UN PARCOURS A TRAVERS LA BIBLE

dans la dynamique du Synode sur La Parole de Dieu (oct.2008)

Dans les Propositions transmises au Pape à la fin du Synode (octobre 2008) sur La Parole de Dieu dans la vie et la mission de l’Eglise, les Pères du Synodes souhaitaient que la Parole de Dieu retrouve dans l’Eglise la place qui lui revient. Comme ils le disaient, dans ces années qui ont suivi la promulgation de la Constitution sur la Parole de Dieu du Concile Vatican II (1965),

« a grandi de manière incontestable la conscience ecclésiale que Jésus-Christ, Parole de Dieu incarnée […] donne à la révélation son dernier achèvement et la confirme par le témoignage divin : Jésus-Christ, c’est Dieu avec nous, pour que nous soyons délivrés du péché et de la mort, et que nous soyons ressuscités pour la vie éternelle» (cf. DV. no. 4). Aussi forment-ils le vœu « que tous les fidèles grandissent dans la conscience du mystère du Christ, unique sauveur et médiateur entre Dieu et les hommes, et que l’Eglise, renouvelée par l’écoute religieuse de la Parole de Dieu puisse entreprendre une nouvelle saison missionnaire, annonçant la Bonne Nouvelle à tous les hommes. » (Proposition 2)

 C’est pourquoi, « ce Synode propose avec force à tous les fidèles la rencontre avec Jésus, Parole de Dieu faite chair comme un événement de grâce qui se reproduit dans la lecture et dans l’écoute des Ecritures Saintes » et il cite s. Cyprien : « Quand tu pries, tu parles avec Dieu, quand tu lis, Dieu te parle. » (Proposition 9)

Ces paroles, bien des chrétiens pourraient les comprendre comme une invitation à lire le Nouveau Testament ou même simplement les Evangiles. Mais la Parole que Dieu a donnée à l’Eglise, c’est toute la Bible, l’Ancien et le Nouveau Testament. Sans une certaine familiarité avec l’Ancien Testament, le Nouveau – et même les Evangiles – nous restent en partie fermés.

 En effet « Jésus a prié les Psaumes et il a lu la Loi et les prophètes ; il les cite dans sa prédication et se présente comme l’accomplissement des Ecritures. Le Nouveau Testament a sans cesse puisé dans l’Ancien Testament les paroles et les expressions qui lui permettent de raconter et d’expliquer la vie, la mort et la résurrection de Jésus. […] En conséquence, la foi apostolique est proclamée « selon les Ecritures » et présente Jésus comme le « oui » de Dieu à toutes les promesses. Pour ces raisons, la connaissance de l’Ancien Testament est indispensable à qui croit dans l’Evangile de Jésus Christ, parce que selon saint Augustin, le Nouveau Testament est caché dans l’Ancien et l’Ancien est présent dans le Nouveau. » (Proposition 10)

Lire la Bible seul est sans doute profitable. Mais la lire en groupe, en « église » assure certainement une meilleure compréhension, une lecture plus riche. Et c’est aussi une garantie de persévérance dans cette redécouverte de la Parole de Dieu.

« Le synode recommande la création de petites communautés ecclésiales d’écoute et d’étude de la Parole de Dieu. Dans de nombreux pays, il y a déjà des petites communautés composées de familles, enracinées dans les paroisses ou liées aux divers mouvements ecclésiaux et nouvelles communautés. Celles-ci se réunissent régulièrement autour de la Parole de Dieu pour la partager, et ils en reçoivent de la force. Certaines n’ont que rarement la possibilité de célébrer l’Eucharistie ; ils font l’expérience de la communauté et rencontrent la Parole de Dieu personnellement. A travers la lecture de la Bible, ils font l’expérience d’être aimés personnellement par Dieu. » (Proposition 21)

* * *
Voici un parcours en huit étapes qui pourrait servir pour une première approche de la Bible. Partant d’Abraham et contemplant quelques grandes figures qui marquent l’Ancien Testament, il nous conduit jusqu’à Jésus et à son mystère pascal.

1. – Gn 12, 1-9 : Abraham, l’homme qui écoute et accueille la Parole

A l’origine du peuple de Dieu, la Bible nous présente Abraham, un homme que Dieu appelle et qui répond; cet homme qui engage toute sa vie sur la parole de Dieu et qui se met en route vers l’inconnu. “Père des croyants”, Abraham est pour nous le modèle de l’homme qui écoute la Parole et la fait passer dans sa vie.

 Le travail pourrait commencer par un échange sur Abraham : qui est cet homme ? que savons-nous de lui ? Et sur sa foi : qu’est-ce que croire ? quelle différence faites-vous entre savoir et croire ? etc.

1) Dans Gn 12, 1-5 qu’est-ce que le Seigneur demande à Abraham ? Pourquoi ?
Quelle est la réponse d’Abraham ?
2) Qu’est-ce qui est nouveau dans les versets 8-9 ?
3) Qu’est-ce que ce texte m’apprend sur Dieu ? Et sur l’attitude de l’homme face à la Parole de Dieu ?

Question 1

• Dieu demande à Abraham de partir, de se mettre en route vers un pays inconnu (le pays que je te montrerai) .
• Abraham doit se séparer de son clan, de ses sécurités humaines.
• Le pourquoi de l’ordre de Dieu est donné dans les v. 2-3 : Dieu a un projet pour Abraham et, à travers lui, pour tous les clans de la terre.
• Abraham ne discute pas; il ne pose aucune question; il ne répond pas par des paroles : il obéit à l’ordre de Dieu : comparer les v. 1 et v. 4.

Question 2

• Dans les v. 1-5 Dieu parlait à Abraham; maintenant il se fait voir (v. 7).
• Au v. 1 Dieu lui demandait de partir pour un pays inconnu; ici il désigne le pays (v.7) et le promet à sa postérité.
• Noter la réponse d’Abraham à la promesse de la terre : il bâtit un autel (v. 7-8) et ainsi il consacre au Seigneur une partie de la terre qu’il vient de recevoir en promesse.

Question 3

• Dieu parle; il apparaît, c.-à-d. il entre en relation avec le patriarche; il se révèle à lui.
• Dieu promet (v. 2-3. 7) : remarquer l’emploi du futur dans ces verbes.
• En Abraham, nous trouvons l’attitude de l’homme qui accueille la Parole, qui obéit à cette Parole; qui accepte de se laisser déranger et mettre en marche.

Vers le Nouveau Testament

Lire Lc 1, 26-38 : comment la vocation de Marie et sa réponse complètent-elles ce que le “oui” d’Abraham avait permis de commencer ?

2. – Ex 3, 1-15 : Moïse, l’intercesseur et l’ami de Dieu

Abraham, notre père”, “Moïse, notre maître” disent les Juifs. Comme Abraham, Moïse est un personnage-clé de l’Ancien Testament. Son nom est lié à la sortie d’Egypte, élément fondateur d’Israël et de sa foi au Dieu qui se révèle dans l’histoire des hommes. La scène du Buisson est un des grands textes de la Bible.

1) Comment Dieu nous est-il présenté dans ces versets ? Relevez quelques traits qui vous paraissent significatifs ?
2) Qu’est-ce que ce passage nous apprend de Moïse : qui est-il ? Que fait-il ?
3) Quelle est la mission que Dieu donne ici à Moïse ? Quelle garantie Dieu lui
promet-il pour cette mission ?

Question 1

• Dieu a l’initiative; il intervient au milieu de l’activité de Moïse. Il voit la réaction de Moïse et la connaît (v. 3) comme il le connaît par son nom (v. 4).
• Le symbole du feu révèle l’aspect mystérieux de Dieu : attirant et insaisissable; de plus, c’est un feu qui brûle sans consumer le buisson (v. 2).
• Ce n’est pas un Dieu “nouveau” qui se révèle à lui : Ex 3, 6. 13. 15. 16.
• C’est un Dieu vivant qui voit, entend, connaît… (Ex 3, 7ss).
• C’est un Dieu qui est présent à la misère des opprimés : il prend fait et cause pour eux : “mon peuple” (v. 7).
• C’est un Dieu qui veut avoir besoin des hommes (v. 10).

Question 2

• Sur Moïse, voir le contexte immédiat : Ex 2 nous le présentait en 2 flashes : un bébé dans sa corbeille (2, 1-10), puis un homme qui voudrait faire justice mais qui échoue (2, 11ss).
• Moïse est berger; devant la manifestation de la sainteté de Dieu (cf. les notes de BJ et TOB sur Ex 3, 6), il est, à la fois, attiré et il a peur.
• Il ôte ses sandales et se voile la face (v. 5-6); cf. Jos 5, 15, cité en marge.
• Comme d’autres appelés de Dieu, Moïse se sent dépassé par la mission que Dieu lui confie et il voudrait se dérober : Ex 3, 13; cf. 4, 10; voir encore Jg 6, 15.

Question 3

• La mission de Moïse est de délivrer le peuple de la servitude pour l’amener au service de Dieu (v. 10. 12), à faire alliance avec Dieu.
• Remarquer que cette mission reprend (en partie) ce que Moïse avait voulu faire en Ex 2, 11-15. Moïse, qui a fait l’expérience de son impuissance à libérer ses frères par sa seule force; désormais, c’est avec le Seigneur et en son nom, qu’il accomplira cette mission.
• La garantie que Dieu lui donne : Je SUIS (SERAI) avec toi (v. 12); comparer ce passage avec Jg 6, 12-16; Jr 1, 8; Lc 1, 28. Dieu s’engage toujours avec celui qu’il appelle.

Vers le Nouveau Testament

Comparer cette vocation de Moïse avec Mt 4, 18-22 : pouvez-vous découvrir certaines constantes de l’action de Dieu ?

3. – Rt 1 à 4 : L’étrangère qui entre dans le peuple de Dieu

Le livre de Ruth est un des “Cinq rouleaux” de la Bible hébraïque et les Juifs le lisent chaque année pour la fête de Pentecôte. Un petit récit, mais rempli de symboles et d’enseignements !

1) Qui est Ruth ? Qu’est-ce que les chapitres 1-2 nous apprennent sur elle ? Relever ce qui vous parait le plus significatif ?
2) Quelle est la signification de sa démarche au chapitre 3 ? Comment comprendre la parole de Booz au verset 10 ?
3) Au chapitre 4, comment Booz agit-il ? Fait-il une bonne affaire, oui ou non ?
Justifier votre position.

Question 1

• Ruth est une Moabite (v. 4), devenue la femme de Mahlôn (cf. 4, 10), un fils de Noémi. Elle est veuve et sans enfant. Lire aussi la note BJ sur Rt 1, 16.
• Avec sa belle-sœur Orpa, elle accompagne Noémi qui revient au pays de Juda, mais contrairement à Orpa, elle ne veut pas se séparer de Noémi (v. 14ss).
• Au chapitre 2, elle demande la permission d’aller glaner (cf. la note sur 2, 2 : c’est le droit des pauvres) et elle va se trouver dans les champs de Booz : (2, 3).
• Elle travaille avec courage (v. 7); elle se dit “étrangère” (v. 10).
• Sur sa rencontre avec Booz, noter les v. 10-11 et les notes BJ.
• Booz lui donne (largement) à manger: v. 14 et 18 ; il donne aussi des ordres pour la protéger.

Question 2

• Sur le conseil de sa belle-mère, Ruth va demander à Booz d’user de son droit de rachat (3, 2; cf. 2, 20 +).
• Sur le sens de la démarche de Ruth (v. 9), cf. la note de BJ et les références indiquées.
• Pour le sens du v. 10, lire la note BJ : Ruth a fait preuve de piété (hèsèd) envers sa belle-mère en revenant avec elle (2, 11); maintenant, elle montre sa piété (hèsèd) envers sa famille d’adoption en demandant à Booz de l’épouser (v. 11)
• Sur le sens du mot hèsèd, voir la note de BJ sur Os 2, 22 +.

Question 3

• Booz s’est engagé envers Ruth à régler l’affaire le jour même (3, 11-13), mais il respecte le droit et la justice, n’étant pas le premier “go’el” (4, 1-4).
• C’est lui qui a pris l’initiative (v. 1), mais il indique clairement son désir (v. 4); puis il lie droit de rachat et lévirat (v. 5 et note BJ).
• Sur les raisons pour lesquelles le premier go’el renonce à son droit (v. 6 et note BJ); Booz peut alors acquérir le champ et épouser Ruth (v.9-10).
• En épousant Ruth et en lui donnant un fils, Booz comble le désir de Noémi (v. 13-17) : il assure la maintien du nom d’Elimélek (cf. Rt 1, 2-3)
• Mais les v. 18-21 insèrent Booz dans la généalogie de David et, par là, dans celle du Messie (cf. v. 18 et note BJ). Cf. aussi Mt 1, 5.

4. – 1 S 16, 1-13 : David choisi au milieu de ses frères

Devant le danger que représentaient pour Israël les Philistins, les Israélites cherchent à renforcer leur cohésion et ils se donnent un roi, comme les peuples qui les entourent. Mais un tel choix n’est-il pas un rejet du Seigneur, qui seul est le souverain d’Israël (cf. Jg 8,23) ?
Après l’expérience malheureuse de Saül, c’est le Seigneur lui-même qui va donner à son peuple « un roi selon son cœur ».

1) Comment ce récit met-il en évidence que c’est le Seigneur qui choisit ?
2) Quels sont les critères du choix de Dieu ? Comparez-les avec les références données en marge de BJ sur le v. 7.

3) Comment comprenez-vous le don de l’Esprit donné à David ?

Question 1

• Noter comment le choix de David est mis en évidence par le rédacteur, qui fait défiler avant lui tous les autres fils de Jessé.
• Relever tous les verbes dont Dieu est le sujet : c’est Dieu qui a rejeté Saül, qui envoie Samuel, qui donne les ordres, qui choisit celui que Samuel doit oindre…
• Remarquer aussi la différence entre le choix de Dieu et celui des hommes : v. 6-7.

Question 2

• Comparer avec les références marginales : 1 S 9, 2 et 10, 23 où, pour le choix de Saül, la grandeur, la force, etc. semblaient être les éléments décisifs. Voir aussi la note TOB sur 1 S 16, 6.
• Les citations de Jr concernent le Seigneur “qui connaît le cœur des hommes” : voir ce que signifie le “cœur” dans la Bible, cf. Table analytique de BJ ou en TOB la note sur 1 S 16, 7.
• Remarquer que Dieu choisit ici le plus jeune : thème du cadet, cf. Gn 4, 5 + ; qu’est-ce que cela veut dire ?

Question 3

• Sur la signification de l’Esprit dans la Bible, cf. la note sur Ez 36, 27 +.
• Suivez la référence donnée à Jg 3, 10 + (en marge); ainsi David est relié au “Juges”, aux sauveurs choisis (auparavant) par Dieu pour libérer son peuple.
• En lisant 1 S 10,5 (cité en marge), comparer le don de l’Esprit qui avait été fait à Saül; David le reçoit immédiatement et de façon durable : “à partir de ce jour-là…”

Vers le Nouveau Testament

Lire Lc 10, 21-24 ou 1 Co 1, 26-30 : le cas de David n’est pas exceptionnel; les choix de Dieu sont toujours déroutants pour la raison humaine.

Prière : Prier le Magnificat (Lc 1 46-55) en remerciant Dieu pour notre vocation chrétienne.

5. – Jr 18, 1-12 : « Comme l’argile dans la main du potier. »

Le contexte de cette Parole de Dieu paraît être la prière de Jérémie en 17, 14-18 : le prophète doit annoncer à ses compatriotes des paroles de malheur. Mais comment Dieu, qui a choisi ce peuple et qui l’a conduit jusque-là, peut-il vouloir sa destruction ? En réponse, le Seigneur invite Jérémie à descendre chez le potier.

1) En quoi l’action du potier révèle-t-elle à Jérémie l’action de Dieu ?
2) Comparer Jr 18, 7-10 avec Jr 1,10 (cité en marge) : quelles constatations pouvez-vous faire ? Quelles remarques ?

3) Comment comprenez-vous le rapprochement avec Ez 18, 21-24 (en marge) ?

Question 1

• Le potier connaît le modèle du vase qu’il veut tirer de la glaise, mais parfois son projet rate à cause de l’argile, pas assez malléable ou contenant des impuretés.
• Le potier ne se décourage pas, il recommence jusqu’à ce que le vase corresponde à au modèle qu’il désire réaliser; il est plus patient que Jérémie (Jr 17,18).
• L’image du potier marque, à la fois, la puissance de Dieu sur son peuple et, en même temps, son amour pour lui.

Question 2

• On retrouve ici les mêmes verbes qu’en Jr 1,10 où ils exprimaient la mission de Jérémie. Comme tous les prophètes, Jérémie a dû annoncer davantage le malheur que le bonheur.
• Noter que cette annonce de bonheur ou de malheur n’est pas indépendante de la réaction des auditeurs (v. 8.10).
• L’annonce d’un malheur n’est pas un oukase; c’est encore une dernière invitation pressante à l’éviter (v. 11); cf. Jr 26,3; 36, 3. Cf. l’exemple de Jon 3, 10 !

Question 3

• Dans les deux cas, l’attitude du Seigneur peut changer selon le comportement de l’homme, selon qu’il écoute ou non la Parole de Dieu : cf. Ez 18,21 +.
• Mais Jérémie parle encore dans l’optique de la responsabilité / rétribution collective, alors qu’Ezéchiel se place sur le plan de la responsabilité personnelle : voir la note importante donnée en BJ sur Ez 14, 12 + (cité en marge d’Ez 18, 1).

Vers le Nouveau Testament

Lire Mc 10, 28-31 ou encore Rm 9,19-24 : réfléchissant sur la situation d’Israël, saint Paul se souvient de la réponse donnée jadis par Dieu à Jérémie.

Prière : que le Seigneur nous aide à garder toujours confiance en lui, même lorsque nous ne comprenons plus. Prions le Ps 130 (129).

6. – Lc 10, 25 – 37 : « Et qui est mon prochain ? »

Apprendre à vivre en disciples de Jésus, tel pourrait être le titre de la section que Luc consacre à “la montée vers Jérusalem” (Lc 9, 51 – 19, 28). Le passage étudié nous rappelle un des préceptes essentiels de la vie du disciple de Jésus.

1) Que contient ce passage de Luc ? Que recherche le docteur de la Loi ? Quelle est la réponse de Jésus ?
2) Étudier les personnages de la parabole ? Que font-ils ?
3) Montrer comment les v. 30-36 illustrent la réponse du v. 27 ?

Question 1

• Le texte comprend deux parties : la question sur le commandement (v. 25-28) et celle sur le prochain (v. 29-37); cette deuxième question est propre à Luc.
• Remarquer les motivations qui le poussent à interroger Jésus : v. 25 et 29. Noter que Jésus ne donne pas la réponse : il invite l’homme à répondre lui-même (v. 26 et 36). Le docteur de la Loi cherche à avoir en héritage la vie éternelle : v. 25 et note TOB. Il répond bien aux questions de Jésus (v. 27-28 et v. 37). Sur sa réponse au v. 27, lire la note de TOB sur ce verset.

Question 2

• Il y a l’homme sur le chemin : on ne sait rien de son identité, ni pourquoi il se trouvait sur ce chemin; c’est simplement un homme dans une situation de détresse (v. 30).
• Le prêtre et le lévite sont des juifs, et même des membres particuliers de ce peuple (cf. note BJ sur Lc 10, 33). Pour les deux, Jésus décrit leur comportement par les mêmes mots : il voit … et il passe à distance (v. 31. 32).
• Le samaritain, au contraire, voit, fut pris de pitié et s’approche. Sur le samaritain, voir les notes de BJ et TOB sur Lc 10, 33.
• Noter aussi comment la parabole enseigne que cette “pitié” du samaritain se traduit dans des actes concrets : il prend soin du blessé (cf. les nombreux verbes du v. 34) ; et il le fait jusqu’au bout (v. 35).

Question 3

• Au v. 27, l’homme reconnaissait que la Loi (qui conduit à la vie) demande d’aimer le prochain comme soi-même, mais il ne donnait pas à ce mot (prochain) la même largeur que Jésus (voir note TOB sur v. 29).
• La parabole explique qui est le prochain : voir les notes TOB sur les v. 29 et 30.
• A noter comment le scribe posait la question et comment Jésus la lui retourne (au v. 36) : quelle différence voyez-vous ? Voir la note TOB sur le v. 37.
• Noter également l’insistance dans ce texte sur le verbe “faire” : v. 25. 28. 37 (bis). Comparer avec ce que Jésus dit en Mt 7, 21-23.

En lien avec la liturgie

Le beau texte de Dt 30, 10-14 nous présente la Loi comme le chemin qui conduit à la vie. C’est un chemin offert et accessible à chacun “pourvu qu’il le mette en pratique”.

7. – Lc 24, 13-35 : Rencontrer aujourd’hui le Ressuscité.

Le merveilleux récit d’Emmaüs est bien davantage qu’une belle anecdote. Ce texte de Luc nous fait découvrir ce qui a permis aux premiers chrétiens de dépasser le scandale de la mort de Jésus. Il nous montre aussi comment nous pouvons aujourd’hui, sur nos chemins, rencontrer le Christ Ressuscité.

1) Quelle est la situation des deux disciples au début du récit ? Et à la fin ?
2) Comment le changement s’est-il produit pour eux ?
3) Qu’est-ce que ce texte nous apprend sur Jésus ? Comment pouvons-nous le
rencontrer aujourd’hui ?

Question 1

• Au début : deux hommes en marche vers Emmaüs, tournant le dos à Jérusalem (et à tout ce qui vient de s’y dérouler); ils parlent de leur expérience (14. 18ss); ils sont sombres (v. 17) et déçus (v. 21).
• À la fin : les deux hommes de retour à Jérusalem, ouverts au message pascal (33-34) et partageant leur propre découverte.
• Les v. 13-24 donnent les événements de Pâques vus par un sympathisant; à partir du v. 25, ce sont les mêmes faits pour le croyant, éclairés désormais par l’Ecriture et la parole de Jésus : voir la note TOB sur le v. 13.

Question 2

• Le changement se fait par la présence de Jésus (v. 15), par ses questions (v. 17 et 19) qui permettent d’abord aux disciples d’exprimer leur déception.
• Par la “leçon” donnée par Jésus (v. 25; cf. v. 32) : “il fallait…” : sur ce point, voir la note TOB sur le v. 27; voir aussi en BJ Lc 18, 31 + (cité en marge).
• Sur l’invitation à entrer (v. 29) et la “fraction du pain “ (v. 30; cf. v. 35) : voir la note TOB sur le v. 30 et celle de BJ sur le v. 35.
• Noter le cœur qui devient brûlant (cf. v. 32) et les yeux qui s’ouvrent (v. 31 à comparer avec le v. 16).

Question 3

• Jésus de Nazareth, prophète puissant en œuvres et en paroles (cf. Mt 16, 14 +) et le renvoi à Dt 18, 15. 18.
• Jésus livré, condamné à mort, crucifié (v. 20); noter qu’ils connaissaient déjà tous les événements de Pâques (v. 22-23) mais sans y adhérer encore.
• Jésus, le Messie souffrant : cf. Lc 9, 22 + et 18, 31 +.
• Jésus qui rompt le pain : v. 30 et Lc 24, 35 +; c’est par l’écoute de la Parole (AT et NT) que les événements de Jésus prennent leur signification. Moïse et les prophètes, d’une part, et la parole de Jésus, d’autre part, s’éclairent réciproquement.
• C’est dans l’Eucharistie, la “fraction du pain” que Jésus se laisse rencontrer.

Aujourd’hui…

La liturgie nous offre régulièrement ce contact avec l’AT et le NT : avons-nous compris que seule une écoute attentive et persévérante de la Parole peut nous ouvrir les yeux sur le mystère de Jésus et nous le faire rencontrer dans l’Eucharistie et dans les événements de notre vie ?

8. – Jn 20, 1 – 18 : “Va dire à mes frères …”

La mission chrétienne consiste avant tout dans l’annonce du message pascal. Comme les Évangiles synoptiques, Jn connaît la venue des femmes au tombeau au matin de Pâques et le message qui leur fut confiée. Mais ici l’Évangéliste concentre son récit sur Marie de Magdala.

1) Comment peut-on diviser ce texte ? Qu’est-ce qui est commun à la tradition
évangélique ? Qu’est-ce qui est propre à Jn ?
2) Étudier plus particulièrement Jn 20, 11- 18. Suivre la démarche de Marie de
Magdala.
3) Dans les v. 17-18, vers qui Marie est-elle envoyée ? Quelle est sa mission ?

Question 1

• Une division possible : Marie au tombeau (v. 1-2); les deux disciples au tombeau (v. 3-10); Marie rencontre le Ressuscité (v. 11-18).
• Les quatre Évangiles parlent de la visite des femmes au tombeau, le premier jour de la semaine et du tombeau ouvert et vide; Lc 24, 24 connaît la démarche des apôtres au tombeau et note leur difficulté à croire à la Résurrection; Mc 16, 9 parle de l’apparition de Jésus à Marie de Magdala; Mt 28, 9 rapporte une apparition aux femmes.
• Jn note qu’il faisait sombre (v. 1) : symbolisme ? Il parle de “l’autre disciple” (v. 2. 3. 4. 8) qu’il identifie avec “celui que Jésus aimait” (v. 2 et note TOB sur Jn 13, 23).
• Jn seul raconte la démarche des deux disciples (v. 3-10) et l’apparition de Jésus à Marie de Magdala (v. 13-18).

Question 2

• Elle va au tombeau pour pleurer (v. 11. 13. 15), cf. l’attitude de Marie, la sœur de Lazare, en Jn 11, 31ss. Elle a une vision d’anges (v. 12 et note TOB).
• Pour sa réponse au v. 13 : cf. v. 2 et v. 15.
• Elle voit Jésus mais ne le reconnaît pas (v. 14-15); cf. en marge de BJ le renvoi à Lc 24, 16 et à la note de BJ. Elle reconnaît Jésus quand il l’appelle par son nom : cf. Jn 10, 3-4; voir aussi Lc 24, 30-31 et 35.
• Mais sa connaissance de Jésus n’est pas encore complète : comparer “Rabbouni” (v. 16 et note TOB sur Mc 10, 51) avec “Seigneur” (v. 18).

Question 3

• (v. 17) : “mes frères … mon Père et votre Père “ ; voir la note TOB qui nous renvoie à Jn 1, 12 et à 1 Jn 3, 1-2. Voir encore les références marginales de TOB sur le v. 17.
• Sur la signification des v. 17-18. cf. la note TOB. L’importance porte sur “monter vers le Père” : c’est la Résurrection en langage johannique (cf. Jn 13, 1-2).
• Marie est invitée à passer de son attachement à Jésus (“ne me retiens pas” : cf. la note TOB) à la connaissance du Seigneur Ressuscité, notre frère.
• Ce passage au Père ouvre le temps de l’absence, dont parle Jésus en Jn 14 dans le discours d’adieux. Mais le retour vers le Père est aussi la véritable révélation de Jésus et de Dieu (cf. Jn 14, 1-3 …. 28ss.
• Marie de Magdala est ainsi présentée comme la première messagère de la foi pascale.

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