QUAND LA PAROLE FAIT EGLISE

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1. – Gn 12, 1 – 9 : « Je ferai te toi un grand peuple… »

Pour les Juifs, mais aussi pour les chrétiens et pour les musulmans, Abraham est le père des croyants. Par son obéissance à la Parole que Dieu lui adressait, il a rendu possible les débuts du dessein de Dieu.

1) Dans la Bible, ces versets ouvrent l’histoire des ancêtres d’Israël : réfléchir à la place qui a été donné à ce récit.
2) Que contiennent ces versets ? Qu’est-ce qui est mis en évidence ?
3) Comment ce texte peut-il préparer notre thème ?

Question 1

– Avec Gn 12 commence la deuxième partie de la Genèse : après l’Histoire primitive (Gn 1-11), nous entrons dans l’Histoire patriarcale (Gn 12-50).
– Réfléchir au lien entre Gn 1-11 et notre texte (lire la note TOB sur Gn 12, 1) :
– On peut également lire la note BJ sur Gn 11, 1 (titre).
– Quelle signification prennent dans ce contexte l’appel adressé à Abraham et la réponse qu’il donne ?

Question 2

– Ces versets sont la continuation de Gn 11, 31.
– Notre texte peut se diviser en deux parties : l’appel de Dieu et le départ pour Canaan (12, 1-5), puis les déplacements à l’intérieur de Canaan, à Sichem, à Béthel, enfin au Négeb (12, 6-9).
– Remarquer l’ordre de Dieu : quitte ton pays, ta parenté, la maison de ton père… (v. 1) et la réponse d’Abraham, sa disponibilité (v. 4a).
– Dans la parole de Dieu, il y a l’ordre de partir (v. 1), mais aussi une promesse (v. 2) et la bénédiction (v. 3).
– Celui qui est ainsi mis en route est déjà âgé (v. 4) et il n’a pas d’enfant (cf. 11, 30).
– Dans les v. 6-9 la promesse se précise (v. 7) ; dans ce pays qu’il reçoit pour sa postérité, Abraham construit deux autels pour le Seigneur (v. 7 et 8).

Question 3

– Dans un monde qui s’éloigne toujours davantage de Dieu (Gn 1 – 11), l’appel d’Abraham marque la volonté de Dieu de rassembler les hommes.
– Abraham, le croyant, devient le premier dans ce projet de Dieu : je ferai de toi un grand peuple… ; cf. aussi v. 3b : par toi se béniront tous les clans de la terre.
– Lire Ac 3, 25 et Ga 3, 8 (cités en marge par BJ) : comment les auteurs du NT interprètent-ils cette promesse faite au patriarche ?

2. – Ex 24, 1 – 18 : Les Paroles de l’alliance

Le récit de l’alliance que Dieu a offerte à Israël et qui a été scellée au Sinaï tient une grande place dans la Bible. Par ce rite et en obéissant à la Parole de Dieu, Israël devient un peuple.

1) Comment ce passage biblique est-il construit ?
2) Sur quoi insistent les v. 1-2 et 9-18 ?
3) Etudier les v. 3-8 : de quoi parlent ces versets ?
4) Que peut-on retenir de ce texte pour notre thème ?

Question 1

– Lire la note BJ sur Ex 24, 1 (titre) qui présente une division (possible) des v. 1-11 en deux parties (v. 1-2 et 9-11 ; et v. 3-8) ; mais on peut aussi continuer après les v. 9-11 et lire aussi les v. 12-15 (et même 12-18).
– Ainsi après le 1er ordre de Dieu (v. 1-2) et l’exécution de cet ordre (v. 9-11), vient un 2ème ordre de Dieu, à Moïse seul, suivi de l’exécution (13-15 et 16-18).
– Le récit de la rencontre avec le Seigneur sur la montagne encadre celui de la conclusion de l’alliance rapportée dans les v. 3-8.

Question 2

– Noter l’importance donnée ici aux prêtres (Aaron et ses fils : v. 1 et 9) et également aux 70 anciens (v. 1 et 10-11).
– Mais c’est surtout le personnage de Moïse qui est mis en valeur (v. 2), lui seul est invité à monter sur la montagne (v. 12-15) alors que la nuée couvre la montagne (v. 16 et note BJ) ; puis il entre dans la nuée et y demeure 40 jours et 40 nuits (v. 18).

Question 3

– Lire la note BJ sur 24, 1 (titre) : ici intervient la célébration de l’alliance par le rite du sang répandu sur l’autel et sur le peuple.
– Relever les personnages de ce récit : Moïse et le peuple ; noter quel est ici le rôle de Moïse et celui du peuple (cf. la note BJ sur v. 8).
– Sur la signification du sang, lire la note sur Lv 1, 5 (signalé en note) : un même sang est répandu sur l’autel (qui représente le Seigneur) et sur le peuple.
– Relever aussi l’importance donnée aux paroles (v. 3-4a et v. 7) prononcées par Moïse devant le peuple et accueillies par celui-ci.

Question 4

– Lire la note BJ sur 24, 3 : les Paroles de Dieu pour l’alliance sont d’abord les « Dix Paroles » (cf. Ex 20, 1ss), mais la tradition biblique a voulu mettre toutes les lois (successives) sous le nom de Moïse et les faire remonter à la rencontre du Sinaï.
– Noter l’importance donnée à la proclamation de ces Paroles (deux fois : v. 3 et 7) et à la réponse totale du peuple unanime.
– Après cette double proclamation et le double accord donné par le peuple, l’alliance est conclue : Israël est désormais le peuple du Seigneur.

3. – Dt 4, 9-20 : La rencontre à l’Horeb

Ce qui a constitué Israël comme peuple, ce sont les événements de l’Exode et du Sinaï. Le Deutéronome les rappelle et il invite Israël à les garder profondément dans sa mémoire.

1) Comment se présente le Dt ? Situer notre passage dans l’ensemble du livre.
2) De quoi parlent les v. 9-20 ?
3) Que pouvons-nous en déduire pour notre thème ?

Question 1

– Le Dt se présente comme le(s) dernier(s) discours de Moïse au peuple avant que celui-ci entre dans la Terre ; c’est aussi le testament de Moïse, sur le point de mourir au mont Nébo (cf. Dt 34, 1ss).
– En fait le livre contient 3 discours (Dt 1, 1 – 43 : 4, 44 – 28, 68 ; 29, 69 – 30, 20) ; ces trois discours sont suivis de quelques compléments (Dt 31-34). Le 2ème discours enclave le Code deutéronomique (Dt 12 – 26 et la note sur 12, 1).
– Notre passage appartient au 1er discours (dans l’état du texte actuel) ; sur ce discours, voir la note BJ sur 1, 5.
– Après Dt 1 – 3 (qui est un rappel de l’histoire), en Dt 4, 1 (cf. note TOB sur le titre) commence l’exhortation à la fidélité.

Question 2

– Comparer le découpage proposé en TOB (4, 10 – 14 ; 4, 15 – 31) avec celui de la BJ.
– Dans ce passage, on trouve la révélation de Dieu à l’Horeb (v. 9-14) suivie d’une forte mise en garde contre l’idolâtrie (v. 15-20). Cf. les deux impératifs aux v. 9 et 15.
– La 1ère partie insiste sur la rencontre de l’Horeb et le don des « Dix Paroles » : cf. la note sur le v. 14.
– La 2ème partie tire les conclusions de la manifestation de Dieu : Israël a entendu la voix de Dieu, mais il ne l’a pas vu (note sur le v. 15).
– Au sujet du culte des astres (v. 19), voir la note TOB ; en BJ, cf. la référence à Sg 13, 2 (citée en marge).

Question 3

– Noter l’importance donnée à l’assemblée de l’Horeb ; sur le mot « assemblée », voir en BJ la note sur Dt 9, 10.
– Le peuplée est rassemblé par Moïse pour écouter la voix du Seigneur, qui lui parle et lui donne les « Dix Paroles ».
– Israël doit se souvenir : c’est cette Parole qui le rassemble et non pas des images faites par des mains humaines (v. 15-18, ni même les astres du ciel (v. 19).
– Rassemblé par la Parole, Israël devient le peuple choisi, l’héritage de Dieu : v. 20 ; cf. Dt 7, 6, cité en marge.

4. – Ez 37, 1 – 14 : Un peuple recréé par la Parole

Un des textes des plus célèbres d’Ezéchiel. Au peuple en exil à Babylone, qui a tout perdu, le prophète vient redonner espoir. Même dans cette situation désespérée, Dieu peut ressusciter son peuple et il va le faire.

1) Situer ce texte : qui est Ezéchiel ? Quelle est la situation du peuple au moment où il donne ce message ?
2) Repérer les formules qui reviennent et proposer une division de ce texte.
3) Que pouvons-nous tirer de ce texte biblique pour notre thème ?

Question 1

– Avec Ez 37, nous sommes dans la 3ème partie du livre, où se trouvent les oracles d’espérance : lire la note BJ sur Ez 33 (titre) ; en TOB, l’introduction présente Ez 33-37 comme « la restauration du peuple ».
– Ezéchiel est un prêtre (cf. 1, 3) qui a fait partie de la première déportation (en 598) ; cf. 2 R 24, 14-17.
– Son ministère prophétique se passe à Babylone entre 592 (cf. Ez 1, 2) et 571 (cf. Ez 29, 17) ; ce ministère est contemporain de la 2ème prise de Jérusalem (en 587) avec la destruction de la ville et du Temple.

Question 2

– Aux v. 3 et 11 : « il me dit : Fils d’homme, ces ossements … »
– Dans les v. 5. 9. 12 : « ainsi parle le Seigneur… »
– On peut y voir trois parties : la mise en scène de l’ensemble (v. 1-2) ; la question au prophète et l’ordre de prononcer l’oracle (v. 3-10) ; enfin la parole de Dieu au prophète et la promesse du salut (v. 11-14).
– Noter l’importance du v. 11 qui termine l’image et introduit la promesse de la résurrection du peuple.
– Les v. 12-13 utilisent une image différente (de celle des v. 1-10) pour le passage de la mort à la vie : l’ouverture et la sortie d’un tombeau.

Question 3

– En exil, la Parole de Dieu rend la vie au peuple anéanti (v. 11) et qui avait perdu tout espoir.
– La Parole est capable de rassembler même les ossements (v. 5-8) et de les ranimer (v. 9-10). En exil, le peuple a tout perdu (pays, roi, Temple…) : il lui reste la Parole.
– Cette Parole ouvre les tombeaux ; elle fait remonter de la tombe ; elle ramène dans la terre.
– Noter la question : vivront-ils (v. 3) et la promesse : vous vivrez (v. 14).
– La Parole du prophète est efficace (cf. Is 55, 10-11) ; ici v. 14

5. – Ne 8, 1 – 18 : A la naissance du Judaïsme

La reconnaissance des lois et des coutumes des différents peuples faisait partie de la politique de l’empire perse. Pour les Juifs, la reconnaissance officielle de la Loi à l’époque d’Esdras, a marqué un tournant décisif dans leur histoire.

1) Situer ce texte et expliquer la mission d’Esdras en vous aidant des notes de la BJ.
2) Que contiennent les v. 1-18 de notre texte ? Travailler plus spécialement sur les
versets 1-12.
3) Que pouvons-nous tirer de cette page de la Bible pour notre thème ?

Question 1

– Lire la note BJ sur le titre : ce texte devrait probablement faire suite à Esd 8, 36.
– Selon Esd 7, 8, Esdras arrive à Jérusalem le 5ème mois de la 7ème année d’Artaxerxés (probablement en 398) ; la promulgation dont parle notre texte a lieu deux mois plus tard, le 1er jour du 7ème mois (Ne 8, 2 et la note sur ce verset).
– Sur la mission d’Esdras, lire Esd 7, 11-26 et la note de BJ sur Esd 7, 11 (titre) ; spécialement ce qui est dit sous b.

Question 2

– Comme l’indique la note de BJ, notre texte peut se diviser en deux parties : les v. 1-12 racontent la promulgation de la Loi ; les v. 13-18 font référence à une fête (Sukkôt) qui commence le 15ème jour du 7ème mois et qui dure 8 jours (cf. la note BJ sur v. 14).
– Dans les v. 1-12 on remarque l’importance donnée au Livre de la Loi de Moïse / de Dieu : les v. 1. 3. 5. 7. 8 ; cf. aussi v. 9 et 12.
– Sur cette Loi, lire la note TOB sur v. 1 ; voir aussi Esd 7, 25-26 ; on pourrait lire également, en BJ, les deux derniers paragraphes de l’Introduction à Esd-Ne.
– Les v. 4-8 présentent cette lecture de la Loi comme une liturgie synagogale (cf. la note TOB sur v. 5).
– Cette promulgation de la Loi donne lieu à une fête (v. 9-12).

Question 3

– On notera l’importance de la Tora en Exil et surtout au retour de l’Exil.
– C’est désormais autour de cette Parole, autour de la Loi, que se fait l’unité du peuple juif.
– Mais cette Parole doit pouvoir être comprise par chacun ; d’où le besoin de la traduire (v. 8 et la référence marginale à Esd 7, 6+).

6. – Ba 3, 9 – 4, 4 : La Sagesse qui fait vivre Israël

Le livre de Baruch, qui emprunte le nom du secrétaire de Jérémie, invite le peuple à une célébration pénitentielle. Cet écrit témoigne de la méditation et des relectures de la tradition religieuse d’Israël au cours des siècles et en particulier dans les moments de crise.

1) Que contient le Livre de Baruch ? Quelle est la place de notre texte dans ce Livre ? Que savons-nous de la situation de l’auteur et du peuple à qui il s’adresse ?
2) Diviser notre texte. De quoi parle ici l’auteur ?
3) Que nous apporte ce texte de Baruch pour notre thème ?

Question 1

– Lire la note de BJ sur Ba 1, 1 (titre) qui nous renvoie à l’Introduction.
– Après Ba 1, 1-14 qui introduit le livret, on trouve une prière de confession et d’espoir (1, 15 – 3, 8) ; vient alors notre passage : un poème sapientiel (3, 9 – 4, 4) ; enfin le livre se termine par une pièce prophétique où Jérusalem personnifiée s’adresse aux exilés (4, 5- 5,9).
– On le voit, le Livre de Baruch est composite ; l’Introduction de la TOB le date de la 2ème moitié du second siècle.
– C’est un écrit de la Diaspora juive ; il commence par un constat de rupture entre Dieu et son peuple et il se termine par la réconciliation.

Question 2

– Après l’introduction (3, 9-14), nous trouvons le corps du poème (3, 15 – 4, 1), puis trois versets d’exhortation pour terminer (4, 2-4).
– Le corps du poème parle de la Sagesse et de son inaccessibilité pour les humains (v. 15) ; à la question « Qui peut découvrir son lieu ? », les v. 3, 16-31 donnent d’abord une réponse négative (cf. Jb 28, 1 cité en marge) ; la suite (3, 32 – 4, 1) apporte une réponse positive.
– Dans la réponse négative, l’auteur mentionne les chefs des nations et ceux qui accumulent l’argent et l’or (v. 16-21) ; il y joint même les artistes (v. 18) ; il parle ensuite des sages fameux de l’Orient (v. 22-23 ; cf. aussi Jb 2, 11 +, cité en marge), et même les géants des temps anciens (v. 26-28).
– Mais Dieu seul connaît la Sagesse (v. 32-36) ; elle se manifeste dans sa création.
– Et Dieu a donné cette Sagesse à Israël (3, 37 – 4, 1 ; cf. aussi Dt 30, 11, cité en marge) ; la Sagesse s’identifie au Livre de la Loi, source de vie pour qui la garde.

Question 3

– Pour l’auteur de Ba, les malheurs qui ont frappé Israël sont les conséquences de l’oubli, par le peuple, de la Sagesse que Dieu lui avait donnée (= la Loi) ; de là, l’Exil et la dispersion parmi les nations païennes (3, 10-11).
– D’où son appel, au début, (3, 9) et à la fin de notre passage (4, 2-3) : l’auteur invite Israël à écouter et à revenir à la Loi qui le rassemble et le fait vivre.
– Sur Ba 3, 38, lire la note TOB (cf. en BJ la référence marginale à Jn 1, 14) : en Jésus, Parole devenue chair, Dieu veut rassembler tous les hommes (cf. Jn 11, 52).

7.- Mc 4, 13 – 20 p : Pour que la Parole porte du fruit

La parabole du Semeur exprimait la confiance de Jésus dans sa mission malgré les oppositions rencontrées. L’Eglise primitive se souvient de cette parabole de Jésus et elle en tire un enseignement pour sa vie.

1) Situer ce texte dans l’Evangile selon s. Marc.
2) Comparer le texte de Mc avec ceux Lc et de Mt : relever ce qui est semblable et ce qui est différent ; expliquer ces textes.
3) Quelles relations peut-on trouver entre ces textes et notre thème ?

Question 1

– Notre texte fait partie de Mc 4, 1-34, un passage où Mc réunit 4 paraboles de Jésus : cf. la note TOB sur Mc 4, 2.
– Jésus est au bord de la mer (cf. 2, 13) ; il s’adresse aux disciples et à la foule : lire la note TOB sur 4, 1 (qui nous renvoie à la note sur Mc 3, 13).
– Mc nous présente Jésus racontant la parabole du Semeur (v. 1-9), puis à l’écart de la foule (cf. note TOB sur 4, 10), il répond à la question des disciples (v. 11-12) et il leur donne ensuite l’explication de la parabole (v. 13-20).
– Une composition semblable se retrouve en Mt (Mt 13, 1-9. 10-15. 18-23) et en Lc (Lc 8, 4-8. 9-10. 11-15).

Question 2

– Noter en Mc le thème de l’inintelligence des disciples (v. 13 et note TOB).
– Sur l’explication de la parabole en Mc, lire la note TOB sur le v. 14.
– Comme dans la parabole, il y a une opposition entre les 3 premières situations et la quatrième (qui porte fruit).
– Sur l’explication de Mt, cf. la note TOB sur Mt 13, 18 ; remarquer également l’importance que l’Evangéliste accorde à la compréhension (v. 19 et 23).
– Pour l’interprétation de Lc, lire les notes TOB sur les v. 12. 13 et 15. Comparer aussi Lc 8, 15 avec Lc 2, 19 et 2, 51 : que peut-on en tirer ?

Question 3

– Noter chez Mc l’insistance sur « la Parole » : 8 fois ; lire la note TOB sur Mc 4, 14 ; cf. encore Mc 2, 2 et note TOB. Les v. 15-19 parlent des obstacles à cette Parole ; le v. 20 dit sa fécondité quand elle est accueillie.
– En Mt 13, 19, ce qui est semé est « la Parole du Royaume », c’est-à-dire celle qui annonce et instaure le Royaume. Mais cette Parole, il faut la comprendre, c’est-à-dire se soumettre à ce qu’elle demande de faire, pour qu’elle puisse porter du fruit.
– Chez Lc aussi, Jésus proclame la « Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu » (cf. 8, 1) et la parabole du Semeur fait partie de cette proclamation : accueillir la Parole, c’est être sauvé (v. 12) et faire partie de sa famille (cf. 8, 21).
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8. – Lc 4, 16 – 30 : « Aujourd’hui cette Parole s’accomplit… »

Pour Luc, la scène de Jésus à la synagogue de Nazareth, donne par avance un résumé de ce que sera la vie de Jésus et celle des communautés qui, après Pâques, continueront à vivre de son message.

1) Situer ce passage dans l’Evangile selon s. Luc ; quelle place lui a donnée l’Evangéliste ?
2) De quoi parlent les v. 16-22a ? et les v. 22b-30 ?
3) Quel rapport peut-on voir entre le texte de Lc et notre thème ?

Question 1

– Après les récits du baptême et de la tentation (Lc 3, 1 – 4, 13), Lc nous présente le début du ministère de Jésus (4, 14-15 et les notes de BJ et TOB).
– Dans la marge de Lc 4, 15, la BJ donne = Lc 4, 44 : marquant ainsi la scène de Nazareth par une inclusion.
– Sur la composition de cette scène (4, 16-30), lire les notes de BJ et TOB, sur le titre.
– Le texte peut se diviser en deux parties (v. 16-22a et 22b-30) : proposer des titres pour ces deux parties.

Question 2

– Comparer la citation donnée dans les v. 18-19 avec le texte d’Is 61, 1-2 : que découvrez-vous ? quelles conclusions pouvez-vous tirer ? Lire les notes de BJ et TOB.
– Que nous apporte la citation de So 2, 3 + (donnée en marge par BJ) ?
– Noter le commentaire que Jésus fait de ce passage d’Isaïe (v. 21) ; sur « aujourd’hui », lire la note TOB.
– Pour la réaction des auditeurs (v. 22), cf. les références données en marge dans BJ.
– Dans les v. 22b-30 : le doute, puis la fureur des auditeurs et le rejet de Jésus. Les deux exemples d’Elie et Elisée montrent la place des païens dans le plan de Dieu.

Question 3

– L’importance de la synagogue et du culte qui s’y déroule : c’est là que le peuple est rassemblé pour écouter la Parole.
– Remarquer qu’ici Lc ne fait appel qu’aux Prophètes (Is 61, puis les deux épisodes relatifs à Elie et Elisée : 1 R 17, 9 et 2 R 5, 14).
– Désormais l’Ecriture est interprétée par Jésus ; en lui, dans sa personne et son message, elle trouve son accomplissement.
– Une Parole qui est adressée à tous – et pas seulement à Israël – et qui est souvent mieux reçue par ceux qui sont le plus loin (les « pauvres » à qui Jésus se dit envoyé).


9. – Jn 10, 1 – 21 : « Mes brebis écoutent ma voix … »

Le berger, une image biblique bien connue. Pour Jn, cette comparaison du berger et de son troupeau est une image de l’Eglise, rassemblée et nourrie par Jésus, berger de toute humanité.

1) Situer ce texte de Jn et proposer une division.
2) Expliquer la parabole (v. 1-6), puis le développement qu’en donne Jésus (v. 7-10 et 11-18).
3) Quels enseignements pouvons-nous tirer pour notre thème ?

Question 1

– Dans la BJ, notre texte fait partie de Jn 7, 1 – 10, 21 : la grande révélation messianique, le grand refus. Notre texte est la conclusion de cette partie ; elle est suivie de Jn 10, 22 – 11, 54, où est prise la décision d’éliminer Jésus.
– D’une manière plus précise, le contexte est tout le chapitre 10 : après le discours mystérieux (v. 1-6 : la parabole), Jésus s’explique : v. 7ss. On peut voir aussi un lien avec ce qui précède : la guérison de l’aveugle-né (Jn 9 et Jn 10, 19-21).
– Nous sommes ici encore dans le cadre de la fête des Tentes (Jn 7, 2. 37) ; cf. ensuite l’Evangéliste fera mention de la Dédicace (Jn 10, 22).
– Notre texte comprend la parabole (v. 1-6), suivie de deux affirmations de Jésus (Je suis la porte : v. 7 et 9 ; Je suis le bon berger : v. 11 et 14) ; le tout est conclu par les v. 19-21.

Question 2

– Les v. 1-6 renvoie à la vie pastorale en Palestine (les troupeaux réunis pour la nuit dans un enclos et que les bergers reprennent au matin).
– Mais comme le souligne le v. 6, cette présentation est une parabole, un discours mystérieux qui renvoie à autre chose : à la personne et à la mission de Jésus.
– En BJ, lire la note sur le berger en Ez 34, 1 + (signalée dans la marge) ; cf. aussi la note TOB sur v. 11.
– Jésus est la porte (v. 7 et 9), le passage obligé : cf. la note TOB sur v. 9.
– Dans les v. 7-9, Jésus est opposé aux « voleurs et brigands » : peut-être une allusion à ceux qui séduisent le peuple par leurs prétentions messianiques (cf. Jn 19, 40).
– Pour les v. 11-18 : lire le Ps 23, 1-3 ; cf. aussi les autres textes donnés en marge par BJ et TOB. Ici Jésus est opposé au mercenaire (v. 11-13) : cf. les attitudes différentes face au danger qui menace les brebis.
– Les v. 14-18 parlent des relations entre le berger et les brebis : voir les notes TOB.

Question 3

– Jésus seul est le beau/bon pasteur, celui qui mérite ce titre et peut rassembler les brebis.
– Sur la connaissance réciproque du berger et des brebis (v. 15 et note BJ et TOB).
– Jésus donne sa vie pour rassembler les brebis (v. 15 et Jn 11, 52).
– Tous ceux qui écoutent sa voix forment un seul troupeau (v. 16), quel que soit l’enclos d’où ils viennent.

10. – Ac 10, 34 – 48 : Une bonne nouvelle pour les Juifs et les païens. Cf. Ac 11, 18

L’ouverture de la prédication apostolique au monde païen n’a pas été sans difficulté. Nous avons de la peine à réaliser aujourd’hui ce que cela pouvait représenter pour un juif fidèle. Une ouverture pourtant décisive pour l’Evangile.

1) L’auteur des Actes accorde une grande importance à cet épisode de Pierre chez Corneille : à quoi le voyez-vous ?
2) Diviser notre texte ; travailler particulièrement sur le discours de Pierre : v. 34-43.
3) Quel est l’apport de ce récit pour notre thème ?

Question 1

– Le passage que nous étudions fait partie d’un récit plus long, qui commence en Ac 10, 1 (voir la note BJ) et qui se prolonge jusqu’en Ac 11, 18.
– Ac 15, 7-11 fera encore référence à cet épisode.
– Voir la note de TOB sur 10, 1 (titre) : le récit est soigneusement construit avec les deux visions de Corneille (10, 3-8 = 10, 30-33 et 11, 13) et de Pierre (10, 9-16 = 11, 5-10).
– L’auteur souligne combien ce passage de l’Evangile aux païens a rencontré de résistance. Par ce récit, il introduit la deuxième partie des Actes (Ac 13-28) où, avec la mission de Paul, l’Evangile sera porté au monde païen.

Question 2

– Ac 10, 34-48 forme la partie centrale du récit consacré à cet épisode (Ac 10, 1 – 11, 18) ; il est précédé par 10, 1-33 (la préparation de l’événement) et suivi de 11, 1-18 (où Pierre doit se justifier à Jérusalem).
– Ac 10, 34-48 comprend deux parties : le discours de Pierre (v. 34-43) et le don de l’Esprit et l’admission des païens dans l’Eglise (v. 44-48).
– Le discours de Pierre : v. 34-35 (introduction) ; 36 (le message chrétien en une phrase) ; 37-42 (le kérygme évangélique ; cf. la note BJ sur v. 37) ; avec le v. 43 commence un développement « selon les Ecritures », mais Pierre est interrompu par l’Esprit (v. 44). Noter l’ouverture de Pierre, spécialement dans les v. 35 et 43.
– Dans les v. 37-43 nous trouvons le schéma de l’Evangile de Mc : le ministère de Jean-Baptiste (v. 3), suivi de celui de Jésus en Galilée (v. 38) ; la mort à Jérusalem (v. 39), la résurrection et les apparitions pascales (v. 40-41) ; enfin la mission confiée aux témoins (v. 42).
– Lire la note BJ sur v. 40 et celles indiquées dans les références données en marge.

Question 3

– Ce texte nous montre l’importance de raconter le salut ; depuis les premiers jours, l’Eglise raconte ce que Dieu a fait pour nous en Jésus. Il souligne l’effet de cette annonce (le kérygme) sur ceux qui écoutent (v. 44 ; cf. 11, 17 et 15, 8-9).
– La Parole fait Eglise en montrant à Pierre qu’il doit aller chez Corneille : « aucun homme n’est impur » (10, 15), et en révélant à Corneille et aux siens le salut offert en Jésus Christ (10, 36-43).
– Le peuple de Dieu n’est pas seulement l’Eglise : c’est l’humanité à rejoindre et à rassembler.

11. – 1 Th 1, 2 – 10 : « l’Evangile … pas en paroles seulement, mais en puissance… »

Cette Lettre de Paul aux chrétiens de Thessalonique est le plus ancien témoignage chrétien qui nous soit parvenu par écrit. Ainsi 20 ans à peine après la mort et la Résurrection de Jésus, la foi de Pâques est annoncée et accueillie dans le monde païen.

1) Que savons-nous des Thessaloniciens et de leur évangélisation ?
2) Que contiennent les v. 3-4 ? Comment Paul parle-t-il de sa mission dans les v. 5-8 ? Expliquer les v. 9-10.
3) Quel est l’intérêt de ce texte pour notre thème ?

Question 1

– Cette lettre de Paul est écrite en l’an 50 (peut-être même en 48, selon certains).
– Thessalonique était la capitale de la province romaine de Macédoine ; sur l’évangélisation de cette ville par Paul et Silas (Sylvain), cf. Ac 17, 1-8 et les notes BJ et TOB.
– Notre texte forme l’action de grâce qui ouvre la lettre ; on trouvera en 1 Th 2, 13ss une seconde action de grâce, ce qui est un cas unique dans les Lettres du NT.
– Paul rend grâce (v. 3-4) pour la vitalité de cette jeune communauté qu’il avait dû quitter très rapidement (cf. Ac 17, 10 et note BJ ; lire également 1 Th 2, 17 – 3, 5).
– Paul évoque sa mission (v. 5), l’accueil des Thessaloniciens (v. 6) et le rayonnement qui s’en est suivi (v. 7-8).

Question 2

– Dans le v. 3, noter la mention des trois « vertus théologales », dans ce premier texte du NT ! Cf. aussi les qualificatifs de chacune de ces vertus (cf. note BJ sur v.3 et les références marginales à 1 Th 5, 8 et 1 Co 13, 13 +).
– Dans le v. 4, l’élection – privilège d’Israël – (cf. la note TOB ; en BJ, voir celle sur Dt 7, 6) s’étend désormais à tous ceux qui accueillent l’Evangile.
– Pour l’accueil des Thessaloniciens (v. 5), lire aussi le passage parallèle dans la seconde action de grâce : 1 Th 2, 13 et la note BJ.
– L’Esprit Saint est puissance (cf. note TOB ; en BJ, cf. la note sur Ac 1, 8)
– L’accueil de l’Evangile fait participer les croyants au destin de Jésus et des apôtres (v. 6 et note TOB ; d’où le rayonnement (v. 8 et note BJ) ; voir aussi 2, 14-16 et note BJ sur 2, 14.
– Sur l’importance des v. 9-10, lire note BJ. Nous avons ici le kérygme adressé aux païens : l’affirmation du monothéisme et la spécificité chrétienne (Jésus, Fils de Dieu, ressuscité des morts et dont on attend la Venue : cf. note TOB sur v. 10).

Question 3

– La Parole annoncée par Paul est accueillie à Thessalonique ; cet accueil n’est pas seulement un fait ponctuel (dans le passé) ; il suscite une vie théologale (v. 3) qui pose question à ceux qui les voient et qui peut parfois susciter des tribulations (v. 6) ; mais cette vie est aussi source d’évangélisation (v. 8).
– Noter les mots « notre Evangile » (v. 5), « la Parole » (v. 6 et note TOB), « la Parole de Dieu » (v. 8).

12.- Ep 2, 11 – 3, 13 : La révélation du Mystère

Après avoir parlé de la place du Christ (1, 15-23) et du salut absolument gratuit que Dieu offre à tous les hommes, juifs et païens, dans le Christ (2, 1-10), l’auteur de cette Lettre nous présente sa vision du dessein de Dieu.

1) Travailler sur Ep 2, 11-22 : de qui et de quoi parlent ces versets ?
2) En Ep 3, 1-12, il parle des motifs qui inspirent la prière de Paul, commencée en 3, 1 et qui se poursuit en 3, 14ss : sur quoi insistent ces versets ?
3) Qu’apporte à notre thème ce passage de la Lettre aux Ephésiens ?

Question 1

– Relever les expressions qui s’opposent et celles qui vous paraissent les plus importantes.
– L’auteur évoque la division du monde avant le Christ : en ce temps-là (v. 12), les nations et le peuple de Dieu (Israël) ; prépuce et circoncision (v. 11) ; ceux qui étaient loin et ceux qui étaient proches (v. 13 et 17) ; deux réalités (v. 14) et un seul homme nouveau / un seul Corps (v. 15-16).
– La situation des païens est caractérisée par leur manque vis-à-vis d’Israël (v. 12) ; lire les notes BJ et TOB sur ce verset ; ce manque est comblé au v. 19 et la situation nouvelle des païens concerne aussi Israël (v. 18).
– L’artisan de ce changement : le sang du Christ (v. 13) ; noter les trois affirmations sur la paix (v. 14. 15.17) : il est notre paix /il a détruit la barrière qui séparait ; il fait la paix en créant un seul homme nouveau ; il proclame la paix à ceux qui sont loin et à ceux qui sont proches.
– Sur la citation d’Is 57, 19 (v. 13 et 17), lire la note TOB sur v. 17.
– Cf. aussi les notes de BJ sur les v. 19-20.

Question 2

– Le mot mystère revient 4 fois (v. 3. 4.5.9) ; sur la signification de ce terme, cf. note TOB sur v. 3 ; en BJ, voir la note sur Rm 16, 25 (cité en marge).
– Le v. 6 donne le contenu du mystère ; remarquer les trois expressions (même héritage, même corps, même promesse).
– La révélation de ce mystère se fait par l’Evangile, qui n’est pas un livre, mais la prédication apostolique (v. 6-7).
– Ce mystère est le dessein éternel de Dieu, caché à toutes intelligences, mais réalisé dans le temps. Sur les Principautés et Puissances (v. 10), cf. les notes BJ et TOB ; en BJ, voir encore la note sur Ep 1, 21.

Question 3

– Le proclamation du mystère doit réunir tous les hommes en un seul Homme nouveau (les nations et le peuple élu) et les réconcilier tous avec Dieu et entre eux (2, 18 et 3, 12). Les deux ne font plus qu’un (2, 15-16. 18. 21 ; 3, 5-6).
– L’Eglise est la manifestation de ce dessein éternel (3,11) de Dieu, le Créateur de tout (3, 9).

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