• Lire à la suite les v. 8-10. 20-22 et 26.
• Le texte nous parle de deux boucs, du choix qui est fait (v. 10) : un sera offert au Seigneur en sacrifice pour le péché, et l’autre « pour Azazel » sera envoyé au désert (v. 22). Lire les notes BJ et TOB sur ce v. 22 : ce n’est pas un sacrifice expiatoire, l’animal n’est pas sacrifié, mais par la confession des péchés faite par le grand-prêtre et le rite de l’imposition des (deux) mains (v. 21), il emporte les péchés dans une terre aride (v. 22).

Question 3

• Il y a deux sacrifices expiatoires, pour les péchés du grand-prêtre (v. 11), puis pour ceux du peuple (v. 15).
• Le sang des sacrifices est porté dans le Saint des Saints, au-delà du rideau (v. 14-15) et le grand-prêtre fait une aspersion sur le propitiatoire.
• Noter les précautions à prendre (v. 12-13 et les notes BJ et TOB) ; cf. aussi Ex 33, 20, cité en marge dans BJ.
• Le grand-prêtre fait ensuite un même rite de sang sur le sanctuaire et la tente de la Rencontre (v. 16), puis sur l’autel (v. 18).
• Pour ces sacrifices, comparer avec Lv 4, 3-12 et 13-21. Mais seulement le Jour des Expiations, le grand-prêtre fait ce rite dans le Saint des Saints, ce qui donne au sacrifice de Lv 16 pour le pardon des péchés un caractère tout à fait particulier.
• Enfin dans Lv 16, 24-25, le grand-prêtre offre un holocauste (cf. Lv 1, 1 et note BJ).

5) Si 50, 1 – 21 : Le Grand-Prêtre Simon

Après avoir fait mention des grandes figures qui ont marqué l’histoire de son peuple, Ben Sirach, le sage, nous parle du grand-prêtre Simon. Il nous le présente dans l’exercice de la plus haute de ses fonctions : au Jour du Grand Pardon.
1) Que savez-vous du Siracide et des événements qui ont marqué son époque ?
2) Situer notre texte dans le livre : quelle est la place de notre texte ?
3) Quelle image du grand-prêtre Simon l’auteur nous donne-t-il dans les v. 5-21 ? Qu’est-ce qui vous paraît le plus significatif ?

Question 1
• Le Siracide fait partie des livres sapientiaux ; écrit en hébreu, vers 190, il nous est conservé en grec dans la traduction (en 132) du petit-fils de l’auteur. Ce livre fait partie des deutéro-canoniques. Cf. le Prologue du traducteur et l’introduction à Si.
• Sur la situation de la Palestine à cette époque (cf. introduction au Si) : quand l’auteur écrit, les Juifs sont alors dans l’empire grec ; ils viennent de passer sous le contrôle des Séleucides (en 200) et Antiochus III a encore une politique libérale. Mais la situation change avec Antiochus IV (175-163) et elle suscitera la révolte des Maccabées (167-164).

Question 2

• Le livre comprend deux parties : des sentences (comme les autres livres de sagesse) dans Si 1 – 42, 14 ; la deuxième partie (42, 15 – 50, 30) est consacrée à la gloire de Dieu, dans la nature (442, 15 – 43, 33) puis dans l’histoire (44, 1 – 50, 21). Le livre se conclut par quelques réflexions et une hymne (50, 22 – 51, 30)
• La présentation du grand-prêtre Simon est le sommet du rappel de l’histoire.
• L’auteur nous présente le grand-prêtre : il rappelle ce qu’il a fait pour son peuple (v. 1-2 et les notes sur ces versets), puis il le décrit dans ses fonctions au Jour du Grand Pardon (v. 5ss).

Question 3

• Le v. 5 nous le montre au moment où il sort « de derrière le voile » (v. 5 et note BJ) ; lire aussi Lv 16, 13.
• Sur le v. 11, cf. Lv 16, 23-24 ; pour les vêtements que le grand-prêtre porte dans l’exercice de ses fonctions, cf. Ex 28 (lire la note BJ sur Ex 28, 6).
• Les v. 13-15 nous le montrent entouré du clergé et accomplissant les rites prévus en Lv 16, 24b-25) cf. aussi la note sur Si 50, 15.
• Noter la participation de musiciens (v. 16 ; cf. Nb 10, 2-10), des chantres (v. 8) et de tout le peuple (v. 17.19.21).
• La cérémonie se termine par la bénédiction solennelle (cf. Nb 6, 23-27) avec la prononciation sur le peuple du Nom du Seigneur (v. 20 et note BJ).

6) Is 61, 1- 6 : « Vous serez appelés prêtres du Seigneur. »

Au retour de l’exil, beaucoup de Juifs étaient déçus de ne pas voir se réaliser immédiatement les belles promesses du prophète qui s’exprime en Is 40-55. Mais d’autres voix s’élèvent pour encourager le peuple : le Seigneur est fidèle ; il réalisera tout ce qu’il a promis.

1) Situer notre passage dans le livre d’Isaïe ; diviser ce texte.
2) Travailler plus particulièrement sur les v. 4-9.
3) Pour notre thème, comparer Is 61, 5-6 avec Is 56, 6-8.

Question 1

• La note de BJ sur 61, 1 (titre) nous renvoie Is 60 et Is 62 : lire les notes de BJ sur le titre de ces deux chapitres.
• Is 56 – 66 forme la troisième grande partie du livre d’Isaïe ; à la suite du prophète de l’Exil, le Deutéro-Isaïe (Is 40-55), d’autres voix (des disciples ?) prennent le relais.
• Cette troisième partie contient des textes assez différents, mais on reconnaît une certaine unité à Is 60-62.
• Sur les différentes parties de notre texte, voir les notes BJ ou TOB sur Is 61 (titre).

Question 2

• Après l’annonce de la bonne nouvelle aux « pauvres », aux « affligés de Sion », le prophète décrit ce que le Seigneur va faire pour eux.
• Dans le v. 4, il s’agit de la restauration attendue de Jérusalem et des villes de Juda : cf. Is 58, 12 (cité en marge dans BJ).
• Dans les v. 5-7, le prophète s’adresse directement à ceux qui sont revenus (vous, vos) et il compare leur situation avec celle des nations (v. 5 et 6b). Comparer avec Is 60, 10 ; cf. aussi Is 65, 20-21.
• Déchargés de leurs tâches matérielles, les Juifs pourront désormais se consacrer entièrement au culte du Seigneur : v. 6.
• En marge du v. 7, la TOB nous donne Jb 42, 10 : quel lien faites-vous avec notre texte ?
• Dans les v. 8-9, c’est le Seigneur qui parle ; relever ce qui vous paraît le plus significatif dans ce qu’il dit.

Question 3

• Dans notre texte, le prophète souligne la place d’Israël parmi les nations.
• La BJ et la TOB nous donnent en marge Ex 19, 6 : lire ce texte.
• En Is 56, 6-8, nous trouvons une vision différente, plus ouverte sur les autres peuples : lire la note TOB sur le v. 6.
• En BJ, lire les notes sur Is 56, 1 (titre) et sur Is 56, 7.

7) 1 Co, 11, 23-27 et Mt 26, 26-29 : Le sang de l’alliance

Sans développer encore le thème du sacerdoce du Christ, comme le fera la Lettre aux Hébreux, plusieurs textes du NT préparent une réflexion dans ce sens, C’est ce que nous trouvons par exemple dans les récits de l’institution eucharistique.

1) Comparer les deux textes et relever ce qui est semblable dans les deux.
2) Chercher ce qui est particulier au texte de Mt et expliquer.
3) Faire la même démarche à partir du texte de s. Paul.
4) Quels liens voyez-vous entre ces deux textes et le sacerdoce de Jésus ?

Question 1

• Les deux textes font référence au dernier repas de Jésus avec ses disciples et à l’institution de l’Eucharistie. Nous disposons de 4 récits provenant de 2 traditions (Mc et Mt ; 1 Co et Lc. Le cadre du repas est simplement évoqué par Paul (1 Co 11, 23) alors qu’il est bien précisé en Mt : Mt 26, 1. 17. 20. 27.
• Les deux textes retiennent les deux gestes de Jésus sur le pain et sur la coupe ainsi que les paroles qui accompagnent ces gestes.
• La parole prononcée sur le pain est presque identique chez Mt et dans 1 Co ; par contre, la parole sur la coupe, faisant référence à l’alliance, comporte des différences.

Question 2

• Le récit de Mt est très symétrique : bénédiction du pain, prenez et mangez, + la parole; bénédiction sur la coupe, buvez + la parole. Noter les termes différents pour la bénédiction : bénir (eulogie) et rendre grâce (eucharistie) ; cf. la note BJ sur v. 27.
• Par la parole sur la coupe, Mt nous renvoie à l’alliance conclue au Sinaï en Ex 24, 8.
• Le récit de Mt fait aussi référence à Is 52-53 : pour beaucoup /pour la multitude et en rémission des péchés (cf. note sur v. 28).

Question 3

• Noter l’ancienneté du texte de Paul : il est écrit en 55/56 ; il rappelle ici ce qu’il a transmis (50-52) et qu’il avait lui-même reçu (v. 23 et note BJ et TOB.
• Chez Paul, la mort de Jésus est présentée comme un don du Père (la nuit où il était livré : cf. Rm 8, 32) ; d’autre part, Paul garde le souvenir de la séparation des deux gestes : après le repas… (v. 25)
• Par la parole sur la coupe, le texte de Paul nous renvoie à Jr 31, 31-34 : Jésus accomplit la promesse faite autrefois par le Seigneur. Sur ce texte de Jérémie, lire la note BJ sur le titre.

Question 4

• Les formules de Mt et de Paul présentent la mort de Jésus, annoncée à la Cène, comme un sacrifice d’alliance ; elles témoignent de la signification que les chrétiens donnaient dès l’origine à ce repas.
• Cette alliance, dont l’Eucharistie est le sacrement, contient le pardon des péchés.
• He 8, 6-13 (cité dans BJ en marge de 1 Co 11, 25) prolongera cette réflexion sur la nouvelle alliance.

8) Jn 2, 13 – 22 : « Il parlait du sanctuaire de son corps. »
L’épisode de la purification du Temple par Jésus se lit dans les quatre Evangiles, mais Jean veut lui donner une place et une importance particulières dans son récit.

1) Situer ce texte dans l’Evangile de Jn et le comparer avec les Synoptiques.
2) Qu’est-ce qui est ici plus particulier à Jn dans cet épisode des vendeurs chassés du
Temple ?
3) Sur quoi insiste l’Evangéliste dans les v. 17-22 ?
4) Pourquoi peut-on rapprocher ce texte de Jn de notre thème ?

Question 1

• Dans les trois Synoptiques, la purification du Temple est située au terme du ministère de Jésus, et elle devient une des causes directes de son arrestation.
• Jn le place au début de son Evangile, juste après le commencement des signes (cf. 2, 11) ; il souligne le lien avec la Pâque des Juifs (v. 13 et 23).
• Le texte de Jn réunit 3 épisodes : l’expulsion des vendeurs (v. 13-16) ; la question sur l’autorité de Jésus (v. 18) que les Synoptiques placent un peu plus loin ; enfin la parole sur le Temple (v. 19) que les Synoptiques rapportent dans le procès.

Question 2

• Jn – comme Lc – ne parle que des vendeurs ; Mc et Mt mentionnent aussi ceux qui achetaient dans le Temple. Mais Jn est seul à faire mention des bœufs et des brebis. (v. 14 et note TOB)
• Chez les Synoptiques Jésus cite Is 56, 7 et Jr 7, 11 ; chez Jn, il parle de la maison de son Père, et les disciples y verront une référence au Ps 69, 10.

Question 3

• La discussion avec les Juifs (v. 18-20) est placée entre deux réflexions des disciples (v. 17 et v. 21-22) ; au v. 17, ils font le lien avec le Ps 69, 10 ; dans les v. 21-22 ils voient dans les paroles de Jésus une annonce de sa résurrection.
• Dans la parole sur le Temple, seul Jn a « Détruisez ce Temple… » opposant ainsi ce que le Juifs feront à Jésus et qu’il fera lui-même. Sur la résurrection attribuée à Jésus, cf. Jn 10, 17-18 et les notes TOB.
• Jn insiste particulièrement sur l’interprétation de la parole de Jésus (v. 20-22) ; pour les Juifs, il s’agit du Temple rebâti et embelli par Hérode (cf. notes BJ/TOB sur v. 20) alors que Jésus parle de son corps et de sa résurrection (cf. notes BJ/TOB sur v. 19).

Question 4

• Par son geste sur le Temple, Jésus annonce la fin du culte ancien pourtant fondé sur la Loi de Moïse.
• Désormais le Corps de Jésus prend la place du Temple ; c’est dans/par le Corps glorifié de Jésus que se fait la rencontre avec Dieu, vers laquelle tendait tout le culte ancien, comme le montrera la Lettre aux Hébreux.

9) He 1, 5 – 2, 18 : « Le sanctificateur et les sanctifiés ont la même origine »

Dans le NT, seul l’auteur de la Lettre aux Hébreux donne à Jésus le titre de prêtre et parle du sacerdoce chrétien. Mais pour le faire, il doit reprendre toute la réflexion sur le rôle du sacerdoce dans les rapports des hommes avec Dieu.

1) Que savez-vous sur la Lettre aux Hébreux ? Situer notre passage et en proposer une division.
2) Travailler sur He 1, 5-14 : à quels textes AT l’auteur de la Lettre fait-il ici appel ? Que peut-on en déduire ?
3) Relever les citations de He 2, 5-18. Chercher à suivre la pensée de l’auteur.

Question 1

• He n’est pas une lettre ; c’est plutôt un exposé, un sermon, des « paroles d’exhortation » (cf. He 13, 22 et note TOB).
• L’auteur nous offre sa réflexion sur le sacerdoce chrétien comparé au sacerdoce lévitique.
• Ce texte a probablement été écrit avant la destruction du Temple de Jérusalem (en 70) qui a marqué la fin du culte juif.
• Pour la division, comparer vos Bibles et les sous-titres de notre texte ; on peut voir deux parties, (reliées par une exhortation à écouter le message : 2, 1-4) : 1, 5-14 : Jésus, Fils de Dieu, supérieur aux anges et 2, 5-18 : Frère des hommes.

Question 2

• Deux premières citations Ps 2, 7 et 2 S 7, 14, cf. notes TOB ; en BJ voir la note sur 2, 7, 14 +.
• Pour la signification du v. 6a : lire note TOB et BJ ; les citations des v. 6b et 7 situent les anges par rapport au Fils.
• Les v. 8-12 appliquent au Fils plusieurs citations tirées du Ps 45, 7-8 (cf. note BJ sur v. 9) et du Ps 102, 26-28 (cf. note TOB).
• Enfin l’auteur cite au v. 13 le Ps 110, 1, un Ps qu’il reprendra plusieurs fois dans la suite : cf. la note TOB sur v. 13. Lire aussi les notes BJ et TOB sur v. 14.

Question 3

• D’abord la citation du Ps 8, 5-6.7b qui exalte la vocation de l’homme dans la création.
• Ensuite dans les v. 12-13 les citations de Ps 22, 23 ; de 2 S 22, 3 (LXX) et de Is 8, 18 : lire les notes TOB sur les v. 12-13.
• Commentant le Ps 8, l’auteur montre la vocation de l’homme réalisé dans le Christ (v. 8b-9).
• Au v. 10, nous trouvons « rendre parfait » ou « mener à l’accomplissement » : lire la note TOB sur ce mot qui reviendra plusieurs fois dans la Lettre.
• Les v. 10-11 soulignent la solidarité du Christ avec les hommes (cf. notes BJ et TOB sur v. 11).
• Les v. 14-18 relient les conclusions de ce qui précède (v. 14-16) avec l’annonce de ce qui va suivre (v. 17-18).

10) He 3, 1 – 5, 10 : Un grand-prêtre digne de confiance et miséricordieux

En introduisant le thème du sacerdoce du Christ en He 2, 17, l’auteur donnait au grand-prêtre deux qualificatifs : miséricordieux et digne de confiance. C’est ce qu’il va développer dans notre texte.

1) Comment peut-on diviser ce (long) texte ? A quels personnages et à quels épisodes de l’AT l’auteur fait-il ici référence ?
2) He 3, 1-6 compare Jésus avec Moïse : quelle ressemblance l’auteur met-il en lumière ?
3) A quels épisodes du désert l’auteur fait-il référence en He 3, 7 – 4, 14 ? Pourquoi en parle-t-il ici ?
4) Pour comparer le sacerdoce lévitique à celui du Christ (He 4, 14 – 5, 10) sur quoi l’auteur insiste-t-il ?

Question 1

• Comparer les divisions données dans vos Bibles : BJ donne 3, 1-6 ; 3, 7 – 4,13 ; 4, 14 – 5, 10 ; La TOB divise encore 4, 14-16 et 5, 1-10. Comparer aussi les sous-titres.
• Dans 3, 1-6 on trouve un parallèle entre Moïse et Jésus ; dans 5, 1-10 il y a un autre parallèle entre Jésus et Aaron. L’auteur explique ainsi ce qu’il disait en He 2, 17 : Jésus accrédité auprès de Dieu (cf. 3, 1-6) et miséricordieux (5, 1) ; cf. la note BJ sur 3, 1. Entre ces deux parties, l’auteur fait un long développement sur l’expérience du désert à la lumière du Ps 95.

Question 2

• Sur la traduction de TOB « accrédité » au lieu de « fidèle » (BJ), lire la note TOB sur 3, 2. Jésus est dit « digne de foi » comme autrefois Moïse (cf. Nb 12, 7).
• Mais Moïse était accrédité par Dieu dans toute sa maison comme serviteur (v. 2 et 5) alors que le Christ l’est comme Fils sur sa maison (v. 5).

Question 3

• Lire la note BJ sur 4, 1. Dans le texte hébreu, les mots Mériba et Massa nous renvoyaient à Ex 17, 7. Mais la LXX (que notre auteur utilise) traduisait « querelle » et « tentation », ce qui permet à He de les appliquer à toute l’expérience du désert et tout particulièrement à ce qui est rapporté en Nb : le refus du peuple d’entrer dans la Terre (14, 1-4) et la punition qui s’ensuivit pour toute cette génération condamnée à mourir au désert (14, 20-23). D’où l’interpellation de He 3, 12-15 (cf. note TOB sur v. 13) développée en He 4, 1-11 ; voir les notes TOB sur 4, 2 ; 4, 4 ; 4, 8.
• Sur He 4, 12-13, lire les notes de BJ et TOB.

Question 4

• Pour la signification de He 4, 14-16, lire les notes TOB sur les v. 14 et 15.
• Sur le rôle du sacerdoce, voir la note TOB sur He 5, 1 ; cf. aussi en BJ : notes sur 5,1 et 7.
• L’auteur reprend ici les Ps 2 et 110 : deux psaumes messianiques (voir la note BJ sur le titre du Ps 2). Ici l’auteur insiste particulièrement sur Ps 110, 4 (cf. les notes de TOB sur He 5, 6 et 5, 10) préparant ainsi la suite de son exposé.

11) He 7, 1 – 28 : Prêtre selon l’ordre de Melchisédech

A partir de He 5, 11 nous entrons dans la partie centrale du sermon (cf. le v. 11). Cette partie commence par une longue exhortation (5, 11 – 6, 20), puis l’auteur développe le sommet de sa pensée en trois étapes : 7, 1-28 ; 8, 1 – 9, 28 ; 10, 1-18. Il conclut par une exhortation en 10, 19-39. Pour notre thème, nous ne prendrons que les trois étapes mentionnées ci-dessus. Et d’abord la première qui parle d’un sacerdoce nouveau.

1) Qu’est-ce que la Bible nous apprend concernant Melchisédech ?
2) Comparer He 7, 1-14 avec Gn 14, 17-20 : qu’est-ce que l’auteur retient-il du texte de Gn 14 ? Qu’en tire-t-il ?
3) Que nous apportent en plus les v. 17-28 sur le sacerdoce du Christ ?

Question 1

• Ce personnage n’apparaît que dans deux passages de l’AT : Gn 14, 17-20 et Ps 110, 4.
• Voir les notes BJ et TOB sur Gn 14 (titre); en TOB voir encore note sur v.1.
• L’épisode de Melchisédech est inséré dans le récit de la campagne menée par Abraham pour délivrer Lot.
• Sur Melchisédech, lire les notes BJ et TOB sur Gn 14, 18 ; noter ce qui est dit sur l’interprétation dans la tradition juive, puis chrétienne de cet épisode.
• Le Ps 110 fait partie des « psaumes royaux », des psaumes qui veulent glorifier le roi à l’occasion de différents événements (cf. TOB, Introduction aux Psaumes).
• Comme le dit la note TOB sur Ps 110, 1, ce verset et le psaume ont été appliqués au Messie, puis à Jésus comme Roi et Prêtre. Cf. aussi la note BJ sur Ps 110 (titre).
• L’auteur de He a déjà cité le v. 1 de ce psaume en He 1, 13 et le v. 4 en He 5, 6. 10. 20.

Question 2

• Relever ce qui est dit sur le personnage : ainsi sur le nom (roi de justice et roi de paix) ; remarquer aussi comment le v. 3 ‘construit’ à partir du silence du texte de Gn 14.
• Abraham lui a donné la dîme de tout (v. 2 et 4) et il a reçu sa bénédiction (v. 1 et 6-7).
• L’attitude d’Abraham à l’égard de Melchisédech concerne aussi Lévi (v. 9-10) et ses fils (v. 5).
• Les v. 11-12 tirent la conclusion : le sacerdoce lévitique n’a pas conduit à l’accomplissement (cf. la note TOB sur le v. 11 ; également celle de BJ sur v. 11 – titre) ; il faut donc un autre prêtre dans la ligne de Melchisédech.

Question 3

• Il est prêtre pour l’éternité (v. 17), comme le disait le Ps 110, 4 ; ceci est encore développé dans les v. 23-25.
• C’est le sacerdoce pour lequel le Seigneur s’est engagé par serment (v. 20. 21. 28) ; cf. les notes TOB sur les v. 23 et 25.
• C’est surtout un sacerdoce bien différent du sacerdoce lévitique (v. 26-27) : le Christ a offert une offrande unique et personnelle. Ce point sera repris dans la suite.

12) He 8, 1 – 9, 28 : « le point capital de notre exposé »

Comment le Christ est-il devenu le Grand-prêtre agréé par Dieu en notre faveur ? Comment son offrande dépasse-t-elle et accomplit-elle le culte ancien prévu par la Loi ? C’est ce que l’auteur de la Lettre veut nous exposer.

1) Comment peut-on diviser ce long développement ? Comparer vos Bibles.
2) Etudier He 8, 1 – 9, 10 : quels sont les points les plus importants ?
3) Comment l’auteur souligne-t-il la supériorité du culte chrétien en He 9, 11-28 ?

Question 1

• Après l’introduction (v. 1-2) qui souligne l’importance de ces deux chapitres (le point capital), l’auteur va nous parler du culte juif (He 8, 3 – 9, 10), puis de la nouveauté apportée par le Christ (9, 11-28).
• Pour cette division, cf. la note sur v. 4 ; voir aussi l’articulation entre He 9, 10 (…ce ne sont que rites humains jusqu’au temps du relèvement) et 9, 11 (Mais le Christ est survenu…).
• La première partie comprend plusieurs développements : l’annonce d’une alliance nouvelle (8, 6-13) ; ce qui concerne la Tente (description et rites) dans He 9, 1-10.
• Dans la deuxième partie, l’auteur nous parle du Christ grand-prêtre des biens à venir (9, 11-28 ; cf. les notes BJ et TOB sur 9, 11).

Question 2

• Dans He 8, 3-5 il est question de la Tente, – le sanctuaire du désert selon Ex 26 ; 36, 8-19 – et non le Temple construit par Salomon. Le texte biblique soulignait qu’elle avait été réalisée selon le modèle montré à Moïse par le Seigneur (Ex 25, 9. 40) ; notre auteur insiste sur le fait qu’elle n’était qu’une copie (v. 5).
• Puis à partir de Jr 31, 31-34 où Dieu annonçait une alliance nouvelle, l’auteur tire la conclusion (v. 13) : ce culte est appelé à disparaître.
• En He 9, 1-10, il décrit la Tente (cf. notes TOB et BJ sur 9, 2-3) et le culte qui s’y déroulait au jour du Grand Pardon (v.7) décrit en Lv 16, 2-29. Dans les v. 8-10, il tire une conclusion négative de ce culte ancien : lire les notes BJ et TOB sur ces versets.

Question 3

• Noter les formules : une tente plus grande et plus parfaite (v. 11 et 24), par son propre sang (v. 12 et cf. v. 26), il est entré une fois pour toutes (v. 12 et 25).
• Sur la signification de la tente parfaite, pas faite de main d’homme, lire la note TOB sur v. 11. Désormais c’est le Corps ressuscité du Christ qui est le Temple : Jn 2, 19-21.
• Pour comprendre les v. 15-17, lire les notes BJ et TOB sur v. 15 qui explique la double traduction possible du mot grec diathèkè.
• Au v. 20 l’auteur rappelle l’alliance du Sinaï : le projet de Dieu n’est pas abandonné mais accompli par Dieu dans le Christ qui est entré maintenant pour nous devant la face de Dieu (v. 24).
• Ainsi se réalise la promesse faite en Jr 31 grâce au sacrifice, à l’obéissance du Christ, par le pardon des péchés (v. 26 et 28).

13) He 10, 1 – 18 : « dans cette volonté nous avons été sanctifiés »
Prêtre selon l’ordre de Melchisédech (cf. He 8, 1-28), le Christ a offert un sacrifice unique d’un genre nouveau (He 8 – 9), et par là il est devenu cause de salut éternel pour tous ceux qui croient en lui.

1) Relever dans notre passage les expressions qui marquent l’opposition.
2) Comment l’auteur de la Lettre prolonge-t-il le message du Ps 40 qu’il cite ici ?
3) L’auteur reprend dans les v. 15-18 la promesse de Jr 31, 31-34 : sur quoi veut-il insister ?

Question 1

• L’auteur oppose l’impuissance de la loi, le régime sacerdotal de l’AT, (cf. v. 9b) à l’accomplissement réalisé par le Christ (v. 14 ; cf. marge BJ : He 11, 40 et la note).
• Lire les notes TOB et BJ sur le v. 4.
• L’auteur mentionne les sacrifices (v. 1 et 11), les offrandes (v. 8), toujours les mêmes (v. 1 et 11), chaque année (v. 1), chaque jour, fréquemment (v. 11) du culte juif en contraste avec l’offrande du corps du Christ, une fois pour toutes (v. 10), sacrifice unique, offrande unique (v. 12 et 14).
• Noter encore l’opposition entre le sang des béliers et des taureaux et l’obéissance du Christ (v. 7. 9. 10).
• Noter encore : « un prêtre debout chaque jour… » (v. 11) et « lui assis pour toujours à la droite de Dieu » (v. 12).

Question 2

• Lire le passage du Ps 40 dans votre Bible ; lire aussi la note BJ sur Ps 40, 7.
• Le psalmiste présentait l’obéissance à la parole de Dieu (cf. Is 50, 5 et note BJ) comme supérieure aux sacrifices du culte (cf. la note BJ sur le v. 9 du Ps) ; la traduction grecque des LXX (tu m’as formé un corps) permet à notre auteur de voir dans ce passage une annonce de l’Incarnation (cf. la note TOB sur He 10, 5).
• Sur la volonté du Christ obéissant, voir les références données en marge dans BJ : Jn 6, 38 ; 10, 16s ; Mt 26, 39 et 42p.

Question 3

• Dans le culte juif, une consécration spéciale permettait au grand-prêtre d’entrer dans le Saint des Saints, mais cette consécration ne concernait que lui seul (cf. Lv 16, 17) et uniquement pour le jour du Pardon (Lv 16).
• Au contraire, le Christ est assis pour toujours à la droite de Dieu (v. 12) et il a mené pour toujours à l’accomplissement : il a rendu parfaits pour toujours ceux qu’il a sanctifiés (v. 14).
• Ainsi est pleinement réalisée la promesse que Dieu faisait par Jérémie (cf. Jr 31, 31).
• Dans l’offrande unique du Christ, le pardon de Dieu est donné (v. 17-18) ; cf. les notes TOB sur He 8, 10 et 12.
• Voir encore la note TOB sur He 10, 18.

14) 1 P 2, 4 – 10 : « … constituer une sainte communauté sacerdotale… »
Ce passage est regardé comme un des sommets doctrinaux de la Première Lettre de Pierre. Sa difficulté provient de la densité du texte et de l’accumulation des images et des références qui nous renvoient à l’AT.

1) Notre texte fait partie d’une première exhortation (1, 3 – 2, 10) : que contient cette exhortation ? Quelle est la place de notre passage ?
2) Travailler sur 1 P 2, 4-10 : comment ce passage est-il construit ? A quels textes de l’AT fait-il appel ?
3) Qu’est-ce que les versets 5 et 9-10 nous apprennent sur l’Eglise et sa mission ?

Question 1

• Sur les destinataires de cette Lettre, lire 1 P 1, 1-2 et les notes BJ et TOB.
• BJ et TOB divisent cette première exhortation en trois parties : 1, 13 – 21 ; 1, 22 – 2, 3 ; 2, 4 – 10. Comparer les titres donnés à ces sections dans vos Bibles ; échanger et, éventuellement, proposer d’autres titres pour ces sections.

Question 2

• Comparer les v. 4-5 avec les v. 6-9 et relever les mots qui reviennent dans les deux passages. En 2, 6. 9 l’auteur nous donne des citations scripturaires qui justifient ce qu’il disait dans les v. 4-5.
• Lire la note BJ sur le début du v. 4 ; voir tout particulièrement ce qui est dit sur les v. 4-5, dans la première partie de cette note. Ces v. 4-5 expriment d’une manière concentrée la pensée de l’auteur sur le Christ (v. 4) et sur l’Eglise et sa mission (v. 5).
• Le Christ est la Pierre Vivante, rejetée par les hommes et glorifiée par sa Résurrection ; ceux qui s’approchent de lui deviennent des pierres vivantes pour former avec lui le Temple nouveau (cf. Jn 2, 21 +).
• Les v. 6-8 donnent la preuve scripturaire du rôle du Christ : il est la pierre angulaire (cf. Is 28, 16 et note BJ) pour celui qui croit en lui, mais il devient pour les incrédules une pierre d’achoppement (Ps 118, 22 ; Is 8, 14s ; cf. v. 8 et les notes BJ et TOB.
• Dans les v. 9-10, trois textes de l’AT (Ex 19, 6 ; Is 43, 20-21 ; Os 1, 6-9) éclairent l’Eglise et sa mission.

Question 3

• Relever tout ce qui concerne la construction ; lire la fin de la note BJ (sur le début du v. 4) où sont cités d’autres textes du NT sur la même image (1Co 3, 16-17 ; 2 Co 6, 16 ; Ep 2, 20-22). Cf. aussi Jn 2, 21 et la note BJ.
• Noter l’expression sacerdoce saint (v. 5 et 9) ; voir les notes BJ et surtout celles de TOB sur le v.5 : les croyants forment ensemble une communauté sacerdotale pour devenir, comme autrefois Israël (Ex 19, 6 et Is 43, 21), les témoins de Dieu dans le monde et pour le monde (v. 9). Cf. Philon : « Ce que le prêtre est par rapport à la cité, la nation juive l’est par rapport à la terre entière. Elle exerce à vrai dire le sacerdoce, […] en tous lieux, elle fait ses prières, ses fêtes et ses offrandes à l’intention de l’ensemble du genre humain. »
• Le renvoi à Os dans le v. 10 (cf. Os 1, 6-9 ; 2, 3. 25) rappelle la gratuité de ce don de Dieu ; c’est la miséricorde de Dieu qui est la clé de toute l’histoire du salut.

QUAND LA PAROLE FAIT EGLISE

dossiers2

1. – Gn 12, 1 – 9 : « Je ferai te toi un grand peuple… »

Pour les Juifs, mais aussi pour les chrétiens et pour les musulmans, Abraham est le père des croyants. Par son obéissance à la Parole que Dieu lui adressait, il a rendu possible les débuts du dessein de Dieu.

1) Dans la Bible, ces versets ouvrent l’histoire des ancêtres d’Israël : réfléchir à la place qui a été donné à ce récit.
2) Que contiennent ces versets ? Qu’est-ce qui est mis en évidence ?
3) Comment ce texte peut-il préparer notre thème ?

Question 1

– Avec Gn 12 commence la deuxième partie de la Genèse : après l’Histoire primitive (Gn 1-11), nous entrons dans l’Histoire patriarcale (Gn 12-50).
– Réfléchir au lien entre Gn 1-11 et notre texte (lire la note TOB sur Gn 12, 1) :
– On peut également lire la note BJ sur Gn 11, 1 (titre).
– Quelle signification prennent dans ce contexte l’appel adressé à Abraham et la réponse qu’il donne ?

Question 2

– Ces versets sont la continuation de Gn 11, 31.
– Notre texte peut se diviser en deux parties : l’appel de Dieu et le départ pour Canaan (12, 1-5), puis les déplacements à l’intérieur de Canaan, à Sichem, à Béthel, enfin au Négeb (12, 6-9).
– Remarquer l’ordre de Dieu : quitte ton pays, ta parenté, la maison de ton père… (v. 1) et la réponse d’Abraham, sa disponibilité (v. 4a).
– Dans la parole de Dieu, il y a l’ordre de partir (v. 1), mais aussi une promesse (v. 2) et la bénédiction (v. 3).
– Celui qui est ainsi mis en route est déjà âgé (v. 4) et il n’a pas d’enfant (cf. 11, 30).
– Dans les v. 6-9 la promesse se précise (v. 7) ; dans ce pays qu’il reçoit pour sa postérité, Abraham construit deux autels pour le Seigneur (v. 7 et 8).

Question 3

– Dans un monde qui s’éloigne toujours davantage de Dieu (Gn 1 – 11), l’appel d’Abraham marque la volonté de Dieu de rassembler les hommes.
– Abraham, le croyant, devient le premier dans ce projet de Dieu : je ferai de toi un grand peuple… ; cf. aussi v. 3b : par toi se béniront tous les clans de la terre.
– Lire Ac 3, 25 et Ga 3, 8 (cités en marge par BJ) : comment les auteurs du NT interprètent-ils cette promesse faite au patriarche ?

2. – Ex 24, 1 – 18 : Les Paroles de l’alliance

Le récit de l’alliance que Dieu a offerte à Israël et qui a été scellée au Sinaï tient une grande place dans la Bible. Par ce rite et en obéissant à la Parole de Dieu, Israël devient un peuple.

1) Comment ce passage biblique est-il construit ?
2) Sur quoi insistent les v. 1-2 et 9-18 ?
3) Etudier les v. 3-8 : de quoi parlent ces versets ?
4) Que peut-on retenir de ce texte pour notre thème ?

Question 1

– Lire la note BJ sur Ex 24, 1 (titre) qui présente une division (possible) des v. 1-11 en deux parties (v. 1-2 et 9-11 ; et v. 3-8) ; mais on peut aussi continuer après les v. 9-11 et lire aussi les v. 12-15 (et même 12-18).
– Ainsi après le 1er ordre de Dieu (v. 1-2) et l’exécution de cet ordre (v. 9-11), vient un 2ème ordre de Dieu, à Moïse seul, suivi de l’exécution (13-15 et 16-18).
– Le récit de la rencontre avec le Seigneur sur la montagne encadre celui de la conclusion de l’alliance rapportée dans les v. 3-8.

Question 2

– Noter l’importance donnée ici aux prêtres (Aaron et ses fils : v. 1 et 9) et également aux 70 anciens (v. 1 et 10-11).
– Mais c’est surtout le personnage de Moïse qui est mis en valeur (v. 2), lui seul est invité à monter sur la montagne (v. 12-15) alors que la nuée couvre la montagne (v. 16 et note BJ) ; puis il entre dans la nuée et y demeure 40 jours et 40 nuits (v. 18).

Question 3

– Lire la note BJ sur 24, 1 (titre) : ici intervient la célébration de l’alliance par le rite du sang répandu sur l’autel et sur le peuple.
– Relever les personnages de ce récit : Moïse et le peuple ; noter quel est ici le rôle de Moïse et celui du peuple (cf. la note BJ sur v. 8).
– Sur la signification du sang, lire la note sur Lv 1, 5 (signalé en note) : un même sang est répandu sur l’autel (qui représente le Seigneur) et sur le peuple.
– Relever aussi l’importance donnée aux paroles (v. 3-4a et v. 7) prononcées par Moïse devant le peuple et accueillies par celui-ci.

Question 4

– Lire la note BJ sur 24, 3 : les Paroles de Dieu pour l’alliance sont d’abord les « Dix Paroles » (cf. Ex 20, 1ss), mais la tradition biblique a voulu mettre toutes les lois (successives) sous le nom de Moïse et les faire remonter à la rencontre du Sinaï.
– Noter l’importance donnée à la proclamation de ces Paroles (deux fois : v. 3 et 7) et à la réponse totale du peuple unanime.
– Après cette double proclamation et le double accord donné par le peuple, l’alliance est conclue : Israël est désormais le peuple du Seigneur.

3. – Dt 4, 9-20 : La rencontre à l’Horeb

Ce qui a constitué Israël comme peuple, ce sont les événements de l’Exode et du Sinaï. Le Deutéronome les rappelle et il invite Israël à les garder profondément dans sa mémoire.

1) Comment se présente le Dt ? Situer notre passage dans l’ensemble du livre.
2) De quoi parlent les v. 9-20 ?
3) Que pouvons-nous en déduire pour notre thème ?

Question 1

– Le Dt se présente comme le(s) dernier(s) discours de Moïse au peuple avant que celui-ci entre dans la Terre ; c’est aussi le testament de Moïse, sur le point de mourir au mont Nébo (cf. Dt 34, 1ss).
– En fait le livre contient 3 discours (Dt 1, 1 – 43 : 4, 44 – 28, 68 ; 29, 69 – 30, 20) ; ces trois discours sont suivis de quelques compléments (Dt 31-34). Le 2ème discours enclave le Code deutéronomique (Dt 12 – 26 et la note sur 12, 1).
– Notre passage appartient au 1er discours (dans l’état du texte actuel) ; sur ce discours, voir la note BJ sur 1, 5.
– Après Dt 1 – 3 (qui est un rappel de l’histoire), en Dt 4, 1 (cf. note TOB sur le titre) commence l’exhortation à la fidélité.

Question 2

– Comparer le découpage proposé en TOB (4, 10 – 14 ; 4, 15 – 31) avec celui de la BJ.
– Dans ce passage, on trouve la révélation de Dieu à l’Horeb (v. 9-14) suivie d’une forte mise en garde contre l’idolâtrie (v. 15-20). Cf. les deux impératifs aux v. 9 et 15.
– La 1ère partie insiste sur la rencontre de l’Horeb et le don des « Dix Paroles » : cf. la note sur le v. 14.
– La 2ème partie tire les conclusions de la manifestation de Dieu : Israël a entendu la voix de Dieu, mais il ne l’a pas vu (note sur le v. 15).
– Au sujet du culte des astres (v. 19), voir la note TOB ; en BJ, cf. la référence à Sg 13, 2 (citée en marge).

Question 3

– Noter l’importance donnée à l’assemblée de l’Horeb ; sur le mot « assemblée », voir en BJ la note sur Dt 9, 10.
– Le peuplée est rassemblé par Moïse pour écouter la voix du Seigneur, qui lui parle et lui donne les « Dix Paroles ».
– Israël doit se souvenir : c’est cette Parole qui le rassemble et non pas des images faites par des mains humaines (v. 15-18, ni même les astres du ciel (v. 19).
– Rassemblé par la Parole, Israël devient le peuple choisi, l’héritage de Dieu : v. 20 ; cf. Dt 7, 6, cité en marge.

4. – Ez 37, 1 – 14 : Un peuple recréé par la Parole

Un des textes des plus célèbres d’Ezéchiel. Au peuple en exil à Babylone, qui a tout perdu, le prophète vient redonner espoir. Même dans cette situation désespérée, Dieu peut ressusciter son peuple et il va le faire.

1) Situer ce texte : qui est Ezéchiel ? Quelle est la situation du peuple au moment où il donne ce message ?
2) Repérer les formules qui reviennent et proposer une division de ce texte.
3) Que pouvons-nous tirer de ce texte biblique pour notre thème ?

Question 1

– Avec Ez 37, nous sommes dans la 3ème partie du livre, où se trouvent les oracles d’espérance : lire la note BJ sur Ez 33 (titre) ; en TOB, l’introduction présente Ez 33-37 comme « la restauration du peuple ».
– Ezéchiel est un prêtre (cf. 1, 3) qui a fait partie de la première déportation (en 598) ; cf. 2 R 24, 14-17.
– Son ministère prophétique se passe à Babylone entre 592 (cf. Ez 1, 2) et 571 (cf. Ez 29, 17) ; ce ministère est contemporain de la 2ème prise de Jérusalem (en 587) avec la destruction de la ville et du Temple.

Question 2

– Aux v. 3 et 11 : « il me dit : Fils d’homme, ces ossements … »
– Dans les v. 5. 9. 12 : « ainsi parle le Seigneur… »
– On peut y voir trois parties : la mise en scène de l’ensemble (v. 1-2) ; la question au prophète et l’ordre de prononcer l’oracle (v. 3-10) ; enfin la parole de Dieu au prophète et la promesse du salut (v. 11-14).
– Noter l’importance du v. 11 qui termine l’image et introduit la promesse de la résurrection du peuple.
– Les v. 12-13 utilisent une image différente (de celle des v. 1-10) pour le passage de la mort à la vie : l’ouverture et la sortie d’un tombeau.

Question 3

– En exil, la Parole de Dieu rend la vie au peuple anéanti (v. 11) et qui avait perdu tout espoir.
– La Parole est capable de rassembler même les ossements (v. 5-8) et de les ranimer (v. 9-10). En exil, le peuple a tout perdu (pays, roi, Temple…) : il lui reste la Parole.
– Cette Parole ouvre les tombeaux ; elle fait remonter de la tombe ; elle ramène dans la terre.
– Noter la question : vivront-ils (v. 3) et la promesse : vous vivrez (v. 14).
– La Parole du prophète est efficace (cf. Is 55, 10-11) ; ici v. 14

5. – Ne 8, 1 – 18 : A la naissance du Judaïsme

La reconnaissance des lois et des coutumes des différents peuples faisait partie de la politique de l’empire perse. Pour les Juifs, la reconnaissance officielle de la Loi à l’époque d’Esdras, a marqué un tournant décisif dans leur histoire.

1) Situer ce texte et expliquer la mission d’Esdras en vous aidant des notes de la BJ.
2) Que contiennent les v. 1-18 de notre texte ? Travailler plus spécialement sur les
versets 1-12.
3) Que pouvons-nous tirer de cette page de la Bible pour notre thème ?

Question 1

– Lire la note BJ sur le titre : ce texte devrait probablement faire suite à Esd 8, 36.
– Selon Esd 7, 8, Esdras arrive à Jérusalem le 5ème mois de la 7ème année d’Artaxerxés (probablement en 398) ; la promulgation dont parle notre texte a lieu deux mois plus tard, le 1er jour du 7ème mois (Ne 8, 2 et la note sur ce verset).
– Sur la mission d’Esdras, lire Esd 7, 11-26 et la note de BJ sur Esd 7, 11 (titre) ; spécialement ce qui est dit sous b.

Question 2

– Comme l’indique la note de BJ, notre texte peut se diviser en deux parties : les v. 1-12 racontent la promulgation de la Loi ; les v. 13-18 font référence à une fête (Sukkôt) qui commence le 15ème jour du 7ème mois et qui dure 8 jours (cf. la note BJ sur v. 14).
– Dans les v. 1-12 on remarque l’importance donnée au Livre de la Loi de Moïse / de Dieu : les v. 1. 3. 5. 7. 8 ; cf. aussi v. 9 et 12.
– Sur cette Loi, lire la note TOB sur v. 1 ; voir aussi Esd 7, 25-26 ; on pourrait lire également, en BJ, les deux derniers paragraphes de l’Introduction à Esd-Ne.
– Les v. 4-8 présentent cette lecture de la Loi comme une liturgie synagogale (cf. la note TOB sur v. 5).
– Cette promulgation de la Loi donne lieu à une fête (v. 9-12).

Question 3

– On notera l’importance de la Tora en Exil et surtout au retour de l’Exil.
– C’est désormais autour de cette Parole, autour de la Loi, que se fait l’unité du peuple juif.
– Mais cette Parole doit pouvoir être comprise par chacun ; d’où le besoin de la traduire (v. 8 et la référence marginale à Esd 7, 6+).

6. – Ba 3, 9 – 4, 4 : La Sagesse qui fait vivre Israël

Le livre de Baruch, qui emprunte le nom du secrétaire de Jérémie, invite le peuple à une célébration pénitentielle. Cet écrit témoigne de la méditation et des relectures de la tradition religieuse d’Israël au cours des siècles et en particulier dans les moments de crise.

1) Que contient le Livre de Baruch ? Quelle est la place de notre texte dans ce Livre ? Que savons-nous de la situation de l’auteur et du peuple à qui il s’adresse ?
2) Diviser notre texte. De quoi parle ici l’auteur ?
3) Que nous apporte ce texte de Baruch pour notre thème ?

Question 1

– Lire la note de BJ sur Ba 1, 1 (titre) qui nous renvoie à l’Introduction.
– Après Ba 1, 1-14 qui introduit le livret, on trouve une prière de confession et d’espoir (1, 15 – 3, 8) ; vient alors notre passage : un poème sapientiel (3, 9 – 4, 4) ; enfin le livre se termine par une pièce prophétique où Jérusalem personnifiée s’adresse aux exilés (4, 5- 5,9).
– On le voit, le Livre de Baruch est composite ; l’Introduction de la TOB le date de la 2ème moitié du second siècle.
– C’est un écrit de la Diaspora juive ; il commence par un constat de rupture entre Dieu et son peuple et il se termine par la réconciliation.

Question 2

– Après l’introduction (3, 9-14), nous trouvons le corps du poème (3, 15 – 4, 1), puis trois versets d’exhortation pour terminer (4, 2-4).
– Le corps du poème parle de la Sagesse et de son inaccessibilité pour les humains (v. 15) ; à la question « Qui peut découvrir son lieu ? », les v. 3, 16-31 donnent d’abord une réponse négative (cf. Jb 28, 1 cité en marge) ; la suite (3, 32 – 4, 1) apporte une réponse positive.
– Dans la réponse négative, l’auteur mentionne les chefs des nations et ceux qui accumulent l’argent et l’or (v. 16-21) ; il y joint même les artistes (v. 18) ; il parle ensuite des sages fameux de l’Orient (v. 22-23 ; cf. aussi Jb 2, 11 +, cité en marge), et même les géants des temps anciens (v. 26-28).
– Mais Dieu seul connaît la Sagesse (v. 32-36) ; elle se manifeste dans sa création.
– Et Dieu a donné cette Sagesse à Israël (3, 37 – 4, 1 ; cf. aussi Dt 30, 11, cité en marge) ; la Sagesse s’identifie au Livre de la Loi, source de vie pour qui la garde.

Question 3

– Pour l’auteur de Ba, les malheurs qui ont frappé Israël sont les conséquences de l’oubli, par le peuple, de la Sagesse que Dieu lui avait donnée (= la Loi) ; de là, l’Exil et la dispersion parmi les nations païennes (3, 10-11).
– D’où son appel, au début, (3, 9) et à la fin de notre passage (4, 2-3) : l’auteur invite Israël à écouter et à revenir à la Loi qui le rassemble et le fait vivre.
– Sur Ba 3, 38, lire la note TOB (cf. en BJ la référence marginale à Jn 1, 14) : en Jésus, Parole devenue chair, Dieu veut rassembler tous les hommes (cf. Jn 11, 52).

7.- Mc 4, 13 – 20 p : Pour que la Parole porte du fruit

La parabole du Semeur exprimait la confiance de Jésus dans sa mission malgré les oppositions rencontrées. L’Eglise primitive se souvient de cette parabole de Jésus et elle en tire un enseignement pour sa vie.

1) Situer ce texte dans l’Evangile selon s. Marc.
2) Comparer le texte de Mc avec ceux Lc et de Mt : relever ce qui est semblable et ce qui est différent ; expliquer ces textes.
3) Quelles relations peut-on trouver entre ces textes et notre thème ?

Question 1

– Notre texte fait partie de Mc 4, 1-34, un passage où Mc réunit 4 paraboles de Jésus : cf. la note TOB sur Mc 4, 2.
– Jésus est au bord de la mer (cf. 2, 13) ; il s’adresse aux disciples et à la foule : lire la note TOB sur 4, 1 (qui nous renvoie à la note sur Mc 3, 13).
– Mc nous présente Jésus racontant la parabole du Semeur (v. 1-9), puis à l’écart de la foule (cf. note TOB sur 4, 10), il répond à la question des disciples (v. 11-12) et il leur donne ensuite l’explication de la parabole (v. 13-20).
– Une composition semblable se retrouve en Mt (Mt 13, 1-9. 10-15. 18-23) et en Lc (Lc 8, 4-8. 9-10. 11-15).

Question 2

– Noter en Mc le thème de l’inintelligence des disciples (v. 13 et note TOB).
– Sur l’explication de la parabole en Mc, lire la note TOB sur le v. 14.
– Comme dans la parabole, il y a une opposition entre les 3 premières situations et la quatrième (qui porte fruit).
– Sur l’explication de Mt, cf. la note TOB sur Mt 13, 18 ; remarquer également l’importance que l’Evangéliste accorde à la compréhension (v. 19 et 23).
– Pour l’interprétation de Lc, lire les notes TOB sur les v. 12. 13 et 15. Comparer aussi Lc 8, 15 avec Lc 2, 19 et 2, 51 : que peut-on en tirer ?

Question 3

– Noter chez Mc l’insistance sur « la Parole » : 8 fois ; lire la note TOB sur Mc 4, 14 ; cf. encore Mc 2, 2 et note TOB. Les v. 15-19 parlent des obstacles à cette Parole ; le v. 20 dit sa fécondité quand elle est accueillie.
– En Mt 13, 19, ce qui est semé est « la Parole du Royaume », c’est-à-dire celle qui annonce et instaure le Royaume. Mais cette Parole, il faut la comprendre, c’est-à-dire se soumettre à ce qu’elle demande de faire, pour qu’elle puisse porter du fruit.
– Chez Lc aussi, Jésus proclame la « Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu » (cf. 8, 1) et la parabole du Semeur fait partie de cette proclamation : accueillir la Parole, c’est être sauvé (v. 12) et faire partie de sa famille (cf. 8, 21).
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8. – Lc 4, 16 – 30 : « Aujourd’hui cette Parole s’accomplit… »

Pour Luc, la scène de Jésus à la synagogue de Nazareth, donne par avance un résumé de ce que sera la vie de Jésus et celle des communautés qui, après Pâques, continueront à vivre de son message.

1) Situer ce passage dans l’Evangile selon s. Luc ; quelle place lui a donnée l’Evangéliste ?
2) De quoi parlent les v. 16-22a ? et les v. 22b-30 ?
3) Quel rapport peut-on voir entre le texte de Lc et notre thème ?

Question 1

– Après les récits du baptême et de la tentation (Lc 3, 1 – 4, 13), Lc nous présente le début du ministère de Jésus (4, 14-15 et les notes de BJ et TOB).
– Dans la marge de Lc 4, 15, la BJ donne = Lc 4, 44 : marquant ainsi la scène de Nazareth par une inclusion.
– Sur la composition de cette scène (4, 16-30), lire les notes de BJ et TOB, sur le titre.
– Le texte peut se diviser en deux parties (v. 16-22a et 22b-30) : proposer des titres pour ces deux parties.

Question 2

– Comparer la citation donnée dans les v. 18-19 avec le texte d’Is 61, 1-2 : que découvrez-vous ? quelles conclusions pouvez-vous tirer ? Lire les notes de BJ et TOB.
– Que nous apporte la citation de So 2, 3 + (donnée en marge par BJ) ?
– Noter le commentaire que Jésus fait de ce passage d’Isaïe (v. 21) ; sur « aujourd’hui », lire la note TOB.
– Pour la réaction des auditeurs (v. 22), cf. les références données en marge dans BJ.
– Dans les v. 22b-30 : le doute, puis la fureur des auditeurs et le rejet de Jésus. Les deux exemples d’Elie et Elisée montrent la place des païens dans le plan de Dieu.

Question 3

– L’importance de la synagogue et du culte qui s’y déroule : c’est là que le peuple est rassemblé pour écouter la Parole.
– Remarquer qu’ici Lc ne fait appel qu’aux Prophètes (Is 61, puis les deux épisodes relatifs à Elie et Elisée : 1 R 17, 9 et 2 R 5, 14).
– Désormais l’Ecriture est interprétée par Jésus ; en lui, dans sa personne et son message, elle trouve son accomplissement.
– Une Parole qui est adressée à tous – et pas seulement à Israël – et qui est souvent mieux reçue par ceux qui sont le plus loin (les « pauvres » à qui Jésus se dit envoyé).


9. – Jn 10, 1 – 21 : « Mes brebis écoutent ma voix … »

Le berger, une image biblique bien connue. Pour Jn, cette comparaison du berger et de son troupeau est une image de l’Eglise, rassemblée et nourrie par Jésus, berger de toute humanité.

1) Situer ce texte de Jn et proposer une division.
2) Expliquer la parabole (v. 1-6), puis le développement qu’en donne Jésus (v. 7-10 et 11-18).
3) Quels enseignements pouvons-nous tirer pour notre thème ?

Question 1

– Dans la BJ, notre texte fait partie de Jn 7, 1 – 10, 21 : la grande révélation messianique, le grand refus. Notre texte est la conclusion de cette partie ; elle est suivie de Jn 10, 22 – 11, 54, où est prise la décision d’éliminer Jésus.
– D’une manière plus précise, le contexte est tout le chapitre 10 : après le discours mystérieux (v. 1-6 : la parabole), Jésus s’explique : v. 7ss. On peut voir aussi un lien avec ce qui précède : la guérison de l’aveugle-né (Jn 9 et Jn 10, 19-21).
– Nous sommes ici encore dans le cadre de la fête des Tentes (Jn 7, 2. 37) ; cf. ensuite l’Evangéliste fera mention de la Dédicace (Jn 10, 22).
– Notre texte comprend la parabole (v. 1-6), suivie de deux affirmations de Jésus (Je suis la porte : v. 7 et 9 ; Je suis le bon berger : v. 11 et 14) ; le tout est conclu par les v. 19-21.

Question 2

– Les v. 1-6 renvoie à la vie pastorale en Palestine (les troupeaux réunis pour la nuit dans un enclos et que les bergers reprennent au matin).
– Mais comme le souligne le v. 6, cette présentation est une parabole, un discours mystérieux qui renvoie à autre chose : à la personne et à la mission de Jésus.
– En BJ, lire la note sur le berger en Ez 34, 1 + (signalée dans la marge) ; cf. aussi la note TOB sur v. 11.
– Jésus est la porte (v. 7 et 9), le passage obligé : cf. la note TOB sur v. 9.
– Dans les v. 7-9, Jésus est opposé aux « voleurs et brigands » : peut-être une allusion à ceux qui séduisent le peuple par leurs prétentions messianiques (cf. Jn 19, 40).
– Pour les v. 11-18 : lire le Ps 23, 1-3 ; cf. aussi les autres textes donnés en marge par BJ et TOB. Ici Jésus est opposé au mercenaire (v. 11-13) : cf. les attitudes différentes face au danger qui menace les brebis.
– Les v. 14-18 parlent des relations entre le berger et les brebis : voir les notes TOB.

Question 3

– Jésus seul est le beau/bon pasteur, celui qui mérite ce titre et peut rassembler les brebis.
– Sur la connaissance réciproque du berger et des brebis (v. 15 et note BJ et TOB).
– Jésus donne sa vie pour rassembler les brebis (v. 15 et Jn 11, 52).
– Tous ceux qui écoutent sa voix forment un seul troupeau (v. 16), quel que soit l’enclos d’où ils viennent.

10. – Ac 10, 34 – 48 : Une bonne nouvelle pour les Juifs et les païens. Cf. Ac 11, 18

L’ouverture de la prédication apostolique au monde païen n’a pas été sans difficulté. Nous avons de la peine à réaliser aujourd’hui ce que cela pouvait représenter pour un juif fidèle. Une ouverture pourtant décisive pour l’Evangile.

1) L’auteur des Actes accorde une grande importance à cet épisode de Pierre chez Corneille : à quoi le voyez-vous ?
2) Diviser notre texte ; travailler particulièrement sur le discours de Pierre : v. 34-43.
3) Quel est l’apport de ce récit pour notre thème ?

Question 1

– Le passage que nous étudions fait partie d’un récit plus long, qui commence en Ac 10, 1 (voir la note BJ) et qui se prolonge jusqu’en Ac 11, 18.
– Ac 15, 7-11 fera encore référence à cet épisode.
– Voir la note de TOB sur 10, 1 (titre) : le récit est soigneusement construit avec les deux visions de Corneille (10, 3-8 = 10, 30-33 et 11, 13) et de Pierre (10, 9-16 = 11, 5-10).
– L’auteur souligne combien ce passage de l’Evangile aux païens a rencontré de résistance. Par ce récit, il introduit la deuxième partie des Actes (Ac 13-28) où, avec la mission de Paul, l’Evangile sera porté au monde païen.

Question 2

– Ac 10, 34-48 forme la partie centrale du récit consacré à cet épisode (Ac 10, 1 – 11, 18) ; il est précédé par 10, 1-33 (la préparation de l’événement) et suivi de 11, 1-18 (où Pierre doit se justifier à Jérusalem).
– Ac 10, 34-48 comprend deux parties : le discours de Pierre (v. 34-43) et le don de l’Esprit et l’admission des païens dans l’Eglise (v. 44-48).
– Le discours de Pierre : v. 34-35 (introduction) ; 36 (le message chrétien en une phrase) ; 37-42 (le kérygme évangélique ; cf. la note BJ sur v. 37) ; avec le v. 43 commence un développement « selon les Ecritures », mais Pierre est interrompu par l’Esprit (v. 44). Noter l’ouverture de Pierre, spécialement dans les v. 35 et 43.
– Dans les v. 37-43 nous trouvons le schéma de l’Evangile de Mc : le ministère de Jean-Baptiste (v. 3), suivi de celui de Jésus en Galilée (v. 38) ; la mort à Jérusalem (v. 39), la résurrection et les apparitions pascales (v. 40-41) ; enfin la mission confiée aux témoins (v. 42).
– Lire la note BJ sur v. 40 et celles indiquées dans les références données en marge.

Question 3

– Ce texte nous montre l’importance de raconter le salut ; depuis les premiers jours, l’Eglise raconte ce que Dieu a fait pour nous en Jésus. Il souligne l’effet de cette annonce (le kérygme) sur ceux qui écoutent (v. 44 ; cf. 11, 17 et 15, 8-9).
– La Parole fait Eglise en montrant à Pierre qu’il doit aller chez Corneille : « aucun homme n’est impur » (10, 15), et en révélant à Corneille et aux siens le salut offert en Jésus Christ (10, 36-43).
– Le peuple de Dieu n’est pas seulement l’Eglise : c’est l’humanité à rejoindre et à rassembler.

11. – 1 Th 1, 2 – 10 : « l’Evangile … pas en paroles seulement, mais en puissance… »

Cette Lettre de Paul aux chrétiens de Thessalonique est le plus ancien témoignage chrétien qui nous soit parvenu par écrit. Ainsi 20 ans à peine après la mort et la Résurrection de Jésus, la foi de Pâques est annoncée et accueillie dans le monde païen.

1) Que savons-nous des Thessaloniciens et de leur évangélisation ?
2) Que contiennent les v. 3-4 ? Comment Paul parle-t-il de sa mission dans les v. 5-8 ? Expliquer les v. 9-10.
3) Quel est l’intérêt de ce texte pour notre thème ?

Question 1

– Cette lettre de Paul est écrite en l’an 50 (peut-être même en 48, selon certains).
– Thessalonique était la capitale de la province romaine de Macédoine ; sur l’évangélisation de cette ville par Paul et Silas (Sylvain), cf. Ac 17, 1-8 et les notes BJ et TOB.
– Notre texte forme l’action de grâce qui ouvre la lettre ; on trouvera en 1 Th 2, 13ss une seconde action de grâce, ce qui est un cas unique dans les Lettres du NT.
– Paul rend grâce (v. 3-4) pour la vitalité de cette jeune communauté qu’il avait dû quitter très rapidement (cf. Ac 17, 10 et note BJ ; lire également 1 Th 2, 17 – 3, 5).
– Paul évoque sa mission (v. 5), l’accueil des Thessaloniciens (v. 6) et le rayonnement qui s’en est suivi (v. 7-8).

Question 2

– Dans le v. 3, noter la mention des trois « vertus théologales », dans ce premier texte du NT ! Cf. aussi les qualificatifs de chacune de ces vertus (cf. note BJ sur v.3 et les références marginales à 1 Th 5, 8 et 1 Co 13, 13 +).
– Dans le v. 4, l’élection – privilège d’Israël – (cf. la note TOB ; en BJ, voir celle sur Dt 7, 6) s’étend désormais à tous ceux qui accueillent l’Evangile.
– Pour l’accueil des Thessaloniciens (v. 5), lire aussi le passage parallèle dans la seconde action de grâce : 1 Th 2, 13 et la note BJ.
– L’Esprit Saint est puissance (cf. note TOB ; en BJ, cf. la note sur Ac 1, 8)
– L’accueil de l’Evangile fait participer les croyants au destin de Jésus et des apôtres (v. 6 et note TOB ; d’où le rayonnement (v. 8 et note BJ) ; voir aussi 2, 14-16 et note BJ sur 2, 14.
– Sur l’importance des v. 9-10, lire note BJ. Nous avons ici le kérygme adressé aux païens : l’affirmation du monothéisme et la spécificité chrétienne (Jésus, Fils de Dieu, ressuscité des morts et dont on attend la Venue : cf. note TOB sur v. 10).

Question 3

– La Parole annoncée par Paul est accueillie à Thessalonique ; cet accueil n’est pas seulement un fait ponctuel (dans le passé) ; il suscite une vie théologale (v. 3) qui pose question à ceux qui les voient et qui peut parfois susciter des tribulations (v. 6) ; mais cette vie est aussi source d’évangélisation (v. 8).
– Noter les mots « notre Evangile » (v. 5), « la Parole » (v. 6 et note TOB), « la Parole de Dieu » (v. 8).

12.- Ep 2, 11 – 3, 13 : La révélation du Mystère

Après avoir parlé de la place du Christ (1, 15-23) et du salut absolument gratuit que Dieu offre à tous les hommes, juifs et païens, dans le Christ (2, 1-10), l’auteur de cette Lettre nous présente sa vision du dessein de Dieu.

1) Travailler sur Ep 2, 11-22 : de qui et de quoi parlent ces versets ?
2) En Ep 3, 1-12, il parle des motifs qui inspirent la prière de Paul, commencée en 3, 1 et qui se poursuit en 3, 14ss : sur quoi insistent ces versets ?
3) Qu’apporte à notre thème ce passage de la Lettre aux Ephésiens ?

Question 1

– Relever les expressions qui s’opposent et celles qui vous paraissent les plus importantes.
– L’auteur évoque la division du monde avant le Christ : en ce temps-là (v. 12), les nations et le peuple de Dieu (Israël) ; prépuce et circoncision (v. 11) ; ceux qui étaient loin et ceux qui étaient proches (v. 13 et 17) ; deux réalités (v. 14) et un seul homme nouveau / un seul Corps (v. 15-16).
– La situation des païens est caractérisée par leur manque vis-à-vis d’Israël (v. 12) ; lire les notes BJ et TOB sur ce verset ; ce manque est comblé au v. 19 et la situation nouvelle des païens concerne aussi Israël (v. 18).
– L’artisan de ce changement : le sang du Christ (v. 13) ; noter les trois affirmations sur la paix (v. 14. 15.17) : il est notre paix /il a détruit la barrière qui séparait ; il fait la paix en créant un seul homme nouveau ; il proclame la paix à ceux qui sont loin et à ceux qui sont proches.
– Sur la citation d’Is 57, 19 (v. 13 et 17), lire la note TOB sur v. 17.
– Cf. aussi les notes de BJ sur les v. 19-20.

Question 2

– Le mot mystère revient 4 fois (v. 3. 4.5.9) ; sur la signification de ce terme, cf. note TOB sur v. 3 ; en BJ, voir la note sur Rm 16, 25 (cité en marge).
– Le v. 6 donne le contenu du mystère ; remarquer les trois expressions (même héritage, même corps, même promesse).
– La révélation de ce mystère se fait par l’Evangile, qui n’est pas un livre, mais la prédication apostolique (v. 6-7).
– Ce mystère est le dessein éternel de Dieu, caché à toutes intelligences, mais réalisé dans le temps. Sur les Principautés et Puissances (v. 10), cf. les notes BJ et TOB ; en BJ, voir encore la note sur Ep 1, 21.

Question 3

– Le proclamation du mystère doit réunir tous les hommes en un seul Homme nouveau (les nations et le peuple élu) et les réconcilier tous avec Dieu et entre eux (2, 18 et 3, 12). Les deux ne font plus qu’un (2, 15-16. 18. 21 ; 3, 5-6).
– L’Eglise est la manifestation de ce dessein éternel (3,11) de Dieu, le Créateur de tout (3, 9).