LUC

routeL’auteur du troisième Évangile est un chrétien de la deuxième génération; c’est un homme cultivé du monde hellénistique, mais c’est avant tout un croyant, un disciple, qui a trouvé le salut dans les paroles et les exemples de Jésus.
Quand Luc se met à écrire (probablement vers l’an 80), il y a déjà cinquante ans que la foi chrétienne a commencé à se répandre. Partie de Jérusalem et du monde juif, elle a atteint tous les grands centres du monde gréco-romain. C’est cette histoire que Luc veut nous raconter en deux livres : l’Evangile et les Actes des apôtres.
Pour écrire son Évangile, Luc a sans doute disposé du texte de Mc (écrit vers 65-70); il a eu également à sa disposition d’autres sources écrites ou orales (dont celle qu’il partage avec Mt : la Quelle ). Dans son Prologue (Lc 1, 1-4), il nous parle du travail de recherche qu’il a entrepris pour s’informer soigneusement sur ce qu’il va nous transmettre. Luc, en effet, travaille en historien, si l’on veut bien donner à ce terme le sens qu’il avait au premier siècle de notre ère et si l’on accepte que Luc entend écrire une histoire sainte, c’est-à-dire qu’il nous propose la signification chrétienne des faits et des paroles qu’il rapporte. Tout son livre est éclairé par sa foi au Christ Ressuscité et il voudrait conduire son lecteur à partager cette foi.

Une partie importante de son Évangile lui est propre (les spécialistes ont calculé que 48 % des versets de Lc ne se lisent pas dans les autres Évangiles). C’est dire la richesse et l’importance de son message. Mais même lorsqu’il rapporte les mêmes épisodes que Mt ou Mc, Luc le fait en introduisant une note bien personnelle. Ainsi sa lecture nous fait découvrir les thèmes qui sont chers à Luc et il nous propose un visage de Jésus qui n’a pas fini de nous émerveiller.

Les pistes de travail proposées ici voudraient donner, au fil de l’année liturgique, un aperçu de la richesse de l’Evangile de Luc, mais elles ne peuvent (ni ne veulent) remplacer la lecture du livre entier que Luc nous a laissé.

Lc 3, 1- 18 : Deuxième et Troisième Dimanches de l’Avent

La liturgie de l’Avent nous met chaque année en présence de Jean-Baptiste, ou mieux, de Jean le Précurseur. L’Evangile du Deuxième Dimanche prend soin de le situer dans son temps, car pour la tradition évangélique, la prédication du Précurseur ouvre les temps messianiques (cf. Ac 1, 21-22). L’Évangile du Troisième Dimanche nous donne le dialogue de Jean avec les foules qui allaient vers lui : un appel à la conversion qui doit se vérifier dans la vie de tous les jours.

1) Qui sont les personnages mentionnés en Lc 3, 1-6 et pourquoi Lc les cite-t-il ?
2) Pour présenter Jean et son message, Lc a recours à une citation d’Isaïe : que nous
apporte ce texte ?
3) Dans Lc 3, 10-18, les v. 10-14 sont propres à Lc : comment les comprenez-vous ?

Question 1

• Faire la liste de ces personnages et essayer de les regrouper, de voir les oppositions, etc…
• Tibère, empereur à Rome et qui gouverne le monde entier (de Luc); Pilate et Hérode sont les représentants locaux du pouvoir romain, le premier en Judée, le second en Galilée (cf. les notes de BJ et TOB), c’est-à-dire dans le pays d’Israël.
• Anne et Caïphe représentent le pouvoir religieux dans le peuple de Dieu (cf. notes BJ et TOB).
• A cette liste de 7 personnages s’oppose la Parole de Dieu, qui est le sujet principal des v. 1-2 et qui met tout en mouvement.
• Jean – dont Lc a déjà abondamment parlé en Lc 1-2 – est présenté ici comme un prophète sur le modèle de Jérémie : cf. Jr 1, 2 (en marge dans BJ).

Question 2

• Le texte cité est le début du Livre de la Consolation d’Isaïe : voir dans l’Introduction à Isaïe ce qui est dit de ce prophète de l’Exil à qui nous devons les chapitres 40-55 du livre d’Isaïe.
• Is 40 annonce la venue du salut pour le peuple qui est alors en Exil; Lc reprend cette annonce pour situer le ministère de Jean-Baptiste qui prépare celui de Jésus.
• Ce texte d’Is 40 se lit également en Mt et Mc : comparer les passages parallèles et remarquer comment Lc prolonge la citation pour souligner l’universalité du salut : cf. note BJ et TOB sur Lc 3, 6.

Question 3

• Voir les notes de BJ et TOB sur Lc 3, 10.
• Noter l’importance du “faire” : Lc 3, 10. 12. 13; comparer avec Ac 2, 37; 16, 30; 22, 10. Se convertir, c’est changer de mentalité, mais cela doit se traduire dans un comportement nouveau.
• Les foules, les publicains, les soldats : les trois catégories qui viennent ici vers Jean sont ceux qui apparemment sont les plus éloignés de l’Evangile et qui pourtant savent l’accueillir.

En lien avec la liturgie

Le texte de Ba 5, 1-9 (Deuxième Dimanche) nous montre combien était vive dans les communautés juives de la Diaspora l’attente du salut : c’est à cette espérance que l’Evangile vient répondre.
So 3, 14-18 (Troisième Dimanche) nous montre le Seigneur au milieu de Jérusalem, apportant la joie au peuple qu’il sauve : Jean révèle au peuple qui vient vers lui la présence de “celui qui vient baptiser dans l’Esprit Saint et le feu”.

Lc 2, 1 – 14 : Évangile de Noël

Qui ne connaît ce récit de Lc ? Pourtant il vaut la peine de mettre de côté les représentations pittoresques que nous nous faisons de la crèche et de relire avec soin cette page d’Evangile. Lc veut moins nous raconter une belle et touchante histoire que nous faire partager sa foi en Jésus Sauveur.

1) Dans la présentation de Lc, cette scène est le pendant de celle de la naissance de Jean-
Baptiste (Lc 1, 57-66) : comparer les deux scènes. Que découvrez-vous ?
2) Que nous apprend de Jésus cette page de Lc ? En particulier, quels noms lui sont donnés
ici ?
3) Quel est l’effet de cette naissance ?

Question 1

• Jean-Baptiste naît dans la maison paternelle, sacerdotale; Elisabeth est bien entourée ; au contraire Jésus, naît au cours d’un voyage imposé à ses parents, dans un abri de fortune,; Marie est seule pour prendre soin de l’enfant.
• Au lieu des voisins et des parents qui partagent la joie de Zacharie et d’Elisabeth (1, 58), à la crèche nous trouvons des bergers, des gens mal vus à cette époque en Israël (voir note TOB sur Lc 2, 8).
• On peut encore noter l’opposition entre César Auguste (2, 1-2) et le petit enfant (2, 7) que l’ange proclame Christ Seigneur (cf. note TOB sur Lc 2, 11).

Question 2

• Jésus, fils de Marie (2, 6), naît dans la ville de David (cf. 1 S 16, 1-13, cité en marge; voir aussi la note TOB sur Lc 2, 4); il est le premier-né (2, 7 : cf. note TOB et BJ).
• Noter spécialement les paroles de l’ange; comme dans les récits d’annonciation, l’intérêt est ici sur l’enfant. Jésus est appelé Sauveur (cf. note TOB sur Lc 2, 11; voir encore Mt 1, 21, cité en marge de BJ).
• Le Christ Seigneur : les deux mots ont une signification bien précise. Le Christ = le Messie, celui qui a reçu l’onction. Le Seigneur : cf. Lc 2, 11 (voir notes BJ et TOB). “L’ange de Bethléem se fait le premier des apôtres chrétiens” (J. Perron); en effet, ce que les apôtres proclament après Pâques, est mis ici dans la bouche du messager céleste.

Question 3

• C’est une Bonne Nouvelle ( = un Évangile) , une grande joie pour tout le peuple (l’universalisme de Lc); voir encore Lc 1, 14 + (cité en marge par BJ).
• C’est une naissance pour vous (v. 11 : un Sauveur vous est né ) et cette parole s’adresse aux bergers (cf. la note TOB sur Lc 2, 8); de même plus tard, Jésus sera attentif aux petits, aux pécheurs.
• Cette naissance apporte la paix : voir note TOB sur 2, 14; en BJ , voir la note sur Is 11, 6 +.

En lien avec la liturgie

En Is 9, 1-6 : la naissance d’un enfant est donnée comme un signe de la bienveillance de Dieu pour son peuple; c’est une lumière dans la nuit. A Noël, en cet enfant, Dieu nous donne son Fils.

Lc 3, 15 – 22 : Temps de Noël : Baptême de Jésus

Jésus, baptisé par Jean-Baptiste : voilà un fait qui s’est imposé à la tradition évangélique et qui nous paraît évident. Et pourtant le Baptiste prêchait un baptême de pénitence pour la rémission des péchés. Comment Jésus, le Messie, le Fils de Dieu, a-t-il pu recevoir ce baptême ? Les Évangélistes veulent nous aider à découvrir la signification de ce geste.

1) Quelle question se posait le peuple au sujet du Baptiste ? Comment ce texte répond-il à
cette question ?
2) Comment comprendre les verset 19-20 ? Par qui Jésus est-il baptisé ?
3) La BJ et La TOB intitulent les v. 21-22 le “Baptême de Jésus” : ce titre convient-il à ces
versets ? En voyez-vous un autre possible ?

Question 1

• Lire Lc 3, 15 : le peuple est dans l’attente du Messie; cette attente est avivée par la prédication du Baptiste.
• Mais celui-ci refuse d’être pris pour le Messie : cf. Jn 1, 19-20 (cité en marge de BJ).
• Noter l’opposition entre : “moi, je vous baptise avec de l’eau…lui il vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu : Lc 3, 16 et 17).
• A la parole de Jean-Baptiste annonçant “celui qui vient “ (v. 16) répond la voix du ciel (v. 22).

Question 2

• Lc raconte l’emprisonnement de Jean-Baptiste avant de parler du baptême de Jésus : cf. Lc 3, 20 (voir les notes de BJ ou TOB). Lc sépare ainsi nettement le temps de Jean-Baptiste et celui de Jésus : cf. Lc 16, 16 et la note TOB sur ce verset.
• A noter également Lc 3, 21 : “tout le peuple a été baptisé avant Jésus dont le baptême met fin à cette période de préparation” (A. George).
• Lc veut peut-être souligner ainsi la solidarité de Jésus avec tout le peuple.

Question 3

• Lc ne raconte pas le baptême de Jésus; il fait une simple allusion (par un participe passé) : comparer avec le récit de Mc 1, 9-10.
• Pour Lc, ce qui est au centre de la scène, c’est la prière de Jésus : c’est à Jésus en prière que s’adresse la voix venue du ciel (v. 21). Sur la place que Lc donne à la prière de Jésus dans son Évangile, voir les notes BJ et TOB sur Lc 3, 21.
• La théophanie n’est pas une description, mais un langage conventionnel pour signaler au lecteur qu’il s’agit d’une révélation divine.
• Au v. 22, les meilleurs manuscrits donnent la citation de Ps 2, 7, comme le font la BJ (édition nouvelle) et la TOB : voir les notes sur ce point.

En lien avec la liturgie

En Is 42, 1-7 (Premier Chant du Serviteur : cf. Is 42, 1 +), Dieu présente le “Serviteur” qu’il a élu pour son peuple; dans le récit de Lc, le Père (la voix céleste) nous présente son Fils.
• Ac 10, 34-38 : dans ce discours des Actes, Pierre souligne clairement les places respectives de Jean-Baptiste et de Jésus dans le plan de Dieu.

Lc 1, 1 – 4 et 4, 1 4 – 30 : Troisième et Quatrième Dimanches Ordinaires

L’Evangile du Troisième Dimanche est composé de deux passages de Lc : l’introduction à l’Evangile (Lc 1, 1-4) et l’introduction au ministère de Jésus (Lc 4, 14-21), Mais cette présentation du ministère se poursuit dans le texte du Quatrième Dimanche. Tout cet ensemble forme le discours-programme de Jésus. C’est la raison pour laquelle nous les étudierons ensemble.

1) Quels renseignements nous apporte Lc 1, 1-4 sur Lc, sur son Église et sur le but de son
travail ?
2) Comment Lc nous présente-t-il la première prédication de Jésus en 4, 16-22 ? Sur quoi
insiste-t-il ?
3) Que se passe-t-il dans les versets 22-30 ? Pourquoi Jésus parle-t-il ici d’Elie et d’Elisée ?

Question 1

• Il faut nous souvenir que Lc écrit vers les années 80, c’est-à-dire 50 ans après Jésus !
• Les témoins de la vie de Jésus, devenus (après Pâques) serviteurs de la Parole (Lc 1, 2 et note TOB) ont presque disparus à cette époque. D’autres prennent le relais et mettent pas écrit ce qui a été transmis : Lc se situe parmi ces derniers (cf. Lc 1, 1 et 3)
• Lc veut nous parler “des événements accomplis (par Dieu) parmi nous “ : cf. la note TOB sur Lc 1, 1 qui explique la signification du passif utilisé par Lc.
• Il entend donner de ces événements un exposé suivi (c’est-à-dire bien présenté) et solide.

Question 2

• Lire les notes de BJ et TOB sur Lc 4, 16.
• Jésus prêche dans les synagogues (cf. 4, 15. 44) comme le feront plus tard les premiers missionnaires chrétiens dont ils nous parle dans les Actes : cf. Ac 13, 5 et la note BJ.
• Comparer le texte d’Is 61 avec la citation qu’en donne ici Lc; remarquer que Lc arrête la citation et omet ainsi la menace contenue dans la finale d’Is 66, 2 : cf. note TOB sur Lc 4, 19.
• Sur la prédication de Jésus, voir les références avec une + données en BJ : ainsi Mt 3, 16 + et So 2, 3 +.
• Aujourd’hui (v. 21) : voir Lc 2, 11; 5, 26; 19, 9; 23, 43; voir aussi la note TOB sur Lc 4, 21.

Question 3

• Comparer le v. 22 de ce texte avec les v. 28-29.
• Lire les épisodes d’Elie et d’Elisée auxquels Jésus fait ici référence : 1 R 17, 9 et 2 R 5, 14.
• Remarquer les oppositions entre Israël (v. 25. 27) et les pays étrangers (Sidon; la Syrie) ; comparer encore avec Ac 13, 46ss.
• Expliquer le v. 30 : cf. en marge de BJ le renvoi à Jn 8, 59; en TOB, voir la note sur Lc 4, 30.

En lien avec la liturgie

Jésus, comme Esdras (Première lecture du Troisième Dimanche) ouvre le Livre et fait la lecture au peuple, mais avec Jésus la Parole de Dieu trouve son plein accomplissement (Lc 4, 21).
Jérémie, appelé par Dieu pour être prophète des nations (Quatrième Dimanche) a été incompris et rejeté par le peuple. Jésus se heurte, lui aussi, à l’incompréhension de ses concitoyens quand il veut leur révéler l’amour universel de Dieu.

Lc 4, 1 – 13 : Premier Dimanche du Carême

Au baptême, la voix venue du ciel avait proclamé Jésus “Fils”; l’ Évangile va nous présenter maintenant celui qui accomplit parfaitement la volonté du Père. Mais pour cela, Jésus doit choisir et refuser les sollicitations qui l’écarteraient du chemin voulu pour lui par le Père.

1) Ce texte n’est pas un reportage sur la tentation de Jésus ; Lc utilise un même schéma
pour les trois tentations : quels en sont les éléments ?
2) Comment les références du Dt éclairent-elles les tentations de Jésus ?
3) Comparer rapidement ce texte de Lc avec le texte parallèle de Mt et relever les
particularités du texte de Lc.

Question 1

• Nous trouvons pour les trois tentations : le cadre de la tentation / la provocation du démon / la réponse de Jésus.
• Ainsi pour le cadre les v. 2. 5. 9a ; pour la provocation : v. 3. v. 6-7. v. 9b-11; pour la réponse de Jésus : v. 4. v 8. v. 12.
• Remarquer que Jésus emprunte toujours sa réponse à la Parole de Dieu; c’est cette Parole qui éclaire le choix à faire.

Question 2

• Les citations du Dt font allusions aux tentations (et aux péchés) d’Israël au désert lors de la sortie d’Egypte. Jésus refait ainsi l’expérience de son peuple, mais lui, il se comporte en fils.
• Dt 8, 3 (lire Dt 8, 1-6) rappelle l’épreuve de la faim et le don de la manne “pour te rendre pauvre “ (trad. de la TOB), c’est-à-dire pour enseigner au peuple la dépendance quotidienne et fondamentale par rapport à Dieu : c’est à ce prix qu’Israël pourrait jouir sans mal de la Terre promise.
• Dt 6, 13 (lire Dt 6, 10-13) : à l’entrée dans la terre, le peuple est tenté par l’idolâtrie et cherche à obtenir la domination, la fertilité, par les dieux de Canaan, au lieu de l’obtenir de sa fidélité à Dieu.
• Dt 6, 16 (cf. Ex 17, 1-7) : au désert, le peuple assoiffé avait tenté Dieu, exigeant un signe visible de sa présence. Jésus refuse de tenter Dieu par un signe-prodige.

Question 3

• Faire cette comparaison en vous aidant des notes de la BJ et de la TOB.
• Lc 4, 1 : Jésus est rempli de l’Esprit Saint : voir la note BJ.
• Lc 4, 6 : voir la note de BJ ou celle de TOB.
• Lc 4, 13 : Luc pense ici à la Passion (cf. Lc 22, 3. 53, cités en marge) où cet affrontement avec le diable atteindra son sommet et où la victoire de Jésus sera totale. C’est sans doute pour cela que Lc place cette troisième tentation (qui est la deuxième de Mt) à Jérusalem.

En lien avec la liturgie

En offrant les prémices de la terre et en récitant le “credo”, le fidèle israélite reconnaissait tout ce que le Seigneur avait fait pour lui et ce qu’il continuait à faire (Dt 26, 4-10)
Au contraire, tenter Dieu, c’est vouloir autre chose que ce qu’il nous donne ou le vouloir par d’autres moyens, au lieu d’adhérer à sa Parole et de se laisser conduire par Dieu.

Lc 15, 1 – 2 et 11- 32 : Quatrième Dimanche de Carême

On a dit de Luc qu’il était l’Evangéliste de la miséricorde de Dieu. Lc 15 est sans aucun doute une des pages qui a contribué à cette réputation. Au coeur de la “montée vers Jérusalem”, au coeur de l’Evangile, cette parabole nous rappelle un des aspects essentiels du message de Jésus.

1) Relever tout ce qui est dit du fils cadet : que fait-il ? Que dit-il ? Qui est-il ?
2) Faire la même démarche pour le fils aîné.
3) Qui sont les deux principaux personnages de cette parabole ? Quelle est la démarche que
la parabole nous invite à imiter ?

Question 1

• Sur le cadet : sa demande de l’héritage, son départ de la maison, sa vie de prodigue, sa misère (faim; chercher du travail; garder des cochons – animaux impurs, par excellence, pour un juif – ; et malgré cela, encore la faim).
• Noter le motif de son retour vers la maison paternelle (v. 17s et la note TOB) ; ce n’est pas le regret de sa conduite ou de la peine causée à son père, mais la faim.
• La phrase qu’il prépare pour son retour (v. 18-19) montre qu’il ne connaît pas son père.

Question 2

• Le fils aîné est resté près du père; il travaille.
• Noter son attitude par rapport au père; dans le récit de Lc, il ne prononce jamais le mot “père”!
• “je te sers depuis tant d’années sans avoir transgressé un seul de tes ordres “: le regrette-t-il ?
• Remarquer son attitude à l’égard du frère : “ton fils que voilà “ (v. 30); sa colère à cause de la fête qui est faite au retour du cadet, son refus d’y participer; il juge et condamne son frère.
• Est-il finalement entré ou non, pour partager la joie du père ? La parabole reste ouverte.

Question 3

• Remarquer le rôle du père tout au long du récit, son attitude à l’égard des deux fils : il leur partage son bien; il sort au devant des deux (v. 20 et 28).
• Pour le second personnage, échanger dans le groupe : est-ce le cadet, qui déclenche toute l’histoire par sa demande, ou bien l’aîné , qui ne comprend pas la miséricorde du père ? Voir Lc 15, 1-2 !
• Le scandale des pharisiens (v. 1) et du fils aîné, ce n’est pas que Dieu (le père de la parabole) pardonne à un pécheur, mais qu’il offre gratuitement ce pardon. L’attitude de Jésus – qui nous révèle celle de Dieu – remet ainsi en cause leur religion. A quoi bon alors, cet effort de fidélité, si Dieu pardonne ainsi ?
• La démarche que nous propose la parabole, ce n’est pas d’abord celle du père – qui est celle de Dieu -, mais celle du frère aîné, invité à entrer dans la joie du père et à redécouvrir sa relation au père.

En lien avec la liturgie

“Si quelqu’un est dans le Christ, il est une créature nouvelle…un monde nouveau est déjà né “ (deuxième lecture) : n’est-ce pas ce message de nouveauté que nous révèle la parabole de Lc ? N’est-ce pas un appel à un regard nouveau sur Dieu et sur le frère ?

Lc 22, 39 à 23, 49 : La Passion selon s, Luc

Le récit de la Passion est la partie la plus ancienne de la tradition évangélique. Pourtant même sur ce donné traditionnel, chaque Évangéliste a laissé son empreinte personnelle.
Voici à titre d’indication, les principaux passages propres à Lc dans le récit de la Passion : Lc 22, 24-38; 22, 42–44; 23, 6-16; 23, 27-32; 23, 39-43.
Mais même lorsqu’il rejoint la tradition commune, le texte de Lc laisse apparaître la personnalité de son auteur et de ses préoccupations. Lc cherche à mieux rendre compte du déroulement des faits (voir les notes TOB sur Lc 22, 54. 56. 66) Mais cette préoccupation d’historien ne fait pas de Lc un spectateur; c’est un disciple qui nous parle de la Passion de son maître. C’est un appel à suivre Jésus sur le chemin de la croix.
Le récit de la Passion forme un tout et il serait bon de le lire en entier (Lc 22, 1 – 23, 56). L’étude portera plus directement sur Lc 22,39 à 23, 49 et nous nous attacherons à trois aspects que Lc met particulièrement en lumière.

1) Relever les passages où Lc nous parle de la prière de Jésus : quel enseignement veut-il
nous donner ?
2) Noter combien Lc souligne l’innocence de Jésus : pourquoi le fait-il ?
3) Remarquer l’attitude de Jésus à l’égard de ceux qui l’entourent.

Question 1

• Comparer Lc 22, 39-46 avec Mc 14, 32.42; noter comment les disciples sont invités à prier avec Jésus (Lc 22, 39-40 . 46); voir aussi Lc 3, 21 + (en marge dans BJ).
• Jésus prie à genoux : Lc 22, 41 et note BJ; sa prière – comme toujours chez Lc – commence par le mot “Père” ; en Lc 22, 42, elle évoque la troisième demande du Pater (cf. TOB sur Lc 22, 42).
• Sur le rôle de l’ange, voir 22, 43 et note TOB; rapprocher Lc 22, 39-43 de Lc 4, 13 : derrière les acteurs de la Passion, Lc nous fait voir l’action de Satan (Lc 22, 3. 53). L’agonie, c’est la dernière tentation de Jésus et sa victoire dans la fidélité au Père.
• En Lc 23, 34 : Jésus prie pour ses bourreaux : voir note BJ; Lc 23, 46 : voir note TOB et comparer avec Mt-Mc.

Question 2

• Jésus n’est pas un chef de bande : Lc 22, 52-53.
• La triple déclaration d’innocence prononcée par Pilate , Lc 23, 4. 14. 22 (note TOB sur 23, 4), qui finit pas par céder à la pression de la foule : Lc 23, 23-25.
• L’innocence est reconnue implicitement par Hérode (Lc 23, 15) ; elle est proclamée par le larron (Lc 23, 41-42). Pour Lc, il est important de souligner l’innocence de Jésus, à une époque où les chrétiens sont accusés de propager dans l’empire romain une religion illicite et perverse.

Question 3

• Lc nous montre Jésus faisant son choix au Jardin des Oliviers .”dans le reste du récit de la Passion, Luc pourra nous montrer Jésus pacifié, tellement maître de lui, qu’il est capable de s’intéresser uniquement aux autres. “ (E. Charpentier). Cf. Lc 22, 51 (et note TOB); comparer avec le parallèle de Mc.
• En Lc 22, 61 : le regard de Jésus sur Pierre qui vient de le renier : voir note TOB.
• La parole de Jésus aux femmes qui le suivent : Lc 23, 28-31.
• Le pardon aux bourreaux : Lc 23, 34; cf. Lc 6, 27-36. Etienne suivra cet exemple de Jésus : Ac 7, 60. Cf. encore la réponse de Jésus au larron : Lc 23, 43.

Lc 24, 1- 12 : Évangile de la Vigile pascale

Alors qu’à cette époque, en milieu juif, le témoignage d’une femme n’était pas accepté en justice, Lc – comme les autres Évangélistes, d’ailleurs, – nous présente des femmes comme premières messagères de la Résurrection. Bel exemple de l’humour de Dieu et de la promotion de la femme grâce à l’Evangile.

1) Qui sont les femmes et pourquoi viennent-elles au tombeau ?
2) Comment le message de Pâques est-il mis en valeur dans les v. 4-8 ?
3) Comparer Lc 24, 7 avec 1 Co 15, 3-5.

Question 1

• Sur l’identité des femmes : Lc 24, 10; cf. 23, 55 . Voir aussi Lc 8, 2-3 (cité en marge dans BJ)
• Elles viennent pour compléter la sépulture de Jésus : cf. Lc 23, 55-56 et 24, 1. Elles cherchent le “corps du Seigneur Jésus “ (voir la note TOB sur 24, 3); cf. 23, 52 et 55. Mais la tombe est ouverte et elle est vide : Lc 24, 2-3.
• Remarquer que l’absence du corps ne les conduit pas à la foi, mais au désarroi (v. 4), comme ce sera aussi le cas pour Pierre (Lc 24, 12).

Question 2

• Elles cherchaient un cadavre, elles trouvent un message.
• Noter le changement de ton à partir de Lc 24, 4b, avec le scénario classique des interventions divines : chez Lc, les messagers célestes (en habits éblouissants) sont deux , comme en Ac 1, 10; ainsi le message est renforcé par l’attestation de deux témoins.
• La crainte de l’homme mis en présence d’une intervention divine; le regard tourné vers le sol : comparer avec Ac 1, 11 , où un reproche semblable est fait aux apôtres.
• Mais l’essentiel est le message : Jésus est le Vivant : Lc 24, 5 et note TOB; cf. 24, 23 et Ac 25, 19.
• Cf. aussi le kérygme traditionnel, avec les différents éléments : Jésus, le Fils de l’homme, livré, crucifié, ressuscité, le troisième jour.

Question 3

• Le texte de Paul est écrit en 57 (ou 56) et il rappelle aux Corinthiens la prédication que l’apôtre avait faite chez eux en 50-52. Ce que Paul avait alors transmis, il l’avait lui-même reçu (cf. les notes BJ et TOB sur 1 Co 15, 3) : tout ceci nous fait remonter, au moins, jusqu’aux années 40 ! Voir la note TOB sur 1 Co 15, 4.
• Les messagers de Lc 24, 4 sont les premiers évangélistes : les apôtres continueront leur mission.
• Dans le texte de 1 Co 15, 3-5, remarquer la formulation rythmée des deux phrases bien équilibrées et où tous les mots sont importants. Pour l’expression “selon les Écritures “, comparer avec le “il faut / il fallait “ de Lc 24, 7 (cf. 24, 26. 44) : voir encore en BJ Lc 9, 22 + (cité en marge).

En lien avec la liturgie

Lire l’épître de la Vigile (Rm 6, 3-11) et remarquer comment Paul nous parle de Jésus le Vivant. Et il nous invite, en tant que baptisés, à être nous aussi des vivants.

Lc 7, 36 – 50 : Onzième Dimanche Ordinaire

Lors du “Discours dans la plaine” (Lc 6, 20-49), Jésus annonce le Règne de Dieu. Mais cette annonce ne se fait pas uniquement en paroles. Dans la section qui va de Lc 7, 1 à 8, 3, Lc nous invite à découvrir Jésus comme un prophète puissant en paroles et en oeuvres, témoignant ainsi de l’irruption du Règne de Dieu qu’il proclame. L’Evangile de ce Dimanche en est un exemple.

1) Comment nous sont présentés les deux personnes que Jésus rencontre ?
2) Quelle est l’importance de la parabole (v. 40-43) ?
3) Qu’est-ce que ce texte nous révèle de Jésus ?

Question 1

• Le pharisien a invité Jésus à sa table (cf. Lc 11, 37 et 14, 11, cités en marge de BJ); voir la note TOB sur Lc 7, 36.
• Il considère Jésus comme un prophète ( = un homme de Dieu) ou , au moins, un maître (un rabbi) : v. 40; son accueil est correct, mais sans plus.
• La femme est une pécheresse, Lc le reconnaît ( v. 37), comme le pharisien (v. 39) et même Jésus ( v. 47-49) : elle est donc “impure”.
• Cette femme a appris la présence de Jésus et elle vient vers lui, comme vers quelqu’un qui peut la sauver : v. 37-38 et 50.
• Elle manifeste pour lui un grand amour (cf. tous les gestes décrits dans les v. 37-38 et notes TOB).

Question 2

• Remarquer que l’on pourrait omettre ces verset 40-43 sans modifier le récit de la rencontre de Jésus avec la femme.
• Une parabole a pour but de faire réfléchir quelqu’un sur la situation qui le concerne sans qu’il en ait conscience ; on pourrait comparer cette situation avec celle de Natân et David en 2 S 12.
• Après la (bonne) réponse du pharisien, Jésus peut en faire l’application (v. 44-47) à l’attitude de Simon et de la femme à son égard. Sur la signification du v. 47, voir la note TOB.

Question 3

• C’est une illustration de la miséricorde de Jésus pour les pécheurs (cf. note TOB sur le titre); Jésus se laisse approcher par eux; il peut – et il veut – leur apporter le pardon de Dieu.
• Le sommet du texte est l’”absolution” qu’il donne à la femme (v. 48) et la question qui en résulte pour les assistants (v. 49).
• Cette attitude de Jésus pose la question de son identité : pour Simon, si Jésus était prophète, il devrait savoir qui est cette femme et, en conséquence, l’éviter. Pour Jésus, son attitude est conforme à sa mission : il et venu pour les pécheurs. Cf. Lc 5, 32 et note TOB.
• A remarquer le lien entre amour et pardon : voir les notes BJ et TOB sur Lc 7, 47 .

En lien avec la liturgie

La première lecture de ce Dimanche (voir le texte complet : 2 S 12, 1-13) introduit bien l’Evangile. Dans les deux textes, nous trouvons une parabole qui permet de juger une situation avec impartialité, puis une annonce du pardon. Mais avec Jésus, le pardon est total : va en paix (voir note TOB sur Lc 7, 50).

Lc 10, 1 – 20 : Quatorzième Dimanche Ordinaire

A partir de Lc 9, 51 et jusqu’à 19, 28, Lc nous présente Jésus en marche vers Jérusalem (voir les notes BJ ou TOB sur Lc 9, 51). Cette ”montée vers Jérusalem” est dominée par la perspective de la Pâque qui doit s’y accomplir et par le souci de Jésus de préparer ses disciples à la mission qui les attend après son départ.

1) De quelle mission Lc veut-il parler : qui envoie ? Vers qui ?
2) Comment comprendre les instructions données pour cette mission ?
3) Expliquer les v. 17-20 en utilisant les références marginales de JB et, particulièrement,
celles qui ont une +.

Question 1

• Noter la place de cette parole de Jésus dans la “montée vers Jérusalem” : voir les notes de BJ ou TOB sur Lc 9, 51. Ainsi une des premières paroles de Jésus que Lc nous donne dans ce cadre est celle de la mission des 72. A noter encore l’importance donnée aux paroles du Seigneur : v. 2-16 et 18-20.
• Sur le passage que nous étudions, voir les notes de BJ et TOB sur Lc 10, 1. C’est le Seigneur (titre de Jésus Ressuscité : cf. Ac 2, 36) qui désigne, qui envoie, qui donne les instructions.
• Le nombre de 72 (ou 70) veut symboliser l’universalité de la mission. Après l’envoi des 12 à Israël (Lc 9, 1), c’est maintenant l’envoi vers tous les peuples : cf. note TOB sur Lc 10, 1.
• deux à deux : non en force, ni tout seul : comparer avec la mission décrite dans les Actes : Ac 11, 25 ; cf. aussi Mt 18, 20.

Question 2

• La première demande de Jésus devant la disproportion de la tâche : priez… : voir note TOB sur Lc 10, 2.
• Sur l’envoi : Allez…, on peut comparer avec Mt 28, 19; Mc 16, 15. C’est la parole du Ressuscité envoyant ses disciples au monde.
• Le v. 4 souligne le détachement nécessaire pour la mission et l’urgence de celle-ci.
• Dans les v. 9 et 11 : l’annonce à faire; c’est la même que celle de Jésus : proximité, présence du Règne de Dieu; cette annonce doit se faire en actes et en paroles (guérissez… dites…); cf. Ac 1, 1 (ce que Jésus a fait et enseigné ).
• Les v. 6b et 10-11 enseignent la liberté que doit avoir l’apôtre devant l’accueil ou le refus du message qu’il apporte.

Question 3

• Voir Lc 1, 14 + : c’est le thème de la joie, un thème cher à Lc.
• Ac 3, 16 + : l’invocation du Nom de Jésus met en oeuvre sa puissance.
• Mt 8, 29 + : à travers la mission des envoyés, c’est la victoire de Jésus sur Satan qui se réalise.
• On peut aussi comparer ces versets avec Is 55, 10-11 : la Parole de Dieu qui ne lui revient pas sans avoir produit son effet.

En lien avec la liturgie

Au retour de l’Exil, un prophète invitait Jérusalem et le peuple à se réjouir parce que le Seigneur allait consoler son peuple (Is 66, 10-14). Par l’envoi des 72, c’est maintenant que la Bonne Nouvelle du Règne de Dieu est annoncée. Et elle ne l’est plus seulement à Jérusalem; désormais elle est adressée à toutes les nations.

Lc 10, 25 – 37 : Quinzième Dimanche Ordinaire

Comment vivre en disciples de Jésus ? Tel pourrait être le titre de la section que Lc consacre à “la montée vers Jérusalem” . L’Evangile de ce Dimanche nous rappel-le un des préceptes essentiels de cette vie. La première partie (Lc 10, 25-28) se lit aussi en Mc et Mt; au contraire, la parabole qui suit est propre à Lc (cf. note TOB sur Lc 10, 25 : titre).

1) Comment nous est présenté dans ce texte le docteur de la Loi ?
2) Qui sont les personnages de la parabole ? Que font-ils ?
3) Montrer comment les v. 30-36 illustrent la réponse du v. 27 ?

Question 1

• Remarquer les motivations qui le poussent à interroger Jésus : v. 25 et 29. Noter que Jésus ne donne pas la réponse : il invite l’homme à répondre lui-même.
• Le docteur de la Loi cherche à avoir en héritage la vie éternelle : v. 25 et note TOB.
• Il répond bien aux questions de Jésus (v. 27-28 et v. 37)
• Sur sa réponse au v. 27, lire la note de TOB sur ce verset

Question 2

• Il y a l’homme sur le chemin : on ne sait rien de son identité, ni pourquoi il se trouvait sur ce chemin; c’est simplement un homme dans une situation de détresse (v. 30)
• Le prêtre et le lévite sont des juifs, et même des membres particuliers de ce peuple (cf. note BJ sur Lc 10, 33). Pour les deux, Jésus décrit leur comportement par les mêmes mots : il voit … et il passe à distance (v. 31. 32).
• Le samaritain, au contraire, voit, fut pris de pitié et s’approche . Sur le samaritain, voir les notes de BJ et TOB sur Lc 10, 33.
• Noter aussi comment la parabole enseigne que cette “pitié” du samaritain se traduit dans des actes concrets : il prend soin du blessé (cf. le nombre de verbes dans le v. 34) et il le fait jusqu’au bout (v. 35).

Question 3

• Au v. 27, il reconnaissait que la Loi (qui conduit à la vie) demande d’aimer le prochain comme soi-même, mais il ne donne pas à ce mot (prochain) la même largeur que Jésus (voir note TOB sur v. 29).
• La parabole explique qui est le prochain : voir les notes TOB sur les v. 29 et 30.
• A noter comment le scribe posait la question et comment Jésus la lui retourne (au v. 36) : quelle différence voyez-vous ? Voir la note TOB sur le v. 37.
• Noter également l’insistance dans ce texte sur le verbe “faire” : v. 25. 28. 37 (bis). Comparer avec ce que Jésus dit en Mt 7, 21-23.

En lien avec la liturgie

Le beau texte de Dt 30, 10-14 nous présente la Loi comme le chemin qui conduit à la vie. C’est un chemin offert et accessible à chacun “pourvu qu’il le mette en pratique”. C’est ce que Jésus, dans l’Evangile, veut faire découvrir au scribe (et à nous) : il faut mettre en pratique la Loi de Dieu qu’il connaît si bien : telle est le chemin pour “recevoir en héritage la vie éternelle”.

Lc 11, 1 – 13 : Dix-septième Dimanche Ordinaire

Nous somme toujours dans “la montée vers Jérusalem” où Jésus s’adresse plus particulièrement à ses disciples pour les former. Aujourd’hui il leur enseigne à prier. Autour du Pater , Lc a regroupé quelques enseignements sur la prière.

1) Que contient ce passage de l’Evangile de Lc ? D’où lui vient son importance ?
2) Lc 11, 1-4 : quelles questions vous pose ce “Notre Père” de Lc ?
3) Quel enseignement Lc nous donne-t-il ici sur la prière ?

Question 1

• Lc a regroupé dans ce passage plusieurs enseignements de Jésus sur la prière : lire la note TOB sur Lc 11, 1 (titre). notre texte comprend une introduction (v. 1), puis l’enseignement du “Pater “, modèle de la prière des disciples de Jésus (v. 2-4); viennent ensuite deux enseignements sur la manière de prier (v. 5-8 et v. 11-13).
• Tout cet enseignement est situé dans le cadre de “la montée vers Jérusalem” (cf. Lc 9, 51 et les notes BJ et TOB) où Jésus prend le temps de former ceux qui veulent le suivre sur ce chemin.

Question 2

• Jésus donne d’abord l’exemple de la prière : cf. Lc 3, 21 + (cité en marge par BJ); cf. aussi Ac 1, 1.
• Le Pater sera la prière caractéristique des disciples de Jésus, comme celle de Jean-Baptiste l’était pour les siens (v. 1).
• Noter les différences entre la forme du Pater en Lc et en Mt (qui est celle que nous utilisons dans la liturgie) : voir Mt 6, 9-13 et les références que la BJ donne à cet endroit.
• Dans la TOB, voir également les nombreuses notes et explications sur le texte de Lc et surtout sur celui de Mt.
• Sur le mot “Père “, voir encore Mc 14, 36; Ga 4, 6 et Rm 8, 15. Chez Lc, toutes les prières de Jésus commencent par cette invocation : Lc 10, 21; 11,2; 22, 42; 23, 34; 23, 36.

Question 3

• Les deux paraboles invitent à la confiance : il faut s’adresser à Dieu, comme un ami s’adresse à son ami et comme un fils demande à son père ce dont il a besoin.
• Sur Lc 11, 5-8 : cf. la note TOB sur Lc 11, 5; voir aussi Lc 18, 1-8 (cité en marge) et en particulier la note BJ sur Lc 18, 1 +.
• Sur Lc 11, 11-13 : comparer ce passage avec le texte parallèle de Mt : voir les notes de BJ et TOB sur Lc 11, 13 .
• La présence de deux formes différentes pour la prière du Seigneur témoigne que les Évangélistes n’entendent pas nous donner une formule (magique) de prière; ils nous montrent un modèle et un esprit de prière : prier comme et avec Jésus.

En lien avec la liturgie

En rendant visite à Abraham et en lui confiant son projet, le Seigneur provoque le patriarche à l’intercession. La prière est essentielle dans notre relation à Dieu. Jésus nous en donne l’exemple dans sa vie et il l’enseigne à ceux qui veulent le suivre.

Lc 16, 19 – 31 : Vingt-sixième Dimanche Ordinaire

L’Evangile de ce Dimanche nous offre une parabole bien connue : celle du riche et de Lazare. Elle se compose de deux tableaux (Lc 16, 19-26 et 27-31 : cf note TOB sur le titre) qui forment un tout. Dans ce texte, Lc met en valeur plusieurs thèmes qui lui sont chers.

1) Quel est le sens de la première partie de la parabole (v. 19-26) ?
2) Comment comprendre la demande du riche et la réponse d’Abraham dans les v. 27-31 ?
3) Quelle est la leçon de la parabole dans son ensemble ? Le contexte dans lequel Lc l’a
placée apporte-t-il des éléments supplémentaires ?

Question 1

• Relever ce qui est dit de l’homme riche et de Lazare, ainsi que de leur sort respectif.
• Remarquer que Lc ne parle pas d’un mauvais riche, mais simplement d’un riche : il mène ici-bas une vie heureuse, dans le luxe; à sa mort, il se retrouve dans la souffrance.
• Au contraire, le pauvre – dont on nous donne le nom (cf note TOB sur Lc 16, 20) est d’abord dans le malheur (la faim, les chiens – cf la note TOB sur le v. 21 -); mais après sa mort, il est emporté dans le sein d’Abraham : Lc 16, 22 et les notes de BJ et TOB).
• La leçon de cette première partie de la parabole, placée dans la bouche d’Abraham, est double : au v. 25 , il s’agit du renversement des situations à la mort; d’après le v. 26 , la mort fixe définitivement le destin de l’homme (voir les notes BJ et TOB sur ce verset).

Question 2

• Le riche demande un signe exceptionnel pour avertir ses frères (v. 28-30).
• La réponse d’Abraham forme la “pointe” du récit : ils ont Moïse et les prophètes, c’est-à-dire , ils ont l’ensemble du message révélé par Dieu comme chemin de vie, qu’ils les écoutent : cf. encore Lc 24, 44 et note TOB; Lc 24, 25-27.
• Comparer la demande du riche à celle que faisaient les juifs à Jésus : Lc 11, 29 et note TOB.

Question 3

• La leçon principale est celle qui est exprimée par les v. 29 et 31 : la première partie de la parabole ne faisait que préparer ce dialogue entre Abraham et le riche.
• Parmi tous les signes offerts pour se convertir, la Parole de Dieu est le plus convaincant. Celui qui refuse d’écouter la Parole, ne sera pas converti par un signe exceptionnel, même par une résurrection des morts. Cf. la Résurrection de Jésus face à l’incrédulité du peuple juif.
• La parabole s’adresse aux auditeurs de Jésus : ils ont Moïse et les prophètes; ils ont donc tout ce qui serait nécessaire pour écouter l’appel que leur adresse Jésus.
• Une leçon complémentaire est donnée par le contexte : cf. Lc 16, 1 + ; Lc 16, 13-14. Voir encore la note sur Lc 12, 33 + (cité ici en marge par la BJ).

En lien avec la liturgie

Au 8ème siècle avant Jésus, Amos dénonce le luxe insolent des riches de Samarie et de Jérusalem : l’invasion assyrienne, qu’il sent toute proche, va renverser cette situation. Jésus, lui aussi, met en garde ses contemporains contre l’aveuglement causé par les richesses qui empêchent d’accueillir la Parole qui peut nous sauver.

Lc 19, 1 – 10 : Trente-et-unième Dimanche Ordinaire

Jéricho, dernière étape avant Jérusalem sur le chemin de Jésus (cf 18, 31). Pour la troisième fois, Jésus vient d’annoncer sa Passion. Ceux qui l’accompagnent ne comprennent pas, mais un aveugle le proclame “fils de David” (18, 38-39) et Zachée, le publicain, se réjouit de l’accueillir chez lui.

1) Rechercher ce que ce texte nous apprend au sujet de Zachée.
2) Qu’est-ce qui est dit de Jésus dans ce passage de Lc ?
3) Quelle est la signification de ce récit ? Comparer ce récit avec Lc 18, 18-23 : que
pouvez-vous constater ?

Question 1

• Il est un publicain, et même un chef de publicains : cf. Mt 5, 46 + ; c’est donc un homme considéré comme “impur” qu’un bon juif doit éviter. Voir la note TOB sur Lc 19, 7.
• Il est riche, de petite taille; les gens le considèrent comme pécheur (v. 7).
• Il est intéressé par Jésus (v. 3) : il court en avant… monte pour voir Jésus (v. 4).
• Il répond immédiatement (vite) et avec joie à l’appel de Jésus.
• Sa rencontre avec Jésus le transforme; il appelle Jésus “Seigneur”; il fait preuve de générosité et de justice (cf. les notes de BJ et TOB).

Question 2

• Jésus traversait Jéricho : il est en route vers Jérusalem, vers sa Passion (18, 31).
• C’est lui qui prend l’initiative de la rencontre (v. 5); il appelle Zachée par son nom et il s’invite chez lui : il me faut demeurer chez toi… (v. 6).
• Sur la parole : aujourd’hui, le salut est entré dans cette maison (v. 9 et les notes de TOB).
• Sa mission : chercher et sauver ce qui était perdu : cf. les références données en BJ sur ce verset.

Question 3

• Comme l’aveugle au bord du chemin et que la foule voulait empêcher (Lc 18, 35ss), Zachée, qui est “archi-publicain “ accueille Jésus et lui permet ainsi d’accomplir sa mission (v. 10).
• Remarquer les thèmes chers à Lc : la joie de Zachée (cf. Lc 1, 14 +); les murmures de ceux qui ne comprennent pas cette préférence de Jésus (cf. les références marginales à Lc 5, 30 et 15, 2); l’aujourd’hui du salut (cf. note TOB sur Lc 19, 9); le détachement des richesses : cf Lc 12, 33 + (en marge de BJ).
• Comparé avec le riche notable – qui paraissait être tout près de Jésus -, Zachée, le publicain , est un exemple de la conversion offerte à tous, même à ceux qui paraissent les plus éloignés du salut.

En lien avec la liturgie

Méditant l’histoire d’Israël, l’auteur de la Sagesse (vers 50 avant Jésus) était frappé par la miséricorde et la patience de Dieu à l’égard de son peuple, mais aussi à l’égard des ennemis de celui-ci. Dans l’Evangile, Jésus traduit dans ses actes cette attitude de Dieu, en offrant largement le salut à tous ceux qui sont prêts à l’accueillir.

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