EGLISE PRIMITIVE

Comment vivre en Eglise aujourd’hui ? Une question que l’on se pose souvent au milieu des mutations rapides qui marquent notre monde. Pourquoi ne pas nous tourner, une fois de plus, vers les origines et regarder ce que l’on a considéré comme l’essentiel dans le message apporté par Jésus ? C’est ce que nous tenterons de faire en nous laissant inspirer tout particulièrement par la présentation des communautés que nous offre saint Luc dans les Actes des Apôtres ainsi que par les quelques aperçus que nous trouvons dans les Lettres de saint Paul. Nous quitterons, une ou deux fois, ce cadre pour lire d’autres passages du Nouveau Testament.

Mais la base de ce dossier s’inspire du célèbre texte des Actes des Apôtres, le plus souvent cité dans les document du Concile Vatican II et que l’on rencontre tout au long de l’histoire de l’Eglise. Ce texte est Ac 2, 42. Voici ce qu’écrivait à son sujet E. RASCO, dans Assemblée du Seigneur 23, p. 9 :

« Il est rare de rencontrer un verset du NT aussi lourd de conséquences. On dirait que Luc a ciselé comme en un bijou, tout l’essentiel de la vie chrétienne. On a précisément reconnu en ces 4 persévérances les 4 traits nécessaires et suffisants pour décrire toute la vie de l’Eglise et des fidèles. Si l’une ou l’autre devait faire défaut, le caractère spécifique et la vitalité de l’existence chrétienne disparaîtraient du même coup. »

C’est dire l’importance de ce verset de saint Luc qui nous présente toute la vie chrétienne comme une quadruple persévérance.

La vie chrétienne : une persévérance

A point de départ de toute vie chrétienne vraiment adulte, il y a une rencontre personnelle avec le Christ. « J’ai rencontré Jésus-Christ » ; « Dieu existe, je l’ai rencontré ! » De tels cris expriment la joie d’une découverte qui a bouleversé une vie, la prise de conscience d’une Présence qui vient éclairer notre chemin. Moment privilégié que certains appelleront vocation, d’autres conversion.
Rencontre importante, décisive même. Mais elle n’est qu’un commencement ; elle pourrait n’être qu’un feu de paille !

En Ac 2, 41, Luc nous parle de ceux qui ont entendu l’appel de Pierre et il écrit : « ceux qui accueillirent (aoriste) la Parole reçurent le baptême. » Il s’agit là de la rencontre avec le Christ et du geste baptimal, qui marque extérieurement la volonté de lui appartenir définitivement. Mais Luc continue alors, dans le v. 42, dans lequel il exprime sa compréhension de l’être chrétien : « ils étaient persévérants (imparfait + participe présent) dans l’enseignement des apôtres et la communion fraternelle, dans la fraction du pain et les prières. »

Une quadruple persévérance

Persévérer dans l’enseignement des apôtres et la communion fraternelle

A la base, il y a l’enseignement apostolique. Comme l’exprimait Ph. MENOUD :
« née d’une action rédemptrice, accomplir une fois pour toute, l’Eglise ne peut demeurer elle-même qu’en restant fidèle à ce passé qui prend nécessairement pour elle la valeur d’une tradition normative. » (Ph. MENOUD, La Vie de l’Eglise naissante, (Foi Vivante 114), p. 15

Cet enseignement comprend d’abord le kérygme, mais il doit être ensuite relayé par la catéchèse pour ceux qui ont accepté la première annonce du salut.
« Pour que le monde soit sauvé, il ne suffit pas que Jésus Christ soit mort et ressuscité. Il faut que ce fait soit connu et compris dans sa signification rédemptrice, de ceux en faveur de qui il a été accompli. Il faut que l’Evangile soit prêché et qu’on y croie. » (Ph. MENOUD, op. cit. p. 20) : ce sera l’objet des fiches 1 – 3.

Luc ajoute « et la communion fraternelle » (la koinônia), une ‘communion’ qui doit être comprise dans un sens très large, comme un partage des biens matériels et spirituels. : cf. les fiches 4 – 6.

la fraction du pain et les prières.

Un troisième aspect de la persévérance concerne la « fraction du pain », c’est-à-dire l’Eucharistie qui est la source et le modèle de la vie de l’Eglise.

« C’est la persévérance dans la fraction du pain, écrit encore Ph. MENOUD, qui permet à l’Eglise de vivre dans la foi et dans l’espérance, sans fièvre et sans lassitude, jusqu’au jour où son chef exaucera sa prière :’Viens, Seigneur Jésus’ » (op. cit. p. 85). Nous étudierons cet aspect dans les fiches 7 et 8.

Il faut encore persévérer dans les prières : pas de vie ecclésiastique et chrétienne sans prière. Dans les Actes des Apôtres, un des noms, choisi pour désigné les chrétiens, sera « ceux qui invoquent le Nom du Seigneur » (Ac 9, 14). Ce sera l’objet des fiches 9 et 10.

Les Actes des Apôtres et les Lettres de saint Paul

Dans les Actes des Apôtres, Luc nous offre un tableau de l’Eglise tel qu’il désire le proposer aux chrétiens de la fin du premier siècle. Ce n’est pas l’histoire de la première communauté, mais bien plutôt ce que devrait être l’Eglise selon le projet de Dieu.
Dans les Lettres de Paul, nous rencontrons des communautés concrètes qui essaient de traduire l’Evangile dans la vie de tous les jours. Quelques « flashes » nous aideront à saisir la place de l’Esprit Saint, la dimension missionnaire, les problèmes d’organisation des communautés : fiches 11 à 14.

Nous terminerons ce petit dossier par deux fiches sur le baptême (fiches 15 et 16).

1) La première annonce du salut : Ac 3,13 – 26

Lire Ac 3, 1 – 26 (première lecture)

1) Qu’est ce qui est dit de Jésus dans Ac 3,13-26 ? Comment comprenez-vous les termes utilisés par Pierre pour parler de Jésus ?
2) Quelle est l’annonce centrale de ce texte ? Pouvez-vous la résumer en une phrase ?
3) Qu’est-ce que Pierre demande aux auditeurs ?

Question 1

Relever tous les mots (noms, verbes, adjectifs) qui sont appliqués à Jésus dans ce discours de Pierre; expliquer ces termes en vous servant des notes de BJ et TOB.
Noter les ‘modèles’ qui servent à présenter Jésus dans la prédication apostolique : Jésus “nouveau Moïse”, le prophète de Dt 18 (voir la note sur ce texte), rejeté par les siens (v.13), chef (v.15); Jésus, le “Serviteur” d’Isaïe 52,13-53-12.
L’insistance sur l’ innocence de Jésus, reconnue par Pilate, cf. Lc 23,22 + (cité en marge)
Jésus, le Messie dont les Ecritures annonçaient les souffrances (v.18).
Le Nom de Jésus : voir note TOB sur 3,16.

Question 2

Ce texte est présenté comme une catéchèse improvisée, mais il est en fait un témoin du kérygme “enrichi”.
Dieu a ressuscité ce Jésus que vous aviez fait mourir; c’est là l’oeuvre du Dieu d’Abraham… du Dieu de nos pères.
Il a accompli ce qu’il avait annoncé (dans l’AT).
Jésus doit revenir (cf. v. 20-21) : le dessein de Dieu n’est pas terminé.
Comparer cette annonce avec celle que nous lisons en 1 Co 15,3-5.

Question 3

Il faut sortir de l’ignorance (v.17), qui est méconnaissance du dessein de Dieu (voir note TOB sur 3, 17).
Se convertir (métanoia) : un retour inconditionnel au Dieu de l’Alliance; faire demi-tour et se mettre en marche vers Dieu; voir sur ce point les notes BJ sur Ac 2,38 et Mt 3,2 ou en TOB, note sur Ac 3,19.
Il faut écouter ( =obéir ) à la parole de Jésus puisqu’il est ce prophète dont parlait Moïse (Dt 18), sous peine d’être retranché du peuple de Dieu (v.22-23), cf. note TOB sur 3,23.

Ce travail pourrait se prolonger par la comparaison avec les autres discours de Pierre dans les Actes, par ex. Ac 4,8-12; 5,29-32; 10,36-43. Retrouver dans ces différents textes les éléments qui sont communs.

2) Une autre annonce du salut : Ac 17, 22 – 31

Lire Ac 17, 16 – 34 (première lecture)

1) Quels sont les principaux éléments de ce discours de Paul ? Que dit-il de Dieu ?
2) Comparer cette annonce avec ce que Paul écrit en 1 Th 1,9-10 : quelles sont ic
les données centrales rappelées par Paul dans sa lettre ?
3) Comparer notre texte avec la prédication adressées aux Juifs : pourquoi deux
sortes de prédication ? y a-t-il deux “évangiles” ?

Question 1

Voir la note BJ sur Ac 17,22 +.
Le discours de Paul contient des éléments de la prédication juive ( par ex. contre l’idolâ- trie); il rejoint aussi certaines idées enseignées par les philosophes grecs; enfin il passe à l’annonce proprement chrétienne (v.30-31); voir aussi la note TOB sur 17,22.
Sur Dieu, Paul affirme : qu’il est le créateur de l’univers; il ne saurait donc habiter des temples construits par les hommes; qu’il n’a besoin de rien, mais que c’est lui qui donne la vie à tous les êtres; qu’il est le créateur de tous les hommes et qu’il organise pour eux les lieux et les temps; qu’il veut être cherché et devrait être trouvé par l’homme (voir la fin de la note sur 17,22), et qu’il ne ressemble pas aux images que l’on fait de lui.
Paul ajoute à cela l’annonce spécifiquement chrétienne:maintenant-nouvelle intervention de Dieu – il appelle tous les hommes à se convertir (cf. TOB note sur 17,29) en vue du Jour du jugement; cette intervention capitale de Dieu est marquée par un homme qu’il a ressuscité des morts.
A noter, l’échec de cette prédication de Paul, pourtant bien composée !

Question 2

1 Th est la première lettre de Paul; elle a été écrite en 51.
Les vv. 9-10 contiennent deux données centrales : servir le Dieu vivant et véritable; attendre son Fils …
Nous avons l’affirmation du monothéisme et une christologie déjà très affirmée (Jésus / son Fils / qui viendra). Voir les notes en BJ et TOB sur 1 Th 1, 10.

Question 3

Relever les éléments communs aux deux types d’annonce (Dieu unique; Jésus, ressuscité, Juge universel).
D’autres éléments sont particuliers à une annonce qui s’adresse aux Juifs : le plan divin de l’histoire du Salut commencé dans l’ AT et qui maintenant est entré dans une phase nouvelle par la mort et la résurrection de Jésus, le Messie.
Les éléments particuliers à l’annonce aux païens : affirmation du Dieu unique, véritable; créateur de tous les hommes et proche de tous (Providence); d’où l’appel à quitter l’idolâtrie pour se tourner vers le Dieu vivant et véritable.
L’Evangile rejoint donc les hommes là où ils sont; ce n’est pas un “autre évangile”, mais une adaptation de la Bonne nouvelle .

Pour cette étude, on pourrait encore consulter les notes BJ et TOB sur Ac 2,22

3) Une prédication suivie d’un enseignement : 1 Co 10, 1 – 13

Lire ce texte ( première lecture

1) Relever et identifier les événements de l’Histoire du Salut que Paul mentionne
dans ce passage.
2) Pourquoi, selon Paul, est-il si important de rappeler ces faits ?
3) Qui sont les Corinthiens à qui Paul s’adresse et que présuppose la compréhension
de ce qu’il leur écrit ?

Question 1

En vous servant des références données en marge de la BJ, identifier les différents événements de l’Histoire du Salut auxquels Paul fait ici allusion.
Choisissez-en 2 ou 3 et recherchez comment la tradition interprétait cet épisode ? Quel enseignement sur Dieu en avait-on tiré ? Comment le peuple l’avait-il vécu ?, etc.
Remarquer que ces épisodes se rapportent tous à l’Exode : Paul mentionne ici 4 actions (les “merveilles”) de Dieu pour son peuple, puis les attitudes négatives du peuple.

Question 2

Voir l’affirmation de Paul en 10,6 et 11.
L’histoire d’Israël est la nôtre : “nos pères…”
L’histoire d’Israël permet de comprendre les réalités chrétiennes (baptême, eucharistie), cf. BJ note sur 1 Co 10,4 et 10,6.
L’Exode est le “type” de la libération réalisée maintenant en Jésus et dont les exigences ne sont pas moindres que celles que Dieu demandait jadis à son peuple.
Sur la notion de “type”, on peut encore lire la note TOB sur 1 P 3,21.

Question 3

Sur les Corinthiens, voir dans l’Introduction aux Lettres de Paul ce qui concerne la communauté de Corinthe : ils ont été instruits par Paul entre 50 et 52; la lettre (1 Co) leur est écrite en 56 ou 57.
La communauté de Corinthe était formée surtout de païens convertis (cf.1 Co 6,11); pour qu’ils puissent comprendre ce que Paul leur écrit ici, ils doivent avoir reçu une solide catéchèse basée sur l’Histoire du Salut. Et cela en milieu grec et païen, au milieu du premier siècle !
Dans ce passage de la lettre, nous avons la confirmation que la première annonce de la Bonne Nouvelle (kérygme) était complétée par une catéchèse, un enseignement qui éclairait le mystère chrétien par le recours à l’AT.
“… le message nouveau apporté au monde par les témoins de Jésus n’était compréhensible qu’en fonction de son arrière-plan providentiel : l’Ancien Testament, ses Ecritures, ses institutions, son histoire.” (P. GRELOT, Sens chrétien de l’Ancien Testament, p. 12.)

4) La “communion fraternelle” (koinônia)

Le mot koinônia ne se lit dans les Actes des Apôtres que dans le sommaire d’Ac 2,42. Il est alors placé dans une série de 4 termes dans laquelle les 3 autres désignent des actions concrètes : l’enseignement des apôtres, la fraction du pain, les prières. C’est dire que koinônia doit avoir également un sens concret. C’est d’ailleurs ce que confirme l’emploi de ce terme par Paul (où il est fréquent) et en 1 Jn.

En nous laissant guider par la note de BJ sur Ac 2,42, nous allons explorer rapidement les textes où ce terme est utilisé pour en saisir la signification.

Partir de la note sur le mot “communion” en 2,42; lire cette note, qui nous renvoie à 1 Co 1,9 + , une note-clé qui nous servira de guide :

==> “communion” (koinônia) a sa source dans les réalités (spirituelles ou matérielles) possédées en commun.
==> pour les chrétiens, les biens matériels ne vont jamais sans les biens spirituels :

—> Rm 15,26-27 : la Macédoine et l’Achaïe prennent part aux besoins des “saints” de
Jérusalem par la collecte (—> 1 Co 16,1 +), eux qui participent à leur bien
spirituel (Evangile).
—> 2 Co 8,4 : cette participation (partage) avec les pauvres de Jérusalem est une grâce de
Dieu (cf 8,1) —> 1 Co 16,1 +.
—> 2 Co 9,13 : voir la note sur le v. 14.
—> Ga 6,6 : partage matériel et spirituel entre les catéchisés et celui qui leur apporte
l’Evangile.
—> Ph 4,15-17 : (voir la traduction de TOB) partage entre Paul et les Philippiens.

==> parfois on a part à des actions ou à des sentiments :
—> 2 Co 1,7 : les Corinthiens partagent les souffrances de Paul ;
6,14 : quelle “koinônia” possible entre la lumière et les ténèbres ?
—> 1 Tm 5,22 : participer au péché d’autrui.
—> 2 Jn 11 :ne pas participer à l’action de celui qui propage une doctrine hérétique.
—> Ap 1,9 :compagnon (participant avec vous) dans l’épreuve.

==> La source de la “koinônia” :
—> participation qui unit au Père et au Fils :
–> 1 Co 1,9 : le chrétien est appelé par Dieu à la “communion” de son Fils.
–> 1 Jn 1,3 : un thème majeur de la Lettre (voir les références données dans la note
—> chaque fidèle est uni avec Dieu dans le Christ, ce qui est exprimé par
“demeurer dans”, “connaître”, “être né de “.
— > cette union est manifestée par la foi et l’amour fraternel :1 Jn 1,7 +
—> 1 Jn 1, 6-7 : l’union avec Dieu qui est Lumière (1 Jn 1,5; Jn 8,12), justice
(1 Jn 2,29), amour (1 Jn 4,8.16) doit mener à une vie de lumière,
justice, amour, spécialement par l’amour fraternel.
Foi et amour sont signes de la communion avec Dieu.
—> qui unit au Christ lui-même : —> 1 Co 10,16 et note sur v. 17.
—> Ph 3,10 : par la participation aux souffrances.
—> 1 P 4,13 : id.
—> qui unit à l’Esprit : 2 Co 13,13 + et Ph 2,1.
==> Elle donne part à des biens proprement divins —> 1 Co 9,23 : à l’Evangile.
—> Ph 1,5 : id. (cf note) .
—> Phm 6 : communion dans une même foi.
.
==> elle donne part à la gloire à venir : 1 P 5 ,1
==> lien de cette “communion” avec l’Incarnation : He 2,14 et 2 P 1,4 +

4 a) La “communion fraternelle” (koinônia)

Dans les Actes des Apôtres, le mot koinônia ne se lit qu’en 2,42, dans une série de 4 termes, dont 3 désignent nettement des actions concrètes (enseignement des apôtres, fraction du pain et prières). On peut donc penser que le mot que nous traduisons par “communion fraternelle” doit avoir, lui aussi, un sens concret.
C’est d’ailleurs la signification que lui donne saint Paul , qui l’emploie plusieurs fois.

Pour bien comprendre la signification de ce mot dans le NT, nous nous laissons guider par la note de la BJ (ancienne édition) sur Ac 2,42 +

“Communion” faite à la fois de l’accord des esprits et d’une sollicitude pour les plus pauvres qui va jusqu’à mettre les biens en commun.

1) accords des esprits :

=> Ga 2,9 : l’accord entre Pierre et Paul : “(ils) nous tendirent la (main) droite de ‘com-
munion; cf. en TOB , les 2 notes sur le v.9. Noter que cette “communion’
ne reste pas seulement en paroles : Ga 2,10 et 1 Co 16,1 +, cité en marge.

=> Phm 6 : “que la communion de ta foi soit efficace” écrit Paul ; voir la note de BJ et
surtout celle de la TOB. Voir aussi l’introduction à cette Lettre. Pour Paul,
puisqu’il y a désormais “communion” dans la foi entre Philémon et son
esclave, cela doit se traduire dans des relations nouvelles.

=> 1 Jn 1,3 + : –> la “communion “est un thème majeur de Jn; cf. les références.
–> parce que chaque fidèle est uni avec Dieu dans le Christ, ce qui est
exprimé par “demeurer dans”, “être né de “, “connaître”…
–> cette union est manifestée par la foi et l’amour fraternel : 1 Jn 1,7 +

=> 1 Jn 1,6-7 : union avec Dieu qui est Lumière (cf. 1,5 et Jn 8,12 +); qui est justice
(2,29); qui est amour (4,8.16); cette union avec Dieu doit conduire à
une vie de lumière, de justice et d’amour, spécialement par l’amour fra-
ternel (cf. les références) Foi et amour sont les signes de cette union à Dieu.

2) sollicitude pour les plus pauvres :

=> Rm 15,26 “faire la communion : voir notes TOB sur v. 26 et 27; cf. aussi la marge
qui nous renvoie à 1 Co 16,1 + (–> les “saints” : Ac 9,13 +)

=> 2 Co 8,4 : la grâce que Dieu a accordée aux églises de Macédoine, cf. les notes TOB sur
8,1 et 4.Paul écrit littéralement: “ ils ont demandé la grâce et communion
du service pour les saints”
=> 2 Co 9,13 : lire 9,1ss mais spécialement les v. 7-15.
=> Ph 1,5 : “… votre ‘communion’ pour l’Evangile” (voir la note)
–> par les secours pécuniers : cf. 4,14-16,
–> par la participation aux souffrances pour la foi : 1, 29-30.

5) “Un coeur et une âme” cf. Ac 4,32

La communion se manifeste concrètement par l’unanimité des sentiments et des paroles (to auto phronein),
Dans la marge de1 Co 1, 9-10, la TOB cite plusieurs textes de saint Paul où il recommande cette unanimité : Rm 12,16 et 15,5; 2 Co 13,11; Ph 2,2 et 4,2.

Lire ces textes‘largement’:que nous apprennent-ils sur la “communion”? de qui provient-elle ? comment s’exprime-t-elle ? Qu’est-ce qui favorise la “communion” et qu’est-ce qui peut la mettre en danger ?

1 Co 1,9-10 : la situation est celle des partis dans la communauté de Corinthe, Paul rappelle à ses correspondants que cette “communion”de Jésus Christ notre Seigneur “, (cf. v.9) vient du même baptême qu’ils ont tous reçu (v.13 : baptisés au nom du Christ).
Cette “communion” est une vocation (cf. v. 9 : appelés à …); elle est le fruit de la fidélité de Dieu (voir la note TOB sur le v.9).
La division des Corinthiens les empêche de réaliser cette unité; remarquer l’insistance de Paul : 3 x “même” au v.10 : “dites la même chose, unis dans un même esprit et même pensée.”

Rm 12, 16 : après avoir exposé dans sa lettre le plan de Dieu, le salut donné gratuitement à celui qui croit, Paul donne ici différents conseils pratiques (Rm 12,1ss). Pour Rm 12,16, la traduction de la TOB est meilleure : “soyez bien d’accord entre vous”.
Parmi ce que Paul conseille, comme pouvant favoriser la vie d’une communauté de croyants, relever ce qui vous paraît le plus significatif et le plus important : voir la note de TOB sur Rm 12,3.
Noter aussi l’image du corps (cf. 1 Co 12,12 +) qui donne le fondement de cette unité et de la charité qui doit animer les communautés.
Remarquer aussi que cette attitude chrétienne doit dépasser les limites de la commu-nauté locale (Rm 12,13) et s’étendre aux incroyants et même aux ennemis (12,14ss).

Rm 15,5 : fait partie du développement qui va de 14,1 à 15,13 ; cette unanimité est un don de Dieu (15,5); le Christ nous en a donné l’exemple, (15,3.7).A noter l’importance de la tolérance cf. Rm 14,1 + et 14,13. Sur le devoir d’édifier, voir la note TOB sur Rm 14,19.

2 Co 13,11 : sur la situation qui règne dans la communauté de Corinthe au moment de cette lettre, cf 2 Co 12,19ss, Remarquer le souhait de Paul : “joie, paix, concorde”. Cette unanimité est aussi exprimée par le “baiser de paix” (13,12). Lire la note sur 13,13 : la “communion” (koinônia) est attribuée ici à l’Esprit Saint.

Ph 2,2 : sur la situation, cf. la note BJ sur 2,2 + ou celle de la TOB. Remarquer l’insis- tance de Paul sur cette unité. Ce qui détruit l’unité: l’esprit de parti, la vaine gloire; au contraire, ce qui favorise l’unité: l’attention aux autres, l’humilité dont le Christ à donné l’exemple.
Ph 4,2 : un appel particulier est adressé à deux collaboratrices de Paul : qu’elles vivent en bonne entente (voir note TOB sur ce verset), mais Paul demande aussi aux autres membres de la communauté de favoriser cette réconciliation (4,3).

6) Un cas pratique de “communion : 1 Co 8, 1-13; 10,14-11,1

Lire ces textes

1) Préciser le problème qui se pose aux Corinthiens : de quoi s’agit-il exactement ?
2) Comment Paul résout-il ce problème ? Quels principes donne-t-il à ce sujet ?
3) Relever dans ces textes quelques affirmations de Paul qui vous paraissent im-
portantes pour nous, aujourd’hui.

Question 1

Sur le contexte large, voir 1 Co 7, 1 +; pour le contexte plus précis : 1 Co 8-10; ce texte est tiré d’une lettre (genre littéraire); il est donc normal que certains détails concrets nous échappent alors que cela devait être clair pour les correspondants de Paul.
Sur le problème, voir 8, 1 et la note; différents problèmes se posaient : comme chrétiens, peut-on manger des viandes immolées aux idoles (8,1.4) ? Peut-on manger dans un temple (8,10) ? Peut-on acheter de telles viandes sur le marché (10,25) ? Peut-on accepter une invitation chez un païen où l’on risque de se voir servir de telles viandes (10,27) ?
Le problème pour le chrétien : doit-il faire comme tout le monde et accepter une certaine compromission avec les idoles ? Ou alors doit-il refuser tout et vivre en ghetto ?
C’est aussi un problème dans la communauté à cause des “forts” et des “faibles” dans la foi.

Question 2

La réponse de Paul est nuancée : en théorie, une idole n’est rien (8,4); il n’y a qu’un seul Dieu (8,6) : la viande n’est donc pas changée pour avoir été offerte aux idoles.
Mais en pratique, il faut faire attention à la “science” (8,1-2); qu’elle ne devienne pas une occasion de chute pour un “faible” (8,9; cf. Rm 6,15 + et 14,1 +)
Pécher contre un frère, c’est pécher contre le Christ : 8,12 cf. Mt 10,40; 18,5.
Le chrétien est libre (10,25-27), mais que personne ne recherche son propre intérêt : 10,24; 10 32-33.
Il y a donc des solutions diverses à trouver selon les cas : 10,25-27; 10,28.

Question 3

Ne scandaliser personne : 8,9 et 10,32-33; cf. en marge 9,19-23, ni les membres de la communauté chrétienne, ni ceux de la communauté humaine dans laquelle on vit.
Surtout ne pas scandaliser un frère dans le Christ : 8,11-13. Noter le lien très fort établi par Paul.
La science sans la charité n’édifie pas : 8,1-3 et 10,23.

7) Les Corinthiens célèbrent l’Eucharistie : 1 Co 11, 17-34

Lire ce texte

1) Diviser ce passage de la lettre ; qu’est-ce qui vous paraît le plus important dans ce
que Paul écrit ? pourquoi ?
2) Comparer 1 Co 11, 23-26 avec Mt 26, 26-29 : quelles ressemblances et quelles
différences pouvez-vous relever ?
3) A partir de cette comparaison, pouvez-vous dire quels sont les textes AT qui éclairent
la signification de l’Eucharistie ?

Question 1

On peut diviser ainsi : 11, 17-22 (les remarques de Paul d’après ce qu’il a appris sur les Corinthiens); 11, 23-26 / 27 (que Paul a reçu et transmis (v.23); enfin 11,28-33 ( les conseils ou ordres de Paul pour ses correspondants.
Le ‘coeur ‘ est formé par les vv. 23-26 : c’est une tradition que Paul a reçue (à son entrée dans l’Eglise) et qu’il transmet fidèlement. Comparer avec 1 Co 15,3 où la même formule introduit le “credo”: ainsi pour Paul, la tradition porte sur la confession du Christ mort et ressuscité (15,3-5) et sur la célébration du Christ mort et ressuscité (11,23-26). Dans la lettre, Paul n’utilise cette formule que dans ces deux cas !
Paul écrit cette lettre en 57 ou 56, donc 25 ans après la mort de Jésus. C’est pour nous le témoin le plus ancien de l’institution eucharistique; les évangiles qui nous rapportent aussi cet épisode viendront plus tard, dans les années 70 et 80.

Question 2

Ce qui est commun à Paul et à Mt : Jésus, dans un (dernier) repas, prit du pain, le rompit et dit “ceci est mon Corps”; il prit une coupe, “coupe… alliance… mon Sang”; jusqu’ à…
Ce qui est propre à 1 Co : le Seigneur Jésus (cf. 12,3); la nuit où il était livré; mon Corps qui est pour vous; faites ceci en mémoire de moi, (voir Ex 12,14); la Nouvelle Alliance, cf. Jr 31,31 +; jusqu’à ce qu’il vienne, cf. 1 Co 16,22 (cité en marge).
Ce qui est propre au texte de Matthieu, spécialement à partir du v. 27 : ceci est mon Sang de l’Alliance cf. Ex 24,8 +), pour la multitude (litt. pour beaucoup) ; cf. Mt 20,28 +; jusqu’à ce que je le boirai dans le Royaume de mon Père, cf. Mt 8,11 +.

Question 3

Les principaux passages de l’AT qui éclairent la célébration eucharistiques sont, d’après ces deux textes , Ex 24, 8 ; Jr 31,31 + ; Is 52-53 et Ex 12,14.
Ex 24,8 : l’Eucharistie est ainsi l’accomplissement de l’alliance célébrée autrefois au Sinaï, mais ici Jésus est à la fois le médiateur (Nouveau Moïse)et la victime (mon Sang).
Jr 31,31 + : le texte cité par Paul fait référence à la Nouvelle Alliance annoncée par Jérémie pour remplacer celle du Sinaï qui était incapable de mener l’homme au salut.
Is 53,12 : dans les paroles de l’Eucharistie, Jésus se présente comme le Serviteur innocent qui souffre pour le salut des pécheurs, de la multitude.
Ex 12,14 : Eucharistie accomplit aussi la Pâque juive (cf. 12,1 +) ; comme la Pâque, elle est mémorial.

8) Le pain de vie : Jn 6

Lire Jn 6,1-71

1) Que signifie “pain de vie “ en Jn 6,35-50 ?
2) Ce terme prend-il une signification nouvelle en Jn 6,51-58 ? Laquelle ?
3) Qu’est-ce que cette page de saint Jean nous apprend sur la signification de l’Eucha-
ristie pour les chrétiens du premier siècle ?

Question 1

Lire la note BJ sur Jn 6,35 +.
Dans ce passage, le “pain de vie”, c’est Jésus lui-même, apaisant la faim des hommes, cf. la note BJ sur Jn 6,35 +.
Pour se nourrir, il faut aller à lui, croire en lui; il est descendu du ciel, envoyé par le Père; il donne la vie à qui le voit et croit; il le ressuscitera.
Noter ce qui est dit de Jésus dans ces versets : il est le Fils (6,40 +), envoyé par le Père; il est descendu du ciel et il est “ fils de Joseph” (6,42); il est un pain supérieur à la manne (6,49-50; cf. 6,32-33).
Prendre une ou deux références données par BJ en marge de Jn 6,35 et lire ces textes : comment éclairent-ils notre compréhension de Jn 6 ?

Question 2

A partir de 6,51, le pain est “ma chair”, cf. Jn 1,14 +; la chair du Fils de l’homme (6,52).
Noter la force des termes : “manger ma chair… boire mon sang” : Voir les notes BJ et TOB sur Jn 6,54 +.
Les fruits de cette manducation : la vie du monde (v.51), la vie éternelle (v.54), la vie du Père, celle qui fait vivre Jésus (v. 56-57 et les notes BJ et TOB ), la vie à jamais (v.58).

Question 3

Ce texte est le plus long des textes eucharistiques du NT; il témoigne d’une profonde réflexion sur le mystère de Jésus et sur l’Eucharistie.
Jn a placé ici, après la multiplication des pains, ce grand discours de Jésus. Et c’est face aux affirmations étonnantes de Jésus, que se pose, pour les Juifs (v.41) et pour les disciples (v. 60ss), la question de son identité : 6,60-71 ; voir spécialement 6,67ss; comparer avec Mt 16,16 (cité en marge).
Noter le lien très fort entre Incarnation et Eucharistie : pour Jn, l’Eucharistie est le sacrement de l’Incarnation.
Relever également les liens qui sont faits avec l’épisode de la manne : l’Eucharistie accomplit le don que Dieu avait fait jadis aux pères.
On peut noter encore les allusions aux textes sapientiaux (voir note BJ sur 6,35).
On trouve dans ce chapitre de Jn l’origine des “deux Tables”, celle de la Parole et celle de l’Eucharistie; cf. déjà la lecture de la LXX sur Dt 8,3.

9) Prier sans cesse , cf. Ac 2,42

Ac 2,42 : “ils étaient assidus… aux prières”. Sans exclure les prières juives, auxquelles les premiers croyants continuaient à se joindre (cf. Ac 3,1ss), il doit plutôt s’agir en Ac 2,42 – comme pour les trois autres ‘persévérances’ – d’un élément spécifiquement chrétien de la vie de la jeune communauté (cf. note TOB sur Ac 2,42).

Cette persévérance dans la prière dont Luc parle ici est bien illustrée par les Lettres de Paul. On peut lire en BJ la note sur Rm 8,27 +. Nous en retiendrons deux points : l’exemple de Paul et quelques recommandations que nous lisons chez lui.

1) l’exemple de Paul

Lire à la suite 1 Th 1,2; 2,13; 2 Th 1,3.11; Ph 1,3-4. 9-11; Col 1,3.9; 1 Co 1,4; Rm 1,8-10.

Remarquer comment Paul insiste sur sa “persévérance” dans la prière.
Noter les caractéristiques de la prière de Paul : action de grâce et demande.
Pour quoi Paul rend-il grâces ? que demande-t-il à Dieu pour ses correspondants ? Que pensez-vous de la prière de l’apôtre ?

2) les recommandations de Paul sur la prière

Rm 12,12 : nous trouvons ici la même formule qu’en Ac 1,14 et 6,4; cf. aussi 2,42.
En Ac 1,14, la prière apparaît comme la première action de la communauté des disciples après le départ de Jésus.
En 6,4 les apôtres affirment la priorité que doit avoir pour eux la prière, avec le service de la Parole.
Col 4,2 : lire Col 4,2-4 ; Paul écrit “soyez assidus à la prière, veillant en elle dans l’action de grâce”. Noter les formes de prière que Paul recommande : action de grâce (v.3) et la demande (v.3-4) pour son ministère de la Parole.
Ep 6,18-20 : Paul invite les Ephésiens à durer dans la prière sous toutes ses formes ; il les encourage à prier pour tous les croyants (les “saints”) et spécialement pour lui afin qu’il puisse annoncer l’Evangile en toute liberté (sur ce dernier terme, voir la note TOB sur Ep 3,12).
Ph 4, 6-7 : prière, supplication, action de grâce; sur la paix qui en découle, voir Jn 14,27 (cité en marge).
1 Th 5,17 : les vv. 16-18 forment un tout; remarquer l’insistance de Paul : toujours joyeux, priez sans cesse, en toutes conditions dans l’action de grâce. Sur la persévé-rance dans la prière, voir encore la note sur 5,17 +.
Ce verset de Paul est cité, semble-t-il, par Ignace d’Antioche dans sa Lettre aux Ephésiens 10,1 : “pour les autres hommes aussi, priez sans cesse, car il y a en eux espoir de conversion, pour qu’ils obtiennent Dieu.”

Cf. également l’importance de ce verset pour la “prière à Jésus : voir Les récits d’un pèlerin russe, Premier récit.

10) La prière dans la persécution : Ac 4,24-30

Dans les Actes, Luc nous donne deux exemples de la prière de l’Eglise : en Ac 1,24-25 et Ac 4,28-30. Ces deux prières ont la même construction:d’abord elles interpellent Dieu, puis elles formulent une demande. On peut noter comment les deux parties de chaque prière sont adaptées à la situation. Ainsi en Ac 1,24 à ” Seigneur, toi qui connais le coeur de tous…” répondent les versets 24b-25 “montre-nous lequel tu as choisis”. De même en Ac 4, après “Maître qui as fait le ciel et la terre…” (v.24-28), vient la demande “Seigneur, considère les menaces … étends ta main…” (v. 29-30).

Lire Ac 4, 1-31

1) Comment est composée la prière d’Ac 4, 24-30 ?
2) Qu’apportent à cette prière les deux citations de Psaumes ?
3) Pourquoi l’Eglise prie-t-elle ici ? Comparer cette prière avec la demande de Paul
en Ep 6, 18-20 .

Question 1

Sur l’occasion de cette prière, cf. Ac 4, 1ss. et spécialement les v. 21-23.
Pour la division de la prière, voir la note de TOB sur Ac 4,24.
On peut diviser en 3 parties : appel à Dieu : “Maître, toi qui as fait … dis “ (v. 24-26); puis l’application à Jésus du passage de psaume cité (v.27-28; enfin la demande (v.29-30).
Noter comment est soulignée l’unanimité de la prière : v. 24 cf. Ac 1,14 ; 2,46; 5,12.

Question 2

Ainsi l’Eglise reprend la prière d’Israël.
Le Ps 146 invite à mettre sa foi en Dieu, le Dieu de Jacob qui est aussi le créateur (Ps 146,5-6) plutôt que dans les princes (146, 3-4); voir aussi les v. 7ss du Psaume qui s’adaptent bien à la situation. Ce Psaume est encore cité en Ac 14,15 et 17,24.
Le Ps. 2 est au centre de la prière : voir Ps 2,1 +.
La prière cite les v.1-2 du psaume, puis elle en fait un commentaire adapté : cf. les notes de TOB sur Ac 4,26-27.
Nous avons ainsi une relecture chrétienne du psaume.

Question 3

La cause des apôtres est la continuation de celle de Jésus; c’est toujours l’opposition au “Serviteur”(cf. Ac 3,13 cité en marge) . Jésus est nommé deux fois “serviteur”: au v. 27 et au v. 30.
L’Eglise demande, non la protection, mais l’assurance (parrèsia) pour annoncer la Parole. Sur ce terme “parrèsia”, voir Ac 13,46 + et la note de TOB sur Ep 3,12. Le mot revient en Ac 2,29; 4,13. 29. 31; 28,31 (cf note TOB sur Ac 4,13).
En Ep 6, 18-20, Paul demande pour son travail apostolique la même assurance de Dieu.
Noter encore l’exaucement de la prière : Ac 4,31.

11) Une Eglise où souffle l’Esprit : Ac 1,8

Prendre la note BJ sur Ac 1,8 et ne retenir que les citations qui renvoient aux Actes des Apôtres.
1) Pourquoi et comment se manifeste ce don de l’Esprit ? Citez quelques passages
qui vous ont frappé.
2) Quand ce don est-il accordé et quelle est son importance pour la vie de la com-
munauté ?
3) Cet Esprit est appelé “Esprit de la promesse” en Ac 2,33 : qu’est-ce que cela
signifie ?

Question 1

Il est donné pour être témoin jusqu’aux confins de la terre : Ac 1,8; il est aussi donné à cause des persécutions qui toucheront ceux qui sont ainsi envoyés : Ac 4,8.31; 5,32; 6,10…
Sur le comment, voir Ac 10,38 : il était en Jésus “qui a passé en faisant le bien et en guérissant tous ceux qui …”
Il se manifeste aussi dans les charismes, langues (2,4, cf. note TOB), prophétie (Ac 11,27 +), sagesse (Ac 6,3.5.10).
Le don de l’Esprit est également lié au baptême : Ac 2,38, cf. Ac 1,5 +.

Question 2

Il est donné après le départ de Jésus : 1,8; 2,1, habituellement en lien avec le baptême (2,38) et l’imposition des mains (8,14ss; 19,6). Mais Dieu peut le donner dans d’autres conditions (Ac 10,44-47).
Il intervient pour les grandes décisions de l’Eglise : l’admission des païens (8,29.40 ; 10,19. 44-47; 11,12-16; 15,8), le rejet des observances légales pour les païens (15,28); la mission de Paul en terre païenne (13,2ss; 16,6-7 et note TOB; 19,1.21; 20,22-23).
Quelles ont été les conséquences pour l’Eglise de ces décisions, prises sous l’influence de l’Esprit- Saint ? Réfléchir sur ce point.

Question 3

Cf. Ac 2,33 +; voir aussi la promesse de Jésus en Ac 1,4-5.
C’est l’accomplissement des promesses faites par les prophètes pour les temps messia-
niques (cf. par ex. Ez 36,27 +).
Ce don de l’Esprit est normalement lié au baptême reçu “au nom de Jésus” : Ac 2,38 et note de BJ.
Pensez-vous que l’Esprit est encore à l’oeuvre dans l’Eglise aujourd’hui ? Donnez des exemples que vous connaissez.

Sur l’Esprit, on pourrait aussi travailler à partir de la note de TOB sur Ac 1,8.

12 ) Une église missionnaire, Antioche.

Lire Ac 11,19-30; 13,1-3; 14,24-28; travailler à partir de Ac 11, 19-26 .

1) Qui sont les personnages qui interviennent ? Montrer l’importance de leur action.
2) Que signifie le nom de “chrétiens” donné aux croyants d’Antioche ?
3) En Ac 11,26, Luc appelle pour la première fois “Eglise” une communauté hors
de Palestine : y voyez-vous une signification ?

Question 1

Voir Ac 11,19 et note BJ : ce sont les héllénistes qui font sortir l’Evangile de Jérusalem.
Ils portent le message évangélique de Jérusalem jusqu’à Antioche en passant par la Sa- marie (8,4ss), la Phénicie et Chypre (11,19). Suivre cet itinéraire sur une carte.
A Antioche, un nouveau pas est franchi, par l’annonce de l’Evangile aux “grecs”, c-à-d. aux non-juifs : Ac 11,20 +.
Noter le lien qui est gardé avec la communauté de Jérusalem (11,22ss) et le rôle de Barnabé qui introduit Paul dans la communauté d’Antioche. Cf. aussi Ac13,1 +.

Question 2

Voir la note de BJ sur Ac 11,26 + : les chrétiens sont ceux qui reconnaissent en Jésus le Messie; c’est “le point de rupture entre Juifs et chrétiens “ (Ph. MENOUD).
Les chrétiens apparaissent désormais comme un groupe distinct des Juifs, surtout par leur ouverture aux païens, cf. notes TOB sur Ac 11,26.
N’étant plus reconnu comme ‘juifs’, ils deviennent membres d’une religion qui n’a plus droit aux privilèges reconnus aux Juifs dans l’empire romain; de là viendront les persécutions.

Question 3

Sur la signification du mot Eglise, voir les notes BJ et TOB sur Ac 5,11.
Luc n’avait donné le nom d’Eglise aux croyants de Jérusalem qu’après avoir mentionné leur vie en communion (Ac 5,11); en Ac 11,26, il donne ce même nom à la communauté d’Antioche qui a fait sauter les barrières juives par la foi au Seigneur Jésus.
A noter aussi le geste d’entraide qui suit (Ac 11,27-30) et qui marque l’unité entre “églises” (cf. note TOB sur 11,29).

13 ) La naissance des communautés : Ac 14, 21-28

La prédication missionnaire suscite des disciples (13,52; cf. 14,1. 20-21), mais pour que naissent des communauté, il faut la persévérance de ceux qui ont cru et une certaine organisation.

1) Comment faut-il comprendre Ac 14,21 ?
2) Pourquoi Paul visite-t-il à nouveau les disciples ?
3) Que signifie “anciens” et quelle est la charge que Paul leur confie ?

Question 1

Suivre sur une carte (à la fin de votre Bible) le voyage de Paul décrit en Ac 13,4ss : Salamine (13,5), Paphos (13,6), Pergé (13,13), Antioche (13,14), Iconium (13,51), Lystres et Derbé (14,6).
Derbé est la dernière étape de la prédication missionnaire de Paul et Barnabé. Pour retourner de là à Antioche, la route la plus courte passerait par Tarse (celle que prendra Paul, en sens inverse, pour les 2ème et 3ème voyages). Pourquoi Paul ne prend-il pas cette route maintenant ?
Ici, au contraire, Paul retourne sur ses pas, dans les villes où il a pourtant subi des persécutions (13,50s; 14,5.19).
Tout ceci nous montre l’importance que Luc reconnaît à cette visite que Paul fait aux disciples.

Question 2

Le but de la visite est d’affermir les disciples : cf. Ac 15,41 (cf. 18,23); voir aussi 1 Th 3,2; 2 Th 2,15-17.
Il faut que ceux qui ont cru persévèrent dans la foi : 11,23; 13,43 (cf. note TOB sur 14,22).
Noter le rôle de la persécution : cf. 1 Th 3,4. Luc souligne que ces difficultés entrent dans le dessein de Dieu : “il faut” ; cf. Lc 24,26.
Paul continuera à visiter ces communautés : Ac 15,36; 16,1 (2ème voyage) et Ac 18,23 (3ème voyage).

Question 3

Pour la persévérance des communautés une certaine organisation est nécessaire, cf. 14,23.
Sur les “anciens”, cf. Ac 11,30 et Tit 1,5 +.
Sur le rôle des “anciens”, voir Ac 20, 17. 28-32; voir aussi les notes TOB sur Ac 20,18 et 28.
Le terme est toujours utilisé au pluriel : il s’agit d’une responsabilité collégiale.

14 ) L’organisation de l’Eglise

“les besoins de l’Eglise demandent la création de ministères nouveaux … et la création s’opère dans le dialogue entre les responsables et l’assemblée.” (A. GEORGE)
Dans les Actes des Apôtres, nous trouvons le groupe des Douze (Ac 1,15-26), puis celui des SEPT (Ac 6,1-6) à Jérusalem, le groupe des CINQ à Antioche (Ac 13,1-3; voir la note sur 13,1 +) et enfin des “anciens” dans les communautés fondées par Paul.

Lire 1 Tm 3,1-7 et 8-13; Tit 1,5-9; Ac 20,17-35; 1 P 5,1-4

1) D’après ces textes, pouvez-vous identifier quels sont les besoins de l’Eglise ?
2) Quels sont les critères de choix pour les candidats ? Lesquels vous paraissent les
plus importants ?
3) Quelle différente y a-t-il entre les exigences requises pour les “épiscopes” et
celles requises pour les “diacres” ?

Question 1

Faire la liste des noms donnés aux responsables et chercher à les expliquer en vous aidant des notes de BJ ou de TOB.
“épiscopes” = surveillants cf. note TOB sur 1 Tm 3,1 et celle sur Ac 20,28.
“diacres” = serviteurs, cf. note TOB sur 1 Tm 3,8.
“anciens” ou “presbytres” (d’où prêtres) , voir Tit 1,5 +.
Pour les autres noms, voir la note de BJ sur Tit 1,5 + : présidents, pasteurs, higoumènes; cf. aussi He 13,7.17.
Ces noms font apparaître les besoins de l’Eglise: gouvernement, organisation (anciens, épiscopes), unité, enseignement (pasteurs ; Ac 20,29ss; Tit 1,9; 1 Tm 3,2).

Question 2

Faire la liste des critères mentionnés en 1 Tm 3 et Tit 1.
Noter que la plupart des qualités requises sont d’ordre assez général – celles que Paul demande à tout chrétien en Rm 12,9-21 ou Ep 5,2-17 – cf .1 Tm 3,2 +.
Mais l’épiscope (presbytre) doit être irréprochable (1 Tm 3,2; Tit 1,5.7), un exemple de mesure et d’ordre. D’autres qualités mentionnées sont davantage en lien avec la charge : qualités pour gouverner, présider (1 Tm 3,4-5) et pour enseigner (Tit 1,9).

Question 3

Sur le sens de ces mots, voir note BJ sur Tit 1,5 + ou TOB sur 1 Tm 3,1 et 8.
Si l’on compare ce qui est requis des diacres et ce qui est demandé de l’épiscope, on peut noter 3 exigences propres à ce dernier : ne pas être néophyte (danger d’une promotion trop rapide) 1 Tm 3,6; avoir le bon témoignage de “ceux du dehors” (les non- chrétiens), 1 Tm 3,7; enfin être hospitalier, car c’est à lui d’accueillir les frères de passage.
Pour l’épiscope (et les presbytres), on demande aussi des qualités pour enseigner ( 1 Tm 3,2), l’attachement à la saine doctrine pour pouvoir exhorter les croyants et réfuter les contradicteurs ( cf. Tit 1,9ss).
Pour les diacres, les fonctions ne semblent pas aussi bien déterminées; ils sont les premiers collaborateurs de l’épiscope (ou des presbytres) dont on attend une conduite exemplaire.
A noter que 1 Tm 3,11 parle aussi des femmes : cf. BJ 3,11 + ou la note de TOB.

15 ) Une annonce qui conduit au baptême : Ac 8, 26-40

Saint Luc, au début des Actes des Apôtres, rappelle avec force que l’Evangile doit être annoncé à partir de Jérusalem jusqu’aux confins de la terre ( cf. Ac 1,8). Le baptême d’un eunuque éthiopien par Philippe est une bonne illustration de cette volonté divine.

1) Tout ce récit tend vers le baptême de l’eunuque : quelles sont les étapes qui y
conduisent ? et leurs significations ?
2) Quelle est pour s. Luc l’importance de ce baptême ? Qui est l’acteur principal ?
Qui en est le bénéficiaire ? Où Luc a-t-il placé ce récit dans les Actes ?
3) Comparer ce récit avec Lc 24,13-35 : que découvrez-vous ?

Question 1

Rechercher les différentes parties de ce récit : par ex. v. 26-28 (présentation des personnages); v. 29-33 (la lecture du texte d’Isaïe); v.34-35 (l’annonce de Jésus); v. 36-39 (le baptême).
Ainsi l’AT prépare l’annonce chrétienne et celle-ci conduit au sacrement.
Sur l’importance du texte d’Isaïe 53 dans la prédication chrétienne primitive, voir Ac 8,32 et les notes en BJ et TOB.

Question 2

L’eunuque éthiopien nous est présenté comme un craignant Dieu venu à Jérusalem pour adorer (v. 27 et note TOB); sur le chemin du retour, il lit la Parole de Dieu (v. 28ss).
Mais c’est un eunuque : voir Is 56, 3-7 (cité en marge de Ac 8,27) et voir la note de BJ sur Is 56,1 +; selon Dt 23,2ss, un eunuque ne peut pas faire partie du peuple de Dieu.
Mais c’est l’ange du Seigneur (v.26) ou l’Esprit (v.29) qui amène Philippe à faire entrer cet étranger dans le (nouveau) peuple de Dieu. Comparer le même rôle donné à l’ange ou à l’Esprit en Ac 10. Pour Luc, c’est donc Dieu lui-même qui ouvre ainsi la porte aux païens.
Par le baptême de cet éthiopien (cf. BJ Ac 8,27 +), l’Evangile atteint l’Afrique, comme en 16,6-10, l’Esprit conduit Paul vers le monde grec et l’Europe.
Noter que Luc raconte cette conversion avant la conversion de Paul (Ac 9) et avant la démarche de Pierre chez Corneille (Ac 10, 1 +).

Question 3

Les deux récits (de Luc) sont construits sur le même modèle : un cheminement conduit au baptême ou à l’eucharistie.
Noter la démarche en chemin, la place qu’y tient l’AT, puis l’annonce pascale.
Les deux scènes se terminent par la disparition de Jésus (Lc 24) ou de Philippe (Ac 8), mais dans les deux cas, la joie du salut demeure.

16) La vie des baptisés dans le monde : 1 P 2,11-3,12

La Première Lettre de Pierre est adressée à des chrétiens qui vivent au milieu du monde païen (cf. 1,1-2). Comme l’auteur le leur dira en 3,15, “ils doivent “être toujours prêts à rendre témoignage de l’espérance qui est en eux”.

1) D’après ce passage pouvez-vous dire quelle est la situation des chrétiens à qui
cette lettre est adressée ?
2) Comment faut-il comprendre la soumission dont il est question en 2,13.18; 3,1 ?
3) Que pensez-vous de ce que saint Pierre demande pour la vie entre frères en
3,8-12 ?

Question 1

Ils vivent au milieu des païens ( v.12); ils sont probablement eux-même (en majorité) des païens convertis (cf. 1,1 +) et ils ne sont qu’une petite minorité.
Ils sont critiqués, incompris, calomniés à cause de leur nouvelle manière de vivre : v. 12. et 15.
A noter aussi le long développement sur les esclaves (v.18ss) et sur les femmes (3,1ss) : ceci nous donne probablement une image de la communauté chrétienne à qui la lettre est destinée.

Question 2

C’est une soumission “à cause du Seigneur” ( v.13) ; on peut comparer avec ce que Paul écrit en Ep 6,5-8 (cité en marge de 1 P 2,18).
Cette consigne veut sans doute éviter que les chrétiens, par une mauvaise com- préhension de la liberté qui leur est donnée par le Christ, ne donnent prise à ceux qui les accusent d’être un ferment de trouble pour l’ordre établi. Voir l’introduction à la Lettre.
Mais l’auteur souligne également combien une telle attitude est éclairée par l’exemple de Jésus : voir note TOB sur 2,13; cf. aussi 1 P 3,14 et 4,14.
A noter l’importance du texte d’Is 52-53, cité en 2,21-24; ce texte apparaît très souvent dans le NT.

Question 3

Voir la note de BJ sur 1 P 3,8.
On peut comparer notre passage avec ce que Paul écrit en Rm 12, 14-18.
Remarquer comment ce texte de Pierre reprend des paroles de Jésus, spécialement celles du Sermon sur la montagne; cf. les références de Mt et Lc données en marge.
Plusieurs vertus mentionnées ici sont typiquement chrétiennes : ainsi la miséricorde, l’humilité, le pardon. En avons-nous conscience ?

En regardant l’Eglise primitive

Comment vivre en Eglise aujourd’hui ? Une question que l’on se pose souvent au milieu des mutations qui marquent notre monde. Pourquoi ne pas nous tourner une fois de plus vers les origines et regarder ce que l’on a considéré comme l’essentiel dans le message apporté par Jésus. C’est ce que nous tenterons de faire en nous laissant inspirer tout particulièrement par la présentation des communautés que nous offre saint Luc dans les Actes des Apôtres ainsi que les aperçus que nous trouvons dans les Lettres de Paul. Nous sortirons pourtant ici ou là de ce cadre pour lire d’autres passages du NT.

Mais la base de ce dossier s’inspire d’un texte célèbre des Actes des Apôtres, que l’on retrouve tout au long de l’histoire de l’Eglise. Ce verset est Ac 2,42. Voici ce qu’écrivait à son sujet E. RASCO, en Ass. Seigneur 23, p. 9 :

“Il est rare de rencontrer un verset du NT aussi lourd de conséquences. On dirait que Luc a ciselé comme en un bijou, tout l’essentiel de la vie chrétienne. On a précisément reconnu en ces 4 persévérances les 4 traits nécessaires et suffisants pour décrire toute la vie de l’Eglise et des fidèles. Si l’une ou l’autre devait faire défaut, le caractère spécifique et la vitalité de l’existence chrétienne disparaitraient du même coup.”

C’est dire l’intérêt de ce verset de saint Luc qui présente la vie chré- tienne comme une quadruple persévérance.

La vie chrétienne comme persévérance

Le point de départ de toute vie chrétienne vraiment adulte est une rencontre personnelle avec le Christ. “J’ai rencontré Jésus Christ”; “Dieu existe, je l’ai rencontré !” De tels cris expriment la joie d’une découverte qui a bouleversé une vie, la prise de conscience d’une Présence qui vient éclairer notre chemin. Moment privilégié que certains appelleront vocation, d’autres conversion.
Rencontre importante, décisive même. Mais elle n’est qu’un commencement Elle pourrait n’être qu’un feu de paille !

En Ac 2, 41, Luc nous parle de ceux qui ont entendu l’appel de Pierre et il écrit : “ceux qui accueillirent (aoriste) la Parole reçurent le baptême ”. Il s’agit là de la rencontre avec le Christ et du geste baptismal, qui marque extérieurement la volonté de lui appartenir définitivement. Mais Luc ajou-
te alors le v. 42, dans lequel il exprime sa compréhension de l’être chrétien : “Ils étaient persévérants (imparfait + participe présent) dans l’enseignement des apôtres et la communion fraternelle, dans la fraction du pain et les prières ”.

Ainsi ceux qui ont cru (ceux qui ont commencé à croire), doivent devenir ceux qui croient, ceux qui persévèrent dans cette décision prise lors de la rencontre avec le Christ.

Ne pas persévérer, ce n’est pas simplement ne pas avancer, c’est remettre en question les prémices déjà reçues ( cf He 6,4-6). La vie chrétienne s’inaugue par la foi et le baptême, par l’accueil de la Parole et le sacrement, mais elle ne se poursuit qu’au prix d’une persévérance.

Une quadruple persévérance

A la base, il y a l’enseignement apostolique: ”née d’une action rédemptrice, accomplie une fois pour toute, l’Eglise ne peut demeurer elle-même qu’en restant fidèle à ce passé qui prend nécessairement pour elle la valeur d’une tradition normative.” (Ph. MENOUD)

Cet enseignement est d’abord le kérygme, mais il doit ensuite être relayé par la catéchèse, pour ceux qui ont accepté la première annon- ce du salut.
“Pour que le monde soit sauvé, écrit aussi Ph. MENOUD, il ne suffit pas que Jésus Christ soit mort et ressuscité. Il faut encore que ce fait soit connu et compris dans sa signification rédemptrice, de ceux en faveur de qui il a été accompli. Il faut que l’Evangile soit prêché et qu’on y croie.” (ce sera l’objet des fiches 1-3)

Luc ajoute: ”et la communion fraternelle” (koinônia), une ‘communion’ qui doit être comprise dans un sens très large, comme partage des biens matériels et spirituels. (fiches 4-6)

Un troisième aspect de la persévérance concerne la “fraction du pain”, c-à-d. l’Eucharistie qui est la source et le modèle de la vie de l’Eglise.

“ C’est la persévérance dans la fraction du pain, écrit toujours Ph. MENOUD, qui permet à l’Eglise de vivre dans la foi et dans l’espérance, sans fièvre et sans lassitude , jusqu’au jour où son chef exaucera sa prière : ‘Viens, seigneur Jésus “ (cf. fiches 7-8)

Il faut encore persévérer dans les prières : pas de vie écclésiastique et chrétienne sans prière. Dans les Actes des Apôtres, un des noms choisi pour désigner les chrétiens sera “ceux qui invoquent le Nom du Seigneur” (cf Ac 9.14). (cf les fiches 9-10)

Les Actes des Apôtres et les Lettres de Paul

Dans les Actes des Apôtres, Luc nous montre un tableau de l’Eglise, tel qu’il désire le proposer aux chrétiens de la fin du premier siècle. Ce n’est l’histoire de la première communauté, mais bien davantage une présentation de ce que devrait être l’Eglise dans le projet de Dieu.

Après avoir commenté ainsi ce célèbre verset d’Ac 2,42, nous ferons quelques ‘flashes’ pour mettre en valeur d’autres aspects de la communauté primitive, comme la place de l’Esprit Saint, la dimension missionnaire de l’Eglise, la naissance des communautés et l’organisation pratique que tout cela suppose (fiches 11-14).

Nous terminerons enfin par deux fiches sur le baptême (15 et 16).

Une étude en groupe

Les démarches proposées varient selon les cas et certaines fiches demandent à être traitées directement en groupe (par l’animateur). Pour les autres, il est toujours souhaitable que les participants aient lu, et si possible travaillé, le texte et le questionnaire avant la réunion.

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