Dieu dans notre histoire. La marche vers l’Incarnation

 

Deux éléments importants distinguent notre foi chrétienne de toutes les autres croyances religieuses : la révélation trinitaire : un Dieu Unique mais communion de Personnes, d’une part et, d‘autre part, l’Incarnation : l’affirmation de la présence de Dieu dans la personne de Jésus de Nazareth. C’est la place et l’importance dans la Bible de ce deuxième élément de notre foi que ce dossier voudrait nous aider à (re)découvrir en parcourant quelques textes de l’Ancien et du Nouveau Testament.

« Livre de la genèse de Jésus, fils de David, fils d’Abraham » écrit saint Matthieu au début de son Evangile. L’enfant, dont Gabriel dans l’Evangile selon Luc annonce à Marie la naissance n’a rien d’un « météorite » qui aurait brillé et traversé notre nuit pendant quelques dizaines d’années il y a maintenant deux millénaires. Bien au contraire, la naissance de Jésus s’inscrit dans l’histoire d’une famille ; Jésus appartient à un peuple. Et plus précisément à ce peuple dont nous parle la Bible.

Trois mots du Credo le situent avec précision dans notre histoire : « sub Pontio Pilato » ; Jésus a été crucifié et est mort sous Ponce Pilate, c’est-à-dire entre 26 à 36 de notre ère, en Judée, aux frontières de la province romaine de Syrie, où Ponce Pilate était alors le représentant de l’empire.

Comme pour les autres peuples, les origines d’Israël se perdent dans les brumes des temps passés. Les origines de sa pensée religieuse aussi. Mais ce petit peuple nous a conservé des traces de la présence de Dieu dans son histoire, commencée depuis bien des siècles et qui continue encore aujourd’hui.

Les récits des Patriarches nous parlent du Dieu des pères, le « Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob » qui accompagne et protège un petit clan de semi-nomades en voie de sédentarisation. Mais c’est surtout avec Moïse que ce Dieu entre dans l’histoire du peuple : il devient le « Dieu qui l’a fait sortir d’Egypte » et qui lui a donné la terre de Canaan.

Dans les récits de cette libération, Israël témoigne de la présence de Dieu dans son histoire et de son élection : le Seigneur a fait une alliance avec lui (Ex 19).

Quelques siècles plus tard, une autre étape de cette histoire est marquée par la personnalité de David : un berger choisi par Dieu pour diriger son peuple : (2 S 7).

Dans les siècles qui suivent, c’est à travers les événements qui l’ont marqué le plus durement que le peuple d’Israël va découvrir qui est le Dieu qui l’a choisi et quelle est la mission qu’il lui a confiée. Rappelons brièvement ces événements : le schisme (931), la destruction du Royaume du nord par les Assyriens (721), puis celle du Royaume de Juda et du Temple de Jérusalem (587) et la déportation à Babylone d’une partie importante de la population.

Avant la catastrophe, Jérémie, et d’autres prophètes, avaient averti le peuple que la présence de Dieu pour eux n’avait rien de magique ; cette présence ne protège le peuple que s’il entend la voix du Seigneur et lui obéit : (Jr 7).

Un peu plus tard, le message d’Ezéchiel, au milieu des exilés à Babylone, rappelle au peuple la sainteté de son Dieu (Ez 36).

Un autre prophète anonyme, dont nous lisons les oracles en Is 40-55, donnera bientôt un message de consolation (cf. Is 40, 1) : la destruction de Jérusalem et de son Temple ne signifie pas l’impuissance du Seigneur. Bien au contraire, c’est lui qui avait annoncé ces événements, et maintenant, c’est lui qui annonce le salut que, dans sa miséricorde et sa fidélité, il prépare pour son peuple, car lui seul est Dieu (Is 48).

Dans les siècles qui suivent le retour de l’exil, après l’Édit de Cyrus (538), certains pensent surtout à reconstruire le Temple et son culte sacrificiel. D’autres ont pris davantage conscience de la place de la Parole de Dieu, comme la présence du Seigneur qui rassemble les croyants, qu’ils soient en Judée ou dans la diaspora. (Ne 8)

Dans les derniers siècles de l’Ancien Testament, les sages d’Israël, méditant sur le chemin qui conduit au bonheur, prennent alors conscience de la grandeur du don que le Seigneur leur a fait. Depuis la création du monde, Lui qui seul est Sage, appelle tous les hommes à choisir un chemin de vie (Pr 8). Et ce chemin, nous dit le Siracide, est particulièrement révélé dans la LOI de Moïse (Si 24).

 

                            *   *   *   *   *

 

Mais le dessein de Dieu dépasse toujours et de beaucoup les attentes les plus folles des hommes. La présence de Dieu dans notre humanité, une vie partagée de la naissance à la mort, va ouvrir des perspectives que les Evangélistes chercheront à exprimer à la lumière des événements de Pâques.

Pour une communauté composée surtout de Juifs, qui se sont ouverts au message chrétien, Matthieu nous montre comment Jésus accomplit les promesses messianiques (Mt 1). Dans une vision davantage marquée par l’universalité du salut, Luc nous présente Jésus comme le Messie d’Israël et Fils de Dieu (Lc 1). Enfin le regard méditatif de Jean nous invite à replacer ce don inouï de Dieu dans le dessein éternel du Dieu Trinitaire. (Jn 1)

Parce que Jésus était un homme véritable, la présence de Dieu sur notre terre était nécessairement limitée à un temps et un lieu. Mais le Christ Ressuscité a fait éclater ces limites liées à son Incarnation. Sa Présence parmi nous continue aujourd’hui à travers la vie sacramentelle de l’Eglise et tout spécialement dans l’Eucharistie (Jn 6) ; elle nous est aussi donnée par son Esprit qui, tout au long de l’histoire, nous « rappelle et nous enseigne ce que Jésus a dit » (Jn 14).

Enfin, témoigner de cette présence de Dieu dans notre humanité : telle est maintenant la mission de l’Eglise, ce Corps dont le Christ est la Tête (Ep 1).

Bien d’autres passages de l’Ancien et du Nouveau Testament pourraient compléter ce choix de textes et ouvrir encore d’autres horizons. Puisse ce choix limité nous faire découvrir quelques facettes de l’histoire de Dieu avec nous.

 

                                               *   *   *   *   *

 

Ex 19, 3-24 : « Vous avez vu ce que j’ai fait… maintenant si … C’est dans son histoire qu’Israël a découvert son Dieu. Fidèle aux promesses faites aux ancêtres, le Seigneur a libéré son peuple opprimé. Mais ce n’est là qu’un début si, maintenant, le peuple écoute sa voix … 

 

  1. Situer ce passage de l’Exode et proposer un découpage. Que contient ce texte ?
  2. Travailler plus particulièrement sur les v. 3-8 et sur v. 16-21. Relever les expressions qui vous paraissent les plus significatives.
  3. Qu’est-ce que ce texte apporte pour notre thème ?

Question 1

  • Lire les notes de BJ et de TOB sur Ex 19, 1.
  • Selon la BJ, ici commence la 3ème partie de l’Exode : L’Alliance au Sinaï. Après La délivrance d’Egypte (1, 1 – 15, 21) et La marche au désert (15, 22 – 18, 27), le peuple est arrivé au Sinaï (19, 1) et là, Dieu offre à Israël de faire alliance avec lui.
  • Toute la fin du livre (Ex 19 – 40) est consacrée à cette alliance, mais particulièrement les ch. 19-24 (l’alliance et le Décalogue ; le Code de l’alliance ; la conclusion de l’alliance).
  • Pour notre texte, comparer les découpages de la BJ avec ceux de la TOB. Voir aussi les alinéas. Proposer éventuellement d’autres sous-titres.

Question 2

  • Dans les v. 3-8, relever ce que Dieu a fait pour Israël (verbes au passé) : son parti pris, l’image de l’aigle et de ses ailes (cf. Dt 32, 11 ; Is 46,4 ; 63,9, cités en marge dans BJ), et ce qu’il fera (v. 5) si le peuple écoute sa voix : voir les notes de BJ et TOB sur Ex 19, 3 (titre) ; en TOB, voir aussi les notes sur v. 5 (alliance ; part personnelle).
  • Noter les v. 7-8 : Moïse convoque et parle aux anciens (v. 7), mais c’est le peuple tout entier et unanime qui donne son accord (v. 8) : quelle signification voyez-vous ?
  • Dans les v. 16-21 relever ce qui exprime la sainteté de Dieu (feu, nuée, bruit) ; voir notes BJ et TOB. Aussi pour aller à la rencontre de Dieu (v. 17), le peuple doit d’abord se sanctifier (v. 10 et note TOB) et il doit respecter les limites (v. 12-13 et 21-24).

Question 3

  • Israël a découvert un Dieu présent dans son histoire ; qui est intervenu pour lui gratuitement (v. 4), et qui maintenant lui offre encore davantage : faire alliance.
  • Dieu à qui toute la terre appartient et qui choisit un peuple particulier (v. 5), un peuple faible et opprimé.
  • Ce Dieu intervient et parle : il révèle ce qu’il est, sa sainteté ; il exprime également ce qu’il attend de la part d’Israël (cf. Les Dix Paroles et le Code d’alliance).
  • Noter encore l’expression « le troisième jour » (cf. TOB et la traduction liturgique) dans les v. 11. 15. 16.   

2 S 7, 1 – 17 : Le Seigneur t’annonce qu’il te fera une maisonEn décidant de bâtir un Temple pour abriter l’arche du Seigneur, David veut se placer sous la protection divine. Mais dans la réponse qu’il lui donne par le prophète Natân, le Seigneur, ouvre des perspectives bien plus larges.

  • Situer cet épisode dans le récit biblique de l’histoire de David.
  • Comment comprendre le projet de David ? et la réponse du Seigneur ?
  • Relever les versets de ce récit qui éclairent particulièrement notre thème. 

Question 1

  • L’histoire de David commence par le récit de son choix par le Seigneur (1 S 16)
  • Depuis 1 S 16 jusqu’en 2 S 1, le récit nous parle Saül et de David ; à partir de 2 S 2, le récit se concentre sur David.
  • Les chapitres 2 S 2 – 6 nous racontent « la montée de David » : roi sur Juda (2 S 2), puis sur Israël (2 S 5), il s’empare de Jérusalem (2 S 5, 6ss) ; il en fait sa capitale (2 S 5, 9ss) et il organise le transfert de l’Arche du Seigneur (2 S 6).
  • Sur la deuxième partie de l’histoire de David, voir la note de BJ sur 2 S 9 (titre).Question 2
  • Bien installé à Jérusalem (2 S 5, 11), David veut construire un Temple pour abriter l’Arche du Seigneur qu’il a fait entrer dans sa ville (2 S 6)
  • Comparer la première réponse de Natân (2 S 7, 3) avec la deuxième (2 S 7, 5) : pourquoi cette différence ?
  • Dans les versets qui suivent, relever tous les verbes qui indiquent ce que le Seigneur a fait pour son peuple (v. 5-6) et plus particulièrement pour David (v. 8 et suivants).
  • Sur les v. 6-7 (voir la note de BJ) : le Seigneur a habité sous une tente, non dans un lieu fixe. Il est le Dieu d’un peuple en marche.

Question 3

  • Remarquer le jeu de mot sur le terme « maison » (v. 11) : lire les notes de BJ et TOB sur le titre.
  • Construire un temple pour la divinité est un des devoirs du roi ; c’est aussi une manière d’assurer à la ville la présence et la protection de la divinité.
  • Sur la promesse de Dieu à David, lire les v. 11-12 et v. 14-16 ; lire aussi les notes de vos Bibles sur ces versets.
  • Noter le v. 14 : « Je serai pour lui un père et il sera pour moi un fils » ; cf. la note de BJ sur ce verset.
  • Pour l’importance de cette prophétie de Natân, lire la fin de la note de BJ sur 2 S 7, 1 (titre) qui nous donne plusieurs textes bibliques qui feront référence à cette promesse divine dans la suite de l’histoire du peuple.

Jr 7, 1 – 15 : Le Temple, présence du Seigneur : à quelles conditions ?A l’époque d’Isaïe, Jérusalem et son Temple avaient échappé à la destruction (Is 37, 33-35) lors de la campagne de Sennachérib de 701. Pour Jérémie, cette protection du Seigneur ne doit pas être considérée comme une « garantie tout-risque » mais un appel à la fidélité. 

  1. Que savons-nous sur Jérémie ? Quels sont les événements qui ont marqué sa vie et son ministère ?
  2. Situer notre passage dans le livre de Jérémie ; pourquoi Jérémie prend-il la parole ? Quel est son message ?
  3. Comment les Judéens conçoivent-ils la présence de Dieu dans le Temple ? Que leur dit le prophète ?Question 1
  • Lire l’introduction à Jérémie dans votre Bible ; lire aussi le résumé qui nous est donné en Jr 1, 1-3 ; cf. aussi le récit de sa vocation (Jr 1, 4ss).
  • Son ministère commence sous Josias (640-609) ; il se déroule durant les évènements qui vont aboutir à la destruction de Jérusalem et du Temple et de la déportation à Babylone (cf. Jr 1, 3 et note BJ).
  • Appartenant à une famille sacerdotale établie à Anatôt (cf. Jr 1, 1), il a vécu la réforme de Josias (cf. 2 R 23, 8ss ; Dt 12, 2 et note de BJ sur le titre) ; voir encore Jr 11, 18ss et la note BJ sur Jr 11, 18 (titre).
  • Appelé très jeune comme prophète (Jr 1, 6.7), Jérémie se sent peu fait pour cette mission dans cette époque particulièrement troublée : voir Jr 15, 10 et la note BJ sur le titre.

Question 2

  • Notre texte peut être situé sous Joaqim (609-598) durant les toutes dernières années du royaume de Juda : voir notes BJ et TOB sur Jr 7, 1 (titre).
  • Sur cette intervention de Jérémie et les réactions qu’elle a suscitées, lire Jr 26, 1-19 (cité en marge dans BJ).
  • Noter les références au Décalogue (v. 6 – et référence marginale à Ex 20, 2-3 – et v. 9) et au code deutéronomique (v. 5-6 et référence marginale à Jr 22, 3).
  • Jérémie ne rejette pas le culte du Temple, mais dans la ligne des prophètes qui l’ont précédé, il place le culte du Temple après l’observation de la Loi (cf. Jr 7, 21ss et la note BJ sur v. 22).

Question 3

  • Le Temple est, avec Jérusalem, le lieu choisi par le Seigneur pour faire habiter son Nom (Dt 12, 5  et note TOB; cf. Jr 7, 2. 4. 10.11.14).
  • Il contient l’Arche de l’alliance : cf. Ex 25, 10 et note TOB ; Ex 25, 22. Mais Dieu n’est pas lié au Temple : cf. Ez 10, 18ss.
  • Noter que cette parole de Jérémie sur le Temple est différente de celle qu’Isaïe donnait un siècle plus tôt : Is 37, 33-35. D’où la question : Jérémie parle-t-il au nom du Seigneur ?
  • Mais cette présence protectrice n’est pas magique (Jr 7, 4) ; Dieu est avec le peuple quand celui-ci écoute sa voix en vivant selon les conditions de l’alliance.ils

Ez 36, 16 – 38 : « Je sanctifierai mon grand Nom … »   

 

  • Le Seigneur et Israël sont liés par une alliance : aussi les malheurs qui ont frappé le peuple (la destruction de Jérusalem et du Temple, la déportation à Babylone) rejaillissent-ils sur le Seigneur et profanent son Nom, comme le dit Ezéchiel. 
  • Présenter Ezéchiel et son ministère. Situer ce chapitre 36.
  • Relever les mots et les expressions qui reviennent plusieurs fois et les expliquer.
  • Que peut nous apporter le message d’Ezéchiel pour notre thème ?

Question 1

  • Ezéchiel est prêtre et prophète ; il appartient à une famille sacerdotale du Temple de Jérusalem et, à ce titre, il a fait partie de la première déportation (sélective) de 598 : voir 2 R 24, 13-16.
  • Son ministère prophétique commence la 5ème année de la déportation (593-2) : cf. Ez 1, 2-3 et note BJ sur v. 3. La dernière date indiquée dans son livre est 571 (cf. Ez 29, 17 et note BJ).
  • Son langage et les thèmes traités soulignent son origine sacerdotale (pureté/impureté ; importance du Temple ; la Gloire de Dieu liée au peuple…) : cf. introduction à Ez.
  • Face à la Gloire du Seigneur, Ezéchiel n’est qu’un « fils d’homme » (Ez 2, 1 et note BJ).
  • Pour situer notre chapitre, lire la note BJ sur Ez 33 (titre)

Question 2 

  • Noter la répétition de la formule : « ainsi parle le Seigneur » aux v. 22, 33 et 37 qui donne une division de notre texte (16-21 : histoire du peuple ; 22-32 : la première partie de l’action du Seigneur ; v. 33-36 et 37-38 : les conséquences de cette action).
  • La situation du peuple (exil) a des conséquences : le Nom du Seigneur est profané ; il apparait comme sans valeur.
  • Sur le mot « profaner » (v. 20-21.22. 23), lire la note TOB sur v.20. « mon saint Nom » (v. 20.21.22 ; cf. 23). Cf. encore les mots « souiller », «  purifier »
  • Noter l’inclusion : «  ce n’est pas à cause de vous … » (v. 22 et 32).

Question 3

  • Par l’alliance, le Nom du Seigneur : « mon saint Nom » (v. 21.22), « mon grand Nom » (v. 23) est attaché au peuple d’Israël. Ce que fait le peuple peut le profaner, mais le Seigneur va montrer la sainteté de son Nom (v. 23), en sauvant son peuple, en rassemblant les dispersés et surtout en « recréant » son peuple (v. 25.26.27).
  • Ce renouveau se fera par le don de l’Esprit (v. 27 et note BJ) ; cf. aussi les références marginales données en marge de ce verset en BJ.
  • L’exil et les événements qui l’ont accompagné ont fait découvrir cette présence de Dieu dans l’histoire de son peuple.

Is 41, 21 – 29 : « Je l’ai dit … et j’ai fait… »C’est dans les événements de son histoire qu’Israël a découvert la présence de Dieu : la ruine de Jérusalem et du Temple avaient été annoncé par les prophètes. En annonçant le retour et la reconstruction de la ville et du peuple, le prophète anonyme, à qui nous devons les chapitres 40-55 du livre d’Isaïe, s’inscrit dans le même mouvement. 

  • Situer ce texte dans Is 40 – 55. Que savez-vous sur le contexte historique de ces oracles ?
  • Que contient notre passage ? Quelle est l’argumentation du prophète : de quoi, de qui parle-t-il ?
  • Quel enseignement sur Dieu et sur sa présence dans l’histoire ?

Question 1

  • Sur l’ensemble Is 40-55, voir la note BJ sur Is 40, 1 (titre) ; consulter également les introductions BJ et TOB. Ces oracles, placés dans le livre d’Isaïe, s’adressent au peuple en exil à Babylone au 6ème siècle.
  • Le prophète annonce le retour à Jérusalem : comme autrefois, le Seigneur va intervenir dans un nouvel exode, il conduira le peuple dans son pays. Cf. la note BJ sur Is 40, 3.
  • On situe généralement le ministère de ce prophète entre les années 550 et 538, qui marquent le début de la campagne de Cyrus et son entrée victorieuse à Babylone suivie de l’édit permettant le retour des déportés.

Question 2

  • Lire la note de BJ sur Is 41, 21 (titre) ; note nous renvoie aussi à celle sur Is 42, 8.
  • Les destructions de Jérusalem et du Temple en 587 pouvaient être perçues comme signe de l’infériorité du Seigneur face aux divinités babyloniennes, dont les temples et le culte frappaient les Israélites déportés.
  • L’argumentation du prophète (v. 22) : qui avait annoncés les « choses passées » ? Et qui annonce maintenant les « choses à venir » ?
  • Par ses prophètes (comme Jérémie), le Seigneur avait annoncé que le peuple courait à la catastrophe ; maintenant le prophète (des oracles d’Is 40-55) annonce la libération et le retour dans la terre (cf. Is 40, 1-11).
  • Noter les mentions de Cyrus : Is 44, 28 ; 44, 28 – 45,7… que le prophète présente même comme l’envoyé, le « messie » du Seigneur.

Question 3

  • Voir en TOB (édition intégrale) l’introduction à Esaïe, et spécialement : le Visage de Dieu.
  • Pour ce prophète de l’exil, le Seigneur n’est pas seulement le Dieu d’Israël ; il est le Dieu unique, le créateur de l’univers. Mais il s’est particulièrement lié à Israël ; il est le roi de Jacob (v. 21) ; il s’adresse à Sion / Jérusalem. Il est le Saint d’Israël, son rédempteur (goël) ; Is 41, 14 et la note BJ.
  • Il annonce les événements et les fait advenir (v. 22-23. 26) ; sur l’efficacité de sa Parole, voir encore Is 40, 6-8 et 55, 10-11.
  • Dans les événements, Israël ne découvre pas seulement la présence de Dieu, mais son pardon. qui marque ce nouvel exode, plus grand que le premier !

Ne 8, 1 – 18 : Esdras ouvrit le livre au regard de tout le peupleC’est en exil et au retour qu’Israël a découvert la place de la Parole de Dieu. Alors que certains se préoccupent surtout de rebâtir le Temple, de restaurer le culte, d’autres, comme Esdras, comprennent la place de la Parole de Dieu pour unifier le peuple.

  • Situer notre texte : que savez-vous sur cette époque de la vie du peuple et sur le rôle d’Esdras ?
  • Que contient ce chapitre de la Bible ? Proposer une division et relever ce qui vous parait le plus significatif, surtout dans les v. 1-12.
  • Quel est l’apport de ce texte pour notre thème ?

Question 1

  • Lire les Introductions à Esdras-Néhémie dans BJ ou TOB ; voir aussi le Tableau chronologique. En 538, l’édit de Cyrus permet le retour des déportés ; dans les années qui suivent, on assiste d’abord à la reconstruction du Temple (520-515).
  • Néhémie et Esdras vont marquer la période suivante ; le premier en obtenant le droit de rebâtir les murailles de Jérusalem ; le second par la promulgation de la Loi de Dieu – qui devient la loi des Juifs dans l’empire perse (cf. Esd 7, 26).
  • Néhémie est un laïc, fonctionnaire à la cour perse (cf. Ne 2) ; Esdras est prêtre (Ne 8, 9 ; cf. aussi 7, 6ss) : ce qui explique probablement l’ordre dans lequel les deux livres ont été placés dans la Bible.
  • Le passage que nous étudions devait faire suite à Esd 8, 36 (cf. la note BJ sur Ne 8, 1 – sur le titre).

Question 2

  • Notre texte comprend deux parties : v. 1-12 : la proclamation de la Loi et v. 13-18 : la fête des Tentes.
  • L’assemblée est datée (v. 2 ; c’est le début de l’année ; cf. note BJ) ; deux mois après l’arrivée d’Esdras à Jérusalem : cf. Esd 7, 8-9.
  • Dans les v. 1-12, on peut relever plusieurs éléments que l’on retrouvera dans le culte juif dans les synagogues (estrade servant de chaire ; bénédiction au moment où l’on ouvre le livre ; lecture, commentaire ; les gestes et les attitudes de la foule.
  • Noter que ce rassemblement n’a pas lieu au Temple, mais sur la place devant la Porte des Eaux (v. 1 et note BJ).
  • Sur ce qui est lu par Esdras, voir Esd 7, 25-26 : la Loi de Dieu (et du roi) est proclamée, traduite, commentée et expliquée ; ainsi elle est comprise par le peuple.
  • Noter aussi les réactions des auditeurs : unanimité pour écouter la Parole (v. 2-3) ; la joie (v. 9-11) et le partage (v. 12).

Question 3

  • La place de la TORA / LOI dans le judaïsme, un peuple qu’elle réunit.
  • On peut comparer la liturgie qui entoure la LOI et sa lecture à celle que sous donnons à l’Eucharistie : estrade, voile, solennité, attitude du peuple.
  • Cf. aussi Vatican II : « C’est lui (le Christ) qui parle lorsqu’on lit dans l’Eglise les saintes Ecritures. » (Sacra Liturgia, no. 7).

Pr 8, 22 – 31 : « Le Seigneur m’a créée prémices de son œuvre » Selon la Bible, le sage est celui qui connait le chemin de la vie et du bonheur. Grâce aux nombreuses expériences, il a acquis peu à peu cette sagesse, mais il sait aussi qu’elle est surtout un don du Seigneur. C’est cette réflexion sur la sagesse que nous offrent des sages qui s’expriment dans les derniers siècles de l’Ancien Testament. 

  • Situer notre passage dans le livre des Proverbes, et plus particulièrement dans les chapitres 8 et 9.
  • Travailler sur les v. 22-31 : que contiennent ces versets ? Relever ce qui vous parait le plus nouveau. Que peut-on retenir pour notre recherche sur la révélation de Dieu dans l’histoire ?

Question 1

  • Voir dans l’introduction BJ au Livre des Proverbes : le premier paragraphe nous donne des indications sur le contenu de ce Livre ; voir aussi ce qui est dit sur Pr 1-9, que l’on situe au 5ème siècle. Voir aussi l’introduction de la TOB et la note TOB sur Pr 8, 1 ; en BJ lire la note sur 8, 1 (titre).
  • Pour Pr 8, après une introduction (v. 1-11), la Sagesse se présente avec ses titres (v. 12-21) ; nous avons ensuite les v. 22-31 (cf. la Question 2), suivis d’un nouvel appel de la Sagesse (v. 32-36).
  • Pr 9 oppose l’invitation de la Sagesse (v. 1-6) à celle de la Folie (v. 13-18) ; les deux sont ici « personnifiées ».

Question 2

  • Des commentateurs voient dans les v. 22-31 quatre strophes : v. 22-23 ; 24-26 ; 27-29 ; 30-31 : proposer des sous-titres pour ces strophes.
  • Les v. 22-23 soulignent la place de la Sagesse – prémices – dans l’œuvre de Dieu ; les v. 24-26 évoquent les éléments de ce qui fait le cadre de la vie de l’homme : la Sagesse leur est antérieure.
  • De même, elle assiste à la mise en place de ces éléments (v. 27-29) ; cf. aussi les références marginales données en BJ. Voir encore la note TOB sur le v. 29. Sur la dernière strophe (v. 30-31), et le nom donné à la Sagesse, voir note BJ sur v. 30. La Sagesse fait le lien entre le Seigneur et les « enfants des hommes ».
  • Sur cette présentation de la Sagesse, relever particulièrement les verbes dans les v. 22.23. 24-25 et 30. Question 3
  • La Sagesse prend les traits de la révélation de Dieu aux hommes, et pas seulement à Israël !
  • Elle est une « Présence » venue de Dieu et qui habite parmi eux. Pour l’auteur de ce texte, la Sagesse n’est pas une « Personne ».  Dans la représentation du Dieu Unique qu’Israël a découvert à travers les événements de l’Exil et du retour, le Tout-Autre dont on n’ose même plus prononcer le Nom, cela n’est pas possible.
  • Mais les formulations sont « ouvertes » et elles préparent la révélation du Nouveau Testament.

Si 24, 1-34 : « Il m’a dit : Installe-toi en Jacob, en Israël reçois ton héritage. »L’éloge de la Sagesse en Si 24 fait partie des grands textes consacrés à la Sagesse (avec Pr 1 – 8 et 9, 1-6 ; Sg 7 – 9). Dans ce texte, placé au centre de l’écrit du Siracide, la Sagesse s’adresse longuement à ceux qui la recherchent. 

  • Que savons-nous sur le Siracide (par ex. le temps et le milieu dans lequel il est écrit) ? Situer notre texte dans le livre et proposer un découpage.
  • Que contient ce chapitre ? relever les phrases qui vous paraissent intéressantes ou qui posent question.
  • Qu’est-ce que ce texte apporte pour notre étude ?

Question 1

  • Le Siracide est le seul texte AT (à part des Prophètes) où l’auteur nous est présenté (Si 50, 27 ; cf. le Prologue v. 7ss) ; on sait que le texte hébreu a été traduit en grec à partir de 132 av. J.-C. (cf. v. 27) par le petit-fils de l’auteur, qui devait écrire vers 190-180.
  • A cette époque, la Palestine faisait partie de l’empire grec ; vers 200, elle a passé sous le contrôle des Séleucides. On ne sent pas encore les tensions qui vont bientôt surgir lors de la crise des Maccabées (167-164).
  • L’auteur est un Juif fidèle, fier de son héritage culturel : cf. Si 51, 13ss ; la LOI, le Temple  tiennent une grande place : Si 50 ; cf. Si 45, 6ss et note TOB.

Question 2

  • Lire les notes de BJ et TOB sur Si 24, 1 (titre), qui font les liens avec d’autres textes sapientiaux. Si 24 se place entre Pr 8 – 9 et Sg 7-9 ; cf. aussi Jb 28 ; Ba 3, 9-4, 4.
  • BJ et TOB découpent notre texte en deux parties : la Sagesse fait son éloge (v. 1-22) ; puis l’auteur nous parle de la LOI et de son travail pour la faire connaitre (v. 23-34).
  • Autre découpage possible : introduction (v. 1-2), puis v. 3-9 ; 10-17 ; 19-22 : proposer des sous-titres.
  • Quelques expressions : issue de la bouche du Très-Haut (v. 3) ; installe-toi en Jacob /Israël (v. 8) ; dans la Tente sainte j’ai officié / en Sion / Jérusalem (v. 10-11).
  • Les v. 13-14 donnent les limites du pays ; sur le v. 15 : voir les références marginales (Ex 39, 7 et 34s) ; dans les v. 25-27 : les 4 fleuves du récit du Paradis (Gn 2, 11) et les deux fleuves liés à l’Exode et à l’entrée dans la terre : le Nil et Jourdain.

Question 3

  • Les événements de la ruine de Jérusalem et du Temple et de l’Exil qui suivit ont profondément marqué la foi juive : le Seigneur n’est pas vaincu ; c’est lui qui est derrière ces événements, il a dit et il a fait (Is 41, 21-29 et note BJ sur 41, 21).
  • Il a sanctionné les infidélités, mais il reste fidèle à son alliance. (Is 54, 15-16).
  • Lui seul est Dieu, les autres divinités ne sont rien : le Seigneur est l’Unique, et donc il est aussi le Dieu des autres peuples (monothéisme) ; il est bien plus grand que ce qu’Israël pensait jusque-là. La présence de Dieu est évoquée par la Parole (cf. Is 55, 10-11), par l’Esprit, par la Sagesse.
  • Dans le judaïsme, elle est surtout la Loi promulguée par Moïse (v, 23ss) qui réunit tous les croyants juifs. Ces textes où la Sagesse est présentée personnifiée (cf. note BJ sur Pr 8, 27 – titre) préparent la révélation du NT.

Mt 1, 1 – 25 : « … Jésus, Fils de David, fils d’Abraham… »Pour la communauté dans laquelle écrit l’Evangéliste Matthieu, l’appartenance de Jésus à la lignée de David et d’Abraham est particulièrement importante : c’est par elle que les promesses de l’Ancien Testament prennent leur vraie dimension.

  • Que contient ce premier chapitre de l’Evangile selon Matthieu ? Que retenir des versets 1-17 ?
  • Travailler sur Mt 1, 18-25 : comment peut-on le diviser ? Sur quoi l’Evangéliste insiste-t-il ?
  • Que nous apporte ce texte de Matthieu pour notre thème ?

Question 1

  • Deux parties assez différentes : la généalogie (v. 1-16) de 3 fois 14 noms (cf. v. 17 et ensuite les v. 18-25 qui « expliquent » la particularité du v. 16.
  • Sur la généalogie, voir les notes de BJ et TOB : l’importance de cette forme dans le judaïsme postexilique.
  • Ici l’Evangéliste souligne : Jésus, fils de David, fils d’Abraham ; cf. aussi les trois périodes de l’histoire d’Israël (patriarcale – royale – postexilique).
  • Matthieu présente Jésus comme le descendant de David et d’Abraham, et donc, comme le dépositaire des promesses faites aux patriarches.

Après le 3 x 14 (ou 6 x 7), Jésus inaugure la 7ème série, (plénitude des temps). A noter aussi la mention des 4 femmes, par lesquelles passe – d’une manière non prévue – le dessein de Dieu. Ce qui prépare ce qui est dit de Marie (v. 16)

Question 2

  • Les v. 18-19 : la situation ; Marie et Joseph, légalement mariés mais ne cohabitant pas encore ; Marie « enceinte par le fait de l’Eprit-Saint » comme dit Mt.
  • L’intervention de l’Ange du Seigneur auprès de Joseph, fils de David, lui révélant sa mission dans ce dessein de Dieu (v. 20-21).
  • Dans les v. 22-23, Mt donne le sens de cette intervention ; accomplir une promesse de l’AT ; cf. note en BJ.
  • Les v. 24-25 : Joseph, à son réveil, fait ce que le Seigneur lui a demandé (cf. Gn 12, 1 et 4) : il donne le nom à cet enfant que Marie enfante et, par là, il insère Jésus dans le peuple de Dieu « fils de David, fils d’Abraham » (Mt 1, 1).

Question 3

  • Ce passage de Mt distingue bien la complémentarité des vocations de Joseph et de Marie ; « elle enfantera » et « tu l’appelleras » (v. 21 et 23).
  • Par Joseph, cet enfant appartient à la lignée messianique ; par la conception virginale, il est Dieu-avec- nous : Emmanuel (v. 23).
  • Ainsi la naissance de Jésus accomplit la promesse d’Is 7, 14, qui était déjà une actualisation de la promesse faite à David en 2 S 7, 11-16.

Lc 1, 26 – 38 : « Fils du Très-Haut … et Fils de Dieu… »L’annonce de la naissance de Jésus que nous lisons dans ce texte exprime bien la foi de la communauté chrétienne : Jésus, né de Marie, l’épouse de Joseph de la maison de David accomplit l’espérance messianique, mais dépasse de beaucoup les attentes d’Israël. 

  • Situer notre texte dans l’Evangile de Luc et le comparer avec l’annonce de la naissance de Jean-Baptiste.
  • Travailler sur notre texte, et particulièrement sur les v. 31-35.
  • Quel est l’apport de ce texte de Luc pour notre thème ?

Question 1

  • Lc 1 – 2 contient une présentation parallèle de Jean-Baptiste et de Jésus : les deux annonces de naissance (Lc 1, 5-25 et 1, 26-38), suivies des récits de naissance et circoncision (Lc 1, 57-80 ; 2, 1-21). A cela s’ajoutent: la Visitation (Lc 1, 39-56) et, pour Jésus, la Présentation au Temple (Lc 2, 22-38), puis l’épisode de Jésus dans le Temple avec les docteurs (Lc 2, 41-50).
  • Pour Jean-Baptiste, l’annonce de naissance est située dans le Temple, en pleine action sacerdotale ; pour Jésus, l’ange s’adresse à Marie, à Nazareth (un lieu qui n’est jamais cité dans AT), dans un cadre tout à fait quotidien. Mais pour les deux, le porteur du message est Gabriel : cf. Lc 1, 19 et note BJ et TOB ; voir aussi les références marginales à Dn 8, 16 et 9, 11.

Question 2

  • Après la présentation de la scène (v.. 26-27) : le temps, le lieu, les intervenants : Gabriel et Marie, fiancée à Joseph, de la maison de David, vient la salutation (v. 28 ; cf. So 3, 14-15).
  • Le message de l’ange est coupé en deux par la question de Marie : v. 34 et note TOB.
  • La première partie du message (v. 31-33) annonce la naissance du Messie (2 S 7, 1 + : la note BJ) ; cf. aussi les autres références données en BJ à Is 7, 14 et Mt 1, 21.
  • Dans la deuxième partie de son message (v. 35-37), l’ange précise l’identité de l’enfant qui va naitre : il sera appelé Fils de Dieu : cf. aussi les références marginales données en BJ.

Question 3

  • Mt 1,21-22 annonçait cette naissance comme l’accomplissement de la promesse d’Is 7, 14 : Dieu-avec-nous ; Lc précise : il sera appelé Fils de Dieu. La parole de Gabriel (v. 35) « n’est pas une description, mais une image qui ménage le mystère » (NTC). Ce qui est annoncé à Marie dépasse de beaucoup l’annonce faite à Elisabeth (une naissance dans un âge avancé, comme en Gn 18, 11) ; mais rien n’est impossible à Dieu (Gn 18, 14).

 

  • Sur la réponse de Marie (v. 38), voir note TOB. « Elle accepte d’être en son corps même le lieu où se vérifiera que rien n’est impossible à Dieu. » (NTC)  

 

Jn 1, 1-18 : « … et le Verbe s’est fait chair … »Le Prologue de l’Evangile selon saint Jean n’est pas seulement le commencement de cet Evangile : en quelques lignes, ce texte évoque les principaux thèmes et résume la vision de Jn sur le mystère de Jésus.

  • Comparer ce texte de Jn avec celui de Pr 8, 22-30 et Si 24, 1-34 : que pouvez- vous constater ?
  • Etudier le texte de Jn : comment est-il construit ? Que reprend-il de l’AT ? Qu’apporte-t-il de nouveau ?
  • Quel est l’apport de ce texte pour notre thème ?

Question 1

  • Sur les liens entre ce texte de Jn et les textes de Sagesse, voir les notes de BJ sur Jn 1, 1 et TOB sur Jn 1, 3.
  • Comme la Sagesse qui est sortie de la bouche de Dieu (Si 24,3), le VERBE, la Parole vient de Dieu : Jn 1, 1-2.
  • Il est créé avant toutes les créatures (v. 1-2) comme Si 24, 9 ; Pr 8, 22-23 ; il est venu dans le monde (v. 10), où il a dressé sa tente (v. 14 et notes BJ et TOB).
  • Sur l’envoi particulier à Israël (Si 24, 8), le texte de Jn semble être plus ouvert (v. 9-12 et les notes TOB sur ces versets) ; cf. aussi Pr 8, 4ss.

Question 2

  • Le texte a peut-être une construction concentrique : A – v. 1-5 ; B – vv.9-11 ; C – v. 12-13 ; B’ v. 14 ; A’ v. 16-18 ; avec deux ajouts sur Jean-Baptiste : v. 6-8 et v. 15.
  • A l’origine de ce texte, certains voient une hymne, peut-être même une hymne juive sur le Logos (v. 1-5 et 11-12), complétée et christianisée par l’ajout des v. 4 et 16 : cf. les notes sur Jn 1, 1, de BJ 1999 et de TOB. Dans l’état actuel, ce texte parle du Verbe dans son rôle créateur (cf. Gn 1, 3. 6 ss ; Ps 33, 6-9 ; Sg 9, 1), envoyé par Dieu dans le monde et faisant retour à Dieu (cf. Is 55, 10-11).
  • Mais ici le VERBE est devenu chair, alors qu’il est le FILS Unique-Engendré (monogenès : v. 14 et 18 et les notes BJ et TOB) ; lui seul peut nous révéler le Père ; et ce VERBE appartient à notre humanité : Jésus-Christ (v. 17).

Question 3

  • Dans l’AT, la Sagesse / la Parole / l’Esprit était une présence aux hommes du Dieu unique (cf. monothéisme juif) ; En Jn, Jésus Christ, par son incarnation (v. 14 et notes) est désormais la Présence de Dieu (Jn 2, 19-21), la révélation du Dieu Père (cf.; 14, 6).
  • Jn 1, 14 : le VERBE est devenu chair : noter l’opposition entre ces deux termes.
  • Lui qui est Dieu, qui est tourné vers Dieu (v. 1 et note TOB) connait Dieu et lui seul peut nous le révéler (v. 18).
  • Comparé à Moïse (et à ce qu’il représente dans le judaïsme), Jésus lui est infiniment supérieur /v. 16-18) ; lui seul peut nous faire connaitre le mystère de Dieu : grâce et vérité (v. 14 et 17 et les notes BJ et TOB sur v. 14).

Jn 6, 26 -58 : « Je suis le pain de vie »Dans l’Evangile de Jean le miracle des pains est suivi par un long discours de Jésus à Capharnaüm. A ceux qui le recherchent, parce qu’il les a nourris de pain, Jésus voudrait offrir bien davantage. 

  • Situer ce passage dans son contexte. De quoi parle ici l’Evangéliste ?
  • Qu’est-ce que le « pain de vie » dans les versets 35-50 ? Que faut-il faire pour le recevoir ? Et dans les v. 51- 58 ?
  • Quel lien voyez-vous entre ce texte de Jn et notre thème ?

Question 1

  • Le miracle des pains est le 4ème « signe » dans la première partie de l’Evangile de Jean (Jn 1-12) où Jésus se révèle au monde ; à partir de Jn 13, il parlera « aux siens ».
  • Après le miracle des pains (Jn 6, 1-15), nous avons le miracle sur la mer (6. 16-21), puis le discours à Capharnaüm (6, 22-66) et enfin la confession de Pierre (6, 67-71).
  • Seul le discours (v. 22-66) est propre à Jn ; pour les autres éléments, voir les références marginales renvoyant aux autres Evangiles.
  • Noter la mention de la Pâque (6,4) ; c’est la 2ème pour Jn : cf. Jn 2, 13 et 11, 55.
  • En Mc et Mt on trouve aussi le lien entre le (premier) miracle des pains et un miracle sur la mer ; d’autre part, les trois Synoptiques placent également la confession de Pierre, en lien avec le miracle des pains, à la fin du ministère en Galilée.

Question 2

  • Dans le discours, Jésus se présente lui-même comme le don de Dieu (cf. les notes de BJ et TOB sur Jn 6, 35), capable d’apaiser toute faim et toute soif, comme la Sagesse dans l’AT.
  • Pour nous ouvrir à ce don, Jésus nous demande de venir à lui, (6, 35 et 37) de croire en lui (6, 35 et 40).
  • Dans les v. 40-42 l’Evangéliste note la réaction des auditeurs : ils murmurent (v. 41) ; pour connaitre qui est le « fils de Joseph », il faut être « attiré par le Père » (v. 44), et être « enseignés par Dieu » (v. 45).
  • Dans la suite, Jésus parle de manger sa chair et de boire son sang (v. 51-58) ; cf. les notes de BJ et TOB sur Jn 6, 51. A noter ici les verbes au futur : qui mangera le pain que je donnerai, vivra (v. 51) ; je le ressusciterai (v. 54) ; il vivra… (v. 57-58).
  • Devant ces paroles de Jésus, deux réactions : certains disciples murmurent et le quittent (v. 66) ; Pierre, au nom des Douze, dit sa foi en Jésus (v. 67. 69 et les notes BJ et TOB).

Question 3

  • Jésus est le Pain venu du ciel par son Incarnation et dans le sacrement de l’Eucharistie. Déjà dans l’AT, l’homme ne vit pas seulement de pain, mais de tout ce qui sort (en LXX : de toute parole qui sort) de la bouche de Dieu (Dt 8, 3 et note BJ).
  • Chez Jn, le mot « chair » est utilisé pour l’Incarnation (Jn 1, 14) et pour l’Eucharistie (Jn 6). L’Eucharistie, sacrement de l’Incarnation, Présence de Dieu pour nous durant le temps de l’Eglise.

Jn 14, 15 – 26 : Un autre Paraclet, avec vous à jamais.Aux disciples bouleversés par l’annonce de son départ, Jésus adresse un discours d’adieux. Il part vers le Père, mais il ne les laissera pas orphelins. Il leur promet une présence différente de celle qu’ils ont expérimentée jusque-là, mais une présence bien réelle.

  • Replacer notre texte dans son contexte et dans l’Evangile de Jn.
  • Que contiennent les v. 15 – 26 ? Comment Jésus parle-t-il ici du Paraclet ?
  • Qu’est-ce que ce texte de Jn apporte pour notre thème ?

Question 1

  • Nous sommes dans la seconde partie de l’Evangile de Jn ; dans les chapitres 13 – 20 (21), Jésus se révèle aux « siens » (cf. 13, 1), à ceux qui ont cru en lui.
  • En Jn 13-16, nous avons le récit du dernier repas de Jésus avec eux (13, 1-30), suivi des paroles concernant son départ (13, 31 – 14, 31). Après les ch. 15-16, nous trouvons la grande prière de Jésus (Jn 17) ; puis vient la Passion (Jn 18-19) et la Résurrection (Jn 20).
  • La TOB divise le (premier) discours d’adieux en 3 parties : 13, 31-38 ; 14, 1-14 ; 14, 15-31. Voir les notes de NBJ et TOB sur ces versets.

Question 2

  • Repérer dans notre passage les deux paroles sur le Paraclet (Jn 14, 15-17 et 14, 25-26)
  • Sur le mot Paraclet, – propre à la littérature johannique -, voir les notes BJ et TOB sur Jn 14, 16 et renvoi à 14, 26 et 1 Jn 2,1. Cf. aussi Jn 14, 17 : l’Esprit de vérité, et les notes BJ et TOB.
  • La 1ère parole sur le Paraclet est introduite par les v. 12-14 : Jésus continue son œuvre à travers les disciples ; la 2ème par les v. 18-24 : la Résurrection de Jésus et le temps postpascal va permettre aux disciples de découvrir qui était Celui qu’ils avaient suivi jusque-là (cf. v. 20 et note BJ et TOB)
  • Relever les affirmations les plus fortes des deux paroles sur le Paraclet. Voir aussi ce que Jn nous dit encore sur le Paraclet en 15, 26-27 ; 16, 7-15.

Question 3

  • La présence de Dieu en Jésus était limitée, dans le temps et l’espace, par son humanité véritable. L’Esprit de Vérité sera « un autre Paraclet pour être avec vous à jamais » ; il accompagnera les disciples partout et toujours.
  • Par le don du Paraclet, les disciples pourront entrer dans le mystère de Jésus ; il leur rappellera ce que Jésus a fait et dit et leur révélera la signification. Le Paraclet est donné par le Père à la prière de Jésus (v. 16) ; il fera se souvenir de tout ce que Jésus a fait et dit (v. 26). Cf. encore 16, 12-15 et notes TOB.
  • Les écrits du NT témoignent de cette compréhension postpascale  du mystère du Christ : cf., Jn 2, 12 ; 12, 16 ; voir aussi 1 Co 2, 7-12.

Ep 1, 1-23 : Le « mystère » de sa volontéPar sa vocation particulière et dans les événements qui ont marqué sa vie missionnaire, Paul a découvert peu à peu ce qu’il appelle le « mystère », un thème fondamental des Lettres aux Colossiens et Éphésiens.

  • Présenter la Lettre aux Ephésiens dans les écrits pauliniens. Situer notre passage dans la 1ère partie de cette Lettre.
  • Que contient notre texte ? Que nous dit-il sur le Christ ? sur Dieu ? sur l’Eglise ?
  • Pour notre thème : quel est l’apport de ce texte paulinien ?

Question 1

  • Ephésiens : une lettre de Paul en prison (cf. Ep 3, 1 ; 4, 1), « aux saints et fidèles de Jésus Christ » (Ep 1, 1) ; sur l’adresse « aux Ephésiens », lire note BJ et TOB sur Ep 1, 1 ; Ephèse, une communauté bien connue de Paul (cf. Ac 19, 10 et note BJ).
  • La lettre aux Ephésiens a beaucoup de relations avec celle aux Colossiens (cf. les introductions à ces Lettres) ; elle pourrait être l’œuvre d’un disciple de Paul écrivant dans la génération postapostolique (cf. TOB, Introduction), reprenant des thèmes de Paul, mais apportant des idées nouvelles sur le rapports des Juifs et des païens, le « mystère », le dessein de Dieu révélé dans l’Eglise.
  • Deux parties : Ep 1-3 : le mystère du salut et de l’Eglise ; Ep. 4-6 : parénèse. Dans la 1ère partie : Ep 1 : bénédiction (v. 3-14) et prière (v. 15-23) ; Ep 2 : salut dans le Christ : la réconciliation des Juifs et des païens ; Ep 3 : le « mystère » révélé à Paul.

Question 2

  • Après l’adresse (v. 1-2), la grande bénédiction (v. 3-14 : cf. les notes BJ et TOB sur v. 3) ; puis la prière d’action de grâces (v. 15-23), que l’on trouve dans les autres Lettres de Paul immédiatement après l’adresse, mais qui est ici précédée de la bénédiction.
  • Sur les divers aspects de la bénédiction, voir note TOB sur v. 3 ; en BJ les notes sur les versets 4ss. Sur les v. 11-12 (nous / vous), lire note TOB sur v. 12. ; dans le v. 14, le don de l’Esprit est présenté comme les arrhes (cf. note TOB) du don final (cf. les notes BJ et TOB).
  • Dans les v 15-23 : la prière de Paul ; comparer avec les passages cités en marge. Sur l’espérance (v. 18), lire la note TOB et le renvoi à Col 1, 5.
  • Dans les v. 21-23  l’auteur évoque le problème des Colossiens et la place du Christ dans l’univers : lire les notes de BJ et de TOB.

Question 3

  • La place du Christ dans le dessein de Dieu, le « mystère » : il est le Fils bien-aimé (v 6 et notes) du Père (v. 2. 3 et 17).
  • Le Christ  (v. 1.2.3.5.10.12.20), ressuscité et assis à la droite de Dieu (v. 20), au-dessus de toutes les puissances qui peuvent exister (v. 21 et note TOB sur Col 1, 16) ; il récapitule tout l’univers (v- 9-10) Il est la Tête de l’Eglise qui est son Corps (v.22-23). Pour l’image du Corps chez Paul, lire la note BJ sur 1 Co 12, 12 (titre).
  • Les croyants : élus en lui avant la création (v. 4-5), prédestinés à être des fils adoptifs. Ils ont entendu la Parole de vérité et ont cru et ils ont reçu les arrhes de l’héritage (v. 14-15). Ils forment le Corps dont le Christ est la Tête.
Advertisements